Sougya : La page ouvre sur l'enseignement d'Abaye annoncé à la fin de 27b. Poutita, fourmi et frelon entraînent quatre, cinq et six malkouyot.
Si les poissons étaient des guidoulei karka, la poutita prendrait aussi le lav du sheretz de la terre. Ravina place donc la différence des deux baraitot sur les oiseaux : kelal final ou kelal initial, deux aspects ou trois.
Rav, au nom de Rav Chmouel bar Chilat, permet l'erouv avec le cresson, le pourpier et le mélilot, et l'interdit avec le haziz et les dattes insuffisamment mûres. Trois réponses lèvent l'interdiction de manger le mélilot.
Le haziz suit l'arrivée de Rav en Babylonie, et la Guemara demande si une région fait la majorité du monde.
S'il a mangé une poutita, il encourt quatre malkouyot. Une fourmi, il en encourt cinq.
Un frelon, il en encourt six. Et s'il en est ainsi, la poutita devrait elle aussi faire encourir une malkout, à cause de "le rampant qui rampe sur la terre".
Suite de la fin de 27b : "Or Abaye a dit". Abaye enseigne le compte des malkouyot pour une créature entière, une beria, même en dessous d'un kezayit.
La poutita est un sheretz de l'eau : quatre lavim. La fourmi, sheretz de la terre : cinq. Le frelon, sheretz volatile : six. Rachi détaille chaque verset, dans Vayikra 11 et Devarim 14.
Ve-im ita : s'il est vrai, comme Abaye le disait en 27b, que les poissons sont des guidoulei karka, la poutita devrait prendre aussi les lavim du sheretz de la terre. Rachi : le total serait sept, cinq de la terre et deux de l'eau. La baraita ne les donne pas. Les poissons sortent donc de cette catégorie. Tossefot discute le verset de Kedoshim, que Rachi laisse hors du compte.
Mais Ravina a dit : les oiseaux font la différence entre elles. Pour celui qui dit fruit issu d'un fruit et produits du sol, ceux-là aussi sont des produits du sol.
Pour celui qui dit rejeton des rejetons de la terre, ces oiseaux ont été créés à partir du rekak.
Ravina remplace les poissons. La différence entre les deux baraitot de 27b, ce sont les oiseaux.
Selon péri mi-péri et guidoulei karka, les oiseaux comptent parmi les produits du sol. Selon velad veladot ha-aretz, ils ont été créés du rekak, la boue, et cette origine les tient hors du prat.
Celui qui inclut les oiseaux, quelle est sa raison, et celui qui exclut les oiseaux, quelle est sa raison ?
Les deux avis lisent le même verset, Devarim 14:26, en kelal u-prat u-kelal. La Guemara demande le moteur de chacun : inclure les oiseaux, ou les exclure.
Celui qui inclut les oiseaux tient ceci : la généralité finale fait règle. Cas particulier puis généralité : la généralité s'ajoute au cas particulier, et toute chose est incluse.
Et la généralité initiale sert à exclure tout ce qui ne lui ressemble pas sous deux aspects.
Avis qui inclut les oiseaux. Dans un kelal u-prat u-kelal, le kelal final fait règle. On lit alors comme un prat suivi d'un kelal : le kelal ajoute, et le champ s'ouvre.
Le kelal initial garde un rôle. Il demande deux ressemblances avec le prat : péri mi-péri et guidoulei karka. Les oiseaux les ont. Les poissons n'ont que péri mi-péri. Rachi le dit en clair.
Tossefot aligne ces deux aspects sur le "un seul aspect" de Nazir 35b : ici ils sont de même rang. La dent et l'œil, à Kiddouchin 24b, donnent le même modèle.
Et celui qui exclut les oiseaux tient ceci : la généralité initiale fait règle. Généralité puis cas particulier : la généralité ne contient que ce qui est dans le cas particulier.
Ceux-là, oui. Toute autre chose, non.
Et la généralité finale sert à inclure tout ce qui lui ressemble sous trois aspects.
Avis qui exclut les oiseaux. Le kelal initial fait règle : on ne garde que le prat. Le kelal final rouvre un passage étroit, pour ce qui ressemble au prat sous trois aspects.
Les trois : péri mi-péri, guidoulei karka, velad veladot ha-aretz. Les oiseaux, créés du rekak, n'ont pas le troisième. Ils restent hors de l'achat du maasser cheni.
Rav Yehouda a dit au nom de Rav Chmouel bar Chilat, au nom de Rav : on fait l'erouv avec des pa'pa'in, des halaglogot et des goudgedaniyot, mais non avec du haziz ni avec des kafniyot.
Nouveau sujet : les aliments de l'erouv. Rav transmet une liste courte.
Pa'pa'in : cresson. Halaglogot : pourpier. Goudgedaniyot : mélilot. Avec eux, l'erouv est permis. Haziz : céréale coupée en herbe. Kafniyot : dattes qui n'ont pas mûri. Avec eux, non.
Et avec des goudgedaniyot, fait-on l'erouv ? Or on a enseigné : les goudgedaniyot, ceux qui ont beaucoup d'enfants en mangeront, ceux qui sont privés d'enfants n'en mangeront pas.
Et si elles ont durci pour la graine, même ceux qui ont beaucoup d'enfants n'en mangeront pas.
Objection. Une baraita limite la consommation du mélilot. Il diminue la seménce : les hasukhei banim, privés d'enfants, n'en mangent pas. Les meroubei banim, qui ont beaucoup d'enfants, le peuvent.
Si les tiges ont durci pour la graine, plus personne n'en mange. Un aliment d'erouv doit pouvoir se manger. La permission de Rav paraît trop large.
On l'explique : de ce qui n'a pas durci pour la graine, et pour ceux qui ont beaucoup d'enfants.
Première réponse. Rav vise le mélilot encore tendre, et un homme qui a déjà des enfants. Pour lui, l'herbe se mange, donc l'erouv tient.
Et si tu veux, dis : en réalité, même pour ceux qui sont privés d'enfants, puisque cela est apte à ceux qui ont beaucoup d'enfants. N'a-t-on pas enseigné : on fait l'erouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israël avec de la terouma.
Il en ressort : même si cela n'est pas apte à celui-ci, cela est apte à celui-là. Ici de même : même si cela n'est pas apte à celui-ci, cela est apte à celui-là.
Deuxième réponse. L'aliment d'erouv doit être mangeable pour quelqu'un, sans être mangeable pour celui qui pose cet erouv.
La michna : vin pour un nazir, terouma pour un Israël. Le vin est apte àux autres, la terouma est apte àu kohen. Le mélilot, interdit aux hasukhei banim, reste apte àux meroubei banim.
Et si tu veux, dis : quand Rav a parlé, c'était du hindkouki de Médie.
Troisième réponse. Rav parle d'une espèce de Médie, le hindkouki madai. Rachi : ces goudgedaniyot-là sont de bonne qualité. Elles n'ont pas le défaut de la baraita.
Et avec du haziz, non ? Or Rav Yehouda a dit que Rav a dit : le kechout et le haziz, on fait l'erouv avec eux, et l'on récite sur eux "qui crée le fruit du sol".
Deuxième volet de la phrase de Rav : pas de haziz. Une autre transmission dit l'inverse. Kechout, le houblon, et haziz servent à l'erouv, et l'on dit sur eux bore péri ha-adama, la berakha du fruit du sol.
Rachi place le changement au voyage de Rav. En Babylonie on mange ce fourrage. En le voyant mangé, Rav permet l'erouv. Avant cela, il l'interdisait.
Il n'y a pas de difficulté. Ceci, avant que Rav vienne en Babylonie.
Cela, après que Rav fut venu en Babylonie.
Les deux phrases de Rav se succèdent dans le temps. L'interdiction du haziz est d'avant son arrivée en Babylonie. La permission, et la berakha, sont d'après.
Et la Babylonie est-elle la majorité du monde ? Or on a enseigné : la fève, l'orge et le fenugrec qu'on a semés pour le légume, son intention s'annule devant tout homme.
C'est pourquoi leur graine est assujettie, et leur légume est exempt. Le cresson et la roquette qu'on a semés pour le légume : on en prélève le maasser, légume et graine.
Qu'on les ait semés pour la graine : on en prélève le maasser, graine et légume.
L'usage de Babylonie ne suffit pas à lui seul. La halakha suit la majorité du monde. La baraita le montre sur le maasser.
Fève, orge, fenugrec semés pour la verdure : presque personne ne les destiné à cela. Son intention s'annule. La graine doit le maasser, la verdure en est exempte. Cresson et roquette se mangent des deux façons : on suit celui qui sème, et les deux parts sont assujetties. L'ordre des mots dit laquelle est principale, explique Tossefot.
Tossefot demande pourquoi on ne répond pas comme à Chabbat 144b, où une région, l'Arabie, se distingue d'un seul homme. Réponse : le haziz existe partout et l'on n'en mange pas. Une région qui en mange ne pèse pas comme l'Arabie.
Quand Rav a dit,
La page s'arrête sur l'amorce de la réponse. Rachi glose ces mots : Rav parlait du cas où l'on fait l'erouv avec eux. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).