Eruvin 23a - Les passin réservés à l'eau vive, et le transport dans le jardin et le karpef

Eruvin 23a

Sougya : La Guemara clôt la halakha des passin des puits. Chmouel, transmis par Rav Yossef au nom de Rav Yehouda, tranche comme Rabbi Yehouda ben Bava, et ne permet ces planches que pour un puits d'eau vive : le premier énoncé écarte le puits privé, le second l'eau recueillie.

La Michna ouvre ensuite le jardin et le karpef de soixante-dix amot et un reste, entourés d'une clôture de dix tefahim : à quelle condition on y transporte, selon Rabbi Yehouda ben Bava, Rabbi Yehouda, Rabbi Akiva, Rabbi Eliezer et Rabbi Yosse. Rabbi Ilaï rapporte trois traditions qu'aucun autre élève n'a confirmées.

La Guemara explique enfin le mot 'et encore' : tout dépend de ce que les Sages ont interrompu, et si l'interruption reste dans le même sujet.

Chmouel : pour quel point d'eau les passin sont permis Eau vive (mayim 'hayim) Eau recueillie (mekhunassin) Public rabbim Passin permis halakha retenue puits du public, eau de source Hava amina si l'on n'avait que 'halakha comme RYBB' Chmouel l'exclut Privé yahid Rabbi Akiva : passin Halakha : interdit RYBB réserve au public Interdit ni public, ni eau vive Énoncé 1 : la halakha suit Rabbi Yehouda ben Bava, donc le puits public seulement. Énoncé 2 : les passin ne valent que pour l'eau vive. Les deux énoncés sont nécessaires.
Les deux énoncés de Chmouel : public seulement, et eau vive seulement.
Jardin et karpef clos : qui permet d'y transporter ? Clôture de 10 tefahim. Mesure de base : 70 amot et un reste, carré d'un beit se'atayim (5000 amot carrées). Maître Ce qui rend l'enclos habité Surface R. Yehouda ben Bava chomira, ou maison, ou voisin de la ville jusqu'au beit se'atayim Rabbi Yehouda même un bor, un shiah ou une meara même au-delà (Tossefot) Rabbi Akiva aucun de ces aménagements 70 amot et un reste Rabbi Eliezer le carré est exigé +1 ama de long : transport interdit Rabbi Yosse le rectangle reste permis longueur jusqu'au double de la largeur R. Ilai / R. Elazar même un beit kor (30 se'a, quinze beit se'atayim) tradition non confirmée par les autres élèves bor = citerne ; shiah = fossé ; meara = caverne ; chomira = hutte de gardien. Rachi limite même l'enclos habité au beit se'atayim. Tossefot : le petah ulévasof hukaf dépasse cette mesure.
Michna : conditions et surface pour transporter dans le jardin ou le karpef.
Pourquoi la Michna dit 'et encore' (ve'od) Piste : deux houmrot du même maître s'enchaînent, donc 'et encore'. Passin du puits public, puis jardin limité au beit se'atayim. Objection : Rabbi Yehouda a aussi deux houmrot, sans 'et encore'. Jusqu'au beit se'atayim, puis écarter le chemin public sur les côtés. Réponse : là, les Sages ont interrompu. Ici, ils n'ont pas coupé RYBB. 'Ils lui ont dit : on n'a dit beit se'atayim que pour le jardin.' Objection : Soukka 27a, Rabbi Eliezer est interrompu, et l'on dit 'et encore'. Quatorze repas dans la soukka, puis le rattrapage de la première nuit. Masqana : le sujet de l'interruption décide. Soukka : les Sages restent sur les repas. Ici : autre sujet (jardin, dir, sahar). Tossefot, Beitsa 34a : deux koula restent liées par 'et encore', car koah dehétera adif.
Le mot 'et encore' dépend de l'interruption des Sages et de son sujet.
1
גמ׳ אמר רב יוסף אמר רב יהודה אמר שמואל: הלכה כרבי יהודה בן בבא. ואמר רב יוסף אמר רב יהודה אמר שמואל: לא הותרו פסי ביראות אלא לבאר מים חיים בלבד.

Guemara. Rav Yossef a dit, Rav Yehouda a dit, Chmouel a dit : la halakha est selon Rabbi Yehouda ben Bava.

Et Rav Yossef a dit, Rav Yehouda a dit, Chmouel a dit : on n'a permis les passin des puits (pessi biraot) que pour un puits d'eau vive (béer mayim 'hayim) seulement.

💡 Explication

Deux décisions de Chmouel, par la même chaîne. La première : la halakha suit Rabbi Yehouda ben Bava, qui n'autorise les passin que pour le puits du public. La seconde : ces passin ne valent que pour une eau vive, eau de source, à l'exclusion de l'eau recueillie dans une citerne.

La suite montre pourquoi les deux énoncés sont indispensables l'un à l'autre.

2
וצריכא: דאי אשמעינן הלכה כרבי יהודה בן בבא, הוה אמינא: דרבים — ואפילו מכונסין,

Et il faut les deux. Car si l'on ne nous avait enseigné que : la halakha est selon Rabbi Yehouda ben Bava, j'aurais dit : pour celui du public, même l'eau recueillie (mekhunassin),

📜 Rachi (1)
גמ' הוה אמינא דרבים אפי' מכונסין שרי ר"י בן בבא והאי דקאמר באר הרבים משום ר' עקיבא דאמר באר היחיד שרי ואתא איהו למימר אע"ג דמים חיים נינהו דרבים אין דיחיד לא והכי קאמר אין עושין פסין אפילו לבאר אלא של רבים:
Rabbi Yehouda ben Bava permet [aussi l'eau recueillie]. Et s'il dit 'puits du public', c'est à cause de Rabbi Akiva, qui dit qu'un puits privé est permis ; lui vient dire que, bien que ce soit de l'eau vive, le public oui, le privé non. Et voici ce qu'il dit : on ne fait pas de passin, même pour un puits, si ce n'est celui du public.
💡 Explication

Première branche du tserikha. Avec le seul énoncé 'la halakha suit Rabbi Yehouda ben Bava', on lirait la Michna ainsi : le mot 'public' écarte le puits privé de Rabbi Akiva, et l'eau recueillie d'un point d'eau public resterait permise.

3
והאי דקתני באר הרבים — לאפוקי מדרבי עקיבא. קא משמע לן דלא הותרו פסי ביראות אלא לבאר מים חיים.

et ce que l'on enseigne, 'puits du public', c'est pour exclure [l'avis de] Rabbi Akiva. Il nous apprend qu'on n'a permis les passin des puits que pour un puits d'eau vive.

🗂️ Tossefot (1)
והא דנקט באר הרבים לאפוקי מר' עקיבא וא"ת א"כ הוה ליה למימר בור הרבים וע"כ באר היחיד לא דא"כ היינו רבי עקיבא וי"ל דאורחא דמלתא למיתני מענין שממעט דהיינו באר היחיד אי נמי הא דקאמר דרבים אפילו מכונסין לאו אר"י בן בבא קאי אלא אשמואל:
Et si tu dis : s'il en est ainsi, il aurait dû dire 'citerne du public' (bor harabim). Et nécessairement un puits privé, non, car sinon ce serait [l'avis de] Rabbi Akiva. On peut répondre : la manière est d'enseigner selon le sujet que l'on exclut, à savoir le puits privé. Autre réponse : ce qu'il dit 'du public, même de l'eau recueillie' ne porte pas sur Rabbi Yehouda ben Bava, mais sur Chmouel.
💡 Explication

Le 'puits du public' de la Michna écarte Rabbi Akiva, qui autorise aussi le puits privé. Le second énoncé de Chmouel réserve alors les passin à l'eau vive.

Tossefot : s'il permettait aussi la citerne publique, la Michna dirait 'citerne du public'. Réponse : le tanna nomme ce qu'il exclut, le puits privé. Autre lecture : 'du public, même recueillie 'décrit ce qu'on aurait prêté à Chmouel, et non l'avis propre de Rabbi Yehouda ben Bava.

4
ואי אשמעינן באר מים חיים, הוה אמינא: לא שנא דרבים ולא שנא דיחיד, קא משמע לן: הלכה כרבי יהודה בן בבא.

Et si l'on ne nous avait enseigné que le puits d'eau vive, j'aurais dit : aucune différence entre celui du public et celui du privé. Il nous apprend : la halakha est selon Rabbi Yehouda ben Bava.

🗂️ Tossefot (1)
לא שנא דרבים ולא שנא כו' יכול להיות דהוי כר' יהודה בן בבא והא דנקט ר' יהודה בן בבא באר הרבים היינו לאפוקי בור הרבים:
Il se peut que ce soit conforme à Rabbi Yehouda ben Bava, et ce que Rabbi Yehouda ben Bava a mentionné, 'puits du public', c'était pour exclure la citerne du public.
💡 Explication

Seconde branche. Le seul énoncé 'eau vive' aurait étendu la permission au puits privé comme au puits public. 'La halakha suit Rabbi Yehouda ben Bava' la réserve au public.

Tossefot signale que cette extension au privé pourrait encore coïncider avec Rabbi Yehouda ben Bava, si son 'puits du public' servait à écarter la citerne publique.

5
מתני׳ ועוד אמר רבי יהודה בן בבא: הגינה והקרפף שהן שבעים אמה ושיריים על שבעים אמה ושיריים המוקפות גדר גבוה עשרה טפחים — מטלטלין בתוכה, ובלבד שיהא בה שומירה או בית דירה, או שתהא סמוכה לעיר.

Michna. Et encore, Rabbi Yehouda ben Bava a dit : le jardin et le karpef qui font soixante-dix amot et un reste sur soixante-dix amot et un reste, entourés d'une clôture haute de dix tefahim, on y transporte, à condition qu'il y ait une hutte de gardien (chomira) ou une maison d'habitation (beit dira), ou qu'il soit voisin de la ville.

📜 Rachi (2)
מתני' שומירה סוכת שומרין ואע"ג דהוקף לדירה בית סאתים הוא דשרי טפי לא:
Hutte des gardiens. Et bien qu'il ait été entouré pour l'habitation, il ne permet qu'un beit se'atayim, pas davantage.
סמוכה לעיר דהואיל וקרובה לביתו דעתו להשתמש בה תמיד וכהוקף לדירה דמי:
Puisqu'elle est proche de sa maison, son intention est de s'en servir en permanence, et elle est assimilée à un enclos fait pour l'habitation.
🗂️ Tossefot (2)
שהוא ע' אמה ושיריים וא"ת ולילף מהר הבית ועזרת נשים שהיה קל"ה אמה ועזרת ישראל היה קפ"ז וי"ל דכל מילי דשבת ממשכן גמרינן להו אי נמי העזרות חשיבי מוקפין לדירה שהיו שומרים בה כל הלילה:
Et si tu dis : que l'on apprenne du mont du Temple et de la cour des femmes, qui faisait cent trente-cinq amot, et la cour d'Israël faisait cent quatre-vingt-sept ! On peut répondre : toutes les mesures de Chabbat, on les apprend du Michkan. Autre réponse : les cours [du Temple] comptent comme entourées pour l'habitation, car on y montait la garde toute la nuit.
ובלבד שיהא בה שומירה נראה לפרש דפחות מע' אמה נמי צריך שומירה או בית דירה וביתר מבית סאתים לא סגי בשומירה ובית דירה אלא פתח ולבסוף הוקף הקרפף לצורך הבית אבל אין לומר דבשבעים אמה דוקא צריך שומירה אבל בפחות א"צ כלום וביתר אין סגי בשומירה דאין סברא שיהא ג' חלוקים בג' משהויין והא נמי אין לומר דביתר מע' נמי סגי בשומירה ולא אתא למימר אלא דבציר משבעים אמה ושיריים לא צריך כלל דאם כן במאי פליג ר' עקיבא לפירוש ר"ח דפירש דר' יהודה בן בבא איירי בדבר מועט ור' עקיבא לא איירי דלתרוייהו בע' אמה ושיריים ודבר מועט צריך שומירה ובפחות מכאן לא צריך ואפי' לפי' רש"י דפי' היינו תנא קמא דאמרו לו לר' יהודה מ"מ גם לפי' נראה דרבי יהודה בן בבא נמי אית ליה דבר מועט כמו תנא קמא דמשום הכי איצטריך לרבי עקיבא לחזור ולשנות ובלבד שיהא בה ע' אמה כו' ועוד אי ביתר מבית סאתים נמי איירי ר"י בן בבא א"כ היכי קאמר ר"י אפילו אין בה אלא בור ושיח ומערה משמע דלר"י נמי אין חילוק בין סאתים ליתר ורבי יהודה גופיה קאמר לעיל גבי פסין עד בית סאתים ועוד לר"ח דפי' היינו תנא קמא היינו ר"י בן בבא כלומר ואמאי הוצרך לשנות ובלבד כו' כיון דקאי ארבי יהודה בן בבא והא אצטריך דלא נימא דשרי אפילו ביתר מבית סאתים כיון דר' יהודה בן בבא איירי ביתר מבית סאתים לכך נראה כדפרישית ומה שפירש רש"י אפילו בהוקף לדירה לא שרי רבי יהודה בן בבא ביתר מבית סאתים אין נראה אלא בפתח ולבסוף הוקף מהני אפי' ביתר מבית סאתים דהא שרו רבנן לעיל בדיר וסהר ומוקצה אפי' בי' כורים וכמה חצירות ומבואות שהיו בירושלים יתרות על בית סאתים וכי יאסור ר' יהודה בן בבא בכולם לטלטל ודווקא בשומירה הוא דקאמר דלא מהני ביתר מבית סאתים אבל פתח ולבסוף הוקף מהני אפי' יותר ולרש"י שמא יש לחלק דבדיר וסהר ומוקצה וחצר לפי שתשמישתן רב יותר אפי' י' כורין אבל קרפף אפי' פתח ולבסוף הוקף לא מהני ביתר מבית סאתים:
Il paraît juste d'expliquer qu'en dessous de soixante-dix amot aussi il faut une chomira ou une maison d'habitation, et qu'au-delà d'un beit se'atayim la chomira et la maison d'habitation ne suffisent pas : il faut que l'ouverture existe d'abord et que l'enclos vienne ensuite (petah ulévasof hukaf), le karpef étant fait pour les besoins de la maison. On ne dira pas qu'à soixante-dix amot précisément il faut une chomira, qu'en dessous on n'a besoin de rien, et qu'au-delà la chomira ne suffit pas : il n'y a pas de raison d'avoir trois statuts pour trois mesures. On ne dira pas non plus qu'au-delà de soixante-dix la chomira suffit encore, et qu'il vient seulement dire qu'en dessous de soixante-dix amot et un reste on n'a besoin de rien du tout. Sinon, sur quoi Rabbi Akiva divergerait-il, selon l'explication de Rabbeinou Hananel ? Celui-ci explique que Rabbi Yehouda ben Bava parle d'un léger excédent (davar mou'at) et que Rabbi Akiva n'en parle pas : pour l'un comme pour l'autre, à soixante-dix amot et un reste plus un léger excédent il faut une chomira, et en dessous on n'en a pas besoin. Même selon l'explication de Rachi, qui rattache 'c'est le premier tanna' au 'Ils lui ont dit' adressée à Rabbi Yehouda : de toute façon, là aussi, Rabbi Yehouda ben Bava admet le davar mou'at comme le premier tanna. C'est pour cela que Rabbi Akiva a dû reprendre et enseigner : 'à condition qu'il y ait soixante-dix amot...'. De plus, si Rabbi Yehouda ben Bava parlait aussi de plus d'un beit se'atayim, comment Rabbi Yehouda dit-il 'même s'il n'y a qu'une citerne, une fosse et une caverne' ? Cela implique que, pour Rabbi Yehouda aussi, il n'y a pas de partage entre deux se'a et davantage. Et Rabbi Yehouda lui-même a dit plus haut, au sujet des passin : jusqu'à un beit se'atayim. De plus, selon Rabbeinou Hananel, qui explique 'c'est le premier tanna, c'est Rabbi Yehouda ben Bava' - c'est-à-dire : pourquoi enseigner 'à condition que...', puisque cela se rapporte à Rabbi Yehouda ben Bava ? - on répondrait que c'était nécessaire, afin qu'on ne dise pas que c'est permis même au-delà d'un beit se'atayim, du moment que Rabbi Yehouda ben Bava parle de plus d'un beit se'atayim. C'est pourquoi l'explication donnée d'abord s'impose. Et ce qu'explique Rachi - même pour un enclos fait pour l'habitation, Rabbi Yehouda ben Bava ne permet pas plus d'un beit se'atayim - ne paraît pas juste. Le petah ulévasof hukaf vaut même au-delà d'un beit se'atayim. Les Sages ont en effet permis plus haut, pour le dir, le sahar et le mouktse, même dix kor ; et combien de cours et de ruelles à Jérusalem dépassaient un beit se'atayim : Rabbi Yehouda ben Bava y interdirait le transport dans chacune d'elles ? C'est de la chomira seulement qu'il dit qu'elle ne vaut pas au-delà d'un beit se'atayim ; le petah ulévasof hukaf vaut même au-delà. Pour maintenir Rachi, on peut peut-être distinguer : le dir, le sahar, le mouktse et la cour, du fait que leur usage est plus abondant, [restent permis] même à dix kor ; un karpef, même en petah ulévasof hukaf, ne vaut pas au-delà d'un beit se'atayim.
⚖️ Rosh (1)
מתני' ועוד אמר ר' יהודה בן בבא הגינה והקרפף שהן שבעים אמה ושיריים על שבעים אמה ושיריים המוקפין גדר עשרה טפחים מטלטלין בתוכן. ובלבד שיהא בה שומירה או בית דירה. או שיהו סמוכות לעיר. רבי יהודה אומר אפילו אין בהן אלא בור שיח ומערה מטלטלין בתוכן. ר"ע אומר אפילו אין בהן אחת מכל אלו מטלטלין בתוכן ובלבד שיהא ע' אמה ושיריים על ע' אמה ושיריים רבי אליעזר אומר אם היתה ארכה יותר על רחבה אפילו אמה אחת אין מטלטלין בתוכה. רבי יוסי אומר אפילו ארכה כשנים ברחבה מטלטלין בתוכה:
Michna. Et encore, Rabbi Yehouda ben Bava a dit : le jardin et le karpef qui font soixante-dix amot et un reste sur soixante-dix amot et un reste, entourés d'une clôture de dix tefahim, on y transporte. À condition qu'il y ait une hutte de gardien ou une maison d'habitation, ou qu'ils soient voisins de la ville. Rabbi Yehouda dit : même s'il n'y a en eux qu'une citerne, une fosse et une caverne, on y transporte. Rabbi Akiva dit : même s'il n'y a en eux aucune de toutes ces choses, on y transporte, à condition qu'il y ait soixante-dix amot et un reste sur soixante-dix amot et un reste. Rabbi Eliezer dit : si sa longueur dépassait sa largeur ne serait-ce que d'une ama, on n'y transporte pas. Rabbi Yosse dit : même si sa longueur vaut deux fois sa largeur, on y transporte.
💡 Explication

Un jardin ou un karpef (enclos de dépôt) de soixante-dix amot et un reste de côté : le carré dont l'aire vaut un beit se'atayim, cinq mille amot carrées, la cour du Michkan. Entouré d'une clôture de dix tefahim, on y transporte si un signe d'habitation est là : chomira, maison, ou voisinage de la ville.

Rachi : avec ces signes aussi, Rabbi Yehouda ben Bava s'arrête au beit se'atayim. Tossefot réserve cette limite à la chomira. Un enclos dont l'ouverture précède la clôture, fait pour la maison (petah ulévasof hukaf), reste permis au-delà, comme les cours de Jérusalem, le dir (parc), le sahar (enclos) et le mouktse.

Les cours du Temple sont plus vastes (cent trente-cinq, cent quatre-vingt-sept amot). Tossefot : les mesures de Chabbat s'apprennent du Michkan ; et ces cours comptent comme habitées, puisque la garde y tenait toute la nuit.

🖼️ Schéma
Le carré de soixante-dix amot et un reste transport permis si chomira, maison ou ville voisine clôture : 10 tefahim 70 amot et un reste 70 amot et un reste Aire égale à la cour du Michkan 100 amot sur 50 = 5000 amot carrées = un beit se'atayim Le reste complète le carré (environ 4 tefahim en plus des 70) beit kor = 30 se'a = 15 fois cela R. Ilai : permis jusqu'à cette mesure
Soixante-dix amot et un reste : le carré dont l'aire est un beit se'atayim.
6
רבי יהודה אומר: אפילו אין בה אלא בור ושיח ומערה מטלטלין בתוכה. רבי עקיבא אומר: אפילו אין בה אחת מכל אלו מטלטלין בתוכה, ובלבד שיהא בה שבעים אמה ושיריים על שבעים אמה ושיריים.

Rabbi Yehouda dit : même s'il n'y a qu'une citerne (bor), une fosse (shiah) et une caverne (meara), on y transporte. Rabbi Akiva dit : même s'il n'y a aucune de toutes ces choses, on y transporte, à condition qu'il y ait soixante-dix amot et un reste sur soixante-dix amot et un reste.

📜 Rachi (1)
ובלבד שתהא שבעים אמה ושיריים על שבעים אמה ושיריים ולא יותר ובגמרא פריך תנא קמא נמי הכי קאמר:
Et pas davantage. Et dans la Guemara on objecte : le premier tanna dit lui aussi cela.
💡 Explication

Rabbi Yehouda : une citerne, une fosse ou une caverne suffit. On y vient puiser, l'enclos a donc un usage fixe. Rabbi Akiva : aucun de ces aménagements n'est exigé ; la borne est la surface, soixante-dix amot et un reste.

Rachi annonce l'objection, développée ensuite : le premier tanna a déjà fixé cette surface.

7
רבי אליעזר אומר: אם היתה ארכה יתר על רחבה אפילו אמה אחת — אין מטלטלין בתוכה. רבי יוסי אומר: אפילו ארכה פי שנים ברחבה — מטלטלין בתוכה.

Rabbi Eliezer dit : si sa longueur dépassait sa largeur ne serait-ce que d'une ama, on n'y transporte pas. Rabbi Yosse dit : même si sa longueur est le double de sa largeur, on y transporte.

📜 Rachi (1)
אם היה ארכה יותר על רחבה אפילו אמה אחת אע"ג דמיעט רחבה והוסיף בארכה ואין בכולה אלא בית סאתים אין מטלטלין דמרובע הוא דשרו רבנן היכא דלא הוקף לדירה:
Même s'il a réduit la largeur et ajouté à la longueur, et que l'ensemble ne fait qu'un beit se'atayim, on n'y transporte pas : c'est le carré que les Sages ont permis là où l'enclos n'a pas été fait pour l'habitation.
💡 Explication

Quand l'enclos n'a pas été fait pour l'habitation, Rabbi Eliezer exige le carré : une ama de plus en longueur, l'aire restant celle d'un beit se'atayim, interdit le transport. Rabbi Yosse autorise jusqu'au rectangle du Michkan, longueur double de la largeur.

🖼️ Schéma
Même aire d'un beit se'atayim : la forme décide carré Eliezer : permis Yosse : permis long = large + 1 ama Eliezer : interdit Yosse : permis long = 2 x large Eliezer : interdit Yosse : permis Le rectangle 2 pour 1 est la proportion de la cour du Michkan (100 sur 50).
Rabbi Eliezer exige le carré. Rabbi Yosse permet jusqu'au double en longueur.
8
אמר רבי אלעאי: שמעתי מרבי אלעזר, ואפילו היא כבית כור.

Rabbi Ilaï a dit : j'ai entendu de Rabbi Elazar : même si elle est comme un beit kor.

💡 Explication

Rabbi Ilaï rapporte trois traditions de Rabbi Elazar. La première étend la permission jusqu'à un beit kor : trente se'a, soit quinze beit se'atayim. La suite dira qu'aucun autre élève ne les a reçues.

9
וכן שמעתי ממנו: אנשי חצר ששכח אחד מהן ולא עירב — ביתו אסור מלהכניס ולהוציא לו, אבל להם מותר.

Et de même, j'ai entendu de lui : les habitants d'une cour dont l'un a oublié et n'a pas fait l'erouv, sa maison lui est interdite pour y faire entrer et pour en faire sortir, mais pour eux c'est permis.

📜 Rachi (3)
אנשי חצר ששכח כו' ולמחר ביטל רשותו לחברו שהיא אוסרת עליהן מלהוציא מבתיהן לחצר:
Et le lendemain il a annulé son droit (bittoul rechout) en faveur de son voisin, [ce droit] qui leur interdit de sortir [des objets] de leurs maisons vers la cour.
ביתו אסור להכניס ולהוציא לחצר לצרכו:
Vers la cour, pour son propre besoin.
אבל להן מותר להביא כלי בתיהן לביתו דרך חצר:
D'apporter les ustensiles de leurs maisons jusque dans sa maison, en passant par la cour.
💡 Explication

Deuxième tradition, l'erouv de cour. L'un a oublié de s'associer. Le lendemain il fait bittoul rechout : il renonce au droit dans la cour qui empêchait les autres de sortir de chez eux. Ensuite, lui-même ne fait plus entrer ni sortir entre sa maison et la cour pour son usage. Les autres portent leurs ustensiles jusqu'à sa maison à travers la cour.

🖼️ Schéma
Érouv oublié : après bittoul rechout, qui transporte ? cour maison de l'oubli maison A maison B lui : interdit eux : permis vers sa maison Il a renoncé à son droit dans la cour. Les autres retrouvent l'usage ; lui reste interdit pour son propre besoin.
Après le bittoul, les autres traversent la cour jusqu'à sa maison ; lui reste interdit.
10
וכן שמעתי ממנו: שיוצאין בערקבלין בפסח. וחזרתי על כל תלמידיו ובקשתי לי חבר, ולא מצאתי.

Et de même, j'ai entendu de lui qu'on s'acquitte (yotséin) avec de l'arkablin à Pessa'h. J'ai fait le tour de tous ses élèves, je me suis cherché un compagnon, et je n'en ai pas trouvé.

📜 Rachi (2)
בערקבלין שם מרור:
Nom d'une herbe amère (maror).
ובקשתי לי חבר לשלשה דברים הללו אם שמען מפיו ולא מצאתי ובגמרא מפרש דגבי גינה וקרפף לא שרו יותר מבית סאתים וגבי אנשי חצר סברי דאף להם אסור ביתו אבל מבתיהן לחצר מותר ובגמ' מפרש פלוגתייהו ובערקבלין סברי דלאו מרור הוא:
Pour ces trois choses, [pour savoir] s'ils les avaient entendues de sa bouche, et je n'en ai pas trouvé. La Guemara explique : au sujet du jardin et du karpef, ils n'ont pas permis plus d'un beit se'atayim ; au sujet des habitants de la cour, ils estiment que sa maison leur est interdite à eux aussi, mais de leurs maisons vers la cour c'est permis, et la Guemara explique leur divergence ; et au sujet de l'arkablin, ils estiment que ce n'est pas du maror.
💡 Explication

Troisième tradition : l'arkablin permet de s'acquitter du maror à Pessa'h. Rabbi Ilaï a interrogé tous les élèves. Personne n'avait reçu ces trois énoncés.

Rachi résume le désaccord, que la Guemara détaillera : surface limitée au beit se'atayim ; maison de celui qui a oublié interdite aussi aux autres, le trajet de leurs maisons vers la cour restant permis ; arkablin exclu du maror.

11
גמ׳ מאי תנא דקתני ״ועוד״.

Guemara. Qu'a-t-on enseigné, pour que l'on enseigne 'et encore' ?

📜 Rachi (2)
גמ' מאי תנא רבי יהודה בן בבא בגינה וקרפף דלעיל:
Rabbi Yehouda ben Bava, au sujet du jardin et du karpef, plus haut.
דקאמר ועוד דמשמע דאמר לעיל בה חומרא אחריתי:
Ce qui implique qu'il a dit plus haut, là-dessus, une autre houmra (sévérité).
💡 Explication

La Guemara s'arrête sur ve'od, 'et encore', qui ouvre la Michna. Le mot rattache l'énoncé à une règle antérieure du même maître et annonce une seconde houmra.

12
אילימא משום דתנא ליה חדא לחומרא וקתני אחריתי, משום הכי קתני ״ועוד״ — והא רבי יהודה דתנא ליה חדא לחומרא וקתני אחריתי, ולא קתני ״ועוד״!

Si tu dis : parce qu'on lui a enseigné une [règle] pour la sévérité, et qu'on en enseigne une autre, c'est pour cela qu'on enseigne 'et encore' - or voici Rabbi Yehouda, à qui l'on a enseigné une [règle] pour la sévérité et une autre ensuite, et l'on n'enseigne pas 'et encore' !

📜 Rachi (2)
אילימא משום דאמר חדא לחומרא גבי פסין דאמר דאין עושין אותן אלא לבאר הרבים והשתא קאמר חומרא אחריתי דאע"ג דהוקף לדירה לא שרי טפי מבית סאתים:
Au sujet des passin, où il a dit qu'on ne les fait que pour le puits du public. Et maintenant il dit une autre houmra : même si l'enclos a été fait pour l'habitation, il ne permet pas plus d'un beit se'atayim.
והא רבי יהודה בר אלעאי דתנא לעיל חדא לחומרא דאמר עד בית סאתים אין טפי לא והדר תנא אחריתי יסלקנה לצדדין ולא תנא ועוד משום דלאו בחדא מלתא היא דרישא איירי במדת היקף וסיפא איירי בביטול מחיצות:
Il a dit : jusqu'à un beit se'atayim, oui ; davantage, non. Puis on a enseigné une autre [règle] : on l'écartera sur les côtés. Et l'on n'a pas enseigné 'et encore', parce que ce n'est pas un seul sujet : le début traite de la mesure de l'enceinte, et la fin traite de l'annulation des cloisons (bittoul mehitsot).
🗂️ Tossefot (1)
אילימא משום דתני חדא לחומרא פירוש דשייך למיתני ועוד אע"ג דלא הוו תרוייהו מענין א' וכ"ש היכא דהוו תרוייהו מענין א' אף על גב דלא הוו תרוייהו לחומרא כמו בסוכה (דף כז.) ובפרק רביעי דמגילה (דף כח.) כדפ"ה:
Explication : il convient d'enseigner 'et encore' même lorsque les deux [règles] ne portent pas sur un seul sujet, et à plus forte raison là où les deux portent sur un seul sujet, même si les deux ne sont pas des houmrot, comme dans Soukka (27a) et au quatrième chapitre de Meguila (28a), ainsi que l'explique Rachi.
💡 Explication

Piste : 'et encore' des qu'un maître enchaîne deux sévérités. Difficulté : Rabbi Yehouda bar Ilaï a lui aussi deux houmrot - passin limités au beit se'atayim, puis obligation d'écarter le chemin public sur les côtés - et la Michna ne dit pas 'et encore'.

Rachi : ces deux règles ne forment pas un seul sujet. L'une mesure l'enceinte, l'autre concerne le bittoul mehitsot, l'annulation de la cloison par le passage du public. Tossefot rappelle que 'et encore' s'emploie aussi hors d'un sujet unique, et dans Soukka et Meguila même quand les deux règles ne sont pas deux houmrot.

13
התם אפסקוה רבנן, הכא לא אפסקוה רבנן.

Là, les Sages l'ont interrompu ; ici, les Sages ne l'ont pas interrompu.

📜 Rachi (1)
אפסקוה רבנן דקא תני אמרו לו לא אמרו בית סאתים אלא לגינה כו':
Car on enseigne : Ils lui ont dit : on n'a parlé d'un beit se'atayim que pour le jardin, etc.
💡 Explication

Entre les deux dires de Rabbi Yehouda, les Sages ont interrompu : 'Ils lui ont dit : on n'a dit un beit se'atayim que pour le jardin...' Les deux dires de Rabbi Yehouda ben Bava se suivent sans cette coupure. D'où le 'et encore'.

14
וכל היכא דאפסקוה רבנן לא קתני ״ועוד״? והא רבי אליעזר דסוכה, דאפסקוה רבנן, וקתני ״ועוד״?

Et partout où les Sages ont interrompu, on n'enseigne pas 'et encore' ? Or voici Rabbi Eliezer de Soukka, que les Sages ont interrompu, et l'on enseigne 'et encore' !

📜 Rachi (2)
וכל היכא דאפסקוה רבנן לא הוה תני בה ועוד אי שייך למימר בה כגון היכא דרישא וסיפא בחדא מילתא:
Lorsque cela convient de le dire, par exemple là où le début et la fin portent sur un seul sujet.
והא ר' אליעזר דסוכה דתנן במסכת (סוכה ד' כז.) ר' אליעזר אומר י"ד סעודות חייב אדם לאכול בסוכה וחכמים אומרים אין לדבר קצבה ועוד אמר ר' אליעזר מי שלא אכל לילי יו"ט הראשון ישלים לילי יום טוב האחרון אלמא משום דרישא וסיפא בסעודה דסוכה ובחשבונן איירי תנא ועוד אע"ג דאפסקוה ושמע מינה האי דלא תנא בדרבי יהודה ועוד. משום דלא דמי הוא ובדרבי יהודה בן בבא למה לי דתני ליה:
Car on enseigne dans le traité Soukka (27a) : Rabbi Eliezer dit : quatorze repas, l'homme est tenu d'en manger dans la soukka ; et les Sages disent : la chose n'a pas de quota. Et encore, Rabbi Eliezer a dit : celui qui n'a pas mangé la première nuit de Yom Tov complétera à la dernière nuit de Yom Tov. Ainsi, parce que le début et la fin traitent du repas de la soukka et de leur compte, on a enseigné 'et encore', bien qu'ils l'aient interrompu. On en apprend que, si l'on n'a pas enseigné 'et encore' au sujet de Rabbi Yehouda, c'est parce que [les deux règles] ne se ressemblent pas. Et au sujet de Rabbi Yehouda ben Bava, pourquoi faut-il qu'on l'enseigne ?
💡 Explication

À Soukka 27a, Rabbi Eliezer énonce deux règles sur les repas, les Sages le coupent, et la Michna dit pourtant 'et encore'. Rachi : début et fin parlent du repas. L'absence du mot chez Rabbi Yehouda viendrait alors de la différence des sujets, et il resterait à dire pourquoi la Michna l'emploie pour Rabbi Yehouda ben Bava.

15
התם, במילתיה הוא דאפסקוה. הכא, במילתא אחריתי אפסקוה.

Là, c'est dans son propre sujet qu'ils l'ont interrompu. Ici, c'est par un autre sujet qu'ils l'ont interrompu.

📜 Rachi (1)
התם גבי סוכה במלתיה אפסקוה לא אהדרו ליה רבנן אלא בסעודות אבל רבי יהודה דמתני' לא איירי אלא בפסי ביראות בית סאתים ואהדרו רבנן בגינה וקרפף ודיר וסהר ולעולם טעמיה משום הפסקה ולר' יהודה בן בבא דלא אפסקיה תנא ועוד:
Au sujet de la soukka, ils l'ont interrompu dans son sujet : les Sages ne lui ont répondu qu'au sujet des repas. Mais Rabbi Yehouda de notre Michna ne traitait que des passin des puits [limités à] un beit se'atayim, et les Sages ont répondu au sujet du jardin, du karpef, du parc (dir) et de l'enclos (sahar). Dans tous les cas, sa raison tient à l'interruption. Et pour Rabbi Yehouda ben Bava, qu'on n'a pas interrompu, on enseigne 'et encore'.
🗂️ Tossefot (1)
הכא במלתא אחריתי אפסקוה תימה דבפרק המביא כדי יין (ביצה דף לד. ושם) קתני ועוד ואע"ג דאפסיק במילתא אחריתי דקתני ר' אליעזר אומר נוטל אדם קיסם משלפניו [לחצוץ בו שיניו] ומגבב מן החצר ומדליק וחכ"א מגבב משלפניו ומדליק וקתני בתר הכי אין מוציאין את האור לא מן העצים כו' ומפסיק בבא שלימה וקתני בתר הכי ועוד א"ר אליעזר עומד אדם על המוקצה כו' ומיהו רש"י מהפך שם המשנה והגמ' אך לר"ת שאומר שאין צריך להפך דמילתא דאור קא מסיים ואזיל קשה וי"ל דהתם הוו תרי קולי ושייך למיתני ועוד אע"ג דאפסיק במילתא אחריתי דכח דהיתירא עדיף:
C'est étonnant. Dans le chapitre HaMevi kedei yayin (Beitsa 34a, et là-bas), on enseigne 'et encore' bien qu'on ait interrompu par un autre sujet. Car on enseigne : Rabbi Eliezer dit : un homme prend une brindille de devant lui [pour se curer les dents avec] et il ramasse dans la cour et allume ; et les Sages disent : il ramasse de devant lui et allume. On enseigne ensuite : on ne fait pas jaillir le feu, ni à partir du bois, etc. On interrompt par un paragraphe entier, et l'on enseigne ensuite : Et encore, Rabbi Eliezer a dit : un homme se tient sur le mouktse, etc. Toutefois Rachi inverse là-bas la Michna et la Guemara. Mais selon Rabbeinou Tam, qui dit qu'il n'y a pas lieu d'inverser, car le sujet du feu se poursuit, la difficulté demeure. On peut répondre : là, c'étaient deux lénités (trei kouli), et il convient d'enseigner 'et encore' même si l'on a interrompu par un autre sujet, car la force d'une permission l'emporte (koah dehetera adif).
💡 Explication

Distinction retenue. À Soukka, les Sages interrompent à l'intérieur du même sujet, les repas. Ici, Rabbi Yehouda parlait des passin et du beit se'atayim, et les Sages répondent sur le jardin, le karpef, le dir et le sahar : autre sujet. La coupure rompt le lien, et 'et encore' ne se dit plus.

Tossefot cite Beitsa 34a, où 'et encore' survit à une interruption sur un autre sujet. Réponse : là, les deux règles sont des koula. Koah dehetera adif : une permission mérite d'être rattachée, même après une coupure. Rabbeinou Tam refuse d'inverser l'ordre des michnayot, contrairement à Rachi sur ce passage.

16
רבי עקיבא אומר: אפילו אין בה אחד מכל אלו מטלטלין בתוכה.

Rabbi Akiva dit : même s'il n'y a pas un seul de tous ceux-là, on y transporte.

💡 Explication

La Guemara reprend la phrase de Rabbi Akiva : sans citerne, fosse, caverne, chomira ni maison, le transport reste permis dans la limite des soixante-dix amot. L'examen de cette opinion commence ici.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).