Sougya : L'amoud achève la réponse d'Abaye : les vêtements des riches ne fixent pas la mesure des pauvres, et la coutume des Perses ne fixe pas la viande rôtie pour le monde. La Guemara tente une double houmera, puis la baraita de Rabbi Chimon ben Elazar sur le malade, le vieillard et le glouton.
Le mort d'Og, roi du Bashan, sert à voir quelle ouverture sauve la maison. On revient à l'érouv de viande crue et d'œufs crus, au vœu sur le mazon, puis au serment et au konam sur un pain.
La michna du nazir et du vin n'est pas selon Beit Chammai ; Beit Hillel commencent leur question.
mais les vêtements des riches pour les pauvres : non.
Fin de la phrase d'Abaye ouverte en 29b. La michna donne aux pauvres leur mesure, aux riches la leur. Les vêtements des riches ne deviennent pas la mesure des pauvres. La coutume perse, manger le rôti sans pain, ne devient pas la mesure du monde.
Rachi : pour nous le rôti est un liftan, ce avec quoi l'on mange le pain. La quantité de l'érouv reste la petite : de quoi accompagner le pain de deux repas.
Et si tu dis : ici à la houmera, et là à la houmera. Or on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : on fait l'érouv pour le malade et pour le vieillard à hauteur de sa nourriture, et pour le glouton selon un repas moyen de tout homme.
Difficulté.
La Guemara tente de sauver Rav Yosef. Houmera : rigueur. Côté impureté, le petit morceau du pauvre est impur. Côté érouv, on exigerait la grande mesure des Perses, jusqu'à ce que le rôti soit un liftan pour tous.
Rabbi Chimon ben Elazar va vers la koula, l'indulgence. Le malade et le vieillard ont la ration qui leur suffit, plus petite. Le glouton n'a que le repas moyen de tout homme, sans sa propre grande faim. Difficulté.
Et Rabbi Chimon ben Elazar a-t-il dit cela ? Or on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Og, roi du Bashan, son ouverture est selon sa taille entière !
Un mort dans une maison : tant qu'on ignore par où on le sortira, les ouvertures sont impures. Une ouverture assez grande pour le faire passer sauve les autres : on présume qu'il sortira par elle.
Pour un géant comme Og, Rabbi Chimon ben Elazar exige une ouverture à sa taille. La mesure suit cette personne. La page demande comment cela s'accorde avec le repas moyen du glouton, mesure commune.
Et Abaye : là-bas, que ferait-on ? Le découperait-on en membres [et le sortirait-on] ?!
Abaye : le mort d'Og ne se découpe pas pour passer par une ouverture ordinaire. Il faut une ouverture à sa taille. Ce cas est forcé.
La nourriture de l'érouv n'a pas cette contrainte. On garde la mesure du commun, sans prendre les Perses pour règle.
On a demandé : les Sages sont-ils en désaccord avec Rabbi Chimon ben Elazar, ou non ? Viens entendre.
Rabba bar bar Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : Og, roi du Bashan, son ouverture est de quatre.
Quatre : quatre tefahim, la largeur ordinaire d'une ouverture qui sauve les autres. Rabbi Yo'hanan donne cette mesure même pour Og. On en a d'abord conclu que les Sages ne suivent pas la taille du géant.
Là-bas, il y a beaucoup de petites ouvertures, et il y en a une qui fait quatre. À coup sûr, quand on élargit, c'est celle-là qu'on élargit.
La preuve tombe. La phrase de Rabbi Yo'hanan vise une maison qui a déjà une ouverture de quatre tefahim, et beaucoup de plus petites. On élargira celle de quatre. Elle seule est impure, elle sauve les autres.
Rachi : si toutes les ouvertures sont égales, et qu'aucune ne convient au mort, toutes restent impures. La michna de Beitsa, une ouverte et les autres pures, suppose qu'une ouverture lui convient déjà.
Rav Hiyya bar Rav Achi a dit que Rav a dit : on fait l'érouv avec de la viande crue. Rav Chimi bar Hiyya a dit : on fait l'érouv avec des œufs crus.
Et combien ? Rav Nahman bar Yitzhak a dit : un.
Sinaï a dit : deux.
Retour aux aliments de l'érouv. La viande crue convient. Les œufs crus aussi. Rav Nahman bar Yitzhak : un œuf. Sinaï, surnom de Rav Yosef : deux.
Celui qui fait vœu de s'interdire le mazon est permis pour l'eau, etc. C'est le sel et l'eau qui ne sont pas appelés mazon ; mais toute chose est appelée mazon.
Dirons-nous que c'est une réfutation de Rav et de Chmouel ? Car Rav et Chmouel ont dit tous deux : on ne bénit " bore minei mezonot " que sur les cinq espèces seulement.
Michna : qui s'interdit le mazon reste permis pour l'eau et le sel. La Guemara en tire : seul ce couple échappe au nom de mazon, le reste le porte. Rav et Chmouel réservent bore minei mezonot aux cinq espèces de grain.
Tossefot : l'objection vise Rav et Chmouel, qui refusent ce nom même au riz et au millet alors qu'on y fixe un repas. Leur contradicteur peut appeler mazon d'autres aliments, et ne réserver la formule qu'à ce qui fait repas.
Et ne les a-t-on pas déjà réfutés une fois ? Disons que ceci aussi est leur réfutation !
Berakhot 35b a déjà opposé une source à Rav et Chmouel. La Guemara garde quand même cette michna comme réfutation de plus.
Rav Houna a dit : lorsqu'il dit " tout ce qui nourrit est sur moi ". C'est l'eau et le sel qui ne nourrissent pas ; mais toute chose nourrit.
Rav Houna sépare deux formules. Mazon : les cinq espèces, qui soutiennent le cœur. Tout ce qui nourrit : tout aliment qui rassasie. L'eau et le sel restent dehors. La michna parle de la seconde formule. Rav et Chmouel gardent la première pour la bénédiction.
Or Rabba bar bar Hana a dit : lorsque nous allions derrière Rabbi Yo'hanan manger les fruits de Ginosar, quand nous étions cent, nous prenions pour chacun dix ; quand nous étions dix, nous prenions pour chacun cent. Et chaque centaine d'entre eux, un panier de trois séa (ne) les contenait pas.
Il les mangeait tous, et il disait : serment que je n'ai pas goûté de zivna ! Dis : " mezona ".
Les fruits de Ginosar sont énormes et doux. Rabbi Yo'hanan en mange une masse, puis jure qu'il n'a pas goûté de zivna. Si ce mot veut dire " ce qui nourrit ", les fruits sortiraient de la catégorie, contre Rav Houna.
La page corrige le mot : mezona, un aliment qui soutient, au sens du mazon. Les fruits rassasient. Ils ne sont pas le repas des cinq espèces. Rachi : la version " penserais-tu, zivna " est celle de Berakhot, pas celle d'ici.
Rav Houna a dit que Rav a dit : " serment que je ne mangerai pas ce pain ", on fait l'érouv pour lui avec. " Ce pain est sur moi ", on ne fait pas l'érouv pour lui avec.
Serment que je ne mangerai pas : seule la consommation est interdite. Le pain convient à d'autres. On en fait l'érouv, comme le vin pour un nazir. Ce pain est sur moi : formule de konam. Rachi : toute jouissance est interdite, donc pas d'érouv.
Tossefot, avec le Rachbam : le partage réel est serment contre konam. Un serment, même d'interdiction de jouir, laisse l'érouv, car on ne fait l'érouv que pour une mitsva, et les mitsvot n'ont pas été données pour en jouir. Un konam, même limité à la consommation, est écarté : on le confondrait avec un hekdesh.
Le Roch tranche ainsi, et poursuit : la halakha n'est pas comme Soumkhos. Pour le kohen au cimetière, elle n'est pas comme Rabbi Yehouda : un ohel zarouk, caisson déplacé, n'est pas une tente.
On objecte : celui qui fait vœu au sujet du pain, on fait l'érouv pour lui avec. N'est-ce pas qu'il a dit " sur moi " ?
Non : il a dit " celui-ci ".
La baraita permet l'érouv à qui s'est interdit un pain. Si " sur moi " était visé, Rav Houna tomberait : cette formule, lue largement, n'interdirait que la consommation, jouissance principale.
Réponse : la baraita parle de " celui-ci ", le serment de ne pas manger.
Cela aussi se tient, car la fin enseigne : quand ? Lorsqu'il a dit " serment que je n'y goûterai pas ".
La fin de la baraita limite le cas au serment de ne pas goûter. La lecture " il a dit celui-ci " s'accorde avec ce qui est écrit.
Mais s'il a dit " sur moi ", quoi ? Ainsi aussi, on ne fait pas l'érouv pour lui avec ?
S'il en est ainsi, au lieu d'enseigner " ce pain est hekdesh ", on ne fait pas l'érouv pour lui avec, parce qu'on ne fait pas d'érouv avec des hekdeshot, qu'il distingue et enseigne dans le même cas : dans quel cas est-ce dit ? Lorsqu'il a dit " celui-ci ".
Mais s'il a dit " sur moi ", on ne fait pas l'érouv pour lui avec !
Si " sur moi " empêchait l'érouv, la baraita l'aurait dit sur le pain de houlin lui-même : serment, oui ; " sur moi ", non. Elle enseigne à la place le cas du hekdesh, interdit à tout le monde. L'objection vise la lecture de Rav Houna.
Rav Houna te dirait : sinon, quoi ? Partout où il a dit " sur moi ", on fait l'érouv ?
Le début fait difficulté ?
Rav Houna renvoie la difficulté. Lire " sur moi " comme un érouv permis heurte le début : la baraita ne permet que le serment de ne pas goûter.
Rachi anticipe la réponse du segment suivant : le texte est incomplet, et " sur moi " est relu comme un serment de ne pas goûter.
Il manque des mots, et voici ce qu'on enseigne : celui qui fait vœu au sujet du pain, on fait l'érouv pour lui avec, et même s'il a dit " sur moi ", il est tenu pour avoir dit : serment que je n'y goûterai pas.
Hassouré mihassera : la baraita est elliptique. On la complète. Même " sur moi " est lu comme un serment de ne pas goûter : l'homme n'a visé que la consommation, jouissance principale du pain. L'érouv reste permis.
De toute façon, difficulté pour Rav Houna ! C'est qu'il a dit comme Rabbi Eliezer.
Car on a enseigné : Rabbi Eliezer dit : " serment que je ne mangerai pas ce pain ", on fait l'érouv pour lui avec. " Ce pain est sur moi ", on ne fait pas l'érouv pour lui avec.
La baraita complétée permet l'érouv même pour " sur moi ". Rav Houna, qui l'interdit, reste en difficulté. Réponse : il suit Rabbi Eliezer d'une baraita qui sépare le serment de ne pas manger, érouv permis, et " ce pain est sur moi ", érouv refusé.
Et Rabbi Eliezer a-t-il dit cela ? Or on a enseigné : voici la règle.
Un homme qui s'interdit un aliment : on fait l'érouv pour lui avec. Un aliment qui est interdit à l'homme : on ne fait pas l'érouv pour lui avec.
Rabbi Eliezer dit : " ce pain est sur moi ", on fait l'érouv pour lui avec. " Ce pain est hekdesh ", on ne fait pas l'érouv pour lui avec, parce qu'on ne fait pas d'érouv pour lui avec des hekdeshot !
Autre baraita. La règle anonyme sépare deux cas. L'homme s'interdit l'acte de manger : l'érouv, jouissance qui vient d'elle-même, reste permis. L'aliment est interdit à l'homme, y compris une jouissance sans acte : pas d'érouv.
Dans cette version, Rabbi Eliezer permet l'érouv pour " ce pain est sur moi ", et ne l'interdit que pour le hekdesh. Rachi retient l'autre version comme essentielle : les mitsvot n'ont pas été données pour en jouir, et le hekdesh ne convient à personne.
Deux tannaïm, et selon Rabbi Eliezer.
Les deux baraitot parlent toutes deux au nom de Rabbi Eliezer, et se contredisent sur " ce pain est sur moi ". Ce sont deux tannaïm qui rapportent son avis. Rav Houna suit l'une des deux transmissions.
On fait l'érouv pour un nazir avec du vin, etc. La michna n'est pas selon Beit Chammai.
Car on a enseigné : Beit Chammai disent : on ne fait pas d'érouv pour un nazir avec du vin, ni pour un Israël avec de la terouma. Beit Hillel disent : on fait l'érouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israël avec de la terouma.
Beit Hillel leur ont dit, à Beit Chammai : n'admettez-vous pas
La michna permet l'érouv d'un nazir avec du vin, et d'un Israël avec de la terouma : l'aliment convient à d'autres. Beit Chammai l'interdisent. Beit Hillel l'autorisent, et ouvrent une question. La phrase continue au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).