Eruvin 18a — Les pasei birot et les deux visages d'Adam

Eruvin 18a

Sougya : Fin de la michna des pasei birot (montants autour des puits) : on peut agrandir l'enclos autant qu'on veut à condition d'ajouter des pasin ; Rabbi Yehouda limite à beit sa'atayim, les Sages répondent que cette limite ne vaut que pour un jardin ou un karpef. La Guemara vérifie ensuite que la michna s'accorde avec Hananya, Rabbi Akiva et Rabbi Yehouda ben Bava, qui discutent des pasin pour une citerne (bor) ou un puits (be'er), public ou privé.

Elle définit les deyomadin (deux montants joints en angle), ce qui ouvre une série d'enseignements de Rabbi Yirmeya ben Elazar sur le mot deyo : le figuier deyoufra, puis Adam créé avec deux visages. Rav et Chmouel discutent : la tsela dont fut faite Hava était-elle un visage (partsuf) ou une queue (zanav) ?

Chaque verset est examiné selon les deux avis.

Les pasei birot : un enclos de montants autour du puits puits intervalle max. angle = deyomad (2 montants joints) côté = pachout (montant simple) Construction - 4 deyomadin aux angles : chacun fait de deux planches d'une ama, jointes en forme de L - entre eux, des pasin simples - permis pour la bête des pèlerins (olei reguel) Intervalle maximal entre deux montants (Rachi) - 10 amot selon Rabbi Meir - 13 amot 1/3 selon Rabbi Yehouda Agrandir l'enclos (michna) - on peut éloigner les montants du puits autant qu'on veut - à condition d'ajouter des pasin, pour que l'intervalle reste dans la limite
Les pasei birot : quatre deyomadin aux angles, des montants simples entre eux ; on agrandit l'enclos en ajoutant des pasin.
Pour quel point d'eau peut-on faire des pasin ? puits public puits privé citerne publique citerne privée position Tanna kamma (baraita) oui oui oui oui pasin pour citerne Hananya ? ? non non citerne : cordes seules Rabbi Akiva oui oui oui non citerne privée : mur de 10 R. Yehouda ben Bava oui non non non puits public seul Notre michna oui oui - - cite les puits ? Hananya, 1re version : il distingue citerne et puits (pasin permis au puits) ; 2e version : il interdit partout, mais il ne répondait qu'au Tanna kamma. Raison : l'eau vive du puits ne s'arrête pas ; l'eau recueillie d'une citerne peut s'épuiser. Conclusion de la Guemara : la michna peut s'accorder avec chacun des trois.
Pasin pour un puits ou une citerne, public ou privé : les positions discutées par la Guemara.
La tsela : partsuf (visage) ou zanav (queue) ? Rav et Chmouel Verset Partsuf (deux visages) Zanav (une queue) A'hor va-kedem tsartani deux faces, devant et derrière R. Ami : dernier créé, premier puni Vayyitser (deux yod) deux formations : homme et femme R. Chimon b. Pazi : malheur à moi (yetser / Yotser) Zakhar ou-nekeva beram créés ensemble, un de chaque côté R. Abbahou : pensée de deux, un seul créé Vayisgor basar tahtena la chair referme le côté retiré seulement l'endroit de l'incision Vayiven (il construisit) R. Chimon b. Menassia : tressa ses cheveux vraie construction à partir de la queue En noir-bleu / brun : lecture simple du verset. En rouge : lecture par derasha pour l'autre avis.
Rav et Chmouel sur la tsela : chaque verset et la manière dont chaque avis l'explique.
1
להרחיק כל שהוא, ובלבד שירבה בפסין. רבי יהודה אומר: עד בית סאתים.

[et il est permis] d'éloigner [les montants du puits] autant qu'on veut, à condition d'augmenter le nombre de pasin. Rabbi Yehouda dit : jusqu'à beit sa'atayim.

📜 Rachi (2)
להרחיק כל שהוא כל מה שבלבו לעשות היקף גדול:
Éloigner autant qu'on veut : tout ce qu'il a à cœur de faire, un grand enclos.
ובלבד שירבה בפסין דכל כמה דמרחיק מבור מגדיל ריוח שבין דיומד לדיומד וצריך להרבות בפסין עד שלא יהא בין פשוט לפשוט ובין פשוט לדיומד יותר מי' אמות לר' מאיר או מי"ג אמה ושליש לרבי יהודה:
À condition d'augmenter les pasin : car plus il s'éloigne du puits, plus il agrandit l'espace entre un deyomad et l'autre, et il doit ajouter des pasin jusqu'à ce qu'il n'y ait pas, entre un [montant] simple et un autre, ni entre un simple et un deyomad, plus de dix amot selon Rabbi Meir, ou plus de treize amot et un tiers selon Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Fin de la michna des pasei birot : autour d'un puits, on dresse aux quatre angles des deyomadin et, si besoin, des montants simples (pachout) entre eux. Cet enclos symbolique permet de porter à l'intérieur pendant Chabbat pour abreuver les bêtes des pèlerins.

On peut agrandir l'enclos à volonté ; la seule condition est que l'intervalle entre deux montants ne dépasse pas la mesure permise. Pour Rabbi Yehouda, la surface totale ne peut dépasser beit sa'atayim (la surface pour semer deux se'a, environ 5000 amot carrées).

2
אמרו לו: לא אמרו בית סאתים אלא לגנה ולקרפף, אבל אם היה דיר או סהר או מוקצה או חצר — אפילו בית חמשת כורין, אפילו בית עשרה כורין מותר. ומותר להרחיק כל שהוא, ובלבד שירבה בפסין.

Ils lui dirent : on n'a parlé de beit sa'atayim que pour un jardin et pour un karpef. Mais si c'était un dir, un sahar, un moukze ou une cour, même [d'une surface de] cinq beit kor, même dix beit kor, c'est permis.

Et il est permis d'éloigner autant qu'on veut, à condition d'augmenter le nombre de pasin.

📜 Rachi (5)
לגינה ולקרפף שאין הקיפן לדירה קרפף היקף גדול חוץ לעיר להכניס שם עצים לאוצר:
Pour un jardin et un karpef : dont l'enceinte n'est pas faite pour l'habitation. Un karpef est une grande enceinte hors de la ville, pour y rentrer du bois en réserve.
אבל אם היה דיר של בהמות שעושין בשדות היום כאן והיום כאן כדי לזבל' בגללי הבהמות:
Mais si c'était un dir : [enclos] pour les bêtes, qu'on fait dans les champs, aujourd'hui ici, demain là, pour fumer [le sol] avec le fumier des bêtes.
סהר לבהמות של עיר:
Sahar : pour les bêtes de la ville.
מוקצה רחבה שאחורי הבתים:
Moukze : l'espace ouvert derrière les maisons.
וחצר שלפני הבתים דכל הני הקיפן לדירה הוא והני פסי ביראות נמי הואיל ומימיהן ראויין לשתיית אדם תשמיש דירה מעלייתא הוא:
Et une cour : celle qui est devant les maisons. Car tous ceux-là ont une enceinte faite pour l'habitation. Et ces pasei birot aussi : puisque leur eau est propre à la boisson de l'homme, c'est un véritable usage d'habitation.
🗂️ Tossefot (1)
אפילו י' כורין מותר פ"ה והני פסי ביראות נמי הואיל ומימיהן ראויין לשתיית אדם תשמיש דירה מעלייתא היא ואין להקשות א"כ אמאי אמר בגמרא מתני' דלא כרבי עקיבא מדלא קתני בורות דילמא נקט ביראות דאפי' י' כורין שרי וי"ל דמתניתין ר' יהודה היא דלא שרי אפי' בבאר אלא בית סאתים וא"ת ומאי שנא גבי שיירא דבעו רבנן שלא יהא בית סאתים פנוי והכא גבי פסין דגריעי טפי מחבלים כדאמר בגמרא לא אצרכיה שלא יהא בית סאתים פנוי וי"ל דגבי שיירא הואיל ונעשה לצורך שעה לא הוי חשיב מוקף לדירה כמו פסין אי נמי גבי עולי רגלים הקילו והחשיבו פסין כמו מחיצה גמורה כמו שהקילו לענין פרוץ מרובה על העומד ומ"מ צריך לפרש כפירוש הקונטרס דחשיבי פסין מוקפין לדירה אע"פ שאין אדם דר שם דאלת"ה תקשה מתני' לרב הונא בר' חנינא דבעי למימר בפ' הדר (לקמן עירובין דף סז:) דמחיצה שאינה מוקפת לדירה לא שמה מחיצה דפריך לר' יוחנן דאמר מחיצה היא אלא שמחוסרת דיורין:
Même dix kor, c'est permis : notre maître (Rachi) a expliqué : et ces pasei birot aussi, puisque leur eau est propre à la boisson de l'homme, c'est un véritable usage d'habitation. Et il n'y a pas lieu d'objecter : s'il en est ainsi, pourquoi la Guemara dit-elle que notre michna n'est pas selon Rabbi Akiva, du fait qu'elle n'enseigne pas « citernes » ? Peut-être a-t-elle mentionné les puits parce que même dix kor y est permis. On peut répondre que [le début de] notre michna est de Rabbi Yehouda, qui ne permet, même pour un puits, que beit sa'atayim. Et si tu demandes : en quoi est-ce différent de la caravane, où les Rabbanan exigent qu'il n'y ait pas un beit sa'atayim inoccupé, alors qu'ici, pour les pasin, qui sont plus faibles que des cordes, comme le dit la Guemara, on n'a pas exigé qu'il n'y ait pas un beit sa'atayim inoccupé ? On peut répondre : pour la caravane, puisque [la cloison] est faite pour un besoin passager, elle n'est pas considérée comme entourée pour l'habitation, à la différence des pasin. Ou bien : pour les pèlerins, on a été indulgent et on a considéré les pasin comme une cloison complète, de même qu'on a été indulgent pour [le cas où] la partie ouverte dépasse la partie debout. Et en tout cas, il faut expliquer comme le Kountres (Rachi), que les pasin sont considérés comme entourés pour l'habitation, bien que personne n'y habite. Sinon, notre michna ferait difficulté à Rav Houna fils de Rabbi Hanina, qui veut dire au chapitre Hadar (Eruvin 67b) qu'une cloison qui n'est pas entourée pour l'habitation n'est pas une cloison, puisqu'il objecte à Rabbi Yo'hanan, qui dit : c'est une cloison, seulement il lui manque des habitants.
💡 Explication

Les Sages limitent la portée de la règle de beit sa'atayim : elle ne vaut que pour un enclos qui n'est pas mouqaf le-dira (entouré pour l'habitation), comme un jardin ou un karpef. Un enclos lié à l'usage de la maison ou des bêtes (dir, sahar, moukze, cour) peut être de n'importe quelle taille. Selon Rachi, les pasei birot entrent dans cette seconde catégorie : l'eau du puits sert à boire.

Le Tossefot compare avec la caravane de la michna précédente (16b), où l'on exige qu'il ne reste pas un beit sa'atayim inoccupé. Deux réponses : la caravane est un usage passager, ou bien on a été indulgent envers les pèlerins.

🖼️ Schéma
Surface permise selon le type d'enclos Pas entouré pour l'habitation - ganna : jardin - karpef : enclos hors de la ville (on y entrepose du bois) limite : beit sa'atayim (environ 5000 amot carrées) Entouré pour l'habitation - dir : parc des bêtes aux champs - sahar : parc des bêtes de la ville - moukze : cour derrière les maisons - hatser : cour devant les maisons - pasei birot (selon les Sages) même 5 ou 10 beit kor
Selon les Sages, la limite de beit sa'atayim ne concerne que les enclos qui ne sont pas faits pour l'habitation.
3
גמ׳ לימא מתניתין דלא כחנניא, דתניא: עושין פסין לבור וחבלין לשיירא. וחנניא אומר: חבלין לבור, אבל לא פסין.

Guemara. Dirons-nous que notre michna n'est pas selon Hananya ?

Car il a été enseigné (baraita) : on fait des pasin pour une citerne (bor) et des cordes pour une caravane. Et Hananya dit : des cordes pour une citerne, mais pas de pasin.

📜 Rachi (1)
גמ' חבלים לשיירא כדתנן בפ"ק (דף טז:) מקיפין שלשה חבלים דכולה עומד הוא אבל פסין לשיירא לא דהוי פרוץ מרובה ולא הותר אלא לבור משום בהמת עולי רגלים כדמפרש לקמן:
Guemara. Des cordes pour une caravane : comme nous l'avons appris au premier chapitre (16b) : on entoure de trois cordes, car tout est [considéré comme] partie debout. Mais des pasin pour une caravane, non, car l'ouverture est plus grande [que la partie debout], et cela n'a été permis que pour la citerne, à cause des bêtes des pèlerins, comme on l'explique plus loin.
💡 Explication

Pour Hananya, une citerne ne peut être entourée de pasin, seulement de cordes. Si l'on comprend qu'il interdit les pasin pour tout point d'eau, notre michna, qui les permet pour les puits, le contredirait.

Rappel de Rachi : les pasin laissent une ouverture plus grande que la partie fermée (parouts merouba al ha-omed), ce qui n'est normalement pas une cloison. C'est une permission particulière faite pour les bêtes des pèlerins.

4
אפילו תימא חנניא בור לחוד באר לחוד.

Tu peux même dire [que la michna est selon] Hananya : une citerne, c'est une chose ; un puits, c'est une autre chose.

📜 Rachi (2)
בור מים מכונסין ועבידי דפסקי ומשום הכי אסר חנניא דזמנין דפסקי מיא ובטלי מחיצות ולא הותרו פסי ביראות אלא מפני מימיהן של בהמת עולי רגלים:
Citerne : eau recueillie, qui vient à s'arrêter. C'est pourquoi Hananya l'a interdite : parfois l'eau s'arrête et les cloisons deviennent inutiles. Or les pasei birot n'ont été permis qu'à cause de leur eau, pour les bêtes des pèlerins.
באר מים חיים וביראות דמתניתין מדלא קתני בורות במים חיים קאמר:
Puits : eau vive. Et les « birot » de la michna : du fait qu'elle n'enseigne pas « citernes », elle parle d'eau vive.
🗂️ Tossefot (2)
בור לחוד ובאר לחוד המקשה נמי היה יודע שיש חילוק בין בור לבאר דמתני' היא אלא שהיה מדקדק לפרש מדלא פירש במילתיה ופסין לבאר מכלל דלא מפליג כמו שמדקדק בסמוך וה"ה דהוה מצי למימר מתניתין דלא כתנא קמא דבמתני' קתני דווקא באר ולא בור:
Une citerne, c'est une chose ; un puits, c'est une autre chose : celui qui posait la question savait lui aussi qu'il y a une différence entre citerne et puits, puisque c'est notre michna. Mais il déduisait avec précision du fait que [Hananya] n'a pas précisé dans ses paroles « et des pasin pour un puits », ce qui implique qu'il ne distingue pas, comme on le déduit juste après. Et de même, il aurait pu dire : notre michna n'est pas selon le Tanna kamma, car la michna enseigne précisément un puits et non une citerne.
בור לחוד פירש רש"י בור מים מכונסין דעבידי דפסקי ואע"ג דלקמן בפירקא קאמר טעמא דבעינן מים חיים משום דבעינן מידי דחזי לאדם האי טעמא לא שייך אלא לר' יהודה בן בבא דאמר אין עושין פסין אלא לבאר הרבים לבד וטעמא משום דבעי מידי דחזי לאדם דאי משום דלא פסקי אפילו בור רבים נמי דאין לחוש דילמא פסקי אבל שאר תנאים טעמייהו משום דלא פסקי דאי בעי מידי דחזי לאדם אפילו בור הרבים נמי לא:
Une citerne, c'est une chose : Rachi explique : une citerne, c'est de l'eau recueillie, qui vient à s'arrêter. Et bien que plus loin dans ce chapitre on donne comme raison, pour exiger de l'eau vive, qu'il faut une chose propre à l'homme, cette raison ne vaut que pour Rabbi Yehouda ben Bava, qui dit qu'on ne fait des pasin que pour le puits public seulement. Sa raison est qu'il faut une chose propre à l'homme ; car si c'était parce [que l'eau] ne s'arrête pas, même une citerne publique [serait permise], puisqu'on n'a pas à craindre qu'elle s'arrête. Mais pour les autres Tannaim, la raison est que [l'eau] ne s'arrête pas ; car s'ils exigeaient une chose propre à l'homme, même une citerne publique ne [serait] pas [permise].
💡 Explication

Réponse : Hananya peut interdire les pasin pour une citerne (eau recueillie qui peut s'épuiser) et les permettre pour un puits (eau vive, qui ne s'arrête pas). Si l'eau s'épuise, la permission n'a plus de raison d'être, et l'on risquerait de continuer à porter dans l'enclos.

Le Tossefot distingue deux raisons possibles : l'eau qui ne s'arrête pas (la plupart des Tannaim) ou l'eau propre à la boisson de l'homme (Rabbi Yehouda ben Bava).

5
איכא דאמרי: מדלא קתני ״חנניא אומר: עושין חבלין לבור ופסין לבאר״, מכלל דלחנניא לא שנא בור ולא שנא באר — חבלין אין, פסין לא. לימא מתניתין דלא כחנניא?

Certains disent : du fait qu'il n'est pas enseigné « Hananya dit : on fait des cordes pour une citerne et des pasin pour un puits », on en déduit que pour Hananya, il n'y a pas de différence entre citerne et puits : des cordes, oui ; des pasin, non. Dirons-nous que notre michna n'est pas selon Hananya ?

💡 Explication

Seconde version de la discussion : on déduit du silence de Hananya qu'il ne distingue pas entre citerne et puits. S'il avait voulu permettre les pasin pour un puits, il l'aurait dit.

6
אפילו תימא חנניא, למאי דקאמר תנא קמא — קא מהדר ליה.

Tu peux même dire [que la michna est selon] Hananya : il répond au Tanna kamma sur ce que celui-ci a dit.

💡 Explication

Le Tanna kamma n'a parlé que de la citerne ; Hananya lui répond sur ce sujet seulement. Son silence sur le puits ne prouve donc rien.

7
לימא מתניתין דלא כרבי עקיבא? דתנן: אחד באר הרבים ובור הרבים ובאר היחיד עושין להן פסין. אבל בור היחיד — עושין לו מחיצה גבוה עשרה טפחים, דברי רבי עקיבא.

Dirons-nous que notre michna n'est pas selon Rabbi Akiva ? Car nous avons appris (michna) : pour un puits public, une citerne publique et un puits privé, on fait des pasin ; mais pour une citerne privée, on fait une cloison haute de dix tefahim.

Ce sont les paroles de Rabbi Akiva.

📜 Rachi (2)
בור הרבים אי פסקי מיא מדכרי אהדדי ולא מטלטלי התם:
Citerne publique : si l'eau s'arrête, [les gens] se le rappellent les uns aux autres et ne portent plus là-bas.
באר היחיד דלא פסקי מיא:
Puits privé : car l'eau ne s'arrête pas.
💡 Explication

Rabbi Akiva permet les pasin partout sauf pour une citerne privée. Pour une citerne publique, on ne craint pas l'épuisement : le public est nombreux et chacun avertira l'autre que l'eau est finie. Pour un particulier, ce rappel n'existe pas.

8
ואילו הכא קתני: לביראות. לביראות — אין, לבורות לא.

Or ici, il est enseigné : « pour les puits ». Pour les puits, oui ; pour les citernes, non.

📜 Rachi (1)
לבורות לא ואפילו דרבים:
Pour les citernes, non : même publiques.
9
אפילו תימא רבי עקיבא, באר מים חיים דפסיקא ליה, לא שנא דרבים ולא שנא דיחיד — קתני. בור מכונסין דלא פסיקא ליה — לא קתני.

Tu peux même dire [que la michna est selon] Rabbi Akiva : le puits d'eau vive, pour lequel [la règle] est tranchée, sans différence entre public et privé, il l'enseigne. La citerne d'eau recueillie, pour laquelle [la règle] n'est pas tranchée, il ne l'enseigne pas.

📜 Rachi (1)
מכונסין דלא פסיקא ליה דאיכא בור הרבים דמהני ואיכא בור דיחיד דלא מהני לא קתני:
Eau recueillie, pour laquelle ce n'est pas tranché : car il y a la citerne publique, pour laquelle [les pasin] sont efficaces, et la citerne privée, pour laquelle ils ne le sont pas. [C'est pourquoi] il ne l'enseigne pas.
💡 Explication

Principe de rédaction : la michna préfère enseigner un cas passik (tranché, sans exception). Pour le puits, la règle est uniforme ; pour la citerne, il faudrait distinguer public et privé. Le silence de la michna sur la citerne ne prouve donc pas qu'elle l'interdit.

10
לימא מתניתין דלא כרבי יהודה בן בבא, דתנן: רבי יהודה בן בבא אומר: אין עושין פסין אלא לבאר הרבים בלבד, ואילו הכא קתני לביראות — לא שנא דרבים ולא שנא דיחיד!

Dirons-nous que notre michna n'est pas selon Rabbi Yehouda ben Bava ? Car nous avons appris : Rabbi Yehouda ben Bava dit : on ne fait des pasin que pour un puits public seulement.

Or ici il est enseigné « pour les puits » : sans différence entre public et privé !

📜 Rachi (1)
ואילו הכא ביראות קתני דמשמע תרי חד דרבים וחד דיחיד:
Or ici il est enseigné « puits » : ce qui implique deux, un public et un privé.
11
אפילו תימא רבי יהודה בן בבא, מאי ביראות — ביראות דעלמא.

Tu peux même dire [que la michna est selon] Rabbi Yehouda ben Bava : que signifie « puits » ? Les puits en général.

📜 Rachi (1)
ביראות דעלמא אכל ביראות קאי ולעולם דרבים:
Les puits en général : [le pluriel] se rapporte à tous les puits, mais en réalité [il s'agit de puits] publics.
💡 Explication

Le pluriel birot ne désigne pas deux catégories (public et privé) : il parle de l'ensemble des puits publics. Au terme de ces trois discussions, la michna peut s'accorder avec Hananya, Rabbi Akiva et Rabbi Yehouda ben Bava.

12
מאי דיומדין? אמר רבי ירמיה בן אלעזר: דיו עמודין.

Que sont les deyomadin ? Rabbi Yirmeya ben Elazar dit : deyo amoudin (deux colonnes).

💡 Explication

Le mot deyomad est composé de deyo (deux, du grec) et amoud (colonne). Chaque deyomad est formé de deux planches jointes en angle, de sorte qu'il présente une face d'une ama dans chaque direction.

🖼️ Schéma
Deyomad = deyo amoudin (deux montants) 1 ama 1 ama vue de dessus : un angle - deux planches jointes à angle droit - chacune d'une ama de large - une à chaque coin de l'enclos deyo (deux) + amoudin (colonnes)
Le deyomad : deux montants d'une ama chacun, joints en angle, placé à chaque coin de l'enclos.
13
דיו למנודה שבח זונית נתקלקל במידה שלשה סימן.

Deyo, la-menoude, chevah, zonit, nitkalkel, be-mida, chelocha : signe mnémotechnique.

💡 Explication

Un siman (moyen mnémotechnique) : chaque mot rappelle l'un des enseignements de Rabbi Yirmeya ben Elazar rapportés à la suite (ici et au daf 18b). Le premier, deyo, rattache la série au mot deyomad : les deux enseignements suivants expliquent aussi un mot composé avec deyo (deux).

14
תנן התם, רבי יהודה אומר: כל השיתין פטורין, חוץ מן הדיופרא. מאי דיופרא? אמר עולא: אילן העושה דיו פירות בשנה.

Nous avons appris là-bas (michna Demai) : Rabbi Yehouda dit : tous les chitin sont exemptés, sauf le deyoufra. Qu'est-ce que le deyoufra ?

Oula dit : un arbre qui donne deux (deyo) [récoltes de] fruits (peirot) par an.

📜 Rachi (4)
השיתין מיני תאנים רעות כדאמר במס' ברכות (דף מ:):
Les chitin : des espèces de figues de mauvaise qualité, comme il est dit dans le traité Berakhot (40b).
פטורין מן הדמאי דכיון דרעות הן לא חס עלייהו עם הארץ ועישרן:
Exemptés : du demai, car, puisqu'elles sont de mauvaise qualité, l'am ha-arets ne les a pas épargnées et les a prélevées.
חוץ מן הדיופרא שהוא חשוב:
Sauf le deyoufra : qui est de valeur.
דיו פירות טוענין ב' פעמים בשנה:
Deux fruits : ils portent [des fruits] deux fois par an.
💡 Explication

Le demai est un produit acheté à un am ha-arets, dont on doute qu'il ait prélevé les dîmes. Pour des figues de peu de valeur (chitin), on suppose qu'il a prélevé, car la perte est faible. Le deyoufra, arbre à deux récoltes, donne un fruit de valeur : le doute demeure.

15
אמר רבי ירמיה בן אלעזר: דיו פרצוף פנים היה לו לאדם הראשון, שנאמר: ״אחור וקדם צרתני״. כתיב: ״ויבן ה׳ א-להים את הצלע וגו׳״, רב ושמואל: חד אמר פרצוף, וחד אמר זנב.

Rabbi Yirmeya ben Elazar dit : Adam, le premier homme, avait deux visages (deyo partsuf panim), comme il est dit : « Par-derrière et par-devant Tu m'as formé » (Tehilim 139,5). Il est écrit : « Hachem D.ieu construisit la tsela etc. » (Berechit 2,22).

Rav et Chmouel : l'un dit [c'était] un visage, l'autre dit une queue.

📜 Rachi (4)
אחור וקדם צרתני מלפנים ומאחור צרת לי צורת פנים:
Par-derrière et par-devant Tu m'as formé : devant et derrière, Tu m'as fait une forme de visage.
הצלע בין לרב בין לשמואל לשון צדדין כמו ולצלע המשכן השנית (שמות כו):
La tsela : selon Rav comme selon Chmouel, c'est un terme de côté, comme « et pour le deuxième côté (tsela) du Michkan » (Chemot 26).
פרצוף חילקו לשנים שהיה זכר מכאן ונקבה מכאן:
Un visage : Il l'a séparé en deux, car il était mâle d'un côté et femelle de l'autre.
זנב היה לו לאדם הראשון ונטלו ממנו וברא את חוה:
Une queue : Adam, le premier homme, en avait une ; on la lui a retirée, et [Hachem] créa Hava.
💡 Explication

Le mot tsela, traduit d'ordinaire par « côte », signifie ici « côté, flanc » (Rachi). Rav et Chmouel discutent de ce qui a été pris d'Adam pour construire Hava :

- partsuf : Adam avait deux visages, homme d'un côté et femme de l'autre ; Hachem les a séparés ;
- zanav : Adam avait un appendice (une queue), à partir duquel Hava fut construite.

La suite examine cinq versets, chacun favorable à l'un des avis, et la manière dont l'autre avis l'explique (voir le schéma de synthèse).

16
בשלמא למאן דאמר פרצוף — היינו דכתיב ״אחור וקדם צרתני״. אלא למאן דאמר זנב — מאי ״אחור וקדם צרתני״?

Cela se comprend pour celui qui dit « visage » : c'est ce qui est écrit « Par-derrière et par-devant Tu m'as formé ». Mais pour celui qui dit « queue », que signifie « Par-derrière et par-devant Tu m'as formé » ?

📜 Rachi (1)
מאי אחור וקדם צרתני דמשמע ב' צורות:
Que signifie « Par-derrière et par-devant Tu m'as formé » : qui implique deux formes.
🗂️ Tossefot (1)
בשלמא למ"ד פרצוף היינו כו' מכאן היה מקשה ריב"ם על פ"ה דפירש בריש כתובות (דף ח.) ב' יצירות הוו ולכך בריך שתים יוצר האדם ואשר יצר דהוי כמ"ד זנב ועוד דבתר הכי קאמר התם לכ"ע חדא יצירה הוי מר סבר בתר מחשבה אזלינן ומר סבר בתר מעשה אזלינן והיינו כמ"ד זנב דאליבא דידיה דרשינן הנהו קראי כרבי אבהו לכן נראה דשתי יצירות הואי היינו כמאן דאמר פרצוף:
Cela se comprend pour celui qui dit « visage », etc. : de là, le Ribam objectait à l'explication de notre maître (Rachi), qui a expliqué au début de Ketoubot (8a) : il y eut deux formations, et c'est pourquoi on récite deux [bénédictions], « Yotser ha-adam » et « Acher yatsar », ce qui correspondrait à l'avis de celui qui dit « queue ». De plus, il est dit ensuite la-bas : selon tous, il n'y eut qu'une seule formation ; l'un pense qu'on suit la pensée, l'autre qu'on suit l'acte. Et cela correspond à celui qui dit « queue », car selon lui on explique ces versets comme Rabbi Abbahou. C'est pourquoi il semble que [l'avis selon lequel] il y eut deux formations correspond à celui qui dit « visage ».
💡 Explication

Le Tossefot rattache ce débat à la question des bénédictions des cheva berakhot (Ketoubot 8a) : y eut-il une ou deux formations de l'homme ? Selon le Ribam, les deux formations correspondent à l'avis partsuf, et non à l'avis zanav comme l'avait expliqué Rachi.

17
כדרבי אמי, דאמר רבי אמי: אחור למעשה בראשית, וקדם לפורענות.

[On l'explique] comme Rabbi Ami, car Rabbi Ami a dit : derrière (a'hor) pour l'œuvre de la Création, devant (kedem) pour le châtiment.

💡 Explication

Pour l'avis zanav, le verset ne décrit pas la forme physique d'Adam : il enseigne que l'homme fut le dernier créé et le premier puni.

18
בשלמא אחור למעשה בראשית — דלא איברי עד מעלי שבתא, אלא וקדם לפורענות מאי היא? אילימא משום קללה — הא בתחילה נתקלל נחש, ולבסוף נתקללה חוה, ולבסוף נתקלל אדם!

Cela se comprend pour « derrière pour l'œuvre de la Création » : car il ne fut créé que la veille de Chabbat. Mais « devant pour le châtiment », qu'est-ce que c'est ?

Si l'on dit [qu'il s'agit] de la malédiction : mais d'abord fut maudit le serpent, ensuite fut maudite Hava, et à la fin fut maudit Adam !

🖼️ Schéma
Rabbi Ami : a'hor (dernier) et kedem (premier) A'hor : dernier à la Création jours 1 à 5 ... jour 6 : les animaux puis l'homme, la veille de Chabbat accepté sans difficulté Kedem : premier puni Malédiction ? serpent, puis Hava, puis Adam -> l'homme est dernier : rejeté Déluge : de l'homme jusqu'à la bête -> l'homme est nommé en premier retenu
L'homme, dernier dans l'ordre de la Création, est le premier nommé dans le châtiment du Déluge.
19
אלא למבול, דכתיב: ״וימח את כל היקום אשר על פני האדמה מאדם ועד בהמה וגו׳״.

Mais [il s'agit] du Déluge, comme il est écrit : « Il effaça toute existence qui était sur la face de la terre, de l'homme jusqu'à la bête, etc. » (Berechit 7,23).

📜 Rachi (1)
מאדם ועד בהמה אדם הוזכר בפורענות תחילה:
De l'homme jusqu'à la bête : l'homme est mentionné en premier dans le châtiment.
20
בשלמא למאן דאמר פרצוף, היינו דכתיב ״וייצר״ תרין יודין. אלא למאן דאמר זנב — מאי ״וייצר״?

Cela se comprend pour celui qui dit « visage » : c'est ce qui est écrit « vayyitser » avec deux yod. Mais pour celui qui dit « queue », que signifie « vayyitser » ?

📜 Rachi (1)
ה"ג היינו דכתיב וייצר בתרין יודין דמשמע ב' צורות:
Telle est la version à lire : c'est ce qui est écrit « vayyitser » avec deux yod, ce qui implique deux formes.
💡 Explication

Dans Berechit 2,7, le mot vayyitser (Il forma) s'écrit avec deux yod, alors qu'un seul suffirait. Pour l'avis partsuf, les deux yod indiquent deux formes, l'homme et la femme.

21
כדרבי שמעון בן פזי, דאמר רבי שמעון בן פזי: אוי לי מיצרי, אוי לי מיוצרי.

[On l'explique] comme Rabbi Chimon ben Pazi, car Rabbi Chimon ben Pazi a dit : malheur à moi à cause de mon penchant (yitsri), malheur à moi à cause de mon Créateur (Yotsri).

📜 Rachi (2)
אוי לי מיצרי שמצערני אם אעשה רצון יוצרי:
Malheur à moi à cause de mon penchant : qui me tourmente si je fais la volonté de mon Créateur.
אוי לי מיוצרי אם אעשה רצון יצרי:
Malheur à moi à cause de mon Créateur : si je fais la volonté de mon penchant.
💡 Explication

Pour l'avis zanav, les deux yod évoquent la situation de l'homme entre deux forces : le yetser (penchant) et le Yotser (Créateur). Quel que soit son choix, l'un des deux le tourmente.

22
בשלמא למאן דאמר פרצוף, היינו דכתיב ״זכר ונקבה בראם״. אלא למאן דאמר זנב — מאי ״זכר ונקבה בראם״?

Cela se comprend pour celui qui dit « visage » : c'est ce qui est écrit « Il les créa mâle et femelle ». Mais pour celui qui dit « queue », que signifie « Il les créa mâle et femelle » ?

📜 Rachi (1)
זכר ונקבה בראם משמע מתחילת בריאתו היה זכר ונקבה זכר מצד זה ונקבה מצד זה:
Il les créa mâle et femelle : cela implique que dès le début de sa création, il était mâle et femelle, mâle d'un côté et femelle de l'autre.
23
לכדרבי אבהו. דרבי אבהו רמי, כתיב: ״זכר ונקבה בראם״, וכתיב: ״(כי) בצלם א-להים ברא אותו״. בתחלה עלתה במחשבה לבראות שנים, ולבסוף לא נברא אלא אחד.

[On l'explique] comme Rabbi Abbahou, car Rabbi Abbahou a opposé [deux versets] : il est écrit « Il les créa mâle et femelle » (Berechit 5,2), et il est écrit « car à l'image de D.ieu. Il le créa » (Berechit 1,27).

Au début, il est monté dans la pensée [divine] de créer deux [êtres], et à la fin un seul fut créé.

📜 Rachi (1)
ברא אותו משמע חד:
Il le créa : cela implique un seul.
💡 Explication

Rabbi Abbahou concilie le pluriel (beram, Il les créa) et le singulier (bara oto, Il le créa) : la pensée initiale était de créer deux êtres ; dans les faits, un seul fut créé. Pour l'avis zanav, « mâle et femelle » décrit donc l'intention, et non l'acte.

24
בשלמא למאן דאמר פרצוף, היינו דכתיב: ״ויסגור בשר תחתנה״, אלא למאן דאמר זנב — מאי ״ויסגור בשר תחתנה״?

Cela se comprend pour celui qui dit « visage » : c'est ce qui est écrit « Il referma la chair à sa place ». Mais pour celui qui dit « queue », que signifie « Il referma la chair à sa place » ?

25
אמר רב זביד, ואיתימא רבי ירמיה, ואיתימא רב נחמן בר יצחק: לא נצרכה אלא למקום חתך.

Rav Zevid dit, et certains disent Rabbi Yirmeya, et certains disent Rav Nahman bar Yitshak : cela n'est nécessaire que pour l'endroit de l'incision.

💡 Explication

Pour l'avis partsuf, tout un côté à été retiré : il faut refermer la chair. Pour l'avis zanav, même le retrait d'une queue laisse une plaie à l'endroit de la coupure ; le verset parle de cette fermeture.

26
בשלמא למאן דאמר זנב, היינו דכתיב: ״ויבן״, אלא למאן דאמר פרצוף — מאי ״ויבן״?

Cela se comprend pour celui qui dit « queue » : c'est ce qui est écrit « Il construisit ». Mais pour celui qui dit « visage », que signifie « Il construisit » ?

📜 Rachi (2)
ויבן משמע שהיתה מחוסרת בנין:
Il construisit : cela implique qu'elle avait besoin d'être construite.
מאי ויבן בנויה ועומדת היתה:
Que signifie « Il construisit » : elle était déjà construite et achevée.
💡 Explication

Ici le verset favorise l'avis zanav : à partir d'une queue, il faut construire un corps entier. Pour l'avis partsuf, Hava existait déjà comme un visage complet ; que reste-t-il à construire ?

27
לכדרבי שמעון בן מנסיא. דדריש רבי שמעון בן מנסיא: ״ויבן ה׳ א-להים את הצלע״ — מלמד שקילעה הקדוש ברוך הוא לחוה והביאה לאדם הראשון, שכן בכרכי הים קורין לקלעיתא בנייתא.

[On l'explique] comme Rabbi Chimon ben Menassia, car Rabbi Chimon ben Menassia a interprété : « Hachem D.ieu construisit la tsela » : cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, tressa [les cheveux de] Hava et l'amena à Adam, le premier homme ; car dans les villes côtières, on appelle la tresse « binyata » (construction).

📜 Rachi (1)
שקילעה קליעת שיער:
Il la tressa : tresse de cheveux.
💡 Explication

Pour l'avis partsuf, vayiven ne désigne pas la formation du corps : dans la langue des villes côtières, binyata désigne une tresse. Hachem a paré Hava avant de l'amener à Adam.

28
דבר אחר: ״ויבן ה׳ א-להים״, אמר רב חסדא, ואמרי לה במתניתא תנא: מלמד שבנאה הקדוש ברוך הוא לחוה כבניין

Autre explication : « Hachem D.ieu construisit ». Rav Hisda dit, et certains disent qu'on l'a enseigné dans une baraita : cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, construisit Hava comme la construction

💡 Explication

La phrase se poursuit au daf 18b : Hava fut construite comme un entrepôt (large en bas, étroit en haut), pour porter les enfants.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).