Eruvin 30b - Érouv du nazir, de la terouma, et tente jetée

Eruvin 30b

Sougya : Beit Hillel achèvent leur question : Beit Chammai admettent l'érouv d'un adulte pour Yom Kippour, parce que la veille le repas lui convenait encore. Ils refusent le vin du nazir et la terouma de l'Israël, qui ne leur ont jamais convenu tant qu'il faisait jour.

Hanania, selon Beit Chammai, n'admet l'érouv que si le lit et tous les ustensiles sont sur place : de là la baraita des habits noirs et blancs. Soumkhos ne conteste que la terouma : le nazir peut faire dénouer son vœu, la terouma retombe au tevel, et un chevout s'applique déjà à bein hachemachot.

La mesure " selon l'homme " est la sienne, indulgence pour le malade et le vieillard ; l'avis du glouton est annulé. Un kohen dépose son érouv dans un beit haperas, que l'on peut traverser en soufflant.

Rabbi Yehouda l'étend au cimetière, si un ohel zarouk porte le nom de tente. Rabbi et Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda en débattent.

Beit Chammai : le repas convenait-il tant qu'il faisait jour ? Question de Beit Hillel. Aval : oui pour Yom Kippour. Le vin et la terouma restent refusés Adulte, Yom Kippour La veille, il pouvait manger Repas apte tant qu'il fait jour Même s'il jeûne le lendemain Beit Chammai : érouv, oui Nazir, vin Le vin ne lui convient pas avant l'entrée du Chabbat Aucun repas apte tant qu'il fait jour Beit Chammai : érouv, non Israël, terouma La terouma ne lui convient pas Même écart que le vin Aucun repas apte tant qu'il fait jour Beit Chammai : érouv, non Hanania, selon Beit Chammai Ils n'admettent l'érouv que si le lit et tous les ustensiles d'usage sont sur place La michna, qui leur prête un érouv de nourriture, suit un autre avis Habits : noir ou blanc, il faut tout ce dont il a besoin
Beit Chammai admettent l'érouv d'un adulte pour Yom Kippour : la veille, le repas lui convenait. Le vin du nazir et la terouma de l'Israël ne leur ont jamais convenu tant qu'il faisait jour. Hanania va plus loin : pas d'érouv sans le lit et tous les ustensiles.
Soumkhos : pourquoi le vin, et non la terouma Chaque remède proposé pour la terouma tombe. La ligne retenue est le chevout Nazir et vin Il peut se faire interroger sur son naziréat Le sage dénoue le vœu Le vin lui convient Soumkhos ne conteste pas 1. Dénouer la terouma Elle retourne au tevel, toujours interdite 2. Prélever ailleurs Les haverim ne prennent pas hors du moukaf 3. Prélever sur l'érouv Deux repas au plus juste : la mesure manque Qu'est-ce qui tranche ? Le tanna n'a pas dit que tout érouv est déposé au plus juste On laisse tomber ces trois remèdes Ligne retenue Soumkhos tient comme les Sages, contre Rabbi Un chevout vaut déjà à bein hachemachot On ne répare pas la terouma à l'heure où l'érouv s'acquiert
Soumkhos laisse le vin : le nazir peut faire dénouer son vœu. Dénouer la terouma la ramène au tevel. Prélever ailleurs heurte le moukaf. Prélever sur l'érouv fait manquer deux repas. Ligne retenue : le chevout vaut à bein hachemachot.
Où le kohen peut-il déposer son érouv ? Beit haperas : doute d'ossements. Cimetière : la tente jetée fait-elle écran ? Beit haperas Champ où un tombeau a été labouré Os sans chair : pas d'impureté de tente On souffle devant ses pas Chemin déjà foulé : pur Os sous un grain d'orge Érouv du kohen : oui Cimetière Impureté de la Torah Rabbi Yehouda : chida, teiva, migdal Il marche dedans, le caisson fait écran Cela suppose : ohel zarouk porte le nom de tente Les Sages de la michna : non Rabbi Ohel zarouk : pas le nom de tente Ce qui n'est pas tente ne fait pas écran Terre des peuples, dans le caisson : impur La michna suit Rabbi Pas d'érouv au cimetière Rabbi Yossi b. Rabbi Yehouda Ohel zarouk : nom de tente Le grand caisson fait écran Quarante séa en liquide Terre des peuples : pur Posé, oui. Jeté en l'air : non
Beit haperas : on souffle, ou le chemin foulé est pur. Cimetière : Rabbi Yehouda s'appuie sur la chida, la teiva et le migdal. Rabbi : un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente. Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda : il le porte, quand le caisson est posé.
1
שֶׁמְּעָרְבִין לַגָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים!

que l'on fait l'érouv pour un adulte le jour de Kippour !

📜 Rachi (1)
שֶׁמְּעָרְבִין לַגָּדוֹל לְמִי שֶׁהוּא גָּדוֹל שֶׁהֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת שֶׁחַייָּב בְּעִנּוּי ואע"ג דִּלְמָחָר לָא חֲזִי לֵיהּ הוֹאִיל וַחֲזֵי לְקָטָן שֶׁאֵינוֹ בַּר עוֹנְשִׁין:
Pour un adulte : pour celui qui est adulte, qui a fait paraître deux poils, et qui est tenu à l'inuy (l'affliction). Même si le lendemain cela ne lui convient pas, puisque cela convient à un mineur, qui n'est pas passible des peines.
💡 Explication

Fin de la question de Beit Hillel, ouverte en 30a. Ils demandent à Beit Chammai s'ils admettent l'érouv d'un adulte pour le jour de Kippour. Le lendemain, cet adulte est tenu au jeûne : l'aliment ne sera plus pour lui.

Rachi : adulte, deux poils, tenu à l'inuy. L'aliment convient à un mineur, qui n'est pas passible des peines. C'est pour cela que l'érouv tient.

2
אָמְרוּ לָהֶן: אֲבָל! אָמְרוּ לָהֶן: כְּשֵׁם שֶׁמְּעָרְבִין לַגָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, כֵּן מְעָרְבִין לְנָזִיר בְּיַיִן וּלְיִשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה.

Ils leur ont dit : c'est vrai ! Ils leur ont dit : de même que l'on fait l'érouv pour un adulte le jour de Kippour, ainsi l'on fait l'érouv pour un nazir avec du vin, et pour un Israël avec de la terouma.

📜 Rachi (1)
אֲבָל אֱמֶת:
C'est vrai : vérité.
💡 Explication

Aval ici veut dire : oui, c'est vrai. Beit Chammai accordent le cas de l'adulte à Kippour. Beit Hillel en tirent le vin du nazir et la terouma de l'Israël : même façon de faire l'érouv, avec un aliment qui convient à d'autres.

3
וּבֵית שַׁמַּאי: הָתָם — אִיכָּא סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם, הָכָא — לֵיכָּא סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם.

Et Beit Chammai : là-bas, il y a un repas apte tant qu'il fait jour ; ici, il n'y a pas de repas apte tant qu'il fait jour.

📜 Rachi (1)
מִבְּעוֹד יוֹם שֶׁל עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים:
Tant qu'il fait jour : de la veille du jour de Kippour.
💡 Explication

Beit Chammai séparent les cas. Là-bas, à Kippour : la veille, pendant qu'il faisait jour, le repas convenait encore à cet adulte. Ici, vin du nazir et terouma de l'Israël : rien ne leur convenait avant l'entrée du Chabbat.

4
כְּמַאן? דְּלָא כַּחֲנַנְיָה. דְּתַנְיָא, חֲנַנְיָה אוֹמֵר: כָּל עַצְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי לֹא הָיוּ מוֹדִים בְּעֵירוּב עַד שֶׁיּוֹצִיא מִטָּתוֹ וְכָל כְּלֵי תַּשְׁמִישָׁיו לְשָׁם.

Selon qui ? Autrement que Hanania.

Car on a enseigné : Hanania dit : tout le fond de Beit Chammai était de n'admettre l'érouv que s'il sort son lit et tous ses ustensiles d'usage vers là.

📜 Rachi (2)
כְּמַאן דְּלָא כַּחֲנַנְיָה הָא מַתְנֵי' דְּמַשְׁמַע שֶׁהָיוּ בֵּית שַׁמַּאי מוֹדִין בְּעֵירוּב דְּלָא כַּחֲנַנְיָה:
Selon qui, autrement que Hanania : cette michna, qui laisse entendre que Beit Chammai admettaient l'érouv, est autrement que Hanania.
כָּל כְּלֵי תַּשְׁמִישׁוֹ מַשְׁמַע דְּאִי לָא אַפֵּיק כָּל צָרְכֵי תַּשְׁמִישׁ לָא הָוֵי עֵירוּב לְדִידֵיהּ:
Tous ses ustensiles d'usage : on entend que, s'il n'a pas sorti tous ses besoins d'usage, il n'y a pas d'érouv pour lui.
💡 Explication

Hanania rapporte Beit Chammai autrement. Déposer de la nourriture ne leur suffit pas. Il faut transporter le lit et tous les ustensiles d'usage à l'endroit de la chevita.

La michna leur fait admettre un érouv de nourriture. Rachi : elle suit donc un avis autre que celui de Hanania. S'il manque un seul besoin d'usage, l'érouv ne tient pas pour lui.

5
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא: עֵירַב בִּשְׁחֹורִים לֹא יֵצֵא בִּלְבָנִים, בִּלְבָנִים לֹא יֵצֵא בִּשְׁחֹורִים. כְּמַאן? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: חֲנַנְיָה הִיא, וְאַלִּיבָּא דְּבֵית שַׁמַּאי.

Selon qui va ce qui a été enseigné : s'il a fait l'érouv en noir, il ne sort pas en blanc ; en blanc, il ne sort pas en noir. Selon qui ?

Rav Nahman bar Yitzhak a dit : c'est Hanania, et selon l'avis de Beit Chammai.

📜 Rachi (1)
עֵירֵב בִּשְׁחוֹרִים הָיָה לְבוּשׁ שְׁחֹורִים וְהָלַךְ וְיָשַׁב בְּסוֹף אַלְפַּיִם אַמָּה עַד שֶׁקָּנָה שָׁם שְׁבִיתָה שֶׁקִּידֵּשׁ עָלָיו הַיּוֹם וְחָזַר לְבֵיתוֹ:
S'il a fait l'érouv en noir : il était vêtu de noir, il est allé s'asseoir au bout de deux mille amot jusqu'à y acquérir sa chevita, le jour s'est sanctifié sur lui, et il est revenu chez lui.
💡 Explication

Il acquiert sa chevita au bout des deux mille amot, vêtu de noir, puis rentre chez lui. Il ne ressort pas vêtu de blanc, ni l'inverse.

Rav Nahman bar Yitzhak : Hanania, selon Beit Chammai. La résidence tient à ce qu'il avait sur lui.

6
וְלַחֲנַנְיָה, בִּשְׁחֹורִים הוּא דְּלֹא יֵצֵא, הָא בִּלְבֵנִים יָצָא? הָאָמַר עַד שֶׁיּוֹצִיא מִטָּתוֹ וּכְלֵי תַּשְׁמִישָׁיו לְשָׁם! הָכִי קָאָמַר: עֵירַב בִּלְבָנִים וְהֻוצְרַךְ לִשְׁחֹורִים, אַף בִּלְבָנִים לֹא יֵצֵא. כְּמַאן? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: חֲנַנְיָה הִיא, וְאַלִּיבָּא דְּבֵית שַׁמַּאי.

Et selon Hanania, c'est en noir qu'il ne sort pas, mais en blanc il sortirait ? Or il a dit : jusqu'à ce qu'il sorte son lit et ses ustensiles d'usage vers là !

Voici ce que cela dit : s'il a fait l'érouv en blanc et qu'il a eu besoin de noir, même en blanc il ne sort pas. Selon qui ?

Rav Nahman bar Yitzhak a dit : c'est Hanania, et selon l'avis de Beit Chammai.

💡 Explication

Si Hanania exige le lit et tous les ustensiles, la baraita ne peut pas laisser entendre qu'en blanc il sortirait. On la relit. Il a fait l'érouv en blanc, et il lui fallait du noir qu'il n'avait pas là-bas. Même le blanc ne suffit pas.

Même attribution : Hanania, selon Beit Chammai. Il manque un habit dont il a besoin : la sortie ne tient pas.

🖼️ Schéma
Deux lectures de la baraita des habits Lecture d'abord Érouv en noir : pas de sortie en blanc Érouv en blanc : pas de sortie en noir On croirait : en blanc, il sort Hanania exige le lit et tous les ustensiles Lecture reprise Érouv en blanc, et il avait besoin de noir Le noir n'est pas sur place Même en blanc, il ne sort pas Hanania, selon Beit Chammai Il a acquis sa chevita au bout des deux mille amot, puis il est rentré chez lui. Sans tout ce dont il a besoin là-bas, la sortie ne tient pas.
Première lecture : le noir interdit le blanc, et l'inverse. Lecture reprise : le noir dont il a besoin manque, donc même le blanc ne permet pas de sortir.
7
סוּמָכוֹס אוֹמֵר בְּחֻולִּין. וְאִילּוּ לַנָּזִיר בְּיַיִן לָא פְּלִיג, מַאי טַעְמָא — אֶפְשָׁר דְּמִתְּשִׁיל אַנְּזִירוּתֵיהּ.

Soumkhos dit : avec du houlin. Tandis que, pour un nazir avec du vin, il n'est pas en désaccord.

Quelle en est la raison ? Il est possible qu'il se fasse interroger sur son naziréat.

📜 Rachi (1)
דְּמִיתְּשִׁיל אַנְּזִירוּתֵיהּ יִשְׁאַל לְחָכָם וְיַתִּיר לוֹ נִדְרוֹ וִיהֵא יַיִן רָאוּי לוֹ:
Qu'il se fasse interroger sur son naziréat : il demandera à un sage, qui lui permettra son vœu, et le vin lui conviendra.
💡 Explication

Retour à la michna. Soumkhos dit " avec du houlin " : pour l'Israël, l'érouv se fait avec un aliment profane, et non avec de la terouma. Il laisse le vin du nazir.

Raison : le nazir peut demander à un sage de dénouer son vœu. Le vin devient alors apte pour lui.

8
אִי הָכִי, תְּרוּמָה נָמֵי אֶפְשָׁר דְּמִיתְּשִׁיל עִילָּוָיהּ? אִי מִתְּשִׁיל עֲלָהּ — הָדְרָא לְטִיבְלָא.

S'il en est ainsi, la terouma aussi, il est possible qu'on l'interroge à son sujet ? S'il se fait interroger à son sujet, elle retourne au tevel.

📜 Rachi (2)
מִיתְּשִׁיל עָלֶיהָ וְיִפְתַּח בַּחֲרָטָה לֹא נִתְכַּווַּנְתִּי לְכָךְ וּתְנַן (נָזִיר דַּף לא.) הֶקְדֵּשׁ טָעוּת אֵינוֹ הֶקְדֵּשׁ:
Qu'on l'interroge à son sujet : il ouvrira par un regret, je n'avais pas cette intention. Et nous avons appris (Nazir 31a) : un hekdesh fait par erreur n'est pas un hekdesh.
הָדְרָא לְטִבְלָא וְטָבַל לָא חֲזִי:
Elle retourne au tevel : et le tevel ne convient pas.
🗂️ Tossefot (1)
תְּרוּמָה נָמֵי אֶפְשָׁר דְּמִתְּשִׁיל וְלָא מָצֵי לְאוֹקְמָה בִּתְרוּמָה בְּיַד כֹּהֵן דְּתוּ לָא מָצֵי לְאִתְּשׁוּלֵי עָלֶיהָ כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק הַנּוֹדֵר מִן הַיָּרָק (נְדָרִים דַּף נט.) מִדְּקָתָנֵי בְּחֻולִּין מַשְׁמַע דַּוְוקָא בְּחֻולִּין אֲבָל בִּתְרוּמָה אַפֵּי' בְּיַד יִשְׂרָאֵל לֹא:
La terouma aussi, il est possible qu'on l'interroge. On ne peut pas établir le cas sur une terouma entre les mains d'un kohen : ensuite, on ne peut plus se faire interroger à son sujet, comme il est dit au chapitre Ha-noder min ha-yerek (Nedarim 59a). Du fait qu'il enseigne " avec du houlin ", on entend que c'est précisément avec du houlin ; avec de la terouma, même entre les mains d'un Israël, non.
💡 Explication

Dénouer la déclaration de terouma ne la rend pas mangeable. Elle redevient du tevel, produit dont les prélèvements ne sont pas faits. Rachi : on ouvre par un regret ; un hekdesh par erreur n'est pas un hekdesh. Le tevel reste inapte.

Tossefot : le cas vise une terouma encore chez l'Israël. Déjà remise au kohen, on ne peut plus y revenir (Nedarim 59a). " Avec du houlin " écarte la terouma même dans cette situation.

9
וְלַיפְרוֹשׁ עֲלַהּ מִמָּקוֹם אַחֵר? לֹא נֶחְשְׁדוּ חֲבֵירִים לִתְרֹום שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף.

Et qu'il prélève pour elle depuis un autre endroit ? On ne soupçonne pas les haverim de prélever la terouma hors du moukaf.

📜 Rachi (3)
וְלִיפְרֹושׁ עָלֶיהָ מִמָּקוֹם אַחֵר לְבָתַר דְּמִתְּשִׁיל עֲלָהּ וְהָדְרָא לְטַבְלָא בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת בִּשְׁעַת קְנִיַּית עֵירוּב מָצֵי לְמֵימַר פֵּירוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בְּבֵיתִי יְהוּ תְּרוּמָה עַל זוֹ וְאִשְׁתְּכַח דְּאִית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא דְּתֶחֱזֵי לֵיהּ:
Et qu'il prélève pour elle depuis un autre endroit : après qu'on l'a interrogé à son sujet et qu'elle est retournée au tevel, à bein hachemachot, à l'heure où l'érouv s'acquiert, il peut dire : les fruits que j'ai dans ma maison seront terouma pour ceci. Il se trouve qu'il a un remède, de sorte que cela lui convienne.
מֻוקָּף סָמוּךְ כְּמוֹ מַקִּיפִין בְּבוּעֵי (חוֹלִין מו:). שֶׁסּוֹמְכִים זוֹ לְזוֹ וְרוֹאִין אִם דּוֹמוֹת זוֹ לָזוֹ וּכְמוֹ מַקֶּפֶת וְקוֹרֵא לָהּ שֵׁם דְּמַסֶּכֶת נִדָּה בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף עא:):
Moukaf : adjacent. Comme on les compare par les bulles (Houlin 46b) : on appuie l'une contre l'autre et l'on voit si elles se ressemblent. Et comme elle en fait le tour et elle lui donne un nom, traité Nidda, dernier chapitre (71b).
שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף מִדָּבָר שֶׁאֵינוֹ סָמוּךְ לוֹ בְּאוֹתוֹ כְּלִי דְּלֶיהֱוֵי מִינֵּיהּ וּבֵיהּ:
Hors du moukaf : à partir d'une chose qui ne lui est pas adjacente dans le même récipient, de sorte que ce soit d'elle-même et en elle.
🗂️ Tossefot (2)
וְלִפְרֹושׁ עָלֶיהָ מִמָּקוֹם אַחֵר הַשְׁתָּא ס"ד דְּכָל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְאַף עַל גַּב דְּרַבָּה דְּאִית לֵיהּ הֲכָנָה אָמְרִינַן בְּפִירְקָא (דַּף לח:) דִּתְחִילַּת הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב וּכְוָותֵיהּ קַייְמָא לַן מ"מ מֻותָּר לְתַקֵּן הַטֶּבֶל דְּלָא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת עַד שֶׁתְּהֵא לַיְלָה נִיכֶּרֶת וְיָדוּעַ וְהָא דִּתְנַן בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד.) דְּסָפֵק חֲשֵׁיכָה אֵין מְעַשְּׂרִין אֶת הַוַּדַּאי וְהַייְנוּ כְּרַבָּנָן דָּר' אַפֵּ"ה קס"ד דְּהַךְ מַתְנֵי' דְּהָכָא אָתְיָא כְּרַבִּי מִשּׁוּם דְּאִיכָּא מִשְׁנָיוֹת טוּבָא דְּמוּקִי לְהוּ הַשַּׁ"ס לְקַמָּן כְּרַבִּי וא"ת אִם כֵּן אַמַּאי קָתָנֵי מַתְנֵי' אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל הָא חֲזִי לְתַקּוֹנֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְאֵין לוֹמַר דְּהַהִיא אָתְיָא דְּלָא כְּרַבִּי מִדְּפָרִיךְ לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:) רֵישָׁא רַבִּי וְסֵיפָא רַבָּנַן וְלָא פָּרִיךְ רֵישָׁא וְסֵיפָא רַבָּנַן וּמְצִיעֲתָא רַבִּי וְעוֹד דְּפָרִיךְ לְקַמָּן אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל פְּשִׁיטָא מַשְׁמַע דְּלֵיכָּא מַאן דִּפְלִיג וּמִיהוּ אִיכָּא לְמֵימַר הָא דְּפָרִיךְ פְּשִׁיטָא הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּמֵרֵישָׁא שָׁמְעִינַן לָהּ דְּקָתָנֵי מְעָרְבִין בִּדְמַאי דְּמַשְׁמַע אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל וְי"ל דְּאֵינוֹ מוֹעִיל מַה שֶׁרָאוּי לְתַקְּנוֹ אֶלָּא בְּמִידֵּי דַּחֲזֵי הַשְׁתָּא לְשׁוּם אָדָם כְּגוֹן תְּרוּמָה דְּחַזְיָא לַכֹּהֲנִים וְתֵדַע דְּאָמַר לְעֵיל דְּאֵין מְעָרְבִין בְּהֶקְדֵּשׁוֹת אַף עַל גַּב דְּאֶפְשָׁר לְאִיתְשׁוּלֵי עֲלַיְיהוּ:
Et qu'il prélève pour elle depuis un autre endroit. Pour l'instant, on pense que toute chose qui relève d'un chevout, on ne l'a pas décrétée à bein hachemachot. Et même si Rabba, qui tient la hakhana, et que l'on dit dans le chapitre (38b) que le début du jour acquiert l'érouv, et que nous tenons comme lui : il reste permis de réparer le tevel, car on ne l'a pas décrété à bein hachemachot, seulement une fois la nuit reconnaissable et connue. Et ce que l'on a appris dans Bameh madlikin (Chabbat 34a) : en cas de doute sur la tombée de la nuit, on ne prélève pas la dîme du produit certain, et cela suit les Sages face à Rabbi. On pense néanmoins que cette michna-ci vient selon Rabbi, parce qu'il y a beaucoup de michnayot que la Guemara, plus loin, établit selon Rabbi. Et si tu dis : s'il en est ainsi, pourquoi la michna enseigne-t-elle " mais non avec du tevel ", puisque cela est apte à être réparé à bein hachemachot ? On ne peut pas dire que cette clause vient autrement que selon Rabbi, puisque plus loin (Erouvin 34b) on objecte : le début est Rabbi et la fin est les Sages, et l'on n'objecte pas : le début et la fin sont les Sages et le milieu est Rabbi. De plus, plus loin, on objecte : " mais non avec du tevel ", c'est évident, ce qui laisse entendre que personne n'est en désaccord. On peut toutefois dire que l'objection " c'est évident " vient de ce qu'on l'apprend déjà du début, qui enseigne qu'on fait l'érouv avec du demai, ce qui laisse entendre : mais non avec du tevel. Et l'on peut répondre : le fait qu'une chose soit apte à être réparée ne sert que pour ce qui convient maintenant à quelqu'un, comme la terouma, qui convient aux kohanim. Et tu peux le voir : on a dit plus haut qu'on ne fait pas d'érouv avec des hekdeshot, même s'il est possible de se faire interroger à leur sujet.
לֹא נֶחְשְׁדוּ חֲבֵרִים אע"ג דְּמִשּׁוּם כְּבוֹד שַׁבָּת שָׁרִי כִּדְאָמַר בְּהָאִשָּׁה רַבָּה (יְבָמוֹת דַּף צג.) הַיְינוּ שֶׁצָּרִיךְ לֶאֱכֹול אוֹתָן פֵּירוֹת בְּשַׁבָּת אֲבָל הָכָא מַייְרֵי דְּאֵין צָרִיךְ לְאוֹכְלָן בְּשַׁבָּת ואע"ג דְּאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה לֹא הִתִּירוּ לִתְרֹום שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף אֶלָּא לִכְבוֹד שַׁבָּת וְלֹא לְצֹורֶךְ מִצְוָה אַחֶרֶת:
On ne soupçonne pas les haverim. Bien que, pour l'honneur du Chabbat, ce soit permis, comme il est dit dans Ha-icha rabba (Yevamot 93a), c'est lorsqu'il doit manger ces fruits le Chabbat. Ici, il s'agit d'un cas où il n'a pas à les manger le Chabbat. Et bien que l'on ne fasse l'érouv que pour une chose de mitsva, on n'a permis de prélever la terouma hors du moukaf que pour l'honneur du Chabbat, et non pour le besoin d'une autre mitsva.
💡 Explication

Après le retour au tevel, à bein hachemachot, il pourrait désigner comme terouma des fruits qui sont chez lui. Les haverim, exacts sur les dîmes, ne prélèvent pas hors du moukaf : la terouma se prend d'un produit adjacent, dans le même récipient.

Tossefot, dans l'hypothèse en cours : un chevout de réparation du tevel n'est pas encore appliqué au crépuscule, tant que la nuit n'est pas nettement connue. Être apte à être réparé ne suffit que si la chose convient déjà à quelqu'un, comme la terouma aux kohanim. Prélever hors du moukaf n'a été permis que pour manger le Chabbat, pour l'honneur du jour.

10
וְלַפְרֹושׁ עֲלַהּ מִינָּיהּ וּבָיהּ! דְּלֵית בָּהּ שִׁיעוּרָא.

Et qu'il prélève pour elle d'elle-même et en elle ! Elle n'en a pas la mesure.

📜 Rachi (1)
דְּלֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא שֶׁמְּזוֹן ב' סְעוּדוֹת מְצֻומְצָמוֹת הִנִּיחַ וְאִי מַפְרִישׁ תְּרוּמָה מִינֵּיהּ כָּל דְּהוּ בָּצַר לֵיהּ שִׁיעוּר עֵירוּב:
Il n'en a pas la mesure : il a déposé la nourriture de deux repas au plus juste. S'il prélève la terouma d'elle-même, si peu que ce soit, la mesure de l'érouv lui manque.
💡 Explication

D'elle-même et en elle : prélever la terouma sur le tas même de l'érouv. Deux repas déposés au plus juste : le moindre prélèvement fait manquer la mesure.

11
וּמַאי פִּסְקָא? אֶלָּא, סוֹמְכוֹס סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן דְּאָמְרִי: כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.

Et qu'est-ce qui tranche ? Alors, Soumkhos tient comme les Sages, qui disent : toute chose qui relève d'un chevout, ils l'ont décrétée à bein hachemachot.

📜 Rachi (3)
וּמַאי פִּסְקָא בִּתְמִיהַּ כְּלוֹמַר מַאי הַאי תֵּירוּצָא וְכִי פְּסָקָא תַּנָּא לְמִילְּתֵיהּ דְּאֵין אָדָם נוֹתֵן עֵירוּבוֹ אֶלָּא בְּצִמְצוּם דִּנְקַט סְתָם בְּמִילְּתֵיהּ הָכִי:
Et qu'est-ce qui tranche : sur le ton de l'étonnement. C'est-à-dire : qu'est-ce que cette réponse ? Le tanna a-t-il tranché sa parole, à savoir qu'un homme ne dépose son érouv qu'au plus juste, pour l'énoncer ainsi sans précision ?
סָבַר לָהּ כְּרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:):
Il tient comme les Sages : qui sont en désaccord avec Rabbi plus loin (Erouvin 34b).
גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כִּבְשַׁבָּת עַצְמָהּ וְהַגְבָּהַת תְּרוּמָה שְׁבוּת הִיא וְכֵיוָן דְּמֵעִיקָּרָא לֹא תַּקָּנָה וּבָעֵית לְמֵימַר אִי בָּעֵי הָוֵי חֲזִי לְהַהוּא שַׁעְתָּא דְּמִתְּשִׁיל עֲלָהּ כָּל מָקוֹם שֶׁהִיא וְהָדְרָה לְטִבְלָא וַהֲדַר אָמַר תְּרוּמָתָהּ בַּצָּפוֹן שֶׁבָּהּ וּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן בִּדְרוֹמָהּ וְכֵן כֻּולָּם אִם כֵּן מְתַקֵּן לֵיהּ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְקָעָבַר אַשְּׁבוּת וּקְנִיַּית עֵירוּב כְּשֶׁזֶּה נִכְנָס וְזֶה יוֹצֵא:
Ils l'ont décrétée à bein hachemachot : comme le Chabbat lui-même. Le prélèvement de la terouma est un chevout. Puisqu'au départ elle n'était pas réparée, et que tu veux dire : s'il veut, cela conviendrait à cette heure-là, car on l'interroge à son sujet où qu'elle soit, elle retourne au tevel, puis il dit : sa terouma est au nord de celle-ci, la première dîme au sud, et ainsi pour toutes. S'il en est ainsi, il la répare à bein hachemachot et transgresse un chevout. Et l'érouv s'acquiert quand l'un entre et que l'autre sort.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא סוֹמְכוֹס סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן וְאִם תֹּאמַר מֵהַאי טַעְמָא נָמֵי נָזִיר לֹא יְעָרֵב בְּיַיִן כֵּיוָן דִּשְׁבוּת הוּא לִשְׁאוֹל עַל הַנְּדָרִים בְּשַׁבָּת כִּדְאָמְרִינַן פֶּרֶק מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ (שַׁבָּת דַּף קנז.) וי"ל דִּלְצֹורֶךְ שַׁבָּת נִשְׁאָלִין כִּדְאָמְרִינַן הָתָם וְהַאי הָוֵי צֹורֶךְ שַׁבָּת שֶׁיִּהְיֶה מֻותָּר לִשְׁתּוֹת יַיִן בְּשַׁבָּת:
Alors, Soumkhos tient comme les Sages. Et si tu dis : pour cette raison aussi, un nazir ne ferait pas l'érouv avec du vin, puisque consulter sur les vœux le Chabbat est un chevout, comme nous le disons au chapitre Mi chehehchikh (Chabbat 157a). On peut répondre : pour le besoin du Chabbat, on consulte, comme nous le disons là-bas. Et ceci est un besoin du Chabbat : qu'il lui soit permis de boire du vin le Chabbat.
💡 Explication

Qu'est-ce qui tranche ? Rachi : le tanna n'a pas décidé que tout érouv est déposé au plus juste. On quitte les remèdes précédents.

Soumkhos suit les Sages contre Rabbi. Un chevout, ici désigner la terouma, vaut déjà à bein hachemachot, heure où l'érouv s'acquiert : l'un entre, l'autre sort. On ne peut pas rendre la terouma permise à l'Israël à cet instant.

Tossefot : le nazir, lui, peut consulter, car une question pour le besoin du Chabbat est permise. Boire le vin le Chabbat est ce besoin.

12
כְּמַאן אָזְלָא הָא דִּתְנַן: יֵשׁ שֶׁאָמְרוּ הַכֹּל לְפִי מַה שֶּׁהוּא אָדָם. מְלֹא קֻומְצוֹ מִנְחָה, וּמְלֹא חָפְנָיו קְטֹרֶת, וְהַשּׁוֹתֶה מְלֹא לֻוגְמָיו בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב. כְּמַאן? אָמַר רַבִּי זֵירָא: סוּמָכוֹס הִיא, דְּאָמַר: מַאי דַּחֲזֵי לֵיהּ בָּעִינַן.

Selon qui va ce que nous avons appris : il est des cas où l'on a dit : tout selon ce qu'est l'homme. Plein son komets de minha, plein ses deux poignées de ketoret, celui qui boit le plein de sa logma le jour de Kippour, et la nourriture de deux repas pour l'érouv.

Selon qui ? Rabbi Zeira a dit : c'est Soumkhos, car il a dit : nous exigeons ce qui lui convient.

📜 Rachi (2)
יֵשׁ שֶׁאָמְרוּ יֵשׁ דְּבָרִים שֶׁאָמְרוּ שִׁיעוּרָן. לְפִי מַה שֶּׁהוּא אָדָם וְאֵין שִׁיעוּרָן שָׁוֶה בַּכֹּל:
Il est des cas où l'on a dit : il est des choses dont on a dit la mesure selon ce qu'est l'homme, et leur mesure n'est pas égale pour tous.
מְלֹא חָפְנָיו קְטֹרֶת בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים:
Plein ses deux poignées de ketoret : le jour de Kippour.
💡 Explication

Quatre mesures suivent la personne, et non un étalon unique : le komets de la minha, les deux poignées de ketoret à Kippour, la logma (le plein d'une joue) de celui qui boit à Kippour, et la nourriture de deux repas pour l'érouv.

Rabbi Zeira : c'est Soumkhos. Il exige ce qui convient à cet homme-là.

13
לֵימָא פְּלִיגָא אַדְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: מְעָרְבִין לְחוֹלֶה וּלְזָקֵן כְּדֵי מְזוֹנוֹ, וּלְרַעַבְתָן בִּסְעוּדָה בֵּינוֹנִית שֶׁל כָּל אָדָם!

Dirons-nous que cela diverge de Rabbi Chimon ben Elazar ? Car on a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : on fait l'érouv pour le malade et pour le vieillard à hauteur de sa nourriture, et pour le glouton selon un repas moyen de tout homme !

⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תַּנְיָא קְרוֹבִין דִּבְרֵיהֶם לִהְיוֹת שָׁוִין. דִּבְרֵיהֶם דְּמַאן אִי ר' יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה ור"ש. ר' יוֹחָנָן בֶּן בְּרֹוקָא אוֹמֵר ד' סְעוּדוֹת לְקַב ר"ש אוֹמֵר ט' סְעוּדוֹת לְקַב. אָמַר רַב חִסְדָּא צֵא מֵהֶן מֶחֱצָה לַחֶנְוָנִי. אַכַּתִּי לְמַר תַּמְנֵי וּלְמַר תֵּשַׁע. הַייְנוּ דְּקָאָמַר קְרוֹבִים דִּבְרֵיהֶם לִהְיוֹת שָׁוִין. הִלְכָּךְ כִּדְהָוְיִין תַּמְנֵי סְעוּדְתָא לְקַב וְהַקַּב יֵשׁ בּוֹ אַרְבַּע מֵאוֹת זוּז בְּמִשְׁקַל אלקירואין הָוְייָן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת מֵאָה זוּז לְכָל סְעוּדָה חֲמִשִּׁים זוּז קֶמַח דְּאִינּוּן חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעִים בְּמִשְׁקַל סְפָרַד. מִדְּהֵבִיא רַב אִלְפָּס זַ"ל כָּל זֶה מַשְׁמַע דַּהֲלָכָה כְּהָנֵי תַּנָּאֵי. וּבַגְּמָרָא מַשְׁמַע דִּמְשַׁעֲרִין בַּאֲכִילַת אָדָם בֵּינוֹנִי מִדְּקָאָמַר וְכַמָּה מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת אָמַר רַב יְהוּדָה תַּרְתֵּי רִיפְתָּא אִיכָּרְייָתָא וְכוּ' וּמִדְּקָאָמַר רַב יוֹסֵף אֲנָא נָמֵי כְּרַבִּי מֵאִיר סְבִירָא לִי מִיהוּ צְרִיכִים לֵידַע כַּמָּה הִיא סְעוּדָה בֵּינוֹנִית שֶׁל כָּל אָדָם. דִּלְעֵיל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף ל:) אָמַר דר"מ וְרַבִּי יְהוּדָה קָיְימִי אַזָּקָן וְחוֹלֶה. וְרַעַבְתָן בָּטְלָה דַּעְתּוֹ וּמְשַׁעֲרִינַן לֵיהּ בִּסְעוּדָה בֵּינוֹנִית שֶׁל כָּל אָדָם: תָּנוּ רַבָּנַן רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּדֵי עִיסּוֹתֵיכֶם וְכַמָּה עִיסּוֹתֵיכֶם כְּדֵי עִיסַּת מִדְבָּר. וְכַמָּה עִיסַּת מִדְבָּר דִּכְתִיב וְהָעֹומֶר עֲשִׂירִית הָאֵיפָה הוּא מִכָּאן אָמְרוּ שִׁבְעַת רְבִיעִים קֶמַח וְעוֹד חַייָּבִין בַּחַלָּה. שֶׁהֵן שֵׁשׁ שֶׁל יְרוּשַׁלְמִי שֶׁהֵן חָמֵשׁ שֶׁל צִפּוֹרִי. מִכָּאן אָמְרוּ הָאוֹכֵל כְּמִידָּה זוֹ ה"ז בָּרוּךְ וּמְבֹורָךְ. יָתֵר מִכֵּן הֲרֵי זֶה רְעַבְתָּן. פָּחוֹת מִכֵּן הֲרֵי זֶה מְקֻולְקָל בְּמֵעָיו:
Guemara. On a enseigné : leurs paroles sont proches d'être égales. Leurs paroles, de qui ? Si l'on vise Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Chimon. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : quatre repas pour un kav. Rabbi Chimon dit : neuf repas pour un kav. Rav Hisda a dit : retires-en la moitié pour le boutiquier. Il reste encore, selon l'un, huit, selon l'autre, neuf. C'est bien ce qu'il dit : leurs paroles sont proches d'être égales. Par conséquent, lorsqu'il y a huit repas pour un kav, et que le kav contient quatre cents zouz au poids de Kairouan, deux repas font cent zouz ; chaque repas, cinquante zouz de farine, qui font soixante-quinze au poids d'Espagne. Du fait que Rav Alfas, de mémoire bénie, a rapporté tout cela, on entend que la halakha suit ces tannaïm. Dans la Guemara, on entend aussi que l'on mesure selon ce que mange un homme moyen, puisqu'il est dit : et combien fait la nourriture de deux repas ? Rav Yehouda a dit : deux pains de paysan, etc. Et puisque Rav Yosef a dit : moi aussi, je tiens comme Rabbi Meir. Il nous faut toutefois savoir combien fait un repas moyen de tout homme. Car plus haut, au chapitre Bekhol me'arvin (Erouvin 30b), il est dit que Rabbi Meir et Rabbi Yehouda visent le vieillard et le malade. Le glouton, son avis est annulé, et on le mesure selon un repas moyen de tout homme. Les Sages ont enseigné : les prémices de vos pâtes, à la mesure de vos pâtes. Et combien font vos pâtes ? La pâte du désert. Et combien fait la pâte du désert ? Car il est écrit : et l'omer est le dixième de l'épha. De là ils ont dit : sept quarts de farine, et un surplus, sont soumis à la halla. Ce sont six de la mesure de Jérusalem, qui sont cinq de Tzippori. De là ils ont dit : celui qui mange cette mesure, le voici béni et comblé. Au-delà, le voici glouton. En deçà, le voici gâté dans ses entrailles.
💡 Explication

La michna " tout selon l'homme " semble heurter Rabbi Chimon ben Elazar. Il donne au malade et au vieillard leur ration, et au glouton le repas moyen, non la sienne.

Le Roch fixe la quantité pratique : huit repas au kav, soit cinquante zouz de farine au poids de Kairouan par repas, soixante-quinze au poids d'Espagne. La pâte du désert, sept quarts et un surplus, marque le repas dont on dit : celui qui en mange est dans la bonne mesure. Au-delà, glouton. En deçà, les entrailles sont gâtées.

14
תַּרְגּוּמָא, אַחוֹלֶה וְזָקָן. אֲבָל רְעַבְתָּן, בָּטְלָה דַּעְתּוֹ אֵצֶל כָּל אָדָם.

On l'explique du malade et du vieillard. Mais le glouton, son avis est annulé devant tout homme.

📜 Rachi (1)
תַּרְגּוּמָא לְהָא דְּתָלֵי שִׁיעוּרָא בְּאָדָם עַצְמוֹ אַחוֹלֶה וְזָקֵן וּלְקֻולָּא וְלֹא אַרַעַבְתָן וּלְחוּמְרָא דְּבָטְלָה דַּעְתּוֹ:
On l'explique : ceci, qui fait dépendre la mesure de l'homme lui-même, du malade et du vieillard, et c'est pour l'indulgence ; et non du glouton, pour la rigueur, car son avis est annulé.
🗂️ Tossefot (1)
תַּרְגּוּמָא אַחוֹלֶה וְאַזָּקֵן וא"ת וְלוֹקְמָא נָמֵי כְּרַבָּנָן דְּסוּמָכוֹס וְהַכֹּל לְפִי מַה שֶּׁהוּא אָדָם אַחוֹלֶה וְאַזָּקֵן דִּלְרַבָּנָן מְעָרְבִין חוֹלֶה וְזָקֵן כְּדֵי מְזוֹנָן דִּמְקִילִּי טְפֵי מִסּוּמָכוֹס דְּאָמְרִי אֲפִילּוּ בְּמִידֵּי דְּלָא חֲזִי לֵיהּ מְעָרְבִין מִשּׁוּם דַּחֲזֵי לְאַחֲרֵינִי כָּל שֶׁכֵּן דִּמְעָרְבִין בְּמִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ אע"ג דְּלָא חֲזִי לְאַחֲרֵינִי וי"ל דִּלְרַבָּנָן אֵין מְעָרְבִין לְחוֹלֶה וּלְזָקֵן כְּדֵי מְזוֹנָן אֶלָּא בִּסְעוּדָה בֵּינוֹנִית דְּהָא כֵּיוָן דְּלָא בָּעוּ מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ אִם כֵּן לְחוֹלֶה וְזָקֵן מְעָרְבִין נָמֵי אַפֵּי' בְּמַאֲכָל דְּלָא חֲזִי לְהוּ אֶלָּא לְבָרִיא וּבְמִידִי דְּלָא חֲזִי לְדִידְהוּ ע"כ שִׁיעוּרוֹ בִּסְעוּדָה בֵּינוֹנִית וא"כ גַּם בְּמִידִי דַּחֲזֵי לְהוּ בָּעֵינַן שִׁיעוּר סְעוּדָה בֵּינוֹנִית דְּאֵין סְבָרָא שֶׁיְּהֵא לְרַבָּנָן ב' שִׁיעוּרִין לְחוֹלֶה וְלַזָּקֵן א"נ הַכֹּל לְפִי מַה שֶּׁהוּא אָדָם מַשְׁמַע נָמֵי לְאַפּוֹקֵי יִשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה וְהָא דִּנְקַט תַּרְגּוּמָא אַחוֹלֶה וְאַזָּקֵן הוּא הַדִּין דַּהֲוָה מָצֵי לְמִינְקַט אַיִּשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה אֶלָּא נְקַט חוֹלֶה וְזָקֵן מִשּׁוּם דְּרַשְׁבָּ"א אַיְירֵי בֵּיהּ:
On l'explique du malade et du vieillard. Et si tu dis : établissons cela aussi selon les Sages qui divergent de Soumkhos, et " tout selon ce qu'est l'homme " vise le malade et le vieillard. Car, selon les Sages, on fait l'érouv pour le malade et le vieillard à hauteur de leur nourriture : ils sont plus indulgents que Soumkhos. Ils disent que, même avec une chose qui ne lui convient pas, on fait l'érouv, parce qu'elle convient à d'autres. À plus forte raison, on fait l'érouv avec une chose qui lui convient, même si elle ne convient pas à d'autres. On peut répondre : selon les Sages, on ne fait pas l'érouv pour le malade et le vieillard à hauteur de leur nourriture, on le fait selon un repas moyen. Puisqu'ils n'exigent pas une chose qui lui convienne, on fait aussi, pour le malade et le vieillard, l'érouv avec un aliment qui ne leur convient pas et qui ne convient qu'à un homme en bonne santé. Et pour une chose qui ne leur convient pas, la mesure est forcément celle d'un repas moyen. Dès lors, pour une chose qui leur convient aussi, nous exigeons la mesure d'un repas moyen : les Sages n'auraient pas deux mesures pour le malade et le vieillard. Autre voie : " tout selon ce qu'est l'homme " écarte aussi un Israël avec de la terouma. Et s'il a pris " on l'explique du malade et du vieillard ", il aurait pu prendre de même un Israël avec de la terouma. Il a pris le malade et le vieillard parce que Rabbi Chimon ben Elazar en parle.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תַּנְיָא קְרוֹבִין דִּבְרֵיהֶם לִהְיוֹת שָׁוִין. דִּבְרֵיהֶם דְּמַאן אִי ר' יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה ור"ש. ר' יוֹחָנָן בֶּן בְּרֹוקָא אוֹמֵר ד' סְעוּדוֹת לְקַב ר"ש אוֹמֵר ט' סְעוּדוֹת לְקַב. אָמַר רַב חִסְדָּא צֵא מֵהֶן מֶחֱצָה לַחֶנְוָנִי. אַכַּתִּי לְמַר תַּמְנֵי וּלְמַר תֵּשַׁע. הַייְנוּ דְּקָאָמַר קְרוֹבִים דִּבְרֵיהֶם לִהְיוֹת שָׁוִין. הִלְכָּךְ כִּדְהָוְיִין תַּמְנֵי סְעוּדְתָא לְקַב וְהַקַּב יֵשׁ בּוֹ אַרְבַּע מֵאוֹת זוּז בְּמִשְׁקַל אלקירואין הָוְייָן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת מֵאָה זוּז לְכָל סְעוּדָה חֲמִשִּׁים זוּז קֶמַח דְּאִינּוּן חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעִים בְּמִשְׁקַל סְפָרַד. מִדְּהֵבִיא רַב אִלְפָּס זַ"ל כָּל זֶה מַשְׁמַע דַּהֲלָכָה כְּהָנֵי תַּנָּאֵי. וּבַגְּמָרָא מַשְׁמַע דִּמְשַׁעֲרִין בַּאֲכִילַת אָדָם בֵּינוֹנִי מִדְּקָאָמַר וְכַמָּה מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת אָמַר רַב יְהוּדָה תַּרְתֵּי רִיפְתָּא אִיכָּרְייָתָא וְכוּ' וּמִדְּקָאָמַר רַב יוֹסֵף אֲנָא נָמֵי כְּרַבִּי מֵאִיר סְבִירָא לִי מִיהוּ צְרִיכִים לֵידַע כַּמָּה הִיא סְעוּדָה בֵּינוֹנִית שֶׁל כָּל אָדָם. דִּלְעֵיל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף ל:) אָמַר דר"מ וְרַבִּי יְהוּדָה קָיְימִי אַזָּקָן וְחוֹלֶה. וְרַעַבְתָן בָּטְלָה דַּעְתּוֹ וּמְשַׁעֲרִינַן לֵיהּ בִּסְעוּדָה בֵּינוֹנִית שֶׁל כָּל אָדָם: תָּנוּ רַבָּנַן רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּדֵי עִיסּוֹתֵיכֶם וְכַמָּה עִיסּוֹתֵיכֶם כְּדֵי עִיסַּת מִדְבָּר. וְכַמָּה עִיסַּת מִדְבָּר דִּכְתִיב וְהָעֹומֶר עֲשִׂירִית הָאֵיפָה הוּא מִכָּאן אָמְרוּ שִׁבְעַת רְבִיעִים קֶמַח וְעוֹד חַייָּבִין בַּחַלָּה. שֶׁהֵן שֵׁשׁ שֶׁל יְרוּשַׁלְמִי שֶׁהֵן חָמֵשׁ שֶׁל צִפּוֹרִי. מִכָּאן אָמְרוּ הָאוֹכֵל כְּמִידָּה זוֹ ה"ז בָּרוּךְ וּמְבֹורָךְ. יָתֵר מִכֵּן הֲרֵי זֶה רְעַבְתָּן. פָּחוֹת מִכֵּן הֲרֵי זֶה מְקֻולְקָל בְּמֵעָיו:
Guemara. On a enseigné : leurs paroles sont proches d'être égales. Leurs paroles, de qui ? Si l'on vise Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Chimon. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : quatre repas pour un kav. Rabbi Chimon dit : neuf repas pour un kav. Rav Hisda a dit : retires-en la moitié pour le boutiquier. Il reste encore, selon l'un, huit, selon l'autre, neuf. C'est bien ce qu'il dit : leurs paroles sont proches d'être égales. Par conséquent, lorsqu'il y a huit repas pour un kav, et que le kav contient quatre cents zouz au poids de Kairouan, deux repas font cent zouz ; chaque repas, cinquante zouz de farine, qui font soixante-quinze au poids d'Espagne. Du fait que Rav Alfas, de mémoire bénie, a rapporté tout cela, on entend que la halakha suit ces tannaïm. Dans la Guemara, on entend aussi que l'on mesure selon ce que mange un homme moyen, puisqu'il est dit : et combien fait la nourriture de deux repas ? Rav Yehouda a dit : deux pains de paysan, etc. Et puisque Rav Yosef a dit : moi aussi, je tiens comme Rabbi Meir. Il nous faut toutefois savoir combien fait un repas moyen de tout homme. Car plus haut, au chapitre Bekhol me'arvin (Erouvin 30b), il est dit que Rabbi Meir et Rabbi Yehouda visent le vieillard et le malade. Le glouton, son avis est annulé, et on le mesure selon un repas moyen de tout homme. Les Sages ont enseigné : les prémices de vos pâtes, à la mesure de vos pâtes. Et combien font vos pâtes ? La pâte du désert. Et combien fait la pâte du désert ? Car il est écrit : et l'omer est le dixième de l'épha. De là ils ont dit : sept quarts de farine, et un surplus, sont soumis à la halla. Ce sont six de la mesure de Jérusalem, qui sont cinq de Tzippori. De là ils ont dit : celui qui mange cette mesure, le voici béni et comblé. Au-delà, le voici glouton. En deçà, le voici gâté dans ses entrailles.
💡 Explication

La page accorde les deux textes. " Tout selon l'homme " vise le malade et le vieillard, du côté de l'indulgence : leur ration est plus petite. Le glouton n'impose pas sa grande mesure. Son avis est annulé devant tout homme.

Tossefot : selon les Sages, opposés à Soumkhos, la mesure du malade reste le repas moyen, même pour un aliment qui lui convient. Ils n'ont pas deux étalons. La formule écarte aussi l'Israël avec de la terouma. On a nommé le malade et le vieillard parce que Rabbi Chimon ben Elazar en parle.

🖼️ Schéma
Selon l'homme : indulgence, ou avis annulé Malade, vieillard Leur propre ration Souvent plus petite Indulgence C'est eux que vise tout selon l'homme Glouton Son avis est annulé devant tout homme Repas moyen On n'exige pas sa grande portion Soumkhos Ce qui lui convient Komets, deux poignées, gorgée, deux repas Rabbi Zeira : la michna est la sienne
Mesure personnelle : indulgence pour le malade et le vieillard. Le glouton est ramené au repas moyen. Soumkhos exige ce qui convient à cet homme.
15
וּלְכֹהֵן בְּבֵית הַפְּרָס. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מְנַפֵּחַ אָדָם בֵּית הַפְּרָס וְהוֹלֵךְ. רַבִּי יְהוּדָה בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר: בֵּית הַפְּרָס שֶׁנִּידַשׁ — טָהוֹר.

Et pour un kohen dans un beit haperas. Car Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : un homme souffle un beit haperas et avance.

Rabbi Yehouda bar Ami, au nom de Rav Yehouda, a dit : un beit haperas qui a été foulé est pur.

📜 Rachi (3)
מְנַפֵּחַ אָדָם בֵּית הַפְּרָס שָׂדֶה שֶׁנֶּחֱרַשׁ בָּהּ קֶבֶר דְּכֻולָּהּ סְפֵיקָא מִשּׁוּם עֲצָמוֹת הִיא וַעֲצָמוֹת בְּלֹא בָּשָׂר אֵינוֹ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל וּכְשֶׁמְּנַפֵּחַ לִפְנֵי רַגְלָיו אִם יֵשׁ שֵׁם עֶצֶם גָּדוֹל נִרְאֶה מֵאֵלָיו וְעֶצֶם קָטָן נִרְאֶה בִּנְפִיחָה וְאֵינוֹ מְסִיטוֹ בְּרַגְלָיו:
Un homme souffle un beit haperas : un champ dans lequel un tombeau a été labouré. Tout y est un doute, à cause des ossements. Un ossement sans chair ne rend pas impur par la tente. Quand il souffle devant ses pieds, s'il y a un grand os, il apparaît de lui-même ; un petit os apparaît sous le souffle, et il ne le déplace pas du pied.
שֶׁנִּידַשׁ בִּדְרִיסַת רַגְלֵי בְּנֵי אָדָם:
Qui a été foulé : par le piétinement des pieds des hommes.
טָהוֹר שֶׁכְּבָר נִידַּשׁוּ עֲצָמוֹת שֶׁבּוֹ וְנִפְחֲתוּ מִכִּשְׂעוֹרָה:
Pur : les ossements qui s'y trouvaient ont déjà été foulés, et ils sont descendus au-dessous d'un grain d'orge.
💡 Explication

La michna permet l'érouv d'un kohen dans un beit haperas : champ où un tombeau a été labouré, doute d'ossements. L'os sans chair ne rend pas impur sous une tente. En soufflant, on voit l'os et on ne le pousse pas du pied.

Un chemin déjà foulé est pur : les os sont tombés sous la taille d'un grain d'orge. Le kohen a donc un moyen de passer jusqu'à son érouv.

🖼️ Schéma
Traverser un beit haperas Le champ Un tombeau y a été labouré Doute à cause des os Os sans chair Pas d'impureté par la tente On souffle Devant chaque pas Grand os : visible seul Petit os : le souffle le découvre On ne le pousse pas Chemin foulé Pieds des passants Les os sont écrasés Sous un grain d'orge Rav Yehouda : pur Le kohen peut y aller
On souffle la poussière du beit haperas. Un chemin déjà foulé est pur : les os sont sous un grain d'orge.
16
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף בֵּית הַקְּבָרוֹת. תַּנָּא: מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לָחֹוץ וְלֵילֵךְ בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל. קָא סָבַר: אֹהֶל זָרוּק שְׁמֵיהּ אֹהֶל.

Rabbi Yehouda dit : même un cimetière. On a enseigné : parce qu'il peut faire écran et aller dans une chida, une teiva et un migdal.

Il tient : un ohel zarouk porte le nom de tente.

📜 Rachi (2)
אֹהֶל זָרוּק אֹהֶל הַמִּיטַּלְטֵל:
Ohel zarouk : une tente que l'on déplace.
שְׁמֵיהּ אֹהֶל וְחוֹצֵץ בֵּינוֹ לְבֵין הַטֻּומְאָה:
Il porte le nom de tente : et elle fait écran entre lui et l'impureté.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב הוּנָא שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל כִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. כִּכָּר זוֹ עָלַי אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ ואע"ג דְּפָרִיךְ גְּמָרָא לְרַב הוּנָא וּמְשַׁנֵּי הוּא דְּאָמַר כַּר' אֱלִיעֶזֶר. מ"מ הֲלָכָה כְּוָתֵיהּ דְּרַב הוּנָא דִּסְתָמָא דְּבָרַיְיתָא כְּוָתֵיהּ דְּתַנְיָא זֶה הַכְּלָל אָדָם אוֹסֵר אֶת עַצְמוֹ בְּאֹוכֶל מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. אֹוכֶל הַנֶּאֱסָר עַל הָאָדָם אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. ר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר כִּכָּר זוֹ עָלַי מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ כִּכָּר זוֹ הֶקְדֵּשׁ אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ לְפִי שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּהֶקְדֵּשׁוֹת אַלְמָא סְתָמָא דְּהַךְ בָּרַייְתָא כְּרַב הוּנָא. וְהָא דְּאָמַר רַב הוּנָא שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל כִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ לָאו דַּוְקָא שֶׁלֹּא אוֹכַל כו' דה"ה נָמֵי אִם אָמַר שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אֵהָנֶה מִכִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. דקי"ל כְּרַבָּה וּכְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי לְקַמָּן דְּאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה וּמִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִתְּנוּ. וְדָבָר זֶה אַתָּה לָמֵד מִדְּלָא מָצָא רַב הוּנָא לְחַלֵּק אֶלָּא בֵּין שְׁבוּעָה לְקוֹנָם וְאַמַּאי לִיפְלֹוג בִּשְׁבוּעָה גּוּפָא וְלֵימָא שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל מִכִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אֵהָנֶה מִכִּכָּר זוֹ אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. אוֹ לִיפְלֹוג בְּקוֹנָם גּוּפֵיהּ וְלֵימָא קוֹנָם אֲכִילַת כִּכָּר זוֹ עָלַי מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. קוֹנָם הֲנָאַת כִּכָּר זוֹ עָלַי אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. וְכֵן בַּבָּרַיְיתָא דִּמְפַלְּגָא בֵּין אָדָם אוֹסֵר עַצְמוֹ בְּאֹוכֶל דְּהַייְנוּ שְׁבוּעָה וּבֵין אֹוכֶל הַנֶּאֱסָר עַל הָאָדָם דְּהַיְינוּ קוֹנָם וְאַמַּאי לִיפְלֹוג הַכֹּל בִּשְׁבוּעָה אוֹ הַכֹּל בְּקוֹנָם כִּדְפָרֵי'. וְעוֹד דְּאָתְיָא הַךְ בָּרַייְתָא דְּלָא כְּרַבָּה וְרַב יוֹסֵף וּלְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לא.) מַשְׁמַע דְּדָחַק לְאוֹקוּמָא פְּלֻוגְתַּייְהוּ אַלִּיבָּא דְּכוּלְּהוּ תַּנָּאֵי. הִלְכָּךְ בֵּין לְרַב הוּנְאַבִּין לְבָרַיְיתָא אַפֵּיק לְמִילְּתֵיהּ בִּלְשׁוֹן שְׁבוּעָה אֲפִילּוּ אָמַר שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אֵהָנֶה מִכִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ דְּמִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִיתְּנוּ. וְאִם אַפֵּיק לְמִילְּתֵיהּ בִּלְשׁוֹן קוֹנָם אֲפִילּוּ אָמַר קוֹנָם אֲכִילַת כִּכָּר זוֹ עָלַי אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ גְּזֵירָה אַטּוּ אָמַר כִּכָּר זוֹ הֶקְדֵּשׁ. מִשּׁוּם דִּסְתָם קוֹנָם דּוֹמֶה לְהֶקְדֵּשׁ דִּשְׁנֵיהֶם אֹוכֶל נֶאֱסָר עַל הָאָדָם: וּלְכֹהֵן בְּבֵית הַפְּרָס ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אַף בְּבֵית הַקְּבָרוֹת מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לַחוּץ וְלֶאֱכֹול. כָּתַב רַשִׁ"י דְּרַבִּי יְהוּדָה ות"ק דִּילֵיהּ סָבְרִי כְּסוּמָכוֹס דְּאָמַר מִידִי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְמֵיכְלֵיהּ בְּהַהִיא שַׁעְתָּא בָּעֵינַן. וְלִי נִרְאֶה דְּאֵין זֶה תָּלוּי בְּמַחֲלֹוקֶת סוּמָכוֹס וְרַבָּנָן דְּלָא פְּלִיגִי אֶלָּא בְּהָא דְּסוּמָכוֹס סָבַר מִידֵּי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְמֵיכַל בָּעֵינַן וְרַבָּנָן סָבְרִי כֵּיוָן דַּחֲזֵי לְאִינָשֵׁי דְּעָלְמָא מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. אֲבָל לכ"ע בָּעֵינַן שֶׁיּוּכַל הַמַּעֲרָב לְהַגִּיעַ לְעֵירוּבוֹ ובע"א לֹא קָנָה שְׁבִיתָה. וְלֵית הִלְכְתָא כְּסוּמָכוֹס ואע"ג דִּסְתָם מִשְׁנָה דְּמַס' כֵּלִים פי"ז מִשְׁנָה יא כְּוָותֵיהּ מִשּׁוּם דב"ה סָבְרִי כְּרַבָּנָן וְכֵן רַב הוּנָא דְּאָמַר שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל כִּכָּר זוֹ מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. וְהָא דִּתְנַן בְּמָתְנֵי' וְהַכֹּהֲנִים בְּחַלָּה וּבִתְרוּמָה לָא הָוֵי כְּמַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סָתַם דְּהוּא הַדִּין לְיִשְׂרָאֵל נָמֵי אֶלָּא אוֹרְחָא דְמִילְּתָא נְקַט כֹּהֲנִים שֶׁתְּרוּמָה וְחַלָּה מְצוּיָה לָהֶם. וְעוֹד דְּהַךְ מִשְׁנָה נָמֵי שְׁנוּיָה בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף לה.) וְהָתָם דַּוְקָא כֹּהֲנִים וְהַהוּא לִישָּׁנָא תְּנָא נָמֵי הָכָא. וְכָתַב ר"מ זַ"ל דְּלֵית הִלְכְתָא כְּרַבִּי יְהוּדָה ואע"ג דְּאָמַר שְׁמוּאֵל לְקַמָּן בְּפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צה.) בְּכָל מָקוֹם שֶׁאָמַר רַבִּי יְהוּדָה בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ וְעוֹד אָמַר בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מו.) הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב וַאֲפִילּוּ יָחִיד בִּמְקוֹם רַבִּים בְּהָא לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּכֵיוָן דְּתַלְיָא פְּלֻוגְתַּייְהוּ בִּפְלֻוגְתָּא דְּרַבִּי וְרַבִּי יוֹסֵי ב"ר יְהוּדָה דְּרַבִּי דִּמְטַמֵּא קָסָבַר אֹהֶל זָרוּק לָא שְׁמֵיהּ אֹהֶל וְקַייְמָא לָן הֲלָכָה כַּר' מֵחֲבֵירוֹ:
Rav Houna a dit : serment que je ne mangerai pas ce pain, on fait l'érouv pour lui avec. Ce pain est sur moi, on ne fait pas l'érouv pour lui avec. Même si la Guemara objecte à Rav Houna et répond qu'il a dit comme Rabbi Eliezer, la halakha est néanmoins comme Rav Houna, car l'anonyme de la baraita est comme lui. On a enseigné : voici la règle. Un homme qui s'interdit un aliment, on fait l'érouv pour lui avec. Un aliment interdit à l'homme, on ne fait pas l'érouv pour lui avec. Rabbi Eliezer dit : ce pain est sur moi, on fait l'érouv pour lui avec. Ce pain est hekdesh, on ne fait pas l'érouv pour lui avec, parce qu'on ne fait pas d'érouv avec des hekdeshot. On voit que l'anonyme de cette baraita est comme Rav Houna. Et ce que Rav Houna a dit, serment que je ne mangerai pas ce pain, on fait l'érouv pour lui avec : " que je ne mangerai pas " n'est pas à prendre au pied de la lettre. Il en va de même s'il a dit : serment que je ne jouirai pas de ce pain, on fait l'érouv pour lui avec. Car nous tenons comme Rabba et comme Rav Yosef, qui disent plus loin qu'on ne fait l'érouv que pour une chose de mitsva, et que les mitsvot n'ont pas été données pour en jouir. Tu l'apprends de ce que Rav Houna n'a trouvé à distinguer qu'entre le serment et le konam. Pourquoi ne distingue-t-il pas dans le serment lui-même, pour dire : serment que je ne mangerai pas de ce pain, on fait l'érouv pour lui avec ; serment que je ne jouirai pas de ce pain, on ne fait pas l'érouv pour lui avec ? Ou qu'il distingue dans le konam lui-même : konam, la consommation de ce pain est sur moi, on fait l'érouv pour lui avec ; konam, la jouissance de ce pain est sur moi, on ne fait pas l'érouv pour lui avec. De même la baraita, qui distingue entre un homme qui s'interdit un aliment, c'est-à-dire un serment, et un aliment interdit à l'homme, c'est-à-dire un konam. Pourquoi ne pas tout distinguer dans le serment, ou tout dans le konam, comme on l'a dit ? De plus, cette baraita sortirait autrement que Rabba et Rav Yosef, et plus loin (Eruvin 31a) on voit qu'on a peiné à établir leur désaccord selon tous les tannaïm. Par conséquent, pour Rav Houna comme pour la baraita : s'il a sorti sa parole en langue de serment, même s'il a dit serment que je ne jouirai pas de ce pain, on fait l'érouv pour lui avec, car les mitsvot n'ont pas été données pour en jouir. Et s'il a sorti sa parole en langue de konam, même s'il a dit konam, la consommation de ce pain est sur moi, on ne fait pas l'érouv pour lui avec, par décret à cause de celui qui dirait : ce pain est hekdesh. Car un konam ordinaire ressemble au hekdesh : dans les deux, l'aliment est interdit à l'homme. Et pour le kohen dans un beit haperas, Rabbi Yehouda dit : même dans un cimetière, parce qu'il peut faire une séparation et manger. Rachi a écrit que Rabbi Yehouda et le premier tanna de sa michna tiennent comme Soumkhos, qui a dit : nous exigeons une chose qui lui convienne à manger à cette heure. Il me semble que cela ne dépend pas du désaccord de Soumkhos et des Sages. Ils ne divergent que sur ceci : Soumkhos tient que nous exigeons une chose qui lui convienne à manger, et les Sages tiennent que, dès lors que cela convient aux gens du monde, on fait l'érouv pour lui avec. Mais selon tous, nous exigeons que celui qui fait l'érouv puisse atteindre son érouv ; autrement, il n'a pas acquis sa chevita. Et la halakha n'est pas comme Soumkhos, même si une michna anonyme du traité Kelim, chapitre 17, michna 11, est comme lui, parce que Beit Hillel tiennent comme les Sages, et de même Rav Houna, qui a dit : serment que je ne mangerai pas ce pain, on fait l'érouv pour lui avec. Et ce que la michna enseigne, " et les kohanim avec la halla et avec la terouma ", n'est pas un désaccord suivi d'une michna anonyme : la même règle vaut pour un Israël. Il a pris le cas habituel, les kohanim, à qui la terouma et la halla sont courantes. De plus, cette michna est aussi enseignée au chapitre Kol cha'a (Pesachim 35a), et là ce sont précisément les kohanim ; cette formulation a aussi été enseignée ici. Le Rambam, de mémoire bénie, a écrit que la halakha n'est pas comme Rabbi Yehouda, même si Chmouel a dit plus loin, au chapitre Kol Gagot (Eruvin 95a) : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans Eruvin, la halakha est comme lui. Il a encore dit au chapitre Mi chehotsiouhou (Eruvin 46a) : la halakha suit celui qui est indulgent pour l'érouv, même un seul face au grand nombre. Ici la halakha n'est pas comme lui, puisque leur désaccord dépend de celui de Rabbi et de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Rabbi, qui déclare impur, tient qu'un ohel zarouk n'a pas le nom de tente. Et nous tenons : la halakha est comme Rabbi face à son collègue.
💡 Explication

Rabbi Yehouda ajoute le cimetière. Le kohen marche dans une chida, une teiva ou un migdal : ces caissons font écran. Cela suppose qu'un ohel zarouk, tente que l'on déplace, porte le nom de tente.

Le Roch reprend d'abord la halakha du serment et du konam, puis ce cas. Pour le cimetière, il ne suit pas Rabbi Yehouda : Rabbi tient qu'un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente, et la halakha est comme Rabbi face à son collègue.

17
וּבִפְלוּגְתָּא דְּהָנֵי תַּנָּאֵי, דְּתַנְיָא: הַנִּכְנָס לְאֶרֶץ הָעַמִּים בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל — רַבִּי מְטַמֵּא, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה מְטַהֵר.

Et c'est le désaccord de ces tannaïm. Car on a enseigné : celui qui entre en terre des peuples dans une chida, une teiva et un migdal, Rabbi le déclare impur, Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda le déclare pur.

📜 Rachi (3)
אֶרֶץ הָעַמִּים מְטַמְּאָה בְּאֹהֶל:
Terre des peuples : elle rend impur par la tente.
שִׁידָּה מִרְכֶּבֶת נָשִׁים עֲגָלָה עֲשׂוּיָה כְּקוּפְסָא:
Chida : le chariot des femmes, une voiture faite comme un coffret.
מִגְדָּל משטי"ר:
Migdal : une armoire.
💡 Explication

Même question sur la terre des peuples, qui rend impur par la tente. Entrer dans une chida, une teiva ou un migdal : Rabbi déclare impur, Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda déclare pur.

Rachi : la chida est un chariot de femmes, fermé comme un coffret. Le migdal est une armoire.

18
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר אֹהֶל זָרוּק לָאו שְׁמֵיהּ אֹהֶל, וּמָר סָבַר אֹהֶל זָרוּק שְׁמֵיהּ אֹהֶל.

Sur quoi divergent-ils ? L'un tient : un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente.

Et l'autre tient : un ohel zarouk porte le nom de tente.

📜 Rachi (2)
אֹהֶל זָרוּק לָאו שְׁמֵיהּ אֹהֶל וְכָל שֶׁאֵינוֹ אֹהֶל אֵינוֹ חוֹצֵץ:
Un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente : et tout ce qui n'est pas une tente ne fait pas écran.
שְׁמֵיהּ אֹוהֶל וְחוֹצֵץ וּבִגְדוֹלָה עָסְקִינַן שֶׁמַּחֲזֶקֶת מ' סְאָה בְּלַח שֶׁהֵם כּוֹרַיִים בְּיָבֵשׁ דְּאִי קְטַנָּה כְּלִי הִיא וּמְקַבֶּלֶת טֻומְאָה וְלָא חָייְצָא וְרַבָּנָן דְּמַתְנִי' כְּרַבִּי סְבִירָא לְהוּ וּבֵין לְרַבִּי יְהוּדָה וּבֵין לְרַבָּנַן כְּסוֹמְכוֹס סְבִירָא לְהוּ דְּאָמַר מִידִי דַּחֲזֵי לֵיהּ לְמֵיכְלֵיהּ בְּהַהִיא שַׁעְתָּא בָּעֵינַן:
Il porte le nom de tente : et il fait écran. Nous traitons d'un grand caisson, qui contient quarante séa en liquide, soit deux kor en sec. S'il est petit, c'est un ustensile : il reçoit l'impureté et ne fait pas écran. Les Sages de la michna tiennent comme Rabbi. Et Rabbi Yehouda comme les Sages tiennent comme Soumkhos, qui a dit : nous exigeons une chose qui lui convienne à manger à cette heure-là.
🗂️ Tossefot (1)
וּמָר סָבַר אֹהֶל זָרוּק שְׁמֵיהּ אֹהֶל דַּוְקָא כְּשֶׁמֻּונָּח הָוֵי אֹהֶל אֲבָל בִּשְׁעַת זְרִיקָה אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה מְטַמֵּא דִּבְאוֹתָהּ שָׁעָה לָא חֲשִׁיב אֹהֶל כְּלָל מִידִי דַּהֲוָה אַעוֹף פּוֹרֵחַ וְאַטַּלִּית הַמְנַפְנֶפֶת דִּתְנַן בְּאֹהָלוֹת (פ"ח מ"ה) דְּאֵין מְבִיאִין וְאֵין חוֹצְצִין וְהָכִי נָמֵי קָתָנֵי בַּבָּרַיְיתָא דְּמַייְתִי בְּנָזִיר בְּפֶרֶק כֹּהֵן גָּדוֹל (נָזִיר דַּף נה.) ר' יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר תֵּיבָה שֶׁהָיְתָה מְלֵאָה כֵּלִים זְרָקָהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת טְמֵאָה וְאִם הָיְתָה מֻונַּחַת טְהוֹרָה וא"ת לָמֶ"ד אֹהֶל זָרוּק לָא שְׁמֵיהּ אֹהֶל מֶה הָיוּ מוֹעִילִים דְּלָתוֹת שֶׁתַּחַת הַתִּינוֹקוֹת מִפְּנֵי קֶבֶר הַתְּהוֹם כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק הַיָּשֵׁן (סֻוכָּה ד' כא.) הָא אֹהֶל זָרוּק הוּא וְאוֹמֵר ר"ת שֶׁיִּסְבֹּור שֶׁלֹּא הָיוּ מְבִיאִין דְּלָתוֹת אֶלָּא שְׁוָורִים שֶׁכְּרֵיסָם רְחָבָה כדא"ר יְהוּדָה הָתָם וְהַשְּׁווָרִים רַחֲמָנָא קְרִינְהוּ אֹהֶל דִּכְתִיב וּבַעֲצָמוֹת וְגִידִים תְּסוֹכְכֵנִי (אִיּוֹב י) וְרַשְׁבָּ"א מְפָרֵשׁ דְּלָתוֹת עַל גַּב שְׁוָורִים לכ"ע הָוֵי אֹהֶל דִּתְנַן בְּאֹהָלוֹת (פ"ו מ"א) אָדָם וְכֵלִים נַעֲשִׂים אֹהֶל לְטַמֵּא אֲבָל לֹא לְטַהֵר פֵּירוּשׁ מְבִיאִין טֻומְאָה וְאֵין מַפְסִיקִין בֵּין טֻומְאָה שֶׁתַּחְתֵּיהֶם לְכֵלִים שֶׁעֲלֵיהֶם וְלָא מַייְרֵי בְּאָדָם וְכֵלִים שֶׁעוֹשִׂים עַצְמָן אֹהָלִים אֶלָּא כְּדִמְפָרֵשׁ הָתָם כְּגוֹן נִדְבָּךְ שֶׁל אֲבָנִים אוֹ דְּלָתוֹת עַל הָאָדָם אוֹ עַל הַכֵּלִים אֲפִילּוּ כְּלֵי גְּלָלִים וּכְלֵי אֲבָנִים וּכְלֵי אֲדָמָה וּמַשְׁמַע דְּסָבַר דְּאֹהֶל זָרוּק לָא שְׁמֵיהּ אֹהֶל דְּאִי שְׁמֵיהּ אֹהֶל כְּשֶׁנָּתַן הַנִּדְבָּךְ עַל גַּבֵּי הַכֵּלִים אַמַּאי לֹא יִהְיֶה חָשׁוּב אֹהֶל לְהַפְסִיק וְהָא כְּלִי עַצְמוֹ נַעֲשָׂה אֹהֶל לְהַפְסִיק כְּשֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה כְּגוֹן שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל לָמֶ"ד שְׁמֵיהּ אֹהֶל וְקָתָנֵי סֵיפָא נָתוּן עַל גַּבֵּי אֲבָנִים שֶׁאֵינָם כֵּלִים אוֹ עַל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ רוּחַ חַיִּים דֻּומְיָא דִּשְׁוָורִים בְּפֶרֶק הַיָּשָׁן (סֻוכָּה ד' כא.) טֻומְאָה תַּחְתָּיו כֵּלִים שֶׁעָלָיו טְהוֹרִין כו' מַשְׁמַע דִּבְעִנְיָן זֶה הָוֵי אֹהֶל לכ"ע:
Et l'autre tient : un ohel zarouk porte le nom de tente. Seulement lorsqu'il est posé, c'est une tente. Au moment où on le jette, même Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda déclare impur : à cet instant, ce n'est une tente à aucun titre. Il en va comme de l'oiseau qui vole et du drap que l'on agite. On a appris dans Ohalot (chapitre 8, michna 5) qu'ils n'apportent pas l'impureté et ne font pas écran. La baraita citée dans Nazir, au chapitre Kohen gadol (Nazir 55a), enseigné de même. Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : une teiva pleine d'ustensiles, si on l'a jetée dans la tente d'un mort, elle est impure ; si elle était posée, elle est pure. Et si tu dis : selon celui pour qui un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente, à quoi servaient les portes sous les enfants, à cause d'un tombeau de l'abîme, comme il est dit au chapitre Ha-yachen (Soukka 21a) ? C'est un ohel zarouk. Rabbeinou Tam dit : il tient qu'on n'amenait pas des portes, mais des bœufs au ventre large, comme Rabbi Yehouda le dit là-bas. Et les bœufs, le Miséricordieux les a appelés tente, comme il est écrit : d'os et de nerfs Tu m'as recouvert (Iyov 10). Le Rachba explique : des portes sur des bœufs sont une tente pour tous. On a appris dans Ohalot (chapitre 6, michna 1) : l'homme et les ustensiles deviennent une tente pour rendre impur, et non pour rendre pur. C'est-à-dire : ils apportent l'impureté, et ils n'interrompent pas entre l'impureté qui est sous eux et les ustensiles qui sont sur eux. Il ne s'agit pas d'un homme ou d'ustensiles qui se font eux-mêmes tente. C'est comme on l'explique là-bas : un rang de pierres, ou des portes sur l'homme ou sur les ustensiles, même des ustensiles de bouse, des ustensiles de pierre et des ustensiles de terre. On entend qu'il tient qu'un ohel zarouk ne porte pas le nom de tente. S'il portait ce nom, lorsqu'on a mis le rang de pierres sur les ustensiles, pourquoi ne compterait-il pas comme tente pour interrompre ? L'ustensile lui-même devient une tente pour interrompre lorsqu'il ne reçoit pas l'impureté, comme la chida, la teiva et le migdal, selon celui qui dit qu'il porte le nom de tente. Et la fin enseigne : posé sur des pierres qui ne sont pas des ustensiles, ou sur un être qui a un souffle de vie, à la manière des bœufs au chapitre Ha-yachen (Soukka 21a) : l'impureté est en dessous, les ustensiles qui sont dessus sont purs, et la suite. On entend que, de cette façon, c'est une tente pour tous.
💡 Explication

Le partage porte sur le nom de l'ohel zarouk. Rabbi : ce qui n'est pas une tente ne fait pas écran. Rabbi Yossi : la tente fait écran. Rachi : seulement un grand caisson, quarante séa en liquide, deux kor en sec. Plus petit, c'est un ustensile, il reçoit l'impureté. Les Sages de la michna suivent Rabbi. Rabbi Yehouda et les Sages suivent Soumkhos : l'aliment doit convenir à manger à cette heure.

Tossefot : même pour Rabbi Yossi, le caisson fait écran posé, non pendant qu'on le jette, comme l'oiseau qui vole. Les portes sous les enfants, contre un tombeau de l'abîme, s'expliquent par des bœufs, ou par des portes posées sur un vivant : là, tous admettent une tente.

19
וְהָא דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר:

Et ce que l'on a enseigné : Rabbi Yehouda dit :

💡 Explication

La baraita s'ouvre sur Rabbi Yehouda dit. Le daf s'arrête sur ces mots. La suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).