Sougya : Rav Chechet partage les deux formulations : Rabbi Eliezer, annuler la cour annule aussi la maison ; les Sages, la maison reste. Rahava et Rav Houna bar Hinana en tirent le cas de cinq rรฉsidents : un seul bittoul selon Rabbi Eliezer, un bittoul envers chacun selon les Sages.
Rav Pappa demande ร Abaye ce que vaut une parole explicite, contraire ร la prรฉsomption. Abaye rรฉpond : dรจs qu'il a rรฉvรฉlรฉ son intention, il a rรฉvรฉlรฉ.
Puis l'arkablin de Pessa'h, le hadran du chapitre, et la michna nouvelle : on fait l'รฉrouv avec tout aliment, sauf l'eau et le sel.
Celle-ci, Rabbi Eliezer. Celle-lร , les Sages.
Suite du daf prรฉcรฉdent. Deux formulations sur la maison de celui qui a oubliรฉ l'รฉrouv. Rav Chechet les rรฉpartit.
Rachi : la michna rapportรฉe par Rabbi Ilai, j'ai entendu de Rabbi Eliezer, suit Rabbi Eliezer. L'autre formulation suit les Sages.
ร formuler ainsi. Selon Rabbi Eliezer : celui qui annule le droit de sa cour a annulรฉ le droit de sa maison.
Selon les Sages : celui qui annule le droit de sa cour n'a pas annulรฉ le droit de sa maison.
Keshitimtsei lomar : ร formuler ainsi. Rabbi Eliezer : le bittoul de la cour emporte la maison, sans qu'il la nomme. Les Sages : la maison reste.
Rachi : s'il avait nommรฉ la maison, tout le monde permettrait, et Rabbi Ilai n'aurait pas cherchรฉ en vain un compagnon. La michna parle donc d'un bittoul laissรฉ sans prรฉcision.
C'est รฉvident !
La Guemara s'รฉtonne. Le partage entre Rabbi Eliezer et les Sages est dรฉjร le sujet de la mahloket. ร quoi sert la formule de Rav Chechet ?
Rahava dit : moi et Rav Houna bar Hinana, nous l'avons expliquรฉ. Ce n'รฉtait nรฉcessaire que pour cinq personnes qui rรฉsident dans une mรชme cour, et l'une d'elles a oubliรฉ et n'a pas fait l'รฉrouv.
Rahava et Rav Houna bar Hinana donnent la portรฉe. Cinq rรฉsidents, un seul ร oubliรฉ. Selon Rabbi Eliezer, le bittoul est be-ayin yafa : gรฉnรฉreux. Nommer la cour emporte la maison. Nommer un rรฉsident emporte les autres.
Selon les Sages, ce qui n'est pas nommรฉ reste. Il faut annuler envers chacun. Celui qui a reรงu la part ne l'a pas comptรฉe dans l'รฉrouv de la veille : ร cette heure, elle n'รฉtait pas ร lui. Tous restent interdits. Au chapitre Ha-dar, Eruvin 70b : un transfert fait de jour, avant l'รฉrouv, entre dans l'รฉrouv. Aprรจs la nuit, il interdit.
Le Roch rรฉsume le mรชme enchaรฎnement, jusqu'ร la parole claire : s'il nomme ensemble la cour et la maison, les Sages aussi tiennent l'annulation.
Selon Rabbi Eliezer : quand il annule son droit, il n'a pas ร annuler envers chacun.
Consรฉquence pour les cinq. Selon Rabbi Eliezer, un seul bittoul couvre tous les rรฉsidents.
Le Roch enchaรฎne longuement. D'abord le cadre : la cour est permise, la maison interdite, parce qu'il a annulรฉ la cour et que les Sages laissent la maison. Rabbeinou Meir fixe la halakha comme les Sages. La rรจgle de suivre l'avis lรฉger en รฉrouv ne joue pas ici : Rabbi Eliezer a aussi une sรฉvรฉritรฉ, on n'annule pas une seconde fois. Cinq rรฉsidents : bittoul envers chacun. S'il nomme la maison, les Sages la tiennent annulรฉe, permise ร lui et ร eux.
Puis le Roch passe ร d'autres rรจgles. Ce qui est ร eux est permis ร lui et ร eux, parce qu'il est un hรดte. Le Yerushalmi, expliquรฉ par Rabbeinou Hananel, parle d'un non-Juif de passage dans le mavoi : kessador et aksenaya, selon l'habitude et l'autorisation d'entrer. Un seul face ร cinq est un hรดte ; cinq face ร un seul ne le sont pas. Deux qui ont oubliรฉ s'interdisent encore, mรชme aprรจs un bittoul de l'un vers l'autre, s'il n'avait pas de permission dans la cour au moment du bittoul. Enfin, qui peut donner son droit ร qui : celui qui n'a pas fait l'รฉrouv donne ร celui qui l'a fait ; l'inverse, et deux oublieux entre eux, ne donnent pas.
Selon les Sages : quand il annule son droit, il doit annuler envers chacun.
Selon les Sages, le bittoul vise la personne nommรฉe. Cinq rรฉsidents : il rรฉpรจte l'annulation envers chacun. Mรชme raisonnement que pour la maison : le non-dit reste.
Selon qui va cette baraรฏta : cinq personnes rรฉsident dans une mรชme cour, l'une d'elles a oubliรฉ et n'a pas fait l'รฉrouv ; quand il annule son droit, il n'a pas ร annuler le droit envers chacun. Selon qui ?
Selon Rabbi Eliezer.
Une baraรฏta dit le bittoul unique. La Guemara l'aligne sur Rabbi Eliezer, celui qui annule be-ayin yafa.
Rav Kahana l'enseigne ainsi. Rav Tavyoumi l'enseigne ainsi : selon qui va cette baraรฏta : cinq personnes rรฉsident dans une mรชme cour, l'une d'elles a oubliรฉ et n'a pas fait l'รฉrouv ; quand il annule son droit, il n'a pas ร annuler le droit envers chacun.
Selon qui ? Rav Houna bar Yehouda a dit que Rav Chechet a dit : selon qui ?
Selon Rabbi Eliezer.
Deux transmissions. Rav Kahana : la formule de Rav Chechet porte sur la michna, et Rahava avec Rav Houna l'appliquent aux cinq. Rav Tavyoumi : Rav Chechet lui-mรชme, par Rav Houna bar Yehouda, dit que la baraรฏta suit Rabbi Eliezer.
Rachi : Rabbi Eliezer tient le bittoul be-ayin yafa.
Rav Pappa dit ร Abaye : selon Rabbi Eliezer, s'il a dit : je n'annule pas ; et selon les Sages, s'il a dit : j'annule, qu'en est-il ?
Rav Pappa sort du cas silencieux. Selon Rabbi Eliezer, le dรฉfaut annule la maison : et s'il dit qu'il n'annule pas ? Selon les Sages, le dรฉfaut laisse la maison : et s'il dit qu'il annule ?
Rachi prรฉcise l'objet : le droit de la maison. La question porte sur la permission aux autres rรฉsidents.
La raison de Rabbi Eliezer est-elle qu'il tient : celui qui annule le droit de sa cour a annulรฉ le droit de sa maison, et celui-ci a dit : moi, je n'annule pas ?
Premiรจre branche, pour Rabbi Eliezer. Son motif serait une prรฉsomption : annuler la cour annule la maison. Alors une parole contraire, je n'annule pas, reprend le dessus.
Ou bien la raison de Rabbi Eliezer est qu'une maison sans cour, les gens n'ont pas l'usage d'y habiter. Et quand il dit : je n'annule pas, il n'est pas en son pouvoir.
Mรชme s'il dit : j'habite, il n'a rien dit.
Seconde branche. Le motif de Rabbi Eliezer serait dans les faits : une maison sans cour n'est pas une habitation. Dรจs qu'il a annulรฉ la cour, garder la maison par la parole dรฉpasse son pouvoir. Dire j'habite ne change rien.
Rachi : il s'est lui-mรชme interdit la cour qu'il leur a annulรฉe. Sans cour, la dira de la maison ne compte pas pour lui.
Et selon les Sages, s'il a dit : j'annule. Quelle est la raison des Sages ?
Est-ce qu'ils tiennent : celui qui annule le droit de sa cour n'a pas annulรฉ le droit de sa maison, et celui-ci a dit : j'annule ?
Mรชme question, cรดtรฉ Sages. Si leur motif est seulement le dรฉfaut, celui qui annule la cour laisse la maison, alors sa parole j'annule annule aussi la maison.
Ou bien la raison des Sages est qu'un homme n'a pas l'usage de se retirer entiรจrement d'une maison et d'une cour, et il est comme un hรดte auprรจs d'eux. Et celui-ci, quand il dit : j'annule, il dit ce qui n'est pas en son pouvoir.
Seconde branche, cรดtรฉ Sages. Un homme ne se retire pas tout entier de sa maison et de sa cour. Il resterait un hรดte parmi eux. Sa parole j'annule sort de l'usage.
Rachi : batla daato, son intention est รฉcartรฉe au regard de tous. Seul le bittoul de la cour tient.
Il lui dit : tant selon les Sages que selon Rabbi Eliezer, dรจs qu'il a rรฉvรฉlรฉ son intention, il a rรฉvรฉlรฉ.
Abaye rรฉpond ร Rav Pappa. Les deux avis suivent la parole claire. Gali daatei, gali : dรจs qu'il a manifestรฉ, c'est manifeste.
S'il dit qu'il n'annule pas la maison, elle reste, mรชme selon Rabbi Eliezer. S'il dit qu'il l'annule, elle est annulรฉe, mรชme selon les Sages. Le dรฉfaut ne joue que lร oรน il s'est tu.
Et ainsi j'ai entendu de lui : on s'acquitte avec l'arkablin ร Pessa'h. Qu'est-ce que l'arkablin ?
Rech Lakich a dit : atsouta harouziata.
Troisiรจme tradition de Rabbi Eliezer, rapportรฉe par Rabbi Ilai. ร Pessa'h, on s'acquitte avec l'arkablin. Rech Lakich : c'est l'atsouta harouziata.
Rachi : fibre รฉpaisse (siv) autour du palmier, enroulรฉe comme un collier, avec un goรปt de maror. Tossefot, au nom du Ri : le maror doit รชtre une espรจce de semences, comme la matsa. ร Pessahim 39a, le harhavina est dรฉjร l'atsouta du palmier. Peut-รชtre deux espรจces, toutes deux enroulรฉes au palmier.
L'autre glose porte sur : je ne me suis pas trouvรฉ de compagnon. Soit ses รฉlรจves seulement : Rabbi Eliezer ben Yaakov a reconnu la chose. Soit personne qui l'ait entendue de Rabbi Eliezer.
Nous reviendrons ร toi, On fait des cloisons.
Hadran alakh : clรดture du chapitre Osin pasin. La ligne suivante ouvre la michna du chapitre nouveau.
Michna. Avec tout on fait l'รฉrouv et l'association, sauf l'eau et le sel.
Michna neuve. รrouv et shittuf (association du mavoi) se font avec tout aliment, sauf l'eau et le sel.
Rachi inclut l'รฉrouv des cours et l'รฉrouv des tรฉhoumin. Le motif : la pensรฉe et la dira sont lร oรน est la nourriture. Les parts dรฉposรฉes dans une maison font de tous une seule rechout. Pour le tรฉhoum, c'est comme s'il avait couchรฉ lร : deux mille coudรฉes partent de ce point.
Tossefot : l'รฉrouv des cours exige du pain selon tous, Eruvin 71b. Ce chapitre porte sur les tรฉhoumin.
Et tout s'achรจte avec l'argent du maasser, sauf l'eau et le sel. Celui qui voue de s'interdire la nourriture est permis pour le sel et pour l'eau.
Deux rรจgles parallรจles. L'argent du maasser cheni achรจte tout aliment ร Jรฉrusalem, sauf l'eau et le sel. Rachi cite Devarim 14:26 : l'argent va ร ce que l'รขme dรฉsire, pour son repas. La Guemara donnera le motif : eau et sel ne sont pas un fruit issu d'un fruit.
Un vลu qui interdit la nourriture laisse le sel et l'eau.
Le Roch recopie la michna jusqu'au kohen. Rabbi Yehouda : mรชme un cimetiรจre, parce qu'il peut forcer le passage et manger.
On fait l'รฉrouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israรซl avec de la terouma. Somkhos dit : avec du houlin.
L'รฉrouv tรฉhoumin doit รชtre une nourriture, et elle doit รชtre propre ร quelqu'un. Pour un nazir, le vin reste valable : il est propre ร d'autres. Pour un Israรซl, la terouma reste valable : elle est propre au kohen.
Somkhos exige du houlin, une chose propre ร cet Israรซl. Rachi note qu'il ne conteste pas le vin du nazir. La Guemara dira pourquoi.
Et pour un kohen dans un beit ha-peras. Rabbi Yehouda dit : mรชme entre les tombes.
On pose un รฉrouv tรฉhoumin pour un kohen dans un beit ha-peras, champ oรน une tombe a รฉtรฉ labourรฉe : impuretรฉ douteuse, d'ordre rabbinique. Rachi : l'enseignement est anonyme, distinct de Somkhos. Il doit pouvoir aller prendre l'รฉrouv et le manger, sinon il n'acquiert pas sa chevita. L'entrรฉe se fait par nipouah : il souffle et marche.
Rabbi Yehouda va plus loin : mรชme entre les tombes.
Tossefot confronte Pessahim 92a. Pour le Pessa'h, on ne maintient pas le dรฉcret lร oรน il y a karet : omettre le sacrifice est aussi un karet. Pour la terouma, la mort suffit ร maintenir le dรฉcret, et l'on ne vรฉrifie pas. Ici, l'impuretรฉ du kohen est un lav. On ne maintient pas le dรฉcret face ร une mitsva. Faire un รฉrouv, mรชme pour une chose facultative, se fait d'ordinaire pour une mitsva. Une grande mitsva, รฉtudier, se marier, juger, sauver son bien, est permise mรชme sans souffle. Berakhot 19b : l'honneur des crรฉatures permet une impuretรฉ rabbinique, on enjambe les cercueils.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).