Sougya : Le daf reprend le karpef dont un se'a est couvert. Si le toit รฉtait une akhsadra plate, le bord du plafond descendrait et boucherait ; le cas est une urzila, toit en pente, sans bord.
Rabbi Zeira accorde qu'un karpef percรฉ en plein vers une cour est interdit : l'emplacement des cloisons le met en excรฉdent. La cour, habitรฉe, reste permise.
Rav Yossef et Abaye discutent selon quel avis cette objection se pose. Un verger appuyรฉ au mur d'un apadna perd ce mur : Rav Bibi veut le mur intรฉrieur, Rav Papi le refuse.
Le Rech Galouta demande un amรฉnagement pour manger dans son avourneka : Rav Houna dresse des roseaux ร moins de trois, et Rava s'en va.
Si elle รฉtait faite comme une akhsadra, certes, il en serait ainsi. Ici, de quoi s'agit-il ?
D'un cas oรน on l'a faite comme une urzila.
Suite du toit posรฉ sur un se'a. La Guemara รฉcarte le rapprochement avec Rav et Chmouel. Sur une akhsadra, toit plat, mรชme Rabba accorde, comme Rav, que pi tikra yored ve-sotem (le bord du plafond descend et bouche).
Le cas est une urzila : toit en pente, sans bord. Un bord absent ne descend pas. Tossefot lit arsala : lit de cordes d'arbre ร arbre, ouvert des quatre cรดtรฉs, d'aprรจs le Targoum de Yeshaya 1, 8.
Le Roch reprend ici le digest du karpef : l'eau, la rรฉduction, la cloison, le tertre, le toit en pente, et la brรจche en plein sur une cour.
Rabbi Zeira a dit : et j'accorde, pour un karpef percรฉ sur toute sa largeur vers une cour, qu'il est interdit. Quelle est la raison ?
Puisque l'espace de la cour le met en excรฉdent.
Rabbi Zeira accorde un cas d'interdit. Un karpef d'un beit se'atayim exact, percรฉ sur toute sa largeur vers une cour, dรฉpasse : l'avir (espace) de la cour s'ajoute ร lui.
Rachi sรฉpare ce cas de la toiture. Lร , le bord du plafond isole le se'a couvert. Ici, la brรจche ouvre, et l'espace voisin entre dans le compte.
Rav Yossef lui objecte : un espace qui lui est permis viendrait-il l'interdire ?
Rav Yossef : selon Rabbi Chimon, on transportait dรฉjร de la cour vers le karpef. La cour est entourรฉe pour l'habitation. Elle n'a pas de plafond d'un beit se'atayim.
Tossefot en tire la nafka mina (consรฉquence pratique). L'interdit tient aussi de l'excรฉdent. Une brรจche vers la reshout ha-rabim demanderait alors une tsourat ha-petah d'un cรดtรฉ et un lehi de l'autre. Autre lecture : le karpef devient une karmelit, et l'on transporte deux amot de chaque cรดtรฉ vers une autre karmelit.
Abaye lui a dit : selon qui ? Selon Rabbi Chimon ?
Selon Rabbi Chimon aussi, il y a l'espace de l'emplacement des cloisons.
Abaye ramรจne l'objection ร Rabbi Chimon : cour et karpef sont un seul domaine, l'espace de la cour รฉtait donc permis. Selon les Sages, ce sont deux domaines, et la brรจche ouvre vers un lieu interdit.
Mรชme selon Rabbi Chimon, l'emplacement des cloisons รดtรฉes s'ajoute. Le karpef, beit se'atayim exact au dรฉpart, dรฉpasse. Rachi signale une leรงon absente de toute la sougya : et la cour a รฉtรฉ percรฉe en face de lui.
Car Rav Hisda a dit : un karpef percรฉ sur toute sa largeur vers une cour, la cour est permise et le karpef est interdit.
Rav Hisda fixe le partage : cour permise, karpef interdit. Tossefot borne la brรจche ร dix amot. Au-delร , la cour tombe aussi.
Difficultรฉ du Mahari : ajouter l'emplacement du mur ร un beit se'atayim donnerait une longueur bien supรฉrieure au double de la largeur, mesure qu'aucun tanna ne permet. Rรฉponse : la brรจche elle-mรชme ne dรฉpasse pas dix, puis l'enclos s'รฉlargit. Autre rรฉponse : la limite du double vise le beit se'atayim plein. Un peu en dessous, une longueur plus grande reste permise.
La cour, quelle est la raison ? C'est qu'elle a des guippoufei ?
Or parfois on trouve l'inverse.
La Guemara essaie les guippoufei (saillies de mur aux cรดtรฉs de la brรจche). La cour les aurait, le karpef non. Dรจs que le karpef est plus large, les saillies passent de son cรดtรฉ, et la phrase de Rav Hisda se retourne.
Tossefot, avec Rachi : l'impossibilitรฉ d'inverser montre l'avis de Rabbi Chimon. Un seul domaine. L'interdit du karpef vient de l'excรฉdent de l'emplacement des murs. Avec des guippoufei du cรดtรฉ du karpef, les deux resteraient permis. La parole de Rav Hisda est nรฉcessaire : celle de Rabbi Zeira, seule, oppose le toit au cas prรฉsent, et ne peut pas s'inverser.
Plutรดt, parce que nous disons : celui-ci, l'espace des cloisons le met en excรฉdent, et celui-lร , l'espace des cloisons ne le met pas en excรฉdent.
Raison retenue. Pour le karpef, l'emplacement des cloisons tombรฉes est un yitour (excรฉdent) : il dรฉpasse le beit se'atayim. Pour la cour, qui a une habitation, un excรฉdent n'interdit pas.
L'espace de la cour elle-mรชme ne fait pas excรฉdent pour le karpef : une cour est entourรฉe pour l'habitation. Seul l'emplacement des murs entre dans le compte. Rachi : inverser la brรจche laisserait la cour permise, selon Rabbi Chimon.
Un certain boustana รฉtait adjacent au mur d'un apadna. Le mur extรฉrieur de l'apadna est tombรฉ.
Rav Bibi pensait dire : qu'on s'appuie sur le mur intรฉrieur.
Cas. Un boustana (verger) de plus d'un beit se'atayim s'appuyait sur le mur d'un apadna (palais), avec une ouverture : enceinte pour l'habitation. Le mur extรฉrieur tombe. Rav Bibi veut le mur intรฉrieur du palais.
Rachi : les cloisons intรฉrieures de la maison deviendraient celles du verger. Tossefot lit un autre ordre : รฉcart de quatre, mur neuf, ouverture ensuite. Une fois permis, le statut tiendrait encore. La Guemara conclut que le mur de l'apadna ne vaut pas.
Le Roch, selon Rabbeinou Hananel : ce mur a รฉtรฉ fait pour l'habitation du dedans, ร une heure oรน aucune ouverture ne joignait le palais au verger.
Rav Papi lui a dit : parce que vous venez des Moulaรฏ, vous dites des paroles tronquรฉes. Ces cloisons ont รฉtรฉ faites pour l'intรฉrieur ; pour l'extรฉrieur, elles n'ont pas รฉtรฉ faites.
Rav Papi รฉcarte le mur intรฉrieur. Ces cloisons ont รฉtรฉ faites pour le dedans du palais. Elles ne sont pas l'enceinte du verger.
Le mot Moulaรฏ vise des gens tronquรฉs, de la maison d'Eli. Abaye, pรจre de Rav Bibi, en vient, comme ร Roch Hachana 18a. Mouliata : paroles coupรฉes, sans pieds. Rachi : mรชme sans brรจche, le verger de plus d'un beit se'atayim n'a pas d'enceinte d'habitation.
Il y avait un avourneka qui appartenait au Rech Galouta dans son verger. Il dit ร Rav Houna bar Hinana : que le maรฎtre fasse un amรฉnagement, pour que demain nous mangions du pain lร -bas.
Le Rech Galouta a un avourneka dans son verger, plus d'un beit se'atayim, sans enceinte d'habitation. Il demande ร Rav Houna bar Hinana un amรฉnagement pour y manger le lendemain.
Rachi : arbre ร l'ombre large, banquettes des princes. Tossefot retient une leรงon des Halakhot Gedolot : akhsadra ou kouba royale. Rav Houna ne s'y appuie pas. Deux motifs : houkaf ve-lav sof yachav (entourรฉ, habitรฉ ensuite), et cloison faite pour l'agrรฉment et la pudeur.
Il alla et fit roseau par roseau ร moins de trois. Rava alla
Rav Houna dresse des roseaux รฉcartรฉs de moins de trois tefahim. Le lavud (jonction : un intervalle de moins de trois compte comme continu) en fait une cloison. Rachi : quatre cloisons en chambre, pour la nourriture de la nuit et le logement du gardien. Le lendemain, le transport vaut dans tout le verger.
La phrase s'arrรชte sur Rava alla. La suite est au daf suivant.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).