Eruvin 35a — Clef du migdal, et erouv perdu avant la nuit

Eruvin 35a

Sougya : La page achève la michna du migdal fermé à clef perdue. Le jour de fête, l'erouv tient.

Le Chabbat, on ne démolit pas : l'erouv tombe, sauf si la clef retrouvée en ville peut revenir par les toits, les cours et les karpefot, selon Rabbi Chimon. Rabba et Rav Yossef lisent un migdal de bois, ustensile ou tente.

Abaye écarte cette preuve par l'impureté du zav, puis, avec Rava, établit une serrure liée par une courroie : le couteau se déplace selon Rabbi Yossi, non selon Rabbi Nehemia. La michna suivante fixe l'heure : roulé hors du tehoum, enseveli, brûlé, ou terouma devenue impure, tant qu'il fait jour l'erouv est nul, après la nuit il tient.

En cas de doute, Rabbi Meir et Rabbi Yehouda font de l'homme un conducteur d'âne et de chameau ; Rabbi Yossi et Rabbi Chimon valident l'erouv douteux, sur le témoignage d'Avtolmos.

Clef du migdal : quand l'erouv tient Michna complétée. Puis la clef retrouvée le Chabbat. Clef perdue, jour de fête On peut accéder à l'erouv. L'erouv est valable. Clef perdue, Chabbat Les Sages n'ont pas permis de démolir le migdal. L'erouv est nul. Clef retrouvée le Chabbat Tanna anonyme Ville et champ : erouv nul. Il n'a pas l'avis de Rabbi Chimon. Toits, cours, karpefot ne font pas pour lui un seul domaine. Voir le chapitre Kol Gagot. Rabbi Éliézer En ville : erouv valable. Il ramène la clef par toits, cours et karpefot. Un seul domaine, comme Rabbi Chimon. Dans le champ : nul, comme les Sages.
Clef perdue : valable le jour de fête, nulle le Chabbat. Clef retrouvée le Chabbat : le tanna anonyme refuse ville et champ ; Rabbi Éliézer valide la ville, par Rabbi Chimon.
Trois lectures du migdal fermé La deuxième tombe. La page retient la serrure et le couteau. 1. Rabba et Rav Yossef : migdal de bois L'un : c'est un keli. Pas de construction, pas de démolition. S'il veut, il l'ouvre. L'autre : c'est un ohel. Démolir est interdit. Même discussion, disent-ils, que la touma du zav. 2. Abaye écarte la preuve Le coup du zav ne se règle pas par keli ou ohel. Déplacé par sa force : impur. Vibration du sol : pur. Le débat porte sur la vibration du coup lui-même. 3. Abaye et Rava : serrure liée par une courroie Tanna : comme Rabbi Yossi Tous les ustensiles se déplacent le Chabbat, sauf la grande scie et la cheville de charrue. Il prend le couteau et coupe la courroie. Erouv valable. Rabbi Éliézer : comme Rabbi Nehemia Même le manteau, même la cuillère : seulement pour leur usage. Le couteau coupe le pain, pas une corde. Il ne peut pas ouvrir.
Rabba et Rav Yossef : bois, keli ou ohel. Abaye retire la preuve tirée du zav. Abaye et Rava : courroie et couteau, Rabbi Yossi contre Rabbi Nehemia.
L'erouv au crépuscule Quatre accidents. L'heure décide. Le doute divise. Roule hors du tehoum Un tas tombe dessus Il brûle Terouma devenue impure Tant qu'il fait jour Au crépuscule, l'erouv n'est plus là, ou plus propre. La résidence ne s'acquiert pas. Erouv nul. Après la nuit Au crépuscule, l'erouv tenait. Le Chabbat, une fois permis, reste permis. Erouv valable. Doute : jour ou nuit ? Rabbi Meir, Rabbi Yehouda Conducteur d'âne et de chameau. Il ne garde que la zone commune aux deux résidences. Rabbi Yossi, Rabbi Chimon Erouv douteux : valable. Avtolmos témoigne au nom de cinq anciens.
Quatre accidents. Avant la nuit, erouv nul. Après la nuit, erouv acquis. Le doute : conducteur d'âne et de chameau, ou erouv douteux valable.
1
חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: נְתָנוֹ בְּמִגְדָּל, וְנָעַל בְּפָנָיו וְאָבַד הַמַּפְתֵּחַ — הֲרֵי זֶה עֵירוּב. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים? בְּיוֹם טוֹב, אֲבָל בְּשַׁבָּת — אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. נִמְצָא הַמַּפְתֵּחַ, בֵּין בָּעִיר בֵּין בַּשָּׂדֶה — אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בָּעִיר — עֵירוּבוֹ עֵירוּב, בַּשָּׂדֶה — אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב.

Il y a un manque, et voici ce qu'elle enseigne : on l'a déposé dans un migdal, on a fermé devant lui, et la clef est perdue : voici un erouv. Dans quel cas cela est-il dit ?

Le jour de fête. Mais le Chabbat, son erouv n'est pas un erouv.

La clef est retrouvée, que ce soit en ville ou dans le champ : son erouv n'est pas un erouv. Rabbi Éliézer dit : en ville, son erouv est un erouv ; dans le champ, son erouv n'est pas un erouv.

📜 Rachi (3)
אֲבָל בְּשַׁבָּת אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּלָא שָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנָן לְמִיסְתַּר:
Car les Sages ne lui ont pas permis de le démolir.
נִמְצָא הַמַּפְתֵּחַ בְּשַׁבָּת:
Le Chabbat.
אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּלֵית לֵיהּ דר"ש וְהָא דר"ש בְּפֶ' כָּל גַּגּוֹת:
Car il n'a pas l'avis de Rabbi Chimon. Et cet avis de Rabbi Chimon est dans le chapitre Kol Gagot.
🗂️ Tossefot (2)
חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי פ"ה וְג' מַחֲלוֹקוֹת בַּדָּבָר וְלָא דַּק דְּמַתְנִיתִין אַייְרֵי בְּיוֹם טוֹב וּפְלִיגִי אִי מָצֵי סָתַר לֵיהּ אִי לָאו וּבָרַייְתָא כְּשֶׁנִּמְצָא בְּשַׁבָּת וּפְלִיגִי בדר"ש וְהָא דְּתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא (פֶּרֶק שֵׁנִי) דְּעֵירוּבִין וּמוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּבְנֵי חָצֵר וּבְנֵי מִרְפֶּסֶת שֶׁגָּבוּ עֵירוּבָן וּנְתָנוּהוּ בְּבֵית אע"פ שֶׁיּוֹדְעִין שֶׁאֵין הַמַּפְתֵּחַ בִּמְקוֹמוֹ שֶׁעֵירוּבוֹ עֵירוּב הַייְנוּ טַעְמָא דִּבְעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת הֵקֵילּוּ וּמִיהוּ נִרְאֶה דְּאַנִּמְצָא מַפְתֵּחַ בְּשַׁבָּת קָאֵי מִדְּקָאָמַר וּמוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וביו"ט כִּי לֹא נִמְצָא מַפְתֵּחַ אַדְּרַבָּה חֲכָמִים הֵקֵילּוּ טְפֵי וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אִיפְּכָא וּמוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לַחֲכָמִים:
Selon l'explication de Rachi, il y a trois discussions dans la chose, et il n'a pas été précis. Car la michna traite du jour de fête, et ils divergent : peut-il le démolir, ou non. Et la baraita vise le cas où on la retrouve le Chabbat, et ils divergent au sujet de Rabbi Chimon. Et ce qu'enseigne la Tossefta (chapitre deux) d'Eruvin : les Sages conviennent avec Rabbi Éliézer, pour les habitants d'une cour et les habitants d'une galerie qui ont recueilli leur erouv et l'ont déposé dans une maison, même lorsqu'ils savent que la clef n'est pas à sa place, que son erouv est un erouv. La raison : pour les erouv de cours, ils ont allégé. Toutefois il paraît que cela porte sur la clef retrouvée le Chabbat, puisqu'il dit : et les Sages conviennent avec Rabbi Éliézer. Et le jour de fête, quand la clef n'est pas retrouvée, les Sages ont allégé davantage, et il aurait fallu dire l'inverse : et Rabbi Éliézer convient avec les Sages.
בָּעִיר עֵירוּבוֹ עֵירוּב בְּנִמְצָא בְּשַׁבָּת אַף עַל פִּי שֶׁהָיָה אָבוּד בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Quand elle est retrouvée le Chabbat, même si elle était perdue au crépuscule.
💡 Explication

La michna du migdal est incomplète. Complétée : erouv enfermé, clef perdue. Le jour de fête, l'erouv est valable. Le Chabbat, il est nul : les Sages n'ont pas permis de démolir le meuble pour l'atteindre.

Autre cas : la clef est retrouvée le Chabbat. Le tanna anonyme : ville ou champ, erouv nul. Rabbi Éliézer : valable en ville, nul dans le champ. Tossefot : Rachi compte trois avis, et il mêle le jour de fête (démolir ou non) avec le Chabbat (avis de Rabbi Chimon). La Tossefta, où les Sages conviennent avec Rabbi Éliézer, vise la clef retrouvée le Chabbat : le jour de fête, sans clef, ce sont les Sages qui allègent.

2
בָּעִיר — עֵירוּבוֹ עֵירוּב, כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר: אֶחָד גַּגּוֹת וְאֶחָד חֲצֵירוֹת וְאֶחָד קַרְפֵּיפוֹת — רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכָן. בַּשָּׂדֶה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב — כְּרַבָּנָן.

En ville, son erouv est un erouv, comme Rabbi Chimon, qui a dit : toits, cours et karpefot sont un seul domaine pour les ustensiles qui y ont commence le Chabbat. Dans le champ, son erouv n'est pas un erouv, comme les Sages.

💡 Explication

La Guemara explique Rabbi Éliézer. En ville, il suit Rabbi Chimon : toits, cours et karpefot (enclos) forment un seul domaine pour les ustensiles qui y ont commence le Chabbat. On ramène donc la clef jusqu'au migdal.

Dans le champ, il suit les Sages : ce chemin n'existe pas, l'erouv est nul.

🖼️ Schéma
Clef du migdal : quand l'erouv tient Michna complétée. Puis la clef retrouvée le Chabbat. Clef perdue, jour de fête On peut accéder à l'erouv. L'erouv est valable. Clef perdue, Chabbat Les Sages n'ont pas permis de démolir le migdal. L'erouv est nul. Clef retrouvée le Chabbat Tanna anonyme Ville et champ : erouv nul. Il n'a pas l'avis de Rabbi Chimon. Toits, cours, karpefot ne font pas pour lui un seul domaine. Voir le chapitre Kol Gagot. Rabbi Éliézer En ville : erouv valable. Il ramène la clef par toits, cours et karpefot. Un seul domaine, comme Rabbi Chimon. Dans le champ : nul, comme les Sages.
Ville : la clef revient par toits, cours et karpefot. Champ : ce chemin manque.
3
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ: הָכָא בְּמִגְדָּל שֶׁל עֵץ עָסְקִינַן, דְּמַר סָבַר: כְּלִי הוּא, וְאֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים וְאֵין סְתִירָה בְּכֵלִים. וּמַר סָבַר: אֹהֶל הוּא.

Rabba et Rav Yossef disent tous deux : ici nous traitons d'un migdal de bois. L'un estime : c'est un ustensile (keli), il n'y a pas de construction dans les ustensiles, et il n'y a pas de démolition dans les ustensiles.

Et l'autre estime : c'est une tente (ohel).

📜 Rachi (1)
וְאֵין סְתִירָה בְּכֵלִים וְאִי בָּעֵי סָתַר לֵיהּ:
Et s'il veut, il le démolit.
💡 Explication

Autre lecture de la michna. Rabba et Rav Yossef : le migdal est en bois. L'un le tient pour un keli : ni construction ni démolition, on peut l'ouvrir, l'erouv tient. L'autre le tient pour un ohel : le démolir est interdit.

4
וּבִפְלוּגְתָּא דְּהָנֵי תַּנָּאֵי, דִּתְנַן: הִקִּישׁ עַל גַּבֵּי שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל — טְמֵאִין. רַבִּי נְחֶמְיָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֲרִין.

Et c'est dans la discussion de ces tannaïm. Car nous avons appris : il a frappé sur une shida, une teiva et un migdal : ils sont impurs.

Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon les déclarent purs.

📜 Rachi (2)
הִקִּישׁ זָב בְּאֶגְרוֹפוֹ עַל גַּבֵּי שִׁידָּה כו':
Un zav, de son poing, sur une shida, etc.
טְמֵאִים מִפְּנֵי שֶׁהֱסִיטָן וּכְגוֹן שֶׁהָיָה לְבוּשׁ בֵּית יָד דְּלָא מְטַמֵּא בִּנְגִיעָה אִי נָמֵי שֶׁהִקִּישׁוֹ בַּחֲתִיכַת עֵץ שֶׁבְּיָדוֹ:
Parce qu'il les a déplacés (hesset). Par exemple il portait une manche, de sorte qu'il ne rend pas impur par le contact. Ou bien il a frappé avec un morceau de bois qu'il tenait en main.
💡 Explication

Ils rattachent ce débat à une michna de touma. Un zav frappe du poing une shida (coffre), une teiva (caisse) ou un migdal. Le tanna : impurs, car il les a mis en mouvement. Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon : purs.

Rachi écarte le contact direct : manche, ou morceau de bois. L'impureté vient du hesset, le déplacement.

5
מַאי לַָאו, בְּהָא קָמִפַּלְגִי: מַר סָבַר — כְּלִי הוּא, וּמַר סָבַר — אֹהֶל הוּא.

N'est-ce pas qu'ils divergent sur ceci : l'un estime que c'est un ustensile, et l'autre estime que c'est une tente.

📜 Rachi (1)
אֹהֶל הוּא וְלֹא מְקַבֵּל טֻומְאָה:
Et elle ne reçoit pas l'impureté.
💡 Explication

Lecture proposée : le tanna tient ces meubles pour des kelim, le hesset du zav les rend impurs. Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon les tiennent pour un ohel, qui ne reçoit pas cette impureté. Même ligne de partage que pour ouvrir le migdal le Chabbat.

6
אָמַר אַבַּיֵּי: וְתִיסְבְּרָא? וְהָתַנְיָא: אֹהֶל וְנִיסָּט — טָמֵא, כְּלִי וְאֵינוֹ נִיסָּט — טָהוֹר. וְקָתָנֵי סֵיפָא: וְאִם הָיוּ נִיסּוֹטִין — טְמֵאִים, זֶה הַכְּלָל: נִיסַּט מֵחֲמַת כֹּחוֹ — טָמֵא, מֵחֲמַת רְעָדָה — טָהוֹר!

Abaye dit : et peux-tu le soutenir ? Or on a enseigné : une tente, et elle a bougé, impure ; un ustensile, et il n'a pas bouge, pur.

Et la fin enseigne : et s'ils bougeaient, ils sont impurs. Voici la règle : il a bougé par sa force, impur ; par une vibration, pur.

📜 Rachi (5)
וְתִסְבְּרָא דְּטַעְמָא מִשּׁוּם אֹהֶל וְלָאו אֹהֶל הוּא:
Que le motif tiendrait à tente ou à non-tente.
וְנִיסָּט שֶׁאֵינוֹ תָּקוּעַ יָפֶה וּכְשֶׁמַּקִּישׁ בּוֹ נִיסָּט טָמֵא וְאִם כְּלִי הוּא שֶׁמְּחֻובָּר וְתָקוּעַ אוֹ כָּבֵד הַרְבֵּה שֶׁאֵינוֹ נִיסָּט מֵחֲמָתוֹ טָהוֹר:
Elle n'est pas bien fixée, et quand il frappe dessus elle bouge : impure. Et si c'est un ustensile attaché et fixé, ou très lourd, qui ne bouge pas sous son effet : pur.
וְקָתָנֵי נָמֵי סֵיפָא דְּקַמָּייְתָא דְּהִקִּישׁ ע"ג שִׁידָּה אִם הָיוּ נִיסְטֵין טְמֵאִין אֲפִילּוּ לְרַבִּי נְחֶמְיָה ור"ש אַלְמָא טַעְמַיְיהוּ לָאו מִשּׁוּם אֹהֶל הוּא:
De la première, il a frappé sur une shida : s'ils bougeaient, ils sont impurs, même selon Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon. Il en ressort que leur motif ne tient pas à la tente.
זֶה הַכְּלָל נִיסָּט מֵחֲמַת כֹּחוֹ שֶׁהֵסִיט אֶת הַכְּלִי אוֹ אֶת הָאֹהֶל מַמָּשׁ שֶׁנִּיתְּקוּ מִמּוֹשָׁבוֹ מַשֶּׁהוּ:
Il a vraiment déplacé l'ustensile ou la tente : ils se sont détachés de leur place, ne serait-ce qu'un peu.
מֵחֲמַת רְעָדָה שֶׁטָּפַח בְּרַגְלָיו בַּקַּרְקַע וּמֵחֲמַת נִיעְנוּעַ הַקַּרְקַע נִיסַּט הַכְּלִי אַף עַל פִּי שֶׁנִּיתַּק מִן הָאָרֶץ טָהוֹר דְּכֹחַ כּוֹחוֹ הוּא:
Il a frappé du pied sur le sol, et par le tremblement du sol l'ustensile a bougé. Même s'il s'est détaché du sol, il est pur, car c'est la force de sa force.
🗂️ Tossefot (1)
וְקָתָנֵי סֵיפָא אִם הָיוּ נִיסְטֵין טְמֵאִין מֵהַךְ סֵיפָא לְחוּד לָא מָצֵי לְמֵידַק דְּמָצֵי לְמֵימַר דְּמֵחֲמַת רְעָדָה הוּא דִּפְלִיגִי דְּיֵשׁ חִלּוּק בֵּין אֹהֶל לִכְלִי אֲבָל בְּהֶיסֵּט אֹהֶל נָמֵי טָמֵא לְכָךְ מַיְיתֵי בָּרַייְתָא דְּמֵחֲמַת רְעָדָה נָמֵי אֵין חִילּוּק בֵּין אֹהֶל לִכְלִי וּבָרַייְתָא לְחוּד נָמֵי לָא סַגְיָא דַּהֲוָה אָמֵינָא דְּאָתְיָא לֹא כְּרַבִּי נְחֶמְיָה וְלֹא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לְהָכִי אַיְּיתִי סֵיפָא דְּמִילְּתַייְהוּ:
De cette fin seule on ne peut pas déduire. On pourrait dire qu'ils divergent sur la vibration : il y a une distinction entre tente et ustensile, mais pour un déplacement effectif la tente aussi est impure. C'est pourquoi il apporte la baraita : pour la vibration non plus, il n'y a pas de distinction entre tente et ustensile. Et la baraita seule ne suffit pas non plus, car j'aurais dit qu'elle ne suit ni Rabbi Nehemia ni Rabbi Chimon. C'est pourquoi il apporte la fin de leurs propres paroles.
💡 Explication

Abaye refuse cette lecture. Une baraita : une tente qui bouge est impure, un keli qui ne bouge pas est pur. Le critère est le mouvement, non le nom de l'objet. La fin le confirme : s'ils bougent, ils sont impurs.

Règle : par sa force, impur ; par une vibration (reada), pur. Rachi : la vibration du sol est la force de sa force, même si l'objet quitte le sol. Tossefot : il faut les deux textes. La fin seule laisserait une distinction tente / keli pour la vibration. La baraita seule pourrait ne suivre ni Rabbi Nehemia ni Rabbi Chimon.

7
אֶלָּא אָמַר אַבַּיֵּי: דְּכֻולֵּי עָלְמָא הֶיסֵּט מֵחֲמַת כֹּחוֹ — טָמֵא, מֵחֲמַת רְעָדָה — טָהוֹר. וְהָכָא בִּרְעָדָה מֵחֲמַת כֹּחוֹ עָסְקִינַן, וּבְהָא קָא מִיפַּלְגִי: דְּמַר סָבַר — הָוֵי הֶיסֵּט, וּמַר סָבַר — לָא הָוֵי הֶיסֵּט.

Abaye dit plutôt : tout le monde convient qu'un déplacement par sa force est impur, et qu'un déplacement par vibration est pur. Et ici nous traitons d'une vibration due à sa force, et ils divergent sur ceci : l'un estime que c'est un déplacement, l'autre estime que ce n'est pas un déplacement.

📜 Rachi (3)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא אֲפִילּוּ לְר' נְחֶמְיָה הַסִּיט מַמָּשׁ מֵחֲמַת כֹּחוֹ טָמֵא וַאֲפִילּוּ אֹהֶל:
Même pour Rabbi Nehemia, un déplacement réel par sa force est impur, même une tente.
מֵחֲמַת רְעָדָה טָהוֹר וַאֲפִילּוּ הוּא כְּלִי:
Même si c'est un ustensile.
וְהָכָא בִּרְעָדָה מֵחֲמַת כֹּחוֹ שֶׁהִקִּישׁ עֲלֵיהֶן מַמָּשׁ וְלֹא נִתְקַן וְלֹא הוּסְטוּ אֶלָּא רָעֲדוּ:
Il a frappé sur eux-mêmes : ils ne se sont pas détachés, ils n'ont pas été déplacés, ils ont seulement vibré.
💡 Explication

Accord général. Hesset par sa force : impur, tente comprise. Reada du sol : pur, keli compris.

Le cas de la michna est entre les deux : vibration due à sa force. Il frappe l'objet, qui tremble sans quitter sa place. Le tanna compte cela comme un hesset. Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon refusent de le compter. La preuve de Rabba et Rav Yossef, keli contre ohel, ne tient plus.

🖼️ Schéma
Coup du zav : force, vibration, vibration du coup Abaye. Tout le monde s'accorde sur les deux premiers cas. Déplacement par sa force (hesset) Il détache l'objet de sa place, même un peu. Keli ou ohel : impur. Même pour Rabbi Nehemia. Vibration du sol (reada, force de sa force) Il frappe le sol du pied. L'objet bouge par le tremblement. Même détaché du sol : pur. Même si c'est un keli. Vibration due à sa force : il frappe l'objet, qui vibre sans quitter sa place Tanna C'est un hesset. Impur. Rabbi Nehemia et Rabbi Chimon Pas un hesset. Pur.
Force directe : impur. Vibration du sol : pur. Vibration du coup : la discussion.
8
וּמַתְנִיתִין בְּמַאי מוֹקְמִינַן לַהּ? אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִתְנָא עָסְקִינַן, וּבָעֵי סַכִּינָא לְמִיפְסָקֶיהָ.

Et la michna, sur quoi l'établissons-nous ? Abaye et Rava disent tous deux : nous traitons d'une serrure liée par une courroie (mitna), et il faut un couteau pour la couper.

📜 Rachi (3)
וּמַתְנִי' דְּעֵירוּב בְּמַאי מוֹקְמִינַן לָהּ דְּהָא לכ"ע אִי גָּדוֹל הוּא אֹהֶל הוּא וְאַמַּאי עֵירוּבוֹ עֵירוּב אִי קָטָן שֶׁאֵינוֹ מַחֲזִיק מ' סְאָה בְּלַח כְּלִי הוּא וּמַאי טַעְמָא דְּר' אֱלִיעֶזֶר:
De l'erouv, sur quoi l'établissons-nous ? Car selon tout le monde, s'il est grand c'est une tente : pourquoi son erouv serait-il un erouv ? S'il est petit, et qu'il ne contient pas quarante sea de liquide, c'est un ustensile : quel est alors le motif de Rabbi Éliézer ?
קְטִיר בְּמִתְנָא קָשׁוּר הַמַּנְעוּל בַּחֶבֶל:
La serrure est attachée par une corde.
וּבָעֵי סַכִּינָא לְמִיפְסָקֶיהָ דְּאִי הֲוָה מָצֵי לְמִיפְסָקֶיהָ בִּידֵיהּ שַׁפִּיר דָּמֵי אַפֵּי' לְר' אֱלִיעֶזֶר דְּאֵין חֲתִיכָה אֲסוּרָה אֶלָּא בִּמְחֻובָּר אֲבָל הָכָא מְקַלְקֵל הוּא וְשָׁרִי כִּדְתַנְיָא בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (דַּף לא:) חוֹתָמוֹת שֶׁבַּכֵּלִים מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ ואע"ג דְּהָכָא אֹהֶל הוּא וְאָמְרִינַן הָתָם שֶׁבַּקַּרְקַע אָסוּר לַחְתֹּוךְ גְּזֵירָה דְּרַבָּנָן הִיא דְּמִיחְזֵי כְּסוֹתֵר וְלֹא סוֹתֵר בִּנְיָן מַמָּשׁ הוּא דְּהָא פְּתִיחַת דֶּלֶת בְּעָלְמָא הוּא כֵּיוָן דִּשְׁבוּת הוּא לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Car s'il pouvait la couper de la main, ce serait valable même selon Rabbi Éliézer. La coupe n'est interdite que sur ce qui est attaché au sol. Ici il détériore (mekalkel), et c'est permis, comme on enseigne dans le traité Beitsa (31b) : les sceaux des ustensiles, on les dénoue, on les défait et on les coupe. Et même si ici c'est une tente, et que l'on dit là-bas qu'au sol il est interdit de couper : c'est un décret des Sages, car cela a l'apparence d'une démolition, et ce n'est pas la démolition réelle d'une construction, puisque c'est simplement l'ouverture d'une porte. Puisque c'est un chevout, ils n'ont pas décrété sur lui au crépuscule.
🗂️ Tossefot (2)
וּמַתְנִי' בְּמַאי מוּקֵי לֵיהּ וְלָא בָּעֵי לְאוֹקוֹמ' בִּפְלוּגְתָּא דְּאֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים מִשּׁוּם דִּפְלוּגְתָּא דְּב"ש וּב"ה הִיא בְּפֶרֶק ב' דְּבֵיצָה (ד' כב.):
Et il ne veut pas l'établir dans la discussion il n'y a pas de construction dans les ustensiles, parce que cette discussion est celle de Beit Chammai et Beit Hillel, au chapitre deux de Beitsa (22).
בָּעֵי סַכִּינָא לְמִיפְסָקֶיהָ פ"ה דְּאִי בַּיָּד הֲוָה שָׁרִי אֲפִילּוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דִּמְקַלְקֵל הוּא דְּתַנְיָא בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (דַּף לא:) חוֹתָמוֹת שֶׁבַּכֵּלִים מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ וְאַף עַל גַּב דְּהָכָא אֹהֶל הוּא וְאָמַר שֶׁבַּקַּרְקַע אָסוּר גְּזֵירָה דְּרַבָּנָן הוּא דְּמִיחְזֵי כְּסוֹתֵר וְלֹא סוֹתֵר בִּנְיָן מַמָּשׁ הוּא דְּהָא פְּתִיחַת דֶּלֶת בְּעָלְמָא הוּא וְכֵיוָן דִּשְׁבוּת הוּא לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בה"ש וְאֵינוֹ נִרְאֶה דְּכִי נָמֵי סָבַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר כְּרַבִּי נְחֶמְיָה שָׁרִי דְּטִלְטוּל סַכִּין לֹא אָסוּר אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן לְכָךְ י"ל דְּהָכָא כְּלִי הוּא וְאִי הֲוָה מָצֵי לְמַפְסְקֶיהָ בַּיָּד הֲוָה שָׁרִי אֲבָל בְּסַכִּינָא אָסוּר כְּרַבִּי נְחֶמְיָה וְלֵית לֵיהּ דְּרַבִּי וּמִכָּאן מְדַקְדֵּק ר"י דְּחוֹתָמוֹת שֶׁבַּכֵּלִים מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ הַיְינוּ דַּוְקָא כְּעֵין קֶשֶׁר שֶׁל מִיתָנָא אֲבָל פּוֹתֵחַ שֶׁל עֵץ אוֹ שֶׁל מַתֶּכֶת אָסוּר לְשַׁבֵּר דְּבִכְלִי נָמֵי יֵשׁ בִּנְיָן וּסְתִירָה כדפ"ל:
Selon l'explication de Rachi : si c'était à la main, ce serait permis même selon Rabbi Éliézer, car il détériore, comme on enseigne dans Beitsa (31b) : les sceaux des ustensiles, on les dénoue, on les défait et on les coupe. Et même si ici c'est une tente, et qu'il a dit qu'au sol c'est interdit : c'est un décret des Sages, car cela a l'apparence d'une démolition, et ce n'est pas la démolition réelle d'une construction, puisque c'est simplement l'ouverture d'une porte. Et puisque c'est un chevout, ils n'ont pas décrété sur lui au crépuscule. Et cela ne paraît pas juste. Car même si Rabbi Éliézer tient comme Rabbi Nehemia, ce serait permis : le déplacement d'un couteau n'est interdit que par les Sages. C'est pourquoi il faut dire qu'ici c'est un ustensile, et s'il pouvait la couper à la main ce serait permis, mais avec un couteau c'est interdit, comme Rabbi Nehemia, et il n'a pas l'avis de Rabbi. Et de là, le Ri déduit que les sceaux des ustensiles, on les dénoue, on les défait et on les coupe, vise seulement une ligature du genre de la courroie. Mais un loquet de bois ou de métal, il est interdit de le briser, car dans un ustensile aussi il y a construction et démolition, comme expliqué plus haut.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' וְאַמַּאי הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר הוּא. רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַייְהוּ הָכָא בְּמִגְדָּל שֶׁל בִּנְיָן עָסְקִינַן ור"מ הִיא דְּאָמַר פּוֹחֵת לְכַתְּחִלָּה וְנוֹטֵל. מַשְׁמַע דְּסָלְקָא אַדַּעְתָּא מֵעִיקָּרָא דְּאַייְרֵי בְּמִגְדָּל שֶׁל עֵץ שֶׁהוּא כְּלִי. וְכֵן סְתָם מִגְדָּל שֶׁהוּא מַזְכִּיר בַּגְּמָרָא בְּכָל מָקוֹם הוּא שֶׁל עֵץ. שֶׁהֲרֵי הוּא שׁוֹנֶה בְּכָל מָקוֹם שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל. וְתֵימַהּ מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ הוּא בְּמָקוֹם אֶחָד וְעֵירוּבוֹ בְּמָקוֹם אַחֵר וַהֲלֹא מֻותָּר לְשַׁבֵּר כְּלִי בְּשַׁבָּת לֶאֱכֹול מַה שֶׁבְּתוֹכוֹ כְּדִתְנַן בְּמַס' שַׁבָּת פֶּרֶק חָבִית (שַׁבָּת דַּף קמו.) שׁוֹבֵר אָדָם אֶת הֶחָבִית לֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ גְּרוֹגָרוֹת. וְיֵשׁ לוֹמַר דִּבְמַסֶּכֶת יו"ט דַּף לג: מוּקֵי לָהּ בְּמוּסְתְּקֵי וּפִי' רַשִׁ"י שִׁבְרֵי כֵּלִים הַמְדֻובָּקוֹת יַחַד ע"י זֶפֶת דְּמֵחֲמַת גְּרִיעוּתוֹ לָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת כְּלִי. ואע"ג דְּהָתָם לָא מוּקֵי לָהּ בְּמוּסְתְּקֵי אֶלָּא לר"א. מִיהוּ גַּם לְרַבָּנָן אִיכָּא לְאוֹקוּמֵי הָכִי דְּרַבָּנָן לָא פְלִיגִי עָלֶיהָ דר"א דְּקָאָמַר וְלֹא לְהָרִיחַ בּוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאִיהוּ סְבִירָא לֵיהּ דְּבִקְטִימַת קֵיסָם לַחֲצוֹת בּוֹ שִׁינָּיו חַייָּב חַטָּאת. וְרַבָּנָן נָמֵי אִי הָווּ מִחַיְּיבִי הָווּ מוֹדוֹ דְּאָסוּר לִקְטֹום וּלְהָרִיחַ. הִלְכָּךְ בְּתִיקּוּן כְּלִי דְּשַׁיָּיךְ בֵּיהּ בִּנְיָן מוֹדוּ רַבָּנָן דְּאָסוּר לְשַׁבֵּר הֶחָבִית וְלֶאֱכֹול מִמֶּנּוּ גְּרוֹגָרוֹת אִי לָאו דְּאַייְרֵי בְּמוּסְתְּקֵי. דְּבִנְיָן גָּמוּר וּסְתִירָה גְּמוּרָה שָׁייְכָא שַׁפִּיר בְּכֵלִים כִּדְאָמְרִינַן בְּרֵישׁ הַבּוֹנֶה (שַׁבָּת דַּף קב:) הָאִי מָאן דְּעָיֵיל שֻׁופְתָּא בְּקוֹפִינָא דְּמָרָא חַייָּב מִשּׁוּם בּוֹנֶה וְלֹא כְּמוֹ שפירש"י בְּפֶרֶק כְּלָל גָּדוֹל (שַׁבָּת דַּף עַד:) גַּבֵּי מַאן דַּעֲבִיד חָבִיתָא וְתַנּוּרָא וְחַלְּתָא דְּמִשּׁוּם בּוֹנֶה לָא מִיחַייַּב דְּאֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים. וְהָא דְּאָמַר בְּכָל דֻּוכְתָּא אֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים הַייְנוּ דַּוְקָא כְּעֵין הַחְזָרַת מְנוֹרָה וּמְנוֹרָה שֶׁל חֻולְיוֹת בְּפֶ' כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מו.) וּבְפֶ' שֵׁנִי דְּיוֹם טוֹב דַּף כב. אֲבָל כְּשֶׁעוֹשֶׂה כָּל הַכְּלִי אוֹ תִּיקּוּן גָּמוּר מִיקְּרֵי שַׁפִּיר בִּנְיָן. וְהָא דְּאָמַר רַבָּה וְרַב יוֹסֵף בְּמִגְדָּל שֶׁל עֵץ עָסְקִינַן מִשּׁוּם דְּאֵין בִּנְיָן בְּכֵלִים. הַייְנוּ כִּדְמוּקִי לָהּ בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִיתְנָא. אִי נָמֵי בִּנְטִילַת דֶּלֶת כִּדְקָתָנֵי בְּרֵישׁ כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכב:) דֶּלֶת שֶׁל שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל נוֹטְלִין אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין גְּזֵרָה שֶׁמָּא יִתְקַע. וּמִדְּמוּקֵי בַּמַּסְּקָנָא בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִיתְנָא וּבָעֵי סַכִּינָא לְמִיפַּסְקִי' מַשְׁמַע הָא דְּאָמַר חוֹתָמוֹת שֶׁבַּכֵּלִים מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ הַייְנוּ דַּוְקָא כְּעֵין קְשִׁירָה שֶׁל מִיתָנָא וְכַיּוֹצֵא בָּהּ. אֲבָל פּוֹתֵחַ שֶׁל עֵץ וְשֶׁל מַתֶּכֶת אָסוּר לְהַפְקִיעַ וּלְשַׁבֵּר דְּבִכְלִי נָמֵי שַׁיָּיךְ בִּנְיָן גָּמוּר וּסְתִירָה גְּמוּרָה. וּמוּקֵי לָהּ בַּאֲוִירָא דְּלִיבַּנָא וביו"ט דַּוְקָא וְלֹא בְּשַׁבָּת. וְאִם הָיָה בִּנְיָן גָּמוּר דְּאִי אֶפְשָׁר לְסָותְרוֹ ביו"ט אוֹ בְּשַׁבָּת וְנִמְצָא הַמַּפְתֵּחַ ביו"ט בֵּין בָּעִיר בֵּין בַּשָּׂדֶה עֵירוּבוֹ עֵירוּב. בְּשַׁבָּת בָּעִיר עֵירוּבוֹ עֵירוּב דְּיָכוֹל לַהֲבִיאוֹ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת חֲצֵירוֹת וְקַרְפֵּיפוֹת כר"ש. בַּשָּׂדֶה אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ הָכָא בְּמַנְעוּל וּקְטִיר בְּמִיתְנָא עָסְקִינַן וּבָעֵי סַכִּינָא לְמִיפְסְקֵיהּ. ר"א סָבַר כְּר' נְחֶמְיָה אֲפִילּוּ סַכִּין וַאֲפִילּוּ תַּרְוָוד אֵין נִיטָּלִין אֶלָּא לְצֹורֶךְ תַּשְׁמִישָׁן. וְרַבָּנָן סָבְרִי כָּל הַכֵּלִים נִיטָּלִין בֵּין לְצֹורֶךְ בֵּין שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ:
Guemara. Et pourquoi ? Lui est dans un lieu, et son erouv est dans un autre lieu. Rav et Chmouel disent tous deux : ici nous traitons d'un migdal de construction, et c'est Rabbi Meir, qui dit : on perce d'emblée et on prend. Il en ressort qu'au départ on pensait qu'il s'agit d'un migdal de bois, qui est un ustensile. De même, un migdal sans autre précision, partout où la Guemara le mentionne, est de bois : on enseigne partout shida, teiva et migdal. Et c'est étonnant : quelle est la difficulté de lui dans un lieu et son erouv dans un autre ? Il est permis de briser un ustensile le Chabbat pour manger ce qui est dedans, comme nous l'avons appris dans le traité Chabbat, chapitre HaHavit (Chabbat 146a) : un homme brise le tonneau pour en manger des figues sèches. On peut répondre : dans le traité Yom Tov, folio 33b, on établit ce cas dans le moustaki. Rachi explique : des débris d'ustensiles collés ensemble par de la poix. A cause de leur médiocrité, on ne craint pas qu'il ait l'intention d'en faire un ustensile. Et même si là-bas on n'établit le moustaki que selon Rabbi Éliézer, on peut aussi l'établir ainsi selon les Sages. Les Sages ne le contestent, là où il dit et non pour le sentir, que parce que lui tient que tailler un copeau pour se curer les dents rend passible d'un hatat. Les Sages aussi, s'ils rendaient passible, conviendraient qu'il est interdit de tailler et de sentir. Par conséquent, pour une réparation d'ustensile à laquelle la construction s'applique, les Sages conviennent qu'il est interdit de briser le tonneau pour en manger des figues sèches, sauf si l'on traite de moustaki. Car une construction complète et une démolition complète s'appliquent bien aux ustensiles, comme on le dit au début de HaBoneh (Chabbat 102b) : celui qui enfonce le manche dans l'œil de la pioche est passible au titre de constructeur. Et non comme l'explique Rachi dans le chapitre Klal Gadol (Chabbat 74b), au sujet de celui qui fabrique un tonneau, un four et une corbeille : il ne serait pas passible au titre de constructeur, parce qu'il n'y a pas de construction dans les ustensiles. Et ce que l'on dit partout, il n'y a pas de construction dans les ustensiles, vise seulement le fait de remettre une lampe, et une lampe à éléments, dans le chapitre Kira (Chabbat 46a) et au second chapitre de Yom Tov, folio 22. Mais quand on fabrique l'ustensile entier, ou une réparation complète, cela porte bien le nom de construction. Et ce que disent Rabba et Rav Yossef, nous traitons d'un migdal de bois, à cause de il n'y a pas de construction dans les ustensiles : c'est selon l'établissement dans une serrure liée par une courroie. Ou bien en retirant la porte, comme on enseigne au début de Kol HaKelim (Chabbat 122b) : la porte d'une shida, d'une teiva et d'un migdal, on la retire et on ne la remet pas, décret de crainte qu'on ne la fixe. Et puisque la conclusion établit une serrure liée par une courroie, et qu'il faut un couteau pour la couper, il en ressort que les sceaux des ustensiles, on les dénoue, on les défait et on les coupe, vise seulement une ligature du genre de la courroie, et ce qui lui ressemble. Mais un loquet de bois ou de métal, il est interdit de le défaire et de le briser : dans un ustensile aussi, une construction complète et une démolition complète s'appliquent. Et on l'établit dans l'intervalle d'une brique, et seulement le jour de fête, non le Chabbat. Et si c'était une construction complète, impossible à démolir le jour de fête ou le Chabbat, et que la clef est retrouvée le jour de fête, en ville ou dans le champ, son erouv est un erouv. Le Chabbat, en ville, son erouv est un erouv : on peut l'apporter par les toits, les cours et les karpefot, comme Rabbi Chimon. Dans le champ, son erouv n'est pas un erouv. Abaye et Rava disent tous deux : ici nous traitons d'une serrure liée par une courroie, et il faut un couteau pour la couper. Rabbi Éliézer tient comme Rabbi Nehemia : même un couteau, même une cuillère, on ne les déplace que pour leur usage. Et les Sages tiennent : tous les ustensiles se déplacent, qu'il y ait un besoin ou qu'il n'y en ait pas.
💡 Explication

La lecture keli / ohel ne peut plus porter la michna. Selon tous, un grand migdal est un ohel, un petit, sous quarante sea de liquide, est un keli. Abaye et Rava : serrure liée par une courroie. Pour l'ouvrir sans clef, il faut un couteau.

Rachi : à la main, couper serait permis même pour Rabbi Éliézer, car on détériore (mekalkel), et l'interdit de couper vise ce qui est attaché au sol. L'apparence de démolition, sur une tente, n'est qu'un chevout, non décrété au crépuscule. Tossefot refusent cette issue : déplacer un couteau n'est lui aussi qu'un interdit des Sages. Ils lisent un keli, et un couteau interdit selon Rabbi Nehemia. Le Ri en tire : on ne coupe ainsi qu'une courroie. Un loquet de bois ou de métal, on ne le brise pas.

9
תַּנָּא קַמָּא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: כָּל הַכֵּלִים נִיטָּלִין בְּשַׁבָּת, חוּץ מִמַּסָּר הַגָּדוֹל וְיָתֵד שֶׁל מַחֲרֵישָׁה.

Le premier tanna tient comme Rabbi Yossi, qui a dit : tous les ustensiles se déplacent le Chabbat, sauf une grande scie et la cheville de la charrue.

💡 Explication

Le tanna anonyme suit Rabbi Yossi sur le mouktse. Presque tous les ustensiles se déplacent le Chabbat. Restent exclus la grande scie et la cheville de la charrue. Le couteau, lui, se prend : il coupe la courroie, l'erouv est accessible.

10
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר לַהּ כְּרַבִּי נְחֶמְיָה, דְּאָמַר: אֲפִילּוּ טַלִּית אֲפִילּוּ תַּרְווָד — אֵין נִיטָּלִין אֶלָּא לְצֹורֶךְ תַּשְׁמִישָׁן.

Et Rabbi Éliézer tient comme Rabbi Nehemia, qui a dit : même un manteau, même une cuillère, on ne les déplace que pour leur usage.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא לְצֹורֶךְ תַּשְׁמִישָׁן וְעִיקַּר תַּשְׁמִישׁוֹ שֶׁל סַכִּין לֹא לַחְתֹּוךְ חֲבָלִים הוּא אֶלָּא לֶחֶם וּבָשָׂר וְאוֹכְלִין וְהָכִי פְּלִיגִי תַּנָּא קַמָּא לֵית לֵיהּ דְּרַבִּי נְחֶמְיָה הִלְכָּךְ עֵירוּבוֹ עֵירוּב דִּפְסִיק לֵיהּ לְמִיתְנָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר אִם בָּעִיר אָבַד. הֲרֵי זֶה עֵירוּב דְּכִי מִדְּכַר לֵיהּ מַיְיתֵי לֵיהּ דֶּרֶךְ קַרְפֵּיפוֹת וְאִם בְּשָׂדֶה אֵינוֹ עֵירוּב דְּמִיפְּסִיק מַנְעוּל לָא מָצֵי כִּדְרַבִּי נְחֶמְיָה:
Et l'usage principal du couteau n'est pas de couper des cordes, mais du pain, de la viande et des aliments. Et voici comment ils divergent. Le premier tanna n'a pas l'avis de Rabbi Nehemia : donc son erouv est un erouv, car il coupe la courroie. Rabbi Éliézer dit : si elle est perdue en ville, voici un erouv, car quand il s'en souvient il l'apporte par les karpefot. Et si c'est dans le champ, ce n'est pas un erouv, car il ne peut pas briser la serrure, comme Rabbi Nehemia.
💡 Explication

Rabbi Éliézer suit Rabbi Nehemia : un ustensile ne se déplace que pour son usage à lui. Le couteau sert au pain et à la viande, non à une corde. Il ne coupe pas la courroie.

Rachi raccorde les deux bouts. En ville, des qu'il se souvient de la clef, il la ramène par les karpefot. Dans le champ, ni le couteau ni ce chemin : l'erouv est nul.

11
מַתְנִי׳ נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם, נָפַל עָלָיו גַּל אוֹ נִשְׂרַף, תְּרוּמָה וְנִטְמֵאת, מִבְּעוֹד יוֹם — אֵינוֹ עֵירוּב. מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה — הֲרֵי זֶה עֵירוּב.

Michna. Il a roulé hors du tehoum, un tas est tombé sur lui, ou il a brûlé, c'était de la terouma et elle est devenue impure : tant qu'il fait jour, ce n'est pas un erouv.

Après la nuit, voici un erouv.

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם אֵינוֹ עֵירוּב הוֹאִיל וְיֵשׁ מִבֵּיתוֹ שֶׁהוּא לָן שָׁם עַד עֵירוּבוֹ יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם אַמָּה דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ כָּל הֵיכָא דְּקָנָה שְׁבִיתָה אִי בְּבֵיתוֹ אִי בְּעֵירוּבוֹ לָא מָצֵי לְמֵיזַל וּלְמִשְׁקְלֵיהּ:
Puisqu'il y a, de sa maison où il passe la nuit jusqu'à son erouv, plus de deux mille coudées. Car dans tous les cas, à l'endroit où il a acquis sa résidence, que ce soit dans sa maison ou à son erouv, il ne peut pas aller le prendre.
נָפַל עָלָיו גַּל מְפָרֵשׁ בַּגְּמָ' דְּבָעֵי מָרָא וַחֲצִינָא לִפְנוּיֵי דְּהָוְיָא מְלָאכָה וְלֹא שְׁבוּת:
La Guemara explique qu'il faut une houe et une pioche pour le dégager : c'est un travail (melakha), et non un chevout.
תְּרוּמָה וְנִטְמֵאת דְּלָא חַזְיָא לָא לְדִידֵיהּ וְלָא לְאַחֲרֵינִי:
Car elle n'est propre ni pour lui ni pour d'autres.
מִשֶּׁחָשֵׁיכָה כְּבָר קָנָה עֵירוּב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת וְשַׁבָּת הוֹאִיל וְהֻותְּרָה הֻותְּרָה:
Il a déjà acquis l'erouv au crépuscule. Et le Chabbat, une fois qu'il a été permis, reste permis.
🗂️ Tossefot (1)
נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם אֲפִילּוּ תְּחוּמִין דְּרַבָּנָן וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי דְּאָמַר כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת מִכָּל מָקוֹם לָא הָוֵי עֵירוּב אַף עַל גַּב דְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת מָצֵי לְמִישְׁקָלֶיהָ וְאֵיתוֹיֵי כֵּיוָן דְּאִם קָנָה שְׁבִיתָה בַּמָּקוֹם שֶׁנִּתְגַּלְגֵּל הָעֵירוּב הָיָה עוֹמֵד עַתָּה חוּץ לַתְּחוּם וְאֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת הִילְכָּךְ תִּקְּנוּ רַבָּנָן שֶׁלֹּא יִהְיֶה עֵירוּב אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּתוֹךְ הַתְּחוּם:
Même des tehoumim d'ordre rabbinique, et même selon Rabbi, qui a dit : toute chose qui est un chevout, ils n'ont pas décrété sur elle au crépuscule. Malgré tout, ce n'est pas un erouv. Bien qu'au crépuscule il puisse le prendre et l'apporter : s'il avait acquis sa résidence à l'endroit où l'erouv a roulé, il se tiendrait maintenant hors du tehoum et n'aurait que quatre coudées. C'est pourquoi les Sages ont institué qu'il n'y a erouv que lorsqu'il est à l'intérieur du tehoum.
💡 Explication

Nouvelle michna. Quatre accidents : l'erouv roulé hors du tehoum, un tas tombe dessus, il brûlé, ou c'est de la terouma devenue impure. Tant qu'il fait jour, avant le crépuscule qui fixe la résidence : erouv nul. Après la nuit : il était encore là au crépuscule, l'erouv tient. Formule : une fois permis, cela reste permis.

Rachi, pour le roulé : de la maison à l'erouv, plus de deux mille coudées. Qu'il réside chez lui ou là-bas, il ne peut pas aller le reprendre. La terouma impure n'est mangeable ni pour lui ni pour un autre. Tossefot : même un tehoum des Sages, et même pour Rabbi qui lève le chevout au crépuscule, l'erouv hors limite reste nul. S'il résidait là où il a roulé, il n'aurait que quatre coudées.

12
אִם סָפֵק, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמְרִים: הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל.

S'il y a un doute, Rabbi Meir et Rabbi Yehouda disent : le voilà conducteur d'âne et de chameau.

📜 Rachi (2)
סָפֵק אִם מִבְּעוֹד יוֹם אִם מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה:
Si c'est tant qu'il fait jour, ou après la nuit.
הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל דִּמְסַפְּקָא לָן אִי קָנֵי לֵיהּ זֶה עֵירוּב וְהָכָא הָוֵי בֵּיתוֹ וּמֵהָכָא יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ וְהִפְסִיד אַלְפַּיִם שֶׁמֵּעֵבֶר בֵּיתוֹ אוֹ שֶׁמָּא לֹא קָנָה עֵירוּב וּמִבֵּיתוֹ יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם לְכָל רוּחַ וְלֹא קָנָה לְעֵבֶר עֵירוּבוֹ כְּלוּם וּמֵחֲמַת סָפֵק זֶה נֶאֱסַר לֵילֵךְ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה שֶׁבֵּין בֵּיתוֹ לְעֵירוּבוֹ דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ בְּהָנָךְ מִשְׁתְּרֵי אֲבָל אַלְפַּיִם שֶׁמֵּעֵירוּבוֹ וְאֵילָךְ לֹא דִּילְמָא לֹא קָנָה עֵירוּב וּמִבֵּיתוֹ וְאֵילָךְ נָמֵי לָא דִּלְמָא קָנָה עֵירוּב נִמְצָא זֶה מוֹשְׁכוֹ כָּאן לֵילֵךְ וְזֶה מוֹשְׁכוֹ לְכָאן כְּאָדָם הַמַּנְהִיג חֲמוֹר וְגָמָל שֶׁהַחֲמוֹר הוֹלֵךְ לְפָנָיו וְזֶה מַנְהִיגוֹ וְהַגָּמָל הוּא מוֹשֵׁךְ וְצָרִיךְ לְפַנּוֹת לְפָנָיו וּלְאַחֲרָיו:
Car nous doutons si cet erouv a acquis pour lui. Alors ici est sa maison, et de là il a deux mille coudées dans chaque direction, et il a perdu les deux mille au-delà de sa maison. Ou bien il n'a pas acquis l'erouv : de sa maison il a deux mille dans chaque direction, et il n'a rien acquis au-delà de son erouv. A cause de ce doute, il lui est interdit d'aller, sauf les deux mille coudées qui sont entre sa maison et son erouv : dans tous les cas, celles-là lui sont permises. Mais les deux mille depuis son erouv et au-delà, non, de crainte qu'il n'ait pas acquis l'erouv. Et depuis sa maison et au-delà non plus, de crainte qu'il ait acquis l'erouv. On trouve donc que l'un le tire ici pour aller, et l'autre le tire la, comme un homme qui conduit un âne et un chameau : l'âne marche devant lui et il le conduit, le chameau, lui, tire, et il doit se tourner devant et derrière.
💡 Explication

On ne sait pas si l'accident est arrivé avant la nuit ou après. Rabbi Meir et Rabbi Yehouda : il est hamar gamal, conducteur d'âne et de chameau, tire des deux côtés.

S'il a acquis l'erouv, sa résidence est là-bas : il perd le côté opposé de sa maison. S'il ne l'a pas acquis, sa résidence reste la maison : il n'a rien au-delà de l'erouv. Seule la bande entre les deux est permise dans les deux hypothèses.

🖼️ Schéma
Conducteur d'âne et de chameau Doute : l'erouv a-t-il acquis la résidence avant la nuit ? Au-delà de la maison interdit Entre la maison et l'erouv deux mille coudées permis dans les deux cas Au-delà de l'erouv interdit Maison Erouv S'il a acquis l'erouv Résidence à l'erouv. Il perd les deux mille au-delà de la maison. S'il n'a pas acquis Résidence à la maison. Il n'a rien au-delà de l'erouv.
Seule la zone entre la maison et l'erouv est permise, que l'erouv ait acquis ou non.
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רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אַבְטוּלְמוֹס הֵעִיד מִשּׁוּם חֲמִשָּׁה זְקֵנִים עַל סְפֵק עֵירוּב שֶׁכָּשֵׁר.

Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : un erouv douteux est valable. Rabbi Yossi a dit : Avtolmos a témoigné au nom de cinq anciens, au sujet d'un erouv douteux, qu'il est valable.

⚖️ Rosh (1)
אָמַר ר' יַעֲקֹב בַּר אִידִי אַרִיבָּ"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב וַהֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. וְתַרְתֵּי לָמָּה לִי. אָמַר ר' זֵירָא צְרִיכָא דְּאִי אָמַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי הֵ"א בֵּן לְקֻולָּא בֵּין לְחוּמְרָא. לְקֻולָּא פִּי' דְּיָשֵׁן קוֹנֶה שְׁבִיתָה כְּמוֹ נֵיעוֹר. וּפִי' לְחוּמְרָא דְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר לְרַבִּי יוֹחָנָן קוֹנִין שְׁבִיתָה וְהַיְינוּ לְחוּמְרָא. קמ"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב דְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר לֹא קָנוּ שְׁבִיתָה כְּרַבָּנָן אֶלָּא הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כָּל אָדָם. וְאֵין זֶה תְּרֵי קֻולֵּי דְּסָתְרוּ אַהֲדָדֵי דִּסְבִירָא לָן כְּרַבָּנָן דְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ דַּעַת לָא קְנִי שְׁבִיתָה. וְהָא דִּסְבִירָא לָן דְּיָשֵׁן קָנָה הַיְינוּ טַעְמָא כדפרש"י הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה יָשֵׁן נָמֵי קָנָה. וְלֵימָא הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּבִין וְלָא בָּעֵי לְמֵימַר הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אָמַר אַבַּיֵּי אִיצְטְרִיךְ סד"א הנ"מ יָחִיד בִּמְקוֹם יָחִיד וְרַבִּים בִּמְקוֹם רַבָּם אֲבָל יָחִיד בִּמְקוֹם רַבִּים אֵימָא לָא קמ"ל הֲלָכָה כְּר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי דְּהָוֵי יָחִיד בִּמְקוֹם רַבִּים. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְאַבָּיֵי מִכְּדֵי עֵירוּבִין דְּרַבָּנַן מַה לִי יְחִיֵּר בִּמְקוֹם יָחִיד וּמַה לִי יָחִיד בִּמְקוֹם רַבִּים. הָכִי קִים לָן דְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין דְּרַבָּנָן כְּאַבַּיֵּי וְרָבָא דְּאָמוֹרָאֵי בָּתְרָאֵי נִינְהוּ וְאָמְרִינַן נַמֵּי לְעֵיל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לז:) מַאן הַאי תַּנָּא דַּאֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנַן לֵית לֵיהּ בְּרֵירָה דְּתַנְיָא הָאוֹמֵר לַחֲמִשָּׁה הֲרֵינִי מְעָרֵב וְכוּ'. ואע"ג דְּשָׁמְעִינַן לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא גַּבֵּי סְפֵק עֵירוּב לְעֵיל בְּפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לה.) וּלְקַמָּן בְּשִׁלְהֵי חַלּוֹן (עֵירוּבִין דַּף פֹּא:) קָאָמַר שְׁמוּאֵל כ"מ שֶׁשּׁוֹנֶה ר"י בְּעֵירוּבִין הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ. בְּהָא לֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. וְרַב אַשִּׁי שֶׁדָּחָה בספ"ק דַּף יז: אַל יֵצֵא כְּתִיב. אַלִּיבָּא דְּרַבִּי חַייָּא קָאָמַר דְּסָבַר תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ. רַב פָּפָּא אָמַר אִיצְטְרִיךְ סד"א הנ"מ בְּעֵירוּבֵי חֲצֵרוֹת אֲבָל בְּעֵירוּבֵי תְחוּמִין אֵימָא לָא קמ"ל הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי דַּאֲפִילּוּ בְּעֵירוּבֵי תְּחוּמִין. רַב אָשֵׁי אָמַר אִיצְטְרִיךְ סד"א הנ"מ בְּשִׁיּוּרֵי עֵירוּב אֲבָל בִּתְחִלַּת עֵירוּב אֵימָא לָא קמ"ל דַּהֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי בִּתְחִלַּת עֵירוּב. דְּדִבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בִּתְחִלַּת עֵירוּב הֵן:
Rabbi Yaakov bar Idi a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : la halakha suit celui qui est indulgent pour l'erouv, et la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Et pourquoi me faut-il les deux ? Rabbi Zeira a dit : c'est nécessaire. Car s'il avait dit que la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri, j'aurais dit : aussi bien pour l'indulgence (kola) que pour la rigueur (houmera). Pour l'indulgence, l'explication : celui qui dort acquiert une résidence comme celui qui est éveillé. Et l'explication de la rigueur : les biens abandonnés (hefker), selon Rabbi Yo'hanan, acquièrent une résidence, et c'est une rigueur. Il nous apprend : la halakha suit celui qui est indulgent pour l'erouv. Les biens abandonnés n'acquièrent donc pas de résidence, comme les Sages : ils sont comme les pieds de tout homme. Et ce ne sont pas deux indulgences qui se contredisent, car nous tenons comme les Sages : une chose qui n'a pas de daat n'acquiert pas de résidence. Et que nous tenions que celui qui dort a acquis, la raison est comme l'explique Rachi : puisque l'éveillé a acquis, le dormeur aussi a acquis. Et qu'il dise : la halakha suit celui qui est indulgent pour les erouv, sans avoir à dire que la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Abaye a dit : c'était nécessaire. J'aurais dit : ces paroles valent pour un particulier face à un particulier, et pour une majorité face à son pair, mais un particulier face à la majorité, je dirais non. Il nous apprend : la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri, qui est un particulier face à la majorité. Rava dit a Abaye : puisque les erouv sont d'ordre rabbinique, qu'importe un particulier face à un particulier, qu'importe un particulier face à la majorité. Ainsi nous tenons que les erouv de tehoum sont d'ordre rabbinique, comme Abaye et Rava, qui sont des amoraim tardifs. Et nous disons aussi plus haut, au chapitre Bekhol Me'arvin (Eruvin 37b) : quel est ce tanna qui, même dans une chose d'ordre rabbinique, n'a pas la berera ? Comme on enseigne : celui qui dit à cinq personnes, je vais faire un erouv, etc. Et bien que nous entendions Rabbi Yehouda dire que les tehoumim sont de la Tora, au sujet d'un erouv douteux, plus haut au chapitre Bekhol Me'arvin (Eruvin 35), et plus bas, à la fin de Halon (Eruvin 81b), Chmouel dit : partout où Rabbi Yehouda enseigne dans Eruvin, la halakha suit son avis. Ici, la halakha ne suit pas son avis. Et Rav Achi, qui a repoussé au premier chapitre, folio 17b, le verset al yetse est écrit : il le dit selon Rabbi Hiya, qui estime que les tehoumim sont de la Tora, et lui-même ne l'estime pas. Rav Papa a dit : c'était nécessaire. J'aurais dit : ces paroles valent pour les erouv de cours, mais pour les erouv de tehoum, je dirais non. Il nous apprend : la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri, même pour les erouv de tehoum. Rav Achi a dit : c'était nécessaire. J'aurais dit : ces paroles valent pour le reste d'un erouv, mais au commencement d'un erouv, je dirais non. Il nous apprend que la halakha suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri au commencement d'un erouv. Car les paroles de Rabbi Yo'hanan portent sur le commencement d'un erouv.
💡 Explication

Rabbi Yossi et Rabbi Chimon : un erouv douteux est valable. Avtolmos l'a attesté au nom de cinq anciens.

Le Roch fixe la halakha sur l'indulgent en matière d'erouv, et sur Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Les deux formules servent : l'une empêche d'appliquer Rabbi Yo'hanan ben Nouri aussi à la rigueur (les biens hefker acquéreraient une résidence), l'autre maintient son avis là où il est seul contre la majorité, y compris pour les erouv de tehoum et des le commencement de l'erouv. Il cite cette page : Rabbi Yehouda tient les tehoumim pour de la Tora dans le doute. La halakha ne le suit pas sur ce point. Les erouv de tehoum restent d'ordre rabbinique, comme Abaye et Rava.

14
גְּמָ׳ נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנִּתְגַּלְגֵּל חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת, אֲבָל לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת — הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת.

Guemara. Il a roulé hors du tehoum.

Rava a dit : on n'a enseigné cela que s'il a roulé hors des quatre coudées. Mais à l'intérieur des quatre coudées, celui qui dépose son erouv dispose de quatre coudées.

📜 Rachi (1)
גְּמ' הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ הוֹאִיל וְנִתְכַּוֵּין לִקְנוֹת שָׁם שְׁבִיתָה יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת דְּהוֹאִיל וְהָנְהוּ אַרְבַּע אַמּוֹת מִיבַּלְעָן בִּתְחוּמָא הָווּ לְהוּ כִּתְחוּמָא וְהָוֵי כְּנוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בַּבַּיִת שֶׁבְּסוֹף הַתְּחוּם שֶׁאֲפִילּוּ הוּא אֶלֶף אַמָּה מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה:
Puisqu'il a eu l'intention d'acquérir là sa résidence, il dispose de quatre coudées. Puisque ces quatre coudées sont englobées dans le tehoum, elles sont comme le tehoum. Et c'est comme celui qui dépose son erouv dans une maison au bout du tehoum : même si elle fait mille coudées, il parcourt toute la maison, et au-delà, deux mille coudées.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנִּתְגַּלְגֵּל חוּץ לְד' אַמּוֹת אֲבָל תּוֹךְ ד"א הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד"א:
Guemara. Rava a dit : on n'a enseigné cela que s'il a roulé hors des quatre coudées. Mais à l'intérieur des quatre coudées, celui qui dépose son erouv dispose de quatre coudées.
💡 Explication

Rava restreint la michna. Elle vise l'erouv qui a roulé au-delà de quatre coudées hors du tehoum. S'il reste dans ces quatre, il est valable.

Celui qui dépose un erouv reçoit quatre coudées autour du point choisi. Posées au bord du tehoum, elles y sont englobées, comme une maison au bout de la limite : on parcourt toute la maison, puis deux mille coudées au-delà.

🖼️ Schéma
Rava : les quatre coudées du déposant L'erouv a roulé hors du tehoum. Intérieur du tehoum là où il a déposé l'erouv 4 coudées englobées Au-delà erouv nul Reste dans les 4 coudées Celui qui dépose un erouv a ces quatre coudées. Elles comptent comme le tehoum. Comme une maison au bout de la limite. Sort au-delà des 4 La michna vise ce cas. De la maison à l'erouv, plus de deux mille. Il ne peut pas aller le reprendre.
Dans les quatre coudées hors du tehoum, l'erouv tient. Au-delà, la michna le rend nul.
15
נָפַל עָלָיו גַּל וְכוּ׳. קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּאִי בָּעֵי מָצֵי שָׁקֵיל לֵיהּ.

Un tas est tombé sur lui, etc. Il te vient à l'esprit que, s'il voulait, il pourrait le prendre.

📜 Rachi (1)
דְּאִי בָּעֵי שָׁקֵיל לֵיהּ וְקָתָנֵי מַתְנִיתִין אֵינוֹ עֵירוּב מִשּׁוּם טִלְטוּל אֲבָנִים דִּשְׁבוּת דְּרַבָּנָן הוּא:
Et la michna enseigne que ce n'est pas un erouv, à cause du déplacement des pierres, qui est un chevout des Sages.
💡 Explication

Première lecture du tas : les pierres se dégagent. Le seul obstacle serait de les déplacer, chevout des Sages, ustensiles mis de côté. Pourtant la michna dit : erouv nul.

16
לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי, דְּאִי כְּרַבִּי, הָאָמַר: כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מִשּׁוּם שְׁבוּת — לֹא גָּזְרוּ עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת.

Dirons-nous que la michna ne suit pas Rabbi ? Car si elle suit Rabbi, il a dit : toute chose qui est un chevout, ils n'ont pas décrété sur elle au crépuscule.

💡 Explication

Si l'obstacle n'est qu'un chevout, la michna contredit Rabbi. Pour lui, un interdit des Sages n'a pas été étendu au crépuscule, heure où l'erouv s'acquiert. Il pourrait dégager les pierres à cette heure, et l'erouv devrait tenir.

17
אֲפִילּוּ תֵּימָא כְּרַבִּי, לָא צְרִיכָא, דְּבָעֵי מָרָא וַחֲצִינָא.

Tu peux même dire qu'elle suit Rabbi. Elle n'est nécessaire que là où il faut une houe et une pioche.

💡 Explication

La michna peut rester selon Rabbi. Le tas exige une houe (mara) et une pioche (hatsina). Dégager, c'est creuser : un travail de la Tora, non un chevout. Même au crépuscule, ce travail reste interdit. L'erouv, inaccessible à cette heure, est nul.

18
וּצְרִיכִי. דְּאִי תְּנָא ״נִתְגַּלְגֵּל״ — מִשּׁוּם דְּלֵיתָא גַּבֵּיהּ. אֲבָל נָפַל עָלָיו גַּל, דְּאִיתֵיהּ גַּבֵּיהּ — אֵימָא לֶיהֱוֵי עֵירוּב.

Et ils sont nécessaires. Car si l'on avait enseigné il a roulé, c'est parce qu'il n'est pas auprès de lui.

Mais si un tas est tombé sur lui, puisqu'il est auprès de lui, je dirais : que ce soit un erouv.

💡 Explication

Les deux clauses servent. Roule seul : on aurait cru que le motif est l'éloignement. Le tas, lui, laisse l'erouv sur place. On aurait pu le tenir pour valable.

19
וְאִי תְּנָא ״נָפַל עָלָיו גַּל״ — מִשּׁוּם דְּמִיכַּסֵּי. אֲבָל נִתְגַּלְגֵּל, זִימְנִין דְּאָתֵי זִיקָא וּמַיְיתֵי לֵיהּ — אֵימָא לֶיהֱוֵי עֵירוּב צְרִיכָא.

Et si l'on avait enseigné un tas est tombé sur lui, c'est parce qu'il est couvert. Mais s'il a roulé, parfois un vent vient et le ramène, je dirais : que ce soit un erouv.

C'est nécessaire.

💡 Explication

L'inverse aussi. Le tas seul : le motif serait qu'il est couvert. L'erouv qui a roulé, un vent peut le ramener. On aurait pu le tenir pour valable. Les deux cas restent donc dans la michna.

🖼️ Schéma
Pourquoi les deux cas Roule hors du tehoum, et tas tombe dessus. Si l'on n'avait dit que roulé Il n'est pas auprès de lui. On aurait cru le tas valable : l'erouv est là, sous les pierres. Il fallait l'enseigner aussi. Si l'on n'avait dit que le tas Il est couvert. On aurait cru le roulé valable : un vent peut le ramener. Les deux enseignements sont nécessaires.
Roule : il n'est plus la. Tas : il est couvert. Aucun des deux ne se déduit de l'autre.
20
אוֹ נִשְׂרַף, תְּרוּמָה וְנִטְמֵאת. לָמָּה לִי? תַּנָּא נִשְׂרַף —

Ou il a brûlé, terouma et elle est devenue impure. Pourquoi me le faut-il ?

Il a enseigné : il a brûlé.

⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' נִתְגַּלְגֵּל חוּץ לַתְּחוּם נָפַל עָלָיו גַּל אוֹ נִשְׂרַף תְּרוּמָה וְנִטְמֵאת. מִבְּעוֹד יוֹם אֵין עֵירוּבוֹ עֵירוּב. וּמִשֶּׁחֲשֵׁיכָה עֵירוּבוֹ עֵירוּב סָפֵק מִבְּעוֹד יוֹם אוֹ מִשֶּׁחֲשֵׁכָה ר' מֵאִיר וְר' יְהוּדָה אוֹמְרִים הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר אָמַר רַבִּי יוֹסֵי הֵעִיד אַבְטוּלְמוֹס מִשּׁוּם חֲמִשָּׁה זְקֵנִים עַל סְפֵק עֵירוּב שֶׁכָּשֵׁר:
Michna. Il a roulé hors du tehoum, un tas est tombé sur lui, ou il a brûlé, terouma et elle est devenue impure. Tant qu'il fait jour, son erouv n'est pas un erouv. Et après la nuit, son erouv est un erouv. Doute, tant qu'il fait jour ou après la nuit : Rabbi Meir et Rabbi Yehouda disent : le voilà conducteur d'âne et de chameau. Rabbi Yossi dit : un erouv douteux est valable. Rabbi Yossi a dit : Avtolmos a témoigné au nom de cinq anciens, au sujet d'un erouv douteux, qu'il est valable.
💡 Explication

La Guemara demande pourquoi enseigner à la fois brûlé et terouma devenue impure. Le segment s'arrête sur les premiers mots de la réponse : il a enseigné il a brûlé. La suite est au folio suivant.

Le Roch reprend ici l'ensemble de la michna : jour, nuit, doute, conducteur d'âne et de chameau, puis l'erouv douteux valable sur le témoignage d'Avtolmos.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).