Sougya : Rava arrache les roseaux de Rav Houna bar Hinana. Rav Pappa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua les ramassent.
Le lendemain, trois objections : une ville neuve se mesure depuis les maisons, les cloisons des architectes ne comptent pas, une cloison faite pour le nahat non plus, comme les fosses de Mahoza. Le Rech Galouta cite sur eux le verset de ceux qui savent le mal.
Puis Rabbi Ilai, au nom de Rabbi Eliezer, permet un beit kor ; Hanania, quarante se'a, les deux depuis le verset de la cour de Hizkiya, oรน Yeshaya avait installรฉ une yechiva. Enfin, si un habitant oublie l'รฉrouv, Rabbi Eliezer et les Sages divergent sur l'annulation de sa maison.
Il les arracha. Rav Pappa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua allรจrent, et les ramassรจrent derriรจre lui.
Suite du verger du Rech Galouta. Rava arrache les roseaux que Rav Houna bar Hinana avait dressรฉs. Rav Pappa et Rav Houna fils de Rav Yehochoua, ses รฉlรจves, les ramassent.
Rachi : Rava ne tient pas cet amรฉnagement. Les รฉlรจves empรชchent qu'on remette les roseaux.
Le lendemain, Ravina objecta ร Rava : une ville neuve, on la mesure depuis son habitation ; une ville ancienne, depuis son mur.
Le lendemain de chabbat, Ravina objecte ร Rava. Une ville neuve : le tรฉhoum part des maisons. Une ville ancienne : il part du mur.
Dans la ville, l'ensemble clos compte comme quatre amot, et les deux mille amot commencent au mur. Rachi : ce statut manque ร la ville neuve, parce que le mur a prรฉcรฉdรฉ les maisons. L'objection appuie Rav Houna bar Hinana : il avait bien agi en dressant les roseaux.
Quelle est neuve, et quelle est ancienne ? Neuve : on l'a entourรฉe, et ensuite on l'a habitรฉe.
Ancienne : on l'a habitรฉe, et ensuite on l'a entourรฉe. Et celui-ci aussi est semblable ร : entourรฉ, et ensuite habitรฉ !
Neuve : houkaf ve-lav sof yachav, on a entourรฉ, puis on a habitรฉ. Ancienne : yachav ve-lav sof houkaf, on a habitรฉ, puis on a entourรฉ.
Le pardes est clos depuis longtemps. La guรฉrite est rรฉcente. L'enceinte n'a pas รฉtรฉ faite pour elle. Ravina ramรจne le verger au cas de la ville neuve.
Rav Pappa dit ร Rava : or Rav Assi n'a-t-il pas dit : les cloisons des architectes ne portent pas le nom de cloison ? On en dรฉduit : puisqu'elle a รฉtรฉ faite pour la pudeur, elle n'est pas une cloison.
Ici aussi, puisqu'elle a รฉtรฉ faite pour la pudeur, elle n'est pas une cloison.
Deuxiรจme objection. Rav Pappa cite Rav Assi : les cloisons des adrakhalin (architectes) ne comptent pas. Motif : la tseniouta (pudeur, abri). Rachi : on les dรฉfait le lendemain. La cloison du verger n'a servi qu'un jour et une nuit, sans dira (habitation).
Le Roch joint la cloison faite pour le nahat. L'invaliditรฉ concerne l'enceinte d'une dira. Pour transporter ร l'intรฉrieur, cette cloison compte.
Et Rav Houna fils de Rav Yehochoua dit ร Rava : or Rav Houna n'a-t-il pas dit : une cloison faite pour le nahat ne porte pas le nom de cloison !
Troisiรจme objection. Rav Houna : une cloison assouya le-nahat, faite pour le dรฉpรดt et la garde, ne vaut pas comme cloison d'habitation. Rav Houna fils de Rav Yehochoua la rapporte ร Rava. La preuve vient ensuite, par Mahoza.
Car Rabba bar Avouh faisait l'รฉrouv de tout Mahoza, quartier par quartier, ร cause des pira de Bei Touri. Or les pira de Bei Touri sont semblables ร une cloison faite pour le nahat.
Rabba bar Avouh ร Mahoza : un รฉrouv par quartier, ร cause des pira de Bei Touri, fosses oรน l'on jetait des noyaux de dattes pour les bลufs. La Guemara les assimile ร une cloison le-nahat.
Rachi : ville petite, en dessous de soixante ribo. Une ville d'un particulier s'รฉruve en entier. Les cloisons, mรชme durables, gardent les noyaux. Elles ne font pas une dira oรน l'on entre et d'oรน l'on sort. Pira : fosse, comme la fosse aux poissons de Taanit 24a.
Tossefot : ร Eruvin 60a, Mahoza est publique, et chaque quartier est un chiyour pour l'autre. Les portes (6b) indiquent une rechout ha-rabim. Sans les fosses, on aurait รฉrouvรฉ toute la ville, en rรฉservant cinquante habitations selon Rabbi Yehouda, ou trois cours selon Rabbi Chimon. Tossefot lit une fosse de plus d'un beit se'atayim, profonde de dix, le long de la ruelle : on ne transporte pas d'un quartier ร l'autre. ร 60a, Rachi parle d'un fossรฉ qui sรฉpare, comme entre deux cours (78b). Dans cette sougya, le motif retenu est la cloison faite pour le nahat.
Le Rech Galouta rรฉcita sur eux : Ils sont sages pour faire le mal, et pour faire le bien ils ne savent pas.
Le Rech Galouta cite Yirmeya 4, 22. Rachi glose d'abord le-ra : pour interdire.
Il rapporte ensuite une formulation des Gueonim, qu'il tient pour principale. L'avourneka est une akhsadra ou une kouba au milieu du verger. Rav Houna bar Hinana n'ouvre qu'un sentier de roseaux, ร moins de trois tefahim (le lavud : l'intervalle compte comme plein), de la porte jusqu'ร l'avourneka. Rava arrache les roseaux pour allรฉger : l'avourneka ferait de tout le boustana une cour, donc un enclos pour l'habitation. Les รฉlรจves empรชchent de remettre le sentier. Le lendemain ils se souviennent des objections. Le verset vise cet oubli.
Dans cette version, le verger est entourรฉ avant la plantation, et l'avourneka vient aprรจs la croissance de l'arbre : houkaf ve-lav sof yachav. La cloison de l'avourneka sert ร la pudeur et au nahat : talitot, vรชtements, ustensiles.
Rabbi Ilai a dit : j'ai entendu de Rabbi Eliezer : mรชme un beit kor. La michna ne suit pas Hanania.
Car on a enseignรฉ : Hanania dit : mรชme si elle fait quarante se'a, comme l'istratya du roi.
Nouvelle sougya. Rabbi Ilai, au nom de Rabbi Eliezer : on transporte mรชme dans un beit kor (trente se'a). Hanania va jusqu'ร quarante se'a, mesure de l'istratya du roi.
Rachi : esplanade derriรจre le palais, oรน l'on se promรจne. Il y a donc une dira ร cette taille. La michna cite Rabbi Ilai, et laisse Hanania.
Rabbi Yo'hanan a dit : tous deux ont exposรฉ un seul verset, car il est dit : Et il arriva, Yeshaya n'รฉtait pas encore sorti vers la cour du milieu. Il est รฉcrit : la ville.
Et nous lisons : cour. De lร , pour l'istratya du roi, qu'elles รฉtaient comme des villes moyennes.
Rabbi Yo'hanan : Rabbi Ilai et Hanania lisent II Melakhim 20, 4. Ketiv (ce qui est รฉcrit) : la ville. Keri (ce qui est lu) : la cour. L'istratya royale a donc la taille d'une ville moyenne, et le verset l'appelle cour.
Rachi : la cour du milieu est derriรจre le palais de Hizkiya. Une cour placรฉe devant les maisons aurait reรงu le nom d'extรฉrieure. Le texte de Rachi ici dit qu'elle n'a pas รฉtรฉ entourรฉe pour l'habitation, tout en รฉtant appelรฉe cour malgrรฉ sa taille de ville.
Sur quoi divergent-ils ? L'un tient : les villes moyennes font un beit kor.
Et l'autre tient : elles font quarante se'a.
Le verset est commun. La mesure de la ville moyenne fait le dรฉsaccord. Le premier chiffre, le beit kor, est celui de Rabbi Ilai. Le second, quarante se'a, est celui de Hanania.
Et Yeshaya, que venait-il y faire ? Rabba bar bar Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : cela enseigne que Hizkiya tomba malade, et Yeshaya alla et installa une yechiva ร sa porte.
Que faisait Yeshaya sur cette esplanade, hors du chemin de la sortie ? Hizkiya รฉtait malade. Yeshaya installa une yechiva ร sa porte. Rachi : les รฉlรจves รฉtudient la Torah, et l'ange de la mort n'entre pas.
Le Ben Yehoyada confronte Berakhot 10a : Yeshaya annonce le dรฉcret, et Hizkiya demande sa fille. Quatre lectures. Mort par un baiser : l'ange ne ferait que craindre, et la yechiva l'empรชche d'entrer. Yeshaya n'avait pas dรฉsespรฉrรฉ : le dรฉcret devait briser le cลur pour la priรจre. Il avait dรฉsespรฉrรฉ, puis il est revenu quand Hizkiya a parlรฉ de la misรฉricorde. Enfin : usage pour un talmid 'hakham malade, ou publication du miracle.
De lร , pour un talmid 'hakham qui est malade : on installe une yechiva ร sa porte. Et la chose ne se fait pas, de peur qu'on en vienne ร provoquer le Satan contre lui.
On tire de l'รฉpisode une conduite : yechiva ร la porte d'un talmid 'hakham malade. La Guemara l'รฉcarte. On risquerait d'irgoui (provocation) du Satan contre lui. Rachi : le Satan est l'ange de la mort. S'il voit une querelle, il s'en prend ร eux.
Le Ben Yehoyada suit le Ritva : l'รฉcart vise les disciples ordinaires. L'acte de Yeshaya, prophรจte, reste en place. Le Maharsha, sans le Ritva, place la crainte du nidoui sur le malade.
Et ainsi j'ai entendu de lui : les gens d'une cour, si l'un a oubliรฉ et n'a pas fait l'รฉrouv, sa maison est interdite.
Deuxiรจme halakha de Rabbi Eliezer. Un habitant de la cour a oubliรฉ l'รฉrouv. Sa maison est interdite.
Rachi lit la michna aprรจs un bittoul rechout (annulation de son droit dans la cour). Sans annulation, la part de chacun interdit la cour. Rabbi Ilai : annuler la cour annule aussi la maison. Il devient un hรดte. Eux usent de sa maison. Lui ne sort pas de sa maison vers la cour : il reprendrait son domaine et les interdirait. Au chapitre Ha-dar (69b), celui qui a donnรฉ son droit puis a sorti, par erreur ou volontairement, interdit.
Le Roch cite la michna en clair : interdit ร lui, permis ร eux. Il ajoute l'arkablin ร Pessa'h, et la recherche d'un compagnon parmi les รฉlรจves de Rabbi Eliezer.
Or n'avons-nous pas appris : sa maison est interdite, pour sortir et pour introduire, ร lui et ร eux ?!
Objection. Une michna dit la maison interdite ร lui et ร eux, ร l'entrรฉe comme ร la sortie. Rabbi Ilai, dans la formulation courte, laisse la permission aux autres.
Tossefot ferme une issue : placer cette michna dans le seul cas oรน il annule explicitement le droit de sa maison. La phrase je ne me suis pas trouvรฉ de compagnon resterait sans portรฉe. Autre lecture : la michna vise mรชme un bittoul non prรฉcisรฉ.
Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit que Rav Chechet a dit : il n'y a pas de difficultรฉ,
Rav Chechet, par Rav Houna fils de Rav Yehochoua : lo kachya, pas de difficultรฉ. La phrase continue au daf suivant.
Le Roch donne le partage. L'une suit Rabbi Eliezer : annuler la cour annule la maison. L'autre suit les Sages : la maison reste. Cinq rรฉsidents : un seul bittoul selon Rabbi Eliezer, un bittoul envers chacun selon les Sages. S'il nomme ensemble la cour et la maison, les Sages aussi tiennent l'annulation, dรจs qu'il l'a exprimรฉe.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).