Eruvin 23b - La cour du Tabernacle mise au carré, et le karpef semé ou planté

Eruvin 23b

Sougya : La Guemara demande pourquoi Rabbi Akiva répète la limite de soixante-dix amot et un reste, déjà celle du premier tanna. L'écart est un davar muat : le faible surplus par lequel un beit se'atayim dépasse le carré de soixante-dix amot et un reste.

Cette surface est celle de la cour du Tabernacle, cent amot sur cinquante. Rav Yehouda la met au carré à partir du verset : prends cinquante, et entoure de cinquante.

Abaye donne le sens simple : la place du Tabernacle dans la cour. On accorde ensuite la Michna et la baraita de Rabbi Eliezer, puis on sépare Rabbi Eliezer de Rabbi Yosse par le carré des Sages.

Chmouel retient, par deux traditions, Rabbi Yosse et Rabbi Akiva, toutes deux vers la permission. Un karpef plus grand qu'un beit se'atayim, entouré pour l'habitation, redevient interdit si la majorité est semée, et reste permis si elle est plantée.

Rav Houna fils de Rav Yehochoua limite l'interdit à ce qui dépasse un beit se'atayim, selon Rabbi Chimon.

Du rectangle 100 x 50 au carré de 70 amot et un reste Beit se'atayim = 5000 amot carrées = cour du Tabernacle. La Tora : prends cinquante, et entoure de cinquante. 50 x 50 on garde 50 x 50 on entoure 1. Cour : 100 x 50 → 50 x 50 2. Cadre autour → Carré d'environ 70 amot et 4 tefahim 70 amot + 4 tefahim = 70 amot et 2/3 + davar muat infime moins de 2/3 de doigt Rabbi Akiva 70 amot et un reste sur 70. Il s'arrête là. Le davar muat en plus du carré, il ne l'admet pas. Rachi : beit se'atayim complet, non Premier tanna / Rabbi Yehouda Le beit se'atayim entier. Le surplus au-delà de 70 et un reste est permis : c'est le davar muat. Les Sages n'en ont pas fixé la mesure
Mettre au carré la cour du Tabernacle : 100 x 50 devient environ 70 amot et 4 tefahim, plus un davar muat.
Qui permet de transporter, et jusqu'où Maître Surface Forme Habitation R. Yehouda ben Bava beit se'atayim entier avec le davar muat même arikh ve-katin chomira ou maison exigée Rabbi Akiva halakha 70 et un reste sans le davar muat carré exigé pas exigée Rabbi Eliezer baraita jusqu'au double de la largeur + 1 ama : interdit Rachi : forme 2 pour 1 RH : on mesure la diagonale - Rabbi Yosse halakha même 100 x 50 carré non exigé arikh ve-katin permis - Chmouel, deux traditions, toutes deux vers la permission (lekoula). Sans Rabbi Akiva, on exigerait une chomira. Sans Rabbi Yosse, le long et étroit resterait interdit.
Positions sur la surface, la forme et l'habitation. Chmouel retient Rabbi Yosse et Rabbi Akiva, vers la permission.
Karpef plus grand qu'un beit se'atayim, entouré pour l'habitation Que devient la plus grande partie ? Majorité semée (zeronim) comme un jardin : interdit même la partie non semée s'annulé au regard du rov Majorité plantée (arbres) comme une cour : permis on séjourne à l'ombre l'habitation tient Rav Houna b. Rav Yehochoua : l'interdit du semis vise ce qui dépasse un beit se'atayim. Un beit se'atayim reste permis. Cela suit Rabbi Chimon : toits, cours et karpefot, un seul domaine pour les ustensiles qui y ont passé le Chabbat.
Karpef au-delà d'un beit se'atayim : semis majoritaire interdit, plantation majoritaire permise.
1
רבי עקיבא היינו תנא קמא!

Rabbi Akiva, c'est le même que le premier tanna !

📜 Rachi (1)
רבי עקיבא היינו ת"ק דאמרו לו לא אמרו בית סאתים אלא לגינה ולקרפף אבל אם היה כו' אלמא היכא דאיכא בית דירה אפי' טובא ובשלא הוקף לדירה בית סאתים כר"ע:
Rabbi Akiva, c'est le même que le premier tanna. Car ils lui ont dit : on n'a parlé d'un beit se'atayim que pour un jardin et un karpef, mais s'il y avait, etc. On en déduit : là où il y a une habitation, même beaucoup ; et là où l'on n'a pas entouré pour l'habitation, un beit se'atayim, comme Rabbi Akiva.
🗂️ Tossefot (1)
רבי עקיבא היינו ת"ק פ"ה היינו ת"ק דאמרו לו לר"י וקשיא דהוה מצי למימר אריך וקטין איכא בינייהו דרבי עקיבא קאמר בהדיא ע' אמה על ע' אמה ובאמרו לו לא קא אמר ומסתמא לא פליגי אר' יהודה בהא דאית ליה לעיל אפילו אריך וקטין ועוד דילמא בעו בור שיח ומערה ומיהו י"ל דמשני שפיר ומ"מ נראה כפר"ח דהיינו ת"ק היינו רבי יהודה בן בבא פי' כיון דרבי יהודה בן בבא איירי בשבעים אמה ושיריים על שבעים אמה וכו' מה הוצרך ר"ע תו לשנות ובלבד שיהא בה כו' ומשני איכא בינייהו דבר מועט דלר' עקיבא לית ליה לר' יהודה אית ליה והא דקתני בסמוך ר"י אומר דבר מועט יש ולא נתנו בו חכמים שיעור היינו שלא חשו לצמצם ולעולם אית ליה דכולהו תנאי שהוזכרו לפני ר"ע נראה דאית להו דבר מועט:
Rabbi Akiva, c'est le même que le premier tanna. Selon Rachi, c'est le premier tanna de 'ils lui ont dit', adressé à Rabbi Yehouda. Difficulté : on aurait pu dire que l'écart entre eux est le long et l'étroit (arikh ve-katin). Car Rabbi Akiva dit explicitement soixante-dix amot sur soixante-dix amot, et dans 'ils lui ont dit' on ne le dit pas. Selon toute apparence, ils ne contestent pas Rabbi Yehouda sur ce point, lui qui tient plus haut : même long et étroit. De plus, peut-être exigent-ils une citerne, une fosse et une grotte (bor, chi'ah et meara). Toutefois on peut dire que la réponse tient. Néanmoins l'explication de Rabbeinou Hananel paraît juste : le premier tanna, c'est Rabbi Yehouda ben Bava. Puisque Rabbi Yehouda ben Bava parle déjà de soixante-dix amot et un reste sur soixante-dix amot, etc., pourquoi Rabbi Akiva doit-il encore enseigner 'à condition qu'il y ait en lui', etc. ? On répond : l'écart entre eux est le davar muat. Rabbi Akiva ne l'admet pas, Rabbi Yehouda l'admet. Et ce qu'on enseigne juste après, Rabbi Yehouda dit : il y a un davar muat, et les Sages n'en ont pas fixé la mesure, cela veut dire qu'ils n'ont pas tenu à serrer la mesure, mais en réalité il l'admet. Tous les tannaim mentionnés avant Rabbi Akiva semblent admettre le davar muat.
💡 Explication

La Michna a déjà limité le jardin non habité à un beit se'atayim. Rabbi Akiva répéta 'pas plus de soixante-dix amot et un reste'. La Guemara demande où est l'écart.

Rachi identifie le premier tanna avec la réponse 'ils lui ont dit' à Rabbi Yehouda : avec une habitation, même une grande surface ; sans enceinte pour l'habitation, un beit se'atayim, comme Rabbi Akiva. Tossefot préfère Rabbeinou Hananel : le premier tanna est Rabbi Yehouda ben Bava, qui a déjà donné la mesure de soixante-dix. L'écart sera le davar muat.

2
איכא בינייהו דבר מועט. דתניא, רבי יהודה אומר: דבר מועט יש על שבעים אמה ושירים, ולא נתנו חכמים בו שיעור.

Il y a entre eux un écart minime (davar muat). Car on a enseigné : Rabbi Yehouda dit : il y a un écart minime au-delà de soixante-dix amot et un reste, et les Sages n'en ont pas fixé la mesure.

📜 Rachi (2)
איכא בינייהו דבר מועט שבית סאתים יתר על שבעים אמה ושיריים רבועים כדתני לקמן לתנא קמא שרי בבית סאתים שלימים ולר' עקיבא שבעים ושיריים על שבעים ושיריים ותו לא כדקא אמרי' בהדיא וכמה הן סאתים כחצר המשכן:
Il y a entre eux un écart minime. Un beit se'atayim dépasse le carré de soixante-dix amot et un reste, comme on l'enseigne plus loin. Pour le premier tanna, un beit se'atayim complet est permis. Pour Rabbi Akiva, soixante-dix et un reste sur soixante-dix et un reste, et rien de plus, comme nous le disons explicitement. Et quelle est la mesure de deux se'a ? Comme la cour du Tabernacle.
דבר מועט לקמן מפרש לה:
Écart minime : plus loin on l'explique.
🗂️ Tossefot (1)
דבר מועט יש והא דלא חשיב ליה בכיצד מעברין (לקמן עירובין ד' נז.) דקתני גבי ג' כפרים אם יש בין החיצונות מאה וארבעים אמה ואמה אחת ושליש לא חש לצמצם אי נמי אתיא כר"ע דלית ליה דבר מועט:
Il y a un écart minime. Et ce qu'on ne le compte pas dans 'Comment étend-on les limites' (plus loin, Eruvin 57a), où l'on enseigne au sujet de trois villages : s'il y a entre les extérieurs cent quarante amot, plus une ama et un tiers, c'est qu'on n'a pas tenu à serrer la mesure. Ou bien ce passage suit Rabbi Akiva, qui n'admet pas le davar muat.
💡 Explication

Le davar muat est le mince surplus du beit se'atayim au-delà du carré de soixante-dix amot et un reste. Rabbi Yehouda dit que ce surplus existe, et que les Sages n'en ont pas donné le chiffre, trop petit pour être serré.

Rachi : le premier tanna permet le beit se'atayim entier. Rabbi Akiva s'arrête à soixante-dix et un reste sur soixante-dix et un reste. Tossefot : à Eruvin 57a, la mesure de cent quarante et une amot et un tiers entre trois villages omet ce surplus, soit par absence de précision, soit selon Rabbi Akiva.

3
וכמה שיעור סאתים? כחצר המשכן.

Et quelle est la mesure de deux se'a ? Comme la cour du Tabernacle.

💡 Explication

Un beit se'atayim, surface de deux se'a, a la même aire que la cour du Tabernacle : cent amot de long sur cinquante de large, soit cinq mille amot carrées.

4
מנא הני מילי?

D'où tient-on ces paroles ?

📜 Rachi (1)
מנא הני מילי דמרבעינן ליה לחצר המשכן לשער בו איסור שבת:
D'où tient-on ces paroles : que nous mettons au carré la cour du Tabernacle, pour mesurer par elle l'interdit du Chabbat.
💡 Explication

La question porte sur le carré. La cour est un rectangle de cent sur cinquante. D'où vient qu'on la transformé en carré pour fixer la surface où le transport du Chabbat est permis ?

5
אמר רב יהודה, דאמר קרא: ״ארך החצר מאה באמה ורחב חמשים בחמשים״. אמרה תורה: טול חמשים, וסבב חמשים.

Rav Yehouda a dit, car le verset dit : La longueur de la cour, cent amot, et la largeur, cinquante par cinquante. La Tora a dit : prends cinquante, et entoure de cinquante.

📜 Rachi (1)
מאי בחמשים הא רוחב חמשים וארכו מאה דהכי כתיבי במדות הקלעים וכן לפאת צפון באורך קלעים מאה אורך ורוחב החצר לפאת קדמה מזרחה חמשים אמה:
Que signifie 'par cinquante' ? La largeur est de cinquante et la longueur de cent, car c'est ainsi qu'elles sont écrites dans les mesures des tentures. Et de même : pour le côté nord, des tentures de cent de long, et la largeur de la cour du côté est, vers l'orient, cinquante amot.
💡 Explication

Rav Yehouda lit cinquante par cinquante comme une consigne : on prend un carré de cinquante, et l'on répartit les cinquante amot restantes tout autour, jusqu'à un carré d'environ soixante-dix amot et un reste. Rachi rappelle que le verset, à la lettre, décrit une cour de cent sur cinquante, comme les tentures.

6
פשטיה דקרא במאי כתיב?! אמר אביי: העמד משכן על שפת חמשים, כדי שיהא חמשים אמה לפניו ועשרים אמה לכל רוח ורוח.

Le sens simple du verset, à quoi se rapporte-t-il ?! Abaye a dit : place le Tabernacle au bord des cinquante, afin qu'il y ait cinquante amot devant lui, et vingt amot de chaque côté.

📜 Rachi (6)
אלא אמרה תורה טול חמשים שארכו יתר על רחבו וסבב חמשים הנותרים דהוו להו שבעים אמות וד' טפחים מרובעין כיצד עשה מהן חמש רצועות של עשר אמה רוחב וארכן חמשים השכב האחת למזרח והאחת למערב הרי רחבה שבעים וארכה חמשים עוד שים אחת לצפון ואחת לדרום הרי שבעים על שבעים אלא שהקרנות פגומין לכל קרן וקרן עשר על עשר מפני התוספת שהוספת טול מן החמשים ארבע חתיכות של י' על י' ושים בארבע קרנות ונתמלאו נשארה רצועה אחת של עשר על עשר אמות שהיא ששים טפחים על ששים טפחים ועשה אותן ל' רצועות של שני טפחים (הרי ל' רצועות אורך כל אחת ואחת עשר אמה) שכולן הן ג' מאות אמות תן ע' לכל רוח הרי שבעים וד' טפחים על שבעים וד' טפחים אלא שהקרנות פגומין טפחיים על טפחיים נשארו בידך עשרים אמה טול מהן שמונה טפחים ושים לקרנות ונתמלאו ונשארו בידך י"ח אמה וד' טפחים ברוחב טפחיים והיינו דבר מועט שאם באת לחלקו ולהקיף בהן אין מגיע התוספת לרוחב ב' שלישי אצבע דהא בעית למעבד מיניה רצועה של רפ"ג אמות וד' טפחים אורך להקיף ארבע הרוחות:
Plutôt, la Tora a dit : prends cinquante, dont la longueur dépasse la largeur, et entoure des cinquante qui restent. Ils deviennent soixante-dix amot et quatre tefahim au carré. Comment a-t-il fait ? Il en a fait cinq bandes de dix amot de large et de cinquante de long. Pose l'une à l'est et l'une à l'ouest : la largeur est de soixante-dix et la longueur de cinquante. Pose encore l'une au nord et l'une au sud : cela fait soixante-dix sur soixante-dix, sauf que les angles sont entamés, chaque angle de dix sur dix, à cause du supplément que tu as ajouté. Prends sur les cinquante quatre pièces de dix sur dix, pose-les aux quatre angles, et ils sont comblé. Il reste une bande de dix sur dix amot, soit soixante tefahim sur soixante tefahim. Fais-en trente bandes de deux tefahim (ainsi trente bandes, chacune longue de dix amot), qui font en tout trois cents amot. Donne soixante-dix à chaque côté : on a alors soixante-dix amot et quatre tefahim sur soixante-dix amot et quatre tefahim, sauf que les angles sont entamés de deux tefahim sur deux tefahim. Il te reste vingt amot. Prends-en huit tefahim, pose-les aux angles, et ils sont comblés. Il te reste dix-huit amot et quatre tefahim, sur une largeur de deux tefahim. C'est le davar muat : si tu viens à le répartir pour en faire le tour, le supplément n'atteint pas une largeur de deux tiers de doigt (etsba). Car tu dois en faire une bande de deux cent quatre-vingt-trois amot et quatre tefahim de long, pour entourer les quatre côtés.
פשטיה דקרא לענין משכן:
Le sens simple du verset : au sujet du Tabernacle.
במאי כתיב בחמשים דקרא מאי היא:
À quoi se rapporte-t-il : le 'par cinquante' du verset, qu'est-ce que c'est ?
העמד משכן על שפת שכלין שם החמשים של חצר משנכנסים לה בפתחה של מזרח:
Place le Tabernacle au bord : là où s'achèvent les cinquante de la cour, dès qu'on y entre par son ouverture à l'est.
כדי שיהו חמשים אמה של חצר לפני המשכן:
Afin qu'il y ait cinquante amot de la cour devant le Tabernacle.
ועשרים לכל רוח שהמשכן ארכו ל' כדכתיב (שמות כ״ו:ט״ז) עשרים קרשים ורוחב הקרש אמה וחצי ורחבו של משכן תופש עשר אמות כדכתיב ששה קרשים שהן תשע אמות ושני קרשים למקוצעות שהן ג' אמות רוחב והאמה מכאן והאמה מכאן לכסות עוביין של קרשים של צלע ארכו אמה וחצי אמה מכאן וחצי אמה מכאן להשלים ולמלא החלל לעשר וכשאתה מעמידו לסוף חמשים ובאמצע רחבה של חצר נשארו מהחמשים על חמשים של חצר עשרים אמות לשלש הרוחות אלא שעובי הקרשים ממעט מהן אמה לכל צד והכא חללה חשיב ועובי הכתלים בכלל העשרים של כל רוח ולפניו למזרחו לא היו קרשים אלא מסך והיינו וילון:
Et vingt de chaque côté : car la longueur du Tabernacle est de trente, comme il est écrit (Chemot 26:16) : vingt planches, et la largeur de la planche est d'une ama et demie. La largeur du Tabernacle occupe dix amot, comme il est écrit : six planches, qui font neuf amot, et deux planches pour les angles, qui font trois amot de large, et l'ama de chaque côté pour couvrir l'épaisseur des planches du flanc. Sa longueur est d'une ama et demie : une demi-ama de chaque côté, pour compléter et remplir l'espace jusqu'à dix. Quand tu le places au bout des cinquante, au milieu de la largeur de la cour, il reste, sur les cinquante sur cinquante de la cour, vingt amot pour les trois côtés. Seulement, l'épaisseur des planches en retranche une ama de chaque côté. Ici il compte le vide intérieur, et l'épaisseur des murs est comprise dans les vingt de chaque côté. Devant lui, à l'est, il n'y avait pas de planches, seulement un rideau (massakh), et c'est un voile (vilon).
🗂️ Tossefot (1)
פשטיה דקרא במאי כתיב משמע דטול חמשים וסבב חמשים הוי אסמכתא בעלמא ומיהו בכיצד מעברין (לקמן עירובין ד' נח.) פריך והא מבעי ליה דיטול חמשים כו':
Le sens simple du verset, à quoi se rapporte-t-il. On en déduit que 'prends cinquante et entoure de cinquante' n'est qu'un appui (asmakhta). Toutefois, dans 'Comment étend-on' (plus loin, Eruvin 58a), on objecte : mais le verset est requis pour qu'il prenne cinquante, etc.
💡 Explication

Deux lectures du même mot, cinquante par cinquante. La deracha de Rav Yehouda découpé l'aire en un carré de cinquante, puis étale le reste en cadre : Rachi détaille les bandes jusqu'à soixante-dix amot et quatre tefahim. Le reliquat, étalé sur le périmètre, n'atteint pas deux tiers de doigt : c'est le davar muat.

Abaye donne le sens simple. On pose le Tabernacle, trente amot sur dix, au bord des cinquante depuis l'entrée est. Il reste cinquante amot devant lui, et vingt amot au nord, au sud et à l'ouest. Tossefot : la mise au carré n'est ici qu'une asmakhta. À Eruvin 58a, la Guemara traite pourtant ce verset comme nécessaire à la mesure.

🖼️ Schéma
Sens simple : où poser le Tabernacle dans la cour Abaye. Est à gauche, entrée de la cour. Échelle : la cour fait 100 amot sur 50. 50 amot devant lui Mishkan 30 x 10 20 au nord 20 au sud 20 ouest Est Ouest Le Mishkan est au bord des cinquante : cinquante devant, vingt sur les trois autres côtés.
Le Tabernacle au bord des cinquante : cinquante amot à l'est, vingt sur les trois autres côtés.
7
רבי אליעזר אומר: אם היתה ארכה כו׳. והתניא, רבי אליעזר אומר: אם היתה ארכה יתר על פי שנים ברחבה אפילו אמה אחת — אין מטלטלין בתוכה!

Rabbi Eliezer dit : si sa longueur était, etc. Or on a enseigné : Rabbi Eliezer dit : si sa longueur dépassait le double de sa largeur, même d'une seule ama, on ne transporte pas à l'intérieur !

📜 Rachi (1)
ארכה יתר משנים ברחבה כחצר המשכן הוא דשרי ואע"ג דלא מרבעה והיינו אורך כשנים ברוחב אבל טפי משנים ברוחב לא מישתרי:
Sa longueur plus du double de sa largeur. C'est comme la cour du Tabernacle que c'est permis, même sans la mettre au carré : une longueur double de la largeur. Au-delà du double de la largeur, cela reste interdit.
🗂️ Tossefot (1)
והתניא רבי אליעזר אומר והוא הדין דהוה מצי למיפרך דאם כן היינו רבי עקיבא אלא דניחא ליה למיפרך דרבי אליעזר אדרבי אליעזר:
Or on a enseigné, Rabbi Eliezer dit. On aurait pu objecter de la même façon : s'il en est ainsi, c'est la même chose que Rabbi Akiva. Mais on préfère objecter Rabbi Eliezer contre Rabbi Eliezer.
⚖️ Rosh (1)
גמ' והא תניא רבי אליעזר אומר אם היתה ארכה יותר על פי שנים ברחבה אפילו אמה אחת אין מטלטלין בתוכה. אמר רב ביבי בר אביי כי תנן נמי במתני' יותר משנים ברחבה תנן. אי הכי היינו רבי יוסי. איכא בינייהו ריבוע דרבנן פי' הא דתנן לקמן (עירובין דף מט:) עגולות דברי רבי חנינא בן אנטיגנוס וחכמים אומרים כטבלא מרובעת כדי שיהא נשכר את הזויות. לרבי אליעזר דאמר אם היתה יתר על פי שנים ברחבה אפילו אמה אחת אין מטלטלין בתוכה משח לה באלכסון אי הוי אלכסונא יותר על שנים ברחבה אפי' אמה אחת אין מטלטלין בתוכה דסבר לה כר' חנינא בן אנטיגנוס דאמר בעינן אלפים אמה תחום שבת עגולות ולא מרובעות ולר' יוסי משח לה בריבוע דסבר כרבנן דאמרי מרובעות הלכך אם היה ארכה כשנים ברחבה כחצר המשכן דכתיב אורך החצר מאה באמה ורוחב חמשים בחמשים מטלטלין בתוכה. יותר על זה אין מטלטלין בתוכה. איתמר אמר רב יוסף אמר רב יהודה אמר שמואל הלכה כרבי יוסי. ורב ביבי אמר רב נחמן אמר שמואל הלכה כרבי עקיבא. ותרוייהו לקולא. וצריכי דאי אמר הלכה כר' יוסי הוה אמינא עד שיהא בה שומירה או בית דירה כרבי יהודה בן בבא קמ"ל הלכה כרבי עקיבא. ואי אמר הלכה כרבי עקיבא ה"א אריך וקטין לא קמ"ל הלכה כרבי יוסי דאפילו אריך וקטין. קרפף יותר מבית סאתים שהוקף לדירה נזרע רובו הרי הוא כגינה ואסור. נטע רובו הרי הוא כחצר ומותר. נזרע רובו הא מיעוטו שרי אמר רב הונא בריה דרב יהושע לא אמרן אלא בית סאתים אבל יותר מבית סאתים אסור כמאן כרבי שמעון. צ"ע אם קרפף פחות מבית סאתים שלא הוקף לדירה אם דינו כבית סאתים ויהא אסור לטלטל ממנו לחצר לרבנן דר"ש ולר"ש דקי"ל כוותיה לקמן (עירובין דף צא.) יהא אסור לטלטל ממנו לבית דסבירא ליה כולן רשות אחת לכלים ששבתו בתוכן ולא לכלים ששבתו בתוך הבית. ולכאורה משמע שדינם שוה דאם לא כן היינו צריכין לומר דפליגי ר"ש ורבנן בבית סאתים מצומצם. דיותר מבית סאתים לכ"ע אפילו בתוכו אסור לטלטל יותר מד' אמות. ובפחות מכאן שרי אף לבית. ומיהו איכא למימר דדין בות סאתים נוהג עד שיהא פחות מבית סאתים אמה. כי היכי דאמר לרבי אליעזר שלא יהא ארכה יותר על רחבה אמה אחת ולא קפיד אם ארכה יותר על רחבה מעט עד שיגיע לאמה אחת ה"נ לא נפיק מדין בית סאתים עד שיפחת אמה. והשתא לא הוי פלוגתייהו בבית סאתים מצומצם. ואין להביא ראיה להתיר מדפליג הכא בין פחות מבית סאתים לבית סאתים. דשאני הכא כיון דמיעוטו נזרע בפחות מבית סאתים לא תשוב ובטיל. ובית סאתים דחשיב לא בטיל. אבל נזרע רובו אפילו פחות מבית סאתום איכא למימר דאסור. ויש לדקדק מהא דאמרינן לקמן (עירובין דף צט:) אשפה שברה"ר חלון שעל גבה זורקין לה בשבת אלמא לא חשיבא מוקפת לדירה ע"י חלון שעל גבה לפי שהחלון למעלה מעשרה או משום שמופלגת מן הכותל בד' דומיא דחוליית הבור דמיתניא בהדה דמוקמינן לקמן במופלגת בד' ואפילו הכי מותר לזרוק מן החלון עליה אלמא כיון דלא הויא סאתים מותרת אף לבית. מיהו נראה שאין לחלק בין פחות מבית סאתים לסאתים מדקתני במילתייהו קרפף סתמא משמע דאיירי בכל קרפף שלא הוקף לדירה אע"ג שמותר לטלטל בתוכו ד' אמות דהיינו בית סאתים ובפחות נמי פלוגי. וההיא דאשפה נוקמה באשפה שבחצר או בקרפף לרבי שמעון ורבנן אוקמוה במוקפת לדירה. וא"כ רחבה שאחורי הבתים שלנו שנזרע רובה אפילו אין בכל הרחבה סאתים אסור להכניס ולהוציא ממנה לבית לרבי שמעון. ואפילו בחצר שלפני הבית נראה לומר דזריעת רוב מבטל ממנה הדירה. כמו בקרפף. ואף אם תמצא לומר דדירת חצר חשיבא ולא מבטלי לה זרעים מ"מ ברחבה נראה דזרעים מבטלי היקף דירה. ובחצר נמי הזרוע מיהת יפסיד דירה שלו. ונפקא מינה שאסור להכניס ממנו לבית. וגם אם הזרוע יותר מבית סאתים יאסר כל החצר. ומתוך פירש"י יש להביא ראוה דלא מבטלי זרעים לדירה אלא לקרפף יותר מבית סאתים. דרש"י פי' במתני' דשומירה ובית דירה חשיב היקף לדירה משמע דאיירי בפתח ולבסוף הוקף כדין הוקף לדירה. וסתם גינה זרועה היא ומאי אהני היקף לדירה הא אתו זרעים ומבטלי לה. אלא שמעת מינה דלא מבטלי דירת בית סאתים ואפילו לר' יהודה בן בבא דמחמיר טפי. כל שכן דמאן דמיקל דסבר דלא מבטלי זרעים בית סאתים. וגם מדבריו נראה להתיר אפילו כשהרחבה יותר מבית סאתים ואפילו כולה זרועה. דהא במתני' לא שרי ר' יהודה בן בבא בגינה וקרפף על ידי היקף לדירה יותר מבית סאתים ורחבה שריא אפילו בת עשרה כורין כדאמר לעיל (עירובין דף כב.) אי אתה מודה בדיר וסהר ומוקצה שאפילו בת עשרה כורין מותר. ומשמע דליכא מאן דפליג. ומוקצה היינו רחבה. א"כ רחבה עדיפא מקרפף הלכך אין ללמוד רחבה וחצר מקרפף שזרעים יבטלו דירתם. אבל למאי דפרישי' דשומירה ובית דירה הוי דירה גרועה ומהניא אף בהוקף ולבסוף פתח בבית סאתים וביתר מבית סאתים צריך פתח ולבסוף הוקף אין ראיה לחלק בין קרפף ורחבה. ומיהו מסתבר כיון דלא אשכחן ליה אלא בקרפף דאין ללמוד ביטול היקף דירה דרחבה וחצר מקרפף וצ"ע: נטע רובו הרי הוא כחצר ומותר. אמר רב יהודה אמר אבימי והוא שעשויין איצטבלאות. רב נחמן אמר אף על פי שאין עשויין איצטבלאות. מר יהודה איקלע לבי רב הונא בר יהודה חזא דאין עשויין איצטבלאות וקא מטלטל בגוייהו א"ל לא סבר לה מר להא דאבימי א"ל אנא כרב נחמן ס"ל דאמר אע"פ שאין עשויין איצטבלאות. וכן הלכתא:
Guemara. Or on a enseigné : Rabbi Eliezer dit : si sa longueur dépassait le double de sa largeur, même d'une seule ama, on ne transporte pas à l'intérieur. Rav Bibi bar Abaye a dit : quand nous l'avons enseigné dans la Michna aussi, c'est plus du double de sa largeur que nous avons enseigné. S'il en est ainsi, c'est la même chose que Rabbi Yosse. L'écart entre eux est le carré des Sages. Explication : c'est ce qu'on enseigne plus loin (Eruvin 49b) : circulaires, paroles de Rabbi Hanina ben Antigonos, et les Sages disent : comme une tablette carrée, afin qu'il gagne les angles. Selon Rabbi Eliezer, qui dit : si elle dépassait le double de sa largeur, même d'une ama, on ne transporte pas à l'intérieur, on la mesure en diagonale. Si la diagonale dépasse le double de la largeur, même d'une ama, on ne transporte pas à l'intérieur. Car il tient comme Rabbi Hanina ben Antigonos, qui dit qu'il faut deux mille amot de tehoum Chabbat circulaires, et non carrées. Selon Rabbi Yosse, on la mesure en carré, car il tient comme les Sages, qui disent carrées. Par conséquent, si sa longueur était le double de sa largeur, comme la cour du Tabernacle, ainsi qu'il est écrit : la longueur de la cour, cent amot, et la largeur cinquante par cinquante, on transporte à l'intérieur. Au-delà de cela, on ne transporte pas à l'intérieur. On a rapporté : Rav Yossef a dit que Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : la halakha est comme Rabbi Yosse. Et Rav Bibi a dit que Rav Nahman a dit que Chmouel a dit : la halakha est comme Rabbi Akiva. Et les deux, vers la permission. Et elles sont nécessaires. Car s'il avait dit : la halakha est comme Rabbi Yosse, j'aurais dit : jusqu'à ce qu'il y ait en lui une chomira ou une maison d'habitation, comme Rabbi Yehouda ben Bava. Cela nous apprend : la halakha est comme Rabbi Akiva. Et s'il avait dit : la halakha est comme Rabbi Akiva, j'aurais dit : long et étroit, non. Cela nous apprend : la halakha est comme Rabbi Yosse, même long et étroit. Un karpef de plus d'un beit se'atayim qui a été entouré pour l'habitation : si sa plus grande partie a été semée, le voici comme un jardin, et c'est interdit. Si sa plus grande partie a été plantée, le voici comme une cour, et c'est permis. Sa plus grande partie a été semée : donc sa minorité est permise. Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit : nous n'avons dit cela que pour un beit se'atayim, mais plus d'un beit se'atayim, c'est interdit. Selon qui ? Selon Rabbi Chimon. Question à examiner : un karpef de moins d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation a-t-il le même statut qu'un beit se'atayim ? Il serait alors interdit d'en transporter vers la cour selon les Sages qui contestent Rabbi Chimon. Et selon Rabbi Chimon, dont nous tenons la halakha plus loin (Eruvin 91a), il serait interdit d'en transporter vers la maison, car il tient que tous sont un seul domaine pour les ustensiles qui y ont passé le Chabbat, et non pour les ustensiles qui ont passé le Chabbat dans la maison. En apparence, leurs statuts sont égaux. Sinon, il faudrait dire que Rabbi Chimon et les Sages divergent sur un beit se'atayim exact. Car plus d'un beit se'atayim, selon tous, même à l'intérieur, il est interdit de transporter au-delà de quatre amot. En deçà, c'est permis même vers la maison. Toutefois on peut dire que le statut du beit se'atayim court jusqu'à ce qu'il soit moindre d'une ama. De la même façon qu'on a dit, selon Rabbi Eliezer, que sa longueur ne doit pas dépasser sa largeur d'une ama, et qu'on ne tient pas compte d'un léger dépassement tant qu'on n'atteint pas une ama : de même, on ne sort du statut de beit se'atayim qu'en diminuant d'une ama. Dès lors, leur divergence porte ailleurs que sur un beit se'atayim exact. Et l'on ne tire pas une preuve pour permettre du fait qu'ici on distingue moins d'un beit se'atayim et un beit se'atayim. Ici, c'est autre chose : puisque sa minorité est semée, dans moins d'un beit se'atayim elle ne compte pas et elle s'annulé. Un beit se'atayim, qui compte, ne s'annulé pas. Mais si la plus grande partie est semée, même en deçà d'un beit se'atayim, on peut dire que c'est interdit. Il y a à préciser à partir de ce qu'on dit plus loin (Eruvin 99b) : un tas qui est dans le domaine public, une fenêtre au-dessus de lui, on y jette le Chabbat. On en déduit qu'il ne compte pas comme entouré pour l'habitation du fait de la fenêtre au-dessus de lui, parce que la fenêtre est à plus de dix, ou parce qu'il est écarté du mur de quatre, à la manière du rebord du puits enseigné avec lui, que l'on établit plus loin comme écarté de quatre. Même ainsi, il est permis de jeter depuis la fenêtre sur lui. On en déduit : puisqu'il n'atteint pas deux se'a, il est permis même vers la maison. Toutefois il paraît qu'on ne distingue pas moins d'un beit se'atayim et deux se'a. Du fait qu'ils enseignent dans leurs paroles 'karpef' sans précision, on comprend qu'ils parlent de tout karpef qui n'a pas été entouré pour l'habitation, bien qu'il soit permis d'y transporter quatre amot, c'est-à-dire un beit se'atayim, et qu'en deçà aussi ils divergent. Ce cas du tas, on l'établira dans un tas qui est dans une cour ou dans un karpef, selon Rabbi Chimon ; les Sages l'établissent dans un lieu entouré pour l'habitation. Dès lors, une esplanade (rehava) derrière nos maisons, dont la plus grande partie a été semée, même si toute l'esplanade ne contient pas deux se'a, il est interdit d'y introduire et d'en sortir vers la maison, selon Rabbi Chimon. Même dans la cour devant la maison, il paraît juste de dire que le semis de la plus grande partie en annulé l'habitation, comme dans un karpef. Même si l'on dit que l'habitation d'une cour compte et que les semis ne l'annulent pas, dans une esplanade il paraît que les semis annulent l'enceinte faite pour l'habitation. Dans la cour aussi, la partie semée, du moins, perd son statut d'habitation. Conséquence : il est interdit d'en introduire vers la maison. Et si la partie semée dépasse un beit se'atayim, toute la cour sera interdite. Du commentaire de Rachi on peut tirer une preuve que les semis n'annulent l'habitation que pour un karpef de plus d'un beit se'atayim. Car Rachi a expliqué dans la Michna que la chomira et la maison d'habitation comptent comme une enceinte pour l'habitation. On comprend qu'il parle d'une ouverture faite d'abord, puis de l'enceinte, selon la règle de ce qui est entouré pour l'habitation. Un jardin ordinaire est semé. À quoi sert alors l'enceinte pour l'habitation, puisque les semis viennent et l'annulent ? On entend donc que les semis n'annulent pas l'habitation d'un beit se'atayim, même selon Rabbi Yehouda ben Bava, qui est plus sévère. À plus forte raison, celui qui est indulgent tient que les semis n'annulent pas un beit se'atayim. De ses paroles il paraît aussi permis même quand l'esplanade dépasse un beit se'atayim, et même si elle est entièrement semée. Car dans la Michna, Rabbi Yehouda ben Bava ne permet pas, dans un jardin et un karpef, par une enceinte pour l'habitation, plus d'un beit se'atayim. Une esplanade est permise même de dix kor, comme on a dit plus haut (Eruvin 22a) : n'admets-tu pas, pour un parc (dir), un enclos (sahar) et une esplanade (mouktse), que même de dix kor c'est permis ? On comprend que personne ne conteste. Le mouktse, c'est l'esplanade. L'esplanade l'emporte donc sur le karpef. Par conséquent on n'apprend pas l'esplanade et la cour à partir du karpef, au point que les semis annuleraient leur habitation. Mais selon ce que nous avons expliqué, la chomira et la maison d'habitation sont une habitation de moindre qualité, et elles servent même quand on entoure d'abord et qu'on ouvre ensuite, pour un beit se'atayim ; au-delà d'un beit se'atayim, il faut une ouverture d'abord, puis l'enceinte. Il n'y a alors pas de preuve pour distinguer le karpef et l'esplanade. Toutefois il est raisonnable, puisque nous ne trouvons cela que pour le karpef, de ne pas apprendre l'annulation de l'enceinte d'habitation de l'esplanade et de la cour à partir du karpef. Et la question demande examen (tsarikh iyoun). Si sa plus grande partie a été plantée, le voici comme une cour, et c'est permis. Rav Yehouda a dit qu'Avimi a dit : et c'est à condition qu'ils soient disposés en itstabaot (rangées, comme des banquettes). Rav Nahman a dit : même s'ils ne sont pas disposés en itstabaot. Mar Yehouda se rendit chez Rav Houna bar Yehouda. Il vit qu'ils n'étaient pas disposés en itstabaot, et qu'on transportait parmi eux. Il lui dit : le maître ne tient-il pas ce qu'a dit Avimi ? Il lui dit : moi, je tiens comme Rav Nahman, qui a dit : même s'ils ne sont pas disposés en itstabaot. Et ainsi est la halakha.
💡 Explication

La Michna, lue telle quelle, fait dire à Rabbi Eliezer : si la longueur dépasse la largeur même d'une ama, on ne transporte pas. Une baraita lui fait dire : si la longueur dépasse le double de la largeur, même d'une ama. Rachi : le double reste permis, comme la cour du Tabernacle, cent sur cinquante, sans mise au carré. Au-delà, interdit.

Tossefot : on aurait pu dire que cette lecture rejoint Rabbi Akiva. La Guemara préfère opposer Rabbi Eliezer à lui-même, Michna contre baraita.

8
אמר רב ביבי בר אביי: כי תנן נמי מתניתין — [יתר על] פי שנים ברחבה תנן. אי הכי, היינו רבי יוסי?!

Rav Bibi bar Abaye a dit : quand nous l'avons enseigné dans la Michna aussi, c'est [plus du] double de sa largeur que nous avons enseigné. S'il en est ainsi, c'est la même chose que Rabbi Yosse ?!

📜 Rachi (1)
היינו רבי יוסי דאמר ארכה אפילו פי שנים ברחבה:
C'est la même chose que Rabbi Yosse, qui a dit : sa longueur, même le double de sa largeur.
🗂️ Tossefot (1)
אי הכי היינו ר' יוסי אף על גב דמעיקרא איכא למיפרך נמי היינו ר"ע מ"מ היינו רבי יוסי ליכא למיפרך:
S'il en est ainsi, c'est la même chose que Rabbi Yosse. Bien qu'au départ on puisse aussi objecter que c'est la même chose que Rabbi Akiva, on ne pouvait pas objecter que c'est la même chose que Rabbi Yosse.
💡 Explication

Rav Bibi bar Abaye accorde les deux textes : la Michna aussi vise un dépassement du double de la largeur. Les mots entre crochets dans le texte hébreu sont ceux que la Guemara rétablit dans la Michna.

Nouvelle difficulté : Rabbi Yosse dit déjà que le double est permis. Tossefot : avant cette lecture, on pouvait rapprocher Rabbi Eliezer de Rabbi Akiva. On ne pouvait pas encore le rapprocher de Rabbi Yosse. C'est pourquoi l'objection n'apparaît qu'ici.

9
איכא בינייהו ריבועא דריבעוה רבנן.

Il y a entre eux le carré dont les Sages ont fait le carré.

📜 Rachi (1)
איכא בינייהו ריבועא דריבעוה רבנן ר"א סבר ארכה יותר משנים ברחבה אין מטלטלין ומיהו עיקרה ארכה פי שנים ברחבה כדכתיב ולית ליה ריבועא ומיהו אי מרבעא לא מיתסרא בהכי כדקתני אם היה ארכה יותר משנים ברחבה אין מטלטלין הא בציר מפי שנים מטלטלין ורבי יוסי סבר מרובעת עיקר ולכתחילה אורויי מורינן הכי ומיהו אפילו ארכה פי שנים ברחבה שריא ומדקאמר אפי' מכלל דמעיקרא לאו הכי הוא:
Il y a entre eux le carré dont les Sages ont fait le carré. Rabbi Eliezer tient : si sa longueur dépasse le double de sa largeur, on ne transporte pas. Toutefois sa forme de base est une longueur double de la largeur, comme il est écrit, et il n'admet pas le carré. Toutefois, si elle est carrée, elle n'est pas interdite pour autant, comme on enseigne : si sa longueur dépassait le double de sa largeur, on ne transporte pas ; donc en deçà du double, on transporte. Rabbi Yosse tient que le carré est la forme de base, et en premier lieu c'est ainsi que l'on enseigne. Toutefois, même si sa longueur est le double de sa largeur, c'est permis. Du fait qu'il dit 'même', on déduit qu'au départ il en allait autrement.
🗂️ Tossefot (1)
איכא בינייהו רבועא דרבעוה רבנן פ"ה דרבי אליעזר בעי לכתחילה אורכה פי שנים ברחבה ורבי יוסי בעי לכתחילה מרובעת וקשיא דאין שייך כאן לכתחילה ודיעבד דאי כבר הוקף לכתחילה לכ"ע שרי ואם בא להקיף וכי נאמר לו שלא יקיף אלא למר כדאית ליה ולמר כדאית ליה ונראה כפירוש רבינו חננאל דפירש דרבעוה דרבנן היינו פלוגתא דמי שהוציאוהו (לקמן עירובין ד' מט:) דר' חנינא בן אנטיגנוס ורבנן גבי האומר שביתתי במקומי יש לו אלפים אמה לכל רוח עגולות דברי ר' חנינא בן אנטיגנוס וחכ"א מרובעות כטבלא מרובעת כדי שיהא נשכר לזויות והשתא לר"א אי ארכה יתר ע"פ שנים ברחבה אפילו באלכסון אין מטלטלין כרבי חנינא ורבי יוסי לטפויי קאתי וקאמר דמטלטלין:
Il y a entre eux le carré dont les Sages ont fait le carré. Selon Rachi, Rabbi Eliezer exige en premier lieu que la longueur soit le double de la largeur, et Rabbi Yosse exige en premier lieu le carré. Difficulté : il n'y a pas ici de premier lieu et d'après coup. Si l'enceinte est déjà faite, selon tous c'est permis. Et si l'on vient à entourer, lui dira-t-on de n'entourer que selon l'avis de chacun ? L'explication de Rabbeinou Hananel paraît juste. Il explique que le carré des Sages est le différend de 'celui qu'on a emmené dehors' (plus loin, Eruvin 49b), entre Rabbi Hanina ben Antigonos et les Sages, au sujet de celui qui dit : ma résidence est à ma place. Il a deux mille amot de chaque côté, circulaires, paroles de Rabbi Hanina ben Antigonos. Et les Sages disent : carrées, comme une tablette carrée, afin qu'il gagne les angles. Dès lors, selon Rabbi Eliezer, si la longueur dépasse le double de la largeur, même en diagonale, on ne transporte pas, comme Rabbi Hanina. Rabbi Yosse vient ajouter, et il dit qu'on transporte.
💡 Explication

L'écart entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yosse est le ribboua, le carré dont les Sages ont usé.

Rachi : pour Rabbi Eliezer, la forme de base est le double, comme le verset. Un carré, plus court que le double, reste permis. Pour Rabbi Yosse, la forme de base est le carré, et c'est ainsi qu'on enseigne d'abord ; le mot 'même' montre que le double reste permis.

Tossefot écarté cette lecture en premier lieu et après coup. Rabbeinou Hananel renvoie à Eruvin 49b : Rabbi Hanina ben Antigonos mesure le tehoum en cercle, les Sages en carré, et l'on gagne les angles. Rabbi Eliezer mesure la diagonale. Si elle dépasse le double de la largeur, même d'une ama, interdit. Rabbi Yosse mesure les côtés, et le rectangle de la cour reste permis.

🖼️ Schéma
Rabbi Yosse mesure les côtés. Rabbi Eliezer, la diagonale longueur = 2 x largeur comme 100 x 50 Rabbi Yosse : permis carré des Sages : on gagne les angles Rabbi Eliezer diagonale > 2 x largeur même d'une ama : interdit Lecture de Rabbeinou Hananel, reprise par Tossefot et le Roch. Rachi lit autrement : voir l'explication.
Même rectangle 2 pour 1 : permis sur les côtés selon Rabbi Yosse, jugé sur la diagonale selon Rabbi Eliezer.
10
רבי יוסי אומר כו׳. איתמר, אמר רב יוסף אמר רב יהודה אמר שמואל: הלכה כרבי יוסי. ורב ביבי אמר רב יהודה אמר שמואל: הלכה כרבי עקיבא.

Rabbi Yosse dit, etc. On a rapporté : Rav Yossef a dit que Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : la halakha est comme Rabbi Yosse.

Et Rav Bibi a dit que Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : la halakha est comme Rabbi Akiva.

📜 Rachi (2)
הלכה כרבי יוסי דלא בעי מרובעת:
La halakha est comme Rabbi Yosse : il n'exige pas qu'elle soit carrée.
והלכה כר' עקיבא דלא בעי מוקפת לדירה:
Et la halakha est comme Rabbi Akiva : il n'exige pas qu'elle soit entourée pour l'habitation.
💡 Explication

Deux chaînes au nom de Chmouel. Rav Yossef, au nom de Rav Yehouda : la halakha suit Rabbi Yosse, donc le carré n'est pas exigé. Rav Bibi, au nom de Rav Yehouda : la halakha suit Rabbi Akiva, donc une enceinte pour l'habitation n'est pas exigée.

11
ותרוייהו לקולא. וצריכא, דאי אשמעינן הלכה כרבי יוסי, הוה אמינא עד דאיכא שומירה או בית דירה. קא משמע לן הלכה כרבי עקיבא.

Et les deux, vers la permission (lekoula). Et c'est nécessaire.

Car si l'on nous avait seulement fait entendre que la halakha est comme Rabbi Yosse, j'aurais dit : jusqu'à ce qu'il y ait une chomira ou une maison d'habitation. Cela nous apprend que la halakha est comme Rabbi Akiva.

📜 Rachi (2)
ותרווייהו הנך שמעתתא דשמואל לקולא:
Et les deux : ces traditions de Chmouel, vers la permission.
הוה אמינא דשמואל דירה בעי כר"י בן בבא ובארכה יותר על רחבה כרבי יוסי סבר לה:
J'aurais dit : Chmouel exige une habitation, comme Rabbi Yehouda ben Bava, et pour une longueur supérieure à la largeur il tient comme Rabbi Yosse.
💡 Explication

Les deux décisions vont vers la permission, et chacune empêche une sévérité. Si l'on n'avait que Rabbi Yosse, on pourrait encore exiger une chomira ou une maison, comme Rabbi Yehouda ben Bava. La halakha de Rabbi Akiva écarté cette exigence : il ne retient que la mesure.

12
ואי אשמעינן הלכה כרבי עקיבא, הוה אמינא דאריך וקטין — לא. קא משמע לן הלכה כרבי יוסי.

Et si l'on nous avait seulement fait entendre que la halakha est comme Rabbi Akiva, j'aurais dit : long et étroit (arikh ve-katin), non. Cela nous apprend que la halakha est comme Rabbi Yosse.

📜 Rachi (1)
אריך וקטין לא דהא ר"ע מרובע בעי:
Long et étroit, non : car Rabbi Akiva exige le carré.
⚖️ Rosh (1)
גמ' חצר שפחותה מד' אמות וכו' מאי טעמא. אמר רבא מפני שאדם עשוי להסתפק סאתים מים בכל יום. בד' אמות אדם רוצה לזלפן פחות מד' שופכן. אז אי איכא עוקה שרי ואי לא אסור. פירוש שנעשה כשופך לרשות הרבים. רבי זירא אומר בארבע אמות תיימי מיא. בפחות מארבע אמות לא תיימי מיא ואזלי לרשות הרבים. מאי בינייהו. איכא בינייהו אריך וקטין. לרבא אסור כיון דקטינא לא מזלפי. לר' זירא כיון דאריכא תיימי ביה מיא. נראה לי דהלכה כר"ז ירא דמתני' דייק כוותיה. מדקתני חצר שפחותה מארבע אמות ולא קתני חצר שאין בה ד' אמות על ד' אמות. הלכך אפילו אריך וקטין ובלבד שיחזיק בריבוע ד' אמות על ד' אמות. אבל רב האי והראב"ד ור"ח ז"ל כתבו דכשיש בו אורך ד' אמות אע"פ שאין ברחבו ד' אמות. וסברא דרש"י נראה לי עיקר. דעל כרחך צריך ליתך שיעור ברוחב. דלא מסתבר דבאורך ד' אמות ברוחב טפח תיימי סאתים מים. ועוד דלישנא דאריך וקטין משמע כפי' רש"י דלפירושם הו"ל למימר איכא בינייהו שאין ברחבו ד'. אבל לישנא דאריך וקטין משמע ששיעור הקרקע שוה לשניהם אלא למר בעינן מרובע ולמר אפילו אריך וקטין וכן אריך וקטין דאמרינן גבי גינה וקרפף בפ' עושין פסין (עירובין דף כג:): וחכמים אומרים אפילו גג או חצר כו'. תנא במה דברים אמורים בימות החמה אבל בימות הגשמים שופך ושונה ואינו נמנע. רש"י פי' דאעוקה קאי. והא דקבעה בעל הגמרא בתר מתניתין דביב ולא קבעה אעוקה. משום דפריך עלה משופכין. ורבינו תם ז"ל פי' דקאי אלא ישפוך על פי הביב והא דקאמר והא שופכין משום דרגילין לשפוך בביב שופכין מאוסין. מ"ט אדם רוצה שיבלעו מים במקומם. ולמאי ניחוש אי משום קלקול חצירו הא מתקלקלא וקיימא. ואי משום שמא יאמרו צנורו של פלוני מקלח מים בשבת. סתם צנורות בימות הגשמיס מקלחים הם. אמר רב נחמן בימות הגשמים עוקה מחזקת סאתים נותנים לה סאתים. סאה נותנים לה סאה. בימות החמה מחזקת סאתים נותנין לה סאתים. סאה אין נותנים לה כל עיקר גזירה דלמא אתי למיעבד בה סאתים. אי הכי בימות הגשמים נמי נגזור. התם למאי ניחוש לה. אי משום קלקול חצר הא מקלקלא וקיימא. אי משום שמא יאמרו צנורו של פלוני מקלח מים בשבת. סתם צנורות מקלחין הן מים בשבת. אמר אביי הלכך אפילו כור ואפילו כוריים שרי. אביי קאי אהאי דקאמר בימות הגשמים נמי בבית סאה נגזור דלמא אתי למיעבד בה סאתים ומשני דבימות הגשמים ליכא למיגזר ועלה קאמר אביי כיון דליכא למיגזר אפילו כור או כוריים שרי ליתן בבית סאה. וליכא לפרושי דאביי בעוקה בית סאתים קאמר. דהא רב נחמן גופיה אפילו כור אפילו כוריים שרי כמו שפרש"י דהא דקאמר רב נחמן עוקה מחזקת סאתים נותנים בה סאתים על כרחך בית סאתים לאו דוקא והוא הדין טובא. דאי בית סאתים דוקא א"כ אין חילוק בין בית סאתים לבית סאה דלתרוייהו אין שופכין אלא שיעור העוקה ואמאי נקט במתני' מחזקת סאתים. הלכך אבית סאה קאי וקאמר דבימות הגשמים נותן בה אפילו כור ואפילו כוריים כיון דליכא למיחש למידי. ומסתברא אפילו בלא עוקה נמי כיון דליכא למיחש למידי דבית סאה לא מעלה ולא מוריד דאין זה שיעור שנתנו חכמים לעוקה. וכן משמע לישנא דברייתא במה דברים אמורים שהצריכו חכמים עוקה בימות החמה אבל בימות הגשמים שופך ושונה ואינו נמנע אף בלא עוקה. והלכתא כאביי דבתראה הוא וגם מסתבר טעמיה. והרמב"ם ז"ל פט"ו לא כתב כן: וכן שתי דיוטאות אמר רבא. לא שנו אלא שלא עירבו אבל עירבו מותרין. וכי לא עירבו אמאי אסורין. אמר רב אשי גזירה דלמא אתו לטלטולי מאני דבתים לחצר. וא"ת בלא עירבו תרוייהו ליתסרו. וי"ל דמיירי בשאינן שופכין ממש לתוך העוקה בחצר אלא שופכין על הדיוטא והן יורדין לעוקה. ואע"ג דאז הוה כחו בחצר שאינה מעורבת. לא אסרו חכמים אלא כחו בכרמלית אבל כחו בחצר שאינה מעורבת לא אסרו כלל וכן פסק רשב"ם דמותר לשפוך מים בחצירו אע"פ שהולכין לרשות אחרת שאינה מעורבת: הדרן עלך כיצד משתתפין
Guemara. Une cour moindre de quatre amot, etc. Quelle est la raison ? Rava a dit : parce qu'un homme a coutume de consommer deux se'a d'eau chaque jour. Sur quatre amot, l'homme veut les asperger. En deçà de quatre, il les verse. Alors, s'il y a une fosse (ouka), c'est permis ; sinon, c'est interdit. Explication : il devient comme celui qui verse vers le domaine public. Rabbi Zeira dit : sur quatre amot, l'eau est absorbée. En deçà de quatre amot, l'eau n'est pas absorbée, et elle va vers le domaine public. Quelle est la différence entre eux ? L'écart est le long et l'étroit. Selon Rava, c'est interdit, puisque c'est étroit, on n'asperge pas. Selon Rabbi Zeira, puisque c'est long, l'eau y est absorbée. Il me semble que la halakha est comme Rabbi Zeira, car la Michna est précise dans son sens. Du fait qu'elle enseigne une cour moindre de quatre amot, et qu'elle n'enseigne pas une cour qui n'a pas quatre amot sur quatre amot. Par conséquent, même long et étroit, pourvu qu'il contienne en carré quatre amot sur quatre amot. Mais Rav Haï, le Raavad et Rabbeinou Hananel, de mémoire bénie, ont écrit : dès qu'il y a en lui une longueur de quatre amot, même si sa largeur n'est pas de quatre amot. Le raisonnement de Rachi me paraît principal. Car il faut de toute façon donner une mesure en largeur. Il n'est pas raisonnable que, sur une longueur de quatre amot et une largeur d'un tefah, deux se'a d'eau soient absorbées. De plus, la tournure 'long et étroit' implique comme l'explication de Rachi. Selon leur explication, il aurait fallu dire : l'écart entre eux est qu'il n'y a pas quatre en largeur. La tournure 'long et étroit' implique que la mesure du sol est égale pour les deux, sauf que l'un exige le carré, et l'autre même le long et l'étroit. Et de même le 'long et étroit' que nous disons au sujet du jardin et du karpef, dans le chapitre Osin passin (Eruvin 23b). Et les Sages disent : même un toit ou une cour, etc. Un tanna a enseigné : quand ces paroles sont-elles dites ? Aux jours d'été. Mais aux jours de pluie, on verse, on recommence, et l'on ne s'abstient pas. Rachi a expliqué que cela porte sur la fosse. Et si l'auteur de la Guemara l'a fixé après la michna du caniveau (biv), et non sur la fosse : c'est parce qu'il objecte à partir des égouts (chofkhin). Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, a expliqué que cela porte sur : qu'il verse plutôt à l'embouchure du caniveau. Et ce qu'il dit 'mais les égouts' : parce qu'on a coutume de verser dans le caniveau des eaux usées. Quelle est la raison ? L'homme veut que les eaux soient absorbées sur place. Et de quoi se méfier ? Si c'est à cause de l'altération de sa cour, elle est déjà altérée. Si c'est de peur qu'on dise : le tuyau d'un tel déverse de l'eau le Chabbat, les tuyaux ordinaires, aux jours de pluie, déversent. Rav Nahman a dit : aux jours de pluie, une fosse qui contient deux se'a, on lui donne deux se'a. Une se'a, on lui donne une se'a. Aux jours d'été, une fosse qui contient deux se'a, on lui donne deux se'a. Une se'a, on ne lui donne rien du tout, décret de peur qu'on en vienne à y mettre deux se'a. S'il en est ainsi, aux jours de pluie aussi, décrétons. Là-bas, de quoi se méfier ? Si c'est à cause de l'altération de la cour, elle est déjà altérée. Si c'est de peur qu'on dise : le tuyau d'un tel déverse de l'eau le Chabbat, les tuyaux ordinaires déversent de l'eau le Chabbat. Abaye a dit : par conséquent, même un kor, et même deux kor, c'est permis. Abaye porte sur ceci, qu'on a dit : aux jours de pluie aussi, pour un beit se'a, décrétons, de peur qu'on en vienne à y mettre deux se'a. Et l'on répond qu'aux jours de pluie il n'y a rien à décréter. Là-dessus Abaye dit : puisqu'il n'y a rien à décréter, même un kor ou deux kor, il est permis de verser dans un beit se'a. Et l'on ne peut pas expliquer qu'Abaye parle d'une fosse d'un beit se'atayim. Car Rav Nahman lui-même permet même un kor, même deux kor, comme Rachi l'a expliqué. Ce que Rav Nahman a dit, une fosse qui contient deux se'a, on y donne deux se'a : de toute façon 'deux se'a' n'est pas à prendre au pied de la lettre, et il en va de même pour davantage. Si 'deux se'a' était exact, il n'y aurait pas de différence entre un beit se'atayim et un beit se'a, puisque pour les deux on ne verse que la mesure de la fosse. Pourquoi la Michna retient-elle 'qui contient deux se'a' ? Par conséquent cela porte sur un beit se'a, et il dit qu'aux jours de pluie on y verse même un kor et même deux kor, puisqu'il n'y a rien à craindre. Il est raisonnable même sans fosse, puisqu'il n'y a rien à craindre. Un beit se'a ne change rien : les Sages ont fixé pour la fosse une autre mesure. Ainsi l'implique la tournure de la baraita : quand ces paroles sont-elles dites, que les Sages ont exigé une fosse ? Aux jours d'été. Mais aux jours de pluie, on verse, on recommence, et l'on ne s'abstient pas, même sans fosse. La halakha est comme Abaye, car il est le dernier, et sa raison est aussi raisonnable. Le Rambam, de mémoire bénie, au chapitre 15, n'a pas écrit ainsi. Et de même deux balcons (deyotaot), Rava a dit. On n'a enseigné cela que lorsqu'ils n'ont pas fait d'erouv. S'ils ont fait un erouv, ils sont permis. Et lorsqu'ils n'ont pas fait d'erouv, pourquoi sont-ils interdits ? Rav Achi a dit : décret de peur qu'on en vienne à transporter les ustensiles des maisons vers la cour. Et si tu dis : sans erouv, les deux devraient être interdits. On peut répondre que le cas est celui où ils ne versent pas directement dans la fosse de la cour, mais ils versent sur le balcon, et les eaux descendent vers la fosse. Bien qu'alors sa force (koho) soit dans une cour qui n'est pas jointe par un erouv, les Sages n'ont interdit que sa force dans une karmelit. Sa force dans une cour non jointe, ils ne l'ont pas interdite. Ainsi a tranché le Rachbam : il est permis de verser de l'eau dans sa cour, même si les eaux vont vers un autre domaine qui n'est pas joint. Nous reviendrons à toi, Keitsad mishtatfin.
💡 Explication

L'autre tradition est nécessaire dans l'autre sens. Avec seule la halakha de Rabbi Akiva, qui exige le carré, un enclos long et étroit resterait interdit. La halakha de Rabbi Yosse le permet, jusqu'au double de la largeur.

Les deux ensemble : pas d'exigence de chomira, et pas d'exigence de carré.

13
קרפף שהוא יותר מבית סאתים שהוקף לדירה, נזרע רובו הרי הוא כגינה, ואסור.

Un karpef qui dépasse un beit se'atayim et qui a été entouré pour l'habitation : si sa plus grande partie a été semée, le voici comme un jardin, et c'est interdit.

📜 Rachi (1)
נזרע רובו בזרעונים ביטל דירתו דבזרעונים לא דיירי אינשי והוה ליה גינה ואסור לטלטל אף בשאינו נזרע דבטיל ליה לגבי רובא אבל בנוטע אילנות לא ביטל דירתו דאורחא להסתופף בצל אילנות תמיד:
Sa plus grande partie a été semée : en céréales (zeronim). Il a annulé son habitation, car on ne séjourne pas parmi les céréales. Cela devient un jardin, et il est interdit de transporter même dans la partie non semée, car elle s'annulé au regard de la majorité. Mais en plantant des arbres, il n'a pas annulé son habitation, car on a coutume de séjourner à l'ombre des arbres en permanence.
💡 Explication

Un karpef plus grand qu'un beit se'atayim, clos dès l'origine pour l'habitation, permet le transport quelle que soit sa taille. Si ensuite la majorité est semée en céréales, l'habitation tombe. L'ensemble est jugé comme un jardin : interdit, y compris la partie restée nue, annulée par le rov.

14
נטע רובו הרי הוא כחצר, ומותר.

Si sa plus grande partie a été plantée, le voici comme une cour, et c'est permis.

💡 Explication

Des arbres ne font pas tomber l'habitation : on séjourne à leur ombre. Le karpef reste une cour, et le transport y est permis.

15
נזרע רובו, אמר רב הונא בריה דרב יהושע: לא אמרן אלא יותר מבית סאתים. אבל בית סאתים — מותר.

Si sa plus grande partie a été semée, Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit : nous n'avons dit cela que pour plus d'un beit se'atayim. Mais un beit se'atayim, c'est permis.

📜 Rachi (2)
אלא שיש באותו מקום זריעה יותר מבית סאתים דנעשה כרמלית דקרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה כרמלית היא ושאינו נזרע הוי חצר פרוצה במלואה לכרמלית לפיכך כולו אסור:
Seulement : qu'il y ait dans ce lieu de semis plus d'un beit se'atayim. Cela devient une karmelit. Car un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation est une karmelit. Et la partie non semée est une cour ouverte sur toute sa face vers une karmelit. C'est pourquoi le tout est interdit.
אבל בית סאתים דבלאו דירה שרי באנפי נפשיה הכא נמי שרי ואף על גב דמקום זריעה הוי קרוי קרפף ושאינו נזרע הוי חצר ופרוצין זה לזה שאין מחיצה ביניהן אפילו הכי לא אסרי אהדדי הואיל ודחד גברא הוא ורבי שמעון היא דאמר רשות קרפף וחצר לא אסרי אהדדי אפילו היא של ב' בעלי בתים:
Mais un beit se'atayim : même sans habitation, il est permis en lui-même. Ici aussi, c'est permis. Et bien que le lieu du semis soit appelé karpef, et que le non-semé soit une cour, et qu'ils soient ouverts l'un sur l'autre puisqu'il n'y a pas de cloison entre eux, même ainsi ils ne s'interdisent pas l'un l'autre, puisque cela appartient à un seul homme. Et c'est l'avis de Rabbi Chimon, qui a dit : le domaine du karpef et la cour ne s'interdisent pas l'un l'autre, même s'ils appartiennent à deux maîtres de maison.
💡 Explication

Rav Houna fils de Rav Yehochoua borne l'interdit. On ne l'a dit que lorsque le semis dépasse un beit se'atayim. Cette surface semée, sans habitation, est une karmelit. La partie nue, ouverte en plein sur elle, est interdite avec elle.

À la mesure exacte d'un beit se'atayim, le semis reste permis de lui-même. Cour et karpef ouverts l'un sur l'autre ne s'interdisent pas, selon Rabbi Chimon.

16
כמאן? כרבי שמעון. דתנן, רבי שמעון אומר: אחד גגות ואחד חצירות ואחד קרפיפות רשות אחת הן לכלים ששבתו בתוכן, ולא לכלים ששבתו בתוך הבית.

Selon qui ? Selon Rabbi Chimon.

Car nous avons appris : Rabbi Chimon dit : les toits, les cours et les karpefot, c'est un seul domaine pour les ustensiles qui y ont passé le Chabbat, et non pour les ustensiles qui ont passé le Chabbat dans la maison.

📜 Rachi (1)
כדתנן רבי שמעון אומר אחד חצרות ואחד קרפיפות ואחד גגות רשות אחד הן לטלטל מזה לזה לכלים ששבתו בתוכן ואפילו הן של בעלים הרבה אבל לא לכלים ששבתו בתוך הבית והוציאן לחצר אסור להוציאן מחצר לקרפף או לגג דבית וקרפף שתי רשויות הן ואפילו דחד גברא:
Comme nous avons appris, Rabbi Chimon dit : les cours, les karpefot et les toits sont un seul domaine. Pour transporter de l'un à l'autre, pour les ustensiles qui y ont passé le Chabbat, même s'ils appartiennent à plusieurs propriétaires. Mais pour les ustensiles qui ont passé le Chabbat dans la maison et qu'on a sortis vers la cour, il est interdit de les sortir de la cour vers le karpef ou vers le toit. Car la maison et le karpef sont deux domaines, même d'un seul homme.
💡 Explication

La permission du beit se'atayim semé suit Rabbi Chimon. Toits, cours et karpefot forment une seule rechout pour les ustensiles qui s'y trouvaient à l'entrée du Chabbat. Les ustensiles sortis de la maison ne passent pas de la cour au karpef : maison et karpef restent deux domaines.

17
לרבי שמעון נמי, כיון דנזרע רובו — הוי ההוא מעוטא

Selon Rabbi Chimon aussi : dès lors que la plus grande partie a été semée, cette minorité

🗂️ Tossefot (2)
[נזרע רובו ונראה לר"ח דדוקא קרקע יותר מבית סאתים אבל בבית סאתים אפילו נזרע כולו לא בטלי דירתו דהא לר' יהודה בן בבא דמחמיר בנזרע כולו מודה דמהני לגינה שומירה אע"ג דסתם גינה היא כולה זרועה ומיהא מיבעיא ליה ביתר מבית סאתים אם ביטל דירתו אף בדיר וסהר ומוקצה דשמא לפי שתשמישו רב אינו מתבטל משום זריעה כי גם לרש"י צריך לחלק בין דיר וסהר ומוקצה וחצר לקרפף]:
Sa plus grande partie a été semée. Il semble à Rabbeinou Hananel que cela vise précisément un terrain de plus d'un beit se'atayim. Mais dans un beit se'atayim, même si le tout a été semé, il n'a pas annulé son habitation. Car même Rabbi Yehouda ben Bava, qui est sévère quand le tout est semé, admet qu'une chomira sert pour un jardin, bien qu'un jardin ordinaire soit entièrement semé. Toutefois il demande, pour plus d'un beit se'atayim, s'il a annulé son habitation même dans un parc, un enclos et une esplanade (dir, sahar et mouktse). Peut-être, parce que son usage est abondant, ne s'annulé-t-il pas à cause du semis. Car même selon Rachi il faut distinguer le parc, l'enclos, l'esplanade et la cour, d'avec le karpef.
לרבי שמעון כיון דנזרע רובו ה"ל מיעוט בטל נראה דמכ"ש פריך לגבי רוב דמדקאמר נזרע רובו והיינו ביתר מבית סאתים משמע הא מיעוטו שרי אפילו ביתר מבית סאתים היינו משום דבטל לגבי רובו אפילו לקולא כל שכן היכא דרובא נזרע אפילו בית סאתים דנימא דבטל לגבי רובא לחומרא:
Selon Rabbi Chimon, dès lors que la plus grande partie a été semée, la minorité est annulée. Il semble qu'il objecte à plus forte raison au sujet de la majorité. Du fait qu'il a dit 'la plus grande partie a été semée', et cela vise plus d'un beit se'atayim, on déduit que sa minorité est permise même au-delà d'un beit se'atayim. C'est parce qu'elle s'annulé au regard de sa majorité, même vers la permission. À plus forte raison, là où la majorité est semée, même pour un beit se'atayim, dira-t-on qu'elle s'annulé au regard de la majorité, vers la sévérité.
💡 Explication

L'objection commence ici, et la phrase s'achève au daf suivant. Même selon Rabbi Chimon, si la majorité est semée, la minorité non semée s'annulé dans cette majorité.

Tossefot lit l'objection comme un kal va-homer. Si une minorité semée s'annulé dans la majorité nue, même pour permettre, alors une majorité semée devrait annuler le reste, même pour interdire, y compris à la mesure d'un beit se'atayim. Rabbeinou Hananel borne la chute de l'habitation au-delà du beit se'atayim : en deçà, même un semis total laisse place à la chomira, comme pour un jardin.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).