Sougya : Le daf achève la réponse de Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya : l'arbre penche hors des quatre coudées, l'homme fixe sa chevita au tronc, puis la ramure se redresse, d'où le haut et le bas. On objecte qu'il pourrait rapporter l'érouv par le haut de l'arbre.
La réponse : le public s'épaule sur la pente basse, qui devient un domaine public, comme la colonne de neuf d'Oula. La Guemara cite ensuite la baraita de Rabbi et des Sages : dans l'arbre, au-dessous de dix l'érouv vaut et il est interdit de le prendre ; dans une corbeille, même au-dessus de dix, Rabbi le valide.
Les Sages visent le début, sinon on leur ferait dire que les côtés de l'arbre sont interdits. Ravina départage : le début, l'arbre a quatre de large ; la fin, il n'en a pas, et la corbeille le complète à quatre.
et il a eu l'intention de fixer sa chevita à son tronc. Et que veulent dire au-dessus et au-dessous ?
C'est qu'il se redresse ensuite.
Suite de Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya, ouverte à la fin de 32b. L'arbre penche hors des quatre coudées, puis se redresse. Le haut et le bas de la michna se lisent sur cette partie dressée, toute la pente restant sous dix.
La chevita est au tronc. Au-dessous de dix, il prend l'érouv et le ramène dans ses quatre coudées. Ces quatre coudées comptent comme un domaine privé seulement pour acquérir l'érouv : il n'y a ni cloison ni séparation de domaines. Au-dessus de dix, prendre l'érouv, c'est l'apporter d'un domaine privé au domaine public.
Mais s'il veut, il peut l'apporter par-dessus lui !
Objection : au-dessus de dix, l'arbre est un domaine privé d'un bout à l'autre. Il monte, prend l'érouv, et le ramène le long des branches jusqu'à ses quatre coudées, lesquelles montent jusqu'au firmament. L'érouv du haut devrait donc valoir.
Tossefot serre l'explication de Rachi. L'air au-dessus de la pente basse reste une karmelit. On ne descend pas l'érouv jusqu'au tronc : le tronc est un domaine public achevé. Les quatre coudées ne sont un domaine privé que pour unir l'homme et son érouv.
Ri lit l'objection autrement : poser l'érouv sur la pente, qui est une karmelit, puis le rapporter au tronc. La réponse, le public qui s'épaule, ferme ce passage. Les issues qui restent, lancer, deux hommes, pose sur l'épaule, mènent facilement à un interdit de la Tora. Même Rabbi maintient alors le décret entre les soleils.
C'est quand le public s'épaule dessus, et comme Oula. Car Oula a dit : une colonne de neuf dans le domaine public, et le public s'épaule dessus, celui qui lance et dont l'objet se pose dessus est coupable.
La pente basse, hors des quatre coudées, sert d'épaule au public. Elle a donc le statut du domaine public, comme la colonne de neuf d'Oula. Rapporter l'érouv par-dessus, c'est joindre deux domaines privés à travers ce domaine public.
L'échelle d'Oula : moins de trois suit le sol. De trois à neuf, karmelit. Neuf, hauteur d'épaule : domaine public dès que le public s'en sert. Dix, avec quatre de large : domaine privé. Sans cet usage du public, la pose sur la colonne ne compte pas comme une pose dans le domaine public, et le lanceur est exempt.
Quelle est la parole de Rabbi, et quelle est la parole des Sages ?
La michna a été établie selon Rabbi : un chevout n'est pas décrété entre les soleils. La Guemara demande la baraita où Rabbi et les Sages sont nommés sur ce point. Le segment suivant la cite.
Car on a enseigné : s'il l'a placé dans un arbre, au-dessus de dix tefahim, son érouv n'est pas un érouv. Au-dessous de dix tefahim, son érouv est un érouv, et il est interdit de le prendre.
Dans les trois, il est permis de le prendre. S'il l'a placé dans une corbeille et l'a suspendue à l'arbre, même au-dessus de dix tefahim, son érouv est un érouv, paroles de Rabbi.
Et les Sages disent : tout endroit où il est interdit de le prendre, son érouv n'est pas un érouv.
Voici la baraita. Dans l'arbre : au-dessus de dix, l'érouv tombe. Au-dessous de dix, il vaut, et la prise reste interdite le Chabbat, car c'est un usage de l'arbre. Dans les trois proches du sol, la prise est permise : ce niveau compte comme la terre.
Dans une corbeille suspendue, même au-dessus de dix, Rabbi valide l'érouv. Les Sages : dès que la prise est interdite, l'érouv ne vaut pas. Ils maintiennent le chevout entre les soleils.
Et les Sages disent, sur quelle clause ? Si tu dis : sur la fin, dirons-nous que les Sages tiennent que les côtés sont interdits ?
Plutôt, sur le début.
Si les Sages visaient la corbeille, leur interdit porterait sur un côté de l'arbre, les tzadadin. La halakha de Chabbat 154b discute si user du côté est interdit. Tirer cela d'une majorité de Sages fermerait la discussion.
Ils visent donc le début : dans l'arbre même, au-dessous de dix. La prise use de l'arbre. Pour eux, ce chevout tient aussi entre les soleils, et l'érouv tombe.
Cet arbre, quel est son cas ? S'il n'a pas quatre, c'est un makom patour, un lieu exempt.
Et s'il a quatre, quand il l'a placé dans une corbeille, qu'est-ce que cela fait ?
Sans quatre tefahim de large, le haut de l'arbre est un makom patour : on en sort vers le domaine public. L'érouv du haut devrait valoir, et le début de la baraita ne se comprend plus.
Avec quatre, le haut est un domaine privé. La corbeille n'y change rien : Tossefot la compte comme des trous de ce domaine. Le passage des chevreaux ne lui retire pas son statut.
Ravina a dit : le début, c'est quand il a quatre. La fin, c'est quand il n'a pas quatre, et la corbeille le complète jusqu'à quatre.
Ravina fend la baraita. Le début, l'érouv dans l'arbre : l'arbre a quatre de large. Au-dessus de dix, c'est un domaine privé, l'homme reste dans le domaine public, l'érouv tombe.
La fin, la corbeille : l'arbre n'a pas quatre, donc pas de domaine privé. La corbeille complète à quatre. Pour Rachi, Rabbi suit ici Rabbi Yehouda : au-dessus de dix, l'érouv doit reposer sur un lieu de quatre. La corbeille fournit ce lieu.
Tossefot rapporté une explication de Rachi qu'il écarte : le sommet large de quatre ne ferait un domaine privé que si cette largeur commence dans les trois du sol. Chabbat 101a rend coupable un lancer sur une colonne dont le bas n'a que trois, dès que les chevreaux ne passent plus. Le cas a retenir est celui où le bas n'atteint pas trois.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).