Sougya : Rav Yossef répond à l'objection de la fin de 27a. L'enseignement de Rabbi Yitshak, eau et sel mélangés achetés avec l'argent du maasser cheni, ne vise que l'huile versée dedans, quand le prix de l'eau et du sel est inclus dans le sien, par havla'a.
Ben Bag Bag lit le verset du maasser, Devarim 14:26 : bœuf avec sa peau, menu bétail avec sa toison, vin avec sa cruche, temed une fois fermenté. Rabbi Yo'hanan demande pourquoi ba-bakar est écrit, puisque la toison, plus éloignée, est déjà permise.
La Guemara revient ensuite à Rabbi Yehouda ben Gadich et Rabbi Eliezer : ribbouy u-miout contre kelal u-prat. Abaye place la différence des deux baraitot sur les poissons.
La page s'arrête sur une objection.
Cela n'était nécessaire que pour le cas où il y a mis de l'huile.
Suite de Rav Yossef, ouvert à la fin de 27a. L'enseignement de Rabbi Yitshak vise l'eau et le sel mélangés achetés avec l'argent du maasser cheni dans un seul cas : on a versé de l'huile dans le mélange.
L'huile est un aliment. Elle donne au mélange un appui pour l'achat. Rachi le dit en clair : sans cette huile, l'enseignement ne portait pas.
Abaye lui dit : qu'on le déduise à cause de l'huile ! Il ne le faut que là où il a inclus le prix de l'eau et du sel par havla'a.
Abaye : s'il y a de l'huile, l'achat est déjà permis à cause d'elle. L'enseignement sur l'eau et le sel n'ajoute rien.
Réponse : le cas est la havla'a, l'inclusion du prix. On paie l'huile plus cher, et le surplus couvre l'eau et le sel. Rachi : Rabbi Yitshak permet cette façon de payer.
Et par havla'a, est-ce permis ? Oui.
On a enseigné : Ben Bag Bag dit : ba-bakar enseigne qu'on achète un bœuf avec sa peau. Ou-va-tson enseigne qu'on achète du menu bétail avec sa toison.
Ou-va-yayin enseigne qu'on achète du vin avec sa cruche. Ou-va-chekhar enseigne qu'on achète du temed une fois qu'il a fermenté.
La havla'a est permise. Rachi : ve-hatanya est dit en benihuta, ton d'accord. Ben Bag Bag lit les mots du verset du maasser cheni, Devarim 14:26.
Ba-bakar : le bœuf s'achète avec sa peau, et la peau sort en houlin. On ne la revend pas pour manger sa contre-valeur à Jérusalem. Tson ajoute la toison, en plus de la peau. Yayin : la cruche d'argile sort en houlin. Chekhar : le temed, eau versée sur le marc, une fois la fermentation achevée, compte comme du vin.
La peau seule n'est pas un aliment, et le verset dit et tu mangeras. Ce qui accompagne l'aliment entre dans le même prix, puis quitte la sainteté du maasser.
Rabbi Yo'hanan a dit : qui m'interprétera ba-bakar selon Ben Bag Bag, je porterai ses vêtements derrière lui jusqu'au bain.
Rabbi Yo'hanan cherche qui lui montrera pourquoi ba-bakar devait être écrit, dans la lecture de Ben Bag Bag. Porter les vêtements jusqu'au bain est une marque d'honneur.
Quelle est la raison ? Tous sont nécessaires, hormis ba-bakar, qui ne l'est pas.
En quoi sont-ils nécessaires ? Si le Miséricordieux avait écrit seulement ba-bakar, j'aurais dit : c'est le bœuf qui s'achète avec sa peau, parce qu'elle est son corps.
Mais le menu bétail avec sa toison, qui n'est pas son corps, je dirais non.
Tous les mots servent, sauf ba-bakar. Avec bakar seul, on limiterait l'achat au bœuf et à sa peau : la peau fait corps avec lui, on ne l'écorche pas vivant.
La toison se tond sur l'animal vivant. Rachi : elle n'est pas le corps du péri. Sans le mot tson, on l'aurait laissée dehors.
Et si le Miséricordieux avait écrit ba-tson, avec sa toison, j'aurais dit : parce qu'elle lui est attachée. Mais le vin avec sa cruche, je dirais non.
Le mot tson permet la toison, attachée à l'animal. La cruche du vin n'en suit pas : c'est un récipient distinct de la boisson.
Et si le Miséricordieux avait écrit ba-yayin, j'aurais dit : parce que c'est là sa garde. Mais le temed une fois fermenté, qui n'est qu'une acidité, je dirais non.
Le Miséricordieux a écrit chekhar.
Yayin permet la cruche : elle est la netira du vin, ce qui le garde. Le temed fermenté resterait dehors.
Rachi glose kiuha par le verset de Jérémie : les dents agacées. Le temed est de l'eau où a passé l'acidité du marc, aigros. Chekhar l'inclut.
Et si le Miséricordieux avait écrit ba-chekhar, j'aurais dit : qu'est-ce que chekhar ? Une devela de Keila, qui est un fruit.
Mais le vin avec sa cruche, je dirais non.
La chaîne repart à l'envers. Chekhar seul se lirait comme la devela de Keila, figues pressées qui enivrent, donc un fruit. Rachi : la havla'a resterait interdite, et l'on n'apprendrait pas le prix de l'eau inclus dans un autre prix. À Keritot 13b, manger cette devela et entrer au Temple rend passible.
Tossefot : les derachot de havla'a sortent du bet en trop. Les noms eux-mêmes servent de prat, au moins deux, comme la haanaka à Kiddouchin 17a : tson seul exclurait les produits du sol, goren seul exclurait les vivants. À Chevouot 23a et Yoma 76a, une gezera chava avec le nazir empêche de lire le mot chekhar lui-même comme la devela. Ici, le bet viserait une devela mêlée d'eau, préparée ainsi d'ordinaire, plus considérable que le temed.
Et tu mangeras porte sur le corps du verset. Peau, toison et cruche ne se mangent pas : le verbe ne vise pas les mots en bet, et l'on n'en tire pas que boire compte comme manger.
Et si le Miséricordieux avait écrit le vin avec sa cruche : c'est là sa garde. Mais le menu bétail avec sa toison, je dirais non.
Le Miséricordieux a écrit tson : même avec sa toison.
Même retour en arrière. Le vin avec sa cruche serait permis, la cruche étant sa garde. La toison n'en suivrait pas. Le mot tson l'inclut, y compris la toison.
Ba-bakar, à quoi me sert-il ? Et si tu dis : si le Miséricordieux n'avait pas écrit ba-bakar, j'aurais dit : le menu bétail avec sa peau, oui ; avec sa toison, non.
Le Miséricordieux a écrit ba-bakar pour amener sa peau. Tson reste en trop, pour amener sa toison.
Ba-bakar semble inutile : qui permet la toison permet la peau du bœuf.
Tentative : sans bakar, on lirait tson comme la peau oui, la toison non. Bakar viendrait pour la peau, et tson, libéré, pour la toison.
Tossefot écarte une autre source. Le vin avec sa cruche apprendrait déjà la peau, si elle était un chômer comme à Houlin 118a. Une peau écorchée ne garde plus la chair. Le vin ne se conserve pas sans cruche.
Si le Miséricordieux n'avait pas écrit bakar, je n'aurais pas dit : menu bétail avec sa peau, oui ; avec sa toison, non. Car s'il en était ainsi, que le Miséricordieux écrive bakar : de lui-même, tson resterait en trop.
La tentative tombe. Si tson ne servait que pour la peau, le verset aurait écrit bakar, qui n'a pas de toison, et tson serait resté libre. On n'aurait donc pas lu, en l'absence de bakar, peau oui et toison non.
Et dès lors que le Miséricordieux a écrit tson, même avec sa toison, ba-bakar, à quoi me sert-il ? Maintenant que le menu bétail s'achète avec sa toison, le bœuf avec sa peau fait-il question ?
C'est ce que dit Rabbi Yo'hanan : qui m'interprétera ba-bakar selon Ben Bag Bag, je porterai ses vêtements jusqu'au bain.
Tson est écrit, et il inclut la toison. Ba-bakar n'a plus de rôle : le bœuf avec sa peau suit du menu bétail avec sa toison. C'est la difficulté pour laquelle Rabbi Yo'hanan promet le bain.
Sur quoi divergent Rabbi Yehouda ben Gadich, Rabbi Eliezer, et ces tannaïm ci-dessous ? Rabbi Yehouda ben Gadich et Rabbi Eliezer font la deracha par ribbouyim et mioutim.
Et ces tannaïm font la deracha par kelalim et pratim.
Retour au tzir, la saumure, du daf précédent. Rabbi Yehouda ben Gadich et Rabbi Eliezer lisent par ribbouy u-miout, amplification et restriction. Les tannaïm qui suivent lisent par kelal u-prat, règle générale et cas.
Rachi : les deux premiers admettent les poissons, et divergent sur la saumure. Sur les tannaïm d'en bas, sa glose dit que les deux formules excluent les poissons, et à plus forte raison le tzir. Plus bas, Abaye mettra la différence entre ces formules sur les poissons, et Rachi expliquera alors que, pour la première, ils se nourrissent du sol.
Rabbi Yehouda ben Gadich et Rabbi Eliezer font la deracha par ribbouyim et mioutim. Tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désire : il a amplifié.
Pour le bœuf, le menu bétail, le vin et le chekhar : il a restreint. Et pour tout ce que ton âme te demandera : il est revenu et a amplifié.
Il a amplifié, restreint et amplifié : il a tout amplifié. Qu'a-t-il amplifié ?
Il a amplifié toutes choses. Et qu'a-t-il restreint ?
Pour Rabbi Eliezer, il a restreint le tzir. Pour Rabbi Yehouda ben Gadich, il a restreint l'eau et le sel.
Règle : ribba u-mi'et ve-ribba, ribba ha-kol. Amplification, restriction, amplification : on amplifie tout, et le miout ne retire qu'un cas.
Le verset ouvre par tout ce que ton âme désire, resserre sur bœuf, menu bétail, vin et chekhar, puis rouvre par tout ce que ton âme te demandera. Rabbi Eliezer retire le tzir. Rabbi Yehouda ben Gadich retire l'eau et le sel. Rachi fixe cette leçon : l'eau et le sel, distincts du tzir.
Et ces tannaïm font la deracha par kelalim et pratim. Car on a enseigné : Tu donneras l'argent pour tout ce que ton âme désire : un kelal.
Pour le bœuf, le menu bétail, le vin et le chekhar : un prat. Et pour tout ce que ton âme te demandera : il est revenu et a posé un kelal.
Kelal, prat et kelal : tu ne juges qu'à la ressemblance du prat. Et de même que le prat est explicite, fruit issu d'un fruit et produits du sol, ainsi tout fruit issu d'un fruit et produit du sol.
Autre midda : kelal u-prat u-kelal, i ata dan ela ke-ein ha-prat. On ne retient que ce qui ressemble au détail.
Le prat est un péri mi-péri, fruit issu d'un fruit, et un guidoul karka, produit du sol. Rachi : le veau naît de sa mère, l'agneau de même, le raisin vient d'un pépin que l'on sème. Tous se nourrissent et croissent depuis le sol.
Et on a enseigné dans une autre : de même que le prat est explicite, rejeton des rejetons de la terre, ainsi tout rejeton des rejetons de la terre.
Seconde baraita, même midda, autre ressemblance : velad veladot ha-aretz, rejeton des rejetons de la terre. Rachi : créés depuis la terre au maasse bereshit.
Quelle différence entre eux ? Abaye a dit : les poissons font la différence.
Pour celui qui dit fruit issu d'un fruit et produits du sol, ces poissons sont des produits du sol. Pour celui qui dit rejeton des rejetons de la terre, les poissons ont été créés à partir de l'eau.
Mai beineihou, la différence entre les deux baraitot. Abaye répond : les poissons.
Selon péri mi-péri et guidoulei karka, les poissons sont des produits du sol. Rachi : ils se nourrissent depuis le sol. Ils s'achètent avec l'argent du maasser cheni.
Selon velad veladot ha-aretz, les poissons ont été créés de l'eau. Ils sortent de la ressemblance du prat.
Et Abaye a-t-il dit que les poissons sont des produits du sol ? Or Abaye a dit :
Objection ouverte. Abaye vient de compter les poissons parmi les guidoulei karka. La Guemara rappelle un autre enseignement d'Abaye. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).