Eruvin 20a โ€” Cours ouvertes sur les passei bira'ot, eau tarie pendant Chabbat et force des mehitsot

Eruvin 20a

Sougya : Abaye interroge Rabba sur une cour dont l'extrรฉmitรฉ ouverte dรฉbouche entre les pasin (montants) entourant un puits : il est permis d'y transporter. Pour deux cours, c'est interdit ; Rav Houna maintient l'interdit mรชme si elles ont fait un erouv, par crainte qu'on croie l'erouv efficace pour l'espace des pasin, alors que Rava permet.

Une baraita soutient Rava, et Rav Houna la ramรจne au cas oรน les deux cours se sont rรฉunies. Si l'eau tarit pendant Chabbat, la mehitsa (cloison) disparaรฎt ; si elle revient, c'est une mehitsa faite pendant Chabbat, valable sauf si elle a รฉtรฉ faite volontairement (Rav Nahman).

Rabbi Elazar enseigne que celui qui lance un objet entre les pasin est passible, mรชme lorsque le public traverse l'enclos. Le daf s'achรจve sur la Michna de la vache qui boit : il faut que la tรชte et la majeure partie du corps soient ร  l'intรฉrieur.

Cours dont l'extrรฉmitรฉ ouverte dรฉbouche entre les pasin Transporter de la cour vers l'espace des pasin (et inversement) : est-ce permis ? 1. Une seule cour Cour Entre les pasin PERMIS (Rabba) Personne n'habite entre les pasin : aucun habitant n'interdit l'autre. 2. Deux cours voisines Cour A Cour B Entre les pasin Sans erouv : INTERDIT (tous d'accord) Si les deux cours ont fait un erouv entre elles : Rav Houna : INTERDIT gezera : on dirait que l'erouv sert aussi pour les pasin baraita = cours rรฉunies (brรจche) Rava : PERMIS l'erouv fait des deux cours un seul domaine soutenu par la baraita (Abaye)
Cour(s) ouverte(s) sur l'espace des pasin : une cour permise, deux cours interdites ; avec erouv, Rav Houna interdit et Rava permet.
Les pasin n'existent que pour l'eau : que se passe-t-il pendant Chabbat ? Entrรฉe de Chabbat eau dans le puits : pasin valables L'eau tarit pendant Chabbat Rabba : pas d'eau, pas de mehitsa INTERDIT de transporter L'eau revient (Ravin) = mehitsa faite pendant Chabbat (Abaye) Baraita : toute mehitsa faite pendant Chabbat (par erreur, volontairement, par contrainte, de plein grรฉ) porte le nom de mehitsa Objection : Rav Nahman valable seulement pour le lancer (Torah), interdit de transporter (Rabbanan) Rรฉponse : Rav Nahman parle du mezid faite volontairement : amende (kenas) eau revenue d'elle-mรชme : PERMIS
L'eau tarit puis revient pendant Chabbat : la mehitsa disparaรฎt avec l'eau, et revient comme mehitsa faite pendant Chabbat.
1
ืชืจื™ ื’ื•ื•ื ื™ ืื™ืœืŸ? ื”ื›ื ื ืžื™, ืชืจื™ ื’ื•ื•ื ื™ ื’ื“ืจ.

[la baraita enseignerait] deux sortes d'arbres ? Ici aussi, [elle enseigne] deux sortes de clรดture.

๐Ÿ’ก Explication

Fin de la discussion du daf 19b. On ne peut rien prouver de la baraita : de mรชme qu'on ne dirait pas qu'elle mentionne deux sortes d'arbres pour rien, elle mentionne ici deux sortes de clรดture, chacune avec sa propre rรจgle. La preuve est donc รฉcartรฉe.

2
ื‘ืขื ืžื™ื ื™ื” ืื‘ื™ื™ ืžืจื‘ื”: ื—ืฆืจ ืฉืจืืฉื” ื ื›ื ืก ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ โ€” ืžื”ื• ืœื˜ืœื˜ืœ ืžืชื•ื›ื” ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ, ื•ืžื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœืชื•ื›ื”? ืืžืจ ืœื™ื”: ืžื•ืชืจ.

Abaye demanda ร  Rabba : une cour dont l'extrรฉmitรฉ [ouverte] entre dans l'espace entre les pasin, qu'en est-il de transporter de l'intรฉrieur [de la cour] vers l'espace entre les pasin, et de l'espace entre les pasin vers son intรฉrieur ? Il lui dit : c'est permis.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืืžืจ ืœื™ื” ืžื•ืชืจ ื“ื”ื ืœื™ื›ื ื“ื™ื•ืจื™ืŸ ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื“ืœื™ืกืจื• ืขืœื™ื™ื”ื• ื“ืœื™ื”ื•ื™ ืžื•ืฆื™ื ืžืจืฉื•ืชื• ืœืจืฉื•ืช ื—ื‘ื™ืจื•:
Il lui dit : c'est permis โ€” car il n'y a pas d'habitants entre les pasin qui interdiraient [le transport] ร  ceux [de la cour], de sorte qu'on sortirait de son domaine vers le domaine de son prochain.
๐Ÿ’ก Explication

Les passei bira'ot (montants des puits) sont quatre coins en forme de L posรฉs autour d'un puits dans un domaine public. Par facilitรฉ accordรฉe aux pรจlerins, l'espace entourรฉ est considรฉrรฉ comme un domaine privรฉ. Une cour dont le cรดtรฉ ouvert donne sur cet espace forme avec lui un seul ensemble : puisque personne n'habite entre les pasin, rien n'empรชche de transporter de l'un ร  l'autre.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Cours dont l'extrรฉmitรฉ ouverte dรฉbouche entre les pasin Transporter de la cour vers l'espace des pasin (et inversement) : est-ce permis ? 1. Une seule cour Cour Entre les pasin PERMIS (Rabba) Personne n'habite entre les pasin : aucun habitant n'interdit l'autre. 2. Deux cours voisines Cour A Cour B Entre les pasin Sans erouv : INTERDIT (tous d'accord) Si les deux cours ont fait un erouv entre elles : Rav Houna : INTERDIT gezera : on dirait que l'erouv sert aussi pour les pasin baraita = cours rรฉunies (brรจche) Rava : PERMIS l'erouv fait des deux cours un seul domaine soutenu par la baraita (Abaye)
Une cour : permis. Deux cours : interdit sans erouv ; avec erouv, discussion entre Rav Houna et Rava.
3
ืฉืชื™ื, ืžืื™? ืืžืจ ืœื™ื”: ืืกื•ืจ.

[Et s'il y en a] deux, qu'en est-il ? Il lui dit : c'est interdit.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืฉืชื™ื ืžืื™ ืฉืชื™ื ื–ื• ืืฆืœ ื–ื• ื•ืžื—ื™ืฆื” ื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ื•ืฉืชื™ื”ืŸ ืจืืฉืŸ ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ:
Deux, qu'en est-il โ€” deux [cours] l'une ร  cรดtรฉ de l'autre, avec une cloison entre elles, et toutes deux ont leur extrรฉmitรฉ entre les pasin.
ืืกื•ืจ ืœื˜ืœื˜ืœ ืžืชื•ื›ืŸ ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื›ื“ืžืคืจืฉ ื˜ืขืžื ืจื‘ ื”ื•ื ื:
Interdit โ€” de transporter de l'intรฉrieur [des cours] vers l'espace entre les pasin, comme Rav Houna en explique la raison.
๐Ÿ’ก Explication

Avec deux cours, les habitants de l'une et de l'autre ont tous accรจs ร  l'espace des pasin. Comme pour deux cours ouvertes sur une mรชme ruelle sans chitouf, ils s'interdisent mutuellement le transport vers l'espace commun.

4
ืืžืจ ืจื‘ ื”ื•ื ื: ืฉืชื™ื ืืกื•ืจื™ืŸ, ื•ืืคื™ืœื• ืขื™ืจื‘ื•. ื’ื–ื™ืจื” ืฉืžื ื™ืืžืจื• ืดืขื™ืจื•ื‘ ืžื•ืขื™ืœ ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸืด. ืจื‘ื ืืžืจ: ืขื™ืจื‘ื• ืžื•ืชืจ.

Rav Houna dit : [pour] deux [cours], c'est interdit, mรชme si elles ont fait un erouv. [C'est] une gezera (dรฉcret), de peur qu'on dise : ยซ l'erouv est efficace pour l'espace entre les pasin ยป.

Rava dit : si elles ont fait un erouv, c'est permis.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื•ืืคื™ืœื• ืขื™ืจื‘ื• ื“ืจืš ื”ืคืชื— ืฉื‘ืžื—ื™ืฆื” ืฉื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ื“ื”ืฉืชื ื—ื“ื ื ื™ื ื”ื• ื•ืœื ืืกืจืŸ ืื”ื“ื“ื™ ืืกื•ืจื•ืช ืœื˜ืœื˜ืœ ืžืชื•ื›ืŸ ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื’ื–ื™ืจื” ืฉืžื ื™ืืžืจื• ืขื™ืจื•ื‘ ืžื•ืขื™ืœ ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœืฉืชืฃ ื—ืฆื™ืจื•ืช ื™ื—ื“ ืฉื”ืจื•ืื” ืื•ืชืŸ ืžื˜ืœื˜ืœื™ืŸ ืžืชื•ื›ืŸ ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœื ื™ื“ืข ื“ื™ืฉ ืคืชื— ื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ื•ืกื‘ืจ ื”ืื™ ื“ืœื ืืกืจืŸ ืื”ื“ื“ื™ ื‘ืชื•ืš ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื›ืฉืืจ ืฉืชื™ ื—ืฆื™ืจื•ืช ื”ืคืชื•ื—ื•ืช ืœืžื‘ื•ื™ ืื—ื“ ืฉืืกื•ืจ ืœื”ื•ืฆื™ื ืœืžื‘ื•ื™ ืืœื ื"ื› ื ืฉืชืชืคื• ื”"ื  ืžืฉื•ื ื“ื ืชื ื• ืขื™ืจื•ื‘ืŸ ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœืฉืชืฃ ื›ืฉื™ืชื•ืฃ ืฉืืจ ืžื‘ื•ื™ ื•ืืชื• ืœืžืฉืจื™ ื ืžื™ ืœื”ื›ื ื™ืก ื•ืœื”ื•ืฆื™ื ืžื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœื—ืฆื™ืจื•ืช ื›ื™ ืœื™ื›ื ืคืชื— ื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ื•ื™ื”ื‘ื™ ืขื™ืจื•ื‘ ื‘ืื—ืช ื”ื—ืฆื™ืจื•ืช ื“ืจืš ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื•ื”ื”ื•ื ื•ื“ืื™ ืœื ืžื”ื ื™ ื“ื›ื™ ืชืงื™ื ื• ืจื‘ื ืŸ ืฉื™ืชื•ืคื™ ืžื‘ื•ืื•ืช ื‘ืžื‘ื•ื™ ืกืชื•ื ืชืงื•ืŸ ื•ืื•ืจื›ื• ื™ื•ืชืจ ืขืœ ืจื—ื‘ื• ื•ื–ื” ืžืคื•ืœืฉ ืœืืจื‘ืขื” ืฆื“ื“ื™ืŸ:
Mรชme si elles ont fait un erouv โ€” par l'ouverture qui est dans la cloison entre elles, de sorte qu'ร  prรฉsent elles ne forment qu'un [domaine] et ne s'interdisent pas l'une l'autre, il est interdit de transporter de leur intรฉrieur vers l'espace entre les pasin. Gezera, de peur qu'on dise que l'erouv placรฉ entre les pasin est efficace pour associer les cours. En effet, celui qui les voit transporter de leur intรฉrieur vers l'espace entre les pasin ne sait pas qu'il y a une ouverture entre elles, et pense que si elles ne s'interdisent pas l'une l'autre dans l'espace entre les pasin, c'est comme pour deux autres cours ouvertes sur une mรชme ruelle, oรน il est interdit de sortir [des objets] dans la ruelle sauf si elles se sont associรฉes : ici aussi, [pensera-t-il], c'est parce qu'elles ont placรฉ leur erouv entre les pasin pour s'associer comme on s'associe pour une ruelle. On en viendrait alors ร  permettre aussi de faire entrer et sortir [des objets] entre l'espace des pasin et les cours lorsqu'il n'y a pas d'ouverture entre elles et qu'elles ont placรฉ leur erouv dans l'une des cours en passant par l'espace des pasin. Cela n'est certainement pas efficace, car lorsque les Sages ont instituรฉ le chitouf des ruelles, ils l'ont instituรฉ pour une ruelle fermรฉe [d'un cรดtรฉ], dont la longueur dรฉpasse la largeur, alors que celui-ci est ouvert sur les quatre cรดtรฉs.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Houna interdit mรชme aprรจs un erouv entre les deux cours. L'observateur ne voit pas l'ouverture intรฉrieure qui les relie ; il croirait que l'erouv a รฉtรฉ dรฉposรฉ entre les pasin, comme un chitouf mevo'ot pour une ruelle. Or un chitouf ne fonctionne que dans une ruelle fermรฉe d'un cรดtรฉ, et l'espace des pasin est ouvert de tous cรดtรฉs. Pour รฉviter cette erreur, il interdit.

Rava ne craint pas cette confusion : l'erouv fait des deux cours un seul domaine, c'est donc le cas d'une seule cour, dรฉjร  permis.

5
ืืžืจ ืœื™ื” ืื‘ื™ื™ ืœืจื‘ื: ืชื ื™ื ื“ืžืกื™ื™ืข ืœืš โ€” ื—ืฆืจ ืฉืจืืฉื” ืื—ื“ ื ื›ื ืก ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืžื•ืชืจ ืœื˜ืœื˜ืœ ืžืชื•ื›ื” ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ื•ืžื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืœืชื•ื›ื”, ืื‘ืœ ืฉืชื™ื ืืกื•ืจ. ื‘ืžื” ื“ื‘ืจื™ื ืืžื•ืจื™ื ืฉืœื ืขื™ืจื‘ื•, ืื‘ืœ ืขื™ืจื‘ื• ืžื•ืชืจื™ืŸ.

Abaye dit ร  Rava : il a รฉtรฉ enseignรฉ [une baraita] qui te soutient : ยซ Une cour dont une extrรฉmitรฉ entre dans l'espace entre les pasin, il est permis de transporter de son intรฉrieur vers l'espace entre les pasin et de l'espace entre les pasin vers son intรฉrieur ; mais [pour] deux, c'est interdit. De quoi parle-t-on ?

Lorsqu'elles n'ont pas fait d'erouv ; mais si elles ont fait un erouv, elles sont permises. ยป

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืขื™ืจื‘ื• ืžื•ืชืจื™ืŸ ื“ื›ื™ื•ืŸ ื“ืขื™ืจื‘ื• ื“ืจืš ืคืชื— ืฉื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ื•ื—ื“ ืจืฉื•ืชื ื”ื•ื ื“ืœื ืืกืจืŸ ืื”ื“ื“ื™ ืœื”ืš ื’ื–ื™ืจื” ืœื ื—ื™ื™ืฉื™ื ืŸ:
Si elles ont fait un erouv, elles sont permises โ€” puisqu'elles ont fait un erouv par l'ouverture qui est entre elles, c'est un seul domaine et elles ne s'interdisent pas l'une l'autre ; cette gezera, on ne la craint pas.
6
ืœื™ืžื ืชื™ื”ื•ื™ ืชื™ื•ื‘ืชื ื“ืจื‘ ื”ื•ื ื?! ืืžืจ ืœืš ืจื‘ ื”ื•ื ื: ื”ืชื ื“ื”ื“ืจืŸ ื•ืขืจื‘ืŸ.

Dirons-nous que c'est une rรฉfutation de Rav Houna ?! Rav Houna te dira : lร , [il s'agit du cas] oรน elles sont redevenues mรฉlangรฉes.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื“ื”ื“ืจืŸ ื•ืขืจื‘ืŸ ืฉื ืคืจืฆื” ื‘ื™ื ื™ื”ืŸ ืคื™ืจืฆื” ื’ื“ื•ืœื” ื‘ืกื•ืคื” ืฉื’ืœื•ื™ ืœื›ืœ ืฉืจืฉื•ืช ืื—ืช ื”ื™ื:
Oรน elles sont redevenues mรฉlangรฉes โ€” une large brรจche s'est ouverte entre elles ร  leur extrรฉmitรฉ, de sorte qu'il est รฉvident pour tous que c'est un seul domaine.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื“ื”ื“ืจืŸ ื•ืขืจื‘ืŸ ื•ื”ื›ื™ ืคื™ืจื•ืฉื• ืฉืชื™ื ืืกื•ืจื•ืช ืืคื™' ืขื™ืจื‘ื• ื•ืื ืขื™ืจื‘ื• ื›ื•' ื“ื”ื™ื™ื ื• ื›ืœื•ืžืจ ื“ื”ื“ืจืŸ ื•ืขืจื‘ืŸ ืžื•ืชืจื•ืช ื›ืฉืขื™ืจื‘ื•:
Oรน elles sont redevenues mรฉlangรฉes โ€” voici l'explication : ยซ deux, c'est interdit, mรชme si elles ont fait un erouv ; et si elles ont fait un erouv, etc. ยป signifie : si elles sont redevenues mรฉlangรฉes, elles sont permises lorsqu'elles ont fait un erouv.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Houna relit la baraita : le mot ยซ ervu ยป (elles ont fait un erouv) est compris comme ยซ ve-arvan ยป (elles se sont mรฉlangรฉes). La cloison s'est effondrรฉe et les deux cours sont visiblement une seule ; la crainte de la gezera disparaรฎt. Tossefot prรฉcise que l'erouv reste nรฉcessaire en plus de la brรจche.

7
ื‘ืขื ืžื™ื ื™ื” ืื‘ื™ื™ ืžืจื‘ื”: ื™ื‘ืฉื• ืžื™ื ื‘ืฉื‘ืช ืžื”ื•? ืืžืจ ืœื™ื”: ื›ืœื•ื ื ืขืฉื™ืช ืžื—ื™ืฆื” ืืœื ื‘ืฉื‘ื™ืœ ืžื™ื, ืžื™ื ืื™ืŸ ื›ืืŸ ืžื—ื™ืฆื” ืื™ืŸ ื›ืืŸ.

Abaye demanda ร  Rabba : si l'eau a tari pendant Chabbat, qu'en est-il ? Il lui dit : la mehitsa (cloison) n'a-t-elle รฉtรฉ faite que pour l'eau ?

[Donc] il n'y a pas d'eau ici, il n'y a pas de mehitsa ici.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ื™ื‘ืฉื• ืžื™ื ื‘ืฉื‘ืช ืžื”ื• ืœื˜ืœื˜ืœ ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืžื™ ืืžืจื™ื ืŸ ืฉื‘ืช ื”ื•ืื™ืœ ื•ื”ื•ืชืจื” ื”ื•ืชืจื” ืื• ื“ื™ืœืžื ื›ื™ื•ืŸ ื“ื”ื™ืชืจ ืคืกื™ืŸ ืื™ื ื• ืืœื ืžืฉื•ื ืžื™ื ื•ื”ืจื™ ื™ื‘ืฉื• ื•ืืกื•ืจ ื•ืื›ืœ ืคืกื™ ื‘ื™ืจืื•ืช ืงืื™:
Si l'eau a tari pendant Chabbat, qu'en est-il โ€” de transporter entre les pasin : dit-on que le Chabbat, puisqu'il a รฉtรฉ permis, reste permis ? Ou bien, puisque la permission des pasin n'existe qu'ร  cause de l'eau et que celle-ci a tari, c'est interdit ? Et il s'agit des pasin des puits.
ื›ืœื•ื ื ืขืฉื™ืช ืžื—ื™ืฆื” ื›ืœื•ืžืจ ื›ืœื•ื ื”ื•ืชืจื” ืžื—ื™ืฆื” ื›ื–ื• ืืœื ืžืฉื•ื ืžื™ื:
La mehitsa n'a-t-elle รฉtรฉ faite โ€” c'est-ร -dire : une telle mehitsa n'a รฉtรฉ permise qu'ร  cause de l'eau.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืžื—ื™ืฆื” ืื™ืŸ ื›ืืŸ ืืข"ื’ ื“ืื‘ื™ื™ ืื™ืช ืœื™ื” ืฉื‘ืช ื”ื•ืื™ืœ ื•ื”ื•ืชืจื” ื”ื•ืชืจื” ืžื•ื“ื” ื”ื›ื ืžืฉื•ื ื“ืœื™ื›ื ืžื—ื™ืฆื•ืช:
Il n'y a pas de mehitsa ici โ€” bien qu'Abaye soutienne que ยซ le Chabbat, puisqu'il a รฉtรฉ permis, reste permis ยป, il reconnaรฎt ici [l'interdit], parce qu'il n'y a pas de mehitsot.
๐Ÿ’ก Explication

Principe connu : ยซ Chabbat hoil ve-houtra houtra ยป, ce qui รฉtait permis ร  l'entrรฉe de Chabbat le reste. Mais ici, les pasin ne sont une mehitsa qu'en raison de l'eau nรฉcessaire aux pรจlerins. Sans eau, il n'y a plus de mehitsa du tout, et le principe ne s'applique pas.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Les pasin n'existent que pour l'eau : que se passe-t-il pendant Chabbat ? Entrรฉe de Chabbat eau dans le puits : pasin valables L'eau tarit pendant Chabbat Rabba : pas d'eau, pas de mehitsa INTERDIT de transporter L'eau revient (Ravin) = mehitsa faite pendant Chabbat (Abaye) Baraita : toute mehitsa faite pendant Chabbat (par erreur, volontairement, par contrainte, de plein grรฉ) porte le nom de mehitsa Objection : Rav Nahman valable seulement pour le lancer (Torah), interdit de transporter (Rabbanan) Rรฉponse : Rav Nahman parle du mezid faite volontairement : amende (kenas) eau revenue d'elle-mรชme : PERMIS
L'eau tarit : plus de mehitsa. L'eau revient : mehitsa faite pendant Chabbat.
8
ื‘ืขื™ ืจื‘ื™ืŸ: ื™ื‘ืฉื• ืžื™ื ื‘ืฉื‘ืช ื•ื‘ืื• ื‘ืฉื‘ืช ืžื”ื•? ืืžืจ ืœื™ื” ืื‘ื™ื™: ื™ื‘ืฉื• ื‘ืฉื‘ืช ืœื ืชื™ื‘ืขื™ ืœืš, ื“ื‘ืขื™ ืžื™ื ื™ื” ื“ืžืจ ื•ืคืฉื™ื˜ ืœื™ ื“ืืกื™ืจ.

Ravin demanda : si l'eau a tari pendant Chabbat et qu'elle est revenue pendant Chabbat, qu'en est-il ? Abaye lui dit : [le cas oรน elle a] tari pendant Chabbat, ne le demande pas, car je l'ai demandรฉ au Maรฎtre et il m'a tranchรฉ que c'est interdit.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ื™ื‘ืฉื• ืžื™ื ื‘ืฉื‘ืช ื•ื—ื–ืจื• ื•ื‘ืื• ื’ืฉืžื™ื ื‘ื• ื‘ื™ื•ื ืžืื™ ืžื™ ืืžืจื™ื ืŸ ื—ื–ืจื• ืคืกื™ืŸ ืœื”ื™ืชืจืŸ ื”ืจืืฉื•ืŸ ืœื˜ืœื˜ืœ ื‘ืชื•ื›ืŸ:
Si l'eau a tari pendant Chabbat โ€” puis que des pluies sont revenues [remplir le puits] le mรชme jour, qu'en est-il : dit-on que les pasin sont revenus ร  leur permission premiรจre de transporter en leur sein ?
ืžื™ื ื™ื” ื“ืžืจ ืจื‘ื” ืฉื”ื™ื” ืจื‘ื•:
Au Maรฎtre โ€” Rabba, qui รฉtait son maรฎtre.
9
ื‘ืื• ื ืžื™ ืœื ืชื™ื‘ืขื™ ืœืš โ€” ื“ื”ื•ื” ืœื™ื” ืžื—ื™ืฆื” ื”ืขืฉื•ื™ื” ื‘ืฉื‘ืช, ื•ืชื ื™ื: ื›ืœ ืžื—ื™ืฆื” ื”ืขืฉื•ื™ื” ื‘ืฉื‘ืช, ื‘ื™ืŸ ื‘ืฉื•ื’ื’ ื‘ื™ืŸ ื‘ืžื–ื™ื“ ื‘ื™ืŸ ื‘ืื•ื ืก ื‘ื™ืŸ ื‘ืจืฆื•ืŸ โ€” ืฉืžื” ืžื—ื™ืฆื”.

[Le cas oรน l'eau est] revenue non plus, ne le demande pas : c'est une mehitsa faite pendant Chabbat, et il a รฉtรฉ enseignรฉ : ยซ Toute mehitsa faite pendant Chabbat, que ce soit par erreur ou volontairement, par contrainte ou de plein grรฉ, porte le nom de mehitsa. ยป

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื•ื‘ืื• ืžื™ื ื‘ืฉื‘ืช ืœื ืงืžื‘ืขื™ื ืœื™ ื“ืžื•ืชืจ ื“ื”ื ืงื™ื™ืžื ืœืŸ ื›ืœ ืžื—ื™ืฆื” ื”ื ืขืฉื™ืช ื‘ืฉื‘ืช ืฉืžื” ืžื—ื™ืฆื”:
Et [le cas oรน] l'eau est revenue pendant Chabbat ne se pose pas โ€” c'est permis, car nous tenons que toute mehitsa faite pendant Chabbat porte le nom de mehitsa.
๐Ÿ’ก Explication

Le retour de l'eau recrรฉe la mehitsa : c'est une mehitsa na'asset be-Chabbat. La baraita la reconnaรฎt comme mehitsa dans tous les cas : be-chogueg (par erreur), be-mezid (volontairement), be-ones (par contrainte), be-ratson (de plein grรฉ).

10
ื•ืœืื• ืื™ืชืžืจ ืขืœื”, ืืžืจ ืจื‘ ื ื—ืžืŸ: ืœื ืฉื ื• ืืœื ืœื–ืจื•ืง, ืื‘ืœ ืœื˜ืœื˜ืœ โ€” ืœื.

Mais n'a-t-on pas dit ร  ce sujet : Rav Nahman dit : on ne l'a enseignรฉ que pour lancer, mais pour transporter, non ?

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ืœื ืฉื ื• ื“ืฉืžื” ืžื—ื™ืฆื”:
On ne l'a enseignรฉ โ€” qu'elle porte le nom de mehitsa.
ืืœื ืœื–ืจื•ืง ืฉื”ื–ื•ืจืง ืžืจื”"ืจ ืœืชื•ื›ื” ื—ื™ื™ื‘ ื“ืžื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื•ื“ืื™ ืžื—ื™ืฆื” ื”ื™ื:
Que pour lancer โ€” celui qui lance [un objet] du domaine public vers l'intรฉrieur est passible, car selon la Torah c'est assurรฉment une mehitsa.
ืื‘ืœ ืœื˜ืœื˜ืœ ืืกื•ืจ ื“ืจื‘ื ืŸ ื’ื–ื•ืจ ืขืœื™ื”:
Mais transporter est interdit โ€” les Sages l'ont dรฉcrรฉtรฉ ร  son sujet.
๐Ÿ’ก Explication

Objection : selon Rav Nahman, la mehitsa faite pendant Chabbat compte comme mehitsa le-houmra (dans le sens de la rigueur) : celui qui y lance un objet depuis le domaine public est passible selon la Torah. Mais les Sages interdisent d'y transporter. Alors, l'eau revenue ne devrait pas permettre le transport.

11
ื›ื™ ืื™ืชืžืจ ื“ืจื‘ ื ื—ืžืŸ โ€” ืืžื–ื™ื“ ืื™ืชืžืจ.

Quand [l'enseignement] de Rav Nahman a รฉtรฉ dit, il l'a รฉtรฉ ร  propos de [celui qui agit] volontairement.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ืืžื–ื™ื“ ืื™ืชืžืจ ื•ืงื ืกื ืงื ืกื•ื” ืื‘ืœ ืฉื•ื’ื’ ืžื•ืชืจ ื•ื”ื ื“ื ืขืฉื™ืช ืžืืœื™ื” ื›ืœ ืฉื›ืŸ ื“ืžื•ืชืจ:
Il l'a รฉtรฉ ร  propos de [celui qui agit] volontairement โ€” c'est une amende qu'on lui a infligรฉe ; mais [si c'est] par erreur, c'est permis, et [la mehitsa] faite d'elle-mรชme est ร  plus forte raison permise.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื›ื™ ืื™ืชืžืจ ื“ืจื‘ ื ื—ืžืŸ ืืžื–ื™ื“ ืื™ืชืžืจ ื•ื”ื ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื‘ืฉื‘ืช ื‘ืคืจืง ื”ื–ื•ืจืง (ืฉื‘ืช ื“' ืงื:) ืกืคื™ื ื•ืช ืฉื ืชืงืฉืจื• ืžืขืจื‘ ืฉื‘ืช ื•ื”ื•ืชืจื• ื•ื—ื–ืจื• ื•ื ืชืงืฉืจื• ื‘ื™ืŸ ืฉื•ื’ื’ื™ืŸ ื•ื‘ื™ืŸ ืžื–ื™ื“ื™ืŸ ื•ื‘ื™ืŸ ืžื•ื˜ืขื™ืŸ ื•ื‘ื™ืŸ ืื ื•ืกื™ืŸ ื—ื–ืจื• ืœื”ื™ืชืจืŸ ื”ืจืืฉื•ืŸ ื‘ืžื–ื™ื“ ืœื ื—ื–ืจื• ืœื’ืžืจื™ ืœื”ื™ืชืจืŸ ื”ืจืืฉื•ืŸ ืœื˜ืœื˜ืœ ืืœื ื“ื”ื•ื• ืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“ ื“ืื•ืจื™ื™ืชื ืื™ ื ืžื™ ืœื ืงืื™ ืืžื–ื™ื“:
Quand [l'enseignement] de Rav Nahman a รฉtรฉ dit, il l'a รฉtรฉ ร  propos de [celui qui agit] volontairement โ€” et ce que nous disons dans [le traitรฉ] Chabbat, au chapitre Ha-zorek (Chabbat 101b) : ยซ Des bateaux attachรฉs [ensemble] la veille de Chabbat, qui se sont dรฉtachรฉs puis rattachรฉs, que ce soit par erreur, volontairement, par mรฉprise ou par contrainte, reviennent ร  leur permission premiรจre ยป : [dans le cas] volontaire, ils ne reviennent pas complรจtement ร  leur permission premiรจre pour transporter, mais ils sont un domaine privรฉ selon la Torah. Ou bien : [cette phrase] ne porte pas sur le cas volontaire.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Nahman vise celui qui a dressรฉ la mehitsa volontairement pendant Chabbat : les Sages le pรฉnalisent (kenas, amende) en interdisant d'en profiter. Si elle a รฉtรฉ faite par erreur, ou surtout si elle s'est faite d'elle-mรชme, comme l'eau revenue par la pluie, le transport est permis.

12
ืืžืจ ืจื‘ื™ ืืœืขื–ืจ: ื”ื–ื•ืจืง ืœื‘ื™ืŸ ืคืกื™ ื”ื‘ื™ืจืื•ืช ื—ื™ื™ื‘. ืคืฉื™ื˜ื, ืื™ ืœืื• ืžื—ื™ืฆื” ื”ื™ื โ€” ื”ื™ื›ื™ ืžืฉืชืจื™ ืœื™ื” ืœืžืœืื•ืช?!

Rabbi Elazar dit : celui qui lance [un objet] entre les passei bira'ot est passible. C'est รฉvident !

Si ce n'รฉtait pas une mehitsa, comment lui serait-il permis de puiser ?!

๐Ÿ“œ Rachi (4)
ื”ื–ื•ืจืง ืžืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื ืœื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ ืฉืœ ื‘ื™ืจืื•ืช:
Celui qui lance โ€” du domaine public vers l'espace entre les pasin des puits.
ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช ื“ืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“ ืžืขืœื™ื™ืชื ื”ื•ื:
Est passible โ€” d'un [sacrifice] hatat, car c'est un vrai domaine privรฉ.
ืื™ ืœืื• ืžื—ื™ืฆื” ืžื“ืื•ืจื™ื™ืชื ื”ื™ื ืœืฉื•ื•ื™ื” ืžื™ื”ื ืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“ ืœื–ืจื™ืงื”:
Si ce n'รฉtait pas une mehitsa โ€” selon la Torah, pour en faire au moins un domaine privรฉ pour le lancer,
ื”ื™ื›ื™ ืฉืจื• ืจื‘ื ืŸ ืœืžืœืื•ืช ื•ืœื”ื•ืฆื™ื ืžืจื”"ื™ ืœืจื”"ืจ ืžืฉื•ื ื“ื•ื—ืง:
comment les Sages auraient-ils permis de puiser โ€” et de sortir [de l'eau] d'un domaine privรฉ vers un domaine public, en raison de la nรฉcessitรฉ ?
๐Ÿ’ก Explication

La Guemara objecte que la rรจgle est รฉvidente : les Sages permettent de puiser et de boire entre les pasin. Si l'espace n'รฉtait pas un domaine privรฉ de la Torah, puiser dans un puits situรฉ en domaine public poserait un problรจme. Le lancer y rend donc forcรฉment passible.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Rabbi Elazar : qui lance entre les pasin est passible. Quelle nouveautรฉ ? Lecture 1 : pasin autour d'un puits ร‰vident : sans mehitsa, comment permettrait-on de puiser ? Lecture 2 : enclos en forme de pasin sans puits, en domaine public ร‰vident aussi : si ce n'รฉtait pas une mehitsa, pas de transport prรจs du puits Lecture 3 : mรชme si le public traverse l'enclos Mais il l'a dรฉjร  dit : kan hodi'akh kohan chel mehitsot Rรฉponse : lร  il aurait pu rapporter l'avis des Sages sans le partager ; ici on apprend qu'il le partage Pourquoi deux รฉnoncรฉs ? L'un a รฉtรฉ dรฉduit de l'autre (hada mikelal havertah)
Les รฉtapes de la discussion sur l'enseignement de Rabbi Elazar.
13
ืœื ืฆืจื™ื›ื, ื“ืขื‘ื“ ื›ืขื™ืŸ ืคืกื™ ื‘ื™ืจืื•ืช ื‘ืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื, ื•ื–ืจืง ืœืชื•ื›ื” โ€” ื—ื™ื™ื‘.

Ce n'est nรฉcessaire que [pour le cas] oรน il a fait [un enclos] semblable aux passei bira'ot dans le domaine public et y a lancรฉ [un objet] : il est passible.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื›ืขื™ืŸ ืคืกื™ ื‘ื™ืจืื•ืช ื•ืื™ืŸ ืฉื ื‘ื•ืจ:
Semblable aux passei bira'ot โ€” et il n'y a pas de puits ร  cet endroit.
14
ื”ื ื ืžื™ ืคืฉื™ื˜ื! ืื™ ืœืื• ื“ื‘ืขืœืžื ืžื—ื™ืฆื” ื”ื™ื โ€” ื’ื‘ื™ ื‘ื•ืจ ื”ื™ื›ื™ ืžืฉืชืจื™ ืœื™ื” ืœื˜ืœื˜ืœื™? ืœื ืฆืจื™ื›ื, ืืฃ ืขืœ ื’ื‘ ื“ืงื ื‘ืงืขื™ ื‘ื” ืจื‘ื™ื.

Cela aussi est รฉvident ! Si ce n'รฉtait pas une mehitsa en gรฉnรฉral, comment lui serait-il permis de transporter ร  cรดtรฉ d'un puits ?

Ce n'est nรฉcessaire que [pour dire que c'est une mehitsa] bien que le public la traverse.

๐Ÿ’ก Explication

Une mehitsa de pasin est valable en elle-mรชme ; le puits n'est qu'une raison de la permettre. La nouveautรฉ est ailleurs : la mehitsa reste valable mรชme si le public passe entre les pasin (bekiat rabbim).

15
ื•ืžืื™ ืงื ืžืฉืžืข ืœืŸ โ€” ื“ืœื ืืชื• ืจื‘ื™ื ื•ืžื‘ื˜ืœื™ ืžื—ื™ืฆืชื, ื”ื ืืžืจ ืจื‘ื™ ืืœืขื–ืจ ื—ื“ื ื–ื™ืžื ื!

Et que nous apprend-il ? Que le public ne vient pas annuler la mehitsa ?

Mais Rabbi Elazar l'a dรฉjร  dit une fois !

16
ื“ืชื ืŸ, ืจื‘ื™ ื™ื”ื•ื“ื” ืื•ืžืจ: ืื ื”ื™ืชื” ื“ืจืš ืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื ืžืคืกืงืชืŸ โ€” ื™ืกืœืงื ื” ืœืฆื“ื“ื™ืŸ, ื•ื—ื›ืžื™ื ืื•ืžืจื™ื: ืื™ื ื• ืฆืจื™ืš. ืจื‘ื™ ื™ื•ื—ื ืŸ ื•ืจื‘ื™ ืืœืขื–ืจ ื“ืืžืจื™ ืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื•: ื›ืืŸ ื”ื•ื“ื™ืขืš ื›ื—ืŸ ืฉืœ ืžื—ื™ืฆื•ืช.

Car nous avons appris [dans la Michna] : Rabbi Yehouda dit : si un chemin du domaine public les coupe, il doit le dรฉtourner sur les cรดtรฉs ; et les Sages disent : il n'est pas nรฉcessaire. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar ont dit tous deux : ici, ils t'ont fait connaรฎtre la force des mehitsot.

๐Ÿ“œ Rachi (3)
ืžืคืกืงืชืŸ ืฉืื™ืŸ ืฉื ื“ืจืš ืืœื ื‘ื™ืŸ ื”ืคืกื™ืŸ:
Les coupe โ€” il n'y a de chemin qu'entre les pasin.
ื™ืกืœืงื ื” ืœืฆื“ื“ื™ืŸ ื“ืืชื™ ื“ืจื™ืกืช ืจื‘ื™ื ื•ืžื‘ื˜ืœื™ ืžื—ื™ืฆื•ืช:
Il doit le dรฉtourner sur les cรดtรฉs โ€” car le passage du public vient annuler les mehitsot.
ื›ืืŸ ื”ื•ื“ื™ืขื•ืš ื—ื›ืžื™ื ื›ืžื” ื’ื“ื•ืœ ื›ื—ืŸ ืฉืœ ืžื—ื™ืฆื•ืช ื“ืœื ืžื™ื‘ื˜ืœื™ ืžืฉื•ื ื‘ืงื™ืขืช ืจื‘ื™ื:
Ici, ils t'ont fait connaรฎtre โ€” les Sages [t'ont fait connaรฎtre] combien grande est la force des mehitsot, qui ne sont pas annulรฉes par la traversรฉe du public.
๐Ÿ’ก Explication

Michna (Eruvin 22a) : pour Rabbi Yehouda, un chemin public qui traverse les pasin annule la mehitsa, il faut le dรฉvier. Pour les Sages, ce n'est pas nรฉcessaire. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Elazar commentent : ยซ kan hodi'akh kohan chel mehitsot ยป, ici on voit la force des cloisons.

17
ืื™ ืžื”ืชื, ื”ื•ื” ืืžื™ื ื ืณื›ืืŸืณ โ€” ื•ืœื ืกื‘ื™ืจื ืœื™ื”. ืงื ืžืฉืžืข ืœืŸ ืณื›ืืŸืณ โ€” ื•ืกื‘ื™ืจื ืœื™ื”.

Si [on l'apprenait] de lร -bas, j'aurais pu dire : ยซ ici ยป [ils t'ont fait connaรฎtre], mais lui ne le pense pas. Il nous apprend : ยซ ici ยป, et il le pense.

๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืงืž"ืœ ื›ืืŸ ื•ืกื‘ื™ืจื ืœื™ื” ื•ืžื™ื”ื• ืœืจ' ื™ื•ื—ื ืŸ ื•ื“ืื™ ื›ืืŸ ื•ืœื ืก"ืœ ื›ื“ืืžืจื™' ืœืงืžืŸ:
Il nous apprend : ยซ ici ยป, et il le pense โ€” cependant, selon Rabbi Yo'hanan, c'est assurรฉment ยซ ici ยป, et il ne le pense pas, comme nous le disons plus loin.
๐Ÿ’ก Explication

La phrase ยซ ici, ils t'ont fait connaรฎtre ยป peut se lire comme un simple constat : c'est ici seulement que les Sages l'enseignent, sans que Rabbi Elazar partage leur avis. Son enseignement sur le lancer montre qu'il le partage. Tossefot note que Rabbi Yo'hanan, lui, ne le partage pas (voir plus loin, 22a).

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ื•ืœื™ืžื ื”ื, ื•ืœื ื‘ืขื™ ื”ืš! ื—ื“ื ืžื›ืœืœ ื—ื‘ื™ืจืชื” ืื™ืชืžืจ.

Qu'il dise celui-ci, et il n'aurait pas besoin de celui-lร  ! L'un a รฉtรฉ dit par dรฉduction de l'autre.

๐Ÿ’ก Explication

Pourquoi deux รฉnoncรฉs, si le second suffit ? Rรฉponse : Rabbi Elazar n'a รฉnoncรฉ qu'un seul des deux ; l'autre a รฉtรฉ dรฉduit de ses paroles par ses รฉlรจves et rapportรฉ en son nom (hada mikelal havertah itmar).

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ืžื•ืชืจ ืœื”ืงืจื™ื‘ ืœื‘ืืจ ื•ื›ื•ืณ. ืชื ืŸ ื”ืชื: ืœื ื™ืขืžื•ื“ ืื“ื ื‘ืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื ื•ื™ืฉืชื” ื‘ืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“, ื‘ืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“ ื•ื™ืฉืชื” ื‘ืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื, ืืœื ืื ื›ืŸ ืžื›ื ื™ืก ืจืืฉื• ื•ืจื•ื‘ื• ืœืžืงื•ื ืฉื”ื•ื ืฉื•ืชื”.

ยซ Il est permis de rapprocher [les pasin] du puits, etc. ยป Nous avons appris lร -bas : une personne ne se tiendra pas dans le domaine public pour boire dans le domaine privรฉ, [ni] dans le domaine privรฉ pour boire dans le domaine public, ร  moins qu'elle ne fasse entrer sa tรชte et la majeure partie [de son corps] dans l'endroit oรน elle boit.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืžื•ืชืจ ืœื”ืงืจื™ื‘ ื›ื•' ืคืจื™ืฉื ื ืœื” ืœื›ื•ืœื” ืžืชื ื™ืชื™ืŸ ื‘ืจื™ืฉ ืคื™ืจืงื™ืŸ:
Il est permis de rapprocher, etc. โ€” nous avons expliquรฉ toute la Michna au dรฉbut de notre chapitre.
ืืœื ื"ื› ื”ื›ื ื™ืก ืจืืฉื• ื•ืจื•ื‘ื• ื“ื—ื™ื™ืฉื™ื ืŸ ืฉืžื ื™ืžืฉืš ื’ื•ืคื• ืœืžืงื•ื ืจื’ืœื™ื• ื•ื™ื•ืฆื™ื ื”ื›ืœื™ ืขืžื•:
ร€ moins qu'il ne fasse entrer sa tรชte et la majeure partie [de son corps] โ€” car nous craignons qu'il n'attire son corps vers l'endroit de ses pieds et ne sorte le rรฉcipient avec lui.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ืœื ื™ืขืžื•ื“ ืื“ื ื‘ืคืจืง ื‘ืชืจื (ื“' ืฆื˜.) ืžื•ืงื™ ืœื” ื‘ื—ืคืฆื™ื ื”ืฆืจื™ื›ื™ืŸ ืœื• ื•ื’ื–ืจื™' ื“ืœืžื ื™ื›ื ื™ืก ืืฆืœื• ื•ืงืฉื™ื ื“ืชื™ืคื•ืง ืœื™ื” ื“ืงื ืžืขื™ื™ืœ ืžืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื ืœืจืฉื•ืช ื”ื™ื—ื™ื“ ื›ืžื• ืžืฉืชื™ืŸ ื•ืจืง ืžืจืฉื•ืช ื”ืจื‘ื™ื ืœืจื”"ื™ ื“ืืกืจื™ื ืŸ ืœืงืžืŸ ื•ืจืฉ"ื™ ืชื™ืจืฅ ืœืงืžืŸ ื“ืœื ื“ืžื™ ืœืžืฉืชื™ืŸ ื•ืจืง ื“ืฉื•ืชื” ืขื‘ื™ื“ ืขืงื™ืจื” ื•ื”ื ื—ื” ื‘ื—ื“ ืจืฉื•ืชื ื“ืžืฉืงื™ืŸ ื ื—ื™ืŸ ื‘ืชื•ืš ืคื™ื• ืฉื”ื•ื ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื•ืืข"ื’ ื“ื—ื•ื–ืจื™ืŸ ื•ื ื‘ืœืขื™ืŸ ืื™ืŸ ืœื—ื•ืฉ ื”ื•ืื™ืœ ื•ื ื—ื• ื‘ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื•ืืข"ื’ ื“ื‘ืžืงื•ื ืฉืื™ืŸ ื‘ื• ื“' ืขืœ ื“' (ืืžื•ืช) ืืžืจื™ื ืŸ ื•ื‘ืœื‘ื“ ืฉืœื ื™ื—ืœื™ืคื• ื”ืชื ื’ื–ืจื™ื ืŸ ื“ื™ืœืžื ืืชื™ ืœืืคื•ืงื™ ื‘ื”ื“ื™ื ืื‘ืœ ื”ื›ื ืื™ ืืคืฉืจ ื›ืœืœ ืฉืœื ื™ื ื•ื—ื• ืžืขื˜ ื‘ืคื™ื• ืงื•ื“ื ืฉื™ื‘ืœืขื ืื‘ืœ ื‘ืžืฉืชื™ืŸ ื•ืจืง ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืคื™ื• ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื›ื™ื•ืŸ ื“ืคื™ื• ื•ื’ื•ืคื• ื”ืŸ ื‘ืžืงื•ื ื' ื•ืœืคื™ ื–ื” ื”ื™ื” ืžื•ืชืจ ืœื”ื•ืฆื™ื ืจืืฉื• ืžืจื”"ืจ ื•ืœืจื•ืง ื›ื™ื•ืŸ ื“ืคื™ื• ื‘ืžืงื•ื ืื—ืจ ื”ื•ื™ ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื•ื”ื ื“ืžื‘ืขื™ื ืœืŸ ื‘ืคืจืง ื‘ืชืจื (ื“' ืฆื˜.) ื”ื•ื ื‘ืจื”"ื™ ื•ืคื™ ื”ืืžื” ื‘ืจื”"ืจ ืžื”ื• ื”ื™ื™ื ื• ืžืฉื•ื ื“ืžื™ ืจื’ืœื™ื ืžื™ื“ ื›ืฉื ืขืงืจื• ืžื’ื•ืคื• ืฉื•ื‘ ืื™ืŸ ื ื—ื™ื ื‘ืคื™ ื”ืืžื” ืื‘ืœ ืžืค"ืง ื“ืฉื‘ืช (ื“' ื’:) ืงืฉื™ื ื“ืงืืžืจื™ื ืŸ ื”ืชื ืื“ืจื‘ื” ืžืฉื—ืฉื™ื›ื” ื“ืื™ ืฉื“ื™ ืœื™ื” ืืชื™ ืœื™ื“ื™ ื—ื™ื•ื‘ ื—ื˜ืืช ืœื ืงื ืกื™ื ืŸ ื•ื”ืฉืชื ื”ื™ื›ื™ ืืชื™ ืœื™ื“ื™ ื—ื™ื•ื‘ ื—ื˜ืืช ื”ื•ืื™ืœ ื•ื ื—ื• ื‘ื™ื“ื• ืฉื”ื•ื ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื•ื™"ืœ ื“ืœื ื—ืฉื™ื‘ ื”ื ื—ื” ื‘ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ืืœื ื‘ื“ื‘ืจ ืฉื”ื•ื ื ื•ื˜ืœ ืžืžืงื•ืžื• ืื‘ืœ ื”ืชื ืฉื”ื›ืœื™ ื ื— ืžืืœื™ื• ืœื ื—ืฉื™ื‘ ื”ื ื—ื” ื‘ืžืงื•ื ืคื˜ื•ืจ ื•ืœืคื™ ื–ื” ืืกื•ืจ ืœื”ื•ืฆื™ื ืจืืฉื• ื‘ืจื”"ืจ ื•ืœืจื•ืง ื•ื"ืช ืื›ืชื™ ืืคืฉืจ ื“ืœื ืืชื™ ืœื™ื“ื™ ื—ื™ื•ื‘ ื—ื˜ืืช ื›ื’ื•ืŸ ืฉื™ืชืŸ ืžื™ื“ื• ื–ืืช ืœื™ื“ื• ืื—ืจืช ื•ื™"ืœ ื“ืื™ื™ืจื™ ื›ืฉื”ื ืงื‘ ืงื˜ืŸ ืฉืœื ื™ื•ื›ืœ ืœื”ื›ื ื™ืก ื‘ื• ืฉืชื™ ื™ื“ื™ื• ื•ืขื•ื“ ื ืจืื” ืœืคืจืฉ ื“ืœื ื“ืžื™ ืœืžืฉืชื™ืŸ ื•ืจืง ื“ื”ื›ื ื›ืฉื‘ื•ืœืขื ืžื™ื“ ื—ืฉื™ื‘ื™ ื›ื ื—ื™ืŸ ืืข"ื’ ื“ืื™ื ื ื ื—ื™ื ืขื“ ืฉื™ื’ื™ืขื• ืœืžืขื™ื• ืžืฉื•ื ื“ืžื‘ื˜ืœื™ ืื’ื‘ ื’ื•ืคื• ื•ื”ื•ื™ ืขืงื™ืจื” ื•ื”ื ื—ื” ื‘ื—ื“ ืจืฉื•ืชื ื•ื”ื›ื™ ื ืžื™ ืืžืจ ืจื‘ื ื‘ืค' ื”ืžื•ืฆื™ื (ืฉื‘ืช ื“' ืค.) ื”ื•ืฆื™ื ืฉืชื™ ืื•ืชื™ื•ืช ื•ื›ืชื‘ืŸ ื›ืฉื”ื•ื ืžื”ืœืš ื—ื™ื™ื‘ ื“ื›ืชื™ื‘ืชืŸ ื–ื• ื”ื™ื ื”ื ื—ืชืŸ ื•ืืชื™ ื ืžื™ ืฉืคื™ืจ ืžืชื ื™ืชื™ืŸ ื“ืืžืจื• ืœื• ื’ื‘ื™ ื™ืฉ ืื•ื›ืœ ืื›ื™ืœื” ืื—ืช ื›ื•' ืจ' ืžืื™ืจ ืื•ืžืจ ืื ื”ื™ื” ืฉื‘ืช ื•ื”ื•ืฆื™ื ื‘ืคื™ื• ื—ื™ื™ื‘ ื•ื”ืฉืชื ื”ื™ื›ื™ ื—ืฉื™ื‘ ื”ื•ืฆืื” ื‘ื”ื“ื™ ื”ื ืš ื”ื ื‘ืขื™ื“ื ื ื“ืžื™ื—ื™ื™ื‘ ืขืœื™ื™ื”ื• ื“ื”ื™ื™ื ื• ื‘ืฉืขืช ื”ื ื—ืช ื’ืจื•ืŸ ืื›ืชื™ ืœื ืžื™ื—ื™ื™ื‘ ืื”ื•ืฆืื” ืขื“ ืฉื™ื ื•ื—ื• ื‘ืžืขื™ื• ืืœื ืื”ื•ืฆืื” ื ืžื™ ืžื—ื™ื™ื‘ ืžืฉืขืช ื‘ืœื™ืขื” ื“ื—ืฉื™ื‘ ื›ืžื•ื ื—:
Une personne ne se tiendra pas โ€” au dernier chapitre (99a), on l'applique ร  des objets dont il a besoin, et on dรฉcrรจte de peur qu'il ne les fasse entrer prรจs de lui. C'est difficile : il suffirait de dire qu'il fait entrer [l'eau] du domaine public vers le domaine privรฉ, comme pour celui qui urine ou crache du domaine public vers le domaine privรฉ, ce que nous interdisons plus loin. Rachi rรฉpond plus loin que ce n'est pas comparable ร  celui qui urine ou crache : celui qui boit fait l'arrachage et le dรฉpรดt dans un seul domaine, car le liquide se pose dans sa bouche, qui est un makom petour (lieu exemptรฉ) ; et bien qu'il soit ensuite avalรฉ, il n'y a pas ร  s'en soucier puisqu'il s'est posรฉ dans un makom petour. Et bien que, pour un endroit qui n'a pas quatre [tefahim] sur quatre, nous disions ยซ ร  condition qu'ils n'รฉchangent pas ยป, lร -bas on dรฉcrรจte de peur qu'il en vienne ร  sortir [l'objet] directement ; mais ici il est impossible que [le liquide] ne se pose pas un peu dans sa bouche avant qu'il ne l'avalรฉ. Mais pour celui qui urine ou crache, sa bouche n'est pas considรฉrรฉe comme makom petour, puisque sa bouche et son corps sont au mรชme endroit. Selon cela, il serait permis de sortir sa tรชte [d'un domaine privรฉ] vers le domaine public et d'y cracher, puisque sa bouche, situรฉe dans un autre domaine, est un makom petour. Et la question posรฉe au dernier chapitre (99a) : [s'il est] dans un domaine privรฉ et l'extrรฉmitรฉ de son organe dans le domaine public, qu'en est-il ? C'est parce que l'urine, dรจs qu'elle est arrachรฉe de son corps, ne se pose plus ร  l'extrรฉmitรฉ de l'organe. Mais au premier chapitre de Chabbat (3b), il y a une difficultรฉ, car on y dit : ยซ au contraire, aprรจs la tombรฉe de la nuit, puisque s'il le jetait il en viendrait ร  une obligation de hatat, on ne le pรฉnalise pas ยป. Or comment en viendrait-il ร  une obligation de hatat, puisque [l'objet] s'est posรฉ dans sa main, qui est un makom petour ? On peut rรฉpondre qu'on ne considรจre comme dรฉpรดt dans un makom petour que pour une chose qu'il prend de son endroit ; mais lร -bas, le rรฉcipient se pose de lui-mรชme [dans sa main], et ce n'est pas considรฉrรฉ comme un dรฉpรดt dans un makom petour. Selon cela, il est interdit de sortir sa tรชte vers le domaine public et d'y cracher. Et si tu demandes : il est encore possible qu'il n'en vienne pas ร  une obligation de hatat, par exemple s'il le passรฉ d'une main ร  l'autre ; on peut rรฉpondre qu'il s'agit du cas oรน le trou est petit, de sorte qu'il ne peut y introduire ses deux mains. Il semble aussi possible d'expliquer que ce n'est pas comparable ร  celui qui urine ou crache : ici, lorsqu'il avalรฉ [le liquide] aussitรดt, il est considรฉrรฉ comme posรฉ, bien qu'il ne se pose qu'en arrivant ร  ses entrailles, parce qu'il est annulรฉ par rapport ร  son corps ; c'est donc un arrachage et un dรฉpรดt dans un seul domaine. C'est ce que dit aussi Rava au chapitre Ha-motsi (Chabbat 80a) : ยซ S'il a sorti deux lettres et les a รฉcrites en marchant, il est passible, car leur รฉcriture est leur dรฉpรดt. ยป Cela convient aussi ร  la Michna ยซ Ils lui dirent ยป, ร  propos de ยซ il y a [un cas oรน] une seule consommation, etc. ยป : Rabbi Meir dit que si c'รฉtait Chabbat et qu'il l'a sorti dans sa bouche, il est passible. Or comment la sortie compterait-elle avec ces [autres transgressions], puisqu'au moment oรน il devient passible pour celles-ci, c'est-ร -dire au moment du dรฉpรดt dans la gorge, il n'est pas encore passible pour la sortie tant que [l'aliment] ne s'est pas posรฉ dans ses entrailles ? Il faut donc dire qu'il est passible pour la sortie des le moment oรน il avalรฉ, car [l'aliment] est considรฉrรฉ comme posรฉ.
๐Ÿ’ก Explication

Retour ร  la Michna (17b) : on peut rapprocher les pasin du puits, ร  condition que l'enclos permette ร  une vache d'y avoir la tรชte et la majeure partie du corps. La Guemara cite une Michna parallรจle (Eruvin 99a) : on ne boit pas depuis un domaine vers un autre sans y introduire sa tรชte et la majeure partie de son corps. Rachi : on craint qu'il ne ramรจne le rรฉcipient avec lui vers l'endroit oรน il se tient.

Tossefot discute pourquoi boire ne constitue pas en soi une hotsa'a (sortie d'un domaine ร  l'autre), ร  la diffรฉrence de celui qui crache. Notion clรฉ : le makom petour, lieu exemptรฉ, et les deux temps de l'acte interdit, akira (arrachage) et hanaha (dรฉpรดt).

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Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).