Sougya : L'amoud achève la phrase de Chmouel : le danger des feuilles d'oignon vaut tant qu'elles n'ont pas poussé d'une zeret, et Rav Papa le lève si l'on a bu du shekhar ensuite. Une baraita interdit l'oignon à cause du serpent qui est en lui, et raconte que Rabbi Hanina en a mangé jusqu'à frôler la mort.
Chmouel permet l'érouv de shekhar et le fait invalider le mikvé à trois log. Rav Aha veut deux log, par le rapport du vin à la sortie du Chabbat ; la Guemara ramène la mesure à deux coupes, le matin et le soir.
Rav Yosef fixe les dattes à un kav ; Abaye écarte la preuve. Shetita et kisanei reçoivent leur quantité, puis la mère d'Abaye donne des remèdes.
Chmouel distingue le liftan de l'aliment dont on fait le repas. La viande rôtie oppose Rabba et Rav Yosef ; Abaye refuse de prendre les Perses pour règle du monde.
lorsqu'elles n'ont pas poussé d'une zeret ; mais si elles ont poussé d'une zeret, nous n'y voyons aucun inconvénient.
Fin de la phrase de Chmouel ouverte en 29a. Même pour les feuilles, le cas dangereux est limité : tant qu'elles n'ont pas poussé d'une zeret, un empan, du pouce à l'auriculaire.
Une fois cette taille atteinte, l'inconvénient tombe. Rachi : avant cela, il y a du venin dans l'oignon.
Rav Papa a dit : nous ne l'avons dit que s'il n'a pas bu de shekhar ; mais s'il a bu du shekhar, nous n'y voyons aucun inconvénient.
Rav Papa ajoute une condition au danger des feuilles. Il ne vaut que si l'on n'a pas bu de shekhar (bière) ensuite.
Le shekhar bu après l'oignon lève l'inconvénient. La page va reprendre ce liquide pour l'érouv et pour le mikvé.
Les maîtres ont enseigné : un homme ne mangera pas d'oignon, à cause du serpent qui est en lui. Il arriva que Rabbi Hanina mangea la moitié d'un oignon et la moitié du serpent qui était en lui ; il tomba malade et pencha vers la mort.
Ses collègues demandèrent miséricorde pour lui, et il vécut, parce que l'heure avait besoin de lui.
Baraita distincte du danger des feuilles. On ne mange pas d'oignon à cause du na'hach qui est en lui. Rabbi Hanina en a mangé la moitié, avec la moitié de ce serpent, et n'a vécu que parce que l'heure avait besoin de lui.
Rachi : le na'hach est le venin de la sève. Rabbeinou Hananel : la tige intérieure où se groupe la graine. Le Ben Yehoyada écarte la lecture qui y voit un ver : un juste ne trébuche pas sur un interdit de nourriture. L'Aroukh limite le cas à l'oignon laissé en terre pour la semence, dont la tige a une tête de serpent.
Rabbi Zeira a dit que Chmouel a dit : on fait un érouv avec du shekhar, et il invalide le mikvé à trois log. Rav Kahana objecte : c'est évident ; quelle différence entre ceci et l'eau de teinture ?
Car nous avons appris : Rabbi Yosse dit : l'eau de teinture invalide le mikvé à trois log. On a répondu : là-bas, on l'appelle eau de teinture ; ici, on l'appelle shekhar.
Chmouel : le shekhar sert à l'érouv, et il invalide le mikvé à trois log, comme des eaux puisées. Rav Kahana : la michna de Rabbi Yosse le dit déjà de l'eau de teinture.
Réponse : l'eau de teinture garde le nom d'eau. Le shekhar porte un autre nom : on aurait pu dire qu'il n'est plus de l'eau, et qu'il n'invalide le mikvé que s'il en change l'aspect. Tossefot : le vin coupé (Makot) n'invalide pas, parce que le nom de vin, un fruit, reste sur lui. Le shekhar, dans tout son fond, est de l'eau.
Et avec quelle mesure fait-on l'érouv ? Rav Aha, fils de Rav Yosef, pensait dire devant Rav Yosef : avec deux quarts de shekhar.
Comme nous avons appris : celui qui sort du vin, à hauteur du coupage de la coupe. Et l'on a enseigné à ce sujet : à hauteur du coupage d'une belle coupe.
Qu'est-ce qu'une belle coupe ? La coupe de bénédiction.
Et Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouha a dit : la coupe de bénédiction doit contenir un quart de reviit, afin qu'on le coupe et qu'il se tienne à une reviit. Et selon Rava, car Rava a dit : tout vin qui ne porte pas une part pour trois d'eau n'est pas du vin.
Rav Aha propose deux quarts de shekhar. Rachi : deux log, le log étant le quart du kav. La preuve passe par la sortie du Chabbat. Le vin se mesure à de quoi couper une belle coupe, la coupe de bénédiction.
Rav Nahman : elle contient un quart de reviit de vin pur, pour se tenir, une fois coupée, à une reviit. Rava : le vin se coupe à une part pour trois d'eau. Tossefot, d'après Rachi sur Chabbat 76b, lit le quart de reviit comme un quart de reviit du log. Le Rachi imprimé sur cette page dit : un quart de log de vin pur. Le mot haï de la coupe de bénédiction se discute : pur puis coupé dans la même coupe (Rachi), coupé à demi (Rabbeinou Tam), ou coupe entière (Narbonne).
Et l'on enseigne la fin : et tous les autres liquides, à une reviit, et toutes les eaux usées, à une reviit. Puisque là-bas c'est un pour quatre, ici aussi c'est un pour quatre.
Fin de la michna de la sortie : les autres liquides, et les eaux usées, à une reviit. Le vin, lui, n'était qu'un quart de cette mesure, de quoi couper la coupe. Rapport : un pour quatre.
Rav Aha transporte le rapport à l'érouv. Rav a fixé le vin d'érouv à deux reviit. Quatre fois cette quantité de shekhar : Rachi conclut deux log.
Et il n'en est rien. C'est là-bas que moins que cela ne compte ; ici, non.
Car les gens ont coutume de boire une coupe le matin et une coupe le soir, et ils s'appuient dessus.
Velo hi : le rapport un pour quatre reste à la sortie du Chabbat, où une quantité moindre ne compte pas. Pour l'érouv, les gens boivent une coupe le matin et une coupe le soir, et ces deux coupes leur tiennent lieu de repas.
Rachi : chaque coupe est une reviit de log de shekhar. La mesure d'érouv est donc ces deux coupes, et les deux log de Rav Aha tombent.
Les dattes, à quelle mesure ? Rav Yosef a dit : les dattes, à un kav.
Rav Yosef a dit : d'où le dis-je ? Car on a enseigné : s'il a mangé des figues sèches et qu'il a payé des dattes, qu'une bénédiction vienne sur lui.
Nouvelle mesure d'érouv : les dattes, un kav, selon Rav Yosef. Preuve : celui qui a mangé des figues sèches de terouma par inadvertance, et qui paie en dattes, mérite une bénédiction.
La page va demander si cette bénédiction prouve que les dattes valent mieux que les figues, à quantité égale.
Comment le cas se présente-t-il ? Si l'on dit : selon la valeur, il a mangé de son bien pour un zouz et il lui paie pour un zouz, que vient faire " qu'une bénédiction vienne sur lui " ?
Il a mangé pour un zouz, il paie pour un zouz. C'est donc selon la mesure : il a mangé de son bien un griva de figues sèches qui valait un zouz, et il lui paie un griva de dattes qui en vaut quatre.
Et l'on enseigne : " qu'une bénédiction vienne sur lui ". Il en ressort : les dattes sont supérieures.
Selon la valeur, un zouz contre un zouz, la bénédiction n'a rien à faire. Rav Yosef lit donc un paiement à la mesure : un griva (une se'a) de figues sèches vaut un zouz, le même griva de dattes en vaut quatre.
Les dattes sont supérieures. La michna du pauvre à l'aire donne un kav de figues sèches, et Rav a dit : de même pour l'érouv. À plus forte raison, un kav de dattes suffit, et l'on n'exigera pas davantage.
Abaye lui a dit : en réalité, il a mangé de son bien pour un zouz, et il paie pour un zouz. Et que signifie " qu'une bénédiction vienne sur lui " ?
Il a mangé de son bien une chose sur laquelle l'acheteur ne se précipite pas, et il lui paie une chose sur laquelle l'acheteur se précipite.
Abaye maintient le paiement à la valeur. La bénédiction vient de ce que les dattes trouvent preneur, et les figues sèches non. À zouz égal, la preuve que les dattes seraient un meilleur aliment tombe.
Rachi : pour l'érouv, il faudrait alors plus d'un kav. Tossefot, sur le mot de Rav Yosef : même si les dattes sont meilleures, la baraita prouve seulement qu'on n'exige pas plus d'un kav. Elle ne descend pas au-dessous.
La shetita : Rav Aha bar Pinhas a dit : deux shargoushei. Les kisanei : Abaye a dit : deux bouni de Poumbedita.
Deux aliments encore, avec leur mesure d'érouv. La shetita : farine de grain torréfié et miel, deux grandes cuillerées. Les kisanei : grains torréfiés, deux bouni, la mesure en usage à Poumbedita.
Abaye a dit, Mère m'a dit : ces kisanei sont profitables au cœur, et elles annulent les pensées.
Parenthèse, hors de la mesure d'érouv. Abaye rapporte un dire de sa mère : les kisanei profitent au cœur et annulent les pensées. Rachi : le souci.
Et Abaye a dit, Mère m'a dit : celui qui a une faiblesse du cœur, qu'il apporte la viande de la cuisse droite d'un bélier, et qu'il apporte de la bouse du troupeau au pâturage, de Nissan ; et s'il n'y a pas de bouse de pâturage, qu'il apporte des brindilles de saule ; qu'il le mette en braise, qu'il mange, et qu'il boive ensuite du vin merak.
Second dire de la mère d'Abaye, pour la faiblesse du cœur. Viande de la cuisse droite d'un bélier, braise faite avec la bouse des bêtes au pâturage en Nissan, ou, à défaut, avec des brindilles de saule.
Rachi : on rôtit la viande sur cette braise, on la mange, et l'on boit ensuite du vin coupé.
Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : tout ce qui est un liftan, à hauteur de ce qu'on mange avec. Tout ce qui n'est pas un liftan, à hauteur de ce qu'on en mange.
La viande crue : à hauteur de ce qu'on en mange. La viande rôtie, Rabba a dit : à hauteur de ce qu'on mange avec ; et Rav Yosef a dit : à hauteur de ce qu'on en mange.
Retour aux quantités d'érouv. Chmouel : un liftan, mets qui accompagne le pain, se mesure à ce pain de deux repas. Un aliment qui fait le repas à lui seul se mesure à deux repas de lui.
La viande crue suit le second cas. La viande rôtie : Rabba la compte comme liftan, Rav Yosef comme aliment dont on fait le repas.
Rav Yosef a dit : d'où le dis-je ? Ces Perses mangent des morceaux sans pain.
Abaye lui a dit : et les Perses sont-ils la majorité du monde ? Or nous avons appris : les vêtements des pauvres, pour les pauvres ; les vêtements des riches, pour les riches.
Rav Yosef : les Perses mangent des morceaux rôtis, tabahki, sans pain. La viande rôtie ferait donc le repas à elle seule. Abaye : les Perses ne sont pas la majorité du monde. La michna donne aux pauvres et aux riches des mesures de vêtement différentes : la règle suit le groupe, une coutume locale ne fixe pas le monde.
Rachi : trois sur trois. Tossefot : pour le midras, trois doigts sur trois chez le pauvre, trois tefahim sur trois chez le riche. Pour l'impureté du mort, trois doigts sur trois même chez le riche. Le Roch tranche la viande rôtie comme Rabba : de quoi accompagner le pain.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).