Eruvin 32b - L'érouv dans l'arbre : hauteur, chevout, ibour

Eruvin 32b

Sougya : Le daf achève la discussion des figues. Rabbi préfère qu'un haver prélève hors du moukaf plutôt que de laisser un am haaretz manger du tevel.

Rabban Chimon ben Gamliel refuse même cet interdit léger. La michna enseigne ensuite : un érouv placé dans un arbre au-dessus de dix tefahim ne vaut pas, au-dessous de dix il vaut, et dans une fosse il vaut même à cent coudées.

La Guemara situe l'arbre dans le domaine public, la chevita en bas, et la michna selon Rabbi : un chevout n'est pas décrété entre les soleils. Rava limite cela à l'arbre hors de l'ibour de la ville.

Dans l'ibour, la ville est comme remplie. Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya ouvre la réponse : l'arbre penche hors des quatre coudées.

Michna : où poser l'érouv Dix tefahim séparent deux statuts dans l'arbre. La fosse reste valable. Arbre Fosse Au-dessus de dix tefahim l'érouv ne vaut pas Le haut peut être un domaine privé Même profonde de cent coudées l'érouv vaut Le fond reste accessible Au-dessous de dix tefahim l'érouv vaut Entre trois et neuf, sur quatre de large : karmelit La Guemara le dira plus loin : fosse dans une karmelit, chevita en haut, chevout au crépuscule
Dans l'arbre, dix tefahim font la coupure. Dans la fosse, la profondeur ne retire pas l'érouv.
Où se tient l'arbre, où fixe-t-il sa chevita Rabbi Hiya bar Abba, Rabbi Assi, Rava bar Natan, puis Rav Nahman au nom de Chemouel Domaine privé Haut ou bas, même lieu Le domaine privé monte jusqu'au firmament La michna ne distinguerait pas Domaine public Arbre : dix de haut, quatre de large Au-dessus de dix : domaine privé Intention : en haut, dans l'arbre Lui et son érouv sont au même endroit La distinction tombe Intention : en bas, au sol Prendre l'érouv, c'est se servir de l'arbre Chevout Réponse retenue, Rabbi Un chevout n'est pas décrété entre les soleils À cette heure l'érouv s'acquiert, et il peut le prendre Au-dessous de dix : érouv valable Au-dessus de dix : faire venir d'un domaine privé au domaine public, interdit même au crépuscule Donc l'érouv ne vaut pas
L'arbre est dans le domaine public, la chevita en bas. Rabbi lève le chevout entre les soleils. Au-dessus de dix, l'interdit vient de la Tora.
Rava : dans l'ibour, la ville est comme remplie Soixante-dix coudées et un reliquat autour de la ville Hors de l'ibour La michna reste Au-dessus de dix : l'érouv ne vaut pas Au-dessous de dix : il vaut, selon Rabbi Dans l'ibour Même au-dessus de dix, l'érouv vaut On voit la ville comme remplie de terre Chevita et érouv au même niveau Objection Celui qui place son érouv a quatre coudées, comme un domaine privé Un domaine privé monte jusqu'au firmament : hors de l'ibour aussi ? Entame de la réponse, Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya L'arbre penche hors de ces quatre coudées L'érouv est posé sur la ramure, au-delà du lieu de la chevita
Rava : la distinction ne vaut que hors de l'ibour. Dedans, la ville est comme remplie. Les quatre coudées de l'érouv relancent la question.
1
סָבַר: אוֹתוֹ חָבֵר אוֹכֵל וְאֵינוֹ צָרִיךְ לְעַשֵּׂר, דְּוַדַּאי עַישּׂוֹרֵי מְעַשַּׂר הָהוּא חָבֵר קַמָּא עִילָּוֵיהּ. וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לֹא יֹאכַל עַד שֶׁיְּעַשֵּׂר, לְפִי שֶׁלֹּא נֶחְשְׁדוּ חֲבֵרִים לִתְרֹום שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף. וַאֲמַר לֵיהּ רַבִּי: מוּטָב שֶׁיֵּחָשְׁדוּ חֲבֵרִים לִתְרֹום שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף וְאַל יַאֲכִילוּ עַמֵּי הָאָרֶץ טְבָלִים.

Il tient : ce haver mange et n'a pas besoin de dîmer, car le premier haver a certainement dîmé pour lui. Et Rabban Chimon ben Gamliel dit : il ne mangera pas avant d'avoir dîmé, parce que les haverim ne sont pas soupçonnés de prélever la terouma hors du moukaf.

Et Rabbi lui dit : mieux vaut que les haverim soient soupçonnés de prélever la terouma hors du moukaf, et qu'ils ne nourrissent pas les amei haaretz de tevel.

💡 Explication

Suite de Ravina, ouverte à la fin de 32a. Dans la deuxième scène, un haver a parlé à un am haaretz, et un autre haver entend. Rabbi : ce second haver mange sans dîmer. Le premier a déjà prélevé, même hors du moukaf, pour ne pas laisser l'am haaretz sur du tevel.

Rabban Chimon ben Gamliel refuse ce soupçon. Un haver ne prélève pas d'un tas qui n'est pas adjacent au produit qu'il veut exempter. L'auditeur doit donc dîmer avant de manger.

2
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַבִּי סָבַר: נִיחָא לֵיהּ לְחָבֵר דְּלֶעֱבֵיד הוּא אִיסּוּרָא קַלִּילָא וְלָא לֶיעֱבֵד עַם הָאָרֶץ אִיסּוּרָא רַבָּה. וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: נִיחָא לֵיהּ לְחָבֵר דְּלֶיעֱבֵד עַם הָאָרֶץ אִיסּוּרָא רַבָּה, וְאִיהוּ אֲפִילּוּ אִיסּוּרָא קַלִּילָא לָא לֶיעֱבֵד.

Sur quoi divergent-ils ? Rabbi tient : il convient au haver de commettre lui-même un interdit léger, et que l'am haaretz ne commette pas un interdit grave.

Et Rabban Chimon ben Gamliel tient : il convient au haver que l'am haaretz commette un interdit grave, et que lui-même ne commette pas même un interdit léger.

📜 Rachi (2)
אִיסּוּרָא קַלִּילָא שֶׁלֹּא מִן הַמֻּוקָּף:
L'interdit léger : prélever hors du moukaf.
אִיסּוּרָא רַבָּה לֶאֱכֹול טְבָלִים:
L'interdit grave : manger des tevel.
🗂️ Tossefot (1)
וְלָא לֶיעֱבֵד עַם הָאָרֶץ אִיסּוּרָא רַבָּה וְהָא דְּמַסִּיק פ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף ד.) גַּבֵּי הִדְבִּיק פַּת בַּתַּנּוּר דְּאֵין אוֹמְרִים לְאָדָם חֲטָא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּזְכֶּה חֲבֵרְךָ הָכָא שָׁאנֵי שֶׁהוּא גּוֹרֵם לוֹ לַעֲבֹור שֶׁהוּא אוֹמֵר לוֹ לְקוֹט וְסָבוּר שֶׁעִשְּׂרָן וּמִיהוּ קָשֶׁה דִּבְפֶרֶק תָּמִיד נִשְׁחָט (פְּסָחִים דַּף נט.) אָמַר אֵין לְךָ דָּבָר שֶׁמִּתְעַכֵּב אַחַר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם אֶלָּא קְטֹרֶת וְנֵרוֹת בְּכָל הַשָּׁנָה וּפֶסַח וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים בְּעַרְבֵי פְּסָחִים בִּלְבַד שֶׁטּוֹבֵל וְאוֹכֵל פִּסְחוֹ לָעֶרֶב וְקָעָבְרִי כָּהֲנֵי אַעֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת כְּדֵי שֶׁיְּקַיֵּים זֶה מִצְוַת עֲשֵׂה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת וְכֵן אָמַר הָכָא בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף קג:) דְּכֹהֵן דְּעָלְתָה לוֹ יַבֶּלֶת חֲבֵרוֹ חוֹתְכוֹ לוֹ בְּשִׁינָּיו כְּדֵי שֶׁיַּעֲשֶׂה עֲבוֹדָתוֹ וְאַף ע"ג דְּאִי לָאו עֲבוֹדָתוֹ הָיָה אָסוּר וְהָתָם לָא שָׁרֵינַן רְדִייַּת הַפַּת שֶׁהִיא מִדְּרַבָּנָן וְאוֹמֵר רִ"י שֶׁיֵּשׁ לְחַלֵּק בְּהַהִיא דְּהִדְבִּיק לְפִי שֶׁפָּשַׁע שֶׁהִדְבִּיק סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה ואע"ג דְּהָוֵי שׁוֹגֵג אִיבְּעִי לֵיהּ לְאַסּוּקֵי אַדַּעְתֵּיהּ אֲבָל בְּהָנָךְ דְּלָא פָּשַׁע מִידֵּי שָׁרִי וְהָא דְּשָׁרֵי (גִּיטִּין דַּף לח:) בְּחֶצְיָהּ שִׁפְחָה וְחֶצְיָהּ בַּת חוֹרִין לְשַׁחְרְרָהּ כְּשֶׁנָּהֲגוּ בָּהּ מִנְהַג הֶפְקֵר אע"ג שֶׁעוֹבֵר בַּעֲשֵׂה לָא דָּמֵי פְּרִיצוּת דִּידְהוּ לְמַדְבִּיק פַּת בַּתַּנּוּר שֶׁאוֹתוֹ לֹא הָיָה אָנוּס כְּלָל אֲבָל שִׁפְחָה הָאֲסוּרָה לַעֲבָדִים וְלִבְנֵי חוֹרִין וְהִיא לְהוּטָה אַחַר זְנוּת אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא תַּכְשִׁיל בְּנֵי אָדָם וְדָמוּ לְאוֹנְסִין וְעוֹד דַּהֲוָה לֵיהּ כְּמִצְוָה דְּרַבִּים כְּדִמְשַׁנֵּי (שָׁם:) גַּבֵּי ר' אֱלִיעֶזֶר שֶׁשִּׁיחְרֵר עַבְדּוֹ לְהַשְׁלִימוֹ לַעֲשָׂרָה מִצְוָה דְּרַבִּים שָׁאנֵי:
Et que l'am haaretz ne commette pas un interdit grave. Or l'on conclut au premier chapitre de Chabbat (4a), à propos de celui qui a collé un pain au four, qu'on ne dit pas à un homme : pèche pour que ton prochain en tire un mérite. Ici, le cas se distingue : il cause à l'autre de transgresser, puisqu'il lui dit de cueillir, et celui-ci croit qu'il les a dîmées. Il reste une difficulté. Au chapitre Tamid nich'hat (Pessahim 59a), on dit : tu n'as rien qui se retarde après le tamid de l'après-midi, sinon l'encens et les lampes toute l'année, et le Pessa'h et le me'houssar kapara seulement les veilles de Pessa'h, car il s'immerge et mange son Pessa'h le soir. Les kohanim transgressent donc un asse de complétion qui n'a pas de karet, afin que celui-ci accomplisse une mitsva positive qui à le karet. De même ici, au dernier chapitre (103b) : un kohen sur qui a poussé une verrue, son collègue la lui coupe avec les dents, afin qu'il fasse son service, bien que, hors de son service, ce fût interdit. Et là-bas, on ne permet pas de retirer le pain, alors que c'est d'ordre rabbinique. Ri dit qu'il faut distinguer le cas du pain collé : il a fauté, car il a collé près de la tombée de la nuit. Même si c'est un chogeg, il aurait dû y songer. Dans les autres cas, où il n'a rien fauté, c'est permis. Et ce qu'on permet (Gittin 38b), pour celle qui est moitié servante et moitié libre, de l'affranchir lorsqu'on a eu avec elle la conduite de l'hefker, bien qu'on transgresse un asse : leur dérèglement ne se compare pas à celui qui colle le pain au four, car celui-là n'était contraint en rien. Mais la servante, interdite aux esclaves et aux hommes libres, et avide de débauche, ne peut manquer de faire trébucher des gens. Cela se compare à des cas de contrainte. De plus, c'est comme une mitsva du public, comme on répond là-bas à propos de Rabbi Eliezer, qui a affranchi son esclave pour le compléter au nombre de dix : une mitsva du public se distingue.
💡 Explication

Le désaccord porte sur le moindre mal. Rabbi : le haver prend sur lui l'interdit léger, le prélèvement hors du moukaf, et l'am haaretz n'avalé pas de tevel. Rabban Chimon ben Gamliel : le haver ne transgresse pas, même légèrement. L'interdit grave retombe alors sur l'am haaretz.

Tossefot rapproche le principe de Chabbat 4a : on ne dit pas à quelqu'un de pécher pour qu'un autre en tire un mérite. Ici, le haver est la cause de la faute, puisqu'il a dit de cueillir. Ri réserve le refus au cas où l'homme a fauté, comme le pain collé près de la nuit.

🖼️ Schéma
Que préfère le haver Interdit léger : prélever hors du moukaf. Interdit grave : manger du tevel Rabbi Le haver commet l'interdit léger L'am haaretz ne mange pas de tevel Mieux vaut le soupçon que le tevel Rabban Chimon ben Gamliel L'am haaretz peut commettre l'interdit grave Le haver, lui, ne commet pas même l'interdit léger Pas de soupçon hors du moukaf
Rabbi charge le haver de l'interdit léger. Rabban Chimon ben Gamliel refuse même ce pas.
3
מַתְנֵי׳ נְתָנוֹ בְּאִילָן, לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב, לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — עֵירוּבוֹ עֵירוּב. נְתָנוֹ בַּבּוֹר, אֲפִילּוּ עָמֹוק מֵאָה אַמָּה — עֵירוּבוֹ עֵירוּב.

Michna. S'il l'a placé dans un arbre, au-dessus de dix tefahim, son érouv n'est pas un érouv.

Au-dessous de dix tefahim, son érouv est un érouv. S'il l'a placé dans une fosse, même profonde de cent coudées, son érouv est un érouv.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים כו' מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
La Michna, au-dessus de dix tefahim, etc. : la Guemara l'explique.
נְתָנוֹ בַּבּוֹר כו' מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
S'il l'a placé dans une fosse, etc. : la Guemara l'explique.
💡 Explication

Nouvelle michna. L'érouv de techum doit se trouver là où l'homme peut le prendre à l'heure où il acquiert sa chevita. Dans un arbre, la hauteur de dix tefahim change le domaine. Dans une fosse, la profondeur, même de cent coudées, laisse l'érouv valable.

🖼️ Schéma
Dix tefahim sur l'arbre Largeur de quatre : au-dessus de dix, domaine privé Dix tefahim Au-dessus : domaine privé Vers le sol du domaine public, transport interdit par la Tora Au-dessous : karmelit De trois à neuf tefahim, large de quatre Vers le domaine public : chevout seulement
Au-dessus de dix tefahim, sur quatre de large, le haut de l'arbre est un domaine privé.
4
גְּמָ׳ יָתֵיב רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא וְרַבִּי אַסִּי וְרָבָא בַּר נָתָן, וְיָתֵיב רַב נַחְמָן גַּבַּייְהוּ, וְיָתְבִי וְקָאָמְרִי: הַאי אִילָן, דְּקָאֵי הֵיכָא? אִילֵּימָא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, מַה לִי לְמַעְלָה מַה לִי לְמַטָּה? רְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ.

Guemara. Rabbi Hiya bar Abba, Rabbi Assi et Rava bar Natan étaient assis, et Rav Nahman était assis auprès d'eux.

Ils étaient assis et disaient : cet arbre, où se tient-il ? Si tu dis qu'il se tient dans un domaine privé, qu'importe en haut, qu'importe en bas ?

Le domaine privé monte jusqu'au firmament.

🗂️ Tossefot (2)
מַה לִי לְמַעְלָה מַה לִי לְמַטָּה הַשְׁתָּא דְּאַכַּתִּי לָא אַסִּיק אַדַּעְתֵּיהּ דְּאָתֵי כְּרַבִּי הָוֵי מָצֵי לְאַקְשׁוּיֵי דְּבֵין לְמַעְלָה וּבֵין לְמַטָּה לֹא יִהְיֶה עֵירוּב מִשּׁוּם דְּמִשְׁתַּמֵּשׁ בְּאִילָן אֶלָּא דְּפָרִיךְ כֵּיוָן דִּלְמַטָּה הָוֵי עֵירוּב וְלָא אִיכְפַּת לָן בְּמַה שֶׁמִּשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן לְמַעְלָה נָמֵי לֶיהֱוֵי עֵירוּב דְּהוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד הוּא:
Qu'importe en haut, qu'importe en bas. À ce stade, on n'a pas encore songé que la michna suit Rabbi. On aurait pu objecter : en haut comme en bas, il n'y aurait pas d'érouv, parce qu'il se sert de l'arbre. L'objection porte sur ceci : puisque en bas c'est un érouv, et que l'usage de l'arbre ne nous gêne pas, en haut aussi ce devrait être un érouv, car lui et son érouv sont au même endroit.
דרה"י עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ לָא הָוֵי צָרִיךְ לְהַאי טַעְמָא דִּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ דְּאִי נָמֵי הָוֵי מְקוֹם פָּטוּר הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד אֶלָּא הָאֱמֶת אוֹמֵר:
Le domaine privé monte jusqu'au firmament. On n'avait pas besoin de ce motif. Même si c'était un makom patour, un lieu exempt, lui et son érouv seraient au même endroit. Il dit néanmoins ce qui est vrai.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הַאי אִילָן הֵיכָא קָאֵי אִילֵּימָא בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד מַה לִי לְמַעְלָה מַה לִי לְמַטָּה רְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ. אֶלָּא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת הֵיכָא אִילֵּימָא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר אֶלָּא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה הָא קָמִשְׁתַּמַּשׁ בָּאִילָן הָא מַנִּי ר' הִיא דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גְּזָרְךָ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. אָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִילָן הָעוֹמֵד חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר. אֲבָל עוֹמֵד בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה נָמֵי עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּמָתָא כְּמַאן דְּמַלְיָא דָּמֵי. חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר נָמֵי כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת הָוְיָא לַהּ רְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ. אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב מְשַׁרְשְׁיָא הָכָא בָּאִילָן הַנּוֹטֶה חוּץ לְד' אַמּוֹת עָסְקִינַן וְנִתְכַּוֵּון לִשְׁבּוֹת בְּעִיקָּרוֹ. וּמַאי לְמַעְלָה וּלְמַטָּה דַּהֲדַר זָקֵיף וְהָא אִי בָּעֵי מַייְתֵי לֵיהּ דֶּרֶךְ עָלָיו. כְּשֶׁרַבִּים מְכַתְּפִים עָלָיו. וְכִדְעֻולָּא דְּאָמַר עֻולָּא עַמּוּד תִּשְׁעָה ברה"ר וְרַבִּים מְכַתְּפִים עָלָיו וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו חַייָּב. וְאַף ע"ג דְּאַכַּתִּי יָכוֹל לְהָבִיא אֵלָיו עַל יְדֵי זְרִיקָה דְּהַזּוֹרֵק מרה"י לִרה"י דֶּרֶךְ אֲוִיר רה"ר פָּטוּר. אוֹ יְבִיאֶנּוּ כִּלְאַחַר יָד. אוֹ בְּזֶה עוֹקֵר וְזֶה מַנִּיחַ. וי"ל דְּבִשְׁבוּת כִּי הָנֵי לָא שָׁרִי ר' בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כֵּיוָן דִּבְקַל יָכוֹל לָבוֹא לִידֵי חַטָּאת. וְהָכִי נָמֵי מְפַלֵּיג לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:) לֵר' בֵּין שֶׁמָּא יִקְטֹום וּבֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן: תַּנְיָא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קוֹרָה גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים וְרֹחַב אַרְבָּעָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וְאִם לָאו אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. דְּסָבַר דְּכֹל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה בָּעֵינַן שֶׁיְּהֵא הָעֵירוּב מֻונָּח עַל גַּבֵּי מָקוֹם ד'. כָּתַב ר"מ זַ"ל לָא יָדַעְנָא הִלְכְתָא כְּמַאן. דְּהָא רַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ בַּתּוֹסֶפְתָּא פ"ב דְּקָתָנֵי נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קוֹרָה שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וְר' יְהוּדָה אוֹמֵר אִם הָיְתָה רְחָבָה אַרְבָּעָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וקי"ל כ"מ שֶׁאָמַר ר' יְהוּדָה בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ אֲפִילּוּ אִי רַבִּים פְּלִיגִי עָלֶיהָ. דְּעִיקַּר הַהִיא מִילְּתָא דִּפְסִיק כְּר' יְהוּדָה אִיתְּמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק חַלּוֹן (עֵירוּבִין דַּף פֹּא.) וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צה.) וְהָתָם רַבִּים פְּלִיגִי עָלֶיהָ וְלֵיכָּא לְמֵימַר דַּוְקָא בְּמָתְנֵי' אֲבָל בַּבָּרַיְיתָא לֹא. דָּמֵי קָאָמַר בְּמִשְׁנָתֵינוּ בכ"מ קָאָמַר. וּכְהַאי גַּוְונָא פָּרֵיךְ פֶּרֶק בָּתְרָא דִּכְתֻובּוֹת דַּף קט. גַּבֵּי כָּל מָקוֹם שֶׁאָמַר ר' רוֹאֶה אֲנִי אֶת דִּבְרֵי אַדְמוֹן וְכוּ'. וְאִיכָּא נָמֵי לְמֵימַר דִּלְמָא הֲלָכָה כְּרַבָּנָן דקי"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב וַאֲפִילּוּ יָחִיד לְגַבֵּי רַבִּים כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מו.) כ"ש רַבִּים לְגַבֵּי יָחִיד. וְנִרְאֶה לִי דַּהֲלָכָה כְּרַבָּנָן דְּהַהִיא פִּיסְקָא דַּהֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב רִיבָּ"ל אֲמָרָהּ לְקַמָּן פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ שָׁם וּפְלִיג אַשְּׁמוּאֵל דְּאָמַר כָּל מָקוֹם שֶׁאָמַר ר"י בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. וּלְקַמָּן נָמֵי פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מט:) גַּבֵּי שָׁלשׁ חֲצֵרוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ ס"ל לִשְׁמוּאֵל כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר שְׁלָשְׁתָּן אֲסוּרוֹת וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דקי"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב. וַהֲלָכָה כְּרִיבָּ"ל לְגַבֵּי שְׁמוּאֵל דְּהָא קי"ל רַב וּשְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי. וְרַב וְר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן. וְר' יוֹחָנָן וְרִיבָּ"ל הֲלָכָה כְּרִיבָּ"ל כְּמוֹ שֶׁפָּסַק ר"ת זַ"ל מֵהַהִיא דִּמְגִילָּה בְּפָ' בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף כז.) בִּפְלוּגְתָּא דְּבֵית הַכְּנֶסֶת אִם מֻותָּר לַעֲשׂוֹת בֵּית הַמִּדְרָשׁ וכ"ש דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ לְגַבֵּי שְׁמוּאֵל. וְעוֹד הוֹאִיל וּסְתַם לַן תְּנָא דְּמַתְנִי' לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:) כְּרַבָּנָן וְלֹא הֵבִיא דִּבְרֵי ר"י בְּמָתְנֵי' כְּלָל. תֵּדַע דְּאַמַּאי דָּחֵיק לְאוֹקְמֵי מַתְנֵי' בְּדֹוחַק גָּדוֹל בְּנוֹפוֹ נוֹטֶה חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת וּכְגוֹן דַּהֲדַר זָקֵיף לוֹקְמֵי כר"י וּבְאִילָן שֶׁאֵין בְּנוֹפוֹ רָחָב אַרְבָּעָה וּלְהָכִי לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּבָעֵינַן עֵירוּב עַל גַּבֵּי מְקוֹם אַרְבָּעָה וּלְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה לָא בָּעֵי מְקוֹם אַרְבָּעָה. הִלְכָּךְ נִרְאֶה דְּלָא מִתּוֹקְמָא מַתְנֵי' כְּרַבִּי יְהוּדָה מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי סֵיפָא נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קָנֶה אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ מֵאָה אַמָּה הֲרֵי זֶה עֵירוּב וּסְתָם קָנֶה מַשְׁמַע אֲפִילּוּ כָּל שֶׁהוּא. וּדְלֹא כְּרַשִׁ"י שֶׁפֵּירֵשׁ שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה. וְכֵיוָן דִּסְתָם מַתְנֵי' דְּלָא כְּוָותֵיהּ נִרְאֶה דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. ואע"ג דָּר' סְבִירָא לֵיהּ כְּוָותֵיהּ לֵית הִלְכְתָא כַּר' מֵחֲבֵירָיו. עכ"ל ר"מ זַ"ל: נְתָנוֹ בַּבּוֹר וְכוּ'. הַאי בּוֹר הֵיכָא קָאֵי. אִי נֵימָא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד פְּשִׁיטָא דְּכִי הֵיכִי דִּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ הָכִי נָמֵי נְחִית לְתַחַת. אֶלָּא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת הֵיכָא. אִילֵּימָא לְמַטָּה פְּשִׁיטָא הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד הוּא. אֶלָּא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה. הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר הוּא. וּכְגוֹן שֶׁנִּתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִשְּׂפַת הַבּוֹר דְּאִי בְּד' אַמּוֹת הָוֵי הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד. אֶלָּא הָכָא בְּבוֹר הָעוֹמֵד בְּכַרְמְלִית עָסְקִינַן וְנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה וְרַבִּי הִיא דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Guemara. Cet arbre, où se tient-il ? Si tu dis : dans un domaine privé, qu'importe en haut, qu'importe en bas : le domaine privé monte jusqu'au firmament. Plutôt, il se tient dans le domaine public. Où a-t-il eu l'intention de fixer sa chevita ? Si tu dis qu'il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut : lui est dans un endroit, et son érouv dans un autre. Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas. Mais il se sert de l'arbre. De qui est-ce ? C'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on n'a pas décrété à son sujet entre les soleils. Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre qui se tient hors de l'ibour de la ville. Mais s'il se tient dans l'ibour de la ville, même au-dessus de dix, son érouv est aussi un érouv, car la ville est comme si elle était remplie. Hors de l'ibour de la ville aussi : puisque Rava a dit que celui qui place son érouv a quatre coudées, cela devient un domaine privé, et le domaine privé monte jusqu'au firmament. Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya a dit : ici, nous traitons d'un arbre qui penche hors des quatre coudées, et il a eu l'intention de fixer sa chevita à son tronc. Et que sont le haut et le bas ? C'est qu'il se redresse. Mais s'il veut, il peut l'apporter par-dessus lui. C'est quand le public s'épaule dessus. Et comme Oula, car Oula a dit : une colonne de neuf dans le domaine public, et le public s'épaule dessus, celui qui lance et dont l'objet se pose dessus est coupable. Bien qu'il puisse encore l'apporter par un lancer : celui qui lance d'un domaine privé à un domaine privé par l'air du domaine public est exempt. Ou il l'apporterait d'un revers de main. Ou l'un soulève et l'autre pose. On peut répondre : pour un chevout de cette sorte, Rabbi ne permet pas entre les soleils, puisqu'on en vient facilement à un hatat. De même plus loin (Eruvin 34b), Rabbi distingue entre la crainte qu'il casse une branche et le fait de se servir de l'arbre. On enseigne : Rabbi Yehouda dit : s'il l'a placé sur une poutre haute de dix tefahim et large de quatre, son érouv est un érouv. Sinon, son érouv n'est pas un érouv. Il tient que, pour tout ce qui est au-dessus de dix, il faut que l'érouv repose sur un endroit de quatre. Rabbeinou Meir, de mémoire bénie, a écrit : je ne sais pas selon qui est la halakha. Car les Sages divergent de lui dans la Tossefta, chapitre 2, qui enseigne : s'il l'a placé sur une poutre haute de dix tefahim, son érouv est un érouv. Et Rabbi Yehouda dit : si elle était large de quatre, son érouv est un érouv. Et nous tenons : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans les érouvin, la halakha suit ses paroles, même si plusieurs divergent de lui. Car le fond de cette parole, qui tranche selon Rabbi Yehouda, est enseigné plus loin au chapitre Halon (Eruvin 81a) et au chapitre Kol gagot (Eruvin 95a), et là-bas plusieurs divergent de lui. On ne peut pas dire : seulement dans la michna, et dans une baraita non. Qui a dit dans notre michna ? Il a dit partout. Et l'on objecte de cette manière au dernier chapitre de Ketoubot, page 109, à propos de : partout où Rabbi a dit : je vois les paroles d'Admon, etc. On peut aussi dire : peut-être la halakha suit-elle les Sages, car nous tenons : la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv, même un seul face à plusieurs, comme on dit au chapitre Mi che-hotsiouhou (Eruvin 46a), à plus forte raison plusieurs face à un seul. Il me paraît que la halakha suit les Sages. Car cette décision, la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv, Rabbi Yehochoua ben Levi l'a dite plus loin au chapitre Mi che-hotsiouhou, là, et il diverge de Chemouel, qui a dit : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans les érouvin, la halakha suit ses paroles. Plus loin aussi, au chapitre Mi che-hotsiouhou (Eruvin 49b), à propos de trois cours ouvertes l'une sur l'autre, Chemouel tient comme Rabbi Yehouda, qui a dit : les trois sont interdites, et la halakha ne suit pas ses paroles, car nous tenons : la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv. Et la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi face à Chemouel. Car nous tenons : Rav et Chemouel, la halakha suit Rav dans les interdits. Rav et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Levi, la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi, comme l'a tranché Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, de ce passage de Meguila, au chapitre Bnei ha-ir (Meguila 27a), dans la discussion de la synagogue : est-il permis d'en faire une maison d'étude. À plus forte raison la halakha suit ses paroles face à Chemouel. De plus, puisque le tanna de la michna nous a laissé un enseignement anonyme plus loin (Eruvin 34b) selon les Sages, et n'a pas du tout rapporté les paroles de Rabbi Yehouda dans la michna. Sache-le : pourquoi se contraint-il à établir la michna dans une grande contrainte, sur une ramure qui penche hors des quatre coudées, et dans le cas où elle se redresse ? Qu'il l'établisse selon Rabbi Yehouda, et sur un arbre dont la ramure n'est pas large de quatre. C'est pour cela qu'au-dessus de dix son érouv n'est pas un érouv : il faut un érouv sur un endroit de quatre. Et au-dessous de dix, on n'exige pas un endroit de quatre. C'est pourquoi il paraît que la michna ne s'établit pas selon Rabbi Yehouda. Car la fin enseigne : s'il l'a placé sur un roseau, même haut de cent coudées, le voici un érouv. Et un roseau ordinaire signifie même d'une taille quelconque. Et cela s'écarte de Rachi, qui explique qu'il est large de quatre. Et puisque la michna anonyme s'écarte de lui, il paraît que la halakha ne suit pas ses paroles. Et bien que Rabbi tienne comme lui, la halakha ne suit pas Rabbi face à ses collègues. Fin des paroles de Rabbeinou Meir, de mémoire bénie. S'il l'a placé dans une fosse, etc. Cette fosse, où se tient-elle ? Si tu dis qu'elle se tient dans un domaine privé, c'est évident : de même que le domaine privé monte jusqu'au firmament, de même il descend vers le bas. Plutôt, elle se tient dans le domaine public. Où a-t-il eu l'intention de fixer sa chevita ? Si tu dis : en bas, c'est évident, lui et son érouv sont au même endroit. Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut. Lui est dans un endroit, et son érouv est dans un autre. Et c'est dans le cas où il a eu l'intention de fixer sa chevita hors des quatre coudées du bord de la fosse. Car dans les quatre coudées, lui et son érouv seraient dans un domaine privé. Plutôt, ici, nous traitons d'une fosse qui se tient dans une karmelit, il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut, et c'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on n'a pas décrétée entre les soleils.
💡 Explication

Si l'arbre est dans un domaine privé, la hauteur ne change rien : ce domaine monte jusqu'au firmament. Lui et son érouv restent dans le même domaine, en haut comme en bas. La michna, qui distingue, ne peut pas viser ce cas.

Tossefot : l'objection suppose déjà que, en bas, l'érouv vaut. On n'a pas encore placé la michna selon Rabbi, qui lève le chevout entre les soleils. Le motif du firmament dit le droit tel qu'il est, même si un makom patour aurait suffi à unir les deux places.

5
וְאֶלָּא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים. דְּמִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת הֵיכָא? אִילֵּימָא דְּנִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה — הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד הוּא. אֶלָּא נִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה — וְהָא קָא מִשְׁתַּמֵּשׁ בְּאִילָן!

Plutôt, il se tient dans le domaine public. Où a-t-il l'intention de fixer sa chevita ?

Si tu dis qu'il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut, lui et son érouv sont au même endroit. Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas.

Mais il se sert de l'arbre !

📜 Rachi (4)
גְּמ' אִי דְּנִתְכַּוֵּון לִקְנוֹת שְׁבִיתָתוֹ עַל אִילָן:
S'il a eu l'intention d'acquérir sa chevita sur l'arbre.
הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד וַאֲפִילּוּ לְמַעְלָה מִי' עֵירוּבוֹ עֵירוּב:
Lui et son érouv sont au même endroit. Même au-dessus de dix, son érouv est un érouv.
אֶלָּא דְּנִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה תֵּירוּצָא הוּא הִילְכָּךְ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דִּבְמָקוֹם שֶׁנִּתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת שָׁם הִיא שְׁבִיתָתוֹ וְכֵיוָן דְּאִי הֲוָה בָּעֵי לְמִישְׁקַל עֵירוּבֵיהּ וּמֵיכְלֵיהּ בְּשָׁעָה שֶׁהָעֵירוּב זוֹכֶה לוֹ דְּהַייְנוּ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת לָא מָצֵי שָׁקֵיל דְּמַייְתִי מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים לָא הֲוָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב וּכְגוֹן דְּאִילָן רָחָב ד' וְהָוֵי לְמַעְלָה מִי' דִּידֵיהּ רְשׁוּת הַיָּחִיד לְמַטָּה מִי' עֵירוּבוֹ עֵירוּב ואע"ג דִּלְמַטָּה מִי' כַּרְמְלִית הוּא דְּכָל ג' עַד ט' בְּרֹוחַב ד' כַּרְמְלִית הִיא כְּדַאֲמָרָן בִּיצִיאוֹת הַשַּׁבָּת (שַׁבָּת דַּף ח.) וְקָא מַייְתֵי לֵיהּ מִכַּרְמְלִית לרה"ר הָא מוֹקְמִי לָהּ כְּרַבִּי דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas. C'est la réponse. C'est pourquoi, au-dessus de dix, son érouv n'est pas un érouv : à l'endroit où il a eu l'intention de fixer sa chevita, là est sa chevita. Puisque, s'il voulait prendre son érouv et le manger à l'heure où l'érouv lui acquiert le droit, c'est-à-dire entre les soleils, il ne pourrait pas le prendre, car il le ferait venir du domaine privé au domaine public, son érouv ne serait pas un érouv. Et c'est dans le cas où l'arbre est large de quatre : au-dessus de dix, c'est pour lui un domaine privé. Au-dessous de dix, son érouv est un érouv. Bien qu'au-dessous de dix ce soit une karmelit, car de trois jusqu'à neuf, sur une largeur de quatre, c'est une karmelit, comme nous l'avons dit dans Yetsiot ha-Chabbat (Chabbat 8a), et qu'il le fait venir de la karmelit au domaine public : on établit la michna selon Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on ne l'a pas décrétée entre les soleils.
וְהָא מִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן כִּי שָׁקֵיל לֵיהּ וְאַמַּאי עֵירוּבוֹ עֵירוּב אֲפִילּוּ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה וְהָא לָא מָצֵי שָׁקֵיל לֵיהּ דְּשִׁימּוּשׁ אִילָן שְׁבוּת הוּא כְּדִתְנַן (בֵּיצָה דַּף לו:) אֵלּוּ הֵן מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא עוֹלִין בָּאִילָן וְהוּא הַדִּין דְּמָצֵי לְמִיפְרַךְ וְהָא קָא מַייְתֵי מִכַּרְמְלִית לִרְשׁוּת הָרַבִּים אֶלָּא כֵּיוָן דְּהָא שְׁבוּת וְהָא שְׁבוּת חֲדָא מִינַּייְהוּ נְקַט:
Mais il se sert de l'arbre, quand il le prend. Pourquoi son érouv serait-il un érouv, même au-dessous de dix ? Il ne peut pas le prendre, car l'usage de l'arbre est un chevout, comme nous l'enseignons (Betsa 36b) : voici ceux qui relèvent d'un chevout, on ne monte pas dans un arbre. On aurait pu objecter de même : il le fait venir de la karmelit au domaine public. Puisque l'un est un chevout et l'autre est un chevout, on n'en a retenu qu'un.
🗂️ Tossefot (1)
הָא קָמִשְׁתַּמַּשׁ בָּאִילָן פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּהוּא הַדִּין דַּהֲוָה מָצֵי לְמִיפְרַךְ וְהָא קָמַייְתֵי מִכַּרְמְלִית לִרְשׁוּת הָרַבִּים אֶלָּא חֲדָא מב' פִּירְכֵי נְקַט וּמָהָרִ"י מְפָרֵשׁ דְּהָוֵי מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּקָאֵי בְּכַרְמְלִית:
Mais il se sert de l'arbre. Rachi explique : on aurait pu objecter de même, il transporte de la karmelit au domaine public. On n'a retenu qu'une des deux objections. Le Ri explique : on aurait pu répondre que l'arbre se tient dans une karmelit.
💡 Explication

Dans le domaine public, deux intentions. S'il fixe sa chevita en haut, dans l'arbre, lui et l'érouv sont déjà au même endroit : l'érouv vaudrait aussi au-dessus de dix, et la michna ne distinguerait pas.

S'il fixe sa chevita en bas, prendre l'érouv c'est se servir de l'arbre, un chevout. Rachi ajoute l'autre chevout : au-dessous de dix, sur quatre de large, c'est une karmelit, et l'apporter au sol du domaine public est aussi un chevout. Au-dessus de dix, l'arbre large de quatre est un domaine privé : le transport vers le domaine public vient de la Tora.

6
לְעוֹלָם דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְנִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה. וְרַבִּי הִיא, דְּאָמַר: כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.

En réalité, il se tient dans le domaine public, et il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas. Et c'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on ne l'a pas décrétée entre les soleils.

📜 Rachi (1)
בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁהָיָה שְׁעַת קְנִיַּית עֵירוּב וְכֵיוָן דְּהַהִיא שַׁעְתָּא מָצֵי שָׁקֵיל לֵיהּ נִמְצֵאת סְעוּדָה הָרְאוּיָה לוֹ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה וְתוּ לָא אִיכְפַּת לָן. לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּכֵיוָן דְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת סְפֵיקָא הוּא וּשְׁבוּת דְּרַבָּנָן הוּא לֹא גְּזוּר וּלְקַמָּן (עֵירוּבִין לג.) מְפָרֵשׁ מַאי רַבִּי וּמַאי רַבָּנַן:
Entre les soleils : c'était l'heure où s'acquiert l'érouv. Puisqu'à cette heure il peut le prendre, le repas lui est accessible à ce moment-là, et au-delà cela ne nous concerne plus. On n'a pas décrété à son sujet entre les soleils : puisque entre les soleils est un doute, et que le chevout est d'ordre rabbinique, on n'a pas décrété. Plus loin (Eruvin 33a) on explique qui est Rabbi et qui sont les Sages.
💡 Explication

La michna reste : arbre dans le domaine public, chevita en bas. Elle suit Rabbi. Un chevout, décret des scribes, ne s'applique pas entre les soleils, heure douteuse, ni jour ni nuit assurés. Or c'est précisément l'heure où l'érouv acquiert la chevita. Il peut donc prendre le repas sur l'arbre.

Cela vaut au-dessous de dix, là où il n'y a qu'un chevout. Au-dessus de dix, sortir l'érouv du domaine privé vers le domaine public reste interdit, doute ou non.

🖼️ Schéma
Entre les soleils, l'érouv s'acquiert Rabbi : on n'a pas décrété le chevout sur ce doute Jour Entre les soleils Nuit Heure où l'érouv acquiert la chevita Il peut prendre le repas sur l'arbre : le chevout ne joue pas Après cette heure, on ne demande plus s'il peut encore le prendre Au-dessus de dix, l'interdit de la Tora demeure
Entre les soleils, Rabbi ne fait pas jouer le chevout. C'est l'heure où l'érouv s'acquiert.
7
אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: יָשָׁר, וְכֵן אָמַר שְׁמוּאֵל. אָמְרוּ לֵיהּ: פָּתְרִיתוּ בָּהּ כֻּולֵּי הַאי?! אִינְהוּ נָמֵי הָכִי קָא פָּתְרִי בָּהּ! [אֶלָּא הָכִי] אָמְרוּ לֵיהּ: קָבְעִיתוּ לֵיהּ בַּגְּמָרָא? אֲמַר לְהוּ: אִין. אִתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: הָכָא בָּאִילָן הָעוֹמֵד בִּרְשׁוּת הָרַבִּים עָסְקִינַן, גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרָחָב אַרְבָּעָה, וְנִתְכַּוֵּון לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה, וְרַבִּי הִיא, דְּאָמַר: כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.

Rav Nahman leur dit : c'est droit, et Chemouel a dit de même. Ils lui dirent : vous l'expliquez à ce point ?

Eux aussi l'expliquent ainsi ! Plutôt, voici ce qu'ils lui dirent : l'avez-vous fixé dans la Guemara ?

Il leur dit : oui. On a aussi enseigné : Rav Nahman a dit au nom de Chemouel : ici, nous traitons d'un arbre qui se tient dans le domaine public, haut de dix et large de quatre, et il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas, et c'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on ne l'a pas décrétée entre les soleils.

⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' נְתָנוֹ בְּאִילָן לְמַעְלָה מִי' טְפָחִים אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב לְמַטָּה מִי' טְפָחִים עֵירוּבוֹ עֵירוּב. נְתָנוֹ בְּבוֹר אֲפִילּוּ עָמֹוק ק' אַמָּה הֲרֵי זֶה עֵירוּב:
Michna. S'il l'a placé dans un arbre, au-dessus de dix tefahim, son érouv n'est pas un érouv. Au-dessous de dix tefahim, son érouv est un érouv. S'il l'a placé dans une fosse, même profonde de cent coudées, le voici un érouv.
💡 Explication

Les Sages d'Erets Israël tiennent déjà cette explication. Leur question porte sur le texte fixé : cette lecture est-elle la Guemara établie en Babylonie ? Rav Nahman répond oui, et la rapporte au nom de Chemouel.

Les mesures sont dites : haut de dix, large de quatre. Ce sont les mesures d'un domaine privé. La chevita est en bas, et la michna est de Rabbi.

8
אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִילָן הָעוֹמֵד חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר, אֲבָל אִילָן הָעוֹמֵד בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר — אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה הֲרֵי זֶה עֵירוּב, דְּמָתָא כְּמַאן דְּמַלְיָא דָּמְיָא.

Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre qui se tient hors de l'ibour de la ville. Mais un arbre qui se tient dans l'ibour de la ville, même au-dessus de dix, le voici un érouv, car la ville est comme si elle était remplie.

📜 Rachi (4)
עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר כָּל בַּיִת שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּתוֹךְ שִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים לָעִיר קָרֵי עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר בְּפֶרֶק כֵּיצַד מְעַבְּרִין (לְקַמָּן עֵירוּבִין דַּף נז.):
L'ibour de la ville : toute maison qui se trouve dans les soixante-dix coudées et le reliquat de la ville s'appelle l'ibour de la ville, au chapitre Keitsad meabrin (plus loin, Eruvin 57a).
אֲבָל בְּאִילָן הָעוֹמֵד בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר כְּגוֹן שֶׁהָיָה עִיר בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם אַמָּה שֶׁל עִירוֹ וְהָיָה רוֹצֶה לֵילֵךְ עוֹד אַלְפַּיִם וְהִנִּיחַ עֵירוּבוֹ בְּאוֹתָהּ הָעִיר בְּאִילָן הָעוֹמֵד בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר:
Mais un arbre qui se tient dans l'ibour de la ville : par exemple, il y avait une ville dans les deux mille coudées de sa ville, il voulait aller encore deux mille, et il a déposé son érouv dans cette ville, sur un arbre qui se tient dans l'ibour de la ville.
אַפֵּי' לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וְהוּא נִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה עֵירוּבוֹ עֵירוּב:
Même au-dessus de dix, et lui a eu l'intention de fixer sa chevita en bas : son érouv est un érouv.
דְּמָתָא מִתּוֹךְ שֶׁהִיא מֻוקֶּפֶת ייִשּׁוּב מְחִיצּוֹת וְאֵינָהּ מְגֻולֶּה חָזֵינָא לָהּ כְּמַאן דְּמַלְיָא עַפְרָא וְהָוֵי כְּמַאן דְּנִתְכַּוֵּון לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה ואע"ג דְּאִי בָּעֵי לְמִשְׁקְלֵיהּ לָא מָצֵי שָׁקֵיל דְּהָא אִילָן רְשׁוּת הַיָּחִיד וְתַחְתָּיו רְשׁוּת הָרַבִּים. חָזֵינַן לִמְקוֹם שְׁבִיתָתוֹ כְּאִילּוּ הוּא גָּבוֹהַּ לְמֶיהֱוֵי כְּאִילּוּ נִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה וְיִקְנֶה לוֹ הָעֵירוּב:
La ville : du fait qu'elle est entourée d'habitations et de cloisons, et qu'elle n'est pas à découvert, nous la voyons comme remplie de terre. C'est comme s'il avait eu l'intention de fixer sa chevita au-dessus de dix. Bien que, s'il voulait le prendre, il ne puisse pas le prendre, car l'arbre est un domaine privé et ce qui est dessous un domaine public. Nous voyons le lieu de sa chevita comme s'il était élevé, pour que ce soit comme s'il avait eu l'intention de fixer sa chevita en haut, et l'érouv s'acquiert pour lui.
⚖️ Rosh (2)
גְּמָ' אִיתְּמַר רַב הוּנָא אָמַר נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָזוֹ וְקַרְפֵּף לָזוֹ. וְחַייָּא בַּר רַב הוּנָא אָמַר אֵין נוֹתְנִין אֶלָּא קַרְפֵּף אֶחָד לֵב' עֲיָירוֹת. תַּנְיָא בְּפ"ק דְּסֻוכָּה דַּף ג. בַּיִת שֶׁאֵין בּוֹ ד' אַמּוֹת עַל ד' אַמּוֹת אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ עִיבּוּר בֵּין שְׁתֵּי עֲייָרוֹת. וְקָשֶׁה דְּהַאי בַּיִת מַאי עֲבִידְתֵּיהּ. דִּלֵּר' מֵאִיר נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָזוֹ וְקַרְפֵּף לָזוֹ אַף בְּלֹא בַּיִת. וְכֵן לְרַב הוּנָא אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן. וּלְחִייָּא בַּר רַב דְּאָמַר קַרְפֵּף אֶחָד לִשְׁתֵּיהֶן אוֹתוֹ קַרְפֵּף אֵין צָרִיךְ בַּיִת. וְאִי בְּשֶׁיֵּשׁ יוֹתֵר מקמ"א וּשְׁלִישׁ בֵּין שְׁתֵּי עֲיָירוֹת וּלְכָךְ צָרִיךְ בַּיִת לְעָרֵב אֶת שְׁתֵּיהֶן. מַה לִי לְהַזְכִּיר שְׁתֵּי עֲיָירוֹת הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ עִיבּוּר לָעִיר שֶׁהֲרֵי לְעִיר אַחַת יָכוֹל לַעֲשׂוֹת בֻּורְגָּנִין לָלֶכֶת כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפֶ' עוֹשִׂין פַּסִּין (עֵירוּבִין דַּף כא.) כִּי אָתֵיתוּ מִבַּרְנִישׁ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּדָנִיֵּאל דַּהֲוָה תְּלָתָא פַּרְסֵי אַמַּאי סָמְכִיתוּ אַבֻּורְגָּנִין וְכוּ'. וּמִתּוֹךְ קֻושְׁיָא זוֹ גּוֹרֵם רַשְׁבָּ"ם אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ עִיבּוּר לָעִיר. וְכֵן מַשְׁמַע בִּירוּשַׁלְמִי דְּסוֹטָה פ"ח הֵל' ד דְּגָרַס הָתָם אֵין עוֹשִׂין עִיבּוּר לָעִיר וה"פ אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ חִיבּוּר לָעִיר. ור"ת מְקַיֵּים גִּירְסַת הַסְּפָרִים וה"פ אֵין נוֹתְנִין לוֹ דִּין עִיבּוּר בֵּין שְׁתֵּי עֲייָרוֹת דִּלְרַבָּנָן עִיר אַחַת אֵין לָהּ קַרְפֵּף וְאִם הָיָה לָזֶה הַבַּיִת ד"א הָיָה לוֹ דִּין עִיר. וּלְרַב הוּנָא נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר וְקַרְפֵּף לְבַיִת כְּמוֹ שֶׁנּוֹתְנִין לִשְׁתֵּי עֲיָירוֹת שְׁנֵי קַרְפֵּיפוֹת וּלְחַייָּא בַּר רַב קַרְפֵּף אֶחָד לִשְׁתֵּיהֶן. דְּלָאו דַּוְקָא נָקְטִי רַבָּנָן שְׁתֵּי עֲייָרוֹת אֶלָּא ה"ה עִיר וּבַיִת אֶלָּא אַגַּב דִּנְקַט ר' מֵאִיר עִיר נָקְטִי רַבָּנָן נָמֵי שְׁתֵּי עֲיָירוֹת דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ לְחִייָּא בַּר רַב דְּאָמַר קַרְפֵּף אֶחָד לִשְׁתֵּיהֶן לָאו דַּוְוקָא נְקַט שְׁתֵּי עֲייָרוֹת דה"ה עִיר וּבַיִת דע"י בֻּורְגָּנִין הוֹלְכִין כִּדְמוֹכַח בְּפֶ' עוֹשִׂין פַּסִּין. וּפָסַק ר"ת זַ"ל כְּרַב הוּנָא דְּגָדוֹל הָיָה וּבַר סַמְכָא יוֹתֵר מֵחַיָּיא בַּר רַב דְּהָוֵי זוּטָר מִינֵּיהּ טוּבָא כִּדְמוֹכַח בְּפָ' יֵשׁ בַּעֲרָכִין (עֲרָכִין דַּף טז:) שֶׁהָיָה רַב הוּנָא מוֹכִיחוֹ וְהָנָךְ אָמוֹרָאֵי דִּלְקַמָּן קָיְימִי כְּוָותֵיהּ. רַב אִידִי אָמַר ר' חֲנִינָא דִּמְשַׁנֵּי אַלִּיבָּא דְּרַב הוּנָא לָאו מְשֻׁולָּשִׁין וְכוּ'. דִּלְחַייָּא בַּר רַב יְכוֹלִין לִהְיוֹת מְשֻׁולָּשִׁין מַמָּשׁ. וְכֵן אַבַּיֵּי וְרָבָא שָׁקְלִי וְטָרֵי אַלִּיבָּא דְּהַךְ שִׁינּוּייָא. וְכֵן בְּשִׁילְהֵי שְׁמַעְתִּין דא"ל רַב פָּפָּא לְרָבָא הָנֵי בְּנֵי אַקְטֵיסְפוֹן דְּמִשֶּׁחִי תְּחוּמָא מֵהַאי גִּיסָא דְּאַרְדָּשִׁיר הָא קָמַפְסְקָא דְּגֻלַּת דְּהָוֵי יוֹתֵר מקמ"א וּשְׁלִישׁ. מַשְׁמַע דְּאִי לָא הָוֵי אֶלָּא קמ"א וּשְׁלִישׁ שַׁפִּיר עָבְדִי וְהַיְינוּ כְּרַב הוּנָא וְהָא דְּאַחְוִי לֵיהּ רָבָא אַטְמָהָתָא דְשׁוּרָא דְּמִבַּלְעִי בְּדִגְלַת בַּע' אַמָּה וְשִׁירַיִים. הַייְנוּ מֵאַקְטֵיסְפוֹן וְקַרְפֵּף שֶׁלָּהּ וּמֵאַרְדְּשִׁיר וְקַרְפֵּף שֶׁלָּהּ דְּהַייְנוּ קמ"א מֵאַטְמָהָתָא דְּשׁוּרָא לְצַד אַרְדָּשִׁיר. וְכֵן הַהִיא דְּעוֹשִׂין פַּסִּין דַּף כא. דְּקָאָמַר מָתְוָותָא דְּמִיבַּלְעָן בַּע' אַמָּה הַייְנוּ מֵעִיר הַסְמוּכָם לָהּ עִם קַרְפֵּף דְּהַייְנוּ קמ"א בֵּין הַכֹּל. וְעוֹד נִרְאֶה לְרַבֵּינוּ תָּם לְדַקְדֵּק דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ הָכִי הִלְכְתָא דְּנוֹתְנִין לִשְׁתֵּי עֲיָירוֹת שְׁנֵי קַרְפֵּיפוֹת דַּאֲפִילּוּ לִחְייָא בַּר רַב דְּקָאָמַר קַרְפֵּף לִשְׁתֵּיהֶן הָא מוֹקֵי סֵיפָא דְּמַתְנִי' דְּקָתָנֵי אִם יֵשׁ לְזוֹ ע' אַמָּה וְשִׁירַיִים וְכוּ' כר"מ וְהָוֵי מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם וא"כ אַף לְדִידֵיהּ הֲלָכָה כְּר"מ. וְכֵן כָּתַב ר"מ זַ"ל הֲלָכָה כְּר"מ מִדְּאָמַר רִיבָּ"ל לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף מו.) הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל אֲפִילּוּ יָחִיד כְּנֶגֶד רַבִּים. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מִדְּמַפְלִיג רָבָא לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף לב:) בֵּין אִילָן הָעוֹמֵד תּוֹךְ עִיבּוּרָהּ בֵּין עוֹמֵד חוּץ לְעִיבּוּרָהּ. מִיהוּ אֵין נִרְאֶה מַה שֶּׁפֵּי' ר"ת זַ"ל דְּבַיִת חָשׁוּב כְּעִיר לְגַמְרֵי לְעִנְיָן זֶה שֶׁנּוֹתְנִין קַרְפֵּף לָזֶה וְקַרְפֵּף לָזֶה. אע"פ שֶׁלְּחַייָּא בַּר רַב אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן הָוֵי בַּיִת כְּעִיר לְגַמְרֵי לְעִנְיָן זֶה שֶׁנּוֹתְנִין לִשְׁנֵי בָּתִּים בְּלֹא עִיר קַרְפֵּף אֶחָד לִשְׁתֵּיהֶן דאל"כ עִיר שֶׁאֵין לָהּ חוֹמָה בַּמֶּה יִתְחַבְּרוּ לֵיחָשֵׁב כְּאֶחָד אִם לֹא ע"י דְּמֻובְלָע כָּל אֶחָד בְּתוֹךְ ע' אַמָּה וְשִׁירַיִים שֶׁל חֲבֵירוֹ דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לְהַצְרִיךְ שֶׁיִּגְּעוּ זֶה בָּזֶה. מִיהוּ לִיתֵּן שְׁנֵי קַרְפֵּיפוֹת לְרַב הוּנָא בְּבֵית הַסָּמוּךְ לָעִיר כְּמוֹ לִשְׁתֵּי עֲייָרוֹת לֹא מִסְתַּבֵּר. דלר"מ עִיר דַּוְקָא דְּהָא קְרָא קָדָרֵישׁ ה"נ נִרְאֶה דִּלְרַבָּנָן עֲיָירוֹת דַּוְקָא. אֲבָל לְחַבֵּר בַּיִת לָעִיר לִמְדֹּוד תְּחוּם הָעִיר מִן הַבַּיִת אוֹ לְחַבֵּר שְׁנֵי בָּתִּים יַחַד בָּעִיר שֶׁאֵין לְהַחוֹמָה מְשַׁעֲרִינַן בְּשִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים. וְנִיחָא הַשְׁתָּא מַה שֶׁהִזְכִּיר רַב סִפְרָא קמ"א וּשְׁלִישׁ גַּבֵּי שְׁתֵּי עֲיָירוֹת וְרָבָא שֶׁהֱשִׁיבוֹ נְקַט ע' אַמָּה וְשִׁירַיִים מִשּׁוּם דְּאַייְרֵי בְּאַטְמָהָתָא דְּשׁוּרָא לְחַבְּרָם יַחַד. וּלְעֵיל נָמֵי בְּעוֹשִׂין פַּסִּין גַּבֵּי מָתְוָותָא נְקַט שִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים לְפִי שֶׁהָיוּ עֲיָירוֹת חֲרֵיבוֹת וְלֹא הָיָה לָהֶן דִּין עִיר אֶלָּא דִּין בַּיִת. וְגֵר' בַּסֻּוכָּה אֵין עוֹשִׂין אוֹתָהּ עִיבּוּר לָעִיר. וְלִסְפָרִים דְּגֵר' שְׁתֵּי עֲיָירוֹת אִיכָּא לְמֵימַר דִּנְקַט שְׁתֵּי עֲייָרוֹת דִּרְגִילִין לַעֲשׂוֹת בֵּינֵיהֶם בֻּורְגָּנִין כְּדֵי לֵילֵךְ מִזּוֹ לְזוֹ בְּשַׁבָּת כְּשֶׁרְחוֹקוֹת זוֹ מִזּוֹ וְאֵין עֵירוּב מוֹעִיל בְּלֹא בֻּורְגָּנִין וְאַשְׁמוֹעִינַן דַּאֲפִילּוּ כְּבֻורְגָּנִין לָא חֲשִׁיב אִם אֵין בּוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת. גָּרְסִינַן בִּירוּשַׁלְמִי פִּיסְקָא א' מַהוּ לִיתֵּן עִיבּוּר לְעִיבּוּר. מִילְּתֵיהּ דְּר' שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אָמַר נוֹתְנִין. דְּמִדְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי יָכוֹל אֲנִי לַעֲשׂוֹת שֶׁיְּהוּ מְהַלְּכִין מָצוֹר לְצִידֹן וּמִטְּבֶרְיָא לְצִפּוֹרִי ע"י מְעָרוֹת וע"י בֻּורְגָּנִין כָּאן לְהִילּוּךְ וְכָאן לְעִיבּוּר. ר' חַיָּיא אָמַר אִיתַּפְלְגִין ר' חַייָּא רַבָּה וּבַר קַפָּרָא חַד אָמַר הַדִּין דְּתֵימָא בְּעִיר גְּדוֹלָה אֲבָל בְּעִיר קְטַנָּה לֹא. שֶׁלֹּא תְּהֵא תּוֹסֶפֶת יְתֵירָה עַל הָעִיקָּר. וְחַד אָמַר בֵּין בְּעִיר גְּדוֹלָה בֵּין בְּעִיר קְטַנָּה דִּין אַלְפַּיִם. וּמִיהוּ בַּגְּמָרָא דִּידַן קָאָמַר הָווּ אָזְלִין מִבַּרְנִישׁ לְבֵי כְנִישְׁתָּא דְּדָנִיֵּאל תְּלָתָא פַּרְסֵי. וּכְדֵי שֶׁלֹּא יַחֲלֹוק גְּמ' דִּידַן אַיְּרוּשַׁלְמִי אִיכָּא לְמֵימַר דְּבַרְנִישׁ עִיר גְּדוֹלָה הָיְתָה מְהַלֵּךְ שְׁלֹשָׁה פַּרְסֵי. וּטְפֵי נִרְאֶה דִּגְמָרָא דִּידַן סְבִירָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי דַּהֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּבִין: גָּרְסִינַן בִּנְדָרִים דַּף נו: הַנּוֹדֵר מִן הָעִיר מֻותָּר לִיכָּנֵס לִתְחוּמָהּ וְאָסוּר לִיכָּנֵס לְעִיבּוּרָהּ. מִנָּלַן דְּעִיבּוּרָהּ דְּמָתָא כְּמָתָא דָּמֵי. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר קְרָא וַיְהִי בִּהְיוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּירִיחוֹ מַאי יְרִיחוֹ אִילֵּימָא יְרִיחוֹ מַמָּשׁ וְהָכְתִיב וִירִיחוֹ סֹוגֶרֶת וּמְסֻוגֶּרֶת. אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ בְּעִיבּוּרָהּ שְׁמַע מִינָּה:
Guemara. On a enseigné : Rav Houna a dit : on accorde un karpef à celle-ci et un karpef à celle-là. Et Hiya bar Rav Houna a dit : on n'accorde qu'un seul karpef pour deux villes. On enseigne dans une baraita au premier chapitre de Souka (3a) : une maison qui n'a pas quatre coudées sur quatre coudées, on n'en fait pas un ibour entre deux villes. Difficulté : que vient faire cette maison ? Selon Rabbi Meir, on accorde un karpef à celle-ci et un karpef à celle-là, même sans maison. De même selon Rav Houna, d'après les Sages. Et selon Hiya bar Rav, qui dit un seul karpef pour les deux, ce karpef n'a pas besoin de maison. Et s'il y à plus de cent quarante et un et un tiers entre les deux villes, et qu'il faut donc une maison pour faire l'érouv des deux : pourquoi mentionner deux villes ? Il aurait dû dire : on n'en fait pas un ibour pour une ville. Car pour une seule ville on peut faire des bourganin, des cabanes, pour aller autant qu'on veut, comme on dit plus haut au chapitre Ossin passin (Eruvin 21a) : quand vous veniez de Barnich à la synagogue de Daniel, qui était à trois parsa, sur quoi vous appuyiez-vous ? Sur les bourganin, etc. De cette difficulté, Rachbam corrige : on n'en fait pas un ibour pour une ville. Le Talmud de Jérusalem de Sota, chapitre 8, halakha 4, va dans le même sens : on y lit qu'on ne fait pas d'ibour pour une ville, et le sens est : on n'en fait pas une jonction pour la ville. Rabbeinou Tam maintient la leçon des livres, et le sens est : on ne lui donne pas le statut d'ibour entre deux villes. Selon les Sages, une seule ville n'a pas de karpef, et si cette maison avait quatre coudées, elle aurait le statut d'une ville. Selon Rav Houna, on accorde un karpef à la ville et un karpef à la maison, comme on accorde aux deux villes deux karpefot. Selon Hiya bar Rav, un seul karpef pour les deux. Les Sages ne visent pas exactement deux villes : il en va de même d'une ville et d'une maison. C'est parce que Rabbi Meir a parlé d'une ville que les Sages parlent aussi de deux villes. De toute façon, Hiya bar Rav, qui dit un seul karpef pour les deux, ne vise pas exactement deux villes : il en va de même d'une ville et d'une maison, car on marche par les bourganin, comme il est prouvé au chapitre Ossin passin. Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, tranche comme Rav Houna, qui était grand et d'appui plus sûr que Hiya bar Rav, lequel était bien plus jeune que lui, comme il est prouvé au chapitre Yech be-arakhin (Arakhin 16b), où Rav Houna le reprenait. Et les Amoraïm qui suivent se tiennent comme lui. Rav Idi a dit au nom de Rabbi Hanina, qui répond selon Rav Houna : ils ne sont pas en triangle, etc. Selon Hiya bar Rav, ils peuvent être vraiment en triangle. De même Abaye et Rava discutent selon cette réponse. De même à la fin de notre enseignement, Rav Papa dit à Rava : ces gens d'Aktisefon qui mesurent le techum de ce côté-ci d'Ardechir, or le Diglat les sépare, et c'est plus de cent quarante et un et un tiers. On en déduit que, s'il n'y avait que cent quarante et un et un tiers, ils agiraient bien, et c'est comme Rav Houna. Et ce que Rava lui a montré, les fondations du mur qui sont englobées dans le Diglat sur soixante-dix coudées et un reliquat : c'est depuis Aktisefon et son karpef, et depuis Ardechir et son karpef, soit cent quarante et un, depuis les fondations du mur du côté d'Ardechir. De même ce passage d'Ossin passin, page 21, qui dit que les ruines sont englobées dans soixante-dix coudées : c'est depuis la ville voisine avec le karpef, soit cent quarante et un en tout. Il paraît encore à Rabbeinou Tam de préciser : de toute façon, la halakha est qu'on accorde aux deux villes deux karpefot. Même selon Hiya bar Rav, qui dit un karpef pour les deux, il établit la fin de la michna, qui enseigne : s'il y a pour celle-ci soixante-dix coudées et un reliquat, etc., selon Rabbi Meir. C'est donc une discussion, puis un enseignement anonyme. Même selon lui, la halakha suit Rabbi Meir. Rabbeinou Meir, de mémoire bénie, écrit aussi : la halakha suit Rabbi Meir, puisque Rabbi Yehochoua ben Levi a dit plus haut (Eruvin 46a) : la halakha suit les paroles de celui qui allège, même un seul face à plusieurs. Il en apporte encore preuve de ce que Rava distingue plus haut (Eruvin 32b) entre un arbre qui se tient dans l'ibour et un arbre qui se tient hors de l'ibour. Toutefois, ce qu'explique Rabbeinou Tam, qu'une maison compte entièrement comme une ville pour accorder un karpef à celle-ci et un karpef à celle-là, ne paraît pas. Bien que, selon Hiya bar Rav d'après les Sages, une maison compte entièrement comme une ville en ce qu'on accorde à deux maisons sans ville un seul karpef pour les deux. Sinon, une ville sans mur, par quoi se joindraient-elles pour compter comme une ? Seulement si chacune est englobée dans les soixante-dix coudées et le reliquat de l'autre. Exiger qu'elles se touchent ne se conçoit pas. Toutefois, accorder deux karpefot selon Rav Houna pour une maison voisine de la ville, comme pour deux villes, ne se conçoit pas. Selon Rabbi Meir, c'est une ville précisément, car il interprète un verset. De même, selon les Sages, ce sont des villes précisément. Mais pour joindre une maison à une ville afin de mesurer le techum de la ville depuis la maison, ou pour joindre deux maisons ensemble dans une ville sans mur, on estime à soixante-dix coudées et un reliquat. On comprend alors pourquoi Rav Safra mentionne cent quarante et un et un tiers à propos de deux villes, et pourquoi Rava, qui lui répond, prend soixante-dix coudées et un reliquat : il parle des fondations du mur pour les joindre ensemble. Plus haut aussi, dans Ossin passin, à propos des ruines, il prend soixante-dix coudées et un reliquat, parce que c'étaient des villes en ruine : elles n'avaient pas le statut de ville, seulement le statut de maison. Et l'on lit dans Souka : on n'en fait pas un ibour pour une ville. Pour les livres qui lisent deux villes, on peut dire qu'il mentionne deux villes parce qu'on a coutume de faire entre elles des bourganin pour aller de l'une à l'autre le Chabbat lorsqu'elles sont éloignées, et qu'un érouv ne sert pas sans bourganin. Il nous apprend que, même comme bourganin, cela ne compte pas s'il n'y a pas quatre coudées. On lit dans le Talmud de Jérusalem, pisqa 1 : peut-on donner un ibour à un ibour ? La parole de Rabbi Chimon ben Yohai : on en donne. Car, d'après Rabbi Chimon ben Yohai, je peux faire en sorte qu'on marche de Tyr à Sidon et de Tibériade à Tsipori par des grottes et des bourganin : ici pour la marche, ici pour l'ibour. Rabbi Hiya a dit : Rabbi Hiya Rabba et Bar Kapara divergent. L'un dit : cette règle dont tu parles vaut pour une grande ville, et pour une petite ville elle ne vaut pas, afin que l'ajout ne dépasse pas le principal. L'autre dit : grande ville ou petite ville, la règle est deux mille. Or dans notre Guemara on dit : ils allaient de Barnich à la synagogue de Daniel, trois parsa. Pour accorder notre Guemara avec le Talmud de Jérusalem, on peut dire que Barnich était une grande ville, d'une marche de trois parsa. Il paraît mieux que notre Guemara tienne comme Rabbi Chimon ben Yohai, car la halakha suit les paroles de celui qui allège dans les érouvin. On lit dans Nedarim (56b) : celui qui voue de la ville peut entrer dans son techum, et il lui est interdit d'entrer dans son ibour. D'où tenons-nous que l'ibour de la ville est comme la ville ? Rabbi Yo'hanan a dit : car le verset dit : Et il arriva, comme Yehochoua était à Yeriho. Qu'est-ce que Yeriho ? Si tu dis Yeriho même, il est écrit : Et Yeriho était close et enfermée. Déduis-en : dans son ibour. Déduis-en.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל חֶפְצֵי הַנָּכְרִי אֵינָן קוֹנִין שְׁבִיתָה. וְרַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר ר' יוֹחָנָן חֶפְצֵי הַנָּכְרִי קוֹנִין שְׁבִיתָה גְּזֵירָה בְּעָלִים נָכְרִי אַטּוּ בְּעָלִים יִשְׂרָאֵל. הָנְהוּ דִּיכְרֵי דַּאֲתוֹ לִמְבָרַכְתָּא בְּיוֹמָא טָבָא. שְׁרָא לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא דְּאָתוּ לְמַבְרַכְתָּא ע"י עֵירוּב לְמִיזְבַּן מִינַּייְהוּ וּלְמֵיזַל בְּהוּ לְמָחוֹזָא.א"ל רָבִינָא לְרָבָא מַאי דַּעְתָּיךְ דְּאָמַר שְׁמוּאֵל חֶפְצֵי הַנָּכְרִי אֵינָן קוֹנִין שְׁבִיתָה הָא אָמַר ר' חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר ר' יוֹחָנָן חֶפְצֵי הַנָּכְרִי קוֹנִין שְׁבִיתָה גְּזֵירָה בְּעָלִים נָכְרִי אַטּוּ בְּעָלִים יִשְׂרָאֵל. וּשְׁמוּאֵל וְרַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה כר"י. הֲדַר אֲמַר רָבָא לְזַבְנִינְהוּ לִבְנֵי מַבְרַכְתָּא דְּכֻולְּהוּ מַבְרַכְתָּא לְדִידְהוּ כְּד' אַמּוֹת דָּמְיָא. פרש"י דְּמִבִּרְכְּתָא הָיְתָה מֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת וְכֵן פִּי' גַּבֵּי מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וְהוֹלִיכוּהוּ בְּעִיר אַחֶרֶת בר"פ וּפֵירֵשׁ וַהֲרֵי הִיא מֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת מַשְׁמַע דְּלָא חֲשִׁיב כְּד' אַמּוֹת לְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ אֶלָּא אִם כֵּן מֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת דֻּומְיָא דְּדִיר וְסַהַר וְאַל תִּתְמַהּ דְּהָא דִּנְקַט עִיר סְתָם וּמְפָרְשִׁי' לָהּ בְּמֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת. דְּהָכִי נָמֵי הָא דְּתַנְיָא לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף מב:) וּמֻותָּר לְטַלְטֵל בְּכָל הָעִיר ע"כ בְּמֻוקֶּפֶת מְחִיצּוֹת אַייְרֵי. ואע"ג דְּגַבֵּי נוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אָמְרִינַן לְעֵיל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לב:) אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב מִשּׁוּם דְּמָתָא כְּמַאן דְּמַלְיָא דָּמְיָא וּפָרִיךְ עֲלָהּ חוּץ לְעִיבּוּרָהּ נָמֵי כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת הֲוָה לֵיהּ רְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ. מַשְׁמַע דִּבְתוֹךְ עִיבּוּרָהּ נָמֵי הָוֵי טַעְמָא לְפִי שֶׁחֲשׁוּבָה כָּל הָעִיר עִם עִיבּוּרָהּ כְּד' אַמּוֹת אע"פ שֶׁאֵין כָּאן מְחִיצּוֹת. וְי"ל דְּהָנֵי מִילֵּי לְשׁוֹבֵת שָׁם אוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ בּוֹ שֶׁיֵּשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ. וּבְמָקוֹם שֶׁנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ נֶחְשָׁב הַכֹּל כְּד' אַמּוֹת אֲפִילּוּ מַה שֶׁהוּא חוּץ לַמְּחִיצּוֹת לְעִנְיָן זֶה דַּחֲשִׁיב הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד אֲפִילּוּ נְתָנוֹ בְּאִילָן לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה. אֲבָל לְמוּבָא מִחוּץ לַתְּחוּם אֵין חָשׁוּב כְּד' אַמּוֹת לְהַלֵּךְ אֶת כֻּולּוֹ בְּלֹא הֶיקֵּף מְחִיצּוֹת. וְנִרְאֶה דְּבָעֵי נָמֵי הֶיקֵּף לְדִירָה פָּתַח וּלְבַסּוֹף הֻוקַּף דְּלָא עֲדִיף מִשּׁוֹבֵת בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת דְּלָא חֲשִׁיבָא לְגַבֵּיהּ כְּד' אַמּוֹת אִם הוּא יוֹתֵר מִבֵּית סָאתַיִם כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפ"ק (עֵירוּבִין דַּף טו.) דְּשָׁבַת בְּתֵל וְהוּא מִד' אַמּוֹת וְעַד סָאתַיִם מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולּוֹ וְחוּצָה לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה וְדַוְקָא בֵּית סָאתַיִם אֲבָל טְפֵי לֹא הוֹאִיל וְלֹא הֻוקַּף לְדִירָה. וְכֵן מַשְׁמַע בפ"ב דר"ה דְּהֶיקֵּף מְחִיצָּה בָּעֵינַן דִּתְנַן הָתָם דַּף כג: חָצֵר הָיְתָה בִּירוּשָׁלַיִם וּבֵית יַעְזֵק הָיְתָה נִקְרֵאת וּלְשָׁם כָּל הָעֵדִים מִתְכַּנְּסִים וְכוּ' בָּרִאשׁוֹנָה לֹא הָיוּ זָזִין מִשָּׁם כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ. מַשְׁמַע דַּאֲפִילּוּ בָּעִיר לֹא הָיוּ הוֹלְכִים וְאַמַּאי כֵּיוָן שֶׁבִּרְשׁוּת בָּאוּ מִחוּץ לַתְּחוּם וְכִי גָּרַע מֵהוֹצִיאוּהוּ נָכְרִים וּנְתָנוּהוּ בָּעִיר. אֶלָּא וַדַּאי כִּדְפֵי' ר"י הָתָם דְּמַיְירֵי לְאַחַר שֶׁנִּפְרְצוּ בָּהּ פְּרָצוֹת שֶׁהָיְתָה אָז יְרוּשָׁלַיִם כִּרְשׁוּת הָרַבִּים כִּדְאָמַר לְקַמָּן פֶּרֶק הַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין דַּף קא.) וּלְכָךְ צָרִיךְ לִיזָּהֵר בְּדָבָר הַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל זֶה שֶׁמֻּותָּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר אוֹ אֲפִילּוּ בָּא בִּשְׁבִיל נָכְרִי שֶׁלֹּא לְטַלְטֵל חוּץ לְד' אַמּוֹת בְּעִיר שֶׁאֵינָהּ מֻוקֶּפֶת וַאֲפִילּוּ מֻוקֶּפֶת מְחִיצָּה צָרִיךְ שֶׁתְּהֵא מֻוקֶּפֶת לְשֵׁם דִּירָה. וְכָתַב רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל דִּסְתָם עֲיָירוֹת מֻוקָּפוֹת לְדִירָה הֵם דְּאֵין דֶּרֶךְ לְהַקִּיף מְחִיצָּה עַד שֶׁיִּבְנוּ הַבָּתִּים תְּחִלָּה. אֲבָל מִבְצָרִים סְתָמַיְיהוּ הֻוקְּפוּ וּלְבַסּוֹף יָשְׁבוּ:
Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : les objets du nokhri n'acquièrent pas de chevita. Et Rabbi Hiya bar Avin a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : les objets du nokhri acquièrent une chevita, décret à cause du maître nokhri, de peur du maître israélite. Ces béliers qui sont arrivés à Mavrakhta un jour de fête. Rava a permis aux gens de Mehoza qui étaient venus à Mavrakhta par un érouv de les leur acheter et de s'en aller avec eux à Mehoza. Ravina dit à Rava : quelle est ton opinion ? Chemouel a dit que les objets du nokhri n'acquièrent pas de chevita. Or Rabbi Hiya bar Avin a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : les objets du nokhri acquièrent une chevita, décret à cause du maître nokhri, de peur du maître israélite. Et entre Chemouel et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan. Rava est revenu et a dit : qu'on les vende aux gens de Mavrakhta, car tout Mavrakhta est pour eux comme quatre coudées. Rachi explique que Mavrakhta était entourée de cloisons. Il explique de même à propos de celui que des nokhrim ont sorti et conduit dans une autre ville, au début du chapitre, et il explique : elle est entourée de cloisons. On en déduit qu'elle ne compte comme quatre coudées pour en parcourir la totalité que si elle est entourée de cloisons, à la manière d'un dir et d'un sahar, enclos à bétail. Et qu'on ne s'étonne pas qu'il dise une ville sans précision, et que nous l'expliquions comme entourée de cloisons. De même, la baraita plus haut (Eruvin 42b), il est permis de déplacer dans toute la ville, parle forcément d'une ville entourée de cloisons. Bien qu'à propos de celui qui place son érouv dans l'ibour de la ville on dise plus haut, au chapitre Bekhol me'arvin (Eruvin 32b) : même au-dessus de dix, son érouv est un érouv, parce que la ville est comme si elle était remplie. Et l'on objecte : hors de l'ibour aussi, puisque Rava a dit que celui qui place son érouv a quatre coudées, cela devient un domaine privé, et le domaine privé monte jusqu'au firmament. On en déduit que, dans l'ibour aussi, le motif est que toute la ville avec son ibour compte comme quatre coudées, bien qu'il n'y ait pas ici de cloisons. On peut répondre : ces paroles valent pour celui qui fixe sa chevita là, ou qui y place son érouv, et qui a deux mille coudées de chaque côté. À l'endroit où il place son érouv, tout compte comme quatre coudées, même ce qui est hors des cloisons, pour ceci : lui et son érouv comptent au même endroit, même s'il l'a placé dans un arbre au-dessus de dix. Mais pour ce qui est apporté de hors du techum, cela ne compte pas comme quatre coudées pour en parcourir la totalité sans un pourtour de cloisons. Il paraît qu'il faut aussi un pourtour pour l'habitation : ouvert d'abord, puis entouré. Cela ne l'emporte pas sur celui qui fixe sa chevita dans l'air de cloisons : cela ne compte pas pour lui comme quatre coudées si c'est plus d'un beit seatayim, comme on dit plus haut au premier chapitre (Eruvin 15a) : celui qui fixe sa chevita sur un tertre, depuis quatre coudées jusqu'à deux seatayim, parcourt le tout, et au-delà deux mille coudées. Précisément un beit seatayim. Au-delà, non, puisqu'on ne l'a pas entouré pour l'habitation. Il en ressort de même au deuxième chapitre de Roch Hachana qu'il faut un pourtour de cloison. Car on enseigne là-bas, page 23b : il y avait une cour à Jérusalem, on l'appelait Beit Yaazek, et c'est là que tous les témoins se rassemblent, etc. Au commencement, ils ne bougeaient pas de là de toute la journée. On en déduit que, même dans la ville, ils n'allaient pas. Pourquoi ? Puisqu'ils sont venus de hors du techum avec autorisation. Serait-ce moindre que celui que des nokhrim ont sorti et déposé dans une ville ? C'est donc comme l'explique Ri là-bas : il s'agit après qu'on y a ouvert des brèches, Jérusalem étant alors comme un domaine public, comme on dit plus loin au chapitre Ha-motse tefilin (Eruvin 101a). C'est pourquoi il faut prendre garde, pour une chose qui vient de hors du techum pour tel israélite : un autre israélite à le droit, et même si elle est venue pour un nokhri, de ne pas la déplacer hors de quatre coudées dans une ville qui n'est pas entourée. Même entourée d'une cloison, il faut qu'elle ait été entourée en vue de l'habitation. Rabbeinou Meir, de mémoire bénie, a écrit : les villes ordinaires sont entourées pour l'habitation, car on n'a pas coutume d'entourer d'une cloison avant d'avoir d'abord bâti les maisons. Mais les forteresses, leur cas ordinaire est qu'on les a entourées, puis qu'on s'y est installé.
💡 Explication

Rava resserre la michna. Elle ne vise que l'arbre hors de l'ibour, la bande de soixante-dix coudées et deux tiers autour de la ville. Dans l'ibour, même au-dessus de dix, l'érouv vaut : on considère la ville comme remplie. Le sol de la chevita monte jusqu'à la hauteur de l'érouv. Lui et son érouv comptent au même endroit, bien qu'il ne puisse pas vraiment le prendre.

🖼️ Schéma
Ville, ibour, arbre Rachi : toute maison dans les soixante-dix coudées et le reliquat Ville Habitée, cloisonnée On la voit remplie Le sol monte jusqu'à l'érouv Ibour Soixante-dix coudées et deux tiers Arbre dedans : érouv même en haut Hors de l'ibour La michna s'applique Quatre coudées autour de l'érouv objection de la Guemara
Dans l'ibour, Rava voit la ville remplie. Hors de l'ibour, la coupure des dix tefahim reste.
9
אִי הָכִי, חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר נָמֵי, כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא: הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת, הָוְיָא לַהּ רְשׁוּת הַיָּחִיד — וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ!

S'il en est ainsi, hors de l'ibour de la ville aussi ! Puisque Rava a dit : celui qui place son érouv a quatre coudées, cela devient un domaine privé, et le domaine privé monte jusqu'au firmament !

📜 Rachi (2)
כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ וְכוּ' לְקַמָּן בְּהַאי פִּירְקָא (עֵירוּבִין דַּף לה.) גַּבֵּי נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין אֵינוֹ עֵירוּב וְאָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנִּתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם אַרְבַּע אַמּוֹת אֲבָל תּוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת כְּלוֹמַר אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁסְּבִיבָיו הָווּ לֵיהּ כְּמֻוקָּפוֹת מְחִיצּוֹת וְכִי הֵיכִי דְּהַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בְּבֵית שֶׁמִּקְצָתוֹ בִּתְחוּם וּמִקְצָתוֹ חוּץ לַתְּחוּם מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולּוֹ וְחוּצָה לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה דְּהָוֵי כָּל הַבַּיִת כְּאִילּוּ הוּא בְּתוֹךְ תְּחֻומּוֹ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בִּכְיָצֹד מְעַבְּרִין (עֵירוּבִין דַּף סא.) אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה כו' הָא נָמֵי כָּל אַרְבַּע אַמּוֹת הָווּ לְהוּ כְּבַיִת וּמָצֵי לְאֵיתוֹיֵי מִחוּץ לַתְּחוּם בְּתוֹךְ הַתְּחוּם אַלְמָא לְרָבָא כִּרְשׁוּת הַיָּחִיד הֵן לוֹ:
Puisque Rava a dit : celui qui place son érouv, etc. Plus loin dans ce chapitre (Eruvin 35a), à propos de : il a roulé hors du techum. La michna enseigne : son érouv ne vaut pas. Et Rava a dit : on n'a enseigné cela que s'il a roulé hors du techum de quatre coudées. Mais dans les quatre coudées, celui qui place son érouv a quatre coudées. C'est-à-dire : les quatre coudées autour de lui sont pour lui comme entourées de cloisons. Et de même que celui qui place son érouv dans une maison dont une partie est dans le techum et une partie hors du techum parcourt le tout, et au-delà deux mille coudées, toute la maison étant comme si elle était dans son techum, comme nous le disons plus loin dans Keitsad meabrin (Eruvin 61a) : les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville, etc. Ici aussi, les quatre coudées sont pour eux comme une maison, et il peut faire venir de hors du techum dans le techum. On en déduit que, pour Rava, elles sont pour lui comme un domaine privé.
וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ וַאֲפִילּוּ נְתָנוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד הֵן וּנְהִי דְּלָא רְשׁוּת הַיָּחִיד מַמָּשׁ נִינְהוּ לְגַבֵּי אִיסּוּרָא דְּאוֹרָיְיתָא לְמִשְׁקְלֵיהּ מֵאִילָן לְהָתָם דְּהָא לֵיכָּא מְחִיצָּה מִיהוּ לְעִנְיַן מִיהְוֵי הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד הָוֵי חַד רְשׁוּתָא דֻּומְיָא דְּנוֹתֵן בְּעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר דַּחֲזֵי לֵיהּ רָבָא כְּמַאן דְּמַלְיָא:
Et le domaine privé monte jusqu'au firmament. Même s'il l'a placé au-dessus de dix, lui et son érouv sont dans un domaine privé. Admettons qu'elles ne soient pas un domaine privé à proprement parler pour un interdit de la Tora, quand on le prend de l'arbre jusqu'ici, puisqu'il n'y a pas de cloison. Pour que lui et son érouv soient au même endroit, c'est un seul domaine, à la manière de celui qui le place dans l'ibour de la ville, que Rava voit comme rempli.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא הֲרֵי אָמְרוּ שָׁבַת יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת. הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת אוֹ אֵין לוֹ ד' אַמּוֹת. אָמַר רָבָא ת"ש לֹא אָמְרוּ לְעָרֵב בְּפַת אֶלָּא לְהָקֵל עַל הֶעָשִׁיר שֶׁלֹּא יֵצֵא וִיעָרֵב בְּרַגְלָיו. וְאִי אָמְרַתְּ אֵין לוֹ ד' אַמּוֹת הַאי לְהָקֵל לְהַחֲמִיר הוּא. אֲפִילּוּ הָכִי נִיחָא לֵיהּ כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיטְרַח וְלִיפּוֹק. כָּתַב ר"מ זַ"ל אע"ג דְּדָחֵי לֵיהּ גְּמָרָא הִלְכְתָא כְּרָבָא דְּיֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת. דִּסְתָמָא דִּגְמָרָא קָאָמַר לְעֵיל בְּפֶרֶק בַּכֹּל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לב:) כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת וְכוּ' אַלְמָא דְּרָבָא לָא הֲדַר בֵּיהּ:
Rami bar Hama a dit : voici qu'on a dit : celui qui fixe le Chabbat a quatre coudées. Celui qui place son érouv a-t-il quatre coudées, ou n'en a-t-il pas ? Rava a dit : viens entendre. On n'a dit d'érouv avec du pain que pour alléger pour le riche, afin qu'il ne sorte pas et ne fasse pas l'érouv de ses pieds. Et si tu dis qu'il n'a pas quatre coudées, cet allègement est une sévérité. Même ainsi, cela lui convient, afin qu'il ne se fatigue pas à sortir. Rabbeinou Meir, de mémoire bénie, a écrit : bien que la Guemara l'écarte, la halakha suit Rava, qu'il a quatre coudées. Car la Guemara anonyme dit plus haut, au chapitre Bekhol me'arvin (Eruvin 32b) : puisque Rava a dit que celui qui place son érouv a quatre coudées, etc. On en déduit que Rava n'est pas revenu sur ses paroles.
💡 Explication

L'objection retourne les mots de Rava contre lui. Celui qui pose son érouv a quatre coudées qui comptent comme un domaine à lui, et un domaine privé monte jusqu'au firmament. Hors de l'ibour aussi, le haut de l'arbre serait donc le même lieu que la chevita.

Rachi : ces quatre coudées valent une maison pour le techum, comme la maison à cheval sur la limite. Pour un interdit de la Tora, l'absence de cloison empêche d'en faire un vrai domaine privé. Pour dire que l'homme et l'érouv sont au même endroit, Rava les compte déjà comme un seul domaine.

10
אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב מְשַׁרְשְׁיָא: הָכָא בָּאִילָן הַנּוֹטֶה חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת עָסְקִינַן,

Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya a dit : ici, nous traitons d'un arbre qui penche hors des quatre coudées.

📜 Rachi (1)
בְּאִילָן שֶׁנּוֹפוֹ נוֹטֶה חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁהוּא סוֹף הַתְּחוּם וְהִנִּיחַ עֵירוּבוֹ בְּנוֹפוֹ חוּץ לְד' אַמּוֹת:
Dans un arbre dont la ramure penche hors des quatre coudées, qui sont la fin du techum, et il a déposé son érouv sur sa ramure, hors des quatre coudées.
🗂️ Tossefot (2)
וְהָא אָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת לְכָל רוּחַ כְּאִילּוּ מֻוקֶּפֶת מְחִיצָּה וְכֵיוָן דְּחָשְׁבִינַן עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר כְּמַאן דְּמַלְיָא אע"פ שֶׁהוּא רְשׁוּת הָרַבִּים לְפִי שֶׁהוּא כְּמֻוקָּף לִבְנֵי הָעִיר שֶׁהוּא חָשׁוּב בִּכְלַל הָעִיר כְּד' אַמּוֹת לְעִנְיַן תְּחוּם שַׁבָּת וְכֵן לְנוֹתֵן שָׁם עֵירוּבוֹ (לְקַמָּן עֵירוּבִין דַּף ס:) גַּם חוּץ לְעִיבּוּרוֹ שֶׁל עִיר יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת בִּמְקוֹם שְׁבִיתָתוֹ בְּלֹא חֶשְׁבּוֹן אַלְפַּיִם אַמָּה יֵחָשֵׁב נָמֵי כְּמַאן דְּמַלְיָא:
Mais Rava a dit : celui qui place son érouv a quatre coudées. De chaque côté, comme si c'était entouré d'une cloison. Et puisque nous considérons l'ibour de la ville comme rempli, bien que ce soit un domaine public, parce qu'il est comme enclos pour les gens de la ville, et qu'il compte dans l'ensemble de la ville comme quatre coudées pour le techum de Chabbat, de même pour celui qui y place son érouv (plus loin, Eruvin 60b) : hors de l'ibour de la ville aussi, il a quatre coudées au lieu de sa chevita, hors du compte des deux mille coudées. On devrait aussi le considérer comme rempli.
הָכָא בְּאִילָן שֶׁנּוֹטֶה חוּץ לְד' אַמּוֹת פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י הִלְכָּךְ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּמָצֵי לַאֲתוּיֵי פָּחוֹת פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת עַד תּוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹתָיו וְלֹא הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ כֵּן אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁרוֹצֶה לְהַכְשִׁיר אֲפִילּוּ הִנִּיחוֹ בְּרִחוּק הַרְבֵּה מֵאַרְבַּע אַמּוֹתָיו דְּאִם לֹא הָיָה נוֹטֶה אֶלָּא שָׁלֹשׁ אַמּוֹת אוֹ שְׁתֵּי אַמּוֹת חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹתָיו יָכוֹל לַהֲבִיאוֹ בְּבַת אַחַת וּמָהָרִ"י מְפָרֵשׁ דַּאֲפִילּוּ בְּמֻופְלָג טוּבָא יָכוֹל לְהוֹלִיכוֹ בְּבַת אַחַת עַד מְקוֹם שְׁבִיתָתוֹ דְּכֵיוָן דְּעוֹקְרוֹ מִכַּרְמְלִית שׁוּב אֵינוֹ מִתְחַיֵּיב בְּהַנָּחָתוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת:
Ici, dans un arbre qui penche hors des quatre coudées. Rachi explique : c'est pourquoi, au-dessous de dix, son érouv est un érouv, car il peut l'apporter par portions moindres que quatre coudées, jusqu'à l'intérieur de ses quatre coudées. Il n'a eu à l'expliquer ainsi que parce qu'il veut valider même s'il l'a posé très loin de ses quatre coudées. S'il ne penchait que de trois coudées, ou de deux coudées, hors de ses quatre coudées, il pourrait l'apporter d'un seul coup. Le Ri explique : même très éloigné, il peut le conduire d'un seul coup jusqu'au lieu de sa chevita. Puisqu'il le soulève d'une karmelit, sa dépose ne l'engage plus que pour un chevout.
💡 Explication

Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya sort l'érouv des quatre coudées. L'arbre penche : la ramure, et l'érouv posé dessus, sont hors du carré qui entoure la chevita. On ne peut plus dire que tout l'arbre est dans le domaine qui monte jusqu'au firmament.

La phrase s'arrête ici et continue sur 33a : il a fixé sa chevita au tronc. Rachi : au-dessous de dix, il ramène l'érouv par petites portées, chacune moindre que quatre coudées. Ri : même de loin, une seule portée suffit, car la dépose depuis une karmelit n'est qu'un chevout.

🖼️ Schéma
La ramure sort des quatre coudées Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya. La phrase continue sur 33a Tronc, chevita Eruv sur la ramure Quatre coudées autour du lieu de la chevita. Au-delà, l'érouv n'est plus dans ce domaine
La ramure emporte l'érouv hors des quatre coudées du lieu de la chevita.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).