Eruvin 31b - Demai, dîmes de l'érouv, envoi par un incapable

Eruvin 31b

Sougya : Le daf achève la citation du demai : on nourrit aussi l'akhsanya, et Beit Hillel permet de nourrir les pauvres. La michna des aliments de l'érouv est ensuite serrée cas par cas.

La première dîme prise dans les épis est exempte de terouma gedola ; prise dans le tas, elle y reste tenue. Le cinquième impayé n'empêche pas le rachat, le tevel rabbinique reste exclu, et un rachat irrégulier, asimon ou fonds, ne vaut pas.

La michna suivante refuse l'érouv de techum envoyé par un sourd-muet, un dément, un mineur ou un Kouti, sauf si un autre le reçoit sous le regard du mandant, avec la présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Rav Nahman refuse cette présomption dans une loi de la Tora.

Première dîme prise avant la terouma gedola Le lévite devance le kohen. Le critère est le grain battu Dans les épis Dans le tas Pas encore dagan Rech Lakich : exempt de terouma gedola Verset : dîme sur la dîme Teroumat maaser seule L'érouv est valable Idgan : devenu grain Abaye : tenu à la terouma gedola Verset : tout le prélèvement Sans terouma gedola L'érouv est invalide Rav Papa L'exemption vaudrait aussi pour le tas Abaye Le verset de toutes vos dîmes impose tout le prélèvement Seul le tas porte déjà le nom de dagan Rachi : reishit deganekha, le tevel s'y est posé
Dans les épis, la première dîme devancée est exempte de terouma gedola. Dans le tas, le grain est déjà dagan, et la terouma gedola reste due.
Ce que la michna vient enseigner Le cas ordinaire est évident. Chaque clause vise un cas serré Clause Cas visé Érouv Première dîme terouma prise Devancée dans les épis Teroumat maaser oui Terouma gedola non Valable Seconde dîme et hekdesh rachetés Capital versé Cinquième non versé Le cinquième n'empêche pas Valable Pas de tevel Même un tevel rabbinique Pot non percé Atzitz she-eino nakouv Invalide Pas de première dîme sans terouma Devancée dans le tas Comme Abaye à Rav Papa Terouma gedola encore due Invalide Pas de seconde dîme ni hekdesh non rachetés Rachat hors règle Asimon, pièce sans forme Hekdesh sur un fonds Invalide
Chaque clause de la michna vise un cas qui n'était pas évident : épis, cinquième, pot non percé, tas, asimon ou fonds.
Qui peut porter l'érouv Techumin et cours ne suivent pas la même mesure Porteur incapable Sourd-muet, dément, mineur ou Kouti Techumin : érouv invalide Il n'acquiert pas la résidence Mineur qui collecte Érouv de cours Rav Houna : valable Les domaines sont déjà là L'acte du mineur n'est pas requis S'il dit à un autre de recevoir Rav Hisda : le mandant se tient et voit, jusqu'à l'arrivée Rav Yehiel : présomption, l'envoyé accomplit sa mission Éléphant ou singe : même partage, dans la baraita Rav Nahman Loi de la Tora : on ne s'appuie pas sur la présomption Rachi : tant qu'on n'a pas vu qu'il a agi
L'érouv de techum exige un porteur capable, ou un réceptionnaire sous le regard du mandant. Le mineur collecte seulement l'érouv de cours. Rav Nahman refuse la présomption dans une loi de la Tora.
1
וְאֶת אַכְסְנָיָא דְּמַאי.

Et l'on nourrit de demai l'akhsanya.

📜 Rachi (1)
אַכְסְנָיָא חַייָּלוֹת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁמַּטִּילִין אוֹתָן עַל בְּנֵי הָעִיר לְזוּנָן וְהָווּ לְהוּ כַּעֲנִיִּים שֶׁהֲרֵי אֵינָן בְּבָתֵּיהֶן:
Troupes des rois d'Israël qu'on impose aux habitants de la ville pour les nourrir. Elles comptent comme des pauvres, puisqu'elles ne sont pas dans leurs maisons.
💡 Explication

Suite de la michna citée à la fin de 31a : on nourrit les pauvres de demai. La citation ajoute l'akhsanya, les troupes en garnison.

Rachi : ces soldats sont loin de chez eux. On les traite comme des pauvres pour le demai.

2
אָמַר רַב הוּנָא: תַּנָּא, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי.

Rav Houna a dit : on a enseigné. Beit Chammai disent : on ne nourrit pas les pauvres de demai.

Et Beit Hillel disent : on nourrit les pauvres de demai.

💡 Explication

Rav Houna donné la source de la permission employée pour le demai. Beit Hillel nourrissent les pauvres de demai. Beit Chammai le refusent.

3
וּבְמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה כּוּ׳. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, שֶׁהִקְדִּימוֹ בְּשִׁבֳּלִין, וְנִטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר, וְלֹא נִטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה.

Et avec la première dîme dont on a prélevé, etc. C'est évident !

Cela n'est nécessaire que si le lévite l'a devancée dans les épis, qu'on en a prélevé la teroumat maaser, et qu'on n'en a pas prélevé la terouma gedola.

📜 Rachi (1)
שֶׁהִקְדִּימוֹ בְּשִׁבֳּלִין לִתְרוּמָה גְּדוֹלָה דְּמִן הַתּוֹרָה הַתְּרוּמָה קוֹדֶמֶת לְמַעֲשֵׂר דְּרֵאשִׁית קְרָאָהּ רַחֲמָנָא וּמִן הַמּוֹתָר הוּא נוֹתֵן מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לַלֵּוִי וְעַכְשָׁיו הֶעֱרִים הַלֵּוִי וּקְדָמוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יְחַסְּרֶנּוּ כֹּהֵן אֶחָד מִנ' בְּמַעֲשֵׂר:
Par rapport à la terouma gedola. Car d'après la Tora, la terouma précède la dîme, puisque le Miséricordieux l'a appelée reishit, et c'est sur le reste qu'il donne la première dîme au lévite. Maintenant le lévite a rusé et l'a devancée, afin que le kohen ne lui manque pas un cinquantième dans la dîme.
💡 Explication

La michna permet l'érouv avec une première dîme dont la terouma a été prise. Le cas ordinaire, terouma gedola puis dîme, est évident : le lévite mange sa part.

Le cas visé : le lévite a pris sa dîme dans les épis, avant la terouma gedola. Il a prélevé la teroumat maaser, un dixième de sa dîme, et non la terouma gedola. Rachi : l'ordre de la Tora met la terouma d'abord, parce qu'elle est appelée reishit. En devançant, le lévite évite que le kohen prenne un cinquantième de sa dîme.

4
וְכִדְרַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁהִקְדִּימוֹ בְּשִׁבֳּלִין — פָּטוּר מִתְּרוּמָה גְּדוֹלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲרֵמֹותֶם מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת ה׳ מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר״. מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר אָמַרְתִּי לְךָ, וְלֹא תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר.

Et comme Rabbi Abahou l'a dit au nom de Rech Lakich. Car Rabbi Abahou a dit au nom de Rech Lakich : la première dîme qu'on a devancée dans les épis est exempte de terouma gedola, ainsi qu'il est dit : Vous prélèverez de lui le prélèvement de ה', dîme sur la dîme.

Dîme sur la dîme, Je t'ai dit, et non terouma gedola et teroumat maaser sur la dîme.

💡 Explication

Rech Lakich lit Bamidbar 18, 26. Le lévite ne doit, sur cette dîme, que la dîme sur la dîme, la teroumat maaser.

La deracha écarte un double prélèvement, terouma gedola et teroumat maaser, sur la dîme prise dans les épis. Cette dîme, une fois la teroumat maaser prise, convient à l'érouv.

5
אָמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי: אִי הָכִי, אֲפִילּוּ הִקְדִּימוֹ בִּכְרִי נָמֵי! אֲמַר לֵיהּ: עָלֶיךָ אֲמַר קְרָא: ״מִכֹּל מַעְשְׂרוֹתֵיכֶם תָּרִימוּ אֵת כָּל תְּרוּמַת ה׳״.

Rav Papa dit à Abaye : s'il en est ainsi, même s'il l'a devancée dans le tas, aussi ! Il lui dit : sur toi le verset dit : De toutes vos dîmes, vous prélèverez tout le prélèvement de ה'.

📜 Rachi (2)
מִכֹּל מַעְשְׂרוֹתֵיכֶם בִּלְוִיִּם כְּתִיב:
C'est écrit au sujet des lévites.
תָּרִימוּ אֵת כָּל תְּרוּמַת ה' אֲפִילּוּ תְּרוּמָה גְדוֹלָה:
Même la terouma gedola.
🗂️ Tossefot (1)
רַשְׁבָּ"א גָּרֵיס מִכָּל מַתְּנוֹתֵיכֶם תָּרִימוּ דְּאַייְרֵי בִּתְרוּמָה גְּדוֹלָה אֲבָל מִכָּל מַעְשְׂרֹותֵיכֶם תָּרִימוּ בִּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר קָמַיְירֵי:
Le Rachba à la leçon : de tous vos dons vous prélèverez. Car cela traité de la terouma gedola. Mais de toutes vos dîmes vous prélèverez traite de la teroumat maaser.
💡 Explication

Rav Papa étend l'exemption au tas (kri), le grain déjà rassemblé. Abaye répond par le mot tout : de toutes vos dîmes, tout le prélèvement de ה'. Rachi : le verset vise les lévites, et tout inclut la terouma gedola.

Tossefot : le Rachba lit de tous vos dons, verset de la terouma gedola. De toutes vos dîmes vise, selon lui, la seule teroumat maaser.

6
וּמֶה רָאִיתָ? הַאי — אִידַּגַּן, וְהַאי — לָא אִידַּגַּן.

Et qu'as-tu vu ? Celui-ci a été fait grain, et celui-là n'a pas été fait grain.

📜 Rachi (3)
וּמֶה רָאִיתָ דְּמֻוקַּמְתָּ קְרָא דְּחִיּוּב בְּהִקְדִּימוֹ בִּכְרִי וּקְרָא דְּפָטוּר בְּהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁיבֳּלִים:
Que tu établis le verset d'obligation sur le cas où il a devancé dans le tas, et le verset d'exemption sur le cas où il a devancé dans les épis.
הַאי הִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי אִידַּגַּן וְכֵיוָן דְּנִקְרָא דָּגָן נַעֲשֶׂה טֶבֶל לִתְרוּמָה כְּדִכְתִיב (דְּבָרִים יח) רֵאשִׁית דְּגָנְךָ:
S'il a devancé dans le tas, cela a été fait grain. Et puisqu'on l'appelle dagan, il est devenu tevel pour la terouma, comme il est écrit (Devarim 18) : les prémices de ton grain.
וְהַאי לָא אִידַּגַּן וְכִי שַׁקְלֵיהּ לֵוִי עֲדַייִן לֹא הָיָה טָבוּל לִתְרוּמָה:
Et quand le lévite l'a pris, ce n'était pas encore tevel pour la terouma.
🗂️ Tossefot (1)
וּמֶה רָאִיתָ מְפָרֵשׁ רִיבָ"א מֶה רָאִיתָ לְחַלֵּק בֵּין הִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי לְהַקְדִּימוֹ בְּשִׁבֳּלִין אֵימָא בְּהִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי נָמֵי פָּטוּר מִתְּרוּמָה גְּדוֹלָה הוֹאִיל וְלֹא הֻוקְבַּע עֲדַייִן לְמַעֲשֵׂר וּקְרָא דְּמִכָּל מַתְּנוֹתֵיכֶם אָתֵי לְחַיּוֹבֵי בְּרָאָה פְּנֵי הַבַּיִת אֲבָל לֹא יִתָּכֵן לְפָרֵשׁ הַאי וּמֶה רָאִיתָ נֵימָא אִיפְּכָא לְחַיֵּיב הִקְדִּימוֹ בְּשִׁבֳּלִין וְלִפְטֹור הִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי דְּאֵין זוֹ סְבָרָא:
Le Riva explique : qu'as-tu vu pour distinguer celui qui a devancé dans le tas et celui qui a devancé dans les épis ? Dis que, même s'il a devancé dans le tas, il est exempt de terouma gedola, puisque cela n'a pas encore été fixé pour la dîme. Et le verset de tous vos dons vient obliger celui qui a vu la face de la maison. Mais on ne peut pas expliquer ce qu'as-tu vu en inversant : obliger celui qui a devancé dans les épis, et exempter celui qui a devancé dans le tas. Ce raisonnement ne se tient pas.
💡 Explication

Abaye répond à la question qu'as-tu vu. Le tas a été battu : il porte le nom de dagan. Le verset reishit deganekha y pose le tevel de la terouma. Les épis n'ont pas encore ce nom. Quand le lévite les prend, la terouma gedola ne s'y est pas posée.

Tossefot, au nom du Riva : on pourrait encore exempter le tas, tant que le produit n'a pas été fixé pour la dîme, et réserver le verset des dons à la reiyat pnei ha-bayit, le moment où le produit voit la face de la maison. Inverser les versets, obliger les épis et exempter le tas, ne se tient pas.

🖼️ Schéma
Pourquoi le tas reste tenu 1. Rav Papa Si les épis sont exempts, le tas aussi 2. Abaye De toutes vos dîmes : tout le prélèvement 3. Qu'as-tu vu Ce verset sur le tas, l'autre sur les épis 4. Idgan Le tas est grain Les épis ne le sont pas encore
Rav Papa étend l'exemption au tas. Le verset de tout le prélèvement l'en empêche. Le tas est déjà grain, les épis ne le sont pas.
7
וּבְמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁנִּפְדּוּ. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, שֶׁנָּתַן אֶת הַקֶּרֶן וְלֹא נָתַן אֶת הַחֹומֶשׁ. וְקָא מַשְׁמַע לַן דְּאֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב.

Et avec la seconde dîme et le hekdesh qui ont été rachetés. C'est évident !

Cela n'est nécessaire que s'il a donné le capital et n'a pas donné le cinquième. Et cela nous apprend que le cinquième n'empêche pas.

🗂️ Tossefot (1)
וְקָא מַשְׁמַע לַן דְּאֵין חֹומֶשׁ מְעַכֵּב וא"ת אַמַּאי לָא פָּשֵׁיט מֵהָכָא בְּפֶרֶק הַזָּהָב (בּ"מ דַּף נד.) דְּאֵין הַחֹומֶשׁ מְעַכֵּב וְי"ל מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִידְחֵי וּלְאוֹקוֹמֵי כְּשֶׁנָּתַן הַחֹומֶשׁ וְאַף עַל גַּב דְּמִילְּתָא דִּפְשִׁיטָא הִיא אַגַּב מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נְקַט מַעֲשֵׂר שֵׁנִי:
Et si tu dis : pourquoi ne tranche-t-on pas d'ici, au chapitre Ha-zahav (Bava Metzia 54a), que le cinquième n'empêche pas ? On peut répondre : on peut écarter la preuve et établir la michna dans le cas où il a donné le cinquième. Et bien que la chose soit évidente, c'est à cause de la première dîme qu'il a mentionné la seconde dîme.
💡 Explication

Le rachat de la seconde dîme et du hekdesh par leur propriétaire ajoute un cinquième (homesh) au capital (keren). La michna enseigné que le cinquième n'est pas me'akev : le rachat tient dès que le capital est versé.

Tossefot : Bava Metzia 54a laissé la question ouverte, parce qu'on peut lire notre michna comme un rachat où le cinquième a déjà été versé. La seconde dîme est citée à la suite de la première, dont le cas, lui, était nouveau.

8
אֲבָל לֹא בְּטֶבֶל. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, בְּטֶבֶל טָבוּל מִדְּרַבָּנָן, וּכְגוֹן שֶׁזְּרָעוֹ בְּעָצִיץ שֶׁאֵינוֹ נָקוּב.

Mais non avec du tevel. C'est évident !

Cela n'est nécessaire que pour un tevel qui n'est tevel que d'ordre rabbinique, par exemple s'il l'a semé dans un pot non percé.

💡 Explication

Le tevel de la Tora est interdit à la bouche. L'érouv avec lui est évident à refuser.

Le cas visé est un tevel rabbinique. Un atzitz she-eino nakouv, pot sans trou, ne compte pas comme le sol pour la Tora. Dîmes et terouma n'y sont dues que par décret des Sages. Même ce tevel-là ne sert pas à l'érouv.

9
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּכְּרִי, וְנִטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר וְלֹא נִטְּלָה מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה.

Ni avec la première dîme dont on n'a pas prélevé la terouma. C'est évident !

Cela n'est nécessaire que s'il l'a devancée dans le tas, qu'on en a prélevé la teroumat maaser, et qu'on n'en a pas prélevé la terouma gedola.

📜 Rachi (2)
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא נִטְּלָה תְּרוּמָתוֹ קס"ד בִּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר קָאָמַר וְקָא פָּרִיךְ פְּשִׁיטָא:
On pensait qu'il parlait de la teroumat maaser, et l'on objecte : c'est évident.
לֹא נִצְרְכָה שֶׁהִקְדִּימוֹ בִּכְרִי וְהָא תְּרוּמָה דְּקָאָמַר הַייְנוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה דַּחֲזֵי לְאַפְרוֹשֵׁי מִינֵּיהּ מִקַּמֵּי דְּלַיפְרְשִׁי מַעֲשֵׂר מִינֵּיהּ קָאָמַר:
Cela n'était nécessaire que s'il l'a devancée dans le tas. Et cette terouma dont il parle, c'est la terouma gedola, qu'il convenait de prélever de cela avant qu'on en prélevé la dîme.
💡 Explication

Clause inverse de la première dîme permise. On aurait lu terouma comme la teroumat maaser : sans elle, la dîme est du tevel, et le refus est évident.

Rachi fixe le cas sur le tas. La teroumat maaser est prise, la terouma gedola ne l'est pas. Cette part était à prélever avant la dîme. Tant qu'elle reste, l'érouv est refusé.

10
מַהוּ דְּתֵימָא כְּדַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי. קָא מַשְׁמַע לַן כִּדְשַׁנִּי לֵיהּ.

On aurait pu dire comme Rav Papa l'a dit à Abaye. Cela nous apprend comme il lui a répondu.

📜 Rachi (1)
כְּדַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי לְעֵיל בִּשְׁמַעְתִּין:
Plus haut, dans notre sougya.
💡 Explication

Sans cette clause, on aurait suivi l'objection de Rav Papa : même la dîme du tas serait exempte de terouma gedola, et l'érouv passerait.

La michna enseigné la réponse d'Abaye. Sur le tas, la terouma gedola reste due.

11
וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְהֶקְדֵּשׁ שֶׁלֹּא נִפְדּוּ. פְּשִׁיטָא!

Ni avec la seconde dîme et le hekdesh qui n'ont pas été rachetés. C'est évident !

💡 Explication

Sans rachat, la seconde dîme et le hekdesh restent hors de la consommation ordinaire. La clause suivante dira quel rachat incomplet la michna vise encore.

12
לָא צְרִיכָא, שֶׁפְּדָאָן, וְלֹא פְּדָאָן כְּהִלְכָתָן: מַעֲשֵׂר — שֶׁפְּדָאוֹ עַל גַּב אֲסִימוֹן, וְרַחֲמָנָא אָמַר: ״וְצַרְתָּ הַכֶּסֶף״ — כֶּסֶף שֶׁיֵּשׁ עָלָיו צוּרָה.

Cela n'est nécessaire que s'il les a rachetés, et s'il ne les a pas rachetés selon leur règle. La dîme : il l'a rachetée sur un asimon.

Et le Miséricordieux a dit : Tu serreras l'argent, de l'argent qui porte une forme.

📜 Rachi (1)
אֲסִימוֹן מָעָה בְּלֹא צוּרָה פנטו"ן בְּלַעַ"ז:
Une pièce sans forme. Panton en langue étrangère.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁפְּדָאוֹ עַל גַּב אֲסִימוֹן פ"ה מָעָה בְּלֹא צוּרָה וְהָא דִּמְחַלְּלִין מַעֲשֵׂר שֵׁנִי עַל אֲסִימוֹן לֵר' דּוֹסָא טְפֵי מִמָּעוֹת הַנִּיתָּנִין לְסִימָן לְבֵית הַמֶּרְחָץ בְּפֶרֶק הַזָּהָב (בּ"מ דַּף מז:) הַיְינוּ מִשּׁוּם דַּאֲסִימוֹן עָשׂוּי בְּמִשְׁקָל וְרֹוחַב כָּרָאוּי וְאֵינוֹ מְחֻוסָּר אֶלָּא צוּרָה וּבְדָבָר קַל יַטְבִּיעוּ כַּמָּה מֵהֶם וְקָשֶׁה לר"ת דִּבְפֶרֶק בַּמֶּה אִשָּׁה (שַׁבָּת דַּף סה.) אָמַר אִי מִשּׁוּם צֻורְתָּא לֶיעְבַּד לָהּ פֻּולְסָא מַשְׁמַע דְּיֵשׁ עָלָיו צוּרָה וּבְהַזָּהָב אָמַר מַאי אֲסִימוֹן פּוּלְסָא וי"ל לְפֵ"ה דְּקָרֵי אֲסִימוֹן לְכָל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי כְּהִלְכָתוֹ אוֹ שֶׁל כֶּסֶף וְאֵין עָלָיו צוּרָה אוֹ שֶׁל עֵץ וְיֵשׁ עָלָיו צוּרָה.
Selon l'explication de Rachi : une pièce sans forme. Et ce que l'on rachète la seconde dîme sur un asimon selon Rabbi Dossa, davantage que sur les pièces données comme jeton pour le bain, au chapitre Ha-zahav (Bava Metzia 47b), vient de ce que l'asimon est fait au poids et à la largeur qui conviennent, et qu'il ne lui manque que la forme. Et par une chose légère on en frappe plusieurs. Et c'est difficile pour Rabbeinou Tam. Au chapitre Bameh isha (Chabbat 65a), on dit : si c'est à cause de la forme, qu'il lui fasse un pulsa, ce qui implique qu'il y a une forme dessus. Et dans Ha-zahav on dit : qu'est-ce qu'un asimon ? Un pulsa. On peut répondre, selon l'explication de Rachi : on appelle asimon toute chose qui n'est pas faite selon sa règle, soit d'argent et sans forme dessus, soit de bois et avec une forme dessus.
💡 Explication

Le rachat a eu lieu, hors de sa règle. Pour la seconde dîme, l'asimon est une pièce sans empreinte. Devarim 14, 25, tu serreras l'argent, est lu : de l'argent qui porte une forme (tzoura). Rachi glose panton, le flan non frappé.

Tossefot : Rabbi Dossa rachète plus volontiers sur un asimon que sur un jeton de bain, parce que le poids et la largeur sont justes, et qu'il ne manque que la frappe. Rabbeinou Tam objecte que le pulsa, identifié à l'asimon, porte une forme. Réponse selon Rachi : asimon nomme tout ce qui n'est pas fait selon sa règle, argent sans forme, ou bois qui en a une.

🖼️ Schéma
Rachat qui ne suit pas la règle Le capital a été versé. La forme de l'argent manque Valable Seconde dîme Pièce qui porte une forme Tu serreras l'argent Hekdesh Il donnera l'argent et cela lui sera acquis Invalide pour l'érouv Seconde dîme sur un asimon Pièce sans forme Rachi : panton Hekdesh sur un fonds Le verset parle d'argent Tossefot : klal, prat, klal
La seconde dîme se rachète sur une pièce frappée. L'asimon, sans forme, ne suffit pas. Le hekdesh se rachète sur de l'argent, pas sur un fonds.
13
הֶקְדֵּשׁ — שֶׁחִילְּלוֹ עַל גַּב קַרְקַע, דְּרַחֲמָנָא אָמַר: ״וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ״.

Le hekdesh : il en a fait le hilloul sur un fonds, car le Miséricordieux a dit : Il donnera l'argent, et cela lui sera acquis.

📜 Rachi (1)
וְנָתַן הַכֶּסֶף בְּמַקְדִּישׁ שָׂדֵהוּ כְּתִיב וְיָסַף חֲמִישִׁית כֶּסֶף עֶרְכְּךָ (וַיִּקְרָא כ״ז:ט״ו):
C'est écrit au sujet de celui qui consacre son champ, et il ajoutera un cinquième de l'argent de ton estimation (Vayikra 27, 15).
🗂️ Tossefot (1)
וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ וְאַף עַל גַּב דִּבְעָלְמָא שָׁוֶה כֶּסֶף כְּכֶסֶף הָכָא אִיכָּא מִיעוּטָא דְּדָרְשִׁינַן הַאי קְרָא בִּכְלָל וּפְרָט וּכְלָל וְכֵן מַשְׁמַע בִּבְכוֹרוֹת דִּתְנַן בְּפֶרֶק יֵשׁ בְּכוֹר (בְּכוֹרוֹת דַּף נא.) אֵין פּוֹדִין לֹא בַּעֲבָדִים כו' וְלֹא בְּהֶקְדֵּשׁוֹת וּמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא וְלֹא הֶקְדֵּשׁ בְּכָל אֵלּוּ וְגַבֵּי בְּכוֹר דְּרֵישׁ בִּכְלָל וּפְרָט וא"ת דְּאָמְרִינַן בִּמְעִילָה (דַּף יד.) בּוֹנִין בְּחוֹל וְאַחַ"כּ מַקְדִּישִׁין אַלְמָא מְחַלְּלִין מְעוֹת הֶקְדֵּשׁ עַל הַבִּנְיָן וי"ל דִּלְעִנְיָן זֶה חֲשִׁיב תָּלוּשׁ וּלְבַסּוֹף חִבְּרוֹ תָּלוּשׁ אִי נָמֵי הָתָם חֲשִׁיב תָּלוּשׁ טְפֵי כֵּיוָן דְּאִי לָא קַדִּישׁ עוֹמֵד לִתְלִישָׁה:
Et bien qu'en général l'équivalent d'argent compte comme l'argent, ici il y a une exclusion, car nous dérivons ce verset par un klal, un prat et un klal. Et c'est ainsi que l'on entend dans Bekhorot. On enseigne au chapitre Yech bekhor (Bekhorot 51a) : on ne rachète ni avec des esclaves, etc., ni avec des hekdeshot. Et la Guemara explique : ni le hekdesh avec toutes ces choses. Et au sujet du premier-né, on dérive par un klal et un prat. Et si tu dis : on dit dans Meila (14a) : on bâtit en profane, puis on consacre. On en déduit qu'on fait le hilloul des monnaies du hekdesh sur le bâtiment. On peut répondre : à cet égard, ce qui est détaché puis fixé ensuite compte comme détaché. Ou bien : là-bas, cela compte d'autant plus comme détaché, puisque, s'il ne l'avait pas consacré, il se tenait prêt à être détaché.
💡 Explication

Pour le hekdesh, le rachat irrégulier est un hilloul sur un fonds. Le verset dit : il donnera l'argent, et cela lui sera acquis. Rachi situe le verset chez celui qui rachète le champ qu'il a consacré.

Tossefot : d'ordinaire, l'équivalent d'argent vaut l'argent. Ici, le klal ou-prat ou-klal exclut le fonds. Meila 14a montré un hilloul de monnaies sacrées sur un bâtiment construit d'abord en profane. Ce bâtiment compte encore comme détaché : il a été détaché, puis fixé. Ou bien il était destiné à être de nouveau détaché.

14
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹלֵחַ עֵירוּבוֹ בְּיַד חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, אוֹ בְּיַד מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָעֵירוּב — אֵינוֹ עֵירוּב. וְאִם אָמַר לְאַחֵר לְקַבְּלוֹ מִמֶּנּוּ — הֲרֵי זֶה עֵירוּב.

Michna. Celui qui envoie son érouv par un sourd-muet, un dément ou un mineur, ou par celui qui ne reconnaît pas l'érouv : ce n'est pas un érouv.

Et s'il a dit à un autre de le recevoir de lui : c'est un érouv.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בְּעֵירוּב כּוּתִי:
Un Kouti.
⚖️ Rosh (1)
דְּאָמַר רַבָּה אָמְרוּ לוֹ שְׁנַיִם צֵא וְעָרֵב עָלֵינוּ לְאֶחָד עֵירַב לוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וּלְאֶחָד עֵירַב לוֹ מִשֶּׁחֲשֵׁכָה. זֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. וְזֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ. שְׁנֵיהֶם קָנוּ עֵירוּב. אֲמַר לֵיהּ הָכִי הַשְׁתָּא הָתָם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סְפֵיקָא וְלָא מִינַּכְרָא מִילְּתָא. אֲבָל הָכָא אִי לְגַבֵּי הַאי בַּיִת לְגַבֵּי הַאי נָמֵי בַּיִת וְאִי לְגַבֵּי הַאי בֵּית שַׁעַר לְגַבֵּי הַאי נָמֵי בֵּית שַׁעַר. בְּפָ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד.) פֵּי' רַשִׁ"י וּבְעֵירוּבֵי תְּחוּמִין אַיְירֵי רַבָּה וְכֵן נָמֵי פֵּירֵשׁ כָּאן דְּקָנוּ שְׁבִיתָה. וּבִתְחוּמִין אַייְרֵי דִּבְפֶ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין פָּרִיךְ לְמִתְנֵי' רֵישָׁא אַסֵּיפָא דִּבְרֵישָׁא מַשְׁמַע דְּסָפֵק חֲשֵׁיכָה מְעָרְבִין וּמְשַׁנֵּי כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וְכָאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין וְכִדְרַבָּה וְכוּ' פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּבַחֲצֵירוֹת אָסְרִינַן סְפֵיקָא וּבִתְחוּמִין שָׁרֵינַן וְאִם כֵּן מִילְּתָא דְּרַבָּה אַייְרֵי בִּתְחוּמִין וּלְשׁוֹן צֵא וְעָרֵב מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁוֹ. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ מִמִּילְּתֵיהּ דְּרַבָּה דְּאַייְרֵי בִּתְחוּמִין אַהַהִיא דִּלְעֵיל דְּאַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת וְעוֹד דִּלְעֵיל פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מו:) גַּבֵּי הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב מַשְׁמַע אִיפְּכָא דְּבִתְחוּמִין מַחְמְרִינַן טְפֵי מִבַּחֲצֵרוֹת. וְכֵן בְּפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לֹא:) דִּתְנַן הַשּׁוֹלֵחַ עֵירוּבוֹ בְּיַד חש"ו אֵינוֹ עֵירוּב וּפָרִיךְ הָא אָמַר רַב חִסְדָּא קָטָן גּוֹבֶה אֶת הָעֵירוּב וּמְשַׁנֵּי כָּאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וְהָתָם עַל כָּרְחָךְ מַתְנִיתִין אַיְירֵי בִּתְחוּמִין דְּהָא כֻּולָּהּ פִּירְקָא אַייְרֵי בִּתְחוּמִין וּלְשׁוֹן הַשּׁוֹלֵחַ מַשְׁמַע נָמֵי הָכֵי. וּמִילְּתָא דְּרַב חִסְדָּא אַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת מִדְּקָאָמַר לְשׁוֹן גֹּובַהּ דְּמַשְׁמַע דְּגוֹבֶה מִכָּל בְּנֵי הֶחָצֵר וְהַמָּבוֹי. עַל כֵּן נִרְאֶה כְּפִי' ר"ח זַ"ל שָׁפֵי' דְּמִילְּתָא דְּרַבָּה אַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת וְצֵא דְּקָאָמַר צֵא וְגָבָה הָעֵירוּב כְּמוֹ צֵא וּשְׂכֹור לָנוּ פּוֹעֲלִים בּ"מ דַּף פג.:
Car Rabba a dit : deux hommes lui ont dit : sors et fais l'érouv pour nous. Pour l'un, il a fait l'érouv de jour. Pour l'autre, il a fait l'érouv une fois la nuit tombée. Celui pour qui il a fait l'érouv de jour, son érouv a été mangé à bein hachemachot. Celui pour qui il a fait l'érouv à bein hachemachot, son érouv a été mangé après la tombée de la nuit. Tous deux ont acquis l'érouv. Il lui a dit : comment compares-tu ? Là, bein hachemachot est un doute, et la chose ne se reconnaît pas. Ici, si pour celui-ci c'est une maison, pour celui-là aussi c'est une maison. Et si pour celui-ci c'est un beit chaar, pour celui-là aussi c'est un beit chaar. Au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 34a), Rachi explique, et Rabba parle des érouvin de techumin. Il explique de même ici qu'ils ont acquis la chevita. Et il parle des techumin. Car au chapitre Bameh madlikin, on objecte de la première clause de la michna contre la fin : de la première clause on entend qu'en cas de doute sur la tombée de la nuit, on fait l'érouv. Et l'on répond : ici, érouvin de cours ; ici, érouvin de techumin, et comme Rabba, etc. Rachi explique que, pour les cours, on interdit le doute, et pour les techumin, on le permet. Dès lors, l'enseignement de Rabba parle des techumin, et la tournure sors et fais l'érouv va selon son explication. Et son explication fait difficulté. S'il en est ainsi, que vient-on objecter de l'enseignement de Rabba, qui parle des techumin, contre ce qui précède, qui parle des cours ? De plus, plus haut, au chapitre Mi che-hotziouhou (Erouvin 46b), à propos de la halakha suit celui qui allège dans l'érouv, on entend l'inverse : dans les techumin, on est plus sévère que dans les cours. De même au chapitre Bekhol mearvin (Erouvin 31b) : on enseigne que celui qui envoie son érouv par un sourd-muet, un dément ou un mineur, ce n'est pas un érouv. On objecte : mais Rav Hisda a dit qu'un mineur collecte l'érouv. On répond : ici, érouvin de techumin ; ici, érouvin de cours. Et là, forcément, la michna parle des techumin, puisque tout le chapitre parle des techumin, et la tournure celui qui envoie se comprend aussi ainsi. Et l'enseignement de Rav Hisda parle des cours, puisqu'il emploie le mot collecte, ce qui implique qu'il collecte auprès de tous les habitants de la cour et du mabouï. C'est pourquoi l'explication de Rabbeinou Hananel, de mémoire bénie, paraît juste : l'enseignement de Rabba parle des cours, et sors veut dire sors et collecte l'érouv, comme sors et embauche-nous des ouvriers, Bava Metzia 83a.
💡 Explication

Nouvelle michna. L'érouv de techum déposé par un 'herech (sourd-muet), un shote (dément), un katan (mineur), ou par quelqu'un qui ne reconnaît pas l'érouv, ne vaut pas. Rachi identifié ce dernier : un Kouti.

S'il a dit à un autre de recevoir l'érouv de la main de ce porteur, l'érouv vaut. Le dépôt utile est l'acte de celui qui reçoit.

Le Roch rapporte ici un dossier de Rabba sur deux érouvin, l'un de jour, l'autre à la nuit, et la discussion de Rachi et de Rabbeinou Hananel : techumin ou cours.

15
גְּמ׳ וְקָטָן לֹא? וְהָאָמַר רַב הוּנָא: קָטָן גּוֹבֶה אֶת הָעֵירוּב! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין, כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת.

Guemara. Et un mineur, non ?

Mais Rav Houna a dit : un mineur collecte l'érouv ! Il n'y a pas de difficulté.

Ici, pour les érouvin de techumin. Ici, pour les érouvin de cours.

📜 Rachi (2)
גְּמ' גּוֹבֶה אֶת הָעֵירוּב מִבְּנֵי חָצֵר וּמְעָרֵב עֲלֵיהֶם:
Il collecte l'érouv auprès des habitants de la cour, et il fait l'érouv pour eux.
עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת דְּעֵרוּבֵי רְשׁוּתַייְהוּ בְּעָלְמָא הוּא הִלְכָּךְ מִמֵּילָא מִיעָרַב ואע"ג דְּאֵין מַעֲשֵׂה הַקָּטָן כְּלוּם לֹא אִיכְפַּת לָן כְּדִתְנַן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף עא.) בַּעַל הַבַּיִת שֶׁהָיָה שֻׁותָּף עִם שְׁכֵינָיו א"צ לְעָרֵב אֲבָל עֵירוּבֵי תְּחוּמִין אַקְּנוּיֵי שְׁבִיתָה הוּא וְקָטָן לָא אַלִּים לְמִיקְנֵי:
Car ce n'est qu'un mélange de leurs domaines. C'est pourquoi cela se mêle de soi-même. Et même si l'acte du mineur ne compte pas, cela ne nous importe pas, comme on l'enseigne plus loin (Erouvin 71a) : le maître de maison qui était associé à ses voisins n'a pas besoin de faire l'érouv. Mais les érouvin de techumin, c'est acquérir une résidence, et le mineur n'a pas la force d'acquérir.
🗂️ Tossefot (1)
כָּאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין פ"ה עֵירוּבֵי תְּחוּמִין אַקְּנוּיֵי שְׁבִיתָה הוּא וְקָטָן לָא אַלִּים לְמִיקְנֵי. וְקָשֶׁה דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דִּמְעִילָה (דַּף כא.) אָמַר גַּבֵּי שִׁלַּח בְּיַד חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן עָשָׂה שְׁלִיחוּתוֹ בַּעַל הַבַּיִת מָעַל וּפָרִיךְ וְהָא לָאו בְּנֵי שְׁלִיחוּת נִינְהוּ וּמְשַׁנֵּי עֲשָׂאוּהוּ כְּהַהִיא דִּנְתָנוֹ עַל הַפִּיל וְהוֹלִיכוֹ עַל הַקּוֹף וְהוֹלִיכוֹ הֲרֵי זֶה עֵירוּב אַלְמָא אִיתְעֲבִיד שְׁלִיחוּתַיְיהוּ הָכָא נָמֵי אִיתְעֲבִיד שְׁלִיחוּתַיְיהוּ אַלְמָא אֲפִילּוּ עַל הַקּוֹף וּפִיל הֲרֵי זֶה עֵירוּב וְעוֹד לְפֵירוּשׁוֹ מַשְׁמַע דְּאִי הֲוָה אַלִּים לְמִיקְנֵי הֲוָה מְהֵימְנֵי לֵיהּ וְהָוֵי עֵירוּב וא"כ הֵיכִי פָּרֵיךְ בְּסָמוּךְ וְדִילְמָא לָא מַמְטֵי וְדִלְמָא לָא שְׁקִיל מִינֵּיהּ דְּכֵיוָן דִּמְהֵימְנֵי לֵיהּ מַמְטֵי לֵיהּ וְאִי לָא שָׁקְלִי מִינֵּיהּ יַחְזֹור לָכֵן נִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין הוֹאִיל וְאַסְמְכוּהָ אַקְּרָא חֲמִירִי וְלָא הֵימְנוּהוּ רַבָּנָן וְלָא הָוֵי עֵירוּב אִם לֹא בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ וְהַהִיא דִּמְעִילָה דִּנְתָנוֹ עַל הַקּוֹף דְּהָוֵי עֵירוּב מַייְרֵי נָמֵי בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ דִּכְשֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ לָא הָוֵי עֵירוּב כִּדְתַנְיָא בִּשְׁמַעְתִּין נְתָנוֹ לַקּוֹף וְהוֹלִיכוֹ אֵין זֶה עֵירוּב וּלְכָךְ קָתָנֵי בִּמְעִילָה עַל הַקּוֹף מַשְׁמַע דְּאֵינוֹ סוֹמֵךְ עַל חָכְמָתוֹ וְהָכָא בִּשְׁמַעְתִּין קָתָנֵי לְקוֹף מַשְׁמַע דְּסוֹמֵךְ עֲלֵיהֶם וְאַף עַל גַּב דבפ"ק דִּפְסָחִים (דַּף ד:) אָמַר גַּבֵּי בְּדִיקַת חָמֵץ הַמְנִינְהוּ רַבָּנָן בִּדְרַבָּנָן הַיְינוּ בַּבַּיִת שֶׁלָּהֶם דְּרָמֵי עֲלַיְיהוּ אֲבָל שְׁלִיחוּת אִיכָּא לְמֵימַר דְּמִייַּאֲשִׁי וּכְעֵין זֶה פ"ה לְקַמָּן גַּבֵּי חֲזָקָה עַל חָבֵר וּבַיְּרוּשַׁלְמִי נָמֵי מְחַלֵּק בֵּין אָמַר צֵא וְעָרֵב בֵּין אָמַר צֵא וַאֲעָרֵב לְךָ:
Selon l'explication de Rachi : les érouvin de téchumin, c'est acquérir une résidence, et le mineur n'a pas la force d'acquérir. Et c'est difficile. Au dernier chapitre de Meila (21a), on dit, à propos de celui qui a envoyé par un sourd-muet, un dément et un mineur : s'il a accompli sa mission, le maître de maison a commis un meila. Et l'on objecte : mais ils ne sont pas aptes à la mission ! Et l'on répond : on l'a traité comme ce cas, s'il l'a placé sur l'éléphant et qu'il l'a emporté, sur le singe et qu'il l'a emporté, c'est un érouv. On en déduit que leur mission s'est accomplie. Ici aussi, leur mission s'est accomplie. On en déduit que même sur le singe et l'éléphant, c'est un érouv. De plus, selon son explication, on entend que, s'il avait la force d'acquérir, on le croirait, et ce serait un érouv. Si c'est ainsi, comment objecte-t-on tout de suite : et peut-être ne l'apportera-t-il pas, et peut-être ne le prendra-t-il pas de lui ? Puisqu'on le croit, il l'apportera. Et s'il ne le prend pas de lui, il reviendra. C'est pourquoi il paraît juste d'expliquer : les érouvin de téchumin, puisqu'on les a appuyés sur un verset, sont graves. Les Sages ne l'ont pas cru. Ce n'est un érouv que lorsqu'il se tient et le voit. Et ce cas de Meila, où on l'a placé sur le singe et où c'est un érouv, parle aussi de celui qui se tient et le voit. Car lorsqu'il ne se tient pas et ne le voit pas, ce n'est pas un érouv, comme on l'enseigne dans notre sougya : s'il l'a donné à un singe et qu'il l'a emporté, ce n'est pas un érouv. C'est pourquoi on enseigne dans Meila sur le singe, ce qui implique qu'il ne s'appuie pas sur son intelligence. Et ici, dans notre sougya, on enseigne à un singe, ce qui implique qu'il s'appuie sur eux. Et bien que l'on dise au premier chapitre de Pessahim (4b), à propos de la bedika du hametz, que les Sages les ont établis comme gens de confiance dans les choses rabbiniques, cela vise leur propre maison, qui leur incombe. Mais pour une mission, on peut dire qu'ils se découragent. Et c'est dans ce sens que Rachi explique plus loin, à propos de la présomption sur un haver. Et le Talmud de Jérusalem distingue aussi entre celui qui a dit sors et fais l'érouv, et celui qui a dit sors et fais-toi l'érouv.
⚖️ Rosh (2)
גְּמ' הַשּׁוֹלֵחַ עֵירוּבוֹ בְּיַד חש"ו. אוֹקֵימְנָא בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין אֲבָל עֵירוּבֵי חֲצֵרוֹת הַשּׁוֹלֵחַ בְּיַד קָטָן הָוֵי עֵירוּב דקי"ל כְּרַב הוּנָא דְּאָמַר קָטָן גּוֹבֶה אֶת הָעֵירוּב: וְאִם אָמַר לְאַחֵר לְקַבְּלוֹ הֵימֶנּוּ הֲרֵי זֶה עֵירוּב. וְדִילְמָא לָא מַמְטֵי לֵיהּ. בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ. וְדִילְמָא לָא שָׁקֵיל לֵיהּ מִינֵּיהּ. חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן בְּשֶׁל תּוֹרָה אֵין חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ. בְּשֶׁל סוֹפְרִים חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ. רַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן הַזָּקֵן זַ"ל פָּסַק כְּרַב שֵׁשֶׁת לְפִי שֶׁכָּתוּב בִּתְשׁוּבַת הַגְּאוֹנִים דְּהִלְכְתָא כְּרַב שֵׁשֶׁת בְּאִיסּוּרֵי וּכְרַב נַחְמָן בְּדִינֵי. ור"ת זַ"ל כָּתַב דִּבְהָא הִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן. וְהֵבִיא רְאָיָה מִפֶּרֶק הִתְקַבֵּל (גִּיטִּין דַּף סד.) גַּבֵּי בַּעַל אוֹמֵר לְגֵירוּשִׁין וְכוּ' דְּקָא פָּרִיךְ נֵימָא דַּחֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ דא"ר יִצְחָק בַּר יוֹסֵף הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ צֵא וְקַדֵּשׁ לִי אִשָּׁה אָסוּר בְּכָל הַנָּשִׁים שֶׁבָּעוֹלָם וּמְשַׁנֵּי הנ"מ לְחֻומְרָא אֲבָל לְקֻולָּא לָא. אַלְמָא לֹא אָמַר בְּשֶׁל תּוֹרָה חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ לְקֻולָּא. וְעוֹד רְאָיָה מִדְּמַסִּיק פַּר' קַמָּא דְּחֻולִּין דַּף יב. גַּבֵּי הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ צֵא וּשְׁחֹוט לִי צֵא וּתְרֹום לִי דכ"ע אֵין חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ אע"ג דְּהָתָם אַלִּיבָּא דְּרַב נַחְמָן קָאָמַר. מ"מ כֵּיוָן דְּסָלְקָא שְׁמַעְתָּתָא הָכִי. וְגַם הַהוּא דִּבְעָא מִינֵּיהּ קִבְּלָהּ מִינֵּיהּ ש"מ דְּהָכִי הִלְכְתָא וְעוֹד רְאָיָה מֵרַב שְׁמַעְיָה דְּאָמַר לְמִילְּתֵיהּ בְּסָמוּךְ חֲזָקָה אֵין בֵּית דִּין שֶׁל כֹּהֲנִים וְכוּ' כְּדֵי לְתָרֵץ דִּבְרֵי רַב נַחְמָן אַלְמָא סְבִירָא לֵיהּ כְּוָתֵיהּ. ונ"ל שֶׁאֵין רְאָיָה מֵהַהִיא דְּגִיטִּין וּדְחֻולִּין דְּרַב שֵׁשֶׁת לָא קָאָמַר דַּחֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ לַשָּׁלִיחַ לָחוּשׁ אִם לֹא יַעֲשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ יָבֹא הַמְשַׁלֵּחַ לִידֵי מִכְשׁוֹל עֲבֵירָה בַּמֶּה שֶׁסּוֹמֵךְ עָלָיו שֶׁיַּעֲשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ הִלְכָּךְ אֵין הַשָּׁלִיחַ חוֹשֵׁשׁ לִיתֵּן הַגֵּט. וְהַהִיא דְּחֻולִּין נָמֵי אֵין הַשָּׁלִיחַ חוֹשֵׁשׁ לִשְׁחֹוט וְלִתְרֹום כִּי אִם לֹא יִשְׁחֹוט אֵין מִכְשׁוֹל וְכֵן אִם לֹא יִמְצָא הַתְּרוּמָה אֵצֶל הַכְּרִי יָדַע הַמְשַׁלֵּחַ שֶׁאֵינוֹ תָּרוּם. וְרַב שְׁמַעְיָה אִיכָּא לְמֵימַר דְּלָא אֲמַר לְמִילְּתֵיהּ לִיתֵּן טַעַם לָמָּה הָאִשָּׁה סוֹמֶכֶת עַל כֹּהֲנִים אֶלָּא לִיתֵּן טַעַם לְדִבְרֵי רַב. דְּאָמְרִי' בִּפְסָחִים פֶּרֶק הָאִשָּׁה דַּף צ: אֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ אע"פ שֶׁהַמִּקְוֶה לְפָנָיו מִשּׁוּם דִּמְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה דְּדִלְמָא פָּשַׁע וְלָא טְבִיל אֲבָל שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים אע"ג דִּמְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה וְאַייְּתִי עֲלָהּ הָא דְּרַב שְׁמַעְיָה וְכֵיוָן שֶׁנִּדְחוּ רְאָיוֹתָיו אֵין אָנוּ צְרִיכִין לִסְתּוֹר כְּלָל שֶׁל הַגְּאוֹנִים זַ"ל:
Guemara. Celui qui envoie son érouv par un sourd-muet, un dément ou un mineur. On l'établit sur les érouvin de téchumin. Mais pour les érouvin de cours, celui qui envoie par un mineur, c'est un érouv, car nous tenons comme Rav Houna, qui a dit : un mineur collecte l'érouv. Et s'il a dit à un autre de le recevoir de lui, c'est un érouv. Et peut-être ne le lui apportera-t-il pas ? Lorsqu'il se tient et le voit. Et peut-être ne le prendra-t-il pas de lui ? Il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Rav Nahman a dit : dans une chose de la Tora, il n'y a pas de présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Dans une chose des scribes, il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Et Rav Sheshet a dit : dans l'un comme dans l'autre, il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Rabbeinou Chimchon l'ancien, de mémoire bénie, a tranché comme Rav Sheshet, parce qu'il est écrit dans les responsa des Gueonim que la halakha suit Rav Sheshet dans les interdits, et Rav Nahman dans les dinim. Et Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, a écrit que dans ce cas la halakha suit Rav Nahman. Il en apporte preuve du chapitre Ha-tikabel (Gittin 64a), à propos du mari qui parle du divorce, etc., où l'on objecte : disons qu'il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission, car Rabbi Its'hak bar Yossef a dit : celui qui dit à son envoyé : sors et fiance-moi une femme, est interdit à toutes les femmes du monde. Et l'on répond : ces paroles valent pour la sévérité. Pour l'allègement, on ne les dit pas. On en déduit que, dans une chose de la Tora, il n'a pas posé la présomption que l'envoyé accomplit sa mission afin d'alléger. Autre preuve : on conclut au premier chapitre de Houlin (12a), à propos de celui qui dit à son envoyé : sors et abats pour moi, sors et prélevé la terouma pour moi, que tout le monde tient qu'il n'y a pas de présomption que l'envoyé accomplit sa mission, bien que là-bas il parle selon Rav Nahman. Quoi qu'il en soit, puisque la sougya aboutit ainsi, et que celui qui l'interrogeait a reçu de lui, apprends-en que telle est la halakha. Autre preuve : Rav Shemaya, qui dit son enseignement tout de suite, présomption qu'un tribunal de kohanim ne reste pas là, etc., afin de résoudre les paroles de Rav Nahman. On en déduit qu'il tient comme lui. Et il me paraît qu'il n'y a pas de preuve, ni de ce passage de Gittin, ni de celui de Houlin. Car Rav Sheshet n'a dit la présomption que l'envoyé accomplit sa mission que là où l'envoyé a à craindre que, s'il n'accomplit pas sa mission, le mandant en vienne à un écueil de faute, du fait qu'il s'appuie sur lui. C'est pourquoi l'envoyé ne craint pas de donner le get. Et dans Houlin aussi, l'envoyé ne craint pas d'abattre ni de prélever la terouma. S'il n'abat pas, il n'y a pas d'écueil. Et s'il ne trouve pas la terouma auprès du tas, le mandant saura qu'elle n'a pas été prélevée. Et pour Rav Shemaya, on peut dire qu'il n'a pas dit son enseignement pour expliquer pourquoi la femme s'appuie sur les kohanim, mais pour expliquer les paroles de Rav. Car on dit dans Pessahim, chapitre Ha-icha (90b) : on n'abat pas et l'on ne fait pas l'aspersion pour un impur par un sheretz, bien que le mikve soit devant lui, parce qu'il lui manque un acte, de peur qu'il néglige et ne s'immerge pas. Mais on abat et l'on fait l'aspersion pour un mehoussar kapara, bien qu'il lui manque un acte. Et l'on apporte là-dessus l'enseignement de Rav Shemaya. Et puisque ses preuves ont été écartées, nous n'avons pas à renverser la règle des Gueonim, de mémoire bénie.
דְּאָמַר רַבָּה אָמְרוּ לוֹ שְׁנַיִם צֵא וְעָרֵב עָלֵינוּ לְאֶחָד עֵירַב לוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וּלְאֶחָד עֵירַב לוֹ מִשֶּׁחֲשֵׁכָה. זֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. וְזֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ. שְׁנֵיהֶם קָנוּ עֵירוּב. אֲמַר לֵיהּ הָכִי הַשְׁתָּא הָתָם בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת סְפֵיקָא וְלָא מִינַּכְרָא מִילְּתָא. אֲבָל הָכָא אִי לְגַבֵּי הַאי בַּיִת לְגַבֵּי הַאי נָמֵי בַּיִת וְאִי לְגַבֵּי הַאי בֵּית שַׁעַר לְגַבֵּי הַאי נָמֵי בֵּית שַׁעַר. בְּפָ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף לד.) פֵּי' רַשִׁ"י וּבְעֵירוּבֵי תְּחוּמִין אַיְירֵי רַבָּה וְכֵן נָמֵי פֵּירֵשׁ כָּאן דְּקָנוּ שְׁבִיתָה. וּבִתְחוּמִין אַייְרֵי דִּבְפֶ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין פָּרִיךְ לְמִתְנֵי' רֵישָׁא אַסֵּיפָא דִּבְרֵישָׁא מַשְׁמַע דְּסָפֵק חֲשֵׁיכָה מְעָרְבִין וּמְשַׁנֵּי כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וְכָאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין וְכִדְרַבָּה וְכוּ' פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּבַחֲצֵירוֹת אָסְרִינַן סְפֵיקָא וּבִתְחוּמִין שָׁרֵינַן וְאִם כֵּן מִילְּתָא דְּרַבָּה אַייְרֵי בִּתְחוּמִין וּלְשׁוֹן צֵא וְעָרֵב מַשְׁמַע כְּפֵירוּשׁוֹ. וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁוֹ דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ מִמִּילְּתֵיהּ דְּרַבָּה דְּאַייְרֵי בִּתְחוּמִין אַהַהִיא דִּלְעֵיל דְּאַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת וְעוֹד דִּלְעֵיל פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מו:) גַּבֵּי הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב מַשְׁמַע אִיפְּכָא דְּבִתְחוּמִין מַחְמְרִינַן טְפֵי מִבַּחֲצֵרוֹת. וְכֵן בְּפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לֹא:) דִּתְנַן הַשּׁוֹלֵחַ עֵירוּבוֹ בְּיַד חש"ו אֵינוֹ עֵירוּב וּפָרִיךְ הָא אָמַר רַב חִסְדָּא קָטָן גּוֹבֶה אֶת הָעֵירוּב וּמְשַׁנֵּי כָּאן בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין כָּאן בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וְהָתָם עַל כָּרְחָךְ מַתְנִיתִין אַיְירֵי בִּתְחוּמִין דְּהָא כֻּולָּהּ פִּירְקָא אַייְרֵי בִּתְחוּמִין וּלְשׁוֹן הַשּׁוֹלֵחַ מַשְׁמַע נָמֵי הָכֵי. וּמִילְּתָא דְּרַב חִסְדָּא אַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת מִדְּקָאָמַר לְשׁוֹן גֹּובַהּ דְּמַשְׁמַע דְּגוֹבֶה מִכָּל בְּנֵי הֶחָצֵר וְהַמָּבוֹי. עַל כֵּן נִרְאֶה כְּפִי' ר"ח זַ"ל שָׁפֵי' דְּמִילְּתָא דְּרַבָּה אַיְירֵי בַּחֲצֵירוֹת וְצֵא דְּקָאָמַר צֵא וְגָבָה הָעֵירוּב כְּמוֹ צֵא וּשְׂכֹור לָנוּ פּוֹעֲלִים בּ"מ דַּף פג.:
Car Rabba a dit : deux hommes lui ont dit : sors et fais l'érouv pour nous. Pour l'un, il a fait l'érouv de jour. Pour l'autre, il a fait l'érouv une fois la nuit tombée. Celui pour qui il a fait l'érouv de jour, son érouv a été mangé à bein hachemachot. Celui pour qui il a fait l'érouv à bein hachemachot, son érouv a été mangé après la tombée de la nuit. Tous deux ont acquis l'érouv. Il lui a dit : comment compares-tu ? Là, bein hachemachot est un doute, et la chose ne se reconnaît pas. Ici, si pour celui-ci c'est une maison, pour celui-là aussi c'est une maison. Et si pour celui-ci c'est un beit chaar, pour celui-là aussi c'est un beit chaar. Au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 34a), Rachi explique, et Rabba parle des érouvin de téchumin. Il explique de même ici qu'ils ont acquis la chevita. Et il parle des téchumin. Car au chapitre Bameh madlikin, on objecte de la première clause de la michna contre la fin : de la première clause on entend qu'en cas de doute sur la tombée de la nuit, on fait l'érouv. Et l'on répond : ici, érouvin de cours ; ici, érouvin de téchumin, et comme Rabba, etc. Rachi explique que, pour les cours, on interdit le doute, et pour les téchumin, on le permet. Dès lors, l'enseignement de Rabba parle des téchumin, et la tournure sors et fais l'érouv va selon son explication. Et son explication fait difficulté. S'il en est ainsi, que vient-on objecter de l'enseignement de Rabba, qui parle des téchumin, contre ce qui précède, qui parle des cours ? De plus, plus haut, au chapitre Mi che-hotziouhou (Erouvin 46b), à propos de la halakha suit celui qui allège dans l'érouv, on entend l'inverse : dans les téchumin, on est plus sévère que dans les cours. De même au chapitre Bekhol mearvin (Erouvin 31b) : on enseigne que celui qui envoie son érouv par un sourd-muet, un dément ou un mineur, ce n'est pas un érouv. On objecte : mais Rav Hisda a dit qu'un mineur collecte l'érouv. On répond : ici, érouvin de téchumin ; ici, érouvin de cours. Et là, forcément, la michna parle des téchumin, puisque tout le chapitre parle des téchumin, et la tournure celui qui envoie se comprend aussi ainsi. Et l'enseignement de Rav Hisda parle des cours, puisqu'il emploie le mot collecte, ce qui implique qu'il collecte auprès de tous les habitants de la cour et du mabouï. C'est pourquoi l'explication de Rabbeinou Hananel, de mémoire bénie, paraît juste : l'enseignement de Rabba parle des cours, et sors veut dire sors et collecte l'érouv, comme sors et embauche-nous des ouvriers, Bava Metzia 83a.
💡 Explication

Rav Houna permet au mineur de collecter l'érouv. La Guemara partage les cas.

Rachi : les érouvin de téchumin acquièrent une résidence. Le mineur n'a pas la force d'acquérir. Les érouvin de cours mêlent des domaines déjà là. Le maître de maison associé à ses voisins se passe même de l'acte, Erouvin 71a.

Tossefot lit Meila 21a : la mission du sourd-muet, du dément, du mineur, et même celle de l'éléphant et du singe, s'accomplit. Les téchumin, appuyés sur un verset, sont graves. Les Sages ne croient le mineur que si le mandant se tient et le voit. Meila dit sur le singe : on ne s'appuie pas sur son intelligence. Notre sougya dit à un singe : on s'appuie sur lui.

Le Roch tranche ensuite la présomption de l'envoyé. Rabbeinou Chimchon l'ancien et les Gueonim suivent Rav Sheshet dans les interdits. Rabbeinou Tam suit Rav Nahman. Le Roch maintient la règle des Gueonim.

🖼️ Schéma
Le mineur, selon le type d'érouv Téchumin Acquérir une résidence Rachi : le mineur n'a pas la force d'acquérir Tossefot : les Sages ne le croient que sous le regard du mandant Cours Mêler des domaines déjà existants Rav Houna : il collecte Même sans son acte Le maître associé à ses voisins en est quitte
Téchumin : le mineur n'acquiert pas la résidence. Cours : il collecte, et le mélange des domaines se fait même sans son acte.
16
אוֹ בְּיַד מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָעֵירוּב. מַאן? אָמַר רַב חִסְדָּא: כּוּתָאֵי.

Ou par celui qui ne reconnaît pas l'érouv. Qui ?

Rav Hisda a dit : un Kouti.

⚖️ Rosh (1)
הַשּׁוֹלֵחַ עֵירוּבוֹ בְּיַד חש"ו אוֹ בְּיַד מִי שֶׁאֵין מוֹדֶה בְּעֵירוּב אֵינוֹ עֵירוּב. וְאִם אָמַר לְאַחֵר לְקַבְּלוֹ הֵימֶנּוּ הֲרֵי זֶה עֵירוּב:
Celui qui envoie son érouv par un sourd-muet, un dément ou un mineur, ou par celui qui ne reconnaît pas l'érouv, ce n'est pas un érouv. Et s'il a dit à un autre de le recevoir de lui, c'est un érouv.
💡 Explication

La Guemara nomme celui qui ne reconnaît pas l'érouv : un Kouti. Il ne reçoit pas l'érouv des Sages. Le Roch reprend la michna en une phrase de halakha.

17
וְאִם אָמַר לְאַחֵר לְקַבְּלוֹ הֵימֶנּוּ, הֲרֵי זֶה עֵירוּב. וְלֵיחוּשׁ דִּילְמָא לָא מַמְטֵי לֵיהּ? כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ, הָכָא נָמֵי — בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ.

Et s'il a dit à un autre de le recevoir de lui, c'est un érouv. Et craindrions-nous qu'il ne le lui apporte pas ?

Comme Rav Hisda l'a dit : lorsqu'il se tient et le voit. Ici aussi : lorsqu'il se tient et le voit.

📜 Rachi (3)
לְקַבֵּל הֵימֶנּוּ קֹודֶם שֶׁיַּגִּיעַ שֵׁם וְהַמְקַבְּלוֹ עֵירֵב עָלָיו:
Avant qu'il n'arrive là-bas, et celui qui le reçoit fait l'érouv pour lui.
דִּילְמָא לָא מַמְטֵי לֵיהּ קָטָן עַד לְיָדוֹ שֶׁל מְקַבֵּל:
Le mineur, jusqu'à la main de celui qui reçoit.
בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ עַד שֶׁמּוֹלִיכוֹ:
Jusqu'à ce qu'il l'emporté.
💡 Explication

Le receveur compétent fait l'érouv. On craint encore que le mineur ne lui remette pas le repas.

Rav Hisda : le mandant se tient et le voit pendant tout le trajet, jusqu'à la main du receveur. Rachi : le receveur fait alors l'érouv pour le mandant.

18
וְלֵיחוּשׁ דִּילְמָא לָא שָׁקֵיל מִינֵּיהּ? כִּדְאָמַר רַב יְחִיאֵל: חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ, הָכָא נָמֵי — חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ.

Et craindrions-nous qu'il ne le prenne pas de lui ? Comme Rav Yehiel l'a dit : il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission.

Ici aussi : il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission.

📜 Rachi (1)
וְדִלְמָא הַהוּא לָא שְׁקִיל מִינֵּיהּ וְלָא מְעָרֵב לֵיהּ אע"פ שֶׁהִבְטִיחוֹ:
Et il ne fait pas l'érouv pour lui, bien qu'il le lui ait promis.
🗂️ Tossefot (1)
וְלֵיחוּשׁ דִּילְמָא לָא שָׁקֵיל מִינֵּיהּ כִּדְאָמַר רַב יְחִיאֵל וא"ת מַאי קָא פָּרֵיךְ וּמַאי קָא מְשַׁנֵּי הָא מִדִּיּוּקָא דְּמַתְנִי' שָׁמְעִינַן דַּחֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ דְּקָתָנֵי בְּיַד חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן אֵין זֶה עֵירוּב הָא בְּיַד פִּיקֵּחַ הֲרֵי זֶה עֵירוּב וְי"ל דְּהָתָם סוֹמֵךְ עָלָיו לְגַמְרֵי אֲבָל הָכָא שֶׁאָמַר לָהֶם לְקַבֵּל מֵהֶם דְּלָא סְמִיךְ עָלָיו בְּכָל הַשְּׁלִיחוּת מִמְּנַע וְלָא עֲבִיד מִשּׁוּם הָכִי פָּרֵיךְ וּמְשַׁנֵּי דַּאֲפִילּוּ הָכֵי חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ:
Et si tu dis : qu'objecte-t-on, et que répond-on ? De la précision de la michna, nous entendons déjà qu'il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission. Car on enseigne : par un sourd-muet, un dément et un mineur, ce n'est pas un érouv, ce qui implique : par un homme sensé, c'est un érouv. On peut répondre : là, il s'appuie entièrement sur lui. Mais ici, où il leur a dit de recevoir d'eux, et où il ne s'appuie pas sur lui pour toute la mission, il se retient et ne le fait pas. C'est pourquoi on objecte, et l'on répond que, même ainsi, il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission.
💡 Explication

De loin, on a vu le porteur arriver. On n'a pas vu le receveur prendre le repas. Rav Yehiel pose la hazaka : l'envoyé accomplit sa mission. Rachi : la promesse seule ne suffit pas, sans cette présomption.

Tossefot : la michna implique déjà qu'un pikeah, un homme sensé, fait un érouv valable. Là, le mandant lui confie toute la mission. Ici, le receveur n'a qu'un bout de la mission, prendre le repas de la main de l'incapable. On pouvait craindre qu'il s'abstienne. La hazaka couvre aussi ce bout-là.

19
וְהֵיכָא אִיתְּמַר דְּרַב חִסְדָּא וְרַב יְחִיאֵל? אַהָא אִתְּמַר, דְּתַנְיָא: נְתָנוֹ לַפִּיל וְהוֹלִיכוֹ, לְקוֹף וְהוֹלִיכוֹ, אֵין זֶה עֵירוּב. וְאִם אָמַר לְאַחֵר לְקַבְּלוֹ הֵימֶנּוּ — הֲרֵי זֶה עֵירוּב. וְדִילְמָא לָא מַמְטֵי לֵיהּ? אָמַר רַב חִסְדָּא בְּעוֹמֵד וְרוֹאֵהוּ. וְדִילְמָא לָא מְקַבֵּל לֵיהּ מִינֵּיהּ? אָמַר רַב יְחִיאֵל: חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ.

Et où a-t-on enseigné cela de Rav Hisda et de Rav Yehiel ? C'est sur ceci qu'on l'a enseigné.

Car on a enseigné : s'il l'a donné à un éléphant et qu'il l'a emporté, à un singe et qu'il l'a emporté, ce n'est pas un érouv. Et s'il a dit à un autre de le recevoir de lui, c'est un érouv.

Et peut-être ne le lui apportera-t-il pas ? Rav Hisda a dit : lorsqu'il se tient et le voit.

Et peut-être ne le recevra-t-il pas de lui ? Rav Yehiel a dit : il y a une présomption que l'envoyé accomplit sa mission.

📜 Rachi (1)
קוֹף וּפִיל פְּעָמִים שֶׁהֵן מְלֻומָּדִים:
Parfois ils sont dressés.
🗂️ Tossefot (1)
וְהֵיכָא אִיתְּמַר דְּרַב חִסְדָּא וְכוּ' וא"ת אַמַּאי לָא אִיתְּמַר מִילְּתַייְהוּ אַמַּתְנִיתִין דְּהָכֵי נָמֵי צָרִיךְ לְשַׁנּוֹיֵי אַמַּתְנִיתִין י"ל דס"ל דְּטַעַם דְּמַתְנִיתִין דְּאֵין זֶה עֵירוּב לָאו מִשּׁוּם דְּלָא מְהֵימְנֵי אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא אַלִּימֵי לְמִיקְנֵי תְּחוּמִין וְהַשְׁתָּא לֹא קָשֶׁה מִידִי אַמַּתְנִיתִין דִּמְהֵימְנֵי לְהוּ וּבָרַיְיתָא דִּמְעִילָה דְּקָתָנֵי אַפֵּי' לְפִיל הָוֵי עֵירוּב לָא שְׁמִיעַ לְהוּ וּמַתְנִיתִין דִּמְעִילָה אִיכָּא לְשַׁנּוּיֵי שִׁינּוּיָא אַחֲרִינָא דִּמְשַׁנֵּי הָתָם דַּעֲשָׂאוּהוּ כְּמַעֲטָן שֶׁל זֵיתִים דְּהָא דְּנִיחָא לֵיהּ חֲשִׁיב כְּמַעֲשֶׂה:
Et si tu dis : pourquoi leur enseignement n'a-t-il pas été dit sur la michna, puisqu'il faut répondre de même sur la michna ? On peut répondre : il tient que la michna refuse l'érouv parce qu'ils n'ont pas la force d'acquérir les téchumin. Dès lors, rien n'est difficile sur la michna : on les croit. Et la baraita de Meila, qui enseigne que même pour un éléphant c'est un érouv, ils ne l'ont pas entendue. Et la michna de Meila, on peut y répondre par l'autre réponse donnée là-bas : on l'a traitée comme un tas d'olives, car ce qui lui agrée compte comme un acte.
💡 Explication

Les deux principes sont nés sur une baraita. Un éléphant ou un singe dressés portent l'érouv : cela ne vaut pas. S'il a chargé un homme de le recevoir d'eux, cela vaut, aux deux conditions déjà dites. Rachi : ces bêtes sont parfois dressées à porter.

Tossefot : on aurait pu les dire sur la michna elle-même. Celui qui les réserve à la baraita lit la michna comme Rachi : l'incapable n'a pas la force d'acquérir les téchumin, et on le croit. La baraita de Meila, où même l'éléphant fait un érouv, ne leur est pas parvenue. La michna de Meila s'explique autrement : on l'a traité comme un tas d'olives, et ce qui agrée au maître compte comme son acte.

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אָמַר רַב נַחְמָן: בְּשֶׁל תּוֹרָה — אֵין חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ.

Rav Nahman a dit : dans une chose de la Tora, il n'y a pas de présomption que l'envoyé accomplit sa mission.

📜 Rachi (1)
בְּשֶׁל תּוֹרָה אֵין חֲזָקָה כו' כְּלוֹמַר לָא סָמְכִינַן אַחֲזָקָה עַד דְּחָזֵינַן דַּעֲבַד:
C'est-à-dire : nous ne nous appuyons pas sur la présomption tant que nous n'avons pas vu qu'il a agi.
💡 Explication

Rav Nahman limite la hazaka. Dans une loi de la Tora, on ne s'appuie pas sur elle. Rachi : il faut avoir vu l'acte.

La phrase s'ouvre ici. Le Roch, sur la michna, en donne la suite : dans une chose des scribes, la présomption tient, et Rav Sheshet la maintient dans les deux domaines.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).