Eruvin 29a - Bettes, mesures de l'érouv, vin et oignons

Eruvin 29a

Sougya : La page reprend les bettes laissées en 28b. Une version permet l'érouv cru et place le danger sur le cuit à demi.

L'autre l'interdit, et Rachi fait porter l'interdit sur le cuit à demi. Le plat bien cuit, qui fait tokh tokh, sert au cœur, aux yeux et aux intestins.

Rava, l'esprit clair, est interrogé sur les pommes : Rav Nahman fixe un kav, les pêches étant d'un autre rang. Rav Yosef rétablit le mot de Rav, " et de même pour l'érouv ", sur la michna du pauvre à l'aire, à cause du demi-log de vin.

La fin distingue vin cuit et vin cru, fixe le vinaigre, puis les oignons : feuilles ou bulbes. L'amoud s'arrête au milieu de la phrase de Chmouel.

Bettes : deux versions, trois cuissons Rav Hamnouna et Rav Hisda. Le danger tient au cuit à demi Version de 28b Hamnouna permet les bettes crues Hisda : la crue tue un homme vivant Réponse : le cas est le cuit à demi Autre version Hamnouna interdit les bettes crues Motif : Hisda On en mange et on vit Réponse : là-bas, cuit et non cuit Rachi sur l'interdit Quand Hamnouna dit on ne fait pas d'érouv, il vise le cuit à demi La crue entière sort de ce cas Crue hayya Version 1 : érouv Version 2 : hors de la phrase fatale Cuit et non cuit bashil ve-lo bashil Tue un homme Pas un aliment sûr pour l'érouv Bien cuit tokh tokh Sur le foyer, réduit jusqu'à fondre Cœur, yeux, intestins
Deux versions sur les bettes crues. Le cuit à demi tue. Le plat qui fait tokh tokh est le degré utile.
Où Rav a dit : et de même pour l'érouv Rav Yosef : la michna. Goursak l'avait reporté sur la baraita Michna, pauvre à l'aire Baraita, R. Chimon b. Elazar Blé : demi-kav Orge : kav. R. Meir : demi-kav Épeautre : kav et demi Figues sèches : kav Devela : une maneh R. Akiva : un peras, demi-maneh Vin : demi-log. R. Akiva : une reviit Huile : une reviit. R. Akiva : un huitième Autres fruits, Abba Chaoul : de quoi vendre et acheter deux repas Rav : et de même pour l'érouv Oukla d'épices Litra de légume Dix noix Cinq pêches Deux grenades Un etrog Goursak, au nom de Rav Menashya, au nom de Rav : de même pour l'érouv Rav Yosef : erreur de transmission La phrase appartient à la michna Pommes : Rav Nahman, un kav Les pêches sont importantes : cinq suffisent Les pommes le sont moins : la mesure monte au kav Rachi : chaque aliment selon son rang, liftan ou fin de repas Preuve que Rav parlait de la michna Rav : érouv avec deux reviit de vin Deux reviit = le demi-log de la michna La baraita ne donne pas cette mesure
Rav a dit " et de même pour l'érouv " sur la michna du pauvre à l'aire. Les pommes restent à un kav.
Vin, vinaigre, oignons : quelle mesure Deux repas. Le rang de l'aliment décide la quantité Vin cru Deux reviit Boisson de deux repas Rav, corps du propos Égal au demi-log Vin cuit hamra mevachla De quoi y tremper le pain de deux repas Plus fort, moins de volume Vinaigre De quoi y tremper 1. Deux repas de légume 2. Le légume mangé avec le pain, deux repas Olives et oignons De quoi accompagner le pain de deux repas Baraita de R. Chimon ben Elazar Feuilles d'oignon R. Meir à Ardiska Érouv non valable Quatre coudées Danger : la feuille Bulbes, imahot Érouv valable Chmouel : la baraita mortelle vise les feuilles Les bulbes, sans réserve
Vin cru : deux reviit. Vin cuit : de quoi tremper le pain. Oignons : bulbes oui, feuilles non.
1
הַהוּא, בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל.

Celui-là : dans le cuit et non cuit.

📜 Rachi (1)
בְּשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל קְטִיל גַּבְרָא: אִיכָּא דְּאָמְרִי אָמַר רַב הַמְנוּנָא וְכוּ' וְהָא חָזֵינַן אִינָשֵׁי דְּאָכְלִי וְלָא מַיְיתֵי:
Cuit et non cuit : cela tue un homme. Il y a qui disent : Rav Hamnouna a dit, etc. Or nous voyons des gens qui en mangent et qui ne meurent pas.
💡 Explication

Fin de la question ouverte en 28b. Rav Hamnouna permet l'érouv avec des bettes crues. Rav Hisda dit qu'une bette crue tue un homme vivant.

La réponse : celui-là, le cas dangereux, est le cuit et non cuit, la bette cuite à demi. Rachi : ce degré tue un homme.

2
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין מְעָרְבִין בִּתְרָדִין חַיִּין, דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: סִילְקָא חַיָּיא קָטֵיל גַּבְרָא חַייָּא. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּקָא אָכְלִי וְלָא מָיְיתִי? הָתָם בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל.

Il y a qui disent : Rav Hamnouna a dit : on ne fait pas d'érouv avec des bettes crues, car Rav Hisda a dit : une bette crue tue un homme vivant. Or nous voyons qu'on en mange et qu'on n'en meurt pas ?

Là-bas, c'est dans le cuit et non cuit.

📜 Rachi (1)
הָתָם בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל כִּי קָאָמַר רַב הַמְנוּנָא אֵין מְעָרְבִין בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל:
Là-bas, dans le cuit et non cuit : quand Rav Hamnouna a dit qu'on ne fait pas d'érouv, c'est avec le cuit et non cuit.
💡 Explication

Deuxième version, à l'inverse de la première. Rav Hamnouna interdit les bettes crues, en s'appuyant sur Rav Hisda : la silka crue tue un homme vivant.

Difficulté : on en mange et on reste en vie. Réponse : le cas fatal est le cuit à demi. Rachi lit l'interdit de Hamnouna sur ce degré-là, le cuit et non cuit.

3
אָמַר רַב חִסְדָּא: תַּבְשִׁיל שֶׁל תְּרָדִין יָפֶה לַלֵּב וְטוֹב לָעֵינַיִם, וְכָל שֶׁכֵּן לִבְנֵי מֵעַיִים. אָמַר אַבַּיֵּי: וְהוּא דְּיָתֵיב אַבֵּי תָּפֵי וְעָבֵיד תּוֹךְ תּוֹךְ.

Rav Hisda a dit : un plat de bettes est bon pour le cœur, profitable aux yeux, et à plus forte raison pour les intestins. Abaye a dit : et c'est lorsqu'il repose sur le foyer et qu'il fait tokh tokh.

📜 Rachi (2)
אֲבִי תֻּפִּי בְּכִירָה מְקוֹם שְׁפִיתַת הַקְּדֵירָה:
Sur le foyer : le kirah, l'endroit où l'on pose la marmite.
וַעֲבִיד תּוּךְ תּוּךְ שֶׁמְּבֻושָּׁל יָפֶה וְנִצְטַמֵּק כֻּולּוֹ עַד שֶׁנִּימּוֹחַ וּכְשֶׁהוּא רוֹתֵחַ דּוֹמֶה כְּמַשְׁמִיעַ קוֹל זֶה תּוּךְ תּוּךְ:
Et il fait tokh tokh : il est bien cuit, il s'est entièrement réduit jusqu'à se défaire, et quand il bout il semble rendre ce son, tokh tokh.
💡 Explication

Après le danger du cuit à demi, le plat achevé. Rav Hisda : bon pour le cœur, profitable aux yeux, et à plus forte raison pour les intestins.

Abaye limite le bienfait. Il faut que le plat reste sur le foyer, à la place de la marmite, cuit jusqu'à se défaire, et que l'ébullition fasse tokh tokh.

🖼️ Schéma
Quand le plat de bettes est bon Sur le foyer bei tefi place de la marmite Bien cuit réduit, fondu Bruit tokh tokh l'ébullition Cœur, yeux, et intestins Abaye : le bienfait vaut pour ce degré de cuisson.
Le bienfait d'Abaye suppose le foyer, la réduction complète, et le bruit tokh tokh.
4
אָמַר רָבָא: הֲרֵינִי כְּבֶן עַזַּאי בְּשׁוּקֵי טְבֶרְיָא. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מֵרַבָּנַן לְרָבָא: תַּפּוּחִים בְּכַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: וְכִי מְעָרְבִין בְּתַפּוּחִים?

Rava a dit : me voici comme Ben Azzai sur les marchés de Tibériade. Un des maîtres dit à Rava : les pommes, à quelle mesure ?

Il lui dit : est-ce qu'on fait un érouv avec des pommes ?

📜 Rachi (1)
הֲרֵינִי כְּבֶן עַזַּאי בְּשׁוּקֵי טְבֶרְיָא יוֹמָא בְּדִיחָא הֲוָה לֵיהּ לְרָבָא וַאֲמַר לְהוּ לְתַלְמִידָיו הַשְׁתָּא צִילִי דַּעְתַּאי וַהֲרֵינִי מְזֻומָּן לְהָשִׁיב בַּחֲרִיפוּת לְכָל מִי שֶׁיִּשְׁאָלֵנִי כְּבֶן עַזַּאי שֶׁהָיָה דּוֹרֵשׁ בְּשׁוּקֵי טְבֶרְיָא וְלֹא הָיָה בְּיָמָיו עוֹקֵר הָרִים כְּמוֹתוֹ [וְהָיָה אוֹמֵר כָּל חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל לְפָנַי כִּקְלִיפַּת הַשּׁוּם חוּץ מִן הַקֵּרֵחַ הַזֶּה]:
Me voici comme Ben Azzai sur les marchés de Tibériade : Rava avait un jour de belle humeur. Il dit à ses élèves : maintenant mon esprit est clair, et me voici prêt à répondre avec tranchant à quiconque m'interrogera, comme Ben Azzai, qui exposait sur les marchés de Tibériade, et de son temps il n'y avait pas d'arracheur de montagnes comme lui. [Et il disait : tous les sages d'Israël sont devant moi comme une pelure d'ail, sauf ce chauve.]
💡 Explication

Rava se dit prêt, l'esprit clair, à la manière de Ben Azzai qui enseignait sur les marchés de Tibériade. Rachi : jour de belle humeur, et le mot de Ben Azzai sur les sages, sauf " ce chauve ".

Un maître en profite : les pommes, à quelle mesure pour l'érouv ? Rava renvoie la question : fait-on seulement un érouv avec des pommes ?

5
וְלֹא? וְהִתְנָן: כָּל הָאֳוכָלִין מִצְטָרְפִין לִפְסֹול אֶת הַגְּווִיָּה בַּחֲצִי פְרָס, וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב, וּכְבֵיצָה לְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִים!

Et non ? Or nous avons appris : tous les aliments se joignent pour rendre le corps impropre, à un demi-peras, et pour la nourriture de deux repas, pour l'érouv, et à un volume d'œuf, pour contracter l'impureté des aliments !

📜 Rachi (1)
לִפְסוֹל אֶת הַגְּוִויָּה אִם אָכַל אֹוכָלִין טְמֵאִין אע"ג שֶׁאֵין אֹוכֶל מְטַמֵּא אָדָם בְּמַגָּע אִי אָכִיל מִינַּייְהוּ חֲצִי פְּרָס דְּהַייְנוּ שְׁנֵי בֵּיצִים נִפְסַל מִלֶּאֱכֹול בִּתְרוּמָה כְּדִתְנַן בְּפִירְקִין דִּלְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף פב:) וַחֲצִי חֶצְיָהּ לִפְסֹול אֶת הַגְּווִיָּה חֶצְיָהּ הַייְנוּ פְּרָס ל' פְּרוּסָה וַחֲצִי חֶצְיָהּ הַיְינוּ חֲצִי פְּרָס:
Pour rendre le corps impropre : s'il a mangé des aliments impurs, bien qu'un aliment ne rende pas l'homme impur par contact, s'il en mange un demi-peras, c'est-à-dire deux œufs, il est écarté de manger de la terouma, comme nous l'avons appris plus loin dans notre chapitre (Érouvin 82b) : et la moitié de sa moitié pour rendre le corps impropre. Sa moitié, c'est le peras, du mot perousa (tranche), et la moitié de sa moitié, c'est le demi-peras.
💡 Explication

L'objection cite une michna. Tous les aliments se joignent en trois mesures : un demi-peras pour écarter le corps du kohen de la terouma, la nourriture de deux repas pour l'érouv, un volume d'œuf pour l'impureté des aliments.

Rachi : le contact d'un aliment impur laisse l'homme pur. L'écart vient de l'ingestion d'un demi-peras, deux œufs. Le peras est la moitié du pain de référence, la moitié de cette moitié est le demi-peras. La pomme est un aliment : elle devrait entrer dans l'érouv.

🖼️ Schéma
Tous les aliments se joignent, en trois domaines Corps du kohen Demi-peras Deux œufs, Rachi Aliments impurs mangés Il est écarté de la terouma Érouv Nourriture de deux repas Les aliments se complètent jusqu'à cette mesure Impureté des aliments Volume d'œuf ke-beitzah Les pommes y entrent donc aussi dans l'érouv R. Yo'hanan : on n'apprend pas d'un simple "tous". La preuve tient au rapprochement érouv et impureté des aliments. Ce qui contracte cette impureté, à hauteur de deux repas, vaut pour l'érouv.
Trois jonctions : demi-peras pour le corps, deux repas pour l'érouv, un œuf pour l'impureté des aliments.
6
וְהַאי מַאי תְּיוּבְתָּא? אִילֵימָא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי ״כָּל הָאֳוכָלִין״, וְהָנֵי בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ — וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין לְמֵדִין מִן הַכְּלָלוֹת וַאֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״חוּץ״!

Et quelle objection est-ce là ? Si tu dis : parce qu'on enseigne " tous les aliments ", et que ceux-ci sont faits pour être mangés, or Rabbi Yo'hanan a dit : on n'apprend pas des généralités, même à l'endroit où il est dit " excepté " !

💡 Explication

La Guemara refuse de tirer une preuve du seul mot tous. Rabbi Yo'hanan : on n'apprend pas d'une généralité, même quand le texte ajoute " excepté ". Une règle formulée en " tous " laisse toujours des cas dehors.

7
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי ״וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב וּכְבֵיצָה לְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִין״. וְהָנֵי נָמֵי בְּנֵי טַמּוֹיֵי טֻומְאַת אֳוכָלִין נִינְהוּ.

Mais parce qu'on enseigne : " et pour la nourriture de deux repas, pour l'érouv, et à un volume d'œuf pour contracter l'impureté des aliments ". Et ceux-ci aussi sont susceptibles de contracter l'impureté des aliments.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּתָנֵי עֵירוּב דֻּומְיָא דְּטֻומְאַת אוֹכְלִין דְּמַשְׁמַע כָּל שֶׁהוּא מְטַמֵּא טֻומְאַת אֳוכָלִין יֵשׁ לוֹ מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת חֲזִי לְעֵירוּב וְתַפּוּחִין בְּנֵי טַמּוֹיֵי נִינְהוּ:
Mais parce qu'on enseigne : l'érouv est sur le modèle de l'impureté des aliments. Cela implique que tout ce qui contracte l'impureté des aliments, dès qu'il a la nourriture de deux repas, est propre à l'érouv. Et les pommes sont susceptibles de contracter l'impureté.
💡 Explication

La preuve utile est le rapprochement. La michna aligne l'érouv et l'impureté des aliments. Ce qui peut contracter cette impureté, à hauteur de deux repas, entre dans l'érouv.

Les pommes contractent l'impureté des aliments. Elles entrent donc dans l'érouv. Reste la mesure.

8
וְכַמָּה? אָמַר רַב נַחְמָן: תַּפּוּחִים בְּקַב.

Et combien ? Rav Nahman a dit : les pommes, un kav.

💡 Explication

Mesure retenue pour les pommes : un kav. La suite demande pourquoi cinq ne suffisent pas, comme pour les pêches.

9
מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: עוּכְלָא תַּבְלִין, וְלִיטְּרָא יָרָק, וַעֲשָׂרָה אֱגוֹזִין, וַחֲמִשָּׁה אֲפַרְסְקִין, וּשְׁנֵי רִמּוֹנִים, וְאֶתְרוֹג אֶחָד. וְאָמַר גּוּרְסַק בַּר דָּרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב מְנַשְּׁיָא בַּר שְׂגוּבְלִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב, וְכֵן לְעֵירוּב. וְהָנֵי נָמֵי לִיהְווֹ כִּי אֲפַרְסְקִין!

On objecte. Rabbi Chimon ben Elazar dit : une oukla d'épices, une litra de légume, dix noix, cinq pêches, deux grenades, et un etrog.

Et Goursak bar Darei a dit au nom de Rav Menashya bar Chegouvlai, au nom de Rav : et de même pour l'érouv. Celles-ci aussi devraient être comme les pêches !

📜 Rachi (4)
ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר בְּמַעְשַׂר עָנִי שֶׁמְּחַלְּקוֹ לַעֲנִיִּים הַרְבֵּה עַל הַגֹּורֶן קָאֵי וְקָאָמַר אֵין פּוֹחֲתִין לְעָנִי בַּגֹּורֶן מֵהַאי שִׁיעוּר דִּכְתִיב וְנָתַתָּ לַלֵּוִי לַגֵּר לַיָּתוֹם וְלָאַלְמָנָה וּבְצִיר מֵהָכִי לָא הָוֵי נְתִינָה:
Rabbi Chimon ben Elazar : il se tient sur le maasser ani qu'on répartit à de nombreux pauvres sur l'aire. Il dit : on ne donne pas au pauvre, sur l'aire, moins que cette mesure, car il est écrit : tu donneras au Lévi, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve. En deçà, ce n'est pas un don.
עוּכְלָא שְׁמִינִית שֶׁבְּלִיטְּרָא וְלִיטְּרָא הוּא לֹוג:
Oukla : un huitième de la litra, et la litra est un log.
וְכֵן לְעֵירוּב דְּחֵלֶק עָנִי בַּגֹּורֶן נָמֵי מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת הִיא כִּדְאָמַר לְקַמָּן:
Et de même pour l'érouv : car la part du pauvre sur l'aire est elle aussi la nourriture de deux repas, comme on le dit plus loin.
ה"ג וְהָנֵי נָמֵי לֶיהֱוֵי כַּאֲפַרְסְקִין וְתִיסְגֵּי בַּחֲמִשָּׁה:
Voici la leçon : et celles-ci aussi, qu'elles soient comme les pêches, et cinq suffiraient.
💡 Explication

La baraita de Rabbi Chimon ben Elazar donne les minima du maasser ani sur l'aire. Rachi : en deçà, le verset " tu donneras " n'est plus un don. Goursak transmet, par Rav Menashya bar Chegouvlai, que Rav a dit : et de même pour l'érouv.

D'où l'objection : les pommes devraient suivre les pêches, cinq fruits. Rachi fixe la leçon : cinq suffiraient. L'oukla est un huitième de litra, et la litra est un log.

10
הָנֵי חֲשִׁיבִי, וְהָנֵי לָא חֲשִׁיבִי.

Celles-ci sont importantes, et celles-là ne sont pas importantes.

📜 Rachi (1)
חֲשִׁיבִי וְאָמְרִינַן לְקַמָּן כָּל שֶׁהוּא לִיפְתָּן. כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ אַלְמָא לָאו מַמָּשׁ סְעוּדוֹת דְּלֶיהֱוֵי כֻּולָּהּ סְעוּדְתָא מֵהַהוּא מִינָא בָּעֵינַן אֶלָּא כָּל מִידֵּי לְפוּם חֲשִׁיבוּתֵיהּ אִם לִפְתָּן שֶׁאָדָם רָגִיל לְלַפֵּת בּוֹ אֶת הַפַּת [שִׁיעוּרוֹ כְּדֵי לְלַפֵּת בּוֹ אֶת הַפַּת] לִשְׁתֵּי סְעוּדוֹת וְאִם דָּבָר הָרָגִיל לָבֹא בְּקִינּוּחַ סְעוּדָה הוּא. שִׁיעוּרוֹ בִּכְדֵי שֶׁאָדָם רָגִיל לְהָבִיא קִינּוּחַ לֵב' סְעוּדוֹת:
Importantes : et nous disons plus loin, tout ce qui est un liftan, de quoi en manger. On voit que nous ne demandons pas de vrais repas, au point que tout le repas soit de cette espèce. Chaque chose suit son importance. Si c'est un liftan, dont on a coutume d'accompagner le pain, [sa mesure est de quoi accompagner le pain] pour deux repas. Et si c'est une chose qu'on a coutume d'apporter en fin de repas, sa mesure est la quantité qu'on a coutume d'apporter en fin de repas pour deux repas.
💡 Explication

Les pêches sont importantes : cinq suffisent. Les pommes le sont moins : il faut un kav.

Rachi donne la règle, reprise plus loin. On ne remplit pas deux repas entiers de la même espèce. Un liftan, accompagnement du pain, se mesure à ce qu'il en faut pour deux repas. Une chose de fin de repas se mesure à la quantité qu'on en apporte pour deux repas.

11
אָמַר רַב יוֹסֵף: שְׁרָא לֵיהּ מָרֵיהּ לְרַב מְנַשְּׁיָא בַּר שְׂגוּבְלִי, אֲנָא אַמְרִיתָא נִיהֲלֵיהּ אַמַּתְנִיתִין, וְהוּא אֲמָרָהּ אַבָּרַייְתָא. דִּתְנַן: אֵין פּוֹחֲתִין לְעָנִי בַּגֹּורֶן מֵחֲצִי קַב חִטִּין וְקַב שְׂעוֹרִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: חֲצִי קַב שְׂעוֹרִין. וְקַב וַחֲצִי כֻּוסְּמִין, וְקַב גְּרוֹגְרוֹת אוֹ מָנֶה דְּבֵילָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: פְּרָס. וַחֲצִי לֹוג יַיִן, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: רְבִיעִית. וּרְבִיעִית שֶׁמֶן, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: שְׁמִינִית. וּשְׁאָר כָּל הַפֵּירוֹת, אָמַר אַבָּא שָׁאוּל: כְּדֵי שֶׁיִּמְכְּרֵם וְיִקַּח בָּהֶן מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְאָמַר רַב: וְכֵן לְעֵירוּב.

Rav Yosef a dit : que son Maître pardonne à Rav Menashya bar Chegouvlai. Je la lui avais dite sur la michna, et lui l'a dite sur la baraita.

Car nous avons appris : on ne donne pas au pauvre, sur l'aire, moins d'un demi-kav de blé et d'un kav d'orge. Rabbi Meir dit : un demi-kav d'orge.

Et un kav et demi d'épeautre, et un kav de figues sèches, ou une maneh de devela. Rabbi Akiva dit : un peras.

Et un demi-log de vin, Rabbi Akiva dit : une reviit. Et une reviit d'huile, Rabbi Akiva dit : un huitième.

Et tous les autres fruits, Abba Chaoul a dit : de quoi les vendre et acheter avec eux la nourriture de deux repas. Et Rav a dit : et de même pour l'érouv.

📜 Rachi (6)
שָׁרִי לֵיהּ מָרֵיהּ יִמְחֹול לוֹ אֲדוֹנוֹ עַל דָּבָר זֶה לֵר' מְנַשְּׁיָא:
Que son Maître lui pardonne : que son Maître lui pardonne cette chose, à Rabbi Menashya.
דַּאֲנָא אִמְּרִיתָא נִיהֲלֵיהּ לְהָא דְּאָמַר רַב וְכֵן לְעֵירוּב אַמַּתְנִי' כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל וְהוּא אַגְּמָרֵיהּ לְגוּרְסַק בַּר דָּרֵי אַבָּרַיְיתָא:
Car je la lui avais dite : ceci que Rav a dit, " et de même pour l'érouv ", sur la michna, comme la suite l'explique. Et lui l'a enseigné à Goursak bar Darei sur la baraita.
אֵין פּוֹחֲתִין לְעָנִי בַּגֹּורֶן מִמַּעְשַׂר עָנִי אִם יֵשׁ לוֹ הַרְבֵּה לְחַלֵּק וּבָאוּ עֲנִיִּים הַרְבֵּה וְהוּא מְחַלֵּק לְכָל אֶחָד אַל יִפְחֹות לוֹ מִשִּׁיעוּר זֶה דִּנְתִינָה בָּעֵינַן וְהָתָם קָתָנֵי הָיָה לוֹ דָּבָר מוּעָט נוֹתֵן לִפְנֵיהֶם וְהֵן מְחַלְּקִין בֵּינֵיהֶן:
On ne donne pas moins au pauvre sur l'aire : du maasser ani. S'il a beaucoup à répartir, que de nombreux pauvres sont venus, et qu'il donne à chacun, qu'il ne descende pas au-dessous de cette mesure, car il nous faut un don. Et là-bas on enseigne : s'il n'avait qu'une petite quantité, il la place devant eux et ils se la partagent.
מֵחֲצִי קַב חִיטִּין וְאִם שְׂעוֹרִין קַב וְאִם כֻּוסְּמִין קַב וּמֶחֱצָה:
D'un demi-kav de blé : et si c'est de l'orge, un kav ; et si c'est de l'épeautre, un kav et demi.
דְּבֵילָה לְאַחַר שֶׁנִּדְרָסִין בְּעִיגּוּל קָרֵי לְהוּ דְּבֵילָה וְשׁוּב אֵינוֹ מוֹכֵר בְּמִדָּה אֶלָּא בְּמִשְׁקָל:
Devela : une fois foulées en couronne, on les appelle devela, et dès lors on ne les vend plus à la mesure mais au poids.
פְּרָס חֲצִי מָנֶה:
Peras : une demi-maneh.
💡 Explication

Rav Yosef demande pardon pour Rav Menashya bar Chegouvlai. La phrase de Rav, et de même pour l'érouv, avait été dite sur la michna du pauvre à l'aire. Menashya l'a transmise à Goursak comme visant la baraita.

La michna fixe les dons du maasser ani : blé, orge, épeautre, figues sèches, devela, vin, huile, et les autres fruits selon Abba Chaoul, de quoi acheter deux repas. Rabbi Meir abaisse l'orge. Rabbi Akiva abaisse la devela, le vin et l'huile. Le peras est une demi-maneh. La devela, foulée en couronne, se vend au poids.

12
וּמַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַאי מֵהָךְ? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּקָא תָּנֵי בְּהָךְ תַּבְלִין, וְתַבְלִין לָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ — אַטּוּ הָכָא מִי לָא קָתָנֵי חִטִּין וּשְׂעֹורִין, וְלָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ!

Et quelle est la force de celle-ci sur celle-là ? Si tu dis : parce que celle-là enseigne les épices, et que les épices ne sont pas faites pour être mangées, ici aussi, est-ce qu'on n'enseigne pas le blé et l'orge, qui ne sont pas faits pour être mangés !

📜 Rachi (2)
וּמַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַאי מֵהָךְ דְּאֶיקְפֹּד רַב יוֹסֵף אַרַב מְנַשְּׁיָא דְּאָמַר אַבָּרַיְיתָא בְּמַאי דְּאַייְּרִי מַתְנִיתִין לָא אַיְירֵי בָּרַייְתָא וְלָא סָתְרָן אַהֲדָדֵי הָנֵי שִׁיעוּרַייְהוּ בְּהָכִי וְהָנֵי שִׁיעוּרַייְהוּ בְּהָכִי:
Et quelle est la force de celle-ci sur celle-là : que Rav Yosef s'est emporté contre Rav Menashya, qui l'a dite sur la baraita. Là où la michna traite, la baraita ne traite pas, et elles ne se contredisent pas. Celles-ci ont leurs mesures ainsi, et celles-là ont leurs mesures ainsi.
לָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ וּסְבִירָא לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף דְּאֵין מְעָרְבִין בָּהֶן הִלְכָּךְ וְכֵן לְעֵירוּב לָאו עֲלָהּ אִתְּמַר:
Elles ne sont pas faites pour être mangées : et Rav Yosef estime qu'on n'en fait pas d'érouv. Dès lors, " et de même pour l'érouv " n'a pas été dit à son sujet.
🗂️ Tossefot (1)
מַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַאי מֵהַאי נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּקִים לֵיהּ לְהַשַּׁ"ס דְּרַב יוֹסֵף לָא שַׁמְעֵיהּ דְּרַב אַמַּתְנִי' בְּפֵירוּשׁ אֶלָּא מִשּׁוּם טַעַם דִּקְדֵּק רַב יוֹסֵף דְּאָמַר רַב אַמַּתְנִי' וּלְהָכִי קָאָמַר מַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַאי מֵהַאי מֵאֵיזֶה כֹּחַ בָּא לְדַקְדֵּק וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי מַתְנֵי' חֲצִי לֹוג יַיִן וְאָמַר רַב מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת יַיִן וְהַךְ מִילְּתָא לֹא אָמַר רַב בְּפֵירוּשׁ אֶלָּא מִכְּלָלָא דְּהַהִיא דּוּכָן לְעֵירוּב אִיתְּמַר א"כ שְׁמַע מִינָּה דּוּכָן לְעֵירוּב אַמַּתְנִי' אִיתְּמַר דְּאִי אַבָּרַיְיתָא מְנָא לֵיהּ דְּסָבַר רַב מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת יַיִן דְּהָא פְּשִׁיטָא דְּאֵין לִלְמֹוד זֶה מִזֶּה מִדְּלָא אָמַר כָּל שִׁיעוּרֵי עֵירוּב כְּשִׁיעוּרֵי מַתְּנוֹת עֲנִיִּים:
Quelle est la force de celle-ci sur celle-là. Il paraît juste d'expliquer que le Talmud tient pour acquis que Rav Yosef n'a pas entendu Rav sur la michna en termes clairs. C'est par un motif que Rav Yosef a déduit que Rav l'avait dite sur la michna. C'est pourquoi il dit : quelle est la force de celle-ci sur celle-là, de quelle force vient-il à déduire ? Et il répond : parce que la michna enseigne un demi-log de vin, et que Rav a dit qu'on fait l'érouv avec deux reviit de vin. Et cette parole, Rav ne l'a pas dite en clair : elle a été dite par voie de conséquence de ce " et de même pour l'érouv ". Si c'est ainsi, apprends-en que " et de même pour l'érouv " a été dit sur la michna. Car si c'était sur la baraita, d'où saurait-il que Rav estime qu'on fait l'érouv avec deux reviit de vin ? Il est clair qu'on ne peut pas apprendre l'un de l'autre, puisqu'il n'a pas dit : toutes les mesures de l'érouv sont comme les mesures des dons aux pauvres.
💡 Explication

La Guemara demande pourquoi la michna l'emporterait sur la baraita. Piste écartée : les épices de la baraita ne se mangent pas telles quelles, et Rav Yosef tient qu'on n'en fait pas d'érouv, donc " et de même " ne peut pas viser la baraita. La michna, elle, enseigne le blé et l'orge, qui ne se mangent pas non plus tels quels.

Rachi ajoute que les deux listes ne se contredisent pas : chacune a ses mesures. Tossefot : Rav Yosef n'a pas reçu la phrase en clair. Il la déduit. La force de la déduction est le demi-log de vin, égal aux deux reviit de Rav.

13
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי חֲצִי לֹוג יַיִן, וְאָמַר רַב: מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת שֶׁל יַיִן. מִדְּבָעֵינַן כֻּולֵּי הַאי — שְׁמַע מִינַּהּ כִּי אָמַר רַב ״וְכֵן לְעֵירוּב״ — אַהָא מַתְנִיתִין קָאָמַר. שְׁמַע מִינָּה.

Mais parce qu'on enseigne un demi-log de vin, et que Rav a dit : on fait l'érouv avec deux reviit de vin. Puisqu'il nous faut tout cela, apprends-en que, lorsque Rav a dit " et de même pour l'érouv ", il le disait de cette michna.

Apprends-en.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי חֲצִי לֹוג יַיִן דְּהַייְנוּ שְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַב גַּבֵּי עֵירוּב נָמֵי דְּקָאָמַר הָכִי:
Mais parce qu'on enseigne un demi-log de vin : c'est-à-dire deux reviit, et nous avons aussi entendu Rav, au sujet de l'érouv, qui dit ainsi.
💡 Explication

Le demi-log de la michna est exactement deux reviit. Rav fixe l'érouv de vin à deux reviit. La coïncidence montre que " et de même pour l'érouv " porte sur cette michna.

Rachi : les deux reviit, on les tient de Rav lui-même au sujet de l'érouv. La conclusion est reprise : apprends-en.

🖼️ Schéma
Pourquoi "et de même" vise la michna Michna demi-log de vin au pauvre Deux reviit font un demi-log Rav érouv à deux reviit de vin Donc Rav parlait de la michna Tossefot : Rav Yosef n'a pas entendu la phrase en clair. Les deux reviit se tirent de "et de même" posé sur la michna. Sur la baraita, cette mesure de vin n'aurait pas de source. On ne transporte pas les mesures d'une liste à l'autre.
Deux reviit égalent le demi-log de la michna. La phrase de Rav porte donc sur cette michna.
14
אָמַר מַר: וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב. סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר: עַד דְּאִיכָּא סְעוּדָה מֵהַאי וּסְעוּדָה מֵהַאי. אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: אֲפִילּוּ לְמֶחֱצָה לִשְׁלִישׁ וְלִרְבִיעַ.

Le maître a dit : et pour la nourriture de deux repas, pour l'érouv. Rav Yosef pensait dire : jusqu'à ce qu'il y ait un repas de ceci et un repas de cela.

Rabba lui a dit : même pour une moitié, un tiers et un quart.

📜 Rachi (1)
וּסְעוּדָה מֵהַאי ב' אֳוכָלִין מִצְטָרְפִין לְעֵירוּב אֲבָל ג' וְד' דְּלֵיכָּא סְעוּדָה מִכָּל חַד לָא:
Et un repas de ceci : deux aliments se joignent pour l'érouv, mais trois et quatre, dès qu'il n'y a pas un repas de chacun, non.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אֵין לְמֵידִין מִן הַכְּלָלוֹת אֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן חוּץ. אָמַר רָבִינָא וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא בַּכֹּל מְעָרְבִין וּמִשְׁתַּתְּפִין חוּץ מִן הַמַּיִם וּמֶלַח וְהָא אִיכָּא כְּמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת דְּאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ אֵין לְמֵידִין מִן הַכְּלָלוֹת אֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן חוּץ. וְעוֹד אִיכָּא מִילֵּי טוּבָא דְּאֵין מְעָרְבִין בָּהֶן גֻּודְגְּדָנִיּוֹת שֶׁהֻוקְשׁוּ לְזֶרַע וְכַפְנִיּוֹת וְתַבְלִין וּפוֹלִין יְבֵשִׁין וַעֲדָשִׁים וְחִטִּין וּשְׂעוֹרִין. חוּץ מִן הַמַּיִם וּמֶלַח. דַּוְקָא מַיִם בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּמֶלַח בִּפְנֵי עַצְמוֹ. אֲבָל מַיִם וּמֶלַח כְּאֶחָד מְעָרְבִין: תְּנָא כָּל הָאֳוכָלִין מִצְטָרְפִין לִפְסֹול אֶת הַגְּווִיָּה בְּכַחֲצִי פְרָס. וְכִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעֻודּוֹת לָעֵירוּב. וְכַבֵּיצָה לְטֻומְאַת אוֹכְלִין סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר הָא דְּתַנְיָא וְכִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעֻודּוֹת לָעֵירוּב ה"מ עַד דְּאִיכָּא סְעוּדָה מֵהַאי וּסְעוּדָה מֵהַאי. אָמַר לֵיהּ רָבָא אֲפִילּוּ לְמֶחֱצָה וְלִשְׁלִישׁ וְלִרְבִיעַ. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מֵרַבָּנַן לְרָבָא תַּפּוּחִים בְּכַמָּה וְאַסִּיקְנָא אָמַר רַב נַחְמָן תַּפּוּחִים בְּקַב. תַּנְיָא רַ"שִׁ בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר עֻוכְלָא תַּבְלִין וְלִיטְרָא יָרָק וַעֲשָׂרָה אֱגוֹזִים וַחֲמִשָּׁה אֲפַרְסְקִין וּשְׁנֵי רִמּוֹנִים וְאֶתְרוֹג אֶחָד. וְאָמַר גּוּרְסַק בַּר דָּרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב וְכֵן לְעֵירוּב. תַּנְיָא ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר יַיִן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ זֵיתִים וּבְצָלִים כְּדֵי לֶאֱכוֹל בָּהֶן מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְיַיִן דַּאֲמָרָן הַיְינוּ יַיִן מְבֻושָּׁל אֲבָל יַיִן שֶׁאֵינוֹ מְבֻושָּׁל מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת. וּבְצָלִים נָמֵי דַּאֲמָרָן מְעָרְבִין בָּאִמָּהוֹת אֲבָל בְּעָלִין לֹא. וְעָלִים דַּאֲמָרָן אֵין מְעָרְבִין בָּהֶן דְּלָא אִבְּצִיל זִרְתָּא אֲבָל אִבְּצִיל זִרְתָּא לֵית לַן בַּהּ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל שֶׁהוּא לִיפְתָּן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְכָל שֶׁאֵינוֹ לִיפְתָּן אֶלָּא נֶאֱכָל כְּמוֹת שֶׁהוּא כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. בָּשָׂר חַי כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. בָּשָׂר צָלִי רַבָּה אָמַר כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ. רַב יוֹסֵף אָמַר כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּה. אָמַר רַב שִׁימִי בַּר חִייָּא מְעָרְבִין בְּבֵיצִים חַיּוֹת. וְכַמָּה אָמַר רַב נַחְמָן ב"ר יִצְחָק סִינַי אָמַר שְׁתַּיִם:
Guemara. Rabbi Yo'hanan a dit : on n'apprend pas des généralités, même à l'endroit où il est dit en elles " excepté ". Ravina a dit, et certains disent Rav Nahman bar Yitzhak : nous aussi, nous avons enseigné : avec tout on fait érouv et shitouf, excepté l'eau et le sel. Or il y a les truffes et les champignons, avec lesquels on ne fait pas d'érouv. Apprends-en : on n'apprend pas des généralités, même à l'endroit où il est dit en elles " excepté ". Et encore, il y a beaucoup de choses avec lesquelles on ne fait pas d'érouv : les godgedaniyot durcies en graine, les kafniyot, les épices, les fèves sèches, les lentilles, le blé et l'orge. Excepté l'eau et le sel : précisément l'eau seule et le sel seul. Mais l'eau et le sel ensemble, on en fait un érouv. Un tanna a enseigné : tous les aliments se joignent pour rendre le corps impropre, à un demi-peras, et pour la nourriture de deux repas, pour l'érouv, et à un volume d'œuf, pour l'impureté des aliments. Rav Yosef pensait dire : ce qu'on a enseigné, " et pour la nourriture de deux repas pour l'érouv ", cela ne vaut que lorsqu'il y a un repas de ceci et un repas de cela. Rava lui a dit : même pour une moitié, un tiers et un quart. Un des maîtres a dit à Rava : les pommes, à quelle mesure ? Et nous avons conclu : Rav Nahman a dit : les pommes, un kav. Une baraita : Rabbi Chimon ben Elazar dit : une oukla d'épices, une litra de légume, dix noix, cinq pêches, deux grenades, et un etrog. Et Goursak bar Darei a dit au nom de Rav : et de même pour l'érouv. Une baraita : Rabbi Chimon ben Elazar dit : du vin, de quoi manger avec ; du vinaigre, de quoi y tremper ; des olives et des oignons, de quoi manger avec eux la nourriture de deux repas. Et le vin dont nous avons parlé, c'est du vin cuit. Mais du vin qui n'est pas cuit, on en fait un érouv avec deux reviit. Et les oignons dont nous avons parlé aussi : on fait l'érouv avec les bulbes, mais avec les feuilles, non. Et les feuilles dont nous avons dit qu'on n'en fait pas d'érouv : lorsqu'elles n'ont pas poussé d'une zeret. Mais si elles ont poussé d'une zeret, nous n'y voyons aucun inconvénient. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : tout ce qui est un liftan, de quoi en manger pour deux repas. Et tout ce qui n'est pas un liftan, mais se mange tel quel, de quoi en manger pour deux repas. La viande crue : de quoi en manger pour deux repas. La viande rôtie : Rabba a dit, de quoi manger avec. Rav Yosef a dit, de quoi en manger. Et la halakha est comme Rabba. Rav Chimi bar Hiyya a dit : on fait l'érouv avec des œufs crus. Et combien ? Rav Nahman, fils de Rav Yitzhak, a dit : Sinaï a dit : deux.
💡 Explication

Retour sur " nourriture de deux repas ". Rav Yosef : il faut un repas entier de l'un et un repas entier de l'autre. Rachi : deux aliments se joignent. À trois ou quatre, dès qu'aucun ne fait un repas à lui seul, ils ne se joignent pas.

Rabba : une moitié, un tiers, un quart se joignent aussi. Le Roch, plus loin dans le même résumé, attribue cette réponse à Rava et rassemble les mesures de la page et de la suite : vin cuit, bulbes, liftan, viande, deux œufs crus.

🖼️ Schéma
Joindre des aliments pour deux repas Rav Yosef Un repas de ceci et un repas de cela Deux sortes, chacune à hauteur d'un repas Trois ou quatre : non Rachi Rabba Même une moitié, un tiers, un quart Les fractions se joignent pour atteindre les deux repas
Rav Yosef : un repas de chaque sorte. Rabba : moitié, tiers et quart se joignent.
15
גּוּפָא, אָמַר רַב: מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת שֶׁל יַיִן. וּמִי בָּעֵינַן כֻּולֵּי הַאי? וְהָתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: יַיִן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ, חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ, זֵיתִים וּבְצָלִים כְּדֵי לֶאֱכוֹל בָּהֶן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת?

Le corps du propos. Rav a dit : on fait l'érouv avec deux reviit de vin.

Et nous faut-il tout cela ? Or on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : du vin, de quoi manger avec ; du vinaigre, de quoi y tremper ; des olives et des oignons, de quoi manger avec eux deux repas ?

📜 Rachi (3)
יַיִן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ לִשְׁרוֹת בּוֹ פַּת מְזוֹן ב' סְעוּדוֹת:
Du vin, de quoi manger avec : pour y tremper le pain, nourriture de deux repas.
חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ בָּשָׂר מְזוֹן ב' סְעוּדוֹת:
Du vinaigre, de quoi y tremper : de la viande, nourriture de deux repas.
כְּדֵי לֶאֱכֹול בָּהֶן לְלַפֵּת בָּהֶן אֶת הַפַּת דֹּב' סְעוּדוֹת:
De quoi manger avec eux : pour accompagner avec eux le pain de deux repas.
🗂️ Tossefot (1)
חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ הַייְנוּ רְבִיעִית כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק הֲדַר (עֵירוּבִין דַּף סח.) וּלְיִקְנוּ לְהוּ רְבִיעֲתָא דְּחַלָּא בְּחָבִיתָא:
Du vinaigre, de quoi y tremper : c'est une reviit, comme nous le disons au chapitre Ha-dar (Érouvin 68a) : et qu'il leur fasse acquérir une reviit de vinaigre dans le tonneau.
💡 Explication

Goufa : on reprend la phrase de Rav citée plus haut. Deux reviit de vin pour l'érouv. La baraita de Rabbi Chimon ben Elazar semble demander moins : du vin, de quoi manger le pain avec, du vinaigre de quoi y tremper, des olives et des oignons de quoi accompagner deux repas.

Rachi : le vin, pour y tremper le pain de deux repas. Le vinaigre, pour y tremper la viande de deux repas. Tossefot identifie ce vinaigre à une reviit, d'après Érouvin 68a.

16
הָתָם בְּחַמְרָא מְבַשְּׁלָא.

Là-bas, c'est avec du vin cuit.

📜 Rachi (2)
הָתָם דְּקָתָנֵי יַיִן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ:
Là-bas : là où l'on enseigne, du vin, de quoi manger avec.
בְּחַמְרָא מְבֻושָּׁל קָאָמַר דְּחָשׁוּב לְלַפֵּת בּוֹ אֲבָל חַמְרָא בְּעָלְמָא בָּעֵינַן לִהְיוֹת בּוֹ שְׁתִיַּית ב' סְעוּדוֹת וְהַיְינוּ ב' רְבִיעִיּוֹת:
Avec du vin cuit : il le dit, car il est de prix pour en accompagner le pain. Mais le vin ordinaire, il nous faut qu'il y ait en lui la boisson de deux repas, et c'est deux reviit.
💡 Explication

La petite mesure, " de quoi manger avec ", vise le vin cuit, hamra mevachla. Il est assez fort pour servir de liftan : on en met peu, de quoi tremper le pain.

Le vin ordinaire se boit. Rav en demande la boisson de deux repas, soit deux reviit.

17
אָמַר מַר: חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ. אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת שֶׁל יָרָק. אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: יָרָק הַנֶּאֱכָל בִּשְׁתֵּי סְעוּדוֹת.

Le maître a dit : du vinaigre, de quoi y tremper. Rav Guidel a dit que Rav a dit : de quoi y tremper la nourriture de deux repas de légume.

Il y a qui disent : Rav Guidel a dit que Rav a dit : le légume qui se mange en deux repas.

📜 Rachi (2)
מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת יָרָק שֶׁכָּל הַסְּעוּדָה מִן הַיָּרָק:
Nourriture de deux repas de légume : que tout le repas soit de légume.
יָרָק הַנֶּאֱכָל לֵב' סְעוּדוֹת בְּפַת:
Le légume mangé pour deux repas : avec du pain.
💡 Explication

Deux lectures de " de quoi y tremper ". Première : assez de vinaigre pour le légume de deux repas entiers faits de légume. Rachi : tout le repas est du légume, la quantité à tremper est grande.

Deuxième lecture : le légume qu'on mange au cours de deux repas avec du pain. La part de légume est celle d'un accompagnement, et le vinaigre suit.

18
אָמַר מַר: זֵיתִים וּבְצָלִים כְּדֵי לֶאֱכוֹל בָּהֶן מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וּבַבְּצָלִים מִי מְעָרְבִין? וְהָתַנְיָא: אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: פַּעַם אַחַת שַׁבָּת רַבִּי מֵאִיר בְּעַרְדִּיסְקָא, וּבָא אָדָם אֶחָד לְפָנָיו, אָמַר לוֹ: רַבִּי, עֵירַבְתִּי בַּבְּצָלִים לְטִיבְעִין, וְהוֹשִׁיבוֹ רַבִּי מֵאִיר בְּאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁלּוֹ.

Le maître a dit : des olives et des oignons, de quoi manger avec eux la nourriture de deux repas. Et avec des oignons, est-ce qu'on fait un érouv ?

Or on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar a dit : une fois, Rabbi Meir passait le chabbat à Ardiska, et un homme vint devant lui. Il lui dit : Rabbi, j'ai fait un érouv avec des oignons pour Tivin.

Et Rabbi Meir le fit rester dans ses quatre coudées.

📜 Rachi (2)
בְּעַרְדִּיסְקָא וּבָא אָדָם אֶחָד לְפָנָיו בְּשַׁבָּת מִחוּץ לַתְּחוּם עַל יְדֵי עֵירוּב שֶׁעֵירֵב מִמְּקוֹמוֹ לְטִיבְעִין וְהָיָה עַרְדִּיסְקָא בְּאַלְפַּיִם אַמָּה שֶׁבֵּין עֵירוּבוֹ לְטִיבְעִין:
À Ardiska, et un homme vint devant lui : le chabbat, hors du tehoum, au moyen d'un érouv qu'il avait fait depuis son endroit vers Tivin. Et Ardiska se trouvait dans les deux mille coudées entre son érouv et Tivin.
וְהוֹשִׁיבוֹ ר' מֵאִיר בְּד' אַמּוֹת וְאָסַר לוֹ לָצֵאת וְלָזוּז מִמְּקוֹמוֹ מד' אַמּוֹתָיו שֶׁהָיָה עוֹמֵד בָּהֶן בִּשְׁעַת שְׁאֵלָה דְּקָסָבַר לָאו עֵירוּב הוּא וְנִמְצָא יוֹצֵא חוּץ לַתְּחוּם בְּלֹא עֵירוּב וּתְנַן לְקַמָּן בְּפֶ' מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מא.) אֵין לוֹ אֶלָּא ד' אַמּוֹת:
Et Rabbi Meir le fit rester dans quatre coudées : et il lui interdit de sortir et de bouger de son endroit, de ses quatre coudées où il se tenait au moment de la question. Car il estime que ce n'est pas un érouv, et il se trouve être sorti hors du tehoum sans érouv. Et nous avons appris plus loin, au chapitre Mi che-hotziouhou (Érouvin 41a) : il n'a que quatre coudées.
🗂️ Tossefot (1)
וְהוֹשִׁיבוֹ ר' מֵאִיר בַּד' אַמּוֹתָיו חוּץ לָעִיר הָיָה דְּבָעִיר הָיָה מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ כִּדְאָמַר בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (דַּף מא:) אִי נָמֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דְּאָמַר אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת וְאֵין לוֹמַר מִשּׁוּם דְּרַבִּי מֵאִיר קָנֵיס שׁוֹגֵג אַטּוּ מֵזִיד דְּהָא בִּדְאוֹרָיְיתָא לָא קְנִיס וְאִית לֵיהּ בְּפִירְקִין [דַּף לה:] דִּתְחוּמִין דְּאוֹרָייְתָא וְעוֹד כֵּיוָן דְּחָשְׁבִינַן כָּל הָעִיר כְּאַרְבַּע אַמּוֹת אֲפִילּוּ בְּמֵזִיד נָמֵי מְהַלֵּךְ אֶת אֶת כֻּולָּהּ דְּמֵזִיד נָמֵי אִית לֵיהּ אַרְבַּע אַמּוֹת. בְּתוֹסָפוֹת רַבֵּינוּ יְהוּדָה:
Et Rabbi Meir le fit rester dans ses quatre coudées : il était hors de la ville, car dans la ville il aurait parcouru toute la ville, comme on le dit dans Mi che-hotziouhou (41b). Ou bien il tient comme Rabbi Yehochoua, qui a dit : il n'a que quatre coudées. Et on ne dira pas que c'est parce que Rabbi Meir pénalise l'involontaire à cause du volontaire, car dans un interdit de la Tora il ne pénalise pas, et il tient, dans notre chapitre (35b), que les tehoumin sont de la Tora. Et encore : puisque nous comptons toute la ville comme quatre coudées, même le volontaire parcourt lui aussi toute la ville, car le volontaire a lui aussi quatre coudées. Dans les Tossefot de Rabbeinou Yehouda.
💡 Explication

La baraita met les oignons parmi les aliments d'érouv. Autre baraita : à Ardiska, un homme avait fait un érouv tehoumin d'oignons pour aller à Tivin. Rabbi Meir le confine à quatre coudées. L'érouv ne vaut pas, il est donc sorti du tehoum sans érouv.

Rachi : Ardiska est sur les deux mille coudées entre le point de l'érouv et Tivin. La michna de celui qu'on a fait sortir (41à) ne lui laisse que quatre coudées. Tossefot : il était hors de la ville, car dans la ville les quatre coudées couvrent toute la ville. Rabbi Meir tient les tehoumin pour un interdit de la Tora (35b) : il ne pénalise pas l'involontaire à cause du volontaire.

19
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּעָלִים, הָא בְּאִימָּהוֹת. דְּתַנְיָא: אָכַל בָּצָל וְהִשְׁכִּים וּמֵת, אֵין אוֹמְרִין מִמַּה מֵת. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בֶּעָלִים, אֲבָל בְּאִימָּהוֹת — לֵית לַן בַּהּ. וּבְעָלִין נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא

Pas de difficulté : ici, les feuilles ; là, les bulbes. Car on a enseigné : s'il a mangé un oignon, s'est levé le matin, et il est mort, on ne dit pas : de quoi est-il mort ?

Et Chmouel a dit : on n'a enseigné cela que pour les feuilles, mais pour les bulbes, nous n'y voyons aucun inconvénient. Et pour les feuilles non plus, nous ne l'avons dit que

📜 Rachi (1)
עָלִין לָא חֲשִׁיבִי וְרָעִים לֶאֱכֹול:
Feuilles : elles ne sont pas importantes, et elles sont mauvaises à manger.
💡 Explication

Les deux enseignements se partagent. L'érouv refusé par Rabbi Meir vise les feuilles. L'érouv permis vise les imahot, les bulbes. Rachi : les feuilles comptent peu, et elles sont mauvaises à manger.

Baraita : oignon mangé, mort au matin, la cause est connue. Chmouel : cela vise les feuilles. Les bulbes, sans inconvénient. La phrase sur les feuilles elles-mêmes s'interrompt à la fin de l'amoud : " nous ne l'avons dit que ".

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).