Eruvin 31a - Terouma sur une tombe, et aliments de l'érouv

Eruvin 31a

Sougya : La baraita de Rabbi Yehouda, ouverte à la fin de 30b, permet un érouv de terouma pure sur une tombe, pour un kohen pur : il y va dans une chida, une teiva ou un migdal. La Guemara écarte l'impureté, aliment non houkhshar ou pain pétri au jus de fruits, rapporté sur le bord d'un vase de bois plat, trop mince pour faire tente.

Les Sages interdisent quand même : on n'acquiert pas sa résidence au moyen d'une chose dont la jouissance est interdite. Rava place le débat sur l'érouv fait pour une chose facultative.

Rav Yossef le place sur l'intérêt à garder le repas une fois l'érouv acquis. La michna suivante liste les aliments valables, et le demai est tenu pour convenable par le moyen de l'abandon des biens.

Kohen pur, terouma pure, tombe isolée Rabbi Yehouda : aller, déposer, rapporter, sans impureté 1. Y aller Chida : chariot fermé Teiva : caisson Migdal : armoire Il reste à l'abri de la tombe 2. Déposer la terouma Fruit non houkhshar ou pain au jus de fruits Hors des sept liquides Elle ne contracte pas 3. La rapporter Vase de bois plat Sans réceptacle Il ne reçoit pas l'impureté Le kohen qui le tient reste pur 4. La tenir au bord Tranchant sous un tefach Cela ne fait pas ohel L'homme reste pur La terouma lui convient Les Sages L'impureté est écartée, l'interdit demeure Acquérir le techum par la tombe Jouissance d'un objet au service du mort Même un Israël est visé Le kohen montre la force de Rabbi Yehouda
Quatre étapes chez Rabbi Yehouda : chariot ou caisson, aliment non susceptible, vase de bois plat, bord plus mince qu'un tefach. Les Sages barrent la jouissance de la tombe.
Pourquoi les Sages interdisent la tombe Deux lectures. Chacune laisse un principe commun aux deux avis Lecture de Rava Lecture de Rav Yossef Si l'érouv n'est que pour une mitsva tous accordent : mitsvot lav leihanot nitnu Les mitsvot ne sont pas une jouissance La tombe, à ce titre, passerait Avis commun des deux Érouv : mitsva seulement Et mitsvot lav leihanot nitnu Accomplir l'érouv ne compte pas comme jouissance Rabbi Yehouda Érouv seulement pour une mitsva Maison d'endeuillé, festin User de la tombe sert la mitsva La tombe est permise Rabbi Yehouda Après bein hachemachot L'érouv a déjà acquis La garde du repas ne l'intéresse plus Les Sages Érouv même pour une reshut Chose facultative Se fixer par la tombe est une jouissance interdite Les Sages Il tient à la garde S'il en a besoin, il mange La tombe conserve le repas Cette jouissance est interdite
Rava : le débat porte sur l'érouv facultatif. Rav Yossef : tous réservent l'érouv à la mitzva, et le débat porte sur la garde du repas après l'acquisition.
Michna : avec quoi fait-on l'érouv ? L'aliment doit pouvoir être mangé. Le demai passe par un migo Valable Demai, doute sur les dîmes Première dîme, terouma prélevée Seconde dîme rachetée Hekdesh racheté Challah, pour les kohanim Roch : les kohanim, aussi la terouma Non valable Tevel, dîmes non prises Première dîme sans terouma Seconde dîme non rachetée Hekdesh non racheté Même s'il pourrait racheter À cette heure, il ne rachète pas Demai, réponse de la Guemara S'il abandonnait ses biens, il serait pauvre On nourrit les pauvres de demai Migo : maintenant aussi, le demai convient Tossefot : l'objection vise Soumkhos
La michna reçoit le demai, la première dîme réparée, la seconde dîme et le hekdesh rachetés, la challah des kohanim. Elle refuse le tevel et ce qui n'est pas réparé ou racheté.
1
מְעָרְבִין לְכֹהֵן טָהוֹר בִּתְרוּמָה טְהוֹרָה בְּקֶבֶר, הֵיכִי אָזֵיל? בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל.

On fait un érouv pour un kohen pur avec de la terouma pure, sur une tombe. Comment y va-t-il ?

Dans une chida, une teiva et un migdal.

📜 Rachi (2)
מְעָרְבִין לְכֹהֵן טָהוֹר בִּתְרוּמָה טְהוֹרָה בְּקֶבֶר וכ"ש בְּחֻולִּין דְּאִי נָמֵי מִיטַּמּוּ חֲזוּ לֵיהּ אֶלָּא אֲפִי' בִּתְרוּמָה דְּאִי מְטַמְּאָה לָא חַזְיָא לֵיהּ אֶפְשָׁר לְמֶיעְבַּד תַּקַּנְתָּא כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל וְדַוְקָא נְקַט טָהוֹר בִּטְהוֹרָה אֲבָל בִּטְמֵאָה לָא דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ לֹא לְכֹהֵן טָמֵא וְלֹא לְכֹהֵן טָהוֹר וְכֹהֵן טָמֵא בִּטְהוֹרָה נָמֵי לָא דְּלָא חַזְיָא לֵיהּ:
Et à plus forte raison avec du houlin : même s'il devenait impur, il lui conviendrait. Même avec de la terouma, qui, si elle devient impure, ne lui convient plus, on peut faire un aménagement, comme le texte l'explique en poursuivant. Il a pris soin de dire pur avec pure. Avec de l'impure, non : elle ne convient ni à un kohen impur, ni à un kohen pur. Un kohen impur avec de la pure, non plus : elle ne lui convient pas.
הֵיכִי אָזֵיל בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל וְהָא כֵּיוָן דְּאַחֲתָא מִיטַּמְּיָא לֵיהּ כְּלוֹמַר נְהִי דִּלְר' יְהוּדָה אֲפִילּוּ בְּבֵית הַקְּבָרוֹת אִיכָּא תַּקַּנְתָּא לְמֵיזַל בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל וכ"ש קֶבֶר יְחִידִי שֶׁיָּכוֹל לַעֲמֹוד אֶצְלוֹ אֶלָּא מִיהָא תְּרוּמָה מִכִּי אַנְּחָהּ הָתָם מְטַמֵּא בַּאֲהִילוֹ שֶׁל קֶבֶר:
C'est-à-dire : soit, selon Rabbi Yehouda, même dans un cimetière il y a un moyen d'y aller par une chida, une teiva et un migdal, et à plus forte raison pour une tombe isolée, auprès de laquelle il peut se tenir. Mais la terouma, dès qu'on l'y dépose, devient impure par la tente de la tombe.
🗂️ Tossefot (1)
הֵיכִי אָזֵיל בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל פֵּירֵשׁ נְהִי דִּלְר' יְהוּדָה אִיכָּא תַּקָּנָה אֲפִילּוּ בְּבֵית הַקְּבָרוֹת עַל יְדֵי שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל וּבְקֶבֶר יְחִידִי נָמֵי שֶׁגָּזְרוּ שֶׁתּוֹפֵס ד' אַמּוֹת סְבִיבָיו מִשּׁוּם הַרְחָקָה כ"ש דְּמָצֵי אָזֵיל בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל וּלְקַמָּן פָּרִיךְ מַאי טַעְמַייְהוּ דְּרַבָּנָן בְּקֶבֶר יְחִידִי נְהִי דִּבְבֵית הַקְּבָרוֹת גָּדוֹל לָא הָוֵי חֲצִיצָה הָכָא דְּלָא הָוְיָא אֶלָּא הַרְחָקָה אַמַּאי פְּלִיגִי הָא מָצֵי אָזֵיל בְּשִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל דְּאֵין לְךָ הַרְחָקָה גְּדוֹלָה מִזּוֹ:
Il explique : soit, selon Rabbi Yehouda, il y a un moyen même dans un cimetière, par une chida, une teiva et un migdal. Pour une tombe isolée aussi, dont on a décrété qu'elle occupe quatre coudées autour d'elle à titre d'éloignement, à plus forte raison il peut y aller dans une chida, une teiva et un migdal. Plus loin on objecte : quelle est la raison des Sages pour une tombe isolée ? Soit, dans un grand cimetière il n'y a pas d'interposition. Ici, où il ne s'agit que d'un éloignement, pourquoi divergent-ils, puisqu'il peut y aller dans une chida, une teiva et un migdal : il n'y a pas d'éloignement plus grand que celui-là.
💡 Explication

Suite de la baraita ouverte à la fin de 30b : Rabbi Yehouda dit. Il permet un érouv de terouma pure posé sur une tombe, pour un kohen pur.

Il y accède dans une chida (chariot fermé), une teiva (caisson) ou un migdal (armoire). Rachi serre le cas : la terouma impure ne convient à aucun kohen, et la terouma pure ne convient pas au kohen impur. Tossefot prépare la question des Sages : autour d'une tombe isolée, les quatre coudées ne sont qu'un éloignement.

2
וְהָא כֵּיוָן דְּאַחֲתָא אִיטַּמְּיָא לַהּ! בְּשֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרָה, אוֹ שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּמֵי פֵּירוֹת.

Mais dès qu'il l'a déposée, elle est devenue impure ! Lorsqu'elle n'a pas été rendue susceptible, ou bien lorsqu'elle a été pétrie avec du jus de fruits.

📜 Rachi (1)
בְּמֵי פֵּירוֹת שֶׁאֵין מַכְשִׁירִין:
Qui ne rendent pas susceptible.
🗂️ Tossefot (1)
בְּשֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרָה וְלִסְפָרִים דְּגָרְסִי אוֹ שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּמֵי פֵּירוֹת ה"פ בְּשֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרָה כְּגוֹן שֶׁעֵירֵב בְּפֵירוֹת אוֹ בְּפַת שֶׁנִּילּוֹשָׁה בְּמֵי פֵּירוֹת:
Et selon les livres qui ont la leçon ou bien pétrie avec du jus de fruits, voici le sens : lorsqu'elle n'a pas été rendue susceptible, par exemple s'il a fait l'érouv avec des fruits, ou avec un pain pétri au jus de fruits.
💡 Explication

Posée sur la tombe, la terouma devrait devenir impure par l'ohel du tombeau. Une terouma impure ne se mange pas.

L'aliment n'a pas été houkhshar : sans contact avec un liquide qui rend susceptible, il ne contracte pas l'impureté des aliments. Le jus de fruits ne compte pas parmi les sept liquides du hekhcher. Tossefot lit la seconde leçon comme un exemple de la première : fruits, ou pain pétri à ce jus.

3
וְהֵיכִי מַייְתֵי לָהּ? בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּלָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה.

Et comment la rapporte-t-il ? Avec des vases de bois plats, qui ne reçoivent pas l'impureté.

📜 Rachi (2)
וְהֵיכִי מַיְיתֵי לָהּ לְאוֹכְלָהּ דְּהָא רַבִּי יְהוּדָה רָאוּי לְאָוכְלוֹ בָּעֵי מִדִּנְקַט טָהוֹר בִּטְהוֹרָה וְלָא אַכְשַׁר טָמֵא בִּטְהוֹרָה מִשּׁוּם דְּחַזְיָא לְאַחֲרֵינִי וְעוֹד מִדְּתָנֵי בְּמַתְנִיתִין לַחוּץ וְלֶאֱכֹול:
Pour la manger. Car Rabbi Yehouda exige qu'elle soit propre à être mangée par lui : il a précisé un pur avec de la pure, et il n'a pas validé un impur avec de la pure au motif qu'elle conviendrait à d'autres. Et encore, de ce que l'on enseigne dans la michna : pour sortir et pour manger.
בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּלָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה אֲבָל בְּמִידִי דִּמְקַבֵּל טֻומְאָה לֹא דה"ל כְּלִי טְמֵא מֵת שֶׁהוּא אַב הַטֻּומְאָה דְּמִיטַּמֵּא מֵחֲמַת אֹהֶל וּמְטַמֵּא לֵיהּ לְאָדָם וְטָמֵא אָסוּר בִּתְרוּמָה טְהוֹרָה וְקָאֵי עָלֶיהָ בְּמִיתָה ואע"ג דְּלֵית בָּהּ פּוֹתֵחַ טֶפַח דְּמַיְיתֵי לֵיהּ אֲחוֹרֵיהּ כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן קי"ל (שַׁבָּת דַּף יז.) בי"ח דָּבָר שֶׁכָּל הַמִּטַּלְטְלִין מְבִיאִין אֶת הַטֻּומְאָה עַל עַצְמָן כְּשֶׁהֶאֱהִילוּ עַל מֵת בְּכָל שֶׁהֵן וּמְטַמֵּא לֵיהּ אָדָם הָאוֹחֲזוֹ וְתוּ לָא חָזְיָא לֵיהּ תְּרוּמָה:
Mais avec une chose qui reçoit l'impureté, non. Ce serait un vase impur par un mort, un av hatumah : il devient impur du fait de la tente, et il rend l'homme impur. Un impur est interdit à la terouma pure, et il est passible de mort. Même s'il n'y a pas d'ouverture d'un tefach, lorsqu'il la rapporte sur le bord, comme on l'explique plus loin, nous tenons (Chabbat 17a), parmi les dix-huit décrets, que tous les objets mobiles amènent l'impureté sur eux-mêmes lorsqu'ils font tente sur un mort, en quelque quantité que ce soit. L'homme qui le tient en devient impur, et la terouma ne lui convient plus.
🗂️ Tossefot (1)
בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ מַשְׁמַע דְּלָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן וְכֵן תְּנַן בְּמַס' כֵּלִים (פ"ב מ"א) וּמַייְתִי לָהּ בְּפ"ק דְּשַׁבָּת (ד' טז.) כְּלֵי עֵץ וּכְלֵי זְכוּכִית פְּשׁוּטֵיהֶם טְהוֹרִים וּמְקַבְּלֵיהֶם טְמֵאִין וע"כ פְּשׁוּטִין טְהוֹרִים אַפֵּי' מִדְּרַבָּנָן דִּכְלֵי זְכוּכִית אֲפִילּוּ יֵשׁ לָהֶן בֵּית קִבּוּל אֵין לָהֶן טֻומְאָה אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן כִּדְאָמַר בְּשַׁבָּת וְכֵן מַשְׁמַע בְּכַמָּה דֻּוכְתֵי דִּטְהוֹרִין פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ אַפֵּי' מִדְּרַבָּנָן וְקָשֶׁה דִּבְהַמּוֹכֵר בַּיִת (ב"ב דַּף סו.) אוֹמֵר שָׁאנֵי פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּמִדְּרַבָּנָן גַּבֵּי דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין וְהָתָם לָא אַיְירֵי בְּהָנָךְ דַּחֲזוּ לְמִדְרָסוֹת דְּהָנְהוּ מְקַבְּלִי טֻומְאָה דְּאוֹרָייְתָא דְּכָל הַמְטַמֵּא מִדְרָס מְטַמֵּא טֻומְאַת מֵת כִּדְיָלְפִינַן בב"ק פ"ב (דַּף כֹּה.) ק"ו מִפַּכִּים קְטַנִּים וְרַשְׁבָּ"א פֵּירֵשׁ הָתָם דְּאֵין לָחוּשׁ כֵּיוָן דְּמַסְּקָנָא לָא קַייְמָא הָכִי דְּמוּקִי לָהּ בְּדַף שֶׁל מַתֶּכֶת ור"י מְפָרֵשׁ דִּכְלִי עֵץ שֶׁהֵם רְחָבִים כְּעֵין דַּף וְרָאוּי לְהַנִּיחַ עֲלֵיהֶם חֲפָצִים גָּזְרוּ רַבָּנָן עֲלַיְיהוּ טֻומְאָה מִשּׁוּם דְּדָמוּ לִמְקַבְּלֵי כְּלֵי עֵץ אֲבָל פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ שֶׁאֵינָם רְחָבִים טְהוֹרִין אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן וי"מ דְּדַף שֶׁל נַחְתּוֹמִים וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה שֶׁהֵם שִׁימּוּשֵׁי אָדָם וּמְשַׁמְּשִׁין שִׁימּוּשֵׁי אָדָם גָּזְרוּ רַבָּנָן בָּהֶן טֻומְאָה כִּדְמוֹכַח בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים בְּפָרָשַׁת בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי דִּמְמַעֵט סֻולָּם וְקוֹלָב מִכְּלֵי עֵץ וְלֹא כָּל כְּלִי עֵץ וּמַרְבֶּה שֻׁולְחָן וְטַבְלָא וְדֻולְבְּקִי מִכָּל וְקָאָמַר וּמֶה רָאִיתָ ת"ל שַׂק מַה שַׂק מְיֻוחָד שֶׁהֵם תַּשְׁמִישֵׁי אָדָם וּמְשַׁמְּשֵׁי תַּשְׁמִישֵׁי כו' וע"כ כְּשֶׁאֵין רְאוּיִין לְמִדְרָס אַייְּרִי מִדְּלָא נְקַט כִּסֵּא וּמִטָּה וְעוֹד דְּמוּכַל הַמִּשְׁכָּב ה"ל לְרַבּוֹיִינְהוּ וּכְשֶׁאֵין לָהֶן בֵּית קִבּוּל נָמֵי אַיְירֵי מִדְּלָא קָאָמַר מַה שַׂק מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן אַלְמָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה מִדְּרַבָּנָן וְאַף עַל גַּב דְּדָרֵישׁ מִקְּרָא אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הוּא וְעִיקַּר דְּרָשָׁה דָּרְשִׁינַן לָמָּה שַׂק מְטַלְטְלִין מָלֵא וְרֵיקָן וְכַמָּה מִדְרָשׁוֹת יֵשׁ בת"כ דְּהָוֵי רַק אַסְמַכְתָּא וְתֵדַע דִּבְפֶרֶק שְׁתֵּי הַלֶּחֶם (מְנָחוֹת דַּף צו:) אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר מִסְגֶּרֶת לְמַטָּה הָיְתָה פִּי' בָּרְגָלִים וְלֹא בַּשֻּׁולְחָן טַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת טְמֵאָה כִּדְדָרְשִׁינַן מֵעַל הַשֻּׁולְחָן הַטָּהוֹר מִכְּלָל דְּאִיכָּא שֶׁהוּא טָמֵא וּלְדִבְרֵי הָאוֹמֵר לְמַעְלָה הָיְתָה טַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת תִּיבְּעֵי לָךְ דְּשֶׁל מִקְדָּשׁ מְקַבֵּל טֻומְאָה לְפִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית קִיבּוּל וְצָרִיךְ קְרָא דְּהַטָּהוֹר מִכְּלָל שֶׁהוּא טָמֵא שֶׁהָיוּ מַגְבִּיהִין אוֹתוֹ לְעוֹלֵי רְגָלִים שֶׁלֹּא תֹּאמַר עָשׂוּי לְנַחַת הוּא וְהַשְׁתָּא אַמַּאי תִּיבְּעֵי תִּיפְשֹׁוט מִדְּרָשָׁה דת"כ אֶלָּא ש"מ אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא הִיא כִּדְפָרֵישִׁית וְהָא דְּמַשְׁמַע הָתָם דְּטַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת עֲדִיפָא לְקַבֵּל טֻומְאָה דְּאוֹרָייְתָא מִשְּׁאָר פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ הַייְנוּ כִּדְפֵ"ה מִשּׁוּם דְּרָאוּי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ מב' צְדָדִין:
Cela implique qu'ils ne reçoivent pas l'impureté, même rabbinique. Ainsi enseigne-t-on dans Kelim (chapitre 2, michna 1), et on le cite au premier chapitre de Chabbat (16a) : vases de bois et vases de verre, leurs formes plates sont pures, celles qui ont un réceptacle sont impures. Forcément, les formes plates sont pures même rabbiniquement. Car les vases de verre, même pourvus d'un réceptacle, n'ont d'impureté que rabbinique, comme il est dit dans Chabbat. Plusieurs endroits impliquent de même que les vases de bois plats sont purs, même rabbiniquement. Difficulté : dans Ha-mokher et ha-bayit (Bava Batra 66a), on dit que les vases de bois plats sont à part, car leur impureté est rabbinique, à propos de la planche du boulanger. Et là il ne s'agit pas des objets aptes au midras : ceux-là reçoivent l'impureté du mort d'après la Tora, car tout ce qui est susceptible au midras est susceptible à l'impureté du mort, comme on le dérive au chapitre 2 de Bava Kamma (25a), par un kal va-homer, à partir des petites fioles. Rabbeinou Chimchon explique là-bas qu'il n'y a pas à s'en préoccuper, puisque la conclusion ne s'établit pas ainsi : on fixe le cas sur une planche de métal. Le Ri explique : les vases de bois larges, à la manière d'une planche, sur lesquels on peut poser des objets, les Sages leur ont décrété une impureté, parce qu'ils ressemblent aux vases de bois pourvus d'un réceptacle. Les vases de bois plats qui ne sont pas larges sont purs, même rabbiniquement. Certains expliquent : la planche du boulanger et ce qui lui ressemble, ustensiles de l'homme qui servent les ustensiles de l'homme, les Sages leur ont décrété une impureté. C'est ce qui ressort de Torat Kohanim, section Bayom ha-chemini, qui exclut l'échelle et le portemanteau des vases de bois, donc pas tout vase de bois, et qui inclut la table, le plateau et le dolbaki à partir du mot tout. Et l'on dit : qu'as-tu vu pour inclure les uns et exclure les autres ? Le verset dit sac. Le sac a pour trait propre d'être un ustensile de l'homme et un ustensile au service des ustensiles. Forcément, on parle d'objets qui ne sont pas aptes au midras, puisqu'on n'a cité ni le siège ni le lit. De plus, à partir de toute couche, on aurait dû les inclure. On parle aussi d'objets sans réceptacle, puisqu'on n'a pas dit : de même que le sac se transporte plein et vide. Il en ressort qu'ils reçoivent l'impureté rabbiniquement. Bien que l'on tire cela d'un verset, cela demeure une simple asmakhta. La deracha principale est : pourquoi sac ? Les objets mobiles, pleins et vides. Il y a dans Torat Kohanim plusieurs derachot qui ne sont qu'une asmakhta. Sache-le : au chapitre Chtei ha-le'hem (Menahot 96b), Rabbi Yo'hanan dit : selon celui qui dit que le cadre était en bas, c'est-à-dire sur les pieds et non sur la table, le plateau réversible est impur, comme on l'expose à partir de sur la table pure, ce qui implique qu'il en existe un impur. Selon celui qui dit que le cadre était en haut, le plateau réversible reste une question. Car celui du Sanctuaire reçoit l'impureté parce qu'il a un réceptacle, et il faut le verset la pure, qui implique qu'il en existe un impur : on le soulevait pour les pèlerins des fêtes, de peur qu'on le tienne pour fait afin de demeurer fixé. Dès lors, pourquoi cette question ? Qu'on la tranche par la deracha de Torat Kohanim. Apprends-en que ce n'est qu'une asmakhta, comme expliqué. Et ce qui est impliqué là, que le plateau réversible est plus apte que les autres vases de bois plats à recevoir une impureté d'après la Tora, va comme l'explique Rachi : il peut servir des deux côtés.
💡 Explication

Rabbi Yehouda exige un aliment propre à être mangé par lui. Il faut rapporter la terouma sans rendre impur le kohen.

Un vase qui reçoit l'impureté, passé en ohel sur la tombe, devient av hatumah. Parmi les dix-huit décrets, tout objet mobile amène l'impureté sur lui-même dès qu'il fait tente sur un mort, même sans ouverture d'un tefach. Les vases de bois plats, sans réceptacle, restent purs. Tossefot défend cette pureté même rabbinique, et traite à part les planches larges.

4
וְהָא קָא מַאֲהִיל?! דְּמַיְיתִי לָהּ אֲחוֹרֵיהּ.

Mais il fait tente ! Il la rapporte sur le bord.

📜 Rachi (2)
וְהָא קָא מַאֲהִיל קס"ד כְּשֶׁיֵּשׁ בַּכְּלִי פּוֹתֵחַ טֶפַח אוֹ בְּהֶקֵּיפוֹ טֶפַח וְגָזְרוּ עַל הָאָדָם הַנּוֹשְׂאוֹ בְּעֹובִי הַמַּרְדֵּעַ בִּיצִיאוֹת הַשַּׁבָּת (שָׁם):
On vise le cas où le vase a une ouverture d'un tefach, ou un tefach de pourtour. Et l'on a décrété l'impureté sur l'homme qui le porte, à propos de l'épaisseur de l'aiguillon, dans Yetziot ha-Chabbat, au même endroit.
דְּמַיְיתֵי לֵיהּ אֲחוֹרֵיהּ דִּכְלִי שֶׁאֵין בְּחֻודּוֹ טֶפַח לָאו אֹוהֶל הוּא:
Un vase dont le tranchant n'a pas un tefach n'est pas une tente.
💡 Explication

Tenir la face du vase au-dessus de la tombe, c'est faire ohel. Le décret de l'aiguillon (mardea) vise aussi l'homme qui porte un objet d'un tefach au-dessus d'un mort.

Il rapporte la terouma sur le bord. Un tranchant de moins d'un tefach ne porte pas le nom de tente.

🖼️ Schéma
Rapporter la terouma : le bord, pas la face Face large : ohel tombe Ouverture ou pourtour d'un tefach L'homme qui tient le vase devient impur Bord mince : pas un ohel tombe Tranchant sous un tefach Il pose la terouma sur ce bord
À gauche, la face d'un tefach fait tente : l'homme devient impur. À droite, le tranchant reste sous un tefach : il rapporte la terouma sur ce bord.
5
אִי הָכִי, מַאי טַעְמָא דְּרַבָּנָן? קָסָבְרִי: אָסוּר לִקְנוֹת בַּיִת בְּאִיסּוּרֵי הֲנָאָה.

S'il en est ainsi, quelle est la raison des Sages ? Ils tiennent : il est interdit d'acquérir une résidence au moyen de choses dont la jouissance est interdite.

📜 Rachi (2)
אִי הָכִי מ"ט דְּרַבָּנָן בְּקֶבֶר יְחִידִי נְהִי דְּאִיפְּלַגוּ בְּמַתְנִיתִין בְּבֵית הַקְּבָרוֹת וְלָא סְבִירָא לְהוּ דְּתֶיהֱוֵי חֲצִיצָה בְּאֹוהֶל זָרוּק אֲבָל הָכָא יָכוֹל לַעֲמֹוד עַל שְׂפָתוֹ וִיבִיאֶנּוּ אֶצְלוֹ:
Pour une tombe isolée. Soit : ils ont divergé dans la michna au sujet d'un cimetière, et ils ne tiennent pas qu'une tente mobile fasse interposition. Mais ici, il peut se tenir sur son rebord et l'amener auprès de lui.
אָסוּר לִקְנוֹת בַּיִת בְּאִיסּוּרֵי הֲנָאָה בַּקֶּבֶר וְהָא הֲנָאָה הִיא דְּמִישְׁתְּרֵי בֵּיהּ לְמִיפַּק חוּץ לַתְּחוּם וְכָל תַּשְׁמִישֵׁי הַמֵּת אֲסוּרִין בַּהֲנָאָה דְּנָפְקָא לָן בְּסַנְהֶדְרִין (ד' מז:) מִוַּתָּמָת שָׁם מִרְיָם וְגָמַר שָׁם שָׁם מֵעֶגְלָה עֲרוּפָה וַאֲפִילּוּ בְּיִשְׂרָאֵל נָמֵי אָסְרִי רַבָּנָן וְהָא דְּתָנֵי כֹּהֵן לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יְהוּדָה:
Sur une tombe. Or c'est une jouissance : par elle, il lui devient permis de sortir hors du techum. Et tous les objets au service du mort sont interdits de jouissance, comme on le dérive dans Sanhédrin (47b) de Miriam mourut là, et l'on apprend là, là, de la génisse à la nuque brisée. Même pour un Israël, les Sages l'interdisent. Et si l'on a enseigné le kohen, c'est pour te faire connaître la force de Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Pour une tombe isolée, le kohen se tient au bord et reste pur. L'aménagement d'impureté suffit. Les Sages maintiennent un autre interdit.

La tombe est au service du mort : jouissance interdite, par gezera chava du mot là avec la génisse à la nuque brisée. Sortir du techum grâce à elle, c'est en jouir. L'interdit vaut même pour un Israël. Le cas du kohen montre jusqu'où Rabbi Yehouda permet.

6
מִכְּלָל דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר מֻותָּר? קָסָבַר: מִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִיתְּנוּ.

Il en ressort que Rabbi Yehouda tient que c'est permis ? Il tient : les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse.

📜 Rachi (1)
מִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִתְּנוּ וְאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה לָלֶכֶת לְבֵית הָאֵבֶל אוֹ לְבֵית הַמִּשְׁתֶּה כְּדִלְקַמָּן:
Et l'on ne fait un érouv que pour une chose de mitsva, pour aller à la maison d'un endeuillé ou à la maison d'un festin, comme plus loin.
💡 Explication

Rabbi Yehouda, qui permet la tombe, tient mitsvot lav leihanot nitnu : les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse. Accomplir l'érouv ne compte pas comme une jouissance tirée de la tombe.

Rachi joint déjà la suite : on ne fait un érouv que pour une mitsva, maison d'endeuillé ou festin. La Guemara va demander si ces deux principes font débat entre les tannaïm.

7
אֶלָּא הָא דְּאָמַר רָבָא: מִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִיתְּנוּ, לֵימָא כְּתַנָּאֵי אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ?! אָמַר לָךְ רָבָא: אִי סְבִירָא לְהוּ דְּאֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה — דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִיתְּנוּ. וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מָר סָבַר אֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה, וּמָר סָבַר מְעָרְבִין אֲפִילּוּ לִדְבַר הָרְשׁוּת.

Mais alors, ce que Rava a dit : les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse, dirons-nous qu'il a énoncé son enseignement à la manière d'un débat entre tannaïm ? Rava peut te dire : s'ils tiennent que l'on ne fait un érouv que pour une chose de mitsva, tout le monde tient que les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse.

Et ici, voici sur quoi ils divergent : l'un tient que l'on ne fait un érouv que pour une chose de mitsva, et l'autre tient que l'on fait un érouv même pour une chose facultative.

📜 Rachi (2)
הָא דְּרַבָּה בְּמַסֶּכֶת ר"ה (דַּף כֹּח.) תּוֹקְעִין בְּשׁוֹפָר שֶׁל עוֹלָה:
Dans le traité Roch Hachana (28a) : on sonne d'un shofar d'olah.
רַבָּנַן סָבְרִי מְעָרְבִין אֲפִילּוּ לִדְבַר הָרְשׁוּת וְהִלְכָּךְ הֲנָאָה הִיא:
Et par suite, c'est une jouissance.
💡 Explication

Si le principe de Rava ne se lisait que chez Rabbi Yehouda, il suivrait un seul côté d'un débat de tannaïm. Rava le pose autrement. Dès que les deux réservent l'érouv à la mitsva, ils accordent que les mitsvot ne sont pas une jouissance.

Le débat porte sur le champ de l'érouv. Rabbi Yehouda : mitsva seulement, donc la tombe est permise. Les Sages : même une chose de reshut. Se fixer alors sur la tombe est une jouissance interdite. Rachi renvoie le principe au shofar d'un olah, Roch Hachana 28a. Son lemme porte Rabba.

8
אֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יוֹסֵף: אֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה, לֵימָא כְּתַנָּאֵי אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ?

Mais alors, ce que Rav Yossef a dit : on ne fait un érouv que pour une chose de mitsva, dirons-nous qu'il a énoncé son enseignement à la manière d'un débat entre tannaïm ?

📜 Rachi (1)
הָא דְּרַב יוֹסֵף בִּכְיָצֹד מִשְׁתַּתְּפִין (דַּף פב.):
Dans Keitzad mishtatfin (82a).
💡 Explication

Même question sur l'enseignement de Rav Yossef : l'érouv ne se fait que pour une mitsva, enseigné au chapitre Keitzad mishtatfin, Erouvin 82a. S'il ne suit que Rabbi Yehouda, il dépend d'un débat de tannaïm.

9
אָמַר לְךָ רַב יוֹסֵף: דְּכֻולֵּי עָלְמָא אֵין מְעָרְבִין אֶלָּא לִדְבַר מִצְוָה, וּדְכֻולֵּי עָלְמָא מִצְוֹת לָאו לֵיהָנוֹת נִיתְּנוּ, וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי: מָר סָבַר כֵּיוָן דִּקְנָה לֵיהּ עֵירוּב — לָא נִיחָא לֵיהּ דְּמִינַּטְרָא. וּמַר סָבַר — נִיחָא לֵיהּ דְּמִינַּטְרָא, דְּאִי אִיצְטְרִיךְ אָכֵיל לֵיהּ.

Rav Yossef peut te dire : tout le monde tient que l'on ne fait un érouv que pour une chose de mitsva, et tout le monde tient que les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse. Et voici sur quoi ils divergent : l'un tient que, dès que l'érouv a acquis pour lui, il ne tient pas à ce qu'il soit gardé.

Et l'autre tient à ce qu'il soit gardé, car s'il en a besoin, il le mangera.

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דִּקְנָה לֵיהּ עֵירוּב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת תּוּ לָא אִיכְפַּת לֵיהּ בִּנְטִירוּתָא וְעַד קְנִיַּית עֵירוּב אִי נָמֵי נִיחָא לֵיהּ לָאו הֲנָאָה הִיא דְּמִשּׁוּם מִצְוָה הוּא:
À bein hachemachot, la garde ne lui importe plus. Et jusqu'à l'acquisition de l'érouv, même si cela lui convient, la jouissance interdite en est absente, du fait que c'est pour la mitsva.
💡 Explication

Rav Yossef tient les deux principes pour communs. Le débat commence après l'acquisition.

L'érouv opère à bein hachemachot. Jusque-là, vouloir que la nourriture reste sert la mitsva. Ensuite, Rabbi Yehouda : plus d'intérêt à la garde. Les Sages : il y tient, car il pourra manger le repas. La tombe lui sert alors de conservation, et cette jouissance est interdite.

🖼️ Schéma
À partir de quand la garde du repas compte Lecture de Rav Yossef. L'érouv s'acquiert à bein hachemachot Jusqu'à l'acquisition Vouloir que le repas reste sert la mitsva de l'érouv Rachi : même si cela lui convient la jouissance interdite en est absente Bein hachemachot L'érouv acquiert la résidence Le but de la mitsva est atteint Ensuite Rabbi Yehouda : la garde ne l'intéresse plus Les Sages : il pourra manger La tombe conserve : interdit
Jusqu'à bein hachemachot, garder le repas sert la mitsva. Après l'acquisition, Rabbi Yehouda n'y tient plus. Les Sages y tiennent, parce qu'il pourra le manger.
10
מַתְנֵי׳ מְעָרְבִין בִּדְמַאי, וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ, וּבְמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ, וְהַכֹּהֲנִים בְּחַלָּה.

Michna. On fait un érouv avec du demai, avec la première dîme dont on a prélevé la terouma, avec la seconde dîme et le bien consacré qui ont été rachetés, et les kohanim avec la challah.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' בִּדְמַאי בְּכִכָּר שֶׁלְּקָחָהּ מֵעַם הָאָרֶץ וְלֹא הִפְרִישׁ מִמֶּנָּה דְּמַאי:
Avec un pain acheté à un am haaretz, et dont il n'a pas prélevé le demai.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' מְעָרְבִין בִּדְמַאי וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ וְהַכֹּהֲנִים בַּחַלָּה וּבַתְּרוּמָה. אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁלֹּא נִפְדּוּ:
Michna. On fait un érouv avec du demai, avec la première dîme dont on a prélevé la terouma, avec la seconde dîme et le bien consacré qui ont été rachetés, et les kohanim avec la challah et avec la terouma. Mais non avec du tevel, ni avec la première dîme dont on n'a pas prélevé la terouma, ni avec la seconde dîme et le bien consacré qui n'ont pas été rachetés.
💡 Explication

Nouvelle michna : les aliments de l'érouv de techum. Le demai est un pain acheté à un am haaretz, dîmes douteuses, non prélevées. La première dîme dont la terouma a été prise est mangeable. La seconde dîme et le hekdesh rachetés sont redevenus profanes. La challah convient aux kohanim.

Le Roch recopie la michna en entier, y compris la terouma des kohanim et les cas refusés, que le texte du daf répartit sur la phrase suivante.

11
אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל, וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ, וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁלֹּא נִפְדּוּ.

Mais non avec du tevel, ni avec la première dîme dont on n'a pas prélevé la terouma, ni avec la seconde dîme et le bien consacré qui n'ont pas été rachetés.

📜 Rachi (1)
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁלֹּא נִפְדּוּ ואע"ג דְּמָצֵי פָּרֵיק לְהוּ הַשְׁתָּא מִיהָא לָא מְפָרֵק:
Bien qu'il puisse les racheter, pour l'heure, en tout cas, il ne les rachète pas.
💡 Explication

Le tevel est interdit à la consommation. La première dîme dont la terouma n'a pas été prise le reste aussi. La seconde dîme et le hekdesh non rachetés ne lui conviennent pas encore.

Rachi : le rachat possible ne suffit pas. À l'heure de l'érouv, il ne les rachète pas.

12
גְּמ׳ דְּמַאי, הָא לָא חֲזִי לֵיהּ? מִיגּוֹ דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְהוּ לְנִכְסֵיהּ וְהָוֵי עָנִי וַחֲזוּ לֵיהּ — הַשְׁתָּא נָמֵי חֲזֵי לֵיהּ. דִּתְנַן: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי

Guemara. Du demai : cela ne lui convient donc pas ?

Puisque, s'il voulait, il abandonnerait ses biens, il deviendrait pauvre, et cela lui conviendrait, maintenant aussi cela lui convient. Car nous avons enseigné : on fait manger le demai aux pauvres.

🗂️ Tossefot (1)
דְּמַאי הָא לָא חֲזֵי לֵיהּ נִרְאֶה דִּלְסוּמָכוֹס דַּווְקָא פָּרִיךְ דִּלְרַבָּנָן אַף עַל גַּב דְּלָא חֲזֵי לַיהּ הָא חֲזִי לַעֲנִיִּים וְאִם תֹּאמַר וּלְסוּמָכוֹס הָא חֲזִי לֵיהּ דְּמָצֵי לְאַפְרוֹשֵׁי מִינֵּיהּ וּבֵיהּ אֲפִילּוּ לְרַבָּנָן דְּרַבִּי דִּסְפֵק חֲשֵׁיכָה מְעַשְּׂרִין הַדְּמַאי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמַשְׁמַע לֵיהּ מַתְנִיתִין אֲפִילּוּ לֵיכָּא אֶלָּא שְׁתֵּי סְעוּדוֹת מְצֻומְצָמוֹת דְּמִסְּתָמָא מַתְנִיתִין אַייְרֵי בְּכָל עִנְיָן וּלְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף ל:) נָמֵי דְּפָרִיךְ מַאי פְּסָקָא מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּמַתְנִיתִין אַייְרֵי אֲפִילּוּ בְּיָתֵר מִשְׁתֵּי סְעוּדוֹת וּמִיהוּ בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכז:) פָּרִיךְ נָמֵי הָכִי גַּבֵּי טִלְטוּל וּמְשַׁנֵּי כִּי הָכָא מִיגּוֹ דְּמַפְקַר כּוּ' וְהָתָם הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר דַּחֲזֵי לַעֲנִיִּים אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָתָם מִיבְּעֵי לֵיהּ לְשַׁנּוֹיֵי כִּי הָכָא וּבְפֶרֶק כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף לה:) וּבְפֶרֶק שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת דַּף מז.):
Il semble que l'objection ne vise que Soumkhos. Car selon les Sages, bien que cela ne lui convienne pas, cela convient aux pauvres. Et si tu dis : selon Soumkhos aussi, cela lui convient, puisqu'il peut prélever de la chose elle-même, même selon les Sages qui contestent Rabbi, car en cas de doute sur la tombée de la nuit on prélève les dîmes du demai. On peut répondre : la michna lui paraît viser même le cas où il n'y a que deux repas au plus juste, car vraisemblablement la michna parle de toute façon. Plus haut aussi (Erouvin 30b), là où l'on objecte mai piska, c'est parce que la michna lui paraît viser même un cas de plus de deux repas. Toutefois, au chapitre Mefanin (Chabbat 127b), on objecte de même au sujet du transport, et l'on répond comme ici : puisque, s'il abandonnait. Et là-bas, on aurait pu dire que cela convient aux pauvres. Mais là-bas, il faut répondre comme ici, réponse dont on a aussi besoin au chapitre Kol chaah (Pessahim 35b) et au chapitre Chélacha cheakhlou (Berakhot 47a).
💡 Explication

Le demai est interdit à qui n'est pas pauvre. Soumkhos, qui exige un aliment convenable pour cet homme-là, devrait refuser l'érouv. Selon les Sages, il suffit qu'il convienne aux pauvres.

Réponse par un migo : s'il déclarait ses biens hefker, il serait pauvre, et l'on donne le demai aux pauvres. Le moyen dont il dispose rend l'aliment convenable dès maintenant, sans abandon effectif. Prélever la dîme sur l'érouv lui-même entamerait deux repas au plus juste, et la michna couvre aussi ce cas. La citation de la michna continue au daf suivant.

🖼️ Schéma
Demai : le migo de l'abandon Il n'abandonne pas. Le moyen dont il dispose suffit Demai Pour lui, interdit S'il voulait Hefker de ses biens Il serait pauvre Les pauvres mangent le demai Donc maintenant aussi Michna citée, suite au daf suivant : on fait manger le demai aux pauvres
Le demai lui est interdit. S'il abandonnait ses biens, il serait pauvre, et les pauvres mangent le demai. Par ce moyen, il convient déjà à l'érouv.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).