Sougya : Beit Hillel achèvent leur question : Beit Chammai admettent l'érouv d'un adulte pour Yom Kippour, parce que la veille le repas lui convenait encore. Ils refusent le vin du nazir et la terouma de l'Israël, qui ne leur ont jamais convenu tant qu'il faisait jour.
Hanania, selon Beit Chammai, n'admet l'érouv que si le lit et tous les ustensiles sont sur place : de là la baraita des habits noirs et blancs. Soumkhos ne conteste que la terouma : le nazir peut faire dénouer son vœu, la terouma retombe au tevel, et un chevout s'applique déjà à bein hachemachot.
La mesure " selon l'homme " est la sienne, indulgence pour le malade et le vieillard ; l'avis du glouton est annulé. Un kohen dépose son érouv dans un beit haperas, que l'on peut traverser en soufflant.
Rabbi Yehouda l'étend au cimetière, si un ohel zarouk porte le nom de tente. Rabbi et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda en débattent.
que l'on fait l'érouv pour un adulte le jour de Kippour !
Fin de la question de Beit Hillel, ouverte en 30a. Ils demandent à Beit Chammai s'ils admettent l'érouv d'un adulte pour le jour de Kippour. Le lendemain, cet adulte est tenu au jeûne : l'aliment ne sera plus pour lui.
Rachi : adulte, deux poils, tenu à l'inuy. L'aliment convient à un mineur, qui n'est pas passible des peines. C'est pour cela que l'érouv tient.
Ils leur ont dit : c'est vrai ! Ils leur ont dit : de même que l'on fait l'érouv pour un adulte le jour de Kippour, ainsi l'on fait l'érouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israël avec de la terouma.
Aval ici veut dire : oui, c'est vrai. Beit Chammai accordent le cas de l'adulte à Kippour. Beit Hillel en tirent le vin du nazir et la terouma de l'Israël : même façon de faire l'érouv, avec un aliment qui convient à d'autres.
Et Beit Chammai : là-bas, il y a un repas apte tant qu'il fait jour ; ici, il n'y a pas de repas apte tant qu'il fait jour.
Beit Chammai séparent les cas. Là-bas, à Kippour : la veille, pendant qu'il faisait jour, le repas convenait encore à cet adulte. Ici, vin du nazir et terouma de l'Israël : rien ne leur convenait avant l'entrée du Chabbat.
Selon qui ? Autrement que Hanania.
Car on a enseigné : Hanania dit : tout le fond de Beit Chammai était de n'admettre l'érouv que s'il sort son lit et tous ses ustensiles d'usage vers là.
Hanania rapporte Beit Chammai autrement. Déposer de la nourriture ne leur suffit pas. Il faut transporter le lit et tous les ustensiles d'usage à l'endroit de la chevita.
La michna leur fait admettre un érouv de nourriture. Rachi : elle suit donc un avis autre que celui de Hanania. S'il manque un seul besoin d'usage, l'érouv ne tient pas pour lui.
Selon qui va ce qui a été enseigné : s'il a fait l'érouv en noir, il ne sort pas en blanc ; en blanc, il ne sort pas en noir. Selon qui ?
Rav Nahman bar Yitzhak a dit : c'est Hanania, et selon l'avis de Beit Chammai.
Il acquiert sa chevita au bout des deux mille amot, vêtu de noir, puis rentre chez lui. Il ne ressort pas vêtu de blanc, ni l'inverse.
Rav Nahman bar Yitzhak : Hanania, selon Beit Chammai. La résidence tient à ce qu'il avait sur lui.
Et selon Hanania, c'est en noir qu'il ne sort pas, mais en blanc il sortirait ? Or il a dit : jusqu'à ce qu'il sorte son lit et ses ustensiles d'usage vers là !
Voici ce que cela dit : s'il a fait l'érouv en blanc et qu'il a eu besoin de noir, même en blanc il ne sort pas. Selon qui ?
Rav Nahman bar Yitzhak a dit : c'est Hanania, et selon l'avis de Beit Chammai.
Si Hanania exige le lit et tous les ustensiles, la baraita ne peut pas laisser entendre qu'en blanc il sortirait. On la relit. Il a fait l'érouv en blanc, et il lui fallait du noir qu'il n'avait pas là-bas. Même le blanc ne suffit pas.
Même attribution : Hanania, selon Beit Chammai. Il manque un habit dont il a besoin : la sortie ne tient pas.
Soumkhos dit : avec du houlin. Tandis que, pour un nazir avec du vin, il n'est pas en désaccord.
Quelle en est la raison ? Il est possible qu'il se fasse interroger sur son naziréat.
Retour à la michna. Soumkhos dit " avec du houlin " : pour l'Israël, l'érouv se fait avec un aliment profane, et non avec de la terouma. Il laisse le vin du nazir.
Raison : le nazir peut demander à un sage de dénouer son vœu. Le vin devient alors apte pour lui.
S'il en est ainsi, la terouma aussi, il est possible qu'on l'interroge à son sujet ? S'il se fait interroger à son sujet, elle retourne au tevel.
Dénouer la déclaration de terouma ne la rend pas mangeable. Elle redevient du tevel, produit dont les prélèvements ne sont pas faits. Rachi : on ouvre par un regret ; un hekdesh par erreur n'est pas un hekdesh. Le tevel reste inapte.
Tossefot : le cas vise une terouma encore chez l'Israël. Déjà remise au kohen, on ne peut plus y revenir (Nedarim 59a). " Avec du houlin " écarte la terouma même dans cette situation.
Et qu'il prélève pour elle depuis un autre endroit ? On ne soupçonne pas les haverim de prélever la terouma hors du moukaf.
Après le retour au tevel, à bein hachemachot, il pourrait désigner comme terouma des fruits qui sont chez lui. Les haverim, exacts sur les dîmes, ne prélèvent pas hors du moukaf : la terouma se prend d'un produit adjacent, dans le même récipient.
Tossefot, dans l'hypothèse en cours : un chevout de réparation du tevel n'est pas encore appliqué au crépuscule, tant que la nuit n'est pas nettement connue. Être apte à être réparé ne suffit que si la chose convient déjà à quelqu'un, comme la terouma aux kohanim. Prélever hors du moukaf n'a été permis que pour manger le Chabbat, pour l'honneur du jour.
Et qu'il prélève pour elle d'elle-même et en elle ! Elle n'en a pas la mesure.
D'elle-même et en elle : prélever la terouma sur le tas même de l'érouv. Deux repas déposés au plus juste : le moindre prélèvement fait manquer la mesure.
Et qu'est-ce qui tranche ? Alors, Soumkhos tient comme les Sages, qui disent : toute chose qui relève d'un chevout, ils l'ont décrétée à bein hachemachot.
Qu'est-ce qui tranche ? Rachi : le tanna n'a pas décidé que tout érouv est déposé au plus juste. On quitte les remèdes précédents.
Soumkhos suit les Sages contre Rabbi. Un chevout, ici désigner la terouma, vaut déjà à bein hachemachot, heure où l'érouv s'acquiert : l'un entre, l'autre sort. On ne peut pas rendre la terouma permise à l'Israël à cet instant.
Tossefot : le nazir, lui, peut consulter, car une question pour le besoin du Chabbat est permise. Boire le vin le Chabbat est ce besoin.
Selon qui va ce que nous avons appris : il est des cas où l'on a dit : tout selon ce qu'est l'homme. Plein son komets de minha, plein ses deux poignées de ketoret, celui qui boit le plein de sa logma le jour de Kippour, et la nourriture de deux repas pour l'érouv.
Selon qui ? Rabbi Zeira a dit : c'est Soumkhos, car il a dit : nous exigeons ce qui lui convient.
Quatre mesures suivent la personne, et non un étalon unique : le komets de la minha, les deux poignées de ketoret à Kippour, la logma (le plein d'une joue) de celui qui boit à Kippour, et la nourriture de deux repas pour l'érouv.
Rabbi Zeira : c'est Soumkhos. Il exige ce qui convient à cet homme-là.
Dirons-nous que cela diverge de Rabbi Chimon ben Elazar ? Car on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : on fait l'érouv pour le malade et pour le vieillard à hauteur de sa nourriture, et pour le glouton selon un repas moyen de tout homme !
La michna " tout selon l'homme " semble heurter Rabbi Chimon ben Elazar. Il donne au malade et au vieillard leur ration, et au glouton le repas moyen, non la sienne.
Le Roch fixe la quantité pratique : huit repas au kav, soit cinquante zouz de farine au poids de Kairouan par repas, soixante-quinze au poids d'Espagne. La pâte du désert, sept quarts et un surplus, marque le repas dont on dit : celui qui en mange est dans la bonne mesure. Au-delà, glouton. En deçà, les entrailles sont gâtées.
On l'explique du malade et du vieillard. Mais le glouton, son avis est annulé devant tout homme.
La page accorde les deux textes. " Tout selon l'homme " vise le malade et le vieillard, du côté de l'indulgence : leur ration est plus petite. Le glouton n'impose pas sa grande mesure. Son avis est annulé devant tout homme.
Tossefot : selon les Sages, opposés à Soumkhos, la mesure du malade reste le repas moyen, même pour un aliment qui lui convient. Ils n'ont pas deux étalons. La formule écarte aussi l'Israël avec de la terouma. On a nommé le malade et le vieillard parce que Rabbi Chimon ben Elazar en parle.
Et pour un kohen dans un beit haperas. Car Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : un homme souffle un beit haperas et avance.
Rabbi Yehouda bar Ami, au nom de Rav Yehouda, a dit : un beit haperas qui a été foulé est pur.
La michna permet l'érouv d'un kohen dans un beit haperas : champ où un tombeau a été labouré, doute d'ossements. L'os sans chair ne rend pas impur sous une tente. En soufflant, on voit l'os et on ne le pousse pas du pied.
Un chemin déjà foulé est pur : les os sont tombés sous la taille d'un grain d'orge. Le kohen a donc un moyen de passer jusqu'à son érouv.
Rabbi Yehouda dit : même un cimetière. On a enseigné : parce qu'il peut faire écran et aller dans une chida, une teiva et un migdal.
Il tient : un ohel zarouk porte le nom de tente.
Rabbi Yehouda ajoute le cimetière. Le kohen marche dans une chida, une teiva ou un migdal : ces caissons font écran. Cela suppose qu'un ohel zarouk, tente que l'on déplace, porte le nom de tente.
Le Roch reprend d'abord la halakha du serment et du konam, puis ce cas. Pour le cimetière, il ne suit pas Rabbi Yehouda : Rabbi tient qu'un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente, et la halakha est comme Rabbi face à son collègue.
Et c'est le désaccord de ces tannaïm. Car on a enseigné : celui qui entre en terre des peuples dans une chida, une teiva et un migdal, Rabbi le déclare impur, Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda le déclare pur.
Même question sur la terre des peuples, qui rend impur par la tente. Entrer dans une chida, une teiva ou un migdal : Rabbi déclare impur, Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda déclare pur.
Rachi : la chida est un chariot de femmes, fermé comme un coffret. Le migdal est une armoire.
Sur quoi divergent-ils ? L'un tient : un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente.
Et l'autre tient : un ohel zarouk porte le nom de tente.
Le partage porte sur le nom de l'ohel zarouk. Rabbi : ce qui n'est pas une tente ne fait pas écran. Rabbi Yossi : la tente fait écran. Rachi : seulement un grand caisson, quarante séa en liquide, deux kor en sec. Plus petit, c'est un ustensile, il reçoit l'impureté. Les Sages de la michna suivent Rabbi. Rabbi Yehouda et les Sages suivent Soumkhos : l'aliment doit convenir à manger à cette heure.
Tossefot : même pour Rabbi Yossi, le caisson fait écran posé, non pendant qu'on le jette, comme l'oiseau qui vole. Les portes sous les enfants, contre un tombeau de l'abîme, s'expliquent par des bœufs, ou par des portes posées sur un vivant : là, tous admettent une tente.
Et ce que l'on a enseigné : Rabbi Yehouda dit :
La baraita s'ouvre sur Rabbi Yehouda dit. Le daf s'arrête sur ces mots. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).