Eruvin 27a - On n'apprend pas des règles générales

Eruvin 27a

Sougya : La michna se termine sur Rabbi Yehouda : un érouv pour un kohen jusque dans un cimetière, parce qu'il peut dresser une cloison, aller et manger. Rabbi Yo'hanan pose ensuite un principe : on n'apprend pas d'une règle générale, même là où elle dit sauf.

La Guemara le rattache à la michna des mitsvot positives, puis Abaye et Ravina en donnent deux autres preuves, le zav et l'eau avec le sel. Rabbi Eliezer et Rabbi Yossi bar Hanina se partagent la limite de l'eau et du sel mélangés, pour l'érouv et pour l'argent du maasser.

Rabbi Yitshak tranche pour le maasser ; la saumure reste un cas à part, et Rav Yossef commence à répondre.

Rabbi Yo'hanan : on n'apprend pas des kelalot Même là où le kelal dit sauf, un cas peut rester dehors Kelal cité Ce que le kelal dit Cas laissé dehors Mitsvot Kiddouchin Aseh du temps : femmes dispensées Matsa, simha, hakhel femmes tenues Mitsvot suite Aseh sans temps : femmes tenues Torah, pirya, pidyon femmes dispensées Zav Porté sur lui : tahor sauf couche, siège, homme Merkav : le tafus de la selle Érouv Tout aliment sauf eau et sel Truffes et champignons Trois preuves : la michna des mitsvot, le kelal du zav, la michna de l'érouv.
Rabbi Yohanan : un kelal, même s'il dit sauf, peut laisser un cas dehors. Trois preuves sur ce daf : les mitsvot, le zav, l'érouv.
Le kelal des mitsvot positives Michna de Kiddouchin. Rabbi Yo'hanan parle de celle-ci. Sorte de mitsva Kelal enseigne Exceptions du daf Aseh que le temps cause Hommes tenus femmes dispensées Matsa, première nuit Simha de la fête Hakhel, femmes et enfants Aseh sans temps fixe Hommes et femmes tenus Étude de la Torah Pirya ve-rivya Pidyon ha-ben Le mot sauf n'y figure pas. D'où le même de Rabbi Yo'hanan.
La michna de Kiddouchin donne le kelal des mitsvot positives. Chaque branche a ses exceptions, et le mot sauf n'y est pas dit.
Eau et sel, seuls ou mélangés Deux traditions sur le même lo shanou Eau seule, ou sel seul Ni érouv, ni achat au maasser Eau et sel mélangés On y trempe le pain Version érouv Le mélange sert d'érouv Pour le maasser : non Il faut un péri Version maasser Le mélange s'achète À plus forte raison il sert d'érouv Rabbi Yitshak enseigne la version maasser Objection : la saumure, graisse du poisson, ou entrailles mélangées. Eau et sel seuls, non.
Eau ou sel seuls : ni érouv ni maasser. Mélangés, une tradition permet l'érouv, l'autre permet aussi l'achat. Le maasser exige un péri. Rabbi Yitshak suit le maasser ; la saumure est un cas à part.
1
מפני שיכול לחוץ, ולילך ולאכול.

parce qu'il peut interposer une cloison, aller et manger.

📜 Rachi (1)
לחוץ לעשות מחיצה בינו ובין הקבר שלא יאהיל עליו וכגון בשידה תיבה ומגדל יכנס שם מבעוד יום בעגלות אם ירצה אלמא חזי ליה:
Interposer : faire une cloison entre lui et la tombe, pour qu'il ne forme pas une tente au-dessus d'elle. Par exemple une caisse, un coffre ou une armoire : il y entre de jour, sur des chariots, s'il le veut. Il en ressort que cela lui est propre.
🗂️ Tossefot (1)
מפני שיכול לחוץ ולילך ולאכול אבל אי לאו הכי לא הוי עירוב אע"ג דחזי לישראל משום דהוי הוא במקום אחד ועירובו במקום אחר והיינו טעמא דת"ק דלא הוי עירוב ולא משום דס"ל כסומכוס ומיהו ר' יהודה משמע דסבר כסומכוס מדקאמר ולאכול וכן קאמר בברייתא לקמן (עירובין דף לא.) מערבין לכהן טהור בתרומה טהורה משמע דבעי מידי דחזי ליה:
Parce qu'il peut interposer, aller et manger. Sans cela, ce n'est pas un érouv, bien que la chose soit propre à un Israël, parce que lui est en un lieu et son érouv en un autre lieu. Telle est la raison du premier Tanna pour dire que ce n'est pas un érouv. Il ne tient pas cette raison de l'avis de Somkhos. Rabbi Yehouda, lui, semble tenir comme Somkhos, puisqu'il dit : et manger. De même la baraita plus loin (Eruvin 31a) dit : on fait l'érouv pour un kohen pur avec de la terouma pure. Il en ressort qu'il faut une chose qui lui soit propre.
⚖️ Rosh (1)
בכל מערבין ומשתתפין חוץ מן המים ומן המלח. הכל נלקח בכסף מעשר חוץ מן המים ומן המלח. הנודר מן המזון מותר במים ומלח. מערבין לנזיר ביין ולישראל בתרומה. סומכוס אומר בחולין. ולכהן בבית הפרס רבי יהודה אומר אפי' בבית הקברות מפני שיכול לחוץ ולאכול:
Avec tout on fait l'érouv et l'association, sauf l'eau et le sel. Tout s'achète avec l'argent du maasser, sauf l'eau et le sel. Celui qui voue de s'interdire la nourriture est permis pour l'eau et le sel. On fait l'érouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israël avec de la terouma. Somkhos dit : avec du houlin. Et pour un kohen dans un beit ha-peras. Rabbi Yehouda dit : même dans un cimetière, parce qu'il peut interposer une cloison et manger.
💡 Explication

Fin de la michna commencée au daf précédent. Rabbi Yehouda permet de poser un érouv tehoumin pour un kohen jusque dans un cimetière. Il peut dresser une cloison entre lui et la tombe, entrer de jour, aller manger l'érouv sans former d'ohel (tente) sur la tombe.

Rachi donne l'exemple : caisse, coffre, armoire, entrée sur un chariot. La chose lui est alors propre.

Tossefot : sans cette possibilité, l'érouv tombe, parce que l'homme et son érouv ne sont pas au même lieu. Le premier Tanna s'appuie sur ce motif. Rabbi Yehouda, en exigeant qu'il puisse manger, rejoint Somkhos : il faut une chose propre à celui pour qui on pose l'érouv. La baraita d'Eruvin 31a va dans ce sens, terouma pure pour un kohen pur.

Le Roch recopie la michna du chapitre, de l'eau et du sel jusqu'à cette cloison.

🖼️ Schéma
Kohen dans le cimetière, selon Rabbi Yehouda Kohen Il doit manger l'érouv sur place Cloison Caisse, coffre ou armoire Tombe Pas de tente au-dessus d'elle -> -> Il entre de jour, sur un chariot s'il veut, va et mange.
Le kohen sépare la tombe par une cloison, entre de jour, va manger l'érouv.
2
גמ׳ אמר רבי יוחנן: אין למידין מן הכללות, ואפילו במקום שנאמר בו חוץ.

Guemara. Rabbi Yo'hanan a dit : on n'apprend pas des règles générales, même à l'endroit où il est dit sauf.

📜 Rachi (2)
גמ' אין למידין מן הכללות כל היכא דתנן כלל לא אמרינן דוקא הוא דאיכא כלל דלא דק במילתיה ואיכא מילי דליתנהו בההוא כלל כי הנך דאמרינן לקמן:
On n'apprend pas des règles générales : partout où l'on enseigne un kelal, on ne le tient pas pour exact. Il existe un kelal dont l'auteur n'a pas été précis dans sa formulation, et il y a des cas qui n'y entrent pas, comme ceux que l'on dira plus loin.
ואפילו במקום שנאמר בו חוץ מדבר פלוני דאיכא למימר מדאפקיה להאי וודאי דק בכלליה אפילו הכי לא ילפינן מיניה דדלמא שייר ולא אפיק כל מאי דבעי:
Et même à l'endroit où il est dit sauf, au sujet de telle chose. On pourrait dire : puisqu'il a sorti celui-ci, il a certainement été précis dans son kelal. Malgré cela, on n'en apprend pas : peut-être a-t-il laissé de côté, et n'a-t-il pas sorti tout ce qu'il fallait sortir.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan : un kelal (règle générale) ne se lit pas comme une liste fermée. Cela vaut même quand le Tanna a déjà dit sauf (houtz).

Rachi : le mot sauf donne l'impression que le reste du kelal a été pesé. Il peut pourtant rester un cas non cité. Les preuves viennent dans la suite du daf.

3
מדקאמר: אפילו במקום שנאמר בו חוץ, מכלל דלאו הכא קאי, היכא קאי?

Du fait qu'il dit : même à l'endroit où il est dit sauf, on déduit qu'il ne se tient pas ici. Où se tient-il ?

📜 Rachi (1)
מדקאמר רבי יוחנן אפי' מכלל דכי אמרה למילתיה לאו הכא אמרה דהכא נאמר בו חוץ וממילתיה משמע דאכלל שלא נאמר בו חוץ אמרה ומש"ה אמר אפי' כלומר לא מיבעיא היכא דלא נאמר בו חוץ אלא אפי' במקום שנאמר בו חוץ:
Du fait qu'il dit : Rabbi Yo'hanan dit même. On déduit que, lorsqu'il a dit sa parole, il ne l'a pas dite ici. Car ici il est dit sauf. De sa parole il ressort qu'il l'a dite au sujet d'un kelal où il n'est pas dit sauf. C'est pourquoi il dit même. Le sens : il n'est pas besoin de parler de l'endroit où il n'est pas dit sauf ; cela vaut même à l'endroit où il est dit sauf.
💡 Explication

La michna d'ici dit déjà sauf l'eau et le sel. Si Rabbi Yo'hanan visait cette michna, le mot même serait de trop : il parlerait du cas lui-même, non d'un cas plus fort.

Rachi lit donc le même ainsi : le principe vaut d'abord là où le kelal ne dit pas sauf, et il vaut encore là où le kelal le dit. Reste à trouver la michna visée.

4
התם קאי כל מצות עשה שהזמן גרמא, אנשים חייבין ונשים פטורות. ושלא הזמן גרמא, אחד נשים ואחד אנשים חייבין.

Il se tient là-bas. Toute mitsva positive que le temps cause : les hommes sont tenus et les femmes sont dispensées.

Et celle que le temps ne cause pas : les femmes comme les hommes sont tenus.

📜 Rachi (1)
ונשים פטורות בפרק קמא דקידושין (דף לד.) יליף טעמא:
Et les femmes sont dispensées : au premier chapitre de Kiddouchin (34a), on apprend la raison.
💡 Explication

La parole de Rabbi Yo'hanan vise la michna de Kiddouchin (29a, et la suite en 34a). Deux kelalot : l'asseh que le temps cause (zman grama), femmes dispensées ; l'asseh que le temps ne cause pas, femmes tenues avec les hommes.

Rachi renvoie à Kiddouchin 34a pour la source de la dispense. Cette michna ne dit pas sauf. Le segment suivant montre qu'elle laisse pourtant des cas dehors.

5
וכללא הוא דכל מצות עשה שהזמן גרמא נשים פטורות? הרי מצה שמחה והקהל, דמצות עשה שהזמן גרמא הוא, ונשים חייבות.

Et est-ce un kelal, que pour toute mitsva positive que le temps cause les femmes sont dispensées ? Or il y a la matsa, la joie et le rassemblement, qui sont une mitsva positive que le temps cause, et les femmes y sont tenues.

📜 Rachi (3)
מצה לילה הראשונה חובת עשה היא בערב תאכלו מצות (שמות י״ב:י״ח) ושאר כל הימים אם רצה להסתפק בבשר בלא לחם אין חובה עליו לאכול:
Matsa : la première nuit est une obligation positive, le soir vous mangerez des matsot (Chemot 12:18). Les autres jours, s'il veut se contenter de viande sans pain, aucune obligation de manger ne pèse sur lui.
שמחה ושמחת אתה וביתך (דברים י״ד:כ״ו) הרי נשים במשמע ומצה נמי חובה לנשים במס' פסחים (דף מג.) מהיקישא דלא תאכל עליו חמץ שבעת ימים תאכל עליו מצות כל שישנו בבל תאכל חמץ ישנו בקום אכול מצה ונשים ישנן בבל תאכל חמץ דכל מצות לא תעשה נשים מוזהרות כאנשים בפ"ק דקידושין (דף כט.):
Joie : tu te réjouiras, toi et ta maison (Devarim 14:26), les femmes sont comprises. La matsa aussi est une obligation pour les femmes, dans le traité Pessahim (43a), par le hekech de : tu ne mangeras pas sur lui du hamets ; sept jours tu mangeras sur lui des matsot. Quiconque est dans l'interdiction de manger du hamets est dans l'obligation de manger la matsa. Les femmes sont dans l'interdiction de manger du hamets, car pour toute mitsva négative les femmes sont averties comme les hommes, au premier chapitre de Kiddouchin (29a).
הקהל במועד שנת השמטה בחג הסוכות המלך עומד על בימה וקורא לפניהן מצות משנה תורה כדאיתא בסוטה (דף מא.) וכתיב האנשים והנשים והטף:
Le rassemblement : à la fête de l'année de chemita, à la fête de Souccot, le roi se tient sur une estrade et leur lit les mitsvot du Devarim, comme il est rapporté à Sota (41a). Et il est écrit : les hommes, les femmes et les enfants.
💡 Explication

Première branche du kelal, mise à l'épreuve. Matsa de la première nuit, simha de la fête, hakhel : trois asseh fixés dans le temps, et les femmes y sont tenues.

Rachi précise la matsa : seule la première nuit est un asseh. La simha inclut la maison, donc les femmes ; la matsa des femmes vient du hekech avec l'interdiction du hamets. Hakhel : le roi lit le Devarim à Souccot de l'année de chemita, et le verset nomme les femmes.

6
וכל מצות עשה שלא הזמן גרמא נשים חייבות? הרי תלמוד תורה, פריה ורביה, ופדיון הבן, דמצות עשה שלא הזמן גרמא ונשים פטורות. אלא אמר רבי יוחנן: אין למידין מן הכללות ואפילו במקום שנאמר בו חוץ.

Et toute mitsva positive que le temps ne cause pas, les femmes y sont-elles tenues ? Or il y a l'étude de la Torah, fructifiez et multipliez, et le rachat du fils, qui sont des mitsvot positives que le temps ne cause pas, et les femmes en sont dispensées.

Plutôt, Rabbi Yo'hanan a dit : on n'apprend pas des règles générales, même à l'endroit où il est dit sauf.

📜 Rachi (3)
תלמוד תורה נשים פטורות דכתיב ולמדתם אותם את בניכם ולא בנותיכם:
Étude de la Torah : les femmes en sont dispensées, car il est écrit : vous les enseignerez à vos fils, et non à vos filles.
פריה ורביה דכתיב פרו ורבו ומלאו וכבשוה איש דרכו לכבוש ואין אשה דרכה לכבוש (יבמות דף סה:):
Fructifiez et multipliez : car il est écrit : fructifiez, multipliez, remplissez et soumettez-la. La voie de l'homme est de soumettre, la voie de la femme n'est pas de soumettre (Yevamot 65b).
פדיון בנו הבכור חובה על האב ולא על האם בקידושין (דף כט.) שמעינן לה מדכתיב תפדה קרי ביה תפדה כל שחייב ליפדות חייב לפדות את בנו ואשה אינה בכלל פדיון עצמה דכתיב (שמות י״ג:ט״ו) בכור בניך תפדה ולא בנותיך אינה נמי במצות פדיון בנה הבכור:
Rachat : le rachat de son fils premier-né incombe au père, et non à la mère. À Kiddouchin (29a) on l'apprend de l'écrit tu rachèteras, que l'on lit tu seras racheté. Quiconque est tenu d'être racheté est tenu de racheter son fils. Une femme n'entre pas dans le rachat d'elle-même, car il est écrit (Chemot 13:15) : le premier-né de tes fils tu rachèteras, et non tes filles. Elle n'entre pas non plus dans la mitsva de racheter son fils premier-né.
💡 Explication

Seconde branche. Le kelal dirait : tout asseh sans temps fixe oblige les femmes. Trois cas restent dehors : talmud Torah, pirya ve-rivya, pidyon ha-ben.

Rachi donne le verset de chacun. L'étude : vos fils, non vos filles. La fécondité : soumettez-la vise l'homme (Yevamot 65b). Le rachat : on lit tifde comme tipade, quiconque doit être racheté racheté son fils ; la femme n'est pas dans son propre rachat, donc pas dans celui de son fils.

Les deux kelalot laissent des cas dehors, et aucun ne dit sauf. D'où la formule de Rabbi Yo'hanan, y compris pour l'endroit où sauf est dit.

🖼️ Schéma
Le kelal des mitsvot positives Michna de Kiddouchin. Rabbi Yo'hanan parle de celle-ci. Sorte de mitsva Kelal enseigne Exceptions du daf Aseh que le temps cause Hommes tenus femmes dispensées Matsa, première nuit Simha de la fête Hakhel, femmes et enfants Aseh sans temps fixe Hommes et femmes tenus Étude de la Torah Pirya ve-rivya Pidyon ha-ben Le mot sauf n'y figure pas. D'où le même de Rabbi Yo'hanan.
Les deux kelalot de Kiddouchin, et les cas que chacun laisse dehors.
7
אמר אביי, ואיתימא רבי ירמיה: אף אנן נמי תנינא, עוד כלל אחר אמרו: כל שנישא על גבי הזב — טמא, וכל שהזב נישא עליו — טהור, חוץ מן הראוי למשכב ומושב, והאדם. ותו ליכא? והא איכא מרכב?!

Abaye a dit, et d'autres disent Rabbi Yirmeya : nous aussi, nous l'avons appris. Ils ont dit encore un autre kelal : tout ce qui est porté sur le zav est impur, et tout ce sur quoi le zav est porté est pur, sauf ce qui est propre à la couche et au siège, et l'homme.

Et il n'y a rien de plus ? Or il y a le merkav !

📜 Rachi (3)
כל שנישא על גבי הזב עליונו של זב דכתיב (ויקרא ט״ו:י׳) בכל אשר יהיה תחתיו ואמר בפרק בנות כותים (נדה דף לג.) מאי תחתיו אי נימא תחתיו דזב היינו משכב אלא בכל אשר יהיה הזב תחתיו והיינו עליונו של זב:
Tout ce qui est porté sur le zav : le dessus du zav. Car il est écrit (Vayikra 15:10) : tout ce qui sera sous lui. Et l'on dit au chapitre Benot Koutim (Nida 33a) : que signifie sous lui ? Si l'on dit : sous le zav, c'est la couche. Plutôt : tout ce sous quoi le zav se trouvera. C'est le dessus du zav.
חוץ מן הראוי למשכב ומושב אבל שאינו ראוי טהור כדאמר בחומר בקודש (חגיגה דף כג:) יכול כפה סאה וישב עליה יהא טמא תלמוד לומר והיושב על הכלי אשר ישב עליו מי שמיוחד לישיבה יצא זה שאינו מיוחד לישיבה שאומרים עמוד ונעשה מלאכתנו:
Sauf ce qui est propre à la couche et au siège : ce qui n'est pas propre reste pur, comme on le dit à Houmer ba-kodech (Haguiga 23b). On pourrait penser : s'il a renversé un se'ah et s'est assis dessus, cela serait impur. Le verset dit : et celui qui s'assied sur l'ustensile sur lequel il s'est assis. Il s'agit de ce qui est réservé à la station assise. Est sorti ce qui n'est pas réservé à la station assise, car on lui dit : lève-toi, et nous ferons notre travail.
והאדם דכתיב והנושא אותם אף הזב במשמע אותם:
Et l'homme : car il est écrit : et celui qui les porte. Le zav aussi est compris dans eux.
🗂️ Tossefot (2)
כל שנישא על גבי הזב אם נפרש דבהיסט איירי שמסיט כולו הוי כל דוקא ובכמה דוכתי קרי להיסט משא אבל אי מיירי בעליונו של זב שאינו מסיט כולו ושמקצתו נגרר בארץ דלאו היסט הוא כדאמר (ת"כ פ' מצורע) איזהו מגע שהוא ככולו הוי אומר זה היסטו מספקא לר"י אי שייך בכל דבר או לא דעליונו של זב נפקא לן מבכל אשר יהיה תחתיו הזב אי הוי דומיא דמשכב ומושב שאינו נוהג אלא בדבר הראוי לכך או לא:
Tout ce qui est porté sur le zav. Si l'on explique qu'il s'agit du heset, lorsqu'il déplace l'objet tout entier, alors le mot tout est exact. En plusieurs endroits on appelle le heset un portage. Mais s'il s'agit du dessus du zav, qu'il ne déplace pas tout entier, et dont une partie traîne à terre, ce n'est pas un heset, comme il est dit (Torat Kohanim, paracha Metsora) : quel est le contact qui équivaut au tout ? C'est son heset. Le Ri reste dans le doute : cela vaut-il pour toute chose, ou non ? Car le dessus du zav, nous l'apprenons de : tout ce qui sera sous lui, le zav. Est-ce semblable à la couche et au siège, qui ne s'appliquent qu'à une chose propre à cela, ou non ?
כל שהזב נישא עליו טהור אומר רבינו תם דטהור מטומאה חמורה דאינו מטמא אדם וכלים אבל טמא טומאה קלה כגון לטמא אוכלין ומשקין אף על גב דאינו ראוי למשכב ומושב ומייתי ראיה מפרק דם הנדה (נדה דף נד:) דקאמרינן אי מה היא עושה משכב ומושב כו' אף (מדוה) נמי עושה משכב ומושב לטמא אדם לטמא בגדים ומשני אמר קרא היא ולא דמה אי מה היא מטמאה באבן מסמא אף מדוה נמי והשתא כיון שמיעט דמה מדין משכב ומושב מאי קאמרינן תו דליטמא באבן מסמא והא אבן מסמא היינו משכב ומושב דמטעם משכב ומושב הוא דמיטמא כדקתני בתורת כהנים אפילו עשרה כלים זה על זה ואפילו על גבי אבן מסמא מניין תלמוד לומר כל המשכב ואבן מסמא מפרש רבינו תם דהיינו אבן גדולה שיש כלים תחתיה ואין מרגישין הכלים בכובד הזב היושב על האבן שבלא הזב האבן כבידה ביותר ומפרש התם רבינו תם דהכי פירושו אי מה היא כו' כלומר דנהי שמיעטת דמה מטומאה חמורה אכתי מניין שלא יטמא טומאה קלה אף על גב דממעט ממשכב ומושב צריך למעט מטומאה קלה והיינו משום דאפילו דבר שאינו ראוי למשכב ומושב מטמא טומאה קלה ואין נראה דבהדיא כתיב בתורת כהנים תניא כל אשר ישכב עליו הזב יטמא יכול יטמא דבר שאינו ראוי לשכיבה לא מה היא אינה מטמאה כו' יכול הוא והיא לא יטמאו טומאה חמורה אבל יטמאו טומאה קלה תלמוד לומר משכב אלמא מידי דלא חזי למשכב ומושב טהור לגמרי ונראה לפרש דמה שמרבה בתורת כהנים אבן מסמא מוכל המשכב היינו דוקא לטומאה קלה ושמא בשום מקום ממעט לה מטומאה חמורה אבל מידי דלא חזי למשכב ומושב אפי' טומאה קלה ליכא ולכך אע"ג דמיעט דמה מדין משכב ומושב לענין טומאה חמורה עדיין צריך למעט מדין אבן מסמא שהוא לענין טומאה קלה:
Tout ce sur quoi le zav est porté est pur. Rabbeinou Tam dit : pur d'une impureté grave, il ne rend pas impurs l'homme et les ustensiles ; mais impur d'une impureté légère, par exemple pour rendre impurs les aliments et les boissons, même s'il n'est pas propre à la couche et au siège. Il en apporte la preuve du chapitre Dam ha-nida (Nida 54b). On dit : si, de même qu'elle produit une couche et un siège, le flux aussi produirait une couche et un siège, pour rendre impur l'homme et rendre impurs les vêtements. Le verset répond : elle, et non son sang. Si, de même qu'elle rend impur par une even mesama, le flux aussi. Or, puisqu'on a exclu le sang du statut de couche et de siège, que dit-on encore, qu'il rendrait impur par une even mesama ? L'even mesama relève de la couche et du siège : c'est à cause de la couche et du siège qu'elle devient impure, comme on enseigne dans la Torat Kohanim : même dix ustensiles l'un sur l'autre, et même sur une even mesama, d'où le sait-on ? Le verset dit : toute couche. Rabbeinou Tam explique l'even mesama : une grande pierre, avec des ustensiles dessous ; les ustensiles ne sentent pas le poids du zav assis sur la pierre, car sans le zav la pierre est déjà extrêmement lourde. Et là-bas Rabbeinou Tam explique ainsi le si, de même qu'elle : admettons que l'on ait exclu le sang de l'impureté grave, d'où sait-on encore qu'il ne rendra pas impur d'une impureté légère ? Bien qu'on l'exclue de la couche et du siège, il faut l'exclure de l'impureté légère. Et cela, parce que même une chose impropre à la couche et au siège rendrait impur d'une impureté légère. Cela ne se tient pas, car la Torat Kohanim l'enseigne explicitement : tout ce sur quoi le zav se couchera sera impur. On pourrait penser qu'il rend impur une chose impropre à la couche. Réponse : de même qu'elle ne rend pas impur. On pourrait penser : lui et elle ne rendent pas impur d'une impureté grave, mais ils rendent impur d'une impureté légère. Le verset dit : couche. Il en ressort qu'une chose impropre à la couche et au siège est pure entièrement. Il convient d'expliquer ainsi : ce que la Torat Kohanim inclut, l'even mesama, à partir de toute couche, ne vise que l'impureté légère. Peut-être l'exclut-on quelque part de l'impureté grave. Mais une chose impropre à la couche et au siège n'a même pas d'impureté légère. C'est pourquoi, bien que l'on ait exclu le sang du statut de couche et de siège pour l'impureté grave, il faut encore l'exclure du statut d'even mesama, qui vise l'impureté légère.
💡 Explication

Abaye, ou Rabbi Yirmeya, apporte un second kelal, dans les lois du zav. Ce qui est porté sur le zav est tamei. Ce sur quoi le zav est porté est tahor, sauf un objet propre au mishkav ou au moshav, et l'homme. La Guemara demande : le merkav, ce qui sert à chevaucher, manque à la liste.

Rachi : le dessus du zav sort de tout ce qui sera sous lui (Vayikra 15:10), lu comme tout ce sous quoi le zav se trouve. Un se'ah renversé n'est pas un siège : on dit lève-toi, nous travaillons. L'homme qui porte le zav est impur, car le verset et celui qui les porte inclut le zav lui-même.

Tossefot, première glose : si le kelal parle du heset (déplacer l'objet entier), le mot tout est exact, et la preuve de Rabbi Yo'hanan tombe. S'il parle du dessus du zav, dont une partie traîne, le Ri doute : cette impureté vaut-elle pour tout objet, ou seulement pour un objet propre à cet usage, comme le mishkav ?

Seconde glose. Rabbeinou Tam lit tahor comme libre de l'impureté grave, tout en restant impur pour les aliments. La suite de la glose écarte cette lecture : la Torat Kohanim tient pour pure entièrement une chose impropre à la couche. L'even mesama, grosse pierre déjà lourde, reste un vrai mishkav, et c'est elle que l'on discute pour l'impureté légère.

8
מרכב היכי דמי? אי דיתיב עליה — היינו מושב. אנן הכי קאמרינן: הא איכא גבא דאוכפא, דתניא: האוכף — טמא מושב, והתפוס — טמא מרכב. אלא שמע מינה אין למידין מן הכללות ואפילו במקום שנאמר בו חוץ.

Le merkav, de quoi s'agit-il ? S'il s'assied dessus, c'est un siège.

Voici ce que nous disons : or il y a le pommeau de la selle. Car on enseigne : la selle est impure comme siège, et le tafus est impur comme merkav.

On en déduit : on n'apprend pas des règles générales, même à l'endroit où il est dit sauf.

📜 Rachi (1)
תפוס דאוכף ארצו"ן בלעז שכשרוכב תופס באותו עץ שנקרא ארצו"ן ולהכי מטמא משום מרכב:
Tafus : de la selle, arçon dans la langue du pays. Quand il chevauche, il saisit ce bois que l'on appelle arçon. C'est pourquoi il devient impur au titre de merkav.
🗂️ Tossefot (1)
אי דיתיב עלה היינו מושב תימה דבקרא כתיב מרכב ומושב ודינן חלוק זה מזה וי"ל דנהי דקרא מחלק בין ישיבה דרכיבה לישיבה דעלמא מ"מ התנא דקאמר חוץ מן הראוי למשכב ומושב כל עניני ישיבות קאמר ולא נימא דלא דק בכללי' משום הכי קאמר היינו מושב:
S'il s'assied dessus, c'est un siège. Difficulté : dans le verset il est écrit merkav et moshav, et leur statut diffère de l'un à l'autre. On peut répondre : le verset distingue bien la station de celui qui chevauche de la station ordinaire. Malgré cela, le Tanna qui dit sauf ce qui est propre à la couche et au siège vise toutes les sortes de stations assises. On ne dira pas pour cela qu'il a manqué de précision dans son kelal. C'est pourquoi la Guemara dit : c'est un siège.
💡 Explication

Le merkav où l'on s'assied est déjà un moshav, et le kelal l'a exclu. Le cas laissé dehors est le gaba d'oukafa, le haut de la selle : la selle elle-même est tamei moshav, le tafus (arçon que le cavalier saisit) est tamei merkav.

Tossefot : le verset sépare merkav et moshav. Le Tanna, en disant couche et siège, à pourtant visé toute station assise, y compris celle du cavalier. Le trou du kelal est le tafus, qui n'est pas un siège.

🖼️ Schéma
Selle du zav : siège et merkav Selle, oukaf Il s'y assied Tamei au titre de moshav Tafus, arçon Il le saisit en chevauchant Tamei au titre de merkav S'asseoir dessus est déjà un siège, exclu par le kelal Le tafus reste dehors : on n'apprend pas du kelal, même avec sauf
La selle est un siège. Le tafus, bois saisi en chevauchant, est un merkav que le kelal n'a pas nommé.
9
אמר רבינא, ואיתימא רב נחמן: אף אנן נמי תנינא: בכל מערבין ומשתתפין, חוץ מן המים והמלח. ותו ליכא? והא איכא כמיהין ופטריות?! — אלא שמע מינה: אין למידין מן הכללות ואפילו במקום שנאמר בו חוץ.

Ravina a dit, et d'autres disent Rav Nahman : nous aussi, nous l'avons appris. Avec tout on fait l'érouv et l'association, sauf l'eau et le sel.

Et il n'y a rien de plus ? Or il y a les truffes et les champignons !

On en déduit : on n'apprend pas des règles générales, même à l'endroit où il est dit sauf.

💡 Explication

Ravina, ou Rav Nahman, ramène le principe à la michna de ce chapitre. Elle dit sauf l'eau et le sel, et laisse pourtant dehors les kemehin (truffes) et les pitriyot (champignons), qui ne servent pas d'érouv.

Ici le mot sauf est dit, et un cas manque encore. C'est le cas fort de la formule de Rabbi Yo'hanan.

10
הכל ניקח בכסף מעשר כו׳. רבי אליעזר ורבי יוסי בר חנינא, חד מתני אעירוב וחד מתני אמעשר.

Tout s'achète avec l'argent du maasser, etc. Rabbi Eliezer et Rabbi Yossi bar Hanina : l'un l'enseigne au sujet de l'érouv, et l'un l'enseigne au sujet du maasser.

📜 Rachi (1)
חד מתני אעירוב וחד מתני אמעשר האי לא שנו דקאמרינן לקמן:
L'un l'enseigne au sujet de l'érouv, et l'un au sujet du maasser : c'est ce on n'a enseigné que, que l'on dira plus loin.
💡 Explication

Retour au second kelal de la michna : tout s'achète avec l'argent du maasser cheni, sauf l'eau et le sel. Rabbi Eliezer et Rabbi Yossi bar Hanina ont la même tradition, répartie sur deux sujets : l'érouv, ou le maasser.

Rachi : la tradition est le lo shanou des segments suivants, eau seule et sel seul.

11
חד מתני אעירוב: לא שנו אלא מים בפני עצמו ומלח בפני עצמו דאין מערבין. אבל במים ומלח — מערבין.

L'un l'enseigne au sujet de l'érouv : on n'a enseigné cela que pour l'eau prise seule et le sel pris seul, avec lesquels on ne fait pas l'érouv. Mais avec de l'eau et du sel, on fait l'érouv.

🗂️ Tossefot (1)
אבל במים ומלח מערבין בסמוך מוקי בשנותן לתוכן שמן וקשה דתיפוק לי משום שמן כדפריך לקמן (עמוד ב') אמעשר והכא לא שייך שינויא דהתם ויש לומר דהכא איצטריך דאף על גב דלא הוי מן השמן מזון שתי סעודות:
Mais avec de l'eau et du sel on fait l'érouv. Plus loin on établit le cas où l'on met de l'huile dedans. Difficulté : que la permission sorte à cause de l'huile, comme on objecte plus loin (au verso) au sujet du maasser. Et ici la réponse de là-bas ne s'applique pas. On peut dire : ici l'enseignement était nécessaire, bien que l'huile n'atteigne pas la nourriture de deux repas.
💡 Explication

Version érouv. Le sauf de la michna vise l'eau seule et le sel seul. Eau et sel mélangés servent d'érouv.

Tossefot : le verso précisera qu'il y a de l'huile dans le mélange. L'huile, à elle seule, pourrait porter l'érouv, comme on l'objectera pour le maasser. La réponse de là-bas ne vaut pas ici. L'enseignement reste utile quand l'huile est en dessous de la nourriture de deux repas : le mélange eau-sel fait alors l'érouv.

12
וחד מתני אמעשר: לא שנו אלא מים בפני עצמו ומלח בפני עצמו, דאין ניקחין. אבל מים ומלח — ניקחין בכסף מעשר.

Et l'autre l'enseigne au sujet du maasser : on n'a enseigné cela que pour l'eau prise seule et le sel pris seul, qui ne s'achètent pas. Mais l'eau et le sel s'achètent avec l'argent du maasser.

📜 Rachi (1)
מים ומלח המעורבין מזון הן לטבל בהן פתו:
Eau et sel : mélangés, ils sont une nourriture, pour y tremper son pain.
💡 Explication

Version maasser. Eau seule ou sel seul : pas d'achat avec l'argent du maasser cheni. Le mélange s'achète.

Rachi : mélangés, ils nourrissent, on y trempe le pain.

13
מאן דמתני אמעשר, כל שכן אעירוב. ומאן דמתני אעירוב, אבל אמעשר לא. מאי טעמא — פירא בעינן.

Celui qui l'enseigne au sujet du maasser, à plus forte raison au sujet de l'érouv. Celui qui l'enseigne au sujet de l'érouv, pour le maasser, non.

Quelle est la raison ? Il nous faut un fruit.

📜 Rachi (1)
פירא בעינן כדלקמן (עמוד ב') מכלל ופרט:
Il nous faut un fruit : comme plus loin (au verso), à partir du klal et du prat.
🗂️ Tossefot (1)
מאן דמתני אמעשר כ"ש אעירוב וקשה הא איכא כמיהין ופטריות וכפניות ופולין יבישין דאמרינן לקמן דאין מערבין בהן אף על גב דמסתמא נקנין בכסף מעשר דפרי מפרי הן וגידולי קרקע ויש לומר הא דאין מערבין בהן היינו משום דלא חזו אלא ע"י תיקון וגבי עירוב צריך שיהו ראויין לאכילה בשעה שהעירוב חל אבל לטמא טומאת אוכל או ליקח בכסף מעשר שפיר דמי כיון דחזו על ידי תיקון אבל דבר שאין צריך תיקון אם ניקח בכסף מעשר כל שכן דמערבין בו וכן משני לקמן אכפניות דלענין טומאת אוכל שאני דראוי למתקן על ידי האור ומתני' דמעילה דקתני ובמזון שתי סעודות לעירוב וכביצה לטמא טומאת אוכלין דמשמע דהא בהא תליא כדאמר לקמן היינו בדבר שאין צריך תיקון ורבא דאמר וכי מערבין בתפוחים לחדודי ההוא מדרבנן עבד דהא אטו מי לא הוה ידע דניקח בכסף מעשר דהוי פירי מפירי וגדולי קרקע דאין לומר דמיירי בתפוחים של יער דצריך למתקן דאם כן לא מייתי שפיר ממתני' דמעילה:
Celui qui l'enseigne au sujet du maasser, à plus forte raison au sujet de l'érouv. Difficulté : or il y a les truffes, les champignons, les kafniyot et les fèves sèches. On dit plus loin qu'on ne fait pas l'érouv avec elles, bien qu'en principe elles s'achètent avec l'argent du maasser, car elles sont un fruit issu d'un fruit et une pousse du sol. On peut dire : si l'on ne fait pas l'érouv avec elles, c'est qu'elles ne sont propres qu'au moyen d'une préparation. Pour l'érouv, il faut qu'elles soient propres à être mangées au moment où l'érouv prend effet. Pour rendre impur d'une impureté d'aliment, ou pour être achetées avec l'argent du maasser, c'est valable, puisqu'elles sont propres au moyen d'une préparation. Mais une chose qui n'a pas besoin de préparation, si elle s'achète avec l'argent du maasser, à plus forte raison on fait l'érouv avec elle. De même on répond plus loin au sujet des kafniyot : pour l'impureté d'aliment c'est différent, car elles sont propres à être améliorées par le feu. Et la michna de Meila, qui enseigne : la nourriture de deux repas pour l'érouv, et comme un œuf pour rendre impurs les aliments, d'où il ressort que l'un dépend de l'autre, comme on le dit plus loin, vise une chose qui n'a pas besoin de préparation. Et Rava, qui dit : est-ce qu'on fait l'érouv avec des pommes ? C'était pour aiguiser. Celui-là a agi à la manière des maîtres. Ignorait-il qu'elles s'achètent avec l'argent du maasser, puisqu'elles sont un fruit issu d'un fruit et une pousse du sol ? On ne dira pas qu'il s'agit de pommes de forêt, qu'il faut préparer : sinon il ne tirerait pas correctement la preuve de la michna de Meila.
💡 Explication

Le maasser est le cas étroit. Qui permet le mélange pour l'achat le permet, à plus forte raison, pour l'érouv. Qui ne l'enseigne que pour l'érouv le refuse pour le maasser : l'achat exige un péri (fruit). Eau et sel, même mélangés, ne sont pas un péri.

Rachi renvoie au verso : la limite vient d'un klal u-frat.

Tossefot borne ce report. Truffes, champignons, kafniyot (dattes non mûres) et fèves sèches s'achètent au maasser, comme fruit issu d'un fruit et pousse du sol, et pourtant on n'en fait pas d'érouv : elles ne sont mangeables qu'après tikoun (préparation). L'érouv doit être mangeable à l'heure où il prend effet. Une chose déjà mangeable, si le maasser l'achète, sert à plus forte raison d'érouv. La michna de Meila, deux repas pour l'érouv et un œuf pour l'impureté d'aliment, vise ce cas-là. La question de Rava sur les pommes était pour aiguiser : il savait qu'elles sont un péri.

🖼️ Schéma
Quel maître entraîne l'autre Il enseigne le maasser Le mélange est un achat Donc aussi un érouv Il enseigne l'érouv Le mélange est un érouv Maasser : il faut un péri Le maasser est le cas étroit. L'érouv suit. L'inverse ne suit pas. Rachi : le péri viendra du klal u-frat, au verso.
Enseigner le maasser entraîne l'érouv. Enseigner l'érouv laisse le maasser dehors, faute de péri.
14
כי אתא רבי יצחק, מתני אמעשר. מיתיבי: העיד רבי יהודה בן גדיש לפני רבי אליעזר: של בית אבא היו לוקחין ציר בכסף מעשר. אמר לו: שמא לא שמעת אלא כשקרבי דגים מעורבין בהן. ואפילו רבי יהודה בן גדיש לא קאמר אלא בציר, דשומנא דפירא היא, אבל מים ומלח — לא.

Quand Rabbi Yitshak est venu, il l'a enseigné au sujet du maasser. On objecte : Rabbi Yehouda ben Gadich a témoigné devant Rabbi Eliezer : dans la maison de mon père, on achetait de la saumure avec l'argent du maasser.

Il lui a dit : peut-être n'as-tu entendu cela que lorsque des entrailles de poissons y sont mélangées. Et même Rabbi Yehouda ben Gadich ne l'a dit qu'au sujet de la saumure, qui est la graisse du fruit.

Mais l'eau et le sel, non.

📜 Rachi (3)
כי אתא ר' יצחק מתני להאי לא שנו אמעשר:
Quand Rabbi Yitshak est venu, il a enseigné : ce on n'a enseigné que, au sujet du maasser.
דשומנא דפירא אפילו כשאין קרבי דגים מעורבים בו יש שם קצת משמנן עם המים ומלח:
Qui est la graisse du fruit : même lorsqu'il n'y a pas d'entrailles de poissons mélangées, il y a là un peu de leur graisse avec l'eau et le sel.
אבל מים ומלח דעלמא דלאו ציר הוא לא אמר:
Mais l'eau et le sel : ordinaires, qui ne sont pas de la saumure, il ne l'a pas dit.
💡 Explication

Rabbi Yitshak, venu de la terre d'Israël, fixe la tradition sur le maasser : eau et sel mélangés s'achètent.

L'objection est une baraita. Rabbi Yehouda ben Gadich : chez mon père, on achetait du tzir (saumure de poisson) avec l'argent du maasser. Rabbi Eliezer rétrécit le témoignage : peut-être seulement quand des entrailles de poissons sont mélangées, donc un vrai péri.

La Guemara resserre encore. Même ben Gadich ne parlait que de saumure, choumna de-pira, la graisse du fruit : un peu de graisse de poisson reste dans l'eau salée. Rachi : cela vaut même sans entrailles visibles. L'eau et le sel ordinaires restent exclus. L'objection atteint donc la version de Rabbi Yitshak.

15
אמר רב יוסף:

Rav Yossef a dit :

💡 Explication

Rav Yossef prend la parole pour répondre à l'objection. Sa réponse ouvre le daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).