Eruvin 29b - Feuilles d'oignon, shekhar, dattes et liftan

Eruvin 29b

Sougya : L'amoud achève la phrase de Chmouel : le danger des feuilles d'oignon vaut tant qu'elles n'ont pas poussé d'une zeret, et Rav Papa le lève si l'on a bu du shekhar ensuite. Une baraita interdit l'oignon à cause du serpent qui est en lui, et raconte que Rabbi Hanina en a mangé jusqu'à frôler la mort.

Chmouel permet l'érouv de shekhar et le fait invalider le mikvé à trois log. Rav Aha veut deux log, par le rapport du vin à la sortie du Chabbat ; la Guemara ramène la mesure à deux coupes, le matin et le soir.

Rav Yosef fixe les dattes à un kav ; Abaye écarte la preuve. Shetita et kisanei reçoivent leur quantité, puis la mère d'Abaye donne des remèdes.

Chmouel distingue le liftan de l'aliment dont on fait le repas. La viande rôtie oppose Rabba et Rav Yosef ; Abaye refuse de prendre les Perses pour règle du monde.

Feuilles d'oignon : les trois conditions du danger Chmouel, achevée ici, puis Rav Papa. Dès qu'une condition tombe, plus d'inconvénient 1. Ce sont des feuilles Les bulbes, imahot, sont hors du cas depuis 29a 2. Moins d'une zeret empan, pouce à l'auriculaire Rachi : il y a du venin 3. Sans shekhar après Rav Papa la bière lève le cas Zeret atteinte plus d'inconvénient même pour les feuilles Shekhar bu ensuite plus d'inconvénient Rav Papa Bulbes plus d'inconvénient Chmouel, 29a
Feuilles, moins d'une zeret, et pas de shekhar ensuite : le danger tient. Zeret, shekhar ou bulbes : plus d'inconvénient.
Combien de shekhar pour l'érouv Rav Aha calque le rapport de la sortie du Chabbat. La Guemara le ramène à deux coupes Sortie du Chabbat Calcul de Rav Aha Mesure retenue Vin : de quoi couper la coupe de bénédiction Autres liquides : une reviit Rapport : un pour quatre Rachi : la reviit des autres liquides, un log Vin d'érouv, Rav : deux reviit Shekhar : quatre fois plus Rachi : deux log de shekhar Là-bas, en dessous de la mesure, cela ne compte pas Ici, une coupe le matin une coupe le soir Rachi : chaque coupe, une reviit de log Shekhar et mikvé, Chmouel On en fait un érouv Il invalide le mikvé à trois log, comme l'eau de teinture On l'appelle shekhar : on aurait pu lui retirer le nom d'eau Tossefot, Makot Le vin coupé, même avec trois log d'eau puisée, n'invalide pas le mikvé : on l'appelle vin, et un fruit n'invalide pas le mikvé Le shekhar, lui, est de l'eau dans tout son fond
Rav Aha aligne le shekhar sur le rapport un pour quatre de la sortie du Chabbat, et arrive à deux log. La page retient deux coupes, matin et soir.
Liftan ou repas : la quantité de l'érouv Chmouel. Deux repas. La viande rôtie reste en discussion sur la page Liftan On accompagne le pain avec Quantité : le pain de deux repas Aliment en soi On en fait le repas Quantité : deux repas de cet aliment Viande crue Aliment en soi On en mange deux repas Viande rôtie Rabba : liftan, on mange avec Rav Yosef : on en mange Roch : Rabba Preuve de Rav Yosef Les Perses mangent des morceaux rôtis sans pain Donc la viande rôtie est un aliment à elle seule Réponse d'Abaye Les Perses sont une coutume locale Michna : vêtements des pauvres pour les pauvres, des riches pour les riches La mesure suit le groupe
Le liftan accompagne le pain de deux repas. L'aliment dont on fait le repas se mesure à deux repas de lui. La viande rôtie : Rabba d'un côté, Rav Yosef de l'autre. Le Roch suit Rabba.
1
דְּלָא אַבְצִיל זִירְתָא, אֲבָל אַבְצִיל זִירְתָּא — לֵית לַן בַּהּ.

lorsqu'elles n'ont pas poussé d'une zeret ; mais si elles ont poussé d'une zeret, nous n'y voyons aucun inconvénient.

📜 Rachi (1)
דְּלָא אַבָּצָל זַרְתָּא שֶׁלֹּא גָּדְלוּ זֶרֶת [יֵשׁ לָהֶם אֶרֶס] בַּבָּצָל:
qu'elles n'ont pas grandi d'une zeret ; [elles ont du venin] dans l'oignon.
💡 Explication

Fin de la phrase de Chmouel ouverte en 29a. Même pour les feuilles, le cas dangereux est limité : tant qu'elles n'ont pas poussé d'une zeret, un empan, du pouce à l'auriculaire.

Une fois cette taille atteinte, l'inconvénient tombe. Rachi : avant cela, il y a du venin dans l'oignon.

2
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא אִישְׁתִּי שִׁיכְרָא, אֲבָל אִישְׁתִּי שִׁיכְרָא לֵית לַן בַּהּ.

Rav Papa a dit : nous ne l'avons dit que s'il n'a pas bu de shekhar ; mais s'il a bu du shekhar, nous n'y voyons aucun inconvénient.

💡 Explication

Rav Papa ajoute une condition au danger des feuilles. Il ne vaut que si l'on n'a pas bu de shekhar (bière) ensuite.

Le shekhar bu après l'oignon lève l'inconvénient. La page va reprendre ce liquide pour l'érouv et pour le mikvé.

3
תָּנוּ רַבָּנַן: לֹא יֹאכַל אָדָם בָּצָל, מִפְּנֵי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ. וּמַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא שֶׁאָכַל חֲצִי בָּצָל וַחֲצִי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ וְחָלָה וְנָטָה לָמוּת, וּבִקְּשׁוּ חֲבֵירָיו רַחֲמִים עָלָיו וְחָיָה, מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ.

Les maîtres ont enseigné : un homme ne mangera pas d'oignon, à cause du serpent qui est en lui. Il arriva que Rabbi Hanina mangea la moitié d'un oignon et la moitié du serpent qui était en lui ; il tomba malade et pencha vers la mort.

Ses collègues demandèrent miséricorde pour lui, et il vécut, parce que l'heure avait besoin de lui.

📜 Rachi (1)
נָחָשׁ שֶׁבּוֹ אֶרֶס שְׂרַף הַבָּצָל:
le venin, la sève de l'oignon.
🗂️ Tossefot (1)
מִפְּנֵי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ פ"ה אֶרֶס שֶׁל שָׂרָף בָּצָל ור"ח פִּי' הָעַמּוּד שֶׁבְּתוֹכוֹ שֶׁמִּתְעַגֵּל בְּתוֹכוֹ כְּמִין גִּבְעוֹל וּמִתְקַבְּצִין בּוֹ זֶרַע הַבָּצָל אוֹתוֹ הָעַמּוּד נִקְרָא נָחָשׁ שֶׁל בָּצָל:
Selon le commentaire : le venin de la sève de l'oignon. Rabbeinou Hananel explique : la colonne qui est à l'intérieur, qui s'enroule à l'intérieur comme une sorte de tige, et où se rassemble la graine de l'oignon. Cette colonne est appelée le serpent de l'oignon.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וּבִקְּשׁוּ עָלָיו חֲבֵרָיו רַחֲמִים וְחָיָה, מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ. קָשֶׁה וְכִי אִם אֵין הַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ אֵינוֹ כְּדַאי לְבַקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים? וַהֲלֹא חָכָם גָּדוֹל וְחָסִיד גָּדוֹל הָיָה! וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּנָה בְּעֵת שֶׁבִּקְּשׁוּ עָלָיו רַחֲמִים בָּאוּ בִּתְפִילָּתָם בְּטַעֲנָה זוֹ שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ, וְעַל יְדֵי כָּךְ תִּזְכֹּר צִדְקָתוֹ וּזְכוּת מַעֲשָׂיו הַטּוֹבִים, שֶׁאִם לֹא הָיָה צַדִּיק גָּדוֹל בְּיוֹתֵר לֹא הָיְתָה הַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ. אִי נָמֵי כָּךְ אָמְרוּ בִּתְפִילָּתָם, אֲפִילּוּ אִם הִשְׁלִים חַיִּים הַקְּצוּבִים לוֹ, רָאוּי שֶׁיִּתֵּן לוֹ הקב"ה חַיִּים מֵחָדָשׁ מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ. וְהָא דְּאָמַר לָשׁוֹן זֶה שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ וְלֹא אָמַר 'שֶׁהַדּוֹר צָרִיךְ לוֹ' רֶמֶז בָּזֶה עַל מַזַּל הַפַּרְנָסָה שֶׁנִּקְרָא 'שָׁעָה' וּכְמוֹ שֶׁאָמַר הקב"ה לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פְּדָת וְאוּלַי נָפַלְתָּ בְּשַׁעְתָּא דִּמְזוֹנֵי (תַּעֲנִית דַּף כֹּה.), וְכֵן אָמְרוּ (מִשְׁנָה אָבוֹת ד, ג) 'אֵין לְךָ אָדָם שֶׁאֵין לוֹ שָׁעָה' וְכֵן אוֹמְרִים (תַּעֲנִית כא.) 'שַׁעְתָּא קַיְימָא לֵיהּ' וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה. וְיָדוּעַ דְּבַת קוֹל מַכְרֶזֶת כָּל הָעוֹלָם נִזּוֹן בִּשְׁבִיל חֲנִינָא בְּנִי (תַּעֲנִית דַּף כֹּד:), נִמְצָא הַפַּרְנָסָה וְהַהַצְלָחָה שֶׁל בְּנֵי אָדָם תָּלוּי בּוֹ וּצְרִיכָה לוֹ. אִי נָמֵי נָקֵיט שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ כִּי הָיָה מְסֻוגָּל לְהִתְפַּלֵּל, וְיָדוּעַ דְּהַתְּפִילָּה נִקְרֵאת חַיֵּי שָׁעָה וְהַתּוֹרָה חַיֵּי עוֹלָם וְכַנִּזְכָּר בַּגְּמָרָא (שַׁבָּת י.).
Et ses collègues demandèrent pour lui miséricorde, et il vécut, parce que l'heure avait besoin de lui. Difficulté : si l'heure n'avait pas besoin de lui, ne serait-il pas digne qu'on demande miséricorde pour lui ? C'était un grand sage et un grand hassid (pieux) ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention est celle-ci : au moment où ils ont demandé miséricorde pour lui, ils sont venus dans leur prière avec cet argument, que l'heure avait besoin de lui, et par là sa justice et le mérite de ses bonnes actions sont rappelés, car s'il n'avait pas été un juste extrêmement grand, l'heure n'aurait pas eu besoin de lui. Ou bien, ils ont dit ainsi dans leur prière : même s'il avait achevé la vie qui lui était fixée, il convient que Hachem lui donne une vie nouvelle, parce que l'heure a besoin de lui. Et quant à cette formule, " l'heure a besoin de lui ", là où il n'a pas dit " la génération a besoin de lui " : il y a là une allusion au mazal de la subsistance (parnassa), qui est appelé " heure ", comme Hachem l'a dit à Rabbi Elazar ben Pedat : " peut-être es-tu tombé à l'heure de la nourriture " (Taanit 25a). De même ils ont dit (Michna Avot 4, 3) : " il n'est personne qui n'ait son heure ", et l'on dit (Taanit 21a) : " l'heure se tient pour lui ", et d'autres formules du même genre. Et l'on sait qu'une bat kol proclame : le monde entier est nourri à cause de Hanina mon fils (Taanit 24b). Il en résulte que la subsistance et la réussite des hommes dépendent de lui et ont besoin de lui. Ou bien, il a pris la formule " l'heure a besoin de lui " parce qu'il était apte à la prière, et l'on sait que la prière est appelée vie de l'heure, et la Torah vie du monde, comme la Guemara le rappelle (Chabbat 10a).
וּמַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא שֶׁאָכַל חֲצִי בָּצָל וַחֲצִי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ, וְחָלָה, וְנָטָה לָמוּת. כָּתַב הָרִיטְבָ"א זַ"ל יֵשׁ שֶׁפֵּירְשׁוּ נָחָשׁ שֶׁל בָּצָל הוּא תּוֹלַעַת שֶׁנַּעֲשָׂה בּוֹ שֶׁהוּא סַכָּנָה כְּאֶרֶס שֶׁל נָחָשׁ, וּכְדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ קָפָא דְּתָאנֵי וּקְפָא דְּחַסָּא עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וְקָשֶׁה עַל פֵּירוּשָׁם וַהֲלֹא תּוֹלַעַת זוֹ מִתְהַוֶּה בִּמְחֻובָּר וְאֵיךְ נִכְשַׁל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא בָּזֶה, דְּהָא אֵין הַקב"ה מֵבִיא תַּקָּלָה עַל יְדֵי צַדִּיקִים בְּמִידִי דַּאֲכִילָה, וְכָל תּוֹלָע דְּמַתְלִיעַ בִּמְחֻובָּר אַף עַל גַּב דְּהַתּוֹסָפוֹת וְהָרֹא"שׁ סְבִירָא לְהוּ כָּל זְמַן שֶׁלֹּא רִיחֵשׁ מֻותָּר, הִנֵּה רַבֵּינוּ יְחִיאֵל וְהָרַשְׁבָּ"א וְהָרָ"ן סְבִירָא לְהוּ אַף עַל גַּב דְּלָא רִיחֵשׁ קָרֵינַן בֵּיהּ שֶׁרֶץ עַל הָאָרֶץ (וַיִּקְרָא יא, מא) וְאָסוּר, וְכֵן הִיא סְבָרַת הָרַמְבַּ"ם וְהָרַב הַמַּגִּיד וְכַנִּזְכָּר בְּבֵית יוֹסֵף סִימָן פ"ד. וְהֵן אֱמֶת שֶׁהָיָה חֲצִי תּוֹלָע, עִם כָּל זֶה אִיסּוּרָא אִיכָּא וְאֵין הַקב"ה מֵבִיא תַּקָּלָה עַל יְדֵי צַדִּיקִים בְּמִידֵּי דַּאֲכִילָה אֲפִילּוּ בְּאִיסּוּר בַּל תְּשַׁקְּצוּ? עַל כֵּן נִרְאֶה דְּאֵין לְפָרֵשׁ כֵּן, אֶלָּא אוֹ כְּפֵירוּשׁ רַשִׁ"י אוֹ כְּפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ תָּם זַ"ל, וְדַע דַּאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י וְרַבֵּינוּ תָּם לָאו בִּבְצָלִים הָעוֹמְדִים לַאֲכִילָה אַיְירֵי, אֶלָּא כְּמוֹ שֶׁכָּתַב הֶעָרוּךְ זַ"ל דְּאַיְירֵי בְּבָצָל שֶׁמְּשַׁייְּרִין בָּאָרֶץ לְהוֹצִיא מִמֶּנּוּ זֶרַע שֶׁדֶּרֶךְ לָצֵאת מִמֶּנּוּ קָנֶה, וְיֵשׁ לְאוֹתוֹ קָנֶה רֹאשׁ כְּמוֹ רֹאשׁוֹ שֶׁל נָחָשׁ, וְחַם הוּא מְאֹד כִּי כָּל זֶרַע הוּא חַם וּלְכָךְ לֹא יֹאכְלוּ אוֹתוֹ, וְגַם הַבָּצָל הַהוּא לֹא יֹאכְלוּ שֶׁיָּצָא מִתּוֹרַת מַאֲכָל, אֲבָל שְׁאָר בְּצָלִים לֵיכָּא סַכַּנְתָּא עַד כָּאן דְּבָרָיו יְעֻוייַּן שָׁם.
Et il arriva que Rabbi Hanina ben Dossa mangea la moitié d'un oignon et la moitié du serpent qui était en lui, tomba malade et pencha vers la mort. Le Ritva zal a écrit : il en est qui expliquent que le serpent de l'oignon est un ver qui s'y forme, dangereux comme le venin d'un serpent, à la manière de ce qu'ils ont dit, le ver de la figue et le ver de la laitue. Fin de sa citation. Difficulté sur leur explication : ce ver se forme dans le fruit encore attaché ; comment Rabbi Hanina ben Dossa a-t-il trébuché là-dessus ? Car Hachem ne fait pas venir d'achoppement par les justes en matière de nourriture. Et tout ver qui se forme dans le fruit attaché : les Tossefot et le Roch tiennent que, tant qu'il n'a pas rampé, c'est permis ; Rabbeinou Yehiel, le Rashba et le Ran tiennent qu'il est interdit même s'il n'a pas rampé, car on lui applique " un rampant sur la terre " (Vayikra 11, 41). Telle est aussi l'opinion du Rambam et du Rav ha-Maguid, comme le rappelle le Beit Yosef, siman 84. Il est vrai que c'était un demi-ver ; malgré cela l'interdit demeure, et Hachem ne fait pas venir d'achoppement par les justes en matière de nourriture, même pour l'interdit de bal teshaktzou (ne vous rendez pas abominables). L'explication à retenir est donc celle de Rachi, ou celle de Rabbeinou Tam zal. Sache que, même selon Rachi et Rabbeinou Tam, le cas est celui que décrit l'Aroukh zal : un oignon qu'on laisse en terre pour en tirer de la semence. Il en sort d'ordinaire une tige ; cette tige a une tête semblable à la tête d'un serpent, et elle est très chaude, car toute semence est chaude : c'est pourquoi on ne la mange pas. Cet oignon-là non plus, on ne le mange pas, car il est sorti de la catégorie d'aliment. Pour les autres oignons, il n'y a pas de danger. Fin de ses paroles ; qu'on y regarde.
💡 Explication

Baraita distincte du danger des feuilles. On ne mange pas d'oignon à cause du na'hach qui est en lui. Rabbi Hanina en a mangé la moitié, avec la moitié de ce serpent, et n'a vécu que parce que l'heure avait besoin de lui.

Rachi : le na'hach est le venin de la sève. Rabbeinou Hananel : la tige intérieure où se groupe la graine. Le Ben Yehoyada écarte la lecture qui y voit un ver : un juste ne trébuche pas sur un interdit de nourriture. L'Aroukh limite le cas à l'oignon laissé en terre pour la semence, dont la tige a une tête de serpent.

🖼️ Schéma
Le serpent de l'oignon : trois lectures Rachi Venin, sève de l'oignon La baraita interdit d'en manger Rabbeinou Hananel La colonne intérieure enroulée comme une hampe La graine s'y tient On l'appelle serpent Ver dans l'oignon Ritva, cité par le Ben Yehoyada Lecture écartée : un juste, sur un interdit de nourriture, ne trébuche pas
Rachi : venin de la sève. Rabbeinou Hananel : la tige à graine. Le ver est une lecture que le Ben Yehoyada écarte.
4
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: שֵׁכָר מְעָרְבִין בּוֹ, וּפוֹסֵל אֶת הַמִּקְוֶה בִּשְׁלֹשֶׁת לֻוגִּין. מַתְקִיף לַהּ רַב כָּהֲנָא: פְּשִׁיטָא, וְכִי מַה בֵּין זֶה לְמֵי צֶבַע? דִּתְנַן: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵי צֶבַע פּוֹסְלִין אֶת הַמִּקְוֶה בִּשְׁלֹשֶׁת לֻוגִּין. אָמְרִי: הָתָם מַיָּא דְצִבְעָא מִיקְּרֵי, הָכָא שִׁיכְרָא אִיקְּרִי.

Rabbi Zeira a dit que Chmouel a dit : on fait un érouv avec du shekhar, et il invalide le mikvé à trois log. Rav Kahana objecte : c'est évident ; quelle différence entre ceci et l'eau de teinture ?

Car nous avons appris : Rabbi Yosse dit : l'eau de teinture invalide le mikvé à trois log. On a répondu : là-bas, on l'appelle eau de teinture ; ici, on l'appelle shekhar.

📜 Rachi (3)
וּפוֹסֵל אֶת הַמִּקְוֶה כִּשְׁאָר מַיִם שְׁאוּבִין:
comme les autres eaux puisées.
מַתְקִיף לַהּ רַב כָּהֲנָא מַה בֵּין זֶה לְמֵי צֶבַע וּפְשִׁיטָא דְּפוֹסֵל:
et il est évident qu'il invalide.
שִׁיכְרָא מִיקְּרֵי וסד"א אֵין עָלָיו שֵׁם מַיִם:
et l'on aurait pensé qu'il ne porte pas le nom d'eau.
🗂️ Tossefot (1)
הָכָא שֵׁכָר אִיקְּרִי וְאַפֵּ"ה פּוֹסֵל הַמִּקְוֶה וְהָא דְּאָמַר בפ"ק דְּמַכּוֹת דְּיַיִן מָזוּג אֵינוֹ פּוֹסֵל אֶת הַמִּקְוֶה אֲפִילּוּ כְּשֶׁיֵּשׁ בּוֹ ג' לֻוגִּין מַיִם שְׁאוּבִין מִשּׁוּם דְּחַמְרָא מְזִיגָא מִיקְּרֵי שָׁאנֵי שֵׁכָר דְּכָל עִיקָּרוֹ אֵינוֹ אֶלָּא מַיִם וְעוֹד דְּהָתָם מִיקְּרֵי חַמְרָא מְזִיגָא וְשֵׁם חַמְרָא עִילָּוֵי' וּפֵירֵי לָא פְּסִיל הַמִּקְוֶה:
Et malgré cela il invalide le mikvé. Et ce qu'on a dit au premier chapitre de Makot, que le vin coupé n'invalide pas le mikvé même lorsqu'il y a en lui trois log d'eau puisée, parce qu'on l'appelle vin coupé : le shekhar est à part, car tout son fond est de l'eau. De plus, là-bas on l'appelle vin coupé, le nom de vin est sur lui, et un fruit n'invalide pas le mikvé.
💡 Explication

Chmouel : le shekhar sert à l'érouv, et il invalide le mikvé à trois log, comme des eaux puisées. Rav Kahana : la michna de Rabbi Yosse le dit déjà de l'eau de teinture.

Réponse : l'eau de teinture garde le nom d'eau. Le shekhar porte un autre nom : on aurait pu dire qu'il n'est plus de l'eau, et qu'il n'invalide le mikvé que s'il en change l'aspect. Tossefot : le vin coupé (Makot) n'invalide pas, parce que le nom de vin, un fruit, reste sur lui. Le shekhar, dans tout son fond, est de l'eau.

5
וּבְכַמָּה מְעָרְבִין? סָבַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְמֵימַר: בִּתְרֵין רִבְעֵי שִׁכְרָא, כְּדִתְנַן: הַמּוֹצִיא יַיִן, כְּדֵי מְזִיגַת הַכּוֹס. וְתָנֵי עֲלָהּ: כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס יָפֶה. מַאי כּוֹס יָפֶה? כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה. וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בּוֹ רֹובַע רְבִיעִית, כְּדֵי שֶׁיִּמְזְגֶנּוּ וְיַעֲמֹוד עַל רְבִיעִית. וְכִדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: כָּל חַמְרָא דְּלָא דָּרֵי עַל חַד תְּלָת מַיָּא — לָאו חַמְרָא הוּא.

Et avec quelle mesure fait-on l'érouv ? Rav Aha, fils de Rav Yosef, pensait dire devant Rav Yosef : avec deux quarts de shekhar.

Comme nous avons appris : celui qui sort du vin, à hauteur du coupage de la coupe. Et l'on a enseigné à ce sujet : à hauteur du coupage d'une belle coupe.

Qu'est-ce qu'une belle coupe ? La coupe de bénédiction.

Et Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouha a dit : la coupe de bénédiction doit contenir un quart de reviit, afin qu'on le coupe et qu'il se tienne à une reviit. Et selon Rava, car Rava a dit : tout vin qui ne porte pas une part pour trois d'eau n'est pas du vin.

📜 Rachi (4)
תְּרֵין רִיבְעֵי שִׁיכְרָא תְּרֵי לֻוגִּין דִּלּוּג רֹובַע קַב:
deux log, car le log est le quart du kav.
הַמּוֹצִיא יַיִן בְּשַׁבָּת:
le Chabbat.
כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס כְּמוֹ שֶׁנּוֹתְנִין יַיִן חַי בְּכוֹס כְּדֵי לְמָוזְגוֹ בְּמַיִם:
comme on met du vin pur dans la coupe afin de le couper avec de l'eau.
רֹובַע רְבִיעִית רֹובַע לֹוג יַיִן חַי:
un quart de log de vin pur.
🗂️ Tossefot (3)
כְּדֵי שֶׁיִּמְזְגֶנּוּ וְיַעֲמֹוד עַל רְבִיעִית מַשְׁמַע דְּכוֹס שֶׁל בְּרָכָה טָעוּן מְזִיגָה וְכֵן בְּפֶרֶק ג' שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת נ:) וּבְהַמּוֹכֵר פֵּירוֹת (ב"ב דַּף צז:) אָמַר וְאֵין מְבָרְכִין עָלָיו עַד שֶׁיִּתֵּן לְתוֹכוֹ מַיִם וְתֵימַהּ דִּבְפֶרֶק שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת נא.) אָמְרִינַן עֲשָׂרָה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּכוֹס שֶׁל בְּרָכָה וַחֲשִׁיב חַי וְתֵירֵץ רַשִׁ"י דָּחֵי דְּקָאָמַר הַייְנוּ שֶׁיִּתְּנֶנּוּ חַי בַּכּוֹס וְאַחַר כָּךְ יִמְזֹוג לְאַפּוֹקֵי שֶׁלֹּא יִמְזְגֶנּוּ בְּכוֹס זֶה וְיִתְּנֶנּוּ בְּכוֹס אַחֵר שֶׁמְּבָרֵךְ עָלָיו ור"ת מְפָרֵשׁ דָּחֵי הַיְינוּ מָזוּג וְלֹא מָזוּג דְּאָמַר בְּפֶרֶק בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה (סַנְהֶדְרִין דַּף ע.) אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּשְׁתֶּה יַיִן חַי וּמוּקִי לָהּ בְּמָזוּג וְלֹא מָזוּג וְנוֹתֵן בּוֹ קְצָת מַיִם בִּתְחִילַּת הַבְּרָכָה וּבְבִרְכַּת הָאָרֶץ מוֹסִיף עָלָיו מַיִם עַד שֶׁיְּהֵא מָזוּג כָּרָאוּי כִּדְאָמַר בְּפֶ' ג' שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת נא.) שֶׁמּוֹסִיף בְּבִרְכַּת הָאָרֶץ וְהַיְינוּ מַיִם וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ שָׁם בַּקְּוַנְט' שֶׁמּוֹסִיף יַיִן וּבְנֵי נַרְבּוֹנָה מְפָרְשִׁים דָּחֵי קָאֵי אַכּוֹס וּלְאַפּוֹקֵי כּוֹס שָׁבוּר דְּכֻולְּהוּ עֲשָׂרָה דְּבָרִים קָאֵי אַכּוֹס וְשַׁייָּךְ חַי בְּכוֹס כִּדְאָמַר (ב"ק נד.) שְׁבִירָתָן זוֹ הִיא מִיתָתָן וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּמַכּוֹת (דַּף טז:) אָמַר רִיסֵּק ט' נְמָלִין וְאֶחָד חַי ר"ל אוֹתוֹ חַי שָׁלֵם:
Il en ressort que la coupe de bénédiction exige le coupage. De même au chapitre Trois qui ont mangé (Berakhot 50b), et dans Celui qui vend des fruits (Bava Batra 97b), on dit : on ne bénit pas sur lui tant qu'on n'y a pas mis d'eau. Étonnement : au chapitre Trois qui ont mangé (Berakhot 51a), nous disons que dix choses ont été dites sur la coupe de bénédiction, et l'on y compte " haï " (pur). Rachi a répondu : le " haï " dont on parle, c'est qu'on le met pur dans la coupe, puis on le coupe. Cela écarte le cas où on le couperait dans cette coupe et où on le verserait dans une autre coupe, celle sur laquelle on bénit. Rabbeinou Tam explique : " haï ", c'est coupé et non coupé, comme on le dit au chapitre Le fils rebelle (Sanhédrin 70a) : il n'est passible que s'il boit du vin haï, et on l'établit au sens de coupé et non coupé. On y met un peu d'eau au début de la bénédiction, et à la bénédiction de la terre on ajoute de l'eau jusqu'à ce qu'il soit coupé comme il convient, comme on le dit au chapitre Trois qui ont mangé (Berakhot 51a), où l'on ajoute à la bénédiction de la terre : il s'agit d'eau, et non comme le commentaire l'explique là, où l'on ajouterait du vin. Les maîtres de Narbonne expliquent que " haï " porte sur la coupe, et écarte une coupe brisée, car les dix choses portent toutes sur la coupe, et " haï " (entier) convient à une coupe, comme on le dit (Bava Kama 54a) : leur brisure, c'est leur mort. Et au dernier chapitre de Makot (16b) : il a écrasé neuf fourmis, et une vivante, c'est-à-dire celle-là entière.
וְיַעֲמוֹד עַל רְבִיעִית נִרְאֶה כְּמוֹ שֶׁפֵּי' רַשִׁ"י בְּהַמּוֹצִיא (שַׁבָּת דַּף עו:) דְּכוֹס שֶׁל בְּרָכָה צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בָּהּ רֹובַע רְבִיעִית הַלּוֹג כְּדֵי שֶׁיִּמְזְגֶנּוּ וְיַעֲמֹוד עַל רְבִיעִית הַלֹּוג וְלֹא כְּטוֹעִים שֶׁמְּפָרְשִׁים רֹובַע רְבִיעִית הַקַּב דְּהַיְינוּ רְבִיעִית הַלֹּוג כְּדֵי שֶׁיִּמְזְגֶנּוּ וְיַעֲמֹוד עַל רְבִיעִית הַקַּב דְּהַיְינוּ לֹוג דְּהָא בְּנָזִיר בְּפֶרֶק שְׁלֹשָׁה מִינִים (נָזִיר דַּף לח.) חֲשִׁיב הַךְ דִּשְׁאָר מַשְׁקִין בִּרְבִיעִית דְּמַיְיתֵי הָכָא וּמַשְׁמַע הָכָא וּבְהַמּוֹצִיא (שַׁבָּת דַּף עו.) דְּהַיְינוּ שִׁיעוּר כּוֹס יָפֶה אַחַר מְזִיגָתוֹ וְהָנְהוּ דְּחָשֵׁיב בְּנָזִיר הָוֵי רְבִיעִית הַלּוֹג מִדַּחֲשִׁיב רְבִיעִית שֶׁמֶן לְנָזִיר דְּיָלֵיף מִקְּרָא בְּהַתּוֹדָה דְּהָוֵי חֲצִי שִׁיעוּר שֶׁל תּוֹדָה וּתְנַן בְּפָ' שְׁתֵּי מִדּוֹת (מְנָחוֹת דַּף פח:) חֲצִי לֹוג שֶׁמֶן לְתוֹדָה וְעוֹד תָּנֵי הָתָם ז' מִדּוֹת שֶׁל לַח הָיוּ בַּמִּקְדָּשׁ רְבִיעִית הַלּוֹג מַה הִיא מְשַׁמֶּשֶׁת רְבִיעִית מַיִם לִמְצֹורָע רְבִיעִית שֶׁמֶן לְנָזִיר וַחֲשִׁיב נָמֵי רְבִיעִית דָּם מְטַמֵּא בְּאֹהֶל דְּהַיְינוּ רְבִיעִית הַלֹּוג כִּדְמַשְׁמַע בְּפֶרֶק כ"ג בְּנָזִיר (דַּף נג.) דְּאָמַר חֲצִי קַב עֲצָמוֹת וַחֲצִי לֹוג דָּם לַכֹּל רֹובַע קַב עֲצָמוֹת וּרְבִיעִית דָּם לֹא לַכֹּל וּפָרִיךְ נָמֵי הָתָם וְתוּ לֵיכָּא וְהָאִיכָּא מֵי רְבִיעִית נוֹטְלִין מֵהֶן לַיָּדַיִם וְהַיְינוּ מֵי רְבִיעִית הַלֹּוג כִּדְמוֹכַח בְּמַס' יָדַיִם (פ"א מ"א):
Il apparaît comme Rachi l'a expliqué dans Ha-motzi (Chabbat 76b) : la coupe de bénédiction doit contenir un quart de reviit du log, afin qu'on le coupe et qu'il se tienne à une reviit du log. Et non selon ceux qui se trompent, qui expliquent un quart de reviit du kav, c'est-à-dire une reviit du log, afin qu'on le coupe et qu'il se tienne à une reviit du kav, c'est-à-dire un log. Car dans Nazir, au chapitre Trois espèces (Nazir 38a), il compte à une reviit cette mesure des autres liquides que l'on cite ici, et il ressort d'ici et de Ha-motzi (Chabbat 76a) que c'est la mesure de la belle coupe après son coupage. Et ces mesures comptées dans Nazir sont une reviit du log, puisqu'il compte une reviit d'huile pour le nazir, qu'il apprend d'un verset au sacrifice de reconnaissance, et c'est la moitié de la mesure du sacrifice de reconnaissance. Nous avons appris au chapitre Deux mesures (Menahot 88b) : un demi-log d'huile pour le sacrifice de reconnaissance. De plus, on enseigne là : il y avait sept mesures de liquide dans le Temple. La reviit du log, à quoi sert-elle ? Une reviit d'eau pour le lépreux, une reviit d'huile pour le nazir. Il compte aussi une reviit de sang qui rend impur sous la tente, et c'est une reviit du log, comme il ressort au chapitre Kohen gadol, dans Nazir (53a) : un demi-kav d'ossements et un demi-log de sang, pour tous ; un quart de kav d'ossements et une reviit de sang, non pour tous. Il objecte aussi là : et il n'y a plus rien ? Or il y a l'eau d'une reviit, dont on se lave les mains. Et c'est l'eau d'une reviit du log, comme le prouve le traité Yadayim (chapitre 1, michna 1).
כָּל חַמְרָא דְּלָא דָּרֵי עַל חַד תְּלָת וְהָא דְּאָמַר בְּדִינֵי מָמוֹנוֹת (סַנְהֶדְרִין דַּף לז.) אַל יֶחְסַר הַמָּזֶג שֶׁאִם נִצְרַךְ אֶחָד מֵהֶם לָצֵאת רוֹאִין אִם יֵשׁ שָׁם כ"ג דְּמַשְׁמַע דְּמָזוּג הָוֵי שְׁנֵי חֲלָקִים מַיִם אוֹמֵר רִ"י דִּקְרָא אַיְירֵי בְּיַיִן הַשָּׂרוֹנִי דְּהָוֵי ב' חֲלָקִים מַיִם דְּלֵיכָּא לְאוֹקְמָא קְרָא בִּסְתָם מָזוּג רְבִיעִית דְּסַנְהֶדְרִין לְמַאי חָזֵי אֲבָל שְׁלִישׁ חֲזִי לְדִינֵי נְפָשׁוֹת לֶיהֱוֵי סַנְהֶדְרֵי קְטַנָּה:
Et ce qu'on dit dans les procès d'argent (Sanhédrin 37a), " que le mélange ne manque pas " : si l'un d'eux doit sortir, on regarde s'il y a là vingt-trois, ce qui implique que le vin coupé est à deux parts d'eau. Le Ri dit : le verset parle du vin du Sharon, qui prend deux parts d'eau. On ne peut pas établir le verset sur le coupage ordinaire, où le vin est un quart : un quart du Sanhédrin, à quoi sert-il ? Un tiers, lui, convient aux procès capitaux, pour constituer un petit Sanhédrin.
💡 Explication

Rav Aha propose deux quarts de shekhar. Rachi : deux log, le log étant le quart du kav. La preuve passe par la sortie du Chabbat. Le vin se mesure à de quoi couper une belle coupe, la coupe de bénédiction.

Rav Nahman : elle contient un quart de reviit de vin pur, pour se tenir, une fois coupée, à une reviit. Rava : le vin se coupe à une part pour trois d'eau. Tossefot, d'après Rachi sur Chabbat 76b, lit le quart de reviit comme un quart de reviit du log. Le Rachi imprimé sur cette page dit : un quart de log de vin pur. Le mot haï de la coupe de bénédiction se discute : pur puis coupé dans la même coupe (Rachi), coupé à demi (Rabbeinou Tam), ou coupe entière (Narbonne).

🖼️ Schéma
Coupe de bénédiction : combien de vin pur Rava : une part de vin pour trois d'eau. Le quart du mélange est du vin Tossefot, d'après Rachi sur Chabbat 76b Vin pur : un quart de reviit du log Après coupage : une reviit du log C'est la belle coupe Lecture que Tossefot écarte Vin pur : une reviit du log, soit un quart de log Après coupage : une reviit du kav, soit un log Le Rachi imprimé ici dit : un quart de log de vin pur Les deux lectures gardent le rapport un pour quatre. Rav Aha en tire deux log de shekhar. La suite de la page retient deux coupes.
Tossefot : un quart de reviit du log de vin pur, coupé jusqu'à une reviit du log. L'autre lecture monte jusqu'au log.
6
וְקָתָנֵי סֵיפָא: וּשְׁאָר כָּל הַמַּשְׁקִין בִּרְבִיעִית, וְכָל הַשּׁוֹפְכִין בִּרְבִיעִית. מִדְּהָתָם עַל חַד אַרְבַּע — הָכָא נָמֵי עַל חַד אַרְבַּע.

Et l'on enseigne la fin : et tous les autres liquides, à une reviit, et toutes les eaux usées, à une reviit. Puisque là-bas c'est un pour quatre, ici aussi c'est un pour quatre.

📜 Rachi (3)
וְקָתָנֵי סֵיפָא דְּהַמּוֹצִיא יַיִן וּשְׁאָר כָּל הַמַּשְׁקִין הוֹצָאָתָן בִּרְבִיעִית דְּהַיְינוּ לֹוג:
de celui qui sort du vin : et tous les autres liquides, leur sortie est à une reviit, c'est-à-dire un log.
וּמִדְּהָתָם בְּהוֹצָאַת שַׁבָּת בָּעֵינַן עַל חַד דְּיַיִן אַרְבַּע דְּשִׁיכְרָא דִּבְיַיִן תָּנֵי רֹובַע רְבִיעִית וּבִשְׁאָר כָּל הַמַּשְׁקִין תָּנֵי רְבִיעִית:
pour la sortie du Chabbat, nous exigeons, pour une part de vin, quatre de shekhar, car pour le vin on enseigne un quart de reviit, et pour tous les autres liquides on enseigne une reviit.
הָכָא נָמֵי גַּבֵּי עֵירוּב בָּעֵינַן אַרְבַּע וְאָמַר רַב לְעֵיל מְעָרְבִין בִּשְׁנֵי רְבִיעִית יַיִן אַלְמָא בְּשִׁיכְרָא תְּרֵי לֻוגֵּי בָּעֵינַן:
pour l'érouv, nous exigeons quatre. Et Rav a dit plus haut : on fait l'érouv avec deux reviit de vin. Il en ressort que pour le shekhar il nous faut deux log.
💡 Explication

Fin de la michna de la sortie : les autres liquides, et les eaux usées, à une reviit. Le vin, lui, n'était qu'un quart de cette mesure, de quoi couper la coupe. Rapport : un pour quatre.

Rav Aha transporte le rapport à l'érouv. Rav a fixé le vin d'érouv à deux reviit. Quatre fois cette quantité de shekhar : Rachi conclut deux log.

7
וְלֹא הִיא, הָתָם הוּא דִּבְצִיר מֵהֲכִי לָא חֲשִׁיב, אֲבָל הָכָא — לֹא. דַּעֲבִידִי אִינָשֵׁי דְּשָׁתוּ כָּסָא בְּצַפְרָא וְכָסָא בְּפַנְיָא, וְסָמְכִי עִילָּוַיְהוּ.

Et il n'en est rien. C'est là-bas que moins que cela ne compte ; ici, non.

Car les gens ont coutume de boire une coupe le matin et une coupe le soir, et ils s'appuient dessus.

📜 Rachi (1)
דִּשְׁתֵּי כִּסֵּא שֶׁל רְבִיעִית לֹוג שֵׁכָר בְּצַפְרָא וְכִסֵּא בְּפַנְיָא וּסְמִיךְ עֲלַיְיהוּ:
d'une reviit de log de shekhar le matin, et une coupe le soir, et il s'appuie dessus.
💡 Explication

Velo hi : le rapport un pour quatre reste à la sortie du Chabbat, où une quantité moindre ne compte pas. Pour l'érouv, les gens boivent une coupe le matin et une coupe le soir, et ces deux coupes leur tiennent lieu de repas.

Rachi : chaque coupe est une reviit de log de shekhar. La mesure d'érouv est donc ces deux coupes, et les deux log de Rav Aha tombent.

8
תְּמָרִים בְּכַמָּה? אָמַר רַב יוֹסֵף: תְּמָרִים בְּקַב. אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: אָכַל גְּרוֹגְרוֹת וְשִׁילֵּם תְּמָרִים — תָּבוֹא עָלָיו בְּרָכָה.

Les dattes, à quelle mesure ? Rav Yosef a dit : les dattes, à un kav.

Rav Yosef a dit : d'où le dis-je ? Car on a enseigné : s'il a mangé des figues sèches et qu'il a payé des dattes, qu'une bénédiction vienne sur lui.

📜 Rachi (1)
אָכַל גְּרוֹגָרוֹת שֶׁל תְּרוּמָה בְּשׁוֹגֵג:
de terouma, par inadvertance.
💡 Explication

Nouvelle mesure d'érouv : les dattes, un kav, selon Rav Yosef. Preuve : celui qui a mangé des figues sèches de terouma par inadvertance, et qui paie en dattes, mérite une bénédiction.

La page va demander si cette bénédiction prouve que les dattes valent mieux que les figues, à quantité égale.

9
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא לְפִי דָּמִים, דַּאֲכַל מִינֵּיהּ בְּזוּזָא וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ בְּזוּזָא — מַאי ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״? בְּזוּזָא אָכַל, בְּזוּזָא קָא מְשַׁלֵּם! אֶלָּא לָאו, לְפִי מִדָּה, דַּאֲכַל מִינֵּיהּ גְּרִיוָא דִּגְרוֹגְרוֹת דְּשָׁוְיָא זוּזָא, וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ גְּרִיוָא דִתְמָרִים דְּשָׁוֵי אַרְבְּעָה — וְקָתָנֵי: ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״, אַלְמָא: תְּמָרִים עֲדִיפֵי.

Comment le cas se présente-t-il ? Si l'on dit : selon la valeur, il a mangé de son bien pour un zouz et il lui paie pour un zouz, que vient faire " qu'une bénédiction vienne sur lui " ?

Il a mangé pour un zouz, il paie pour un zouz. C'est donc selon la mesure : il a mangé de son bien un griva de figues sèches qui valait un zouz, et il lui paie un griva de dattes qui en vaut quatre.

Et l'on enseigne : " qu'une bénédiction vienne sur lui ". Il en ressort : les dattes sont supérieures.

📜 Rachi (3)
בְּזוּזָא בְּשָׁוֶה זוּז:
de la valeur d'un zouz.
וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ תְּמָרִים הַיְּקָרִים מִגְּרוֹגֶרֶת וְלֹא שִׁילֵּם לוֹ לְפִי מִדָּה אֶלָּא לְפִי דָּמִים:
des dattes, plus chères que la figue sèche ; il a payé selon la valeur, et le paiement n'a pas suivi la mesure.
אַלְמָא תְּמָרִים עֲדִיפֵי וּתְנַן לְעֵיל גַּבֵּי עָנִי בַּגֹּורֶן קַב גְּרוֹגָרוֹת וְאָמַר רַב וְכֵן לְעֵירוּב וכ"ש תְּמָרִים דְּוַדַּאי סַגִּי לְהוּ בְּהָכִי:
Et nous avons appris plus haut, au sujet du pauvre à l'aire : un kav de figues sèches. Et Rav a dit : et de même pour l'érouv. À plus forte raison les dattes : cette mesure leur suffit assurément.
💡 Explication

Selon la valeur, un zouz contre un zouz, la bénédiction n'a rien à faire. Rav Yosef lit donc un paiement à la mesure : un griva (une se'a) de figues sèches vaut un zouz, le même griva de dattes en vaut quatre.

Les dattes sont supérieures. La michna du pauvre à l'aire donne un kav de figues sèches, et Rav a dit : de même pour l'érouv. À plus forte raison, un kav de dattes suffit, et l'on n'exigera pas davantage.

🖼️ Schéma
Pourquoi une bénédiction sur les dattes payées Rav Yosef : selon la mesure Un griva de figues sèches vaut un zouz Un griva de dattes en vaut quatre Les dattes sont supérieures Un kav de figues suffit à l'érouv : un kav de dattes suffit aussi Abaye : selon la valeur Un zouz mangé, un zouz payé Les figues sèches se vendent mal Les dattes, les acheteurs s'y précipitent La preuve de mesure tombe
Rav Yosef : même griva, les dattes valent quatre fois plus. Abaye : même zouz, les dattes se vendent mieux.
10
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: לְעוֹלָם דַּאֲכַל מִינֵּיהּ בְּזוּזָא, וְקָא מְשַׁלֵּם בְּזוּזָא. וּמַאי ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״? דְּאָכַל מִינֵּיהּ מִידֵּי דְּלָא קָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבֹינָא, וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ מִידֵּי דְּקָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבֹינָא.

Abaye lui a dit : en réalité, il a mangé de son bien pour un zouz, et il paie pour un zouz. Et que signifie " qu'une bénédiction vienne sur lui " ?

Il a mangé de son bien une chose sur laquelle l'acheteur ne se précipite pas, et il lui paie une chose sur laquelle l'acheteur se précipite.

📜 Rachi (1)
א"ל אַבַּיֵּי מֵהָא לָא תִּשְׁמַע דִּתְמָרִים עֲדִיפֵי לְעוֹלָם גְּרוֹגָרוֹת עֲדִיפֵי וּלְפִי דָּמִים מְשַׁלֵּם וּמַאי בְּרָכָה. דִּקְפִיץ עָלֶיהָ זְבִינָא. לוֹקְחִים וּלְעִנְיַן עֵירוּב בָּעֵינַן טְפֵי מִקַּב:
de là, n'apprends pas que les dattes soient supérieures. En réalité les figues sèches sont supérieures, et il paie selon la valeur. Et que signifie la bénédiction ? Que l'acheteur s'y précipite : des acheteurs. Et pour l'érouv, il nous faut plus qu'un kav.
🗂️ Tossefot (1)
אַלְמָא תְּמָרִים עֲדִיפֵי וְאִם תֹּאמַר כֵּיוָן דַּעֲדִיפָן דִּילְמָא לָא בָּעֵינַן קַב וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמַיְיתֵי רְאָיָה דְּיוֹתֵר מִקַּב לָא בָּעֵי:
Et si tu dis : puisqu'elles sont supérieures, peut-être n'exigeons-nous pas un kav, il y a à répondre qu'il apporte une preuve que l'on n'exige pas plus d'un kav.
💡 Explication

Abaye maintient le paiement à la valeur. La bénédiction vient de ce que les dattes trouvent preneur, et les figues sèches non. À zouz égal, la preuve que les dattes seraient un meilleur aliment tombe.

Rachi : pour l'érouv, il faudrait alors plus d'un kav. Tossefot, sur le mot de Rav Yosef : même si les dattes sont meilleures, la baraita prouve seulement qu'on n'exige pas plus d'un kav. Elle ne descend pas au-dessous.

11
שְׁתִיתָא — אָמַר רַב אַחָא בַּר פִּנְחָס: תְּרֵי שַׁרְגּוּשֵׁי. כִּיסָאנֵי — אָמַר אַבַּיֵּי: תְּרֵי בּוֹנֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא.

La shetita : Rav Aha bar Pinhas a dit : deux shargoushei. Les kisanei : Abaye a dit : deux bouni de Poumbedita.

📜 Rachi (4)
שְׁתִיתָא מַאֲכָל שֶׁעוֹשִׂין מִקֶּמַח קָלִי שֶׁנִּתְייַבֵּשׁ בַּתַּנּוּר וְנוֹתְנִין דְּבַשׁ לְתוֹךְ הַתַּבְשִׁיל:
un aliment qu'on fait avec de la farine de kali, grain torréfié, séchée au four, et l'on met du miel dans le mets.
שַׁרְגּוּשֵׁי תַּרְווָדִין:
des cuillerées (tarvadin).
כִּיסָנֵי קְלָיוֹת:
des grains torréfiés.
בּוֹנֵי מִדּוֹת:
des mesures.
💡 Explication

Deux aliments encore, avec leur mesure d'érouv. La shetita : farine de grain torréfié et miel, deux grandes cuillerées. Les kisanei : grains torréfiés, deux bouni, la mesure en usage à Poumbedita.

12
אָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הָנֵי כִּסָאנֵי מְעַלּוּ לְלִיבָּא, וּמְבַטְּלִי מַחְשַׁבְתָּא.

Abaye a dit, Mère m'a dit : ces kisanei sont profitables au cœur, et elles annulent les pensées.

📜 Rachi (1)
מַחְשַׁבְתָּא דְּאָגָה:
le souci.
💡 Explication

Parenthèse, hors de la mesure d'érouv. Abaye rapporte un dire de sa mère : les kisanei profitent au cœur et annulent les pensées. Rachi : le souci.

13
וְאָמַר אַבַּיֵּי, אָמְרָה לִי אֵם: הַאי מַאן דְּאִית לֵיהּ חֻולְשָׁא דְּלִיבָּא, לַיְיתֵי בִּישְׂרָא דְּאַטְמָא יַמִּינָא דְּדִיכְרָא, וְלַייְתֵי כַּבּוּיֵי דְרֵעִיתָא דְּנִיסָן, וְאִי לֵיכָּא כַּבּוּיֵי דְרֵעִיתָא — לַיְיתֵי סֻוגְייָנֵי דַּעֲרַבְתָּא, וְנִיכְבְּבֵיהּ וְנֵיכוּל, וְנִשְׁתֵּי בָּתְרֵיהּ חַמְרָא מַרְקָא.

Et Abaye a dit, Mère m'a dit : celui qui a une faiblesse du cœur, qu'il apporte la viande de la cuisse droite d'un bélier, et qu'il apporte de la bouse du troupeau au pâturage, de Nissan ; et s'il n'y a pas de bouse de pâturage, qu'il apporte des brindilles de saule ; qu'il le mette en braise, qu'il mange, et qu'il boive ensuite du vin merak.

📜 Rachi (4)
כַּבּוּיֵי דְּרֵעִיָּיתָא דְּנִיסָן צְפִיעֵי בָּקָר:
crottes de bœuf.
סֻוגְייָנֵי דַּעֲרַבְתָּא קֵיסָמִין שֶׁל עֲרָבָה:
des éclats de saule.
וּנְכַבְּבֵיהּ יַעֲשֶׂה מֵהֶן גַּחֶלֶת וְיִצְלֶה בָּהֶן אוֹתוֹ בָּשָׂר וְנֵיכוּל:
qu'il en fasse de la braise, qu'il y rôtisse cette viande, et qu'il mange.
חַמְרָא מַרְקָא יַיִן מָזוּג:
vin coupé.
💡 Explication

Second dire de la mère d'Abaye, pour la faiblesse du cœur. Viande de la cuisse droite d'un bélier, braise faite avec la bouse des bêtes au pâturage en Nissan, ou, à défaut, avec des brindilles de saule.

Rachi : on rôtit la viande sur cette braise, on la mange, et l'on boit ensuite du vin coupé.

🖼️ Schéma
Faiblesse du cœur : la suite dite par la mère d'Abaye 1. Viande cuisse droite d'un bélier 2. Combustible bouse de pâturage de Nissan sinon, brindilles de saule 3. Braise on y rôtit la viande et on la mange 4. Ensuite vin coupé Rachi : vin mézoug
Cuisse droite de bélier, braise de bouse de Nissan ou de saule, puis vin coupé.
14
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כָּל שֶׁהוּא לִיפְתָּן, כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ. כֹּל שֶׁאֵינוֹ לִיפְתָּן, כְּדֵי לֶאֱכֹול הֵימֶנּוּ. בָּשָׂר חַי — כְּדֵי לֶאֱכֹול הֵימֶנּוּ. בְּשַׂר צָלִי, רַבָּה אָמַר: כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ, וְרַב יוֹסֵף אָמַר: כְּדֵי לֶאֱכֹול הֵימֶנּוּ.

Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : tout ce qui est un liftan, à hauteur de ce qu'on mange avec. Tout ce qui n'est pas un liftan, à hauteur de ce qu'on en mange.

La viande crue : à hauteur de ce qu'on en mange. La viande rôtie, Rabba a dit : à hauteur de ce qu'on mange avec ; et Rav Yosef a dit : à hauteur de ce qu'on en mange.

📜 Rachi (4)
כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ כֹּל שֶׁהוּא לִפְתָּן שִׁיעוּרוֹ כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ לְלַפֵּת בּוֹ אֶת הַפַּת מְזוֹן ב' סְעוּדוֹת:
tout ce qui est un liftan, sa mesure est de quoi manger avec, pour accompagner le pain, nourriture de deux repas.
כְּדֵי לֶאֱכֹול הֵימֶנּוּ שֶׁיְּהוּ כָּל שְׁתֵּי הַסְּעוּדוֹת מִמֶּנּוּ:
que les deux repas entiers en soient faits.
בָּשָׂר חַי אֵינוֹ לִפְתָּן וּבָעֵינַן כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ:
ce n'est pas un liftan, et nous exigeons de quoi en manger.
בָּשָׂר צָלִי פְּלִיגִי בֵּיהּ אִי הָוֵי לִיפְתָּן אִי לֹא:
ils divergent sur le point de savoir si c'est un liftan ou non.
💡 Explication

Retour aux quantités d'érouv. Chmouel : un liftan, mets qui accompagne le pain, se mesure à ce pain de deux repas. Un aliment qui fait le repas à lui seul se mesure à deux repas de lui.

La viande crue suit le second cas. La viande rôtie : Rabba la compte comme liftan, Rav Yosef comme aliment dont on fait le repas.

15
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אֲמִינָא לַהּ — דְּהָנֵי פָּרְסָאֵי אָכְלִי טַבְהָקִי בְּלָא נַהֲמָא! אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: וּפָרְסָאֵי הֲווֹ רֻובָּא דְעָלְמָא?! וְהִתְנָן: בִּגְדֵי עֲנִיִּים לַעֲנִיִּים, בִּגְדֵי עֲשִׁירִים לַעֲשִׁירִים.

Rav Yosef a dit : d'où le dis-je ? Ces Perses mangent des morceaux sans pain.

Abaye lui a dit : et les Perses sont-ils la majorité du monde ? Or nous avons appris : les vêtements des pauvres, pour les pauvres ; les vêtements des riches, pour les riches.

📜 Rachi (3)
טַבְהָקִי חֲתִיכוֹת:
des morceaux.
בִּגְדֵי עֲנִיִּים שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ מְקַבְּלִין טֻומְאָה לַעֲנִיִּים:
trois sur trois reçoivent l'impureté, pour les pauvres.
בִּגְדֵי עֲשִׁירִים שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה מְקַבְּלִין טֻומְאָה אַף לַעֲשִׁירִים:
trois sur trois reçoivent l'impureté, même pour les riches.
🗂️ Tossefot (1)
בִּגְדֵי עֲנִיִּים דַּווְקָא בְּטֻומְאַת מִדְרָס יֵשׁ חִילּוּק בֵּין עֲנִיִּים לַעֲשִׁירִים דִּבְיִחוּד תַּלְיָא מִילְּתָא וְאֵין דֶּרֶךְ עָשִׁיר לְייַחֵד פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה טְפָחִים וְאִם יִיחֵד בָּטְלָה דַּעְתּוֹ אֲבָל בְּטֻומְאַת מֵת אֵין חִילּוּק וְאַף לַעֲשִׁירִים הָוֵי בְּשָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כו:) תַּנְיָא שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ מִנַּיִין תַּלְמוּד לוֹמַר וְהַבֶּגֶד וְלָא מְפַלֵּיג בֵּין עֲנִיִּים לַעֲשִׁירִים וְעוֹד דִּבְמַסֶּכֶת כֵּלִים פֶּרֶק כ"ז (מִשְׁנָה ב) תְּנַן דְּבֶגֶד מִטַּמֵּא שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה לַמִּדְרָס וְשָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ לְמֵת וְעַל כָּרְחֲךָ בַּעֲשִׁירִים מַייְרֵי דְּבַעֲנִיִּים תְּנַן פכ"ח (מִשְׁנָה ח) בִּגְדֵי עֲנִיִּים אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בָּהֶם שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה טְמֵאִין מִדְרָס כָּךְ פר"ת וּדְלֹא כְּפֵ"ה דְּסוֹף כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מז.) שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ לֹא מְטַמֵּא בְּיַד עָשִׁיר כְּלָל:
C'est seulement pour l'impureté de midras qu'il y a une distinction entre pauvres et riches, car la chose dépend de la désignation, et un riche n'a pas coutume de réserver moins de trois tefahim sur trois ; et s'il le réserve, son intention est annulée. Pour l'impureté du mort, il n'y a pas de distinction, et même pour les riches c'est à trois doigts sur trois. Car au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 26b) on enseigne : trois sur trois, d'où ? Le verset dit " et le vêtement ", et il ne sépare pas les pauvres des riches. De plus, dans le traité Kelim, chapitre 27 (michna 2), nous avons appris : un vêtement est impur à trois tefahim sur trois pour le midras, et à trois doigts sur trois pour le mort. Et nécessairement il s'agit des riches, car pour les pauvres nous avons appris au chapitre 28 (michna 8) : les vêtements des pauvres, même s'ils n'ont pas trois tefahim sur trois, sont impurs par midras. Ainsi explique Rabbeinou Tam. Et non selon le commentaire de la fin de Kira (Chabbat 47a), pour qui trois doigts sur trois ne contractent aucune impureté dans la main d'un riche.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אֵין לְמֵידִין מִן הַכְּלָלוֹת אֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן חוּץ. אָמַר רָבִינָא וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא בַּכֹּל מְעָרְבִין וּמִשְׁתַּתְּפִין חוּץ מִן הַמַּיִם וּמֶלַח וְהָא אִיכָּא כְּמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת דְּאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ אֵין לְמֵידִין מִן הַכְּלָלוֹת אֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן חוּץ. וְעוֹד אִיכָּא מִילֵּי טוּבָא דְּאֵין מְעָרְבִין בָּהֶן גֻּודְגְּדָנִיּוֹת שֶׁהֻוקְשׁוּ לְזֶרַע וְכַפְנִיּוֹת וְתַבְלִין וּפוֹלִין יְבֵשִׁין וַעֲדָשִׁים וְחִטִּין וּשְׂעוֹרִין. חוּץ מִן הַמַּיִם וּמֶלַח. דַּוְקָא מַיִם בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּמֶלַח בִּפְנֵי עַצְמוֹ. אֲבָל מַיִם וּמֶלַח כְּאֶחָד מְעָרְבִין: תְּנָא כָּל הָאֳוכָלִין מִצְטָרְפִין לִפְסֹול אֶת הַגְּווִיָּה בְּכַחֲצִי פְרָס. וְכִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעֻודּוֹת לָעֵירוּב. וְכַבֵּיצָה לְטֻומְאַת אוֹכְלִין סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר הָא דְּתַנְיָא וְכִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעֻודּוֹת לָעֵירוּב ה"מ עַד דְּאִיכָּא סְעוּדָה מֵהַאי וּסְעוּדָה מֵהַאי. אָמַר לֵיהּ רָבָא אֲפִילּוּ לְמֶחֱצָה וְלִשְׁלִישׁ וְלִרְבִיעַ. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מֵרַבָּנַן לְרָבָא תַּפּוּחִים בְּכַמָּה וְאַסִּיקְנָא אָמַר רַב נַחְמָן תַּפּוּחִים בְּקַב. תַּנְיָא רַ"שִׁ בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר עֻוכְלָא תַּבְלִין וְלִיטְרָא יָרָק וַעֲשָׂרָה אֱגוֹזִים וַחֲמִשָּׁה אֲפַרְסְקִין וּשְׁנֵי רִמּוֹנִים וְאֶתְרוֹג אֶחָד. וְאָמַר גּוּרְסַק בַּר דָּרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב וְכֵן לְעֵירוּב. תַּנְיָא ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר יַיִן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ חֹומֶץ כְּדֵי לְטַבֵּל בּוֹ זֵיתִים וּבְצָלִים כְּדֵי לֶאֱכוֹל בָּהֶן מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְיַיִן דַּאֲמָרָן הַיְינוּ יַיִן מְבֻושָּׁל אֲבָל יַיִן שֶׁאֵינוֹ מְבֻושָּׁל מְעָרְבִין בִּשְׁתֵּי רְבִיעִיּוֹת. וּבְצָלִים נָמֵי דַּאֲמָרָן מְעָרְבִין בָּאִמָּהוֹת אֲבָל בְּעָלִין לֹא. וְעָלִים דַּאֲמָרָן אֵין מְעָרְבִין בָּהֶן דְּלָא אִבְּצִיל זִרְתָּא אֲבָל אִבְּצִיל זִרְתָּא לֵית לַן בַּהּ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל כָּל שֶׁהוּא לִיפְתָּן כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְכָל שֶׁאֵינוֹ לִיפְתָּן אֶלָּא נֶאֱכָל כְּמוֹת שֶׁהוּא כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. בָּשָׂר חַי כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. בָּשָׂר צָלִי רַבָּה אָמַר כְּדֵי לֶאֱכֹול בּוֹ. רַב יוֹסֵף אָמַר כְּדֵי לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּה. אָמַר רַב שִׁימִי בַּר חִייָּא מְעָרְבִין בְּבֵיצִים חַיּוֹת. וְכַמָּה אָמַר רַב נַחְמָן ב"ר יִצְחָק סִינַי אָמַר שְׁתַּיִם:
Guemara. Rabbi Yo'hanan a dit : on n'apprend pas des généralités, même à l'endroit où il est dit en elles " excepté ". Ravina a dit, et certains disent Rav Nahman bar Yitzhak : nous aussi, nous avons enseigné : avec tout on fait érouv et shitouf, excepté l'eau et le sel. Or il y a les truffes et les champignons, avec lesquels on ne fait pas d'érouv. Apprends-en : on n'apprend pas des généralités, même à l'endroit où il est dit en elles " excepté ". Et encore, il y a beaucoup de choses avec lesquelles on ne fait pas d'érouv : les godgedaniyot (baies) durcies en graine, les kafniyot (dattes encore vertes), les épices, les fèves sèches, les lentilles, le blé et l'orge. Excepté l'eau et le sel : précisément l'eau seule et le sel seul. Mais l'eau et le sel ensemble, on en fait un érouv. Un tanna a enseigné : tous les aliments se joignent pour rendre le corps impropre, à un demi-peras, et pour la nourriture de deux repas, pour l'érouv, et à un volume d'œuf, pour l'impureté des aliments. Rav Yosef pensait dire : ce qu'on a enseigné, " et pour la nourriture de deux repas pour l'érouv ", cela ne vaut que lorsqu'il y a un repas de ceci et un repas de cela. Rava lui a dit : même pour une moitié, un tiers et un quart. Un des maîtres a dit à Rava : les pommes, à quelle mesure ? Et nous avons conclu : Rav Nahman a dit : les pommes, un kav. Une baraita : Rabbi Chimon ben Elazar dit : une oukla d'épices, une litra de légume, dix noix, cinq pêches, deux grenades, et un etrog. Et Goursak bar Dari a dit au nom de Rav : et de même pour l'érouv. Une baraita : Rabbi Chimon ben Elazar dit : du vin, de quoi manger avec ; du vinaigre, de quoi y tremper ; des olives et des oignons, de quoi manger avec eux la nourriture de deux repas. Et le vin dont nous avons parlé, c'est du vin cuit. Mais du vin qui n'est pas cuit, on en fait un érouv avec deux reviit. Et les oignons dont nous avons parlé aussi : on fait l'érouv avec les bulbes, mais avec les feuilles, non. Et les feuilles dont nous avons dit qu'on n'en fait pas d'érouv : lorsqu'elles n'ont pas poussé d'une zeret. Mais si elles ont poussé d'une zeret, nous n'y voyons aucun inconvénient. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : tout ce qui est un liftan, de quoi en manger pour deux repas. Et tout ce qui n'est pas un liftan, mais se mange tel quel, de quoi en manger pour deux repas. La viande crue : de quoi en manger pour deux repas. La viande rôtie : Rabba a dit, de quoi manger avec. Rav Yosef a dit, de quoi en manger. Et la halakha est comme Rabba. Rav Chimi bar Hiyya a dit : on fait l'érouv avec des œufs crus. Et combien ? Rav Nahman, fils de Rav Yitzhak, a dit : Sinaï a dit : deux.
💡 Explication

Rav Yosef : les Perses mangent des morceaux rôtis, tabahki, sans pain. La viande rôtie ferait donc le repas à elle seule. Abaye : les Perses ne sont pas la majorité du monde. La michna donne aux pauvres et aux riches des mesures de vêtement différentes : la règle suit le groupe, une coutume locale ne fixe pas le monde.

Rachi : trois sur trois. Tossefot : pour le midras, trois doigts sur trois chez le pauvre, trois tefahim sur trois chez le riche. Pour l'impureté du mort, trois doigts sur trois même chez le riche. Le Roch tranche la viande rôtie comme Rabba : de quoi accompagner le pain.

🖼️ Schéma
La mesure du vêtement suit celui qui le porte Pauvres, midras Trois doigts sur trois Même sans trois tefahim sur trois Tossefot, Kelim Riches, midras Trois tefahim sur trois En dessous, s'il le réserve, son intention tombe Impureté du mort Trois doigts sur trois Même pour un riche Rabbeinou Tam Le verset : et le vêtement
Midras : trois doigts chez le pauvre, trois tefahim chez le riche. Impureté du mort : trois doigts, même pour le riche.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).