Eruvin 13a — L'élève de Rabbi Ishmael, Rabbi Meir le scribe et le qanqantom dans l'encre

Eruvin 13a

Sougya : La Guemara achève la michna du mavoy : Rabbi Akiva dit que Beit Chamai et Beit Hillel sont en désaccord dans les deux cas, et l'on cherche ce qui le distingue du premier tanna. Une baraita rapporte que Rabbi Akiva a nié que Rabbi Ishmael ait dit cela, tout en tranchant comme « cet élève » ; Rav Yehouda au nom de Chmouel et Rav Nahman bar Its'hak lèvent la contradiction.

Rabbi Yehochoua ben Levi identifie cet élève à Rabbi Meir, disciple des deux maîtres, ce qui amène deux récits opposés sur le qanqantom (vitriol) que Rabbi Meir mettait dans son encre de scribe. La fin du daf examine si l'on peut effacer la paracha de la sota d'un Sefer Torah, en la rattachant au débat sur la meguila d'une sota réutilisée pour une autre.

Rabbi Meir et le qanqantom : deux récits qui se contredisent Baraita (seg. 7) 1. Chez Rabbi Ishmael : met du qanqantom, rien ne lui est dit 2. Chez Rabbi Akiva : il le lui INTERDIT ordre : Ishmael puis Akiva interdit par : Akiva Rav Yehouda / Chmouel (seg. 8-9) 1. Chez Rabbi Akiva : met du qanqantom, rien ne lui est dit 2. Chez Rabbi Ishmael : il le lui INTERDIT (vekhatav oumaha) ordre : Akiva puis Ishmael interdit par : Ishmael Ordre des maîtres : résolu (seg. 13) Akiva (trop difficile à suivre) puis Ishmael : il apprend la guemara puis retour chez Akiva : la sevara Qui a interdit : reste kouchia (seg. 14) Akiva selon la baraita, Ishmael selon Rav Yehouda. Aucune réponse n'est donnée.
Les deux récits sur Rabbi Meir : l'ordre des maîtres se concilie, la question de qui a interdit le qanqantom reste sans réponse.
Peut-on effacer la paracha de la sota d'un Sefer Torah ? Rabbi Yehouda au nom de R. Meir Qanqantom permis partout, sauf là paracha de la sota (même dans un Sefer Torah) => on peut l'effacer de la Torah Rabbi Yaakov au nom de R. Meir Sauf seulement la meguila de sota écrite au Beit Hamikdach => on ne l'efface pas de la Torah Rav Yirmeya : c'est la nafka mina entre eux. Comparable à la baraita suivante ? Tanna kama Meguila d'une sota : inapte pour une autre (il faut lichmah : pas d'effacement de la Torah) Rabbi Ahai bar Yochiya Meguila d'une sota : apte pour une autre (donc effacement de la Torah possible) Rav Papa : dilma la hi Le tanna kama refuse car la meguila fut désignée pour Rahel, pas pour Léa. Un Sefer Torah est écrit sans désignation : il admettrait peut-être l'effacement. Rav Nahman bar Its'hak : dilma la hi R. Ahai permet car la meguila fut écrite au moins pour une sota quelconque. Un Sefer Torah est écrit pour l'étude : il interdirait peut-être l'effacement.
Parasha de la sota dans un Sefer Torah : la dispute sur Rabbi Meir, le rapprochement avec la meguila réutilisée, et les deux réfutations.
1
רבי עקיבא אומר: על זה ועל זה נחלקו כו׳.

Rabbi Akiva dit : sur ce cas-ci et sur ce cas-là ils sont en désaccord, etc.

🗂️ Tossefot (1)
על זה ועל זה נחלקו לא שייך למימר הכא טעמיה דב"ש אתא לאשמעינן דכיון דאמר ת"ק לא נחלקו בדין הוא שיש לו להשיב ולומר נחלקו:
Sur ce cas-ci et sur ce cas-là ils sont en désaccord : il ne convient pas de dire ici [que Rabbi Akiva] vient nous apprendre le raisonnement de Beit Chamai. Puisque le premier tanna a dit « ils ne sont pas en désaccord [dans tel cas] », il est normal qu'il ait à répondre et à dire « ils sont en désaccord ».
💡 Explication

Suite de la michna (12b) : un élève à rapporté au nom de Rabbi Ishmael que Beit Chamai et Beit Hillel ne discutent pas sur un mavoy de moins de quatre coudées. Rabbi Akiva répond qu'ils discutent dans les deux cas. Tossefot explique qu'il réagit à la version de l'élève, sans chercher à donner un motif nouveau à Beit Chamai.

2
רבי עקיבא היינו תנא קמא! איכא בינייהו דרב אחלי, ואיתימא רב יחיאל. ולא מסיימי.

Rabbi Akiva, c'est [l'avis du] premier tanna ! Il y a entre eux [la différence] de Rav Ahlai, et certains disent Rav Yehiel.

Mais on ne précise pas [qui tient quoi].

📜 Rachi (3)
רבי עקיבא היינו ת"ק דקתני הכשר מבוי ב"ש אומרים כו' ולא מפליג בין קצר לרחב:
Rabbi Akiva, c'est le premier tanna : qui enseigne « la régularisation du mavoy : Beit Chamai disent, etc. » sans distinguer entre [un mavoy] étroit et [un mavoy] large.
דרב אחלי מבוי פחות מד' טפחים חד מינייהו אית ליה דבארבעה ומארבעה ולמעלה פליגי אבל פחות מד'. אין צריך כלום:
De Rav Ahlai : un mavoy de moins de quatre tefahim. L'un d'eux tient qu'ils sont en désaccord pour quatre et au-dessus de quatre, mais [pour] moins de quatre il ne faut rien.
ולא מסיימי הי מינייהו אית ליה דרב אחלי והי מינייהו לית ליה לדרב אחלי והיינו דאמר לעיל דרב אחלי גופיה תנאי היא:
Et on ne précise pas : lequel d'entre eux tient comme Rav Ahlai et lequel ne tient pas comme Rav Ahlai ; c'est ce qu'on a dit plus haut, que [l'enseignement de] Rav Ahlai lui-même fait l'objet d'une dispute de tannaim.
🗂️ Tossefot (1)
ולא מסיימי לא שייך כאן תנא בתרא לטפויי קאתי כיון דאיכא תנא דאפסקיה:
Et on ne précise pas : il ne convient pas ici [de dire] que le dernier tanna vient ajouter, puisqu'il y a un tanna qui l'a interrompu.
💡 Explication

Le premier tanna et Rabbi Akiva disent tous deux que la dispute porte sur tout mavoy. La différence concerne la règle de Rav Ahlai : un mavoy de moins de quatre tefahim de large n'a besoin d'aucune régularisation. L'un des deux tannaim l'admet, l'autre non ; la Guemara ne sait pas lequel (ve-la messaymei).

3
תניא, אמר רבי עקיבא: לא אמר רבי ישמעאל דבר זה, אלא אותו תלמיד אמר דבר זה, והלכה כאותו תלמיד.

Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Akiva a dit : Rabbi Ishmael n'a pas dit cette chose ; c'est cet élève qui a dit cette chose, et la halakha est comme cet élève.

📜 Rachi (1)
לא רבי ישמעאל אמר דבר זה מוחזק אני בו שהוא חכם ומעולם לא אמר דבר זה:
Rabbi Ishmael n'a pas dit cette chose : je le tiens pour un sage, et jamais il n'a dit cette chose.
4
הא גופה קשיא: אמרת ״לא אמר רבי ישמעאל דבר זה״ — אלמא לית הלכתא כוותיה, והדר אמרת: ״הלכה כאותו תלמיד״!

Cette [baraita] elle-même est difficile : tu as dit « Rabbi Ishmael n'a pas dit cette chose », il en ressort que la halakha n'est pas comme lui ; et ensuite tu dis « la halakha est comme cet élève » !

💡 Explication

Contradiction interne (ha goufa kachia) : nier que Rabbi Ishmael ait tenu cette position montre qu'on la rejette, et pourtant Rabbi Akiva tranche en sa faveur.

5
אמר רב יהודה אמר שמואל: לא אמרה רבי עקיבא אלא לחדד בה התלמידים.

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Rabbi Akiva ne l'a dit que pour aiguiser par elle [l'esprit des] élèves.

📜 Rachi (1)
לא אמרה רבי עקיבא להאי הלכה כאותו תלמיד אלא לחדד את התלמידים שישימו לבם לתורה ויאמרו פלפול מלבם לפיכך שיבחו בפניהם:
Rabbi Akiva ne l'a dit : cette [parole] « la halakha est comme cet élève », que pour aiguiser les élèves, afin qu'ils appliquent leur cœur à la Torah et disent un raisonnement (pilpoul) de leur propre fond ; c'est pourquoi il l'a loué devant eux.
🗂️ Tossefot (1)
לחדד בו את התלמידים אין לפרש כמו בשאר דוכתי לידע אם ידעו להשיב על דבריו דמאחר שאמר שלא אמר ר' ישמעאל דבר זה מעולם היו יודעים שלא אמר כי אם לשבחו:
Pour aiguiser par elle les élèves : on ne peut pas expliquer comme ailleurs, [c'est-à-dire] pour savoir s'ils sauraient répondre à ses paroles, car puisqu'il avait dit que Rabbi Ishmael n'a jamais dit cette chose, ils savaient qu'il ne l'avait dit que pour le louer.
💡 Explication

Lehaded (aiguiser) : Rabbi Akiva loue l'élève pour encourager les autres à proposer leurs propres raisonnements. Tossefot précise qu'ici le but n'est pas de tester les élèves, puisque la première phrase montrait déjà qu'il ne suivait pas cet avis.

6
ורב נחמן בר יצחק אמר: נראין איתמר.

Et Rav Nahman bar Its'hak a dit : on a dit « [ses paroles] paraissent [justes] ».

📜 Rachi (1)
נראין איתמר נראין דברי אותו תלמיד:
On a dit « paraissent » : les paroles de cet élève paraissent [justes].
💡 Explication

Seconde réponse : il faut corriger la baraita. Rabbi Akiva a dit nir'in (ses paroles sont plausibles), et non « la halakha est comme lui ».

7
אמר רבי יהושע בן לוי: כל מקום שאתה מוצא ״משום רבי ישמעאל אמר תלמיד אחד לפני רבי עקיבא״ — אינו אלא רבי מאיר, ששימש את רבי ישמעאל ואת רבי עקיבא.

Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : partout où tu trouves « au nom de Rabbi Ishmael, un élève à dit devant Rabbi Akiva », il ne s'agit que de Rabbi Meir, qui a servi Rabbi Ishmael et Rabbi Akiva.

💡 Explication

Chimouch (servir un maître) désigne l'apprentissage auprès de lui. Rabbi Meir a été disciple des deux ; la Guemara le prouve par un récit où il mentionne ses deux maîtres.

8
דתניא, אמר רבי מאיר: כשהייתי אצל רבי ישמעאל הייתי מטיל קנקנתום לתוך הדיו, ולא אמר לי דבר. כשבאתי אצל רבי עקיבא, אסרה עלי.

Comme il a été enseigné : Rabbi Meir a dit : quand j'étais auprès de Rabbi Ishmael, je mettais du qanqantom dans l'encre, et il ne m'a rien dit. Quand je suis venu auprès de Rabbi Akiva, il me l'a interdit.

📜 Rachi (2)
קנקנתום אדרימנ"ט:
Qanqantom : adrimant (en vieux français).
אסרה עלי ולקמן מפרש:
Il me l'a interdit : on l'explique plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
קנקנתום פירש הקונטרס אדרמינ"ט ורשב"ם פירש דקנקנתום היא קרקע ירוקה שקורין אותה וידריו"ל וכן בערוך ור"ת נמי פוסק כן בתיקון ספר תורה דמותר לתת אדרמינ"ט לתוך הדיו לספר תורה לכולי עלמא דלאו היינו קנקנתום וא"ת דבמסכת נדה (ד' יט.) תנן שחור כחרת ומפרש התם חרתא דאושכפי ובפ"ב דגיטין (ד' יט.) קאמר דקנקנתום הוא חרתא דאושכפי אם כן משמע שהוא שחור ואילו וידריו"ל ירוקה היא ודומה לזכוכית ועל שם זכוכית נקראת וידריו"ל ולפי' הקונטרס ניחא ור"י מפרש דאחר שטוחנים אותה יפה לתת לתוך הדיו אז היא משחרת:
Qanqantom : le Kountrass (Rachi) explique adrimant, et le Rachbam explique que le qanqantom est une terre verte appelée vidriol (vitriol) ; de même dans le Aroukh. Rabbenou Tam tranche aussi ainsi dans [son traité] sur la confection du Sefer Torah : il est permis à tous de mettre de l'adrimant dans l'encre d'un Sefer Torah, car ce n'est pas le qanqantom. Et si tu objectes : dans le traité Nida (19a) on a appris « noir comme le heret », et on y explique « le heret des cordonniers », et au deuxième chapitre de Guittin (19a) on dit que le qanqantom est le heret des cordonniers ; il en ressort donc qu'il est noir, alors que le vidriol est vert et semblable au verre, et c'est d'après le verre qu'on l'appelle vidriol. Selon l'explication du Kountrass cela va bien. Et le Ri explique qu'après l'avoir bien moulu pour le mettre dans l'encre, il noircit.
💡 Explication

Le qanqantom est un sel métallique (sulfate de fer ou de cuivre, le vitriol) qui fixe l'encre et la rend difficile à effacer. Rachi et Tossefot discutent de son identité exacte ; selon Rabbenou Tam, l'adrimant de Rachi est une autre substance, permise dans l'encre d'un Sefer Torah.

9
איני?! והאמר רב יהודה אמר שמואל משום רבי מאיר: כשהייתי לומד אצל רבי עקיבא הייתי מטיל קנקנתום לתוך הדיו, ולא אמר לי דבר. וכשבאתי אצל רבי ישמעאל, אמר לי: בני, מה מלאכתך? אמרתי לו: לבלר אני. אמר לי: בני, הוי זהיר במלאכתך, שמלאכתך מלאכת שמים היא, שמא אתה מחסר אות אחת או מייתר אות אחת — נמצאת מחריב את כל העולם כולו.

Est-ce vrai ? Rav Yehouda n'a-t-il pas dit au nom de Chmouel, au nom de Rabbi Meir : quand j'étudiais auprès de Rabbi Akiva, je mettais du qanqantom dans l'encre, et il ne m'a rien dit.

Quand je suis venu auprès de Rabbi Ishmael, il m'a dit : mon fils, quel est ton métier ? Je lui ai dit : je suis scribe (lavlar).

Il m'a dit : mon fils, sois prudent dans ton métier, car ton métier est un travail du Ciel ; peut-être omettras-tu une seule lettre ou ajouteras-tu une seule lettre, et tu te trouveras détruire le monde entier.

📜 Rachi (1)
מחסר אות אחת וה' א-להים אמת אם תחסר אל"ף הרי אתה מחריב וידבר ה' אם תוסיף אות אחת ותכתוב וידברו נמצאת מחריב:
Omettre une seule lettre : [dans le verset] « Et Hachem D.ieu est vérité » (Jérémie 10, 10), si tu omets le alef [de émet], voici que tu détruis ; [dans] « Et Hachem parla », si tu ajoutes une seule lettre et écris « et ils parlèrent », tu te trouves détruire.
🗂️ Tossefot (1)
או מייתר אות אחת כמו בראשית ברא בראו ורבינו מאיר קבל מרבותיו כמו הוה על הוה (יחזקאל ז׳:כ״ו) שהטיל יו"ד על האחרון:
Ou ajouter une seule lettre : comme « Berechit bara » [écrit] bar'ou (« ils crerent »). Et Rabbenou Meir a reçu de ses maîtres [l'exemple] de « malheur sur malheur » (hova al hova, Ezechiel 7, 26), où l'on a mis un youd sur le dernier [mot].
🪔 Ben Yehoyada (2)
בני, הוי זהיר במלאכתך, שמלאכתך מלאכת שמים היא. נראה לי בס"ד דידוע תורה שבכתב היא בחינת שמים ושבעל פה בחינת ארץ וכמו שנאמר (ישעיהו נא, טז) לנטע שמים וליסד ארץ ומאחר שהוא כותב תורה שבכתב שהיא בחינת שמים לכן אמר לו שמלאכתך מלאכת שמים היא ואמר לו שיזהר מתחלה שלא יטעה בכתיבה אף על פי דטעות שבספר תורה אפשר לתקנו אחר כך עם כל זה אם יטעה לכתוב טעות שיש בו כפרנות אפילו אם יתקן מגונה הדבר מאד דעל כל פנים יצא מידו דבר כפרנות מעקרא. גם נראה לי בס"ד מה שכתב לשון הוי זהיר דידוע תורה שבכתב היא סוד יה"ו דשמא קדישא ואינון זכוון דסלקין לחושבן ט"ל במילואם אבל תורה שבעל פה היא סוד הא' אחרונה דשמא קדישא ולזה אמר הוי זהיר במלאכתך, ' הוי ' אותיות 'יה"ו' זהיר לשון אורה וזהרורית.
« Mon fils, sois prudent dans ton métier, car ton métier est un travail du Ciel. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'explication suivante]. On sait que la Torah écrite est de l'ordre du Ciel et la Torah orale de l'ordre de la Terre, comme il est dit (Isaie 51, 16) : « pour planter les cieux et fonder la terre ». Puisqu'il écrit la Torah écrite, qui est de l'ordre du Ciel, il lui a dit : « ton métier est un travail du Ciel ». Il lui a dit de prendre garde dès le départ à ne pas se tromper en écrivant : bien qu'une erreur dans un Sefer Torah puisse être corrigée ensuite, s'il se trompe en écrivant une erreur qui contient une négation [de la foi] (kefirout), même s'il corrige, la chose est très blâmable, car de toute façon une parole de kefirout est sortie de sa main à l'origine. Il me semble aussi, avec l'aide du Ciel, [expliquer] pourquoi il a employé l'expression « hevei zahir » (sois prudent) : on sait que la Torah écrite est le sod (secret) des lettres youd-hé-vav du saint Nom, et ces lettres, écrites en plein (bemilouyam), ont la valeur numérique de trente-neuf ; la Torah orale est le sod du dernier hé du saint Nom. C'est pourquoi il a dit « hevei zahir bimlakhtekha » : « hevei » a les lettres youd-hé-vav, et « zahir » exprime la lumière et l'éclat.
שמא אתה מחסר אות אחת, או מיתר אות אחת. פירש רש"י ז"ל בחיסר כגון וה' א-להים אמת (ירמיהו י, י) עיין שם. והנה פסוק זה אינו בתורה אלא בנביאים והגם כי בימיהם היו כותבים נביאים וכתובים, גם כן יותר נכון להביא דמיון פסוק מן התורה כגון (שמות טו, א) אשירה לה' אם יחסר אות שי"ן יהיה כפרנות ח"ו. והנה ביתר כתבו התוספות כגון (בראשית א, א) בראשית ברא וכתב 'הבונה' הטעם שהתוספות לא בחרו כדברי רש"י וכו' עיין שם ועיין מהרש"א ז"ל. ונראה לי בס"ד דגם בחיסר איכא פסוק בענין בריאת העולם כגון (בראשית ב, ד) ביום עשות ה' א-להים ארץ ושמים אם יחסר אות תי"ו מן 'עשות' יחריב העולם וכפסוק זה תמצא עוד גם ביתר שאם יוסיף ח"ו אות וא"ו על אלקים שיכתוב ביום עשות ה' ו אלקים או יוסיף למ'ד לכתוב ל אלקים או מ"ם לכתוב מ אלקים בכל זה נמצא מחריב. ואם תעיין בפסוקי התורה תמצא בכמה מקומות יהיה כפרנות בחיסר או יתר. ומה שאמר דבר אחד יש לי, ו'קנקנתום' שמו עיין רש"י ותוספות וערוך ז"ל ונראה כי הקנקנתום הוא מה שקורין בלשון ערבי ז'אג'.
« Peut-être omettras-tu une seule lettre ou ajouteras-tu une seule lettre. » Rachi explique, pour l'omission : par exemple « Et Hachem D.ieu est vérité » (Jérémie 10, 10), voir là-bas. Or ce verset n'est pas dans la Torah mais dans les Prophètes ; et bien qu'à leur époque on écrivait [aussi] les Prophètes et les Hagiographes, il est plus juste d'apporter un exemple tiré d'un verset de la Torah, comme (Exode 15, 1) « Je chanterai à Hachem » : s'il manque la lettre chin, ce serait une kefirout, que D.ieu préserve. Pour l'ajout, Tossefot écrit par exemple (Genèse 1, 1) « Berechit bara » ; et le Habone a écrit la raison pour laquelle Tossefot n'a pas choisi [l'exemple] de Rachi, etc., voir là-bas, et voir le Maharcha. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que pour l'omission aussi il y a un verset traitant de la création du monde, comme (Genèse 2, 4) « au jour où Hachem E-lokim fit (assot) la terre et les cieux » : s'il manque la lettre tav de « assot », il détruit le monde. Dans ce même verset tu trouves aussi [un exemple] d'ajout : si l'on ajoutait, que D.ieu préserve, un vav avant E-lokim, écrivant « au jour où Hachem fit et E-lokim », ou un lamed pour écrire « à E-lokim », ou un mem pour écrire « de E-lokim », dans tous ces cas il se trouverait détruire. Et si tu examines les versets de la Torah, tu trouveras en plusieurs endroits qu'il y aurait kefirout par une omission ou un ajout. Quant à ce qu'il dit « j'ai une chose, et qanqantom est son nom », voir Rachi, Tossefot et le Aroukh ; et il me semble que le qanqantom est ce qu'on appelle en arabe zadj.
💡 Explication

Deuxième version du récit, inversée : Rabbi Meir étudie d'abord chez Rabbi Akiva, puis chez Rabbi Ishmael. Rabbi Ishmael met en garde le lavlar (scribe) : une lettre en trop ou en moins peut changer le sens d'un verset en une négation de la foi. Rachi donne des exemples ; le Ben Yehoyada lit « travail du Ciel » comme une allusion à la Torah écrite.

10
אמרתי לו: דבר אחד יש לי ו׳קנקנתום׳ שמו, שאני מטיל לתוך הדיו. אמר לי: וכי מטילין קנקנתום לתוך הדיו? והלא אמרה תורה: ״וכתב ומחה״, כתב שיכול למחות.

Je lui ai dit : j'ai une chose, qui s'appelle qanqantom, que je mets dans l'encre. Il m'a dit : met-on du qanqantom dans l'encre ?

La Torah n'a-t-elle pas dit « il écrira… et il effacera » (Nombres 5, 23) : une écriture qui peut être effacée.

📜 Rachi (2)
דבר אחד יש לי לקמן מפרש מאי קמהדר ליה:
J'ai une chose : on explique plus loin ce qu'il lui répond.
כתב שיכול למחוק וקנקנתום רישומו ניכר מאד:
Une écriture qui peut être effacée : or le qanqantom laisse une trace très visible.
💡 Explication

Pour la sota (femme soupçonnée d'adultère), le cohen écrit les malédictions puis les efface dans l'eau (vekhatav oumaha). Rabbi Ishmael en déduit que l'encre de la Torah doit pouvoir s'effacer, ce qui exclut le qanqantom.

11
מאי קאמר ליה, ומאי קא מהדר ליה?

Que lui dit-il, et que lui répond-il ?

📜 Rachi (2)
מאי קאמר ליה רבי ישמעאל:
Que lui dit-il : Rabbi Ishmael.
ומאי קא מהדר ליה רבי מאיר אזהר ליה על חסר ויתר ומהדר ליה קנקנתום יש לי:
Et que lui répond-il : Rabbi Meir. Il le met en garde sur l'omission et l'ajout, et il lui répond « j'ai du qanqantom » !
12
הכי קאמר ליה: לא מיבעיא בחסירות וביתירות [דלא טעינא] — דבקי אנא, אלא אפילו מיחש לזבוב נמי, דילמא אתי ויתיב אתגיה דדלת ומחיק ליה ומשוי ליה ריש — דבר אחד יש לי וקנקנתום שמו שאני מטיל לתוך הדיו.

Voici ce qu'il lui dit : inutile de parler des [mots écrits] défectifs et pleins, [ou je ne me trompe pas] car je suis expert ; mais même la crainte d'une mouche [est écartée] : peut-être viendrait-elle se poser sur la couronne du dalet, l'effacerait et en ferait un reich. J'ai une chose, qui s'appelle qanqantom, que je mets dans l'encre.

💡 Explication

Hasserot vi-yterot : l'orthographe défective ou pleine des mots. Rabbi Meir dit la connaître. Le qanqantom sert contre un risque matériel : l'encre fraîche du coin du dalet, effacée, le transformerait en reich.

🖼️ Schéma
La mouche sur le tag du dalet dalet : coin saillant (taga) -> reish : coin arrondi l'encre fraîche est effacée le qanqantom fixe la lettre
Un dalet dont le coin s'efface devient un reich : le qanqantom protège la lettre.
13
קשיא שימוש אשימוש, קשיא אסרה אאסרה.

Il y a une difficulté, [le récit du] service contre [le récit du] service ; il y a une difficulté, « il me l'a interdit » contre « il me l'a interdit ».

📜 Rachi (1)
קשיא שימוש אשימוש דקאמר לעיל קמיה רבי ישמעאל שימש תחילה והכא תני איפכא: רבי עקיבא היה חריף טובא ולא מצי ר' מאיר למיקם אליביה:
Il y a une difficulté, service contre service : car plus haut on dit qu'il a d'abord servi devant Rabbi Ishmael, et ici on enseigne l'inverse. Rabbi Akiva était très aigu, et Rabbi Meir ne pouvait pas saisir son raisonnement.
14
בשלמא שימוש אשימוש לא קשיא: מעיקרא אתא לקמיה דרבי עקיבא, ומדלא מצי למיקם אליביה — אתא לקמיה דרבי ישמעאל, וגמר גמרא, והדר אתא לקמיה דרבי עקיבא, וסבר סברא.

Certes, [le récit du] service contre [le récit du] service n'est pas difficile : au début, il est venu devant Rabbi Akiva, et comme il ne pouvait pas saisir son raisonnement, il est venu devant Rabbi Ishmael, a appris la guemara (la tradition reçue), puis est revenu devant Rabbi Akiva et a appris la sevara (le raisonnement).

📜 Rachi (2)
וגמר גמרא משניות שקיבל מרבותיו:
Il a appris la guemara : les michnayot qu'il [Rabbi Ishmael] avait reçues de ses maîtres.
והדר אתא לקמיה דרבי עקיבא שהיה חריף לפלפל ולדקדק במה שלמד להשיב תשובות ומשניות זו על זו ולתרץ:
Puis il est revenu devant Rabbi Akiva : qui était aigu dans le pilpoul, pour examiner avec précision ce qu'il avait appris, soulever des objections entre les michnayot et les résoudre.
💡 Explication

Trois étapes : Akiva (trop difficile), Ishmael (guemara, le contenu transmis), Akiva à nouveau (sevara, l'analyse). Chaque récit décrit un moment différent de ce parcours.

15
אלא אסרה אאסרה קשיא! קשיא.

Mais « il me l'a interdit » contre « il me l'a interdit » est difficile ! C'est [effectivement] difficile.

💡 Explication

Kachia : la question reste sans réponse. On ne sait pas lequel des deux maîtres a interdit le qanqantom.

16
תניא רבי יהודה אומר, רבי מאיר היה אומר: לכל מטילין קנקנתום לתוך הדיו, חוץ מפרשת סוטה. ורבי יעקב אומר משמו: חוץ מפרשת סוטה שבמקדש.

Il a été enseigné : Rabbi Yehouda dit : Rabbi Meir disait : pour tout [écrit] on met du qanqantom dans l'encre, sauf pour la paracha de la sota. Et Rabbi Yaakov dit en son nom : sauf pour la paracha de la sota [écrite] au Sanctuaire.

📜 Rachi (2)
חוץ מפרשת סוטה אפילו בספר תורה דקסבר אם בא למחוק לה מן התורה מוחק:
Sauf pour la paracha de la sota : même dans un Sefer Torah, car il estime que si l'on veut l'effacer de la Torah [pour une sota], on l'efface.
שבמקדש מגילה של כל סוטה וסוטה:
Au Sanctuaire : la meguila [écrite] pour chaque sota.
🗂️ Tossefot (1)
חוץ מפרשת סוטה ור' ישמעאל שהיה אוסר בכל התורה כולה שמא היה דורש גזרה שוה מסוטה או כתיבה כתיבה או ג"ש אחרת אי נמי מדרבנן:
Sauf pour la paracha de la sota : et Rabbi Ishmael, qui l'interdisait dans toute la Torah, faisait peut-être une gezera chava à partir de la sota, [des mots] « ketiva » « ketiva » (écriture), ou une autre gezera chava ; ou bien [l'interdit est] rabbinique.
💡 Explication

Selon Rabbi Yehouda, Rabbi Meir exclut la paracha de la sota même dans un Sefer Torah, car on pourrait l'y effacer pour une sota. Selon Rabbi Yaakov, seule la meguila écrite spécialement au Temple est concernée.

17
מאי בינייהו? אמר רב ירמיה: למחוק לה מן התורה איכא בינייהו.

Quelle [différence] entre eux ? Rav Yirmeya a dit : l'effacer de la Torah, voilà [la différence] entre eux.

💡 Explication

Nafka mina : peut-on prendre la paracha d'un Sefer Torah pour l'effacer dans l'eau de la sota ? Rabbi Yehouda : oui, donc pas de qanqantom dans ce passage ; Rabbi Yaakov : non.

18
והני תנאי כי הני תנאי, דתניא: אין מגילתה כשירה להשקות בה סוטה אחרת. רבי אחי בר יאשיה אמר: מגילתה כשירה להשקות בה סוטה אחרת.

Et ces tannaim sont comme ces tannaim-là, car il a été enseigné : sa meguila n'est pas apte pour faire boire une autre sota. Rabbi Ahai bar Yochiya dit : sa meguila est apte pour faire boire une autre sota.

📜 Rachi (1)
אין מגילתה כשירה כו' סוטה שנכתבה מגילתה ואמרה טמאה אני ופטורה אין מגילתה כשירה לסוטה אחרת אלמא כתיבה לשמה בעינן וה"ה נמי דאין מוחקין לה מן התורה:
Sa meguila n'est pas apte, etc. : une sota dont la meguila a été écrite et qui a dit « je suis impure », et se trouve dispensée [de boire] ; sa meguila n'est pas apte pour une autre sota. Il en ressort qu'il faut une écriture lichmah (à son intention), et de même on ne l'efface pas de la Torah.
💡 Explication

La Guemara rattache la dispute à une autre : une meguila écrite pour une sota qui avoue avant de boire peut-elle servir pour une autre ? Le premier tanna exige une écriture lichmah ; Rabbi Ahai bar Yochiya ne l'exige pas.

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אמר רב פפא: דילמא לא היא. עד כאן לא קאמר תנא קמא התם — אלא כיון דאינתיק לשום רחל תו לא הדרא מינתקא לשום לאה, אבל גבי תורה דסתמא מיכתבא, הכי נמי דמחקינן.

Rav Papa a dit : peut-être n'en est-il pas ainsi. Le premier tanna ne le dit que là-bas : puisqu'elle a été détachée [désignée] au nom de Rahel, elle ne peut plus être détachée au nom de Léa ; mais pour la Torah, qui est écrite sans intention précise, il [admet] aussi que nous l'effaçons.

🗂️ Tossefot (1)
אבל תורה דסתמא כתיבא ה"נ דמחקינן משמע אע"ג דסוטה בעי כתיבה לשמה מוחקין לה מן התורה ותימה דלענין גט פסלינן פרק שני דגיטין (שם:) גבי ההוא דשקל ספר תורה ויהביה לדביתהו דאמר רב יוסף למאי ניחוש לה אי משום כריתות דאית בה בעינן וכתב לה לשמה וליכא וי"ל דרב יוסף לית ליה סברא דרב פפא דהכא אי נמי סבר לה כמאן דאמר אין מוחקין לה מן התורה וא"ת והיכי מכשר הכא רב פפא בספר תורה אפילו למאן דבעי לשמה והא תנן בריש כל הגט (גיטין ד' כד.) שמע קול סופרים מקרין איש פלוני מגרש פלונית פסול לגרש בו ומוקי לה בגמ' בסופרים העשויין להתלמד וספר תורה נמי חשיב לה הכא כעשויין להתלמד ומשמע דלכולהו תנאי אית להו מתני' דהתם מדפריך ולית ליה לר' אחא בר יאשיה הא דתנן וכו' וי"ל דלהתלמד דהתם לא נכתב כלל להכשר הגט אבל ספר תורה כותב בסתמא לדעת כן שאם יצטרכו ימחקו ממנה פרשת סוטה ומיהו קשיא דלגבי גט אפילו בענין זה פסול ולא חשיב לשמה דהא אפילו כתבו הסופר לשמה בלא צווי הבעל פסול לגרש בו דהא תניא במי שאחזו (שם ד' עב.) כתב סופר לשמה וחתמו עדים לשמה ונתנו לה הרי הוא פסול עד שישמעו קולו שאמר לסופר כתוב ולעדים חתמו והתם פסול משום דלא חשיב לשמה ולא משום דבעינן שליחות בכתיבה דהא סוף פ"ב דגיטין (ד' כב:) מכשירים כתיבת חש"ו בגדול עומד על גביו אע"ג דלאו בני שליחות נינהו וי"ל דלעולם חשיב לשמה והתם פסול מדרבנן וגבי סוטה לא שייך לפסול מדרבנן א"נ בסוטה אין הכהן שעליו לכתוב מקפיד אם יכתוב שום אדם לשמה שלא ברשותו ומסתמא ניחא ליה אבל גבי גט מסתמא לא ניחא ליה לבעל:
Mais pour la Torah, qui est écrite sans intention précise, il [admet] aussi que nous l'effaçons : il en ressort que, bien que la sota exige une écriture lichmah, on l'efface de la Torah. C'est étonnant, car pour le guet nous l'invalidons, au deuxième chapitre de Guittin, à propos de celui qui a pris un Sefer Torah et l'a donné à sa femme, ou Rav Yossef a dit : pourquoi le craindre ? Si c'est à cause du passage des keritout qu'il contient, il faut « et il lui écrira » lichmah, et ce n'est pas le cas. On peut répondre que Rav Yossef ne partage pas le raisonnement de Rav Papa ici ; ou bien il tient comme celui qui dit qu'on ne l'efface pas de la Torah. Et si tu objectes : comment Rav Papa valide-t-il ici un Sefer Torah, même selon celui qui exige lichmah ? On a appris au début [du chapitre] « Kol haguet » (Guittin 24a) : s'il a entendu la voix de scribes qui dictaient « untel divorce d'unetelle », [ce guet] n'est pas apte pour divorcer ; et la Guemara l'applique à des scribes qui s'exercent. Un Sefer Torah aussi est considéré ici comme [écrit] pour l'étude, et il en ressort que tous les tannaim admettent la michna de là-bas, puisqu'on demande « et Rabbi Ahai bar Yochiya n'admet-il pas ce qu'on a appris, etc. ». On peut répondre que dans le cas de l'exercice, [l'écrit] n'a pas du tout été écrit en vue de valider un guet ; mais le Sefer Torah, on l'écrit sans intention précise dans la pensée que, si besoin, on en effacera la paracha de la sota. Il reste cependant difficile que, pour le guet, même dans ce cas il soit invalide et ne soit pas considéré lichmah : car même si le scribe l'a écrit lichmah sans l'ordre du mari, il n'est pas apte pour divorcer, comme il a été enseigné [au chapitre] « Mi cheahazo » (Guittin 72a) : si le scribe l'a écrit lichmah, que les témoins l'ont signé lichmah et qu'on le lui a donné, il est invalide jusqu'à ce qu'on entende sa voix [du mari] dire au scribe « écris » et aux témoins « signez ». Et là il est invalide parce qu'il n'est pas considéré lichmah, et non parce qu'il faut une procuration (chlihout) pour l'écriture, car à la fin du deuxième chapitre de Guittin (22b) on valide l'écriture d'un sourd-muet, d'un aliéné ou d'un mineur quand un adulte se tient près de lui, bien qu'ils ne soient pas aptes à la chlihout. On peut répondre qu'en réalité c'est considéré lichmah, et que là [le guet] est invalidé par décret rabbinique, et pour la sota il n'y a pas lieu d'invalider rabbiniquement. Ou bien : pour la sota, le cohen chargé de l'écrire ne tient pas à ce que quelqu'un l'écrive lichmah sans sa permission, et en principe cela lui convient ; mais pour le guet, en principe cela ne convient pas au mari.
💡 Explication

Rav Papa réfute le rapprochement. Une meguila déjà désignée pour une femme précise (« Rahel ») ne peut être redésignée pour une autre (« Léa »). Un Sefer Torah est écrit be-stama (sans désignation) : même le premier tanna pourrait y admettre l'effacement. Tossefot confronte cela aux lois du guet, qui exige aussi lichmah.

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אמר רב נחמן בר יצחק, דילמא לא היא: עד כאן לא קאמר רבי אחי בר יאשיה התם — אלא דאיכתיב מיהת לשום סוטה בעולם, אבל גבי תורה, דלהתלמד כתיבא — הכי נמי דלא מחקינן.

Rav Nahman bar Its'hak a dit : peut-être n'en est-il pas ainsi. Rabbi Ahai bar Yochiya ne le dit que là-bas, parce qu'elle a été écrite du moins au nom d'une sota au monde ; mais pour la Torah, qui est écrite pour l'étude, il [admet] aussi que nous ne l'effaçons pas.

💡 Explication

Seconde réfutation, dans l'autre sens : Rabbi Ahai valide la meguila parce qu'elle fut écrite pour une sota, même une autre. Un Sefer Torah, écrit lehitlamed (pour l'étude), n'a pas cette qualité : même lui pourrait en interdire l'effacement.

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ולית ליה לרבי אחי בר יאשיה הא דתנן: כתב [גט] לגרש את אשתו,

Et Rabbi Ahai bar Yochiya n'admet-il pas ce que nous avons appris : s'il a écrit [un guet] pour divorcer de sa femme,

💡 Explication

La Guemara ouvre une question qui se poursuit en 13b : la michna de Guittin exige qu'un guet soit écrit au nom de la femme concernée. Comment Rabbi Ahai peut-il alors valider la meguila d'une sota pour une autre ?

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).