Eruvin 24a - Karpef semé ou planté, brèche de plus de dix amot, eau comme plantations

Eruvin 24a

Sougya : Le daf reprend le karpef plus grand qu'un beit se'atayim. Une majorité semée annule le reste et interdit le transport ; une minorité semée reste permise, selon deux mesures : les Rabbins interdisent dès qu'elle atteint un beit se'atayim, Rav Yirmeya de Difti, avec Rabbi Chimon, seulement au-delà.

Une majorité plantée en fait une cour : Avimi exige des itstabaot, Rav Nahman s'en passe. Pour un karpef qui n'a pas été entouré pour l'habitation, Chmouel fait percer une brèche de plus de dix amot, puis la ramener à dix ; la brèche ama par ama est éclaircie par le parallèle de la sandale, les faces nouvelles.

La rehava derrière les maisons ne se transporte que sur quatre amot, sauf ouverture faite avant l'enceinte. L'eau qui remplit un karpef d'habitation est, au nom de Rava, comme des plantations, et le transport y est permis.

Minorité semée dans un karpef plus grand qu'un beit se'atayim La majorité semée annule le reste : tout le karpef est interdit. La question porte sur la minorité semée. Version retenue : les Rabbins Rav Yirmeya de Difti : Rabbi Chimon Minorité semée inférieure à un beit se'atayim Permis : elle s'annule Minorité semée égale à un beit se'atayim Permis : seul, ce karpef est permis Minorité semée égale à un beit se'atayim Interdit : deux domaines ouverts l'un sur l'autre s'interdisent Minorité semée supérieure à un beit se'atayim Interdit : karmelit Rabbi Chimon l'accorde Majorité semée, même en deçà d'un beit se'atayim Là partie nue s'annule dans le semis. Le tout est un jardin. L'enceinte pour l'habitation ne sert plus. Transport interdit.
Deux lectures de la minorité semée : les Rabbins dès un beit se'atayim, Rabbi Chimon seulement au-delà.
Refaire l'enceinte pour l'habitation Karpef de plus d'un beit se'atayim, non entouré pour l'habitation. Chmouel, rapporté par Rav Nahman. 1. État initial Cloisons closes. Pas faites pour l'habitation. Quatre amot seulement → 2. Brèche Plus de dix amot. Les cloisons tombent. Dix amot = une ouverture → 3. On rebouche On ramène l'ouverture à dix. C'est un petah. Le surplus est reclôture 4 Enceinte pour la demeure Permis Ama par ama, jusqu'à plus de dix On perce une ama et on la reclôt aussitôt, puis l'ama voisine, jusqu'à dépasser dix. Question : l'enceinte nouvelle compte-t-elle, faute d'avoir été faite d'un coup ? Le Roch conclut que cela vaut, par les faces nouvelles de la sandale.
Brèche de plus de dix amot, puis retour à dix : l'enceinte devient une enceinte d'habitation.
Ce qui occupe le karpef d'habitation Occupation Statut Transport Semis, majorité Comme un jardin. L'habitation tombe. Interdit Arbres, majorité itstabaot : Avimi Comme une cour. Rav Nahman : même sans rangées. Avimi : rangées, agréables à s'y tenir Permis Eau Les maîtres : comme des semis. Rava : comme des plantations. Permis, selon Rava
Semis majoritaire : interdit. Plantation majoritaire : permis. Eau : Rava l'aligne sur les plantations.
1
בטיל ליה לגבי רובה, והוה ליה קרפף יותר מבית סאתים — ואסור.

il s'annule vis-à-vis de la majorité, et il devient un karpef de plus d'un beit se'atayim, et c'est interdit.

📜 Rachi (2)
בטיל לגבי רובה והוי כאילו נזרע כולו:
Il s'annule vis-à-vis de la majorité : c'est comme si le tout avait été semé.
והוה ליה קרפף יותר מבית סאתים ואע"ג דהוקף לדירה חשוב כלא הוקף לדירה דהא הוי כולו גינה ובגינה לא מהני הוקף לדירה:
Et il devient un karpef de plus d'un beit se'atayim : bien qu'il ait été entouré pour l'habitation, il compte comme s'il n'avait pas été entouré pour l'habitation, car le tout est devenu un jardin, et pour un jardin l'enceinte pour l'habitation ne sert à rien.
💡 Explication

Suite du daf précédent. Même selon Rabbi Chimon, si la majorité du karpef est semée, la minorité non semée s'annule dans cette majorité. Le tout est alors un karpef semé, plus grand qu'un beit se'atayim, et le transport y est interdit.

Rachi : l'enceinte faite pour l'habitation ne tient plus, dès lors que l'endroit est devenu un jardin. Pour un jardin, cette enceinte ne sert à rien.

2
אלא אי איתמר הכי איתמר: הא מיעוטא — שרי. אמר רב הונא בריה דרב יהושע: לא אמרן אלא דלא הוי בית סאתים, אבל בית סאתים — אסור.

Plutôt, si cela a été enseigné, voici comment cela a été enseigné : la minorité, c'est permis. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : nous ne l'avons dit que lorsqu'il n'y a pas un beit se'atayim ; mais un beit se'atayim, c'est interdit.

📜 Rachi (2)
דלא הוי ההוא מיעוט דנזרע בית סאתים דלא חשיב להבדל מן החצר ולהקרות לו שם לבדו:
Lorsqu'il n'y a pas : cette minorité semée n'est pas un beit se'atayim, si bien qu'elle ne compte pas assez pour se séparer de la cour et pour recevoir un nom à elle seule.
אבל בית סאתים נקרא קרפף שלא הוקף לדירה ואע"ג דאילו הוה באנפי נפשיה כבית סאתים לא מיתסר הכא דנפרץ לחצר וחצר נפרצה לו קיימא לן דאסור לטלטל מקרפף לחצר דהוי רשות הנפרצה למקום האסור לה ואוסרין הרשויות זו לזו ואין מטלטלין לא בזה ולא בזה:
Mais un beit se'atayim : on l'appelle un karpef qui n'a pas été entouré pour l'habitation. Bien que, s'il était à part, à la mesure d'un beit se'atayim, il ne serait pas interdit, ici, puisqu'il est ouvert sur la cour et que la cour est ouverte sur lui, nous tenons qu'il est interdit de transporter du karpef vers la cour. C'est un domaine ouvert sur un endroit qui lui est interdit. Les domaines s'interdisent l'un l'autre, et l'on ne transporte ni dans l'un ni dans l'autre.
🗂️ Tossefot (1)
לא אמרן אלא דלא הוי בית סאתים אע"ג דלרבנן קרפף פחות מבית סאתים דינו כקרפף בית סאתים לטלטל ממנו לחצר משום דאין סברא שיהו שלשה חילוקים בשלשה משהויין הכא לא אסר מיעוט הנזרע לרוב שאינו נזרע במה שפרוץ לו במלואו דכיון שהוא פחות מבית סאתים לא חשיב ובטל לגבי רוב שאינו נזרע אבל בית סאתים חשיב טפי ולא בטיל ובנזרע רובו אפי' לא הוי בית סאתים אסור דבטיל לגבי רובו והוה כנזרע כולו:
Nous ne l'avons dit que lorsqu'il n'y a pas un beit se'atayim. Bien que, pour les Rabbins, un karpef moindre qu'un beit se'atayim ait le même statut qu'un karpef d'un beit se'atayim pour transporter de lui vers la cour, parce qu'il n'y a pas de raison d'avoir trois distinctions pour trois mesures, ici la minorité semée n'interdit pas la majorité non semée du fait qu'elle est ouverte sur elle en plein. Puisqu'elle est moindre qu'un beit se'atayim, elle ne compte pas, et elle s'annule vis-à-vis de la majorité non semée. Mais un beit se'atayim compte davantage, et il ne s'annule pas. Et si la majorité est semée, même si elle n'atteint pas un beit se'atayim, c'est interdit, car cela s'annule vis-à-vis de sa majorité, et c'est comme si le tout était semé.
💡 Explication

La Guemara reprend l'enseignement. Ce qui est permis, c'est le cas de la minorité semée. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, borne cette permission : là partie semée doit rester en deçà d'un beit se'atayim. À cette mesure, elle a un nom propre.

Rachi : seule, une surface d'un beit se'atayim serait permise. Ouverte en plein sur la cour, elle devient un domaine ouvert sur un endroit interdit, et les deux rechouyot s'interdisent.

Tossefot : pour les Rabbins, en deçà du beit se'atayim et à sa mesure, le transport vers la cour suit la même règle. Ici, en deçà, la minorité semée s'annule dans la majorité nue. À la mesure exacte, elle ne s'annule plus. Si c'est la majorité qui est semée, l'interdit tient même en deçà de cette mesure.

3
כמאן? כרבנן.

Selon qui ? Selon les Rabbins.

📜 Rachi (2)
כמאן אמרינן דשתי רשויות נינהו:
Selon qui : disons-nous qu'il s'agit de deux domaines ?
כרבנן דפליגי עליה דר"'ש בפ' כל גגות (עירובין דף פט.) ואמרי כל חד וחד רשות לעצמו ואע"ג דליכא דיורין בהו דליסרו אהדדי אין מטלטלין מזה לזה:
Selon les Rabbins, qui divergent d'avec Rabbi Chimon au chapitre Kol Gagot (Eruvin 89a). Ils disent que chacun est un domaine à part. Bien qu'il n'y ait pas en eux d'habitants qui s'interdiraient l'un l'autre, on ne transporte pas de l'un à l'autre.
💡 Explication

L'interdit, dès qu'une minorité semée atteint un beit se'atayim, suit les Rabbins. Cour et karpef sont deux domaines distincts, même sans habitants qui s'interdiraient. On ne transporte pas de l'un à l'autre.

4
ורב ירמיה מדיפתי מתני לקולא: הא מיעוטא — שרי, אמר רב הונא בריה דרב יהושע: לא אמרן אלא בית סאתים, אבל יותר מבית סאתים — אסור. כמאן? כרבי שמעון.

Et Rav Yirmeya de Difti l'enseigne dans le sens indulgent : la minorité, c'est permis. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : nous ne l'avons dit que pour un beit se'atayim ; mais plus d'un beit se'atayim, c'est interdit.

Selon qui ? Selon Rabbi Chimon.

📜 Rachi (1)
לקולא דאפילו המיעוט בית סאתים דמיקרי קרפף כיון דבאנפי נפשיה שרי השתא נמי שרי ולא אסרי אהדדי דאילו היה מחיצה ביניהן הוה שרי לטלטולי מזה לזה כר"'ש והשתא דנפרצו זה לזה לא נפרצו לרשות האסור לה אבל יותר מבית סאתים נעשה כרמלית ובהא אפילו ר"ש מודה דאין מטלטלין מחצר לקרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה והכא דנפרצו זה לזה הרי כל אחד נפרץ למקום האסור לו:
Dans le sens indulgent : même si la minorité est un beit se'atayim, ce qui porte le nom de karpef, puisque à part c'est permis, maintenant aussi c'est permis, et ils ne s'interdisent pas l'un l'autre. Car s'il y avait une cloison entre eux, il serait permis de transporter de l'un à l'autre selon Rabbi Chimon ; et maintenant qu'ils sont ouverts l'un sur l'autre, ils ne sont pas ouverts sur un domaine qui leur est interdit. Mais plus d'un beit se'atayim devient une karmelit. Là-dessus, même Rabbi Chimon accorde qu'on ne transporte pas d'une cour vers un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation. Et ici, puisqu'ils sont ouverts l'un sur l'autre, chacun est ouvert sur un endroit qui lui est interdit.
💡 Explication

Rav Yirmeya de Difti lit le même enseignement avec indulgence. La minorité semée reste permise même à la mesure d'un beit se'atayim. L'interdit commence seulement au-delà.

Cette lecture suit Rabbi Chimon : à la mesure d'un beit se'atayim, cour et karpef ne s'interdisent pas. Au-delà, le karpef non entouré pour l'habitation est une karmelit. Rabbi Chimon l'accorde : chacun est alors ouvert sur un endroit interdit.

5
נטע רובו — הרי הוא כחצר, ומותר. אמר רב יהודה אמר אבימי: והוא שעשויין אצטבלאות. ורב נחמן אמר: אף על פי שאין עשויין אצטבלאות.

Si l'on en a planté la plus grande partie, le voici comme une cour, et c'est permis. Rav Yehouda a dit qu'Avimi a dit : et c'est à condition qu'ils soient disposés en itstabaot.

Et Rav Nahman a dit : même s'ils ne sont pas disposés en itstabaot.

📜 Rachi (1)
איצטבלאות נטועין שורות שורות ונאה לשבת שם:
Itstabaot : plantés rangée par rangée, et il est agréable de s'y tenir.
💡 Explication

La baraita : une majorité plantée laisse le karpef au statut de cour. Le transport est permis. Avimi, rapporté par Rav Yehouda, exige des itstabaot, des rangées où l'on peut se tenir. Rav Nahman permet même sans cet ordre.

6
מר יהודה אקלע לבי רב הונא בר יהודה. חזנהו להנהו דלא עבידי אצטבלאות, וקא מטלטלי בגוייהו. אמר ליה: לא סבר לה מר להא דאבימי? אמר ליה: אנא כרב נחמן סבירא לי.

Mar Yehouda arriva chez Rav Houna bar Yehouda. Il vit ceux-là, qui n'étaient pas disposés en itstabaot, et l'on transportait parmi eux.

Il lui dit : le maître ne tient-il pas cela d'Avimi ? Il lui dit : moi, je tiens comme Rav Nahman.

📜 Rachi (1)
לבי רב הונא ויותר מבית סאתים הוה והוקף לדירה וניטע אחרי כן:
Chez Rav Houna : c'était plus d'un beit se'atayim, entouré pour l'habitation, et planté ensuite.
💡 Explication

Fait rapporté. Chez Rav Houna bar Yehouda, le karpef dépasse un beit se'atayim, il a été entouré pour l'habitation, puis planté, sans itstabaot. On y transporte. Rav Houna suit Rav Nahman.

7
אמר רב נחמן אמר שמואל: קרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה, כיצד הוא עושה? פורץ בו פירצה יותר מעשר, וגודרו ומעמידו על עשר, ומותר.

Rav Nahman a dit que Chmouel a dit : un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation, que fait-il ? Il y perce une brèche de plus de dix, il la clôt et la ramène à dix, et c'est permis.

📜 Rachi (2)
קרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה ואחרי כן בנה אצלו דירה ואמרי' לקמן הוקף שלא לדירה ולבסוף פתח לו פתח דירת ביתו לא מהני:
Un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation : et ensuite il a bâti une demeure à côté. Nous disons plus loin : s'il a été entouré sans viser l'habitation, et qu'ensuite on lui a ouvert une ouverture de la demeure de sa maison, cela ne sert à rien.
כיצד הוא עושה פורץ לו פרצה יותר מעשר דהוי כמי שאין בו מחיצות וגודר וסותם אותה פירצה ומעמידה על עשר והוי כפתח ולבסוף הוקף לדירה שנפתחה לו דלעולם בעינן שיגדור יותר מעשר אמות דאי פריץ עשר לבד וגדרה לא חשיב ההוא היקף לשם דירה אלא כמי שעשה פתח דעד עשר לעולם הוי פתח:
Que fait-il ? Il lui perce une brèche de plus de dix : c'est comme s'il n'y avait pas de cloisons. Il clôt et bouche cette brèche, et la ramène à dix : c'est comme une ouverture, et ensuite l'enceinte est pour l'habitation qui s'est ouverte sur lui. Car il faut toujours qu'il clore plus de dix amot. S'il n'a percé que dix et qu'il l'a reclôturée, cette enceinte ne compte pas comme faite pour l'habitation : c'est comme quelqu'un qui a fait une ouverture, car jusqu'à dix c'est toujours une ouverture.
💡 Explication

Un karpef trop grand, dont l'enceinte n'a pas été faite pour l'habitation, ne devient pas habitable par une ouverture percée après coup. Chmouel donne le procédé : une brèche de plus de dix amot annule les cloisons. On rebouche l'excédent et l'on laisse dix amot : c'est un petah, une ouverture. L'enceinte nouvelle est faite pour la demeure, et le transport est permis.

Rachi : une brèche de dix amot seulement reste une ouverture. La reclore ne refait pas l'enceinte au nom de l'habitation.

🖼️ Schéma
Refaire l'enceinte pour l'habitation Karpef de plus d'un beit se'atayim, non entouré pour l'habitation. Chmouel, rapporté par Rav Nahman. 1. État initial Cloisons closes. Pas faites pour l'habitation. Quatre amot seulement → 2. Brèche Plus de dix amot. Les cloisons tombent. Dix amot = une ouverture → 3. On rebouche On ramène l'ouverture à dix. C'est un petah. Le surplus est reclôture 4 Enceinte pour la demeure Permis Ama par ama, jusqu'à plus de dix On perce une ama et on la reclôt aussitôt, puis l'ama voisine, jusqu'à dépasser dix. Question : l'enceinte nouvelle compte-t-elle, faute d'avoir été faite d'un coup ? Le Roch conclut que cela vaut, par les faces nouvelles de la sandale.
Plus de dix amot annule les cloisons. Les ramener à dix fait une ouverture, et l'enceinte est pour l'habitation.
8
איבעיא להו: פרץ אמה וגדר אמה [ופרץ אמה וגדרה], עד שהשלימו ליותר מעשר, מהו?

On a demandé : s'il a percé une ama et clôturé une ama [et percé une ama et l'a clôturée], jusqu'à compléter plus de dix, qu'en est-il ?

📜 Rachi (2)
פרץ אמה אצל סתימה וגדרה ועוד פרץ אמה אצל סתימת אמה החדשה וגדרה דלא פרץ י' אמות כאחד ולא גדר עשר אמות בבת אחת אלא מעט היה פורץ וגודר מיד:
Il a percé une ama : à côté d'une partie bouchée, et il l'a clôturée ; puis il a encore percé une ama à côté de la clôturé de l'ama nouvelle, et il l'a clôturée. Il n'a pas percé dix amot d'un coup, ni clôturé dix amot d'un coup : il perçait un peu et clôturait aussitôt.
עד שהשלימו ליותר מעשר מי אמרינן כיון דלא פרץ י' בבת אחת ולא גדר בבת אחת לא הויא היקף בזו לשם דירה או דילמא כיון דהשתא מיהא הוי החידוש של היקף יותר מעשר חשיב היקף לשם דירה:
Jusqu'à compléter plus de dix : dit-on que, puisqu'il n'a pas percé dix d'un coup et n'a pas clôturé d'un coup, cette enceinte n'est pas pour l'habitation ? Ou bien, puisque maintenant du moins le renouvellement de l'enceinte dépasse dix, elle compte comme une enceinte pour l'habitation ?
💡 Explication

La brèche n'est pas faite d'un seul tenant. On ouvre une ama, on la reclôt, puis l'ama voisine, jusqu'à dépasser dix. Deux lectures : faute d'un seul geste, l'enceinte ne compte pas pour l'habitation ; ou bien le renouvellement, à la fin, dépasse dix, et il compte.

Les crochets du texte hébreu répètent le geste. La suite rapproche cette question des trous d'un ustensile et de la sandale. Le Roch, plus loin sur ce daf, retient que le procédé vaut.

🖼️ Schéma
Percer et reclore, ama après ama mur : une ama ouverte, reclôturée, puis la suivante perce clôt perce clôt Jamais dix amot d'un seul coup. L'enceinte pour l'habitation manque ? À la fin, plus de dix amot sont neufs. Ce renouvellement suffit-il ?
Chaque ama est percée puis reclôturée. La question est de savoir si le total, au-delà de dix, refait l'enceinte.
9
אמר ליה, לאו היינו דתנן: כל כלי בעלי בתים, שיעורן כרמונים.

Il lui dit : n'est-ce pas ce que nous avons enseigné : tous les ustensiles des maîtres de maison, leur mesure est celle des grenades.

📜 Rachi (2)
כל כלי בעלי בתים לגבי כלי עץ תנינן לה במסכת כלים (פי"ז מ"א):
Tous les ustensiles des maîtres de maison : pour les ustensiles de bois, nous l'avons enseigné au traité Kelim (chapitre 17, michna 1).
שיעורן כרמונים לטהר מטומאתן אבל פחות מכאן חייס עליה ולא מבטיל ליה שיעורן כרמונים. ניקב כמוציא רמון טהור:
Leur mesure est celle des grenades : pour les purifier de leur impureté. En deçà, il y tient, et il ne l'annule pas. Leur mesure est celle des grenades. Percé de façon à laisser sortir une grenade, il est pur.
💡 Explication

Le parallèle vient des kelim, ustensiles de bois des maîtres de maison. Ils sortent de l'impureté quand le trou laisse passer une grenade. En deçà, le maître y tient encore : l'ustensile reste un ustensile.

10
ובעי חזקיה: ניקב כמוציא זית וסתמו, וחזר וניקב כמוציא זית וסתמו, עד שהשלימו למוציא רמון מהו?

Et Hizkiya a demandé : s'il a été percé de façon à laisser sortir une olive, et qu'on l'a bouché, puis percé de nouveau de façon à laisser sortir une olive, et qu'on l'a bouché, jusqu'à compléter de quoi laisser sortir une grenade, qu'en est-il ?

📜 Rachi (1)
וחזר וניקב אצל הסתימה:
Et il a été percé de nouveau : à côté de la partie bouchée.
💡 Explication

Même forme que la brèche ama par ama. Hizkiya : des trous de la taille d'une olive, chacun bouche avant le suivant, dont la somme laisse passer une grenade. Le trou unique de cette taille purifierait l'ustensile. La somme de trous rebouchés l'un après l'autre le fait-elle aussi ?

11
ואמר ליה רבי יוחנן: רבי, שניתה לנו: סנדל שנפסקה אחת מאזניו ותיקנה — טמא מדרס.

Et Rabbi Yo'hanan lui dit : Maître, tu nous as enseigné : une sandale dont l'une des oreilles s'est rompue, et qu'on l'a réparée, est impure de midras.

📜 Rachi (1)
ותיקנה הוא הדין כי לא תיקנה נמי עדיין טמא מדרס הוא והא דנקט תיקנה לרבותא דאי לאו הכי תו לא איצטריך למימר נפסקה השניה וכו':
Et qu'on l'a réparée : la même règle vaut même si on ne l'a pas réparée, elle est encore impure de midras. S'il mentionne la réparation, c'est pour un surplus d'enseignement : sans cela, il ne serait plus besoin de dire que la seconde s'est rompue, etc.
🗂️ Tossefot (1)
סנדל שנפסקה וכו' הוא הדין בלא תקנה נמי דטמא מדרס דאי כשנפסקה פרחה לה טומאה תו לא הדרה לה דלא מצינו טומאה ישנה חוזרת אלא בכלי מתכות כדמפרש בסוף פ"ק דשבת (ד' טז.) והא דנקט ותקנה פ"ה לאשמועינן אע"ג דתקנה כי נפסקה שניה טהורה מן המדרס דפנים חדשות באו לכאן:
Une sandale dont l'une s'est rompue, etc. La même règle vaut même sans réparation : elle est impure de midras. Car si, au moment de la rupture, l'impureté s'en était allée, elle n'y reviendrait plus : nous ne trouvons une impureté ancienne qui revient que pour les ustensiles de métal, comme on l'explique à la fin du premier chapitre de Chabbat (16a). Et s'il mentionne : et il l'a réparée, le commentaire le fait pour nous apprendre que, même après la réparation, lorsque la seconde se rompt, elle est pure du midras, parce que des faces nouvelles sont arrivées ici.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan répond à Hizkiya par un enseignement que Hizkiya lui-même a donné. Une sandale impure de midras, impureté de piétinement d'un zav : une oreille, la lanière, se rompt et l'on répare. Elle reste impure de midras.

Rachi et Tossefot : même sans réparation, le midras demeure. Une impureté ancienne ne revient que sur un ustensile de métal. Le mot de la réparation prépare la seconde oreille : là, les panim hadachot, faces nouvelles, font sortir du midras.

12
נפסקה שניה ותיקנה — טהור בה מן המדרס, אבל טמא מגע מדרס.

La seconde s'est rompue, et on l'a réparée : elle en est pure quant au midras, mais impure par le contact du midras.

📜 Rachi (2)
טהור מן המדרס דתו לא הוה כלי ולא חזי למדרס מלטמא תו אדם וכלים:
Pure du midras : ce n'est plus un ustensile, et elle n'est plus propre au piétinement, pour rendre encore impurs un homme et des ustensiles.
אבל כלי הוא דחזי לתשמיש אחרינא ועדיין טומאת מגע מדרס עליו שהרי בשעת פרישתו מן האוזן שעדיין הוא מדרס לקבל טומאה לטמא כלים קיבל טומאה מאביו והוי ראשון לטומאה ומטמא אוכלין ומשקין:
Mais : c'est un ustensile propre à un autre usage, et l'impureté de contact du midras est encore sur lui. Car au moment où il se sépare de l'oreille, alors qu'il est encore midras, apte à recevoir une impureté pour rendre les ustensiles impurs, il a reçu l'impureté de son père. Il est premier degré d'impureté, et il rend impurs les aliments et les liquides.
🗂️ Tossefot (1)
אבל טמא מגע מדרס פירש הקונטרס משום דעדיין כלי הוא לאישתמושי ביה תשמישתא אחרינא ולפירושו אפילו נפסקה שניה טמא מגע מדרס וקשה דתנן בהדיא בסיפא דהך משנה במסכת כלים בפרק כ"ו (מ"ד) לא הספיק לתקן ראשונה עד שנפסקה שניה טהורה ורש"י חזר בו והגיה אבל טמא מגע מדרס דעדיין כלי הוא וחזי למילתא קמייתא דהא איתקנה ראשונה ולפירושו איצטריך למיתני ברישא ותיקנה דאי לא נתקנה כי נפסקה שניה אינה טמאה אפילו מגע מדרס ואגב דתני ברישא תני נמי בסיפא ומיהו תימה מתי בא לו מגע מדרס דאם בא לו מגע מדרס ומדרס יחד כגון שדרס עליו הזב ברגלו יחף או אפי' במנעל ולא הפסיק בפשוטי כלי עץ א"כ איכא פנים חדשות למגע מדרס כמו למדרס ולפי' רש"י קמא ניחא דאפילו נפסקו ב' אזנים טמא מגע מדרס הואיל וחזי לתשמיש אחרינא ובפרק אלו קשרים (שבת דף קיב:) פ"ה דטמא מגע מדרס לפי שנגע בעצמו כשהיה אב הטומאה ולא נהירא דטומאת בית הסתרים היא דלא קיימא לן כרבי מאיר דאמר מטמא מדפריך בפשיטות בפרק בהמה המקשה (חולין דף עב:) ובהעור והרוטב (שם דף קכט:) טומאת בית הסתרים היא ומה שפירש כאן נמי דבשעת פרישתו מאוזן קיבל טומאה מאביו אינו נראה דבפרק בהמה המקשה (חולין דף עב:) אמרינן דבעינן באות מבגד גדול ואין לומר דכשתיקן אוזן ראשון לאחר שתפר חציה נעשית מחוברת ובא לה טומאת מדרס שבטלה לסנדל וכשחזר ותפר חציה השניה בא לסנדל מגע מדרס מן האוזן ותו ליכא פנים חדשות דא"כ תפשוט בעיין דהקומץ רבה (מנחות דף כד.) דלא אמרינן שבע לה טומאה ולהר"ר שמעון מיינבי"א דמפרש דלא אמרינן שבע לה טומאה היכא דטומאה בא לו מגופו אתי שפיר ועוד יש לומר דלאוזן בא מגע מדרס ומדרס יחד כשתפרה לסנדל והסנדל בטל לאוזן דאי אפשר להיות טומאה לזה בלא זה וכיון שבאו לה כאחד אין שייך לומר גביה שבע לה טומאה וריצב"א אומר דלא שייך גבי מגע פנים חדשות דאפילו נפסקו שתי אזניו ראוי לקבל טומאת מגע אם מיחדו לתשמיש אחר ולא נתבטל תורת יחוד מכאן דכל שעה ושעה מתקנו ודעתו להשתמש בו אבל לנועלו אם נפסקו שתי אזניו אפילו מיחדו בטלה דעתו אצל כל אדם:
Mais il est impur par le contact du midras. Le commentaire explique : parce qu'il est encore un ustensile, dont on se sert pour un autre usage. Selon cette explication, même si la seconde s'est rompue, il est impur par le contact du midras. Difficulté : la michna l'enseigne explicitement à la fin de cette michna, traité Kelim, chapitre 26, michna 4 : s'il n'a pas eu le temps de réparer la première avant que la seconde se rompe, elle est pure. Rachi s'est rétracté et a corrigé : mais il est impur par le contact du midras, parce qu'il est encore un ustensile et propre à son usage premier, puisque la première a été réparée. Selon cette explication, il fallait enseigner dans la première clause : et il l'a réparée. Car si elle n'a pas été réparée, lorsque la seconde se rompt, elle n'est pas impure, même par le contact du midras. Et du fait qu'il l'enseigne dans la première clause, il l'enseigne aussi dans la dernière. Toutefois cela étonne : quand le contact du midras lui est-il venu ? Si le contact du midras et le midras lui sont venus ensemble, par exemple si le zav l'a foulée du pied nu, ou même avec une chaussure, sans interposition d'ustensiles de bois plats, alors il y a des faces nouvelles pour le contact du midras comme pour le midras. Selon la première explication de Rachi, cela se tient : même si les deux oreilles se sont rompues, il est impur par le contact du midras, puisqu'il est propre à un autre usage. Au chapitre Elou Kecharim (Chabbat 112b), le commentaire explique qu'il est impur par le contact du midras parce qu'il s'est touché lui-même alors qu'il était père d'impureté. Cela ne paraît pas juste : c'est une impureté de lieu caché (beit hasetarim), et nous ne tenons pas comme Rabbi Meir, qui dit qu'elle rend impur, puisque la Guemara objecte sans détour au chapitre Behema HaMaksheh (Houlin 72b) et dans HaOr VeHaRotev (là-même, 129b) : c'est une impureté de lieu caché. Ce qu'il explique ici aussi, qu'au moment où il se sépare de l'oreille il a reçu l'impureté de son père, ne paraît pas juste : au chapitre Behema HaMaksheh (Houlin 72b), nous disons qu'il faut qu'elles viennent d'un grand vêtement. On ne dira pas que, lorsqu'il répare la première oreille, après en avoir cousu la moitié, elle devient jointe, que l'impureté de midras lui vient et s'annule dans la sandale, et que, lorsqu'il coud la seconde moitié, le contact du midras vient à la sandale depuis l'oreille, si bien qu'il n'y à plus de faces nouvelles. Car s'il en était ainsi, tu résoudrais la question de HaKometz Rabba (Menahot 24a), à savoir que nous ne disons pas qu'elle est rassasiée d'impureté (sava lah touma). Selon Rabbeinou Rabbi Chimon de Mayence, qui explique que nous ne disons pas qu'elle est rassasiée d'impureté lorsque l'impureté lui vient de son propre corps, cela se tient. On peut encore dire que le contact du midras et le midras viennent ensemble à l'oreille au moment où on la coud à la sandale, et que la sandale s'annule dans l'oreille, car il ne peut y avoir d'impureté pour l'un sans l'autre ; et puisqu'ils lui viennent ensemble, il n'y a pas lieu de dire à son sujet qu'elle est rassasiée d'impureté. Le Ritsba dit qu'au sujet du contact, les faces nouvelles ne s'appliquent pas : même si ses deux oreilles se sont rompues, il est apte à recevoir une impureté de contact si on le destiné à un autre usage, et le statut de destination (yihoud) ne s'annule pas de lui, car à chaque instant on le répare et l'intention est de s'en servir. Mais pour le chausser, si ses deux oreilles se sont rompues, même si on le destiné à cela, son intention est annulée aux yeux de tout homme.
💡 Explication

Les deux oreilles ont été refaites. La sandale est pure du midras : elle ne rend plus impurs l'homme et les ustensiles par le piétinement. Elle reste impure de maga midras, le contact d'un objet qui fut midras : elle rend impurs aliments et liquides.

Rachi a d'abord expliqué que, même les deux lanières rompues, un autre usage gardait l'impureté de contact. Tossefot rappelle la fin de la michna de Kelim : si la seconde rompt avant la réparation de la première, elle est pure. Rachi corrige : le contact ne reste que parce que la première a déjà été réparée, et que l'usage premier tient encore.

Tossefot cherche ensuite le moment où le maga midras est entré, écarte l'impureté d'un beit hasetarim, et rapporte le Ritsba : pour le contact, les faces nouvelles ne jouent pas dès qu'on destiné la sandale à un autre usage. Pour la chausser, les deux oreilles rompues annulent cette intention aux yeux de tous.

🖼️ Schéma
Sandale du zav : quand l'ustensile devient autre Une oreille rompue, puis reparée La seconde oreille est encore l'ancienne. Le zav l'a foulée : même sandale. Impure de midras Les deux oreilles refaites Faces nouvelles : le zav ne l'a pas foulée. Pure du midras. Reste le contact. Maga midras seulement Même raison pour les trous qui, bout à bout, laissent passer une grenade. Et pour la clôturé renouvelée sur plus de dix amot : l'enceinte est nouvelle. Panim hadachot : une entité nouvelle est arrivée ici.
Une oreille refaite : midras. Les deux refaites : pure du midras, impure de contact. Même logique pour la brèche et pour la grenade.
13
ואמרת עלה: מאי שנא ראשונה — דהא קיימא שניה? שניה נמי — הא קיימא ראשונה?!

Et tu as dit à ce sujet : en quoi la première est-elle différente, sinon que la seconde tient ? La seconde aussi, la première tient !

💡 Explication

Hizkiya avait lui-même posé la question. Si la première oreille rompue laisse la sandale impure parce que la seconde tient encore, la seconde rompue devrait laisser le même statut : la première, déjà réparée, tient encore.

14
ואמרת לן עלה: פנים חדשות באו לכאן. הכא נמי, פנים חדשות באו לכאן.

Et tu nous as dit à ce sujet : des faces nouvelles sont arrivées ici. Ici aussi, des faces nouvelles sont arrivées ici.

📜 Rachi (1)
פנים חדשות אין אזנים הללו ממנו ומשניתקנו לא דרסן הזב ומטומאה הראשונה טיהרו שהרי אין זה סנדל ראשון:
Des faces nouvelles : ces oreilles ne sont pas de lui. Une fois réparées, le zav ne les a pas foulées, et elles sont purifiées de la première impureté, car ce n'est plus la première sandale.
💡 Explication

La réponse de Hizkiya, que Rabbi Yo'hanan lui renvoie : panim hadachot, des faces nouvelles. Les deux oreilles neuves n'ont pas été foulées par le zav. Ce n'est plus la sandale d'origine, et le midras premier est tombé.

Rabbi Yo'hanan reporte la même raison sur les trous de l'ustensile : leur somme, toute neuve, fait un autre ustensile. Le rapprochement de la Guemara porte cette raison sur la brèche du karpef : la clôturé renouvelée sur plus de dix amot est une enceinte nouvelle, faite pour l'habitation.

15
קרי עליה: לית דין בר אינש. איכא דאמרי: כגון דין בר נש.

Il proclama à son sujet : celui-ci n'est pas un être humain. Certains disent : tel que celui-ci est un être humain.

📜 Rachi (2)
לית דין בר נש אלא מלאך:
Celui-ci n'est pas un être humain, mais un ange.
כגון דין בר נש אדם גדול:
Tel que celui-ci est un être humain : un grand homme.
💡 Explication

Hizkiya répond à la justesse de Rabbi Yo'hanan, qui a tranché sa question à partir de son propre enseignement. Une version : il le place au-dessus de l'homme, un ange. L'autre : un homme accompli.

16
אמר רב כהנא: רחבה שאחורי הבתים — אין מטלטלין בו אלא בארבע אמות.

Rav Kahana a dit : une rehava derrière les maisons, on n'y transporte que dans les quatre amot.

📜 Rachi (1)
רחבה שאחורי הבתים ואין פתח הבית פתוח לה הויא מוקפת שלא לדירה ואי יותר מבית סאתים היה אין מטלטלין בה אלא בארבע אמות:
Une rehava derrière les maisons : l'ouverture de la maison ne donne pas sur elle. Elle est entourée sans viser l'habitation. Et si elle était de plus d'un beit se'atayim, on n'y transporte que dans les quatre amot.
💡 Explication

La rehava est l'esplanade derrière les maisons, sans ouverture de la maison vers elle. Son enceinte n'est pas une enceinte d'habitation. Au-delà d'un beit se'atayim, c'est une karmelit : le transport s'arrête à quatre amot.

17
ואמר רב נחמן: אם פתח לו פתח — מותר לטלטל בכולו, פתח מתירו. ולא אמרן אלא שפתח ולבסוף הוקף, אבל הוקף ולבסוף פתח — לא.

Et Rav Nahman a dit : s'il lui a ouvert une ouverture, il est permis de transporter dans tout son espace, l'ouverture le permet. Et nous ne l'avons dit que s'il a ouvert et ensuite entouré ; mais s'il a entouré et ensuite ouvert, non.

📜 Rachi (1)
ואם פתח לו פתח מן הבית:
Et s'il lui a ouvert une ouverture : depuis la maison.
⚖️ Rosh (1)
אמר רב נחמן אמר שמואל קרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה פורץ בה פרצה יותר מעשר וגודרה ומעמידה על עשר. איבעיא להו פרץ אמה וגדר אמה עד שהעמידה על יותר מעשר מהו. ומסיק דמהני. אמר רב כהנא רחבה שאחורי הבתים אין מטלטלין בה אלא בד' אמות. אמר רב נחמן אם פתח בה פתח מותר לטלטל בכולה. ולא אמרן אלא שפתח ולבסוף הוקף אבל הוקף ולבסוף פתח לא. פשיטא לא צריכא דאית ביה בי דרי מהו דתימא אדעתא דבי דרי פתח קמ"ל:
Rav Nahman a dit que Chmouel a dit : un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation, on y perce une brèche de plus de dix, on la clôt et on la ramène à dix. On a demandé : s'il a percé une ama et clôturé une ama, jusqu'à la ramener à plus de dix, qu'en est-il ? Et l'on conclut que cela vaut. Rav Kahana a dit : une rehava derrière les maisons, on n'y transporte que dans les quatre amot. Rav Nahman a dit : s'il y a ouvert une ouverture, il est permis de transporter dans toute son étendue. Et nous ne l'avons dit que s'il a ouvert et ensuite entouré ; mais s'il a entouré et ensuite ouvert, non. C'est évident. Cela ne vise que le cas où il s'y trouve une aire. On aurait pu dire : c'est en vue de l'aire qu'il a ouvert. Cela vient nous l'apprendre.
💡 Explication

Rav Nahman : une ouverture depuis la maison permet le transport dans toute la rehava. L'ordre compte. Ouvrir, puis entourer : l'enceinte est faite pour cette ouverture. Entourer, puis ouvrir : l'enceinte n'a pas été faite pour l'habitation, et l'ouverture après coup ne la relève pas.

Le Roch rassemble ici la brèche de Chmouel, la question ama par ama, dont il retient qu'elle vaut, puis cette règle de l'ouverture.

🖼️ Schéma
Rehava derrière les maisons : l'ordre de l'ouverture On ouvre, puis on entoure L'enceinte est faite pour l'ouverture de la maison. Même s'il y a une aire. Transport dans toute la rehava On entoure, puis on ouvre L'enceinte n'a pas été faite pour l'habitation. Quatre amot seulement Rav Nahman : l'ouverture permet. Rav Kahana : sans ouverture de la maison, la rehava n'est pas une demeure. Bei dari : l'aire déjà là ne détourne pas l'ouverture vers elle seule.
Ouvrir puis entourer permet toute la rehava. Entourer puis ouvrir la laisse aux quatre amot.
18
פתח ולבסוף הוקף פשיטא! לא צריכא, דאית ביה בי דרי. מהו דתימא: אדעתא דבי דרי עבדיה. קא משמע לן.

Il a ouvert et ensuite entouré : c'est évident ! Cela ne vise que le cas où il s'y trouve une aire.

On aurait pu dire : c'est en vue de l'aire qu'il l'a faite. Cela vient nous l'apprendre.

📜 Rachi (3)
פשיטא דבפתח ולבסוף הוקף שרי שהרי הוקף לשם פתח:
C'est évident : lorsqu'il a ouvert et ensuite entouré, c'est permis, car l'enceinte a été faite pour l'ouverture.
לא צריכא דאית ביה בי דרי גורן אחר הבית קודם היקף הרחבה:
Cela ne vise que le cas où il s'y trouve une aire : une aire de battage derrière la maison, avant l'enceinte de la rehava.
מהו דתימא אדעתא דבי דרי פתחיה ולאו אדעתא להקיף שם רחבה:
On aurait pu dire : c'est en vue de l'aire qu'il l'a ouverte, et non en vue d'entourer la une rehava.
🗂️ Tossefot (1)
פשיטא לא צריכא דאית ביה בי דרי אדרב נחמן דאמר אם פתח בו פתח מותר לטלטל פריך דמפרש הש"ס בפתח ולבסוף הוקף ואהא פריך פשיטא אבל אש"ס דמפרש לא אמרן לא פריך דקמ"ל הוקף ולבסוף פתח לא מהני לאפוקי מהני אמוראי דלקמן (עירובין ד' כה:) גבי אבורנקי:
C'est évident ; cela ne vise que le cas où il s'y trouve une aire. L'objection porte sur Rav Nahman, qui a dit : s'il y a ouvert une ouverture, il est permis de transporter. Car la Guemara explique ses paroles du cas où l'on ouvre et ensuite on entoure, et c'est là-dessus qu'elle objecte : c'est évident. Mais sur la Guemara qui explique : nous ne l'avons dit que..., elle n'objecte pas, car cela vient nous apprendre que, si l'on a entouré et ensuite ouvert, cela ne vaut pas, pour écarter ces amoraïm plus loin (Eruvin 25b) au sujet d'Avornaki.
💡 Explication

Ouvrir puis entourer semble évident : l'enceinte vise l'ouverture. L'enseignement sert là où une aire (bei dari, goren) est déjà là. On aurait pu dire que l'ouverture ne vise que l'aire, pas la rehava. La Guemara enseigne que l'ouverture permet quand même tout l'espace.

Tossefot : l'objection vise la permission de Rav Nahman, lue comme ouvrir puis entourer. Elle ne vise pas la clause qui interdit d'entourer puis d'ouvrir : cette clause écarte les amoraïm d'Avornaki, plus loin.

19
קרפף יותר מבית סאתים שהוקף לדירה ונתמלא מים, סבור רבנן למימר כזרעים דמו — ואסיר.

Un karpef de plus d'un beit se'atayim qui a été entouré pour l'habitation et s'est rempli d'eau : les maîtres pensaient dire qu'elle est comme des semences, et c'est interdit.

💡 Explication

Nouveau cas. Le karpef a bien été entouré pour l'habitation, puis l'eau l'a rempli. Les maîtres veulent l'aligner sur les semences : l'habitation tombe, comme pour un semis majoritaire, et le transport est interdit.

20
אמר להו רב אבא אבוה דרב בריה דרב משרשיא: הכי אמרינן משמיה דרבא: מים כנטעים דמו, ושרי.

Rav Abba, père de Rav, fils de Rav Mecharcheya, leur dit : voici ce que nous disons au nom de Rava : l'eau est comme des plantations, et c'est permis.

⚖️ Rosh (1)
קרפף יותר מבית סאתים שהוקף לדירה ונתמלא מים כנטועה דמי ושרי אמר אמימר לא אמרן אלא דחזו לתשמישא אבל לא חזו לתשמישא אסור. וכי חזו לתשמישא נמי לא אמרן אלא שאין בעומקן יותר מבית סאתים אבל יש בעומקן יותר מבית סאתים אסור ולאו מלתא היא מידי דהוה אכריא דפירי. ואי לא חזו לתשמישתא אפילו אין בעומקן יותר מבית סאתים אסור כי משמע שנתמלא כל הקרפף מים אלא שמקצתו יש בעומקו עשרה ומקצתו אין בעומקו עשרה ובחזו לתשמישתא הוה בעי לפלוגי בין יש בעומקו יותר מבית סאתים לאין בעומקו יותר מבית סאתים. אבל כי לא חזו לתשמישתא לאמפליג משום דאפילו אותן שאין עומקן עשרה מבטלין הדירה כיון דלא חזו לתשמישתא וגם אין יכול להשתמש במקום המים: קרפף יותר מבית סאתים שלא הוקף לדירה ובא למעטו ומעטו באילנות לא הוי מיעוט. בנה בו עמוד גבוה עשרה ורחב ארבעה הוי מיעוט. פחות משלשה לא הוי מיעוט. מג' ועד ד' רבה אמר הוי מיעוט רבא אמר לא הוי מיעוט. רבה אמר הוי מיעוט דהא נפיק מתורת לבוד. רבא אמר לא הוי מיעוט כיון דליכא מקום ד' לא חשיב. הרחיק מן הכותל ד' ועשה מחיצה להקיפו לדירה על ידי מחיצה זו הועיל. נ"ל דאין צריך לעשות מחיצה אלא ביותר מעשר. דבבנין מחיצה חדשה סותר את הישנה והוה ליה כעין פרץ אמה וגדר אמה. וכן משמע הא דקאמר הרחיק מן התל ד' ועשה מחיצה משמע דיש לקרפף שלש מחיצות מצד אחד ובאותה מחיצה שעשה לפני התל הוקף כולו לדירה. וכן כשעשה מחיצה על התל די לו ביותר מעשר. פחות מג' אינו מועיל. מג' ועד ד' רבה אמר מועיל. ורבא אמר אינו מועיל וכו'. רבה בר שימי מתני לקולא דמג' ועד ד' לכ"ע מועיל ופליגי בפחות מג'. ופסק ר"מ ז"ל דלית הלכתא כרבה בר שימי אלא כלישנא קמא משום דלישנא קמא סתמא דגמ' קאמר ליה. ואי משום דקיימא לן הלכה כדברי המיקל בעירוב. הני מילי בפלוגתא דתנאי אבל בפלוגתא דאמוראי ליתא להאי כללא מדפריך בפ' מי שהוציאוהו לקמן (עירובין דף מז:) גבי הנהו דכרי דאתו למברכתא והא שמואל ורבי יוחנן הלכה כרבי יוחנן אע"ג דשמואל מיקל. ועוד הא דאמר הלכה כדברי המיקל בעירוב דילמא בעירוב אמרו ולא במחיצות. וכי האי גונא אמר לקמן בסוף פרק כל גגות (עירובין דף צה.) ובפ' חלון (עירובין דף פא:) אמר רב יהודה אמר שמואל כל מקום שאמר רבי יהודה בעירובין הלכה כמותו וקאמר עלה בעירובין ולא במחיצות. טחו בטיט ויכול לעמוד בפ"ע הוי מיעוט. א"י לעמוד בפ"ע רבה אמר הוי מיעוט רבא אמר לא הוי מיעוט. רבה אמר הוי מיעוט דהשתא מיהא קאי ורבא אמר לא הוי מיעוט כיון דלא יכול למיקם לאו כלום הוא. ר"מ והראב"ד והר"ז הלוי ז"ל פסקו כרבא ורמב"ם ז"ל פי"ו מהל' שבת הלכה ט פסק כרבה. וכן נראה דאין הלכה כתלמיד במקום הרב ומאביי ורבא ואילך הוא דקי"ל כבתראה ולא כאביי ורבא כנגד רבן: הרחיק מן התל ד' ועשה מחיצה מועיל. פחות משלשה או שעשאה על שפת התל פליגי בה רב חסדא ורב המנונא. חד אמר מועיל. וחד אמר אין מועיל והלכתא כמאן דאמר אין מועיל דקאי רב ששת בשיטתיה. והלכתא כרב ששת דאתמר עשה מחיצה על גבי מחיצה רב חסדא אמר בשבת מועול. בנכסי הגר לא קנה. רב ששת אמר בשבת נמי אין מועיל ואמר רב חסדא מודה לי רב ששת שאם עשה מחיצה על התל פירוש שהתל הוא הקרפף שהועיל שבאויר המחיצות העליונות הוא דר. בעא רב חנן נבלעו המחיצות התחתונות והעליונות קיימות מהו. ואסיקנא דבנכסי הגר לא קנה. ובשבת הויא מחיצה דכל מחיצה הנעשית בשבת בשוגג שמה מחיצה אפילו לטלטל וכל שכן דנעשית מאיליה. קרפף בית שלש וקירה בו בית סאה. רבה אמר אויר קרויו מייתרו. ור' זירא אומר אין אויר קרויו מייתרו ואוקימנא דעבידא כי ארזילא ופירש רש"י משופע כעין גג היציע. וכתב ר"ח ז"ל וקיימא לן כר' זירא ובא"ז פסק כרבה דמיקל בעירובין. וכתב רבינו מאיר ז"ל מדבריו למדתי דסבירא ליה הלכתא כדברי המיקל בעירובין אפילו בפלוגתא דאמוראי. ואם תאמר תקשי ליה הא דפריך לקמן פרק מי שהוציאוהו (עירובין דף מז:) הא שמואל ורבי יוחנן הלכה כר' יוחנן והא שמואל מיקל. וי"ל דודאי הואיל ואיתמר כללא דשמואל ורבי יוחנן הלכה כרבי יוחנן אף לגבי עירובין אייתינן להאי כללא. אבל היכא דלא איתמר כללא כגון הכא דפליגי רבה ור' זירא אמרינן הלכה כדברי המיקל בעירובין אף במחיצות כגון הכא. אמר רבי זירא ומודינן בקרפף שנפרץ במלואו לחצר שאסור הואיל ואויר מחיצות החצר מייתרו וע"י אויר המחיצות נעשה הקרפף יותר מבית סאתים. דאמר רב חסדא קרפף שנפרץ במלואו לחצר וגם החצר נפרץ במלואו. חצר מותרת וקרפף אסור. זה אויר מחיצות מייתרו וזה אין אויר מחיצות מייתרו. דחצר אפילו בת עשרת כורין מותרת:
Un karpef de plus d'un beit se'atayim, entouré pour l'habitation et rempli d'eau, est comme un lieu planté, et c'est permis. Ameimar a dit : nous ne l'avons dit que lorsqu'elles sont propres à l'usage ; si elles ne sont pas propres à l'usage, c'est interdit. Et même lorsqu'elles sont propres à l'usage, nous ne l'avons dit que si leur profondeur ne dépasse pas un beit se'atayim ; si leur profondeur dépasse un beit se'atayim, c'est interdit. Et cette parole n'est pas retenue, à l'instar d'un tas de fruits. Et si elles ne sont pas propres à l'usage, même si leur profondeur ne dépasse pas un beit se'atayim, c'est interdit. Car le sens est que tout le karpef s'est rempli d'eau, sauf que dans une partie la profondeur est de dix, et dans une partie la profondeur n'est pas de dix. Et lorsqu'elles sont propres à l'usage, il aurait voulu distinguer entre une profondeur de plus d'un beit se'atayim et une profondeur qui ne dépasse pas un beit se'atayim. Mais lorsqu'elles ne sont pas propres à l'usage, on ne distingue pas, parce que même celles dont la profondeur n'est pas de dix annulent l'habitation, puisqu'elles ne sont pas propres à l'usage, et qu'on ne peut pas non plus se servir à l'endroit de l'eau. Un karpef de plus d'un beit se'atayim qui n'a pas été entouré pour l'habitation, et que l'on vient réduire : si on le réduit par des arbres, ce n'est pas une réduction. S'il y a bâti une colonne haute de dix tefahim et large de quatre, c'est une réduction. Moins de trois tefahim : ce n'est pas une réduction. De trois jusqu'à quatre, Rabba dit que c'est une réduction, Rava dit que ce n'est pas une réduction. Rabba dit que c'est une réduction, car elle est sortie de la catégorie du lavoud (jonction). Rava dit que ce n'est pas une réduction : puisqu'il n'y a pas une place de quatre, elle ne compte pas. S'il s'est écarte de quatre amot du mur et a fait une cloison pour l'entourer en vue de l'habitation, par cette cloison il a abouti. Il me semble qu'il n'a à faire une cloison que de plus de dix amot. Car en bâtissant une cloison nouvelle il annule l'ancienne, et c'est du même ordre que percer une ama et clôturer une ama. Et c'est aussi le sens de ce qu'il dit : il s'est écarte de quatre du tertre et a fait une cloison. On entend que le karpef a trois cloisons d'un côté, et par cette cloison faite devant le tertre, le tout a été entouré pour l'habitation. De même, lorsqu'il a fait une cloison sur le tertre, plus de dix amot lui suffit. Moins de trois ne vaut pas. De trois tefahim jusqu'à quatre, Rabba dit que cela vaut, et Rava dit que cela ne vaut pas, etc. Rabba bar Chimi l'enseigne dans le sens indulgent : de trois jusqu'à quatre, selon tous cela vaut, et ils divergent en deçà de trois. Rabbeinou Meir zal a tranché que la halakha ne suit pas Rabba bar Chimi, mais la première version, parce que la première version, c'est la Guemara anonyme qui la dit. Et si l'on s'appuie sur ce que nous tenons, la halakha suit l'avis indulgent en matière d'érouv : ces paroles valent pour une divergence de tannaïm ; dans une divergence d'amoraïm, cette règle ne s'applique pas. Puisque la Guemara objecte au chapitre Mi che-hotsiouhou, plus loin (Eruvin 47b), au sujet de ces tas arrivés à Mavrakhta : or Chmouel et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan, bien que Chmouel soit indulgent. Et encore, ce qu'on a dit, la halakha suit l'avis indulgent en matière d'érouv : peut-être l'a-t-on dit pour l'érouv, et non pour les cloisons. Et de la même manière on dit plus loin, à la fin du chapitre Kol Gagot (Eruvin 95a), et au chapitre Halon (Eruvin 81b) : Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans Eruvin, la halakha suit son avis. Et l'on dit à ce sujet : dans les érouvin, et non dans les cloisons. S'il l'a enduit de mortier et qu'elle peut tenir seule, c'est une réduction. Si elle ne peut pas tenir seule, Rabba dit que c'est une réduction, Rava dit que ce n'est pas une réduction. Rabba dit que c'est une réduction, car pour l'instant du moins elle tient. Rava dit que ce n'est pas une réduction : puisqu'elle ne peut pas tenir, elle n'est rien. Rabbeinou Meir, le Raavad et Rabbeinou Zerahya HaLevi zal ont tranché comme Rava. Le Rambam zal, chapitre 16 des Hilkhot Chabbat, halakha 9, a tranché comme Rabba. Et c'est ainsi que cela paraît : il n'y a pas de halakha comme le disciple à la place du maître. C'est depuis Abaye et Rava que nous tenons comme le dernier en date, et non comme Abaye et Rava face à leur maître. S'il s'est écarte de quatre du tertre et a fait une cloison, cela vaut. Moins de trois, ou s'il l'a faite au bord du tertre : Rav Hisda et Rav Hamnouna divergent à ce sujet. L'un dit que cela vaut. L'autre dit que cela ne vaut pas. Et la halakha suit celui qui dit que cela ne vaut pas, car Rav Chechet se tient dans son avis. Et la halakha suit Rav Chechet. Car il a été enseigné : s'il a fait une cloison sur une cloison, Rav Hisda a dit : le Chabbat, cela vaut ; pour les biens du ger, prosélyte mort sans héritier, il n'a pas acquis. Rav Chechet a dit : le Chabbat non plus, cela ne vaut pas. Et Rav Hisda a dit : Rav Chechet m'accorde que, s'il a fait une cloison sur le tertre, l'explication étant que le tertre est le karpef, cela a valu, car il habite dans l'espace des cloisons supérieures. Rav Hanan a demandé : si les cloisons inférieures ont été englouties et que les supérieures tiennent, qu'en est-il ? Et nous concluons : pour les biens du ger, il n'a pas acquis. Le Chabbat, c'est une cloison, car toute cloison faite le Chabbat par inadvertance (chogeg) porte le nom de cloison, même pour transporter, et à plus forte raison celle qui s'est faite d'elle-même. Un karpef d'une surface de trois se'a (beit chaloch), et il a couvert d'un toit un beit se'a à l'intérieur. Rabba dit : l'espace de sa toiture le met en excédent. Rabbi Zeira dit : l'espace de sa toiture ne le met pas en excédent. Et nous établissons le cas : elle est faite comme une arzila. Rachi explique : en pente, à la manière du toit de la yatsia (appentis). Rabbeinou Hananel zal a écrit : nous tenons comme Rabbi Zeira. Et dans l'Or Zaroua, il a tranché comme Rabba, qui est indulgent en matière d'érouvin. Rabbeinou Meir zal a écrit : de ses paroles j'ai appris qu'il tient que la halakha suit l'avis indulgent en matière d'érouvin, même dans une divergence d'amoraïm. Et si tu dis : que lui fasse difficulté ce que la Guemara objecte plus loin, chapitre Mi che-hotsiouhou (Eruvin 47b) : or Chmouel et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan, et Chmouel est indulgent. On peut répondre : certes, puisqu'une règle a été énoncée, Chmouel et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan, nous appliquons cette règle même aux érouvin. Mais là où aucune règle n'a été énoncée, comme ici où Rabba et Rabbi Zeira divergent, nous disons que la halakha suit l'avis indulgent en matière d'érouvin, même pour les cloisons, comme ici. Rabbi Zeira a dit : et nous accordons, pour un karpef percé sur toute sa longueur vers une cour, qu'il est interdit, puisque l'espace des cloisons de la cour le met en excédent, et par l'espace des cloisons le karpef devient plus grand qu'un beit se'atayim. Car Rav Hisda a dit : un karpef percé sur toute sa longueur vers une cour, et la cour aussi percée sur toute sa longueur. La cour est permise, et le karpef est interdit. Pour celui-ci, l'espace des cloisons le met en excédent ; pour celui-là, l'espace des cloisons ne le met pas en excédent. Car une cour, même de dix kor, est permise.
💡 Explication

Rav Abba, père de Rav et fils de Rav Mecharcheya, rapporte Rava. L'eau qui remplit le karpef est comme des plantations, pas comme des semences. L'habitation tient, et le transport est permis.

Le Roch poursuit la halakha au-delà de cette ligne : Ameimar borne la permission à une eau propre à l'usage ; la suite du traité écarte sa rigueur sur la profondeur, à l'instar d'un tas de fruits. Le reste de la glose règle comment réduire un karpef trop grand, par une colonne, une cloison ou un enduit, puis le toit en pente et la brèche en plein sur une cour.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).