Eruvin 33b - La poutre, le tarskal, et la corbeille qu'on incline

Eruvin 33b

Sougya : Le daf poursuit Ravina : Rabbi tient comme Rabbi Meir, on creuse pour compléter la largeur à quatre, et comme Rabbi Yehouda, au-dessus de dix l'érouv doit reposer sur un endroit de quatre. La baraita de la poutre fichée dans le domaine public se relit ainsi : à dix de haut le sommet doit avoir quatre ; en dessous, cette largeur n'est pas exigée, car ce qui est saisi dans l'air compte comme posé au sol.

Cet avis s'écarte de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda : le tarskal entoure le roseau et les cloisons redescendent, la corbeille n'entoure pas l'arbre. Rabbi Yirmeya ouvre une autre voie, on incline la corbeille jusque dans les dix.

Rav bar Chava objecte, depuis la michna des deux jours, qu'il faut vraiment conduire l'érouv au bout des deux mille.

Rabbi tient deux avis à la fois La corbeille achève le sommet. Le bas de l'arbre reste étroit. Rabbi Meir Rabbi Yehouda Le bas de l'arbre On creuse pour compléter La corbeille porte le sommet à quatre Comme la voûte du premier chapitre Eruvin 11b Le lieu de l'érouv rejoint cette largeur L'érouv repose sur un endroit de quatre Sans la corbeille ce lieu manque Au-dessus de dix quatre sont exigés En dessous de dix la largeur ne l'est pas Moins de quatre en bas Domaine privé inachevé Quatre en haut ne suffisent pas Les bateaux de Meishan fonds pointus, larges seulement en haut On n'y transporte que dans quatre coudées
Rabbi Meir : on creuse pour compléter. Rabbi Yehouda : un endroit de quatre. Le bas étroit empêche un domaine privé achevé.
Poutre fichée dans le domaine public Relecture de Rabbi Yehouda. Le sinon porte sur la largeur. Haute de dix et large de quatre Haute de dix moins de quatre En dessous de dix Domaine privé Celui qui place l'érouv à quatre coudées Le domaine privé monte jusqu'au firmament Pas de ramure hors de ces coudées L'érouv vaut L'érouv ne repose pas sur un endroit de quatre Il est dans l'air L'érouv ne vaut pas C'est le sens du sinon une fois relu Quatre au sommet ne sont pas exigés Ce qui est saisi compte comme posé kelouta Comme s'il l'avait posé sur le sol L'érouv vaut
À dix de haut, quatre au sommet. Sans ces quatre, l'érouv est dans l'air. En dessous de dix, ce qui est saisi compte comme posé.
Les cloisons redescendent-elles ? Goud ahit : on fait descendre la cloison jusqu'au sol. Tarskal sur le roseau Corbeille sur l'arbre Le panier entoure le roseau fiché en son milieu Goud ahit jusqu'au sol Espace intérieur de quatre Domaine privé Lancer et pose : coupable Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda La corbeille n'entoure pas l'épaisseur de l'arbre Goud ahit ne la joint pas Il faudrait aussi creuser Deux principes ensemble on ne les dit pas Le haut large de quatre reste sans domaine privé Même selon Rabbi Yossi : là-bas les cloisons reviennent, ici elles ne reviennent pas.
Le tarskal entoure le roseau : goud ahit suffit. La corbeille n'entoure pas l'arbre : il faudrait deux principes à la fois.
1
וְרַבִּי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר, וְסָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה.

Et Rabbi tient comme Rabbi Meir, et il tient comme Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
וְסָבַר לָהּ כְּר' מֵאִיר דְּאָמַר גַּבֵּי כִּיפָּה בְּפֶרֶק קַמָּא (דַּף יא:) חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וּמִיהוּ רְשׁוּת הַיָּחִיד גְּמוּרָה לָא הָוֵי כֵּיוָן דְּאֵין בְּתַחְתִּיתוֹ שֶׁל אִילָן רָחָב ד' אע"ג דִּבְרֹאשׁוֹ רָחָב אַרְבָּעָה דְּכַלְכַּלָּה מַשְׁלִימָהּ לַעֲשָׂרָה לָא הָוֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד אא"כ מַתְחִיל לִהְיוֹת רָחְבּוֹ אַרְבָּעָה מִתּוֹךְ ג' הַסְּמוּכִים לַקַּרְקַע דְּהָכִי אָמְרִינַן בְּהַזּוֹרֵק (שַׁבָּת דַּף קא.) גַּבֵּי בּוּצִינְיָיתָא דְּמֵישָׁן וְהֵן סְפִינוֹת שֶׁשּׁוּלֵיהֶן חַדִּים וְאֵין בְּשׁוּלֵיהֶן רֹוחַב ד' וּלְמַעְלָה הֵן הוֹלְכוֹת וּמַרְחִיבוֹת הַרְבֵּה וּמְחִיצָתָן גְּבוֹהוֹת י' אֵין מְטַלְטְלִין בָּהֶן אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת דְּלָאו רה"י נִינְהוּ ואע"ג דִּגְבוֹהִים עֲשָׂרָה וּרְחָבִין אַרְבָּעָה מִלְמַעְלָה הוֹאִיל וּבְשׁוּלֵיהֶן לָא הָוֵי אַרְבָּעָה וְהָכָא גַּבֵּי אִילָן נָמֵי טַעְמָא מִשּׁוּם הָכִי הוּא וְתֵדַע שֶׁזֶּהוּ הַטַּעַם מִדְּקָאָמַר לְקַמָּן כְּמַאן דְּלָא כְּר' יוֹסֵי בַּר ר' יְהוּדָה וְכוּ' וּבְהַזּוֹרֵק נָמֵי מוֹתְבִינַן עֲלָהּ דְּהַהִיא מֵהָא דְּר' יוֹסֵי:
Il tient comme Rabbi Meir. Celui-ci a dit, à propos d'une voûte, au premier chapitre (page 11b) : on creuse pour compléter. Toutefois, ce n'est pas un domaine privé achevé, puisque le bas de l'arbre n'est pas large de quatre, bien qu'à son sommet il soit large de quatre, la corbeille achevant cette largeur. À dix de haut, ce n'est un domaine privé que s'il commence à être large de quatre dans les trois tefahim proches du sol. C'est ainsi que nous disons dans Ha-zorek (Chabbat 101a) à propos des bateaux de Méishan. Ce sont des bateaux dont les fonds sont pointus. Il n'y a pas au fond une largeur de quatre, et vers le haut ils vont en s'élargissant beaucoup, et leurs cloisons sont hautes de dix. On n'y transporte que dans quatre coudées, car ce ne sont pas des domaines privés, bien qu'ils soient hauts de dix et larges de quatre en haut, puisque à leur fond il n'y a pas quatre. Ici, pour l'arbre, la raison est la même. Sache que telle est la raison, puisqu'il dit plus loin : selon qui ? Pas selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, etc. Et dans Ha-zorek aussi, nous objectons contre cet enseignement à partir de celui de Rabbi Yossi.
💡 Explication

Rabbi réunit deux avis. Comme Rabbi Meir : on creuse pour compléter, on compte la corbeille pour donner au sommet une largeur de quatre. Comme Rabbi Yehouda : au-dessus de dix, l'érouv doit reposer sur un endroit de quatre. Le segment suivant détaille le premier, celui d'après le second.

Rachi : le sommet large de quatre laisse le lieu en dehors d'un domaine privé achevé. Cette largeur doit commencer dans les trois tefahim proches du sol. Même règle pour les bateaux de Méishan (Chabbat 101a) : fonds pointus, largeur de quatre seulement en haut, on n'y porte que dans quatre coudées.

🖼️ Schéma
Large en haut, étroit en bas La largeur de quatre doit commencer dans les trois proches du sol. Sol Trois tefahim Corbeille, quatre Tronc étroit Bateaux de Méishan Chabbat 101a Fonds pointus Ils s'élargissent en haut Cloisons hautes de dix Quatre en haut ne suffisent pas On n'y transporte que dans quatre coudées Même raison pour l'arbre
Le haut a quatre grâce à la corbeille. Le bas, dans les trois du sol, reste en deçà de quatre.
2
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים.

Il tient comme Rabbi Meir, qui a dit : on creuse pour compléter.

🗂️ Tossefot (1)
וְרַבִּי סָבַר כְּר' מֵאִיר דְּאָמַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וּכְרַבִּי יְהוּדָה דְּבָעֵי עֵירוּב עַל מָקוֹם ד' וא"ת וְהַךְ כַּלְכָּלָה הֵיכִי דָמֵי אִם הִיא שָׁוָה לְגַבֵּי הָאִילָן אוֹ תְּלוּיָה לְמַטָּה בְּפָחוֹת מג' לְגַבֵּי הָאִילָן אִם הִיא שָׁוָה לְגַבֵּי הָאִילָן א"כ אַמַּאי צָרִיךְ חֲקִיקָה וְאִם הִיא תְּלוּיָה לְמַטָּה מִג' לְגַבֵּי הָאִילָן א"כ הֵיכִי פָּרֵיךְ לְעֵיל וְאִי אִית בֵּיהּ ד' כִּי נְתָנוֹ עַל הַכַּלְכָּלָה מַאי הָוֵי הָא לָא חֲשִׁיב רְשׁוּת הַיָּחִיד אֲפִילּוּ יֵשׁ בָּאִילָן ד' אִם לֹא מִטַּעַם חֲקִיקָה דִּרְחוֹקָה מִגַּב הָאִילָן וְי"ל כְּגוֹן שֶׁפִּי הכלכל"ה שָׁוֶה לְגַבֵּי הָאִילָן ומ"ה הָוֵי חוֹרֵי רה"י וְהָעֵירוּב מֻונָּח בְּשׁוּלֵי הַכַּלְכָּלָה שֶׁהִיא רְחוֹקָה ג' וּלְהָכִי צָרִיךְ חֲקִיקָה וְהָא דְּלָא מוּקֵי שֶׁהָעֵירוּב בְּפִי הַכַּלְכָּלָה אוֹ שֶׁהַכַּלְכַּלָּה רְחָבָה ד' וּמִכָּל מָקוֹם לָא הָוֵי רה"י הוֹאִיל וְהַגְּדָיִים בּוֹקְעִין בּוֹ וְי"ל דא"כ בְּמַאי דִּנְקַט כַּלְכָּלָה לֹא הִשְׁמִיעָנוּ מִידִי דְּלִינְקֹוט עַמּוּד שֶׁיֵּשׁ בְּרֹאשׁוֹ ד' וְאֵין בְּתַחְתִּיתוֹ ג' וְאַף עַל גַּב דְּאַשְׁמְעִינַן דִּצְדָדִין אֲסוּרִין לָא הָוֵי לֵיהּ לְמַתַּנְיָיה הָכָא כֵּיוָן שֶׁבְּעֵירוּב לֹא הִשְׁמִיעָנוּ כְּלוּם אֶלָּא וַדַּאי נְקַט כַּלְכָּלָה לְאַשְׁמְעִינַן דְּחוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וּבָעֵינַן עֵירוּב עַל מָקוֹם ד' וא"ת אַכַּתִּי לָמָּה לֵיהּ לְמֵימַר כְּלָל סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר וְסָבַר לַהּ כְּר' יְהוּדָה לֵימָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ דְּלָא בָּעִינַן עֵירוּב עַל גַּבֵּי מְקוֹם ד' וְהָכָא כְּשֶׁהַכַּלְכַּלָּה שָׁוָה לְרֹאשׁוֹ שֶׁל אִילָן וקמ"ל דְּלָא חֲשִׁיב רְשׁוּת הַיָּחִיד אֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה דַּחֲשִׁיב טְרַסְקָל רְשׁוּת הַיָּחִיד מִשּׁוּם דְּהָתָם הַדְרָן מְחִיצְתָּא וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דַּוְוקָא נְתָנוֹ עַל כַּלְכָּלָה הָוֵי עֵירוּב הָא נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי אִילָן לָא הָוֵי עֵירוּב מִדְּקָתָנֵי נְתָנוֹ בְּכַלְכָּלָה וְלָא קָתָנֵי תְּלָאוֹ לַכַּלְכַּלָּה בְּאִילָן וְנָתַן שָׁם עֵירוּבוֹ הִלְכָּךְ ע"כ אֲוִיר דְּשׁוּלֵי הַכַּלְכָּלָה רָחוֹק שְׁלֹשָׁה מִגַּב הָאִילָן:
Et Rabbi tient comme Rabbi Meir, qui a dit qu'on creuse pour compléter, et comme Rabbi Yehouda, qui exige l'érouv sur un endroit de quatre. Et si tu dis : cette corbeille, quel est son cas ? Est-elle de niveau avec l'arbre, ou pend-elle en dessous, à moins de trois, par rapport à l'arbre ? Si elle est de niveau avec l'arbre, pourquoi faut-il creuser ? Et si elle pend en dessous de trois par rapport à l'arbre, comment la Guemara objecte-t-elle plus haut : et s'il y a quatre, lorsqu'on l'a placé sur la corbeille, qu'est-ce que cela fait ? Car cela ne compte pas comme domaine privé, même si l'arbre a quatre, sinon par le motif du creusement, puisqu'elle est éloignée du flanc de l'arbre. On peut répondre : par exemple, le bord de la corbeille est de niveau avec l'arbre. C'est pourquoi ce sont des trous d'un domaine privé. Et l'érouv repose au fond de la corbeille, lequel est éloigné de trois. C'est pour cela qu'il faut creuser. Et pourquoi n'établit-il pas que l'érouv est au bord de la corbeille, ou que la corbeille est large de quatre, et que néanmoins ce n'est pas un domaine privé, puisque les chevreaux y passent ? On peut répondre : si c'était le cas, en prenant une corbeille il ne nous aurait rien enseigné. Qu'il prenne une colonne qui a quatre à son sommet et qui n'a pas trois à sa base. Et bien qu'il nous ait enseigné que les côtés sont interdits, il n'aurait pas dû l'enseigner ici, puisqu'au sujet de l'érouv il ne nous a rien enseigné. Plutôt, il a pris une corbeille pour nous enseigner qu'on creuse pour compléter, et que nous exigeons l'érouv sur un endroit de quatre. Et si tu dis encore : pourquoi lui faut-il dire du tout qu'il tient comme Rabbi Meir et qu'il tient comme Rabbi Yehouda ? Disons : je te dirais toujours que nous n'exigeons pas l'érouv sur un endroit de quatre. Et ici, la corbeille est de niveau avec le sommet de l'arbre. Et il nous enseigne que cela ne compte pas comme domaine privé, même selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, qui compte un tarskal comme domaine privé, parce que là-bas les cloisons reviennent. Il paraît l'expliquer ainsi : cela implique que, précisément lorsqu'il l'a placé sur la corbeille, c'est un érouv, et que, lorsqu'il l'a placé sur l'arbre, l'érouv ne vaut pas. Puisqu'on enseigne : il l'a placé dans la corbeille, et on n'enseigne pas : il a suspendu la corbeille à l'arbre et y a placé son érouv. C'est pourquoi, nécessairement, l'air du fond de la corbeille est éloigné de trois du flanc de l'arbre.
💡 Explication

Premier volet : on creuse pour compléter. On imagine le vide comblé, et la corbeille entre dans la largeur de quatre du sommet.

Tossefot place le bord de la corbeille au niveau de l'arbre : ce sont des trous d'un domaine privé. L'érouv, lui, est au fond, à trois tefahim du flanc. D'où le besoin de creuser. Nommer une corbeille enseigne les deux choses : le creusement, et l'endroit de quatre. Une simple colonne large en haut et étroite en bas aurait suffi pour les chevreaux qui passent, ou pour les côtés.

3
וְסָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר בָּעִינַן עֵירוּב עַל גַּבֵּי מְקוֹם אַרְבָּעָה, וְלֵיכָּא.

Et il tient comme Rabbi Yehouda, qui a dit : nous exigeons l'érouv sur un endroit de quatre, et il n'y en a pas.

📜 Rachi (1)
בָּעִינַן עֵירוּב עַל גַּבֵּי מְקוֹם ד' וְלֵיכָּא בְּלֹא כַּלְכָּלָה:
Nous exigeons l'érouv sur un endroit de quatre, et il n'y en a pas : sans la corbeille.
💡 Explication

Second volet, Rabbi Yehouda. Au-dessus de dix, l'érouv doit reposer sur une surface de quatre tefahim. Sans la corbeille, le sommet de l'arbre n'a pas cette surface. L'érouv manquerait son lieu.

4
מַאי רַבִּי יְהוּדָה? דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נָעַץ קוֹרָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְהִנִּיחַ עֵירוּבוֹ עָלֶיהָ, גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וּרְחָבָה אַרְבָּעָה — עֵירוּבוֹ עֵירוּב, וְאִם לָאו — אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב.

Qu'est-ce que Rabbi Yehouda ? Car on a enseigné : Rabbi Yehouda dit : s'il a fiché une poutre dans le domaine public et posé son érouv dessus, haute de dix et large de quatre, son érouv est un érouv ; sinon, son érouv n'est pas un érouv.

📜 Rachi (2)
ה"ג גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וּרְחָבָה ד' עֵירוּבוֹ עֵירוּב וְאִם לָאו אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב גְּבוֹהָה י' וּרְחָבָה אַרְבָּעָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב אע"ג דרה"י הִיא הַךְ קוֹרָה וְהוּא נִתְכַּווֵּן לִשְׁבּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים הָא אֲמָרָן הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ וְגַבֵּי אִילָן הוּא דְּלָא הָוֵי עֵירוּב כִּדְאוֹקֵימְנָא בְּנוֹפָהּ נוֹטָה חוּץ לד"א אֲבָל הָכָא דְּלֵיכָּא נוֹף שַׁפִּיר דָּמֵי:
Voici la leçon : haute de dix et large de quatre, son érouv est un érouv ; sinon, son érouv n'est pas un érouv. Haute de dix et large de quatre, son érouv est un érouv, bien que cette poutre soit un domaine privé et qu'il ait eu l'intention de fixer sa chevita dans le domaine public. Nous avons déjà dit : celui qui place son érouv a quatre coudées, et le domaine privé monte jusqu'au firmament. C'est pour l'arbre que l'érouv ne vaut pas, comme nous l'avons établi : sa ramure penche hors des quatre coudées. Ici, il n'y a pas de ramure, donc cela convient.
וְאִם לָאו אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב קס"ד דְּהָכִי קָאָמַר וְאִם לָאו דְּאֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה אוֹ שֶׁאֵינָהּ רְחָבָה אַרְבָּעָה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב וּלְהָכִי מַתְמְהִינַן אֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה אַדְּרַבָּה כ"ש דְּעֵירוּבוֹ עֵירוּב דִּכְשֶׁאֵינָהּ גְּבוֹהָה י' הָוְיָא כְּמַאן דְּמִנְחָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים:
Et sinon, son érouv n'est pas un érouv. Nous pensions d'abord qu'il dit ceci : sinon, si elle n'est pas haute de dix, ou si elle n'est pas large de quatre, son érouv n'est pas un érouv. C'est pourquoi nous nous étonnons : si elle n'est pas haute de dix, au contraire, à plus forte raison son érouv est un érouv. Lorsqu'elle n'est pas haute de dix, c'est comme s'il l'avait placé dans le domaine public.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הַאי אִילָן הֵיכָא קָאֵי אִילֵּימָא בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד מַה לִי לְמַעְלָה מַה לִי לְמַטָּה רְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ. אֶלָּא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת הֵיכָא אִילֵּימָא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר אֶלָּא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַטָּה הָא קָמִשְׁתַּמַּשׁ בָּאִילָן הָא מַנִּי ר' הִיא דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גְּזָרְךָ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. אָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִילָן הָעוֹמֵד חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר. אֲבָל עוֹמֵד בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה נָמֵי עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּמָתָא כְּמַאן דְּמַלְיָא דָּמֵי. חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר נָמֵי כֵּיוָן דְּאָמַר רָבָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת הָוְיָא לַהּ רְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ. אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב מְשַׁרְשְׁיָא הָכָא בָּאִילָן הַנּוֹטֶה חוּץ לְד' אַמּוֹת עָסְקִינַן וְנִתְכַּוֵּון לִשְׁבּוֹת בְּעִיקָּרוֹ. וּמַאי לְמַעְלָה וּלְמַטָּה דַּהֲדַר זָקֵיף וְהָא אִי בָּעֵי מַייְתֵי לֵיהּ דֶּרֶךְ עָלָיו. כְּשֶׁרַבִּים מְכַתְּפִים עָלָיו. וְכִדְעֻולָּא דְּאָמַר עֻולָּא עַמּוּד תִּשְׁעָה ברה"ר וְרַבִּים מְכַתְּפִים עָלָיו וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו חַייָּב. וְאַף ע"ג דְּאַכַּתִּי יָכוֹל לְהָבִיא אֵלָיו עַל יְדֵי זְרִיקָה דְּהַזּוֹרֵק מרה"י לִרה"י דֶּרֶךְ אֲוִיר רה"ר פָּטוּר. אוֹ יְבִיאֶנּוּ כִּלְאַחַר יָד. אוֹ בְּזֶה עוֹקֵר וְזֶה מַנִּיחַ. וי"ל דְּבִשְׁבוּת כִּי הָנֵי לָא שָׁרִי ר' בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת כֵּיוָן דִּבְקַל יָכוֹל לָבוֹא לִידֵי חַטָּאת. וְהָכִי נָמֵי מְפַלֵּיג לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:) לֵר' בֵּין שֶׁמָּא יִקְטֹום וּבֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ בָּאִילָן: תַּנְיָא רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קוֹרָה גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים וְרֹחַב אַרְבָּעָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וְאִם לָאו אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. דְּסָבַר דְּכֹל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה בָּעֵינַן שֶׁיְּהֵא הָעֵירוּב מֻונָּח עַל גַּבֵּי מָקוֹם ד'. כָּתַב ר"מ זַ"ל לָא יָדַעְנָא הִלְכְתָא כְּמַאן. דְּהָא רַבָּנָן פְּלִיגִי עָלֶיהָ בַּתּוֹסֶפְתָּא פ"ב דְּקָתָנֵי נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קוֹרָה שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וְר' יְהוּדָה אוֹמֵר אִם הָיְתָה רְחָבָה אַרְבָּעָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וקי"ל כ"מ שֶׁאָמַר ר' יְהוּדָה בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ אֲפִילּוּ אִי רַבִּים פְּלִיגִי עָלֶיהָ. דְּעִיקַּר הַהִיא מִילְּתָא דִּפְסִיק כְּר' יְהוּדָה אִיתְּמַר לְקַמָּן בְּפֶרֶק חַלּוֹן (עֵירוּבִין דַּף פֹּא.) וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין דַּף צה.) וְהָתָם רַבִּים פְּלִיגִי עָלֶיהָ וְלֵיכָּא לְמֵימַר דַּוְקָא בְּמָתְנֵי' אֲבָל בַּבָּרַיְיתָא לֹא. דָּמֵי קָאָמַר בְּמִשְׁנָתֵינוּ בכ"מ קָאָמַר. וּכְהַאי גַּוְונָא פָּרֵיךְ פֶּרֶק בָּתְרָא דִּכְתֻובּוֹת דַּף קט. גַּבֵּי כָּל מָקוֹם שֶׁאָמַר ר' רוֹאֶה אֲנִי אֶת דִּבְרֵי אַדְמוֹן וְכוּ'. וְאִיכָּא נָמֵי לְמֵימַר דִּלְמָא הֲלָכָה כְּרַבָּנָן דקי"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב וַאֲפִילּוּ יָחִיד לְגַבֵּי רַבִּים כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מו.) כ"ש רַבִּים לְגַבֵּי יָחִיד. וְנִרְאֶה לִי דַּהֲלָכָה כְּרַבָּנָן דְּהַהִיא פִּיסְקָא דַּהֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב רִיבָּ"ל אֲמָרָהּ לְקַמָּן פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ שָׁם וּפְלִיג אַשְּׁמוּאֵל דְּאָמַר כָּל מָקוֹם שֶׁאָמַר ר"י בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. וּלְקַמָּן נָמֵי פֶּרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מט:) גַּבֵּי שָׁלשׁ חֲצֵרוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ ס"ל לִשְׁמוּאֵל כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר שְׁלָשְׁתָּן אֲסוּרוֹת וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דקי"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב. וַהֲלָכָה כְּרִיבָּ"ל לְגַבֵּי שְׁמוּאֵל דְּהָא קי"ל רַב וּשְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי. וְרַב וְר' יוֹחָנָן הֲלָכָה כַּר' יוֹחָנָן. וְר' יוֹחָנָן וְרִיבָּ"ל הֲלָכָה כְּרִיבָּ"ל כְּמוֹ שֶׁפָּסַק ר"ת זַ"ל מֵהַהִיא דִּמְגִילָּה בְּפָ' בְּנֵי הָעִיר (מְגִילָּה דַּף כז.) בִּפְלוּגְתָּא דְּבֵית הַכְּנֶסֶת אִם מֻותָּר לַעֲשׂוֹת בֵּית הַמִּדְרָשׁ וכ"ש דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ לְגַבֵּי שְׁמוּאֵל. וְעוֹד הוֹאִיל וּסְתַם לַן תְּנָא דְּמַתְנִי' לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף לד:) כְּרַבָּנָן וְלֹא הֵבִיא דִּבְרֵי ר"י בְּמָתְנֵי' כְּלָל. תֵּדַע דְּאַמַּאי דָּחֵיק לְאוֹקְמֵי מַתְנֵי' בְּדֹוחַק גָּדוֹל בְּנוֹפוֹ נוֹטֶה חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת וּכְגוֹן דַּהֲדַר זָקֵיף לוֹקְמֵי כר"י וּבְאִילָן שֶׁאֵין בְּנוֹפוֹ רָחָב אַרְבָּעָה וּלְהָכִי לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּבָעֵינַן עֵירוּב עַל גַּבֵּי מְקוֹם אַרְבָּעָה וּלְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה לָא בָּעֵי מְקוֹם אַרְבָּעָה. הִלְכָּךְ נִרְאֶה דְּלָא מִתּוֹקְמָא מַתְנֵי' כְּרַבִּי יְהוּדָה מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי סֵיפָא נְתָנוֹ עַל גַּבֵּי קָנֶה אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ מֵאָה אַמָּה הֲרֵי זֶה עֵירוּב וּסְתָם קָנֶה מַשְׁמַע אֲפִילּוּ כָּל שֶׁהוּא. וּדְלֹא כְּרַשִׁ"י שֶׁפֵּירֵשׁ שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה. וְכֵיוָן דִּסְתָם מַתְנֵי' דְּלָא כְּוָותֵיהּ נִרְאֶה דְּלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. ואע"ג דָּר' סְבִירָא לֵיהּ כְּוָותֵיהּ לֵית הִלְכְתָא כַּר' מֵחֲבֵירָיו. עכ"ל ר"מ זַ"ל: נְתָנוֹ בַּבּוֹר וְכוּ'. הַאי בּוֹר הֵיכָא קָאֵי. אִי נֵימָא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד פְּשִׁיטָא דְּכִי הֵיכִי דִּרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ הָכִי נָמֵי נְחִית לְתַחַת. אֶלָּא דְּקָאֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת הֵיכָא. אִילֵּימָא לְמַטָּה פְּשִׁיטָא הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד הוּא. אֶלָּא דְּנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה. הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר הוּא. וּכְגוֹן שֶׁנִּתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִשְּׂפַת הַבּוֹר דְּאִי בְּד' אַמּוֹת הָוֵי הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד. אֶלָּא הָכָא בְּבוֹר הָעוֹמֵד בְּכַרְמְלִית עָסְקִינַן וְנִתְכַּוֵּין לִשְׁבּוֹת לְמַעְלָה וְרַבִּי הִיא דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Guemara. Cet arbre, où se tient-il ? Si tu dis : dans un domaine privé, qu'importe en haut, qu'importe en bas : le domaine privé monte jusqu'au firmament. Plutôt, il se tient dans le domaine public. Où a-t-il eu l'intention de fixer sa chevita ? Si tu dis qu'il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut : lui est dans un endroit, et son érouv dans un autre. Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en bas. Mais il se sert de l'arbre. De qui est-ce ? C'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on n'a pas décrété à son sujet entre les soleils. Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre qui se tient hors de l'ibour de la ville. Mais s'il se tient dans l'ibour de la ville, même au-dessus de dix, son érouv est aussi un érouv, car la ville est comme si elle était remplie. Hors de l'ibour de la ville aussi : puisque Rava a dit que celui qui place son érouv a quatre coudées, cela devient un domaine privé, et le domaine privé monte jusqu'au firmament. Rav Its'hak fils de Rav Mecharcheya a dit : ici, nous traitons d'un arbre qui penche hors des quatre coudées, et il a eu l'intention de fixer sa chevita à son tronc. Et que sont le haut et le bas ? C'est qu'il se redresse. Mais s'il veut, il peut l'apporter par-dessus lui. C'est quand le public s'épaule dessus. Et comme Oula, car Oula a dit : une colonne de neuf dans le domaine public, et le public s'épaule dessus, celui qui lance et dont l'objet se pose dessus est coupable. Bien qu'il puisse encore l'apporter par un lancer : celui qui lance d'un domaine privé à un domaine privé par l'air du domaine public est exempt. Ou il l'apporterait d'un revers de main. Ou l'un soulève et l'autre pose. On peut répondre : pour un chevout de cette sorte, Rabbi ne permet pas entre les soleils, puisqu'on en vient facilement à un hatat (sacrifice expiatoire). De même plus loin (Eruvin 34b), Rabbi distingue entre la crainte qu'il casse une branche et le fait de se servir de l'arbre. On enseigne : Rabbi Yehouda dit : s'il l'a placé sur une poutre haute de dix tefahim et large de quatre, son érouv est un érouv. Sinon, son érouv n'est pas un érouv. Il tient que, pour tout ce qui est au-dessus de dix, il faut que l'érouv repose sur un endroit de quatre. Rabbeinou Meir, de mémoire bénie, a écrit : je ne sais pas selon qui est la halakha. Car les Sages divergent de lui dans la Tossefta, chapitre 2, qui enseigne : s'il l'a placé sur une poutre haute de dix tefahim, son érouv est un érouv. Et Rabbi Yehouda dit : si elle était large de quatre, son érouv est un érouv. Et nous tenons : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans les érouvin, la halakha suit ses paroles, même si plusieurs divergent de lui. Car le fond de cette parole, qui tranche selon Rabbi Yehouda, est enseigné plus loin au chapitre Halon (Eruvin 81a) et au chapitre Kol gagot (Eruvin 95a), et là-bas plusieurs divergent de lui. On ne peut pas dire : seulement dans la michna, et dans une baraita non. Qui a dit : dans notre michna ? Il a dit : partout. Et l'on objecte de cette manière au dernier chapitre de Ketoubot, page 109, à propos de : partout où Rabbi a dit : je vois les paroles d'Admon, etc. On peut aussi dire : peut-être la halakha suit-elle les Sages, car nous tenons : la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv, même un seul face à plusieurs, comme on dit au chapitre Mi che-hotsiouhou (Eruvin 46a), à plus forte raison plusieurs face à un seul. Il me paraît que la halakha suit les Sages. Car cette décision, la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv, Rabbi Yehochoua ben Levi l'a dite plus loin au chapitre Mi che-hotsiouhou, là, et il diverge de Chemouel, qui a dit : partout où Rabbi Yehouda a parlé dans les érouvin, la halakha suit ses paroles. Plus loin aussi, au chapitre Mi che-hotsiouhou (Eruvin 49b), à propos de trois cours ouvertes l'une sur l'autre, Chemouel tient comme Rabbi Yehouda, qui a dit : les trois sont interdites, et la halakha ne suit pas ses paroles, car nous tenons : la halakha suit les paroles de celui qui allège dans l'érouv. Et la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi face à Chemouel. Car nous tenons : Rav et Chemouel, la halakha suit Rav dans les interdits. Rav et Rabbi Yo'hanan, la halakha suit Rabbi Yo'hanan. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Yehochoua ben Levi, la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi, comme l'a tranché Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, de ce passage de Meguila, au chapitre Bnei ha-ir (Meguila 27a), dans la discussion de la synagogue : est-il permis d'en faire une maison d'étude. À plus forte raison la halakha suit ses paroles face à Chemouel. De plus, puisque le tanna de la michna nous a laissé un enseignement anonyme plus loin (Eruvin 34b) selon les Sages, et n'a pas du tout rapporté les paroles de Rabbi Yehouda dans la michna. Sache-le : pourquoi se contraint-il à établir la michna dans une grande contrainte, sur une ramure qui penche hors des quatre coudées, et dans le cas où elle se redresse ? Qu'il l'établisse selon Rabbi Yehouda, et sur un arbre dont la ramure n'est pas large de quatre. C'est pour cela qu'au-dessus de dix son érouv n'est pas un érouv : il faut un érouv sur un endroit de quatre. Et au-dessous de dix, on n'exige pas un endroit de quatre. C'est pourquoi il paraît que la michna ne s'établit pas selon Rabbi Yehouda. Car la fin enseigne : s'il l'a placé sur un roseau, même haut de cent coudées, le voici un érouv. Et un roseau ordinaire signifie même d'une taille quelconque. Et cela s'écarte de Rachi, qui explique qu'il est large de quatre. Et puisque la michna anonyme s'écarte de lui, il paraît que la halakha ne suit pas ses paroles. Et bien que Rabbi tienne comme lui, la halakha ne suit pas Rabbi face à ses collègues. Fin des paroles de Rabbeinou Meir, de mémoire bénie. S'il l'a placé dans une fosse, etc. Cette fosse, où se tient-elle ? Si tu dis qu'elle se tient dans un domaine privé, c'est évident : de même que le domaine privé monte jusqu'au firmament, de même il descend vers le bas. Plutôt, elle se tient dans le domaine public. Où a-t-il eu l'intention de fixer sa chevita ? Si tu dis : en bas, c'est évident, lui et son érouv sont au même endroit. Plutôt, il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut. Lui est dans un endroit, et son érouv est dans un autre. Et c'est dans le cas où il a eu l'intention de fixer sa chevita hors des quatre coudées du bord de la fosse. Car dans les quatre coudées, lui et son érouv seraient dans un domaine privé. Plutôt, ici, nous traitons d'une fosse qui se tient dans une karmelit, il a eu l'intention de fixer sa chevita en haut, et c'est Rabbi, qui a dit : toute chose qui relève d'un chevout, on n'a pas décrété entre les soleils.
💡 Explication

Source de Rabbi Yehouda : une poutre fichée dans le domaine public, l'érouv posé dessus. Lecture d'abord reçue : haute de dix et large de quatre, l'érouv vaut ; sinon, il tombe.

À dix sur quatre, la poutre est un domaine privé, et l'homme a fixé sa chevita dans le domaine public. Cela reste valable : celui qui place un érouv a quatre coudées, et le domaine privé monte jusqu'au firmament. L'arbre, lui, échoue quand la ramure sort de ces quatre coudées. La poutre n'a pas de ramure.

L'étonnement vient ensuite. Si le ' sinon ' incluait une poutre plus basse que dix, l'homme et son érouv seraient dans le domaine public, et l'érouv devrait valoir à plus forte raison.

🖼️ Schéma
Poutre fichée dans le domaine public Relecture de Rabbi Yehouda. Le sinon porte sur la largeur. Haute de dix et large de quatre Haute de dix moins de quatre En dessous de dix Domaine privé Celui qui place l'érouv a quatre coudées Le domaine privé monte jusqu'au firmament Pas de ramure hors de ces coudées L'érouv vaut L'érouv ne repose pas sur un endroit de quatre Il est dans l'air L'érouv ne vaut pas C'est le sens du sinon une fois relu Quatre au sommet ne sont pas exigés Ce qui est saisi compte comme posé kelouta Comme s'il l'avait posé sur le sol L'érouv vaut
Dix et quatre : domaine privé, l'érouv vaut. Dix sans quatre : l'érouv est dans l'air. Sous dix : largeur libre.
5
אַדְּרַבָּה, הוּא וְעֵירוּבוֹ בִּמְקוֹם אֶחָד! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה — צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּרֹאשָׁהּ אַרְבָּעָה, אֵין גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה — אֵין צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּרֹאשָׁהּ אַרְבָּעָה.

Au contraire, lui et son érouv sont au même endroit ! Plutôt, voici ce qu'il dit : haute de dix, il faut qu'il y ait quatre à son sommet ; pas haute de dix, il ne faut pas qu'il y ait quatre à son sommet.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא הַאי וְאִם לָאו דְּקָתָנֵי לָאו אַגָּובְהָהּ קָאֵי אֶלָּא אַרֹוחַב קָאֵי וְהָכִי קָאָמַר גְּבוֹהָה י' וְהִנִּיחָהּ בְּרֹאשָׁהּ אִם יֵשׁ בְּרָחְבָּהּ ד' הָוֵי מָקוֹם חָשׁוּב לְהַנָּחַת עֵירוּב עֵירוּבוֹ עֵירוּב וּמִשּׁוּם דְּהוּא ברה"ר וְעֵירוּבוֹ ברה"י לָא מִיתְּסַר כִּדְאָמַר דְּהַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת וְאִם לָאו דִּגְבוֹהָה י' וְאֵינָהּ רְחָבָה ד' אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּכֵיוָן דִּגְבוֹהָה עֲשָׂרָה וְאֵין הָעֵירוּב מֻונָּח עַל גַּבֵּי מָקוֹם ד' הֲוָה לֵיהּ כְּמֻונָּח בָּאֲוִיר וּמִדֻּוקְיָא שָׁמְעִינַן הָא אֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה אֲפִילּוּ אֵינָהּ רְחָבָה ד' עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּכֵיוָן דִּלְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה הָוְיָא לָהּ כְּמַאן דְּמִנְחָה אַאַרְעָא דָּמְיָא דְּכֹל לְמַטָּה מִי' קְלוּטָה כַּמָּה שֶׁהֻונְּחָה דָּמְיָא:
Plutôt. Ce ' sinon ' qui est enseigné ne porte pas sur la hauteur, il porte sur la largeur. Et voici ce qu'il dit : haute de dix, et il l'a placé à son sommet, s'il y a quatre en largeur, c'est un endroit qui compte pour y poser un érouv, son érouv est un érouv. Et parce que lui est dans le domaine public et son érouv dans un domaine privé, cela reste permis, comme il a été dit : celui qui place son érouv a quatre coudées. Et sinon, elle est haute de dix et elle n'est pas large de quatre : son érouv n'est pas un érouv. Puisqu'elle est haute de dix et que l'érouv ne repose pas sur un endroit de quatre, c'est comme s'il était posé dans l'air. Et de la précision nous apprenons : si elle n'est pas haute de dix, même si elle n'est pas large de quatre, son érouv est un érouv. Au-dessous de dix, c'est comme s'il l'avait posé sur le sol. Tout ce qui est au-dessous de dix, ce qui est saisi compte comme ce qui est posé.
גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה דְּמִידַּלְייָא מרה"ר צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בְּרָוחְבָּהּ אַרְבָּעָה שֶׁיְּהֵא שָׁם מָקוֹם חָשׁוּב:
Haute de dix. Puisqu'elle s'élève au-dessus du domaine public, il faut que sa largeur soit de quatre, pour qu'il y ait là un endroit qui compte.
אֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה אֵין צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא רָוחְבָּהּ ד' דַּאֲפִילּוּ פָּחוֹת מִד' עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּכָל לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה כְּמַאן דְּמִנְחָה אַאַרְעָא הִיא:
Elle n'est pas haute de dix : il n'est pas nécessaire que sa largeur soit de quatre. Même à moins de quatre, son érouv est un érouv. Tout ce qui est au-dessous de dix est comme posé sur le sol.
💡 Explication

Le ' sinon ' porte sur la largeur, une fois la poutre haute de dix. À dix de haut, le sommet doit avoir quatre. Sans cela, l'érouv est dans l'air, et il ne vaut pas.

En dessous de dix, quatre au sommet ne sont pas exigés. Règle : kelouta kemo che-hounha, ce qui est saisi dans l'air au-dessous de dix compte comme posé au sol. L'homme et son érouv sont alors au même endroit, le domaine public.

6
כְּמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נָעַץ קָנֶה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְהִנִּיחַ בְּרֹאשׁוֹ טְרַסְקָל, וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו — חַיָּיב!

Selon qui ? Pas selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda.

Car on a enseigné : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : s'il a fiché un roseau dans le domaine public, posé un tarskal à son sommet, lancé, et que l'objet s'est posé dessus, il est coupable.

📜 Rachi (2)
כְּמַאן מְתָרֵץ רָבִינָא לְעֵיל אע"ג דְּחוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וְאִיכָּא רֹוחַב ד' לָא הָוֵי רה"י מִשּׁוּם דְּאֵין בְּעִיקָּרוֹ ד' דְּלָא כְּר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה:
Selon qui. Ravina explique plus haut : bien qu'on creuse pour compléter et qu'il y ait une largeur de quatre, ce n'est pas un domaine privé, parce qu'à son tronc il n'y a pas quatre. Et cela s'écarte de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda.
טְרַסְקָל סַל רָחָב ד' וְזָרַק מֵרְשׁוּת הָרַבִּים וְנָח עַל גַּבָּיו חַייָּב שֶׁהֲרֵי זָרַק מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לרה"י אַלְמָא אע"ג דְּקָנָה אֵינוֹ רָחָב ד' הָוֵי רה"י הוֹאִיל וְעֶלְיוֹנוֹ ד' דְּאָמְרִינַן גּוּד אַחִית וְהָכֵי מְפָרֵשׁ בְּהַזּוֹרֵק:
Tarskal : un panier large de quatre. Il a lancé depuis le domaine public et l'objet s'est posé dessus : il est coupable, car il a lancé du domaine public vers un domaine privé. On en déduit : bien que le roseau ne soit pas large de quatre, c'est un domaine privé, puisque son dessus a quatre. Nous disons goud ahit (on fait descendre la cloison). Et c'est ainsi qu'on l'explique dans Ha-zorek.
🗂️ Tossefot (1)
כְּמַאן דְּלָא כְּר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה לַסְּפָרִים דְּגָרְסִי בְּסָמוּךְ הָתָם (כִּי) הַדְרָן מְחִיצְתָּא אֲבָל בְּקוֹרָה לָא הַדְרָן מְחִיצְתָּא דְּמַשְׁמַע דְּקָאֵי אַבָּרַייְתָא דְּנָעַץ קוֹרָה וּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּאַייְרֵי אֲפִילּוּ חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹתָיו דֻּומְיָא דְּמַתְנִיתִין אֲפִילּוּ הָכֵי הָוֵי עֵירוּב דְּכֵיוָן דְּאֵין בְּתַחְתִּיתוֹ ג' אע"ג דְּרֹאשׁוֹ ד' לָא הָוֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד דִּגְדָיִים בּוֹקְעִים בּוֹ וּלְהָכִי קָאָמַר דְּלָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה:
Selon qui ? Pas selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Pour les livres qui lisent juste après : là-bas les cloisons reviennent, mais pour la poutre les cloisons ne reviennent pas. Cela implique que la phrase porte sur la baraita ' il a fiché une poutre '. Et cela implique qu'on traite même hors de ses quatre coudées, à la manière de la michna. Malgré cela, c'est un érouv. Car puisqu'à sa base il n'y a pas trois, bien qu'à son sommet il y ait quatre, ce n'est pas un domaine privé : les chevreaux y passent. C'est pourquoi il dit : pas selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda.
💡 Explication

La lecture de Ravina, sommet complété à quatre et pourtant sans domaine privé, s'écarte de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Pour lui, un tarskal large de quatre au sommet d'un roseau étroit suffit : goud ahit fait descendre les cloisons, et le lancer depuis le domaine public est coupable.

Tossefot signale une autre leçon, où la distinction vise la poutre : même hors des quatre coudées l'érouv vaut, et le bas sans trois, où les chevreaux passent, empêche le domaine privé. D'où l'écart avec Rabbi Yossi.

7
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, הָתָם — הַדְרָן מְחִיצְתָּא. הָכָא — לָא הַדְרָן מְחִיצְתָּא.

Même si tu dis Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda : là-bas, les cloisons reviennent ; ici, les cloisons ne reviennent pas.

📜 Rachi (2)
הָתָם הַדְרָן מְחִיצוֹת הַטְּרַסְקָל סוֹבֶבֶת אֶת הַקָּנֶה שֶׁהֲרֵי תָּחוּב בְּאֶמְצָעִיתוֹ וְכִי אָמְרִינַן גּוּד אַחִית מְחִיצּוֹת הַטְּרַסְקָל עַד הַקַּרְקַע נִמְצָא קָנֶה מֻוקָּף מְחִיצּוֹת שֶׁחִלְּלוֹ אַרְבָּעָה וְתוּ לֵיכָּא לְמֵימַר מִידִי:
Là-bas, les cloisons reviennent. Le tarskal entoure le roseau, puisqu'il est fiché en son milieu. Et lorsque nous disons goud ahit, on fait descendre les cloisons du tarskal jusqu'au sol : le roseau se trouve entouré de cloisons dont l'espace intérieur est de quatre. Et il n'y a plus rien à ajouter.
הָכָא לָא הַדְרָן מְחִיצוֹת דְּכַלְכַּלָּה אֵינָהּ מַקֶּפֶת אֶת עָבְיוֹ שֶׁל אִילָן וְכִי אָמְרִינַן גּוּד אַחִית אַכַּתִּי אִית לָן לְמֵימַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים לְאִיצְטְרוֹפֵי כַּלְכָּלָה בַּהֲדֵי אִילָן וְתַרְתֵּי לָא אָמְרִינַן וְאִית דִּמְפָרְשִׁי כְּמַאן דְּלָא כְּר' יוֹסֵי אַנָּעַץ קוֹרָה קָאֵי דקא"ר יְהוּדָה קוֹרָה שֶׁאֵין בְּרָחְבָּהּ ד' מִלְמַעְלָה לָא הָוֵי רה"י וְאָמְרִינַן הָא דְּלָא כְּר' יוֹסֵי דְּאָמַר טְרַסְקָל הָוֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד וּמוֹקְמַית לָהּ בְּשֶׁאֵין רָחָב אַרְבָּעָה וְלָאו מִילְּתָא הִיא חֲדָא דִּבְהֶדְיָא מְפֹורָשׁ בְּהַזּוֹרֵק וּמוֹתְבִינַן מִינָּהּ אַדְּרַב הוּנָא דְּאַייְרֵי בְּבוּצִינְיָיתָא דְּמֵישָׁן שֶׁרְחָבוֹת לְמַעְלָה וּקְצָרוֹת לְמַטָּה וְאוֹתְבִינַן וְנֵימָא גּוּד אַחֵית מְחִיצָתָא מִי לָא תַּנְיָא ר' יוֹסֵי בַּר ר' יְהוּדָה כוּ' אַלְמָא טַעְמָא מִשּׁוּם גּוּד אַחִית הוּא וְנִמְצָא תַּחְתּוּנוּ שֶׁל קָנֶה מֻוקָּף מְחִיצּוֹת בֶּחָלָל אַרְבָּעָה וְאִי כְּשֶׁאֵין טְרַסְקָל רָחָב ד' כִּי אָמְרִינַן גּוֹד אַחִית מַאי הָוֵי וְעוֹד בְּכָל דֻּוכְתָּא דְּאָמַר פָּחוֹת מִד' לָאו רְשׁוּת הוּא אַמַּאי לָא אָמְרִינַן כְּמַאן דְּלָא כְּר' יוֹסֵי בְּר' יְהוּדָה כִּדְאָמַר הָכָא:
Ici, les cloisons ne reviennent pas. La corbeille n'entoure pas l'épaisseur de l'arbre. Et lorsque nous disons goud ahit, il reste encore à dire qu'on creuse pour compléter, afin d'adjoindre la corbeille à l'arbre. Et deux principes à la fois, nous ne les disons pas. Certains expliquent : ' selon qui ? Pas selon Rabbi Yossi ' porte sur ' il a fiché une poutre '. Rabbi Yehouda a dit : une poutre qui n'a pas quatre de large en haut n'est pas un domaine privé. Et nous disons : cela s'écarte de Rabbi Yossi, qui a dit qu'un tarskal est un domaine privé. Et on l'établit dans le cas où il n'est pas large de quatre. Cela ne tient pas. D'abord, c'est expliqué explicitement dans Ha-zorek, et nous en objectons contre Rav Houna, qui traite des bateaux de Meishan, larges en haut et étroits en bas. Et nous objectons : disons goud ahit, fais descendre la cloison. N'a-t-on pas enseigné : Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, etc. On en déduit que la raison est goud ahit, et le bas du roseau se trouve entouré de cloisons sur un espace de quatre. Et si c'était quand le tarskal n'est pas large de quatre, lorsque nous disons goud ahit, qu'est-ce que cela ferait ? De plus, partout où l'on dit que moins de quatre n'est pas un domaine, pourquoi ne dirions-nous pas : selon qui ? Pas selon Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, comme on le dit ici ?
💡 Explication

Même selon Rabbi Yossi, le cas se distingue. Là-bas, le tarskal entoure le roseau. Goud ahit amène les cloisons au sol, et l'intérieur mesure quatre : domaine privé.

Ici, la corbeille ne fait pas le tour de l'arbre. Descendre la cloison ne la joint pas au tronc. Il faudrait en plus creuser pour compléter. On ne cumule pas les deux principes.

Rachi écarte une autre lecture, qui ferait porter ' pas selon Rabbi Yossi ' sur la poutre de moins de quatre. Dans Ha-zorek, l'objection à Rav Houna sur les bateaux de Meishan repose sur goud ahit, et un tarskal de moins de quatre ne donnerait rien à faire descendre.

🖼️ Schéma
Les cloisons redescendent-elles ? Goud ahit : on fait descendre la cloison jusqu'au sol. Tarskal sur le roseau Corbeille sur l'arbre Le panier entoure le roseau fiché en son milieu Goud ahit jusqu'au sol Espace intérieur de quatre Domaine privé Lancer et pose : coupable Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda La corbeille n'entoure pas l'épaisseur de l'arbre Goud ahit ne la joint pas Il faudrait aussi creuser Deux principes ensemble on ne les dit pas Le haut large de quatre reste sans domaine privé Même selon Rabbi Yossi : là-bas les cloisons reviennent, ici elles ne reviennent pas.
Le tarskal encercle le roseau. La corbeille laisse l'arbre dehors : goud ahit et creusement ne se cumulent pas.
8
רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר: שָׁאנֵי כַּלְכָּלָה, הוֹאִיל וְיָכוֹל לִנְטוֹתָהּ וְלַהֲבִיאָהּ לְתוֹךְ עֲשָׂרָה.

Rabbi Yirmeya a dit : la corbeille est différente, puisqu'il peut l'incliner et l'amener à l'intérieur de dix.

📜 Rachi (2)
רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר לְעוֹלָם מַתְנִיתִין דִּלְעֵיל רֵישָׁא וְסֵיפָא בְּרֹוחַב ד' וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ כִּי נְתָנוֹ בְּכַלְכַּלָּה מַאי הָוֵי:
Rabbi Yirmeya a dit. En définitive, l'enseignement d'en haut, le début et la fin, porte sur une largeur de quatre. Et ce qui t'est difficile : lorsqu'il l'a placé dans la corbeille, qu'est-ce que cela fait ?
שָׁאנֵי כַּלְכָּלָה הוֹאִיל וַאֲרֻוכָּה הִיא יָכוֹל לִנְטוֹתָהּ וְלֹא יַעַקְרֶנָּה מִתְּלִייָּתָהּ וְיַטֶּה רֹאשָׁהּ אֶחָד עַד שֶׁיְּהֵא לְתוֹךְ י' וְיִטֹּול אֶת עֵירוּבוֹ:
La corbeille est différente. Puisqu'elle est longue, il peut l'incliner sans la détacher de sa suspension, pencher une de ses extrémités jusqu'à ce qu'elle soit à l'intérieur de dix, et prendre son érouv.
🗂️ Tossefot (1)
הוֹאִיל וְיָכוֹל לִנְטוֹתוֹ וְלַהֲבִיאוֹ תּוֹךְ עֲשָׂרָה פֵּירֵשׁ רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל דְּהַאי אָמוֹרָא סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן דְּאָמְרִי בְּהַמַּצְנִיעַ (שַׁבָּת דַּף צב.) אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד וְכֵיוָן דְּאֶגֶד כְּלִי לְמַעְלָה מִיּוּ"ד כְּשֶׁנָּח הָעֵירוּב לְמַטָּה אֵין בְּהַנָּחָה זוֹ אִיסּוּר הוֹצָאָה (הוֹאִיל) וְאַחַר שֶׁנָּח ברה"ר יָכוֹל לִיטְלוֹ וּלְאוֹכְלוֹ וּמִיהוּ אֲפִילּוּ לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד אֵין כָּאן אִיסּוּר הוֹצָאָה הוֹאִיל וְנָח בְּכַלְכָּלָה לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה דְּהָוֵי כַּרְמְלִית אִם רֹוחַב ד' וְאֵין בְּהַטָּיָיה זוֹ אִיסּוּר דְּאוֹרָיְיתָא:
Puisqu'il peut l'incliner et l'amener à l'intérieur de dix. Rabbeinou Chmouel a expliqué : cet amora tient comme les Sages, qui disent dans Ha-matsnia (Chabbat 92a) : l'attache d'un ustensile s'appelle une attache. Et puisque l'attache de l'ustensile est au-dessus de dix, lorsque l'érouv se pose en bas, cette pose ne comporte pas d'interdit de transport. Après qu'il s'est posé dans le domaine public, il peut le prendre et le manger. Toutefois, même si cela ne s'appelle pas une attache, il n'y a pas ici d'interdit de transport, puisqu'il se pose dans la corbeille au-dessous de dix, laquelle est une karmelit si elle a une largeur de quatre. Et dans cette inclinaison il n'y a pas d'interdit de la Tora.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya laisse le début et la fin sur une largeur de quatre, et distingue la corbeille par un geste. Elle est longue : on l'incline sans la décrocher, un bout entre dans les dix, et l'on prend l'érouv. Le passage d'un domaine à l'autre n'a pas lieu.

Tossefot, selon Rabbeinou Chmouel : les Sages de Chabbat 92a tiennent que l'attache d'un ustensile compte comme l'ustensile. Le lien reste au-dessus de dix, la pose en bas n'est pas un transport interdit. Même sans cela, une corbeille large de quatre au-dessous de dix est une karmelit, et l'inclinaison n'est pas un interdit de la Tora.

🖼️ Schéma
Incliner la corbeille jusque dans les dix Rabbi Yirmeya. On ne la détache pas de sa suspension. Sol, domaine public Dix tefahim Un bout descend dans les dix La corbeille est longue Il penche une extrémité sans la décrocher Il prend l'érouv dans les dix Pas de passage d'un domaine à l'autre
Un bout de la corbeille descend sous la ligne des dix. L'érouv se prend là, la suspension reste en place.
9
יָתֵיב רַב פָּפָּא וְקָא אָמַר לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֵיתִיבֵיהּ רַב בַּר שַׁבָּא לְרַב פָּפָּא: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי, מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ, וּבָא לוֹ.

Rav Pappa était assis et disait cet enseignement. Rav bar Chava objecta à Rav Pappa : comment fait-il ?

Il le conduit le premier jour et il fait nuit dessus, il le prend et s'en va. Le second, il fait nuit dessus, il le mange, et s'en va.

📜 Rachi (3)
מֵתִיב רַב בַּר שְׁבָא כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה מַתְנִיתִין הִיא ביו"ט שֶׁלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת וְרָצָה לְעָרֵב לִשְׁנֵי הַיָּמִים כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן בְּעֶרֶב יו"ט לְסוֹף אַלְפַּיִם וְעַל יְדֵי שְׁלוּחוֹ קָאָמַר דְּאִי אִיהוּ גּוּפֵיהּ בְּלֹא פַּת נָמֵי קָנֵי לֵיהּ שְׁבִיתָה כֵּיוָן דְּהָתָם יָתֵיב וְקַדֵּישׁ עָלֶיהָ יוֹמָא:
Rav bar Chava objecte : comment fait-il. C'est une michna, pour un jour de fête qui précède le Chabbat, et il veut faire un érouv pour les deux jours. Comment fait-il ? Il le conduit le premier jour, la veille du jour de fête, au bout des deux mille. Et c'est par son envoyé qu'il parle. Car lui-même, même sans pain, acquiert sa chevita, puisqu'il est assis là et que le jour se sanctifie sur lui.
וּמַחֲשִׁיךְ עָלָיו עַד שֶׁיִּקְנֶה לוֹ הָעֵירוּב:
Et il fait nuit dessus : jusqu'à ce que l'érouv lui soit acquis.
וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ שֶׁאִם יַנִּיחֶנּוּ שָׁם שֶׁמָּא יֹאבַד וְשׁוּב אֵין לוֹ עֵירוּב לְיוֹם הַמָּחֳרָת כִּדְקָתָנֵי מַתְנִיתִין נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בָּרִאשׁוֹן עֵירוּבוֹ לָרִאשׁוֹן וְאֵין עֵירוּבוֹ לַשֵּׁנִי וְחוֹזֵר וּמוֹלִיכוֹ בַּשֵּׁנִי שֶׁהוּא עֶרֶב שַׁבָּת וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ שָׁם אִם יִרְצֶה דְּלַהֲבִיאוֹ אִי אֶפְשָׁר דְּשַׁבָּת הוּא וְאִם יו"ט אַחַר הַשַּׁבָּת הוּא עַל כָּרְחוֹ יַנִּיחֶנּוּ שָׁם ע"ש וּלְמָחָר יֵלֵךְ וְיִרְאֶה אִם עֲדַיִין יֶשְׁנוֹ שָׁם וְיַחֲשִׁיךְ עָלָיו יְהֵא לוֹ עֵירוּב לַשֵּׁנִי וְאִם אָבַד יֵשֵׁב בְּבֵיתוֹ. קָתָנֵי מִיהַת הַמַּעֲרָב צָרִיךְ לְהוֹלִיךְ עֵירוּבוֹ לְסוֹף אַלְפַּיִם וְאַמַּאי צָרִיךְ לְהוֹלִיכוֹ מִשֶּׁעֲשָׂאוֹ לְשֵׁם עֵירוּב נֵימָא אַף עַל גַּב דְּלָא אַמְטְיֵיהּ כְּמַאן דְּאַמְטְייֵהּ דָּמֵי דְּהָא אֲמַרְתְּ הוֹאִיל וְיָכוֹל לִנְטוֹתָהּ וְהָא הָכָא כְּמַאן דְּלָא אַמְטְיֵיהּ הִיא דְּהָא הוּא בִּרה"ר וְעֵירוּבוֹ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וְקָאָמְרַתְּ הוֹאִיל וְיָכוֹל לִנְטוֹתָהּ וּמַה לִי הוֹאִיל וְיָכוֹל לִנְטוֹתָהּ וּמַה לִי יָכוֹל לַהֲבִיאָהּ וְהַאי דִּנְקַט לְאוֹתוֹבֵי מַתְנִיתִין דְּיוֹם טוֹב וְשַׁבָּת מִשּׁוּם דְּלָא תְּנַן בְּמִשְׁנָה אַחֲרִיתִי הוֹלָכַת עֵירוּב בְּהֶדְיָא כִּי הָכָא:
Et il le prend et s'en va. Car s'il le laisse là, il se perdra peut-être, et il n'aura plus d'érouv pour le lendemain, comme la michna enseigne : si son érouv a été mangé le premier jour, son érouv vaut pour le premier et ne vaut pas pour le second. Et il le reconduit le second jour, qui est la veille du Chabbat, il fait nuit dessus, et il le mange là s'il veut. Le rapporter est impossible, car c'est Chabbat. Et si le jour de fête est après le Chabbat, il le laisse là malgré lui la veille du Chabbat. Le lendemain, il ira voir s'il est encore là, il fera nuit dessus, et il aura un érouv pour le second. S'il est perdu, il restera dans sa maison. En tout cas, on enseigne que celui qui fait un érouv doit conduire son érouv au bout des deux mille. Et pourquoi doit-il le conduire ? Puisqu'il en a fait un érouv là-bas, disons : bien qu'il ne l'y ait pas amené, c'est comme s'il l'y avait amené. Car tu as dit : puisqu'il peut l'incliner. Et ici, c'est comme s'il ne l'avait pas amené : lui est dans le domaine public, et son érouv dans un domaine privé, et tu dis : puisqu'il peut l'incliner. Qu'importe ' puisqu'il peut l'incliner ', qu'importe ' il peut l'amener '. Et s'il a pris pour objecter la michna du jour de fête et du Chabbat, c'est parce qu'aucune autre michna n'enseigne explicitement le transport de l'érouv comme ici.
🗂️ Tossefot (2)
אֵיתִיבֵיהּ רַב בַּר שַׁבָּא כו' לְפֵ"ה דְּפֵי' לְעֵיל גַּבֵּי אִילָן הַנּוֹטֶה חוּץ לד"א דִּלְמַטָּה מִיּוּ"ד הָוֵי עֵירוּב הוֹאִיל וּמָצֵי לַאֲתוּיֵי פָּחוֹת פָּחוֹת מֵאַרְבַּע צָרִיךְ לְחַלֵּק בֵּין הוֹאִיל דְּהָכָא לְהַהוּא:
Rav bar Chava lui objecta, etc. Selon l'explication de Rachi, qui a expliqué plus haut, à propos de l'arbre qui penche hors des quatre coudées, qu'au-dessous de dix c'est un érouv, puisqu'il peut l'apporter par moins de quatre à la fois, il faut distinguer le ' puisqu'il peut ' d'ici et celui-là.
מוֹלִיכוֹ פ"ה וְעַל יְדֵי שְׁלוּחוֹ קָאָמַר דְּאִיהוּ אֲפִילּוּ בְּלֹא פַּת קָנֵי לֵיהּ שְׁבִיתָה וּפִי' כֵּן מִשּׁוּם דִּבְסוֹף מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְקַמָּן עֵירוּבִין נא:) פָּסְקִינַן כְּרַב נַחְמָן וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאֶחָד עָנִי וְעָשִׁיר מְעָרֵב בְּרַגְלָיו:
Il le conduit. Explication de Rachi : c'est par son envoyé qu'il parle, car lui, même sans pain, acquiert sa chevita. Et il a expliqué ainsi parce qu'à la fin de Mi che-hotsiouhou (plus loin, Eruvin 51b) nous tranchons comme Rav Nahman, et selon Rabbi Yehouda : le pauvre comme le riche fait son érouv par ses pieds.
💡 Explication

Rav Pappa rapporte l'inclinaison de Rabbi Yirmeya. Rav bar Chava objecte depuis la michna des deux jours, fête puis Chabbat. Le premier jour, un envoyé conduit l'érouv au bout des deux mille, attend la nuit, et le reprend, de peur qu'il se perde. Le second, veille de Chabbat, il le ramène, attend la nuit, et peut le manger : le Chabbat empêche de le rapporter.

L'objection : la michna exige de conduire vraiment l'érouv. Si ' puisqu'il peut l'incliner ' rendait l'érouv présent, ' puisqu'il peut l'amener ' devrait suffire aussi, et le trajet deviendrait inutile. Tossefot demande de séparer ce ' puisqu'il peut ' de celui de l'arbre penché, où l'on rapporte l'érouv par moins de quatre coudées à la fois. Rachi lit ' il le conduit ' comme le geste d'un envoyé : l'homme qui va lui-même acquiert sa chevita par ses pieds, même sans pain.

🖼️ Schéma
Deux jours : il faut conduire l'érouv Michna. Fête la veille du Chabbat. Objection de Rav bar Chava. Veille de fête L'envoyé conduit l'érouv au bout des deux mille Il fait nuit dessus Il le reprend de peur qu'il se perde Veille de Chabbat Il le ramène au même endroit Il fait nuit dessus Il le mange là Le rapporter est impossible Si la fête suit le Chabbat Il le laisse la veille Le lendemain il vérifie s'il est encore là L'objection Puisqu'il peut l'amener, pourquoi le conduire vraiment ? Le puisqu'il peut de l'inclinaison devrait suffire S'il y va lui-même, ses pieds lui acquièrent la chevita, même sans pain. La michna parle donc d'un envoyé. Eruvin 51b : pauvre et riche érouvinent par leurs pieds.
Deux jours, deux conduites jusqu'aux deux mille. L'objection : pouvoir l'amener devrait alors remplacer le trajet.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).