Eruvin 38a - Deux érouvin entre Yom tov et Chabbat

Eruvin 38a

Sougya : La page s'ouvre sur la fin du débat de l'outre : les Sages craignent qu'elle se fende et que l'on ait bu du tevel rétroactivement. Rabbi Meïr renvoie l'examen au moment où elle se fendrait.

La michna nouvelle porte sur un Yom tov attenant au Chabbat, avant ou après. Rabbi Eliezer permet deux érouvin, un par jour, vers des directions différentes, parce qu'il tient ces jours pour deux kédoushot.

Les Sages exigent une seule direction pour les deux jours, ou un érouv pour les deux jours ensemble. La Guemara montre que leurs deux phrases disent la même chose, puis déroule l'analogie du jour unique qu'on ne partage pas entre nord et sud.

Rabbi Eliezer répond par les deux kédoushot. Les Sages restent dans le doute et serrent des deux côtés.

Leur dernière objection, l'érouv qu'on ne pose pas d'abord le Yom tov pour le Chabbat, est renvoyée par Rabbi Eliezer à l'interdit de hakhana.

Yom tov collé au Chabbat : deux erouvin ? Avant le Chabbat ou après. Chaque formule fixe la chevita du jour. Rabbi Eliezer : deux kédoushot Les Sages : pas de partage Jour 1 à l'est, jour 2 à l'ouest, ou l'inverse. Chaque bein ha-chemachot achète sa propre chevita, du côté choisi. Une seule direction pour les deux jours, ou aucun erouv. Les deux jours ensemble, ou aucun erouv. Un seul des deux jours peut porter l'erouv. L'autre jour : comme les gens de la ville, 2000 amot tout autour. Même un seul côté, pour un seul des jours, est refusé. On ne sépare pas les deux journées. Si le pain a été mangé le jour 1, l'erouv du jour 1 tient. Le jour 2 reste sans cet erouv. Rabbi Eliezer : s'il n'y avait qu'une kedousha, le bein ha-chemachot du jour 1 aurait acquis pour les deux. Les Sages doutent, et serrent des deux côtés. Rabbi, dans la baraita : deux kédoushot certaines, il est comme la ville.
Rabbi Eliezer sépare les deux jours. Les Sages les tiennent ensemble : une direction, ou les deux jours, sinon rien.
Fil de la Guemara De la phrase double des Sages jusqu'à la hakhana. 1. Les deux phrases se répètent. Une direction veut dire : pour deux jours. Deux jours veut dire : une direction. 2. Sens réel. Un jour, on ne pose pas l'erouv moitié au nord et moitié au sud. Donc deux jours : pas un jour à l'est et un jour à l'ouest. 3. Rabbi Eliezer. Là-bas, une seule kedousha. Ici, deux kédoushot. Chaque jour reçoit sa chevita, du côté qu'on lui fixe. 4. Ses preuves. L'erouv des pieds se refait le second soir. Le pain mangé le jour 1 ne fait plus sortir le jour 2. Donc l'acquis du premier bein ha-chemachot ne couvre pas le second jour. 5. Les Sages doutent. Houmra : pas deux directions, de crainte d'une seule kedousha. Houmra : pain mangé, pas d'erouv le jour 2, de crainte de deux kédoushot. Tossefot : ce second cas le laisse comme l'âne et le chameau, zone commune seulement. 6. Objection. On n'établit pas un erouv d'abord, du Yom tov vers le Chabbat. Cela ressemble au milieu d'un seul jour, où l'erouv ne se pose plus. 7. Réponse. Là-bas, le motif est la hakhana : préparer le Chabbat depuis le Yom tov. Rachi : le motif retenu est cette préparation. La baraita de Rabbi reprend les deux preuves, sans le doute des Sages. Rabbi Yehouda prend la parole au dernier mot. Sa phrase continue ensuite.
La Guemara part de la phrase double, passe par l'analogie du jour unique, le doute des Sages, puis la hakhana.
Ce que chacun peut faire le second jour Le pain reste, le pain disparaît, l'erouv des pieds, l'erouv neuf. Pain gardé jusqu'au bout On le reporte le soir 2, on attend la nuit, on peut le manger. Gain : la marche, et le pain lui-même. Pain mangé le jour 1 Jour 1 : erouv acquis. Jour 2 : plus d'erouv. Rabbi Eliezer et Rabbi : il est comme la ville. Sages : doute, houmra. Érouv par les pieds Il va au bout des 2000, il attend que le jour devienne saint, il rentre. Le second soir, il doit y retourner. Érouv posé pour la première fois le Yom tov, en vue du Chabbat : les deux côtés l'interdisent. Les Sages y voient une seule kedousha, comme un erouv posé au milieu d'un jour. Rabbi Eliezer y voit la hakhana, l'interdit de préparer un jour saint pour l'autre. Rachi, cas inverse : Chabbat d'abord, Yom tov ensuite. On ne déplace pas le pain pendant le Chabbat. On le porte des la veille, et le second jour on va voir s'il est encore là, puis la nuit tombe.
Pain gardé, pain mangé, erouv des pieds, erouv neuf de Yom tov vers Chabbat : quatre issues pratiques.
1
אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁמָּא יִבָּקַע הַנּוֹד, וְנִמְצָא שׁוֹתֶה טְבָלִים לְמַפְרֵעַ? אָמַר לָהֶן: לִכְשֶׁיִּבָּקַע.

N'admets-tu pas que l'outre peut se fendre, et qu'il se trouve boire du tevel (denrées non prélevées) rétroactivement ? Il leur a dit : quand elle se fendra.

🗂️ Tossefot (1)
אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁמָּא יִבָּקַע הַנּוֹד תֵּימַהּ לְהָנְהוּ דִּמְפָרְשִׁי טַעְמַיְיהוּ מִשּׁוּם דְּאֵין בְּרֵירָה אוֹ מִשּׁוּם רֵאשִׁית כּוּ' כֵּיוָן דְּקָתָנֵי סֵיפָא אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁמָּא יִבָּקַע הַנּוֹד מְנָא לְהוּ דְּלָא הֲוָה טַעְמָא מש"ה וי"ל דְּיָדַע הַשַּׁ"ס שֶׁאֵין זֶה עִיקַּר טַעַם ואע"פ שֶׁהֵן עַצְמָן לֹא הָיוּ חוֹשְׁבִים זֶה הַטַּעַם עִיקָּר מ"מ הָיוּ שׁוֹאֲלִין אוֹתוֹ לָדַעַת מַה יָשִׁיב וּכְעִנְיָן זֶה יֵשׁ בִּזְבָחִים (דַּף עז:) גַּבֵּי אֵיבָרִים תְּמִימִים שֶׁנִּתְעָרְבוּ בְּאֵיבָרִים בַּעֲלֵי מוּמִין דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יִקְרַב וְרוֹאֶה אֲנִי אֶת בְּשַׂר שֶׁל בַּעַל מוּם כְּאִילּוּ הֵן עֵצִים וְאֵין זֶה עִיקַּר טַעְמוֹ דִּבְנִרְבָּע וְרוֹבֵעַ מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְטַעַם בַּעַל מוּם מִשּׁוּם דִּכְתִיב מוּם בָּם לֹא יֵרָצוּ הָא עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת יֵרָצוּ וְר' אֱלִיעֶזֶר דְּקָאָמַר רוֹאֶה אֲנִי כְּאִילּוּ הֵן עֵצִים הָיָה שׁוֹאֵל לַחֲכָמִים לָמָּה לֹא יַכְשִׁירוּ מֵאוֹתוֹ טַעַם אע"פ שֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ לֹא הָיָה חוֹשֵׁשׁ לְאוֹתוֹ טַעַם וְכָהֵנָּה רַבּוֹת בַּשַּׁ"ס:
Il y a lieu de s'étonner pour ceux qui expliquent leur motif par l'absence de berera (la désignation ne se clarifie pas après coup), ou par les prémices (reshit), etc. Puisque la fin enseigne : n'admets-tu pas que l'outre peut se fendre, d'où tiennent-ils que le motif n'était pas celui-là ? On peut répondre : le Talmud sait que celui-ci n'est pas le motif principal. Bien qu'eux-mêmes ne tinssent pas ce motif pour le motif principal, ils le questionnaient néanmoins, pour savoir ce qu'il répondrait. Il en va de même à Zevahim 77b, au sujet de membres intacts mélangés à des membres portant un moum (défaut). Rabbi Eliezer dit : qu'on les offre ; et : je vois la chair de l'animal atteint d'un moum comme si c'était du bois. Or celui-ci n'est pas son motif principal, car pour le nirba et le rovea (la bête subie, et la bête qui a commis l'acte), Rabbi Eliezer est d'accord pour les interdire. Le motif du moum est qu'il est écrit : un moum en eux, ils ne seront pas agréés ; par un mélange, ils seraient donc agréés. Et Rabbi Eliezer, en disant qu'il les voit comme du bois, interrogeait les Sages : pourquoi ne les déclareriez-vous pas kacher (valides) pour ce motif, bien que lui-même ne se souciât pas de ce motif. Les cas de ce genre sont nombreux dans le Talmud.
💡 Explication

Dernière réplique de la sougya de l'outre, commencée à la page précédente. Les Sages disent à Rabbi Meir : l'outre (nod) peut se fendre avant que la terouma en soit prélevée. Il aurait alors bu du tevel rétroactivement. Rabbi Meir renvoie la question au jour où elle se fendrait.

Tossefot : ceux qui lisent le débat par la berera, ou par l'exigence de prémices dont le reste se reconnaît, doivent expliquer pourquoi la Guemara cite cette crainte de l'outre. Ce motif n'est pas le motif principal. On le pose quand même, pour entendre la réponse. Même démarche à Zevahim : la phrase " je les vois comme du bois " est une question adressée aux Sages, alors que le motif retenu par Rabbi Eliezer est le verset du moum.

2
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יוֹם טוֹב הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת, בֵּין מִלְּפָנֶיהָ וּבֵין מִלְּאַחֲרֶיהָ — מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין, וְאוֹמֵר: עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן לַמִּזְרָח וּבַשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב; בָּרִאשׁוֹן לַמַּעֲרָב וּבַשֵּׁנִי לַמִּזְרָח; עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן, וּבַשֵּׁנִי כִּבְנֵי עִירִי; עֵירוּבִי בַּשֵּׁנִי, וּבָרִאשׁוֹן כִּבְנֵי עִירִי.

Michna. Rabbi Eliezer dit : un Yom tov attenant au Chabbat, que ce soit avant lui ou après lui, un homme établit deux erouvin et dit : mon erouv, le premier jour vers l'est, et le second vers l'ouest ; le premier vers l'ouest, et le second vers l'est ; mon erouv le premier jour, et le second je suis comme les gens de ma ville ; mon erouv le second jour, et le premier je suis comme les gens de ma ville.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין אִם הָיָה צָרִיךְ יוֹם רִאשׁוֹן לֵילֵךְ לְכָאן וְיוֹם שֵׁנִי לֵילֵךְ לְכָאן יָכוֹל לְעָרֵב לַמִּזְרָח וְלַמַּעֲרָב עֶרֶב יו"ט הָרִאשׁוֹן:
S'il avait besoin, le premier jour, d'aller d'un côté, et le second jour, d'aller de l'autre, il peut établir un erouv vers l'est et vers l'ouest, dès la veille du premier Yom tov.
וְאוֹמֵר עֵירוּבִי שֶׁל מִזְרָח יִקְנֶה לִי הַיּוֹם לְצֹורֶךְ מָחָר וְעֵירוּבֵי שֶׁל מַעֲרָב יִקְנֶה לִי בְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת דִּלְמָחָר לְצֹורֶךְ יוֹם שֵׁנִי דְּקָסָבַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר שַׁבָּת וְיו"ט לָאו כְּחַד יוֹמָא אֲרִיכָא נִינְהוּ אֶלָּא שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת וּלְכָל חַד יוֹמָא אִית לֵיהּ חֲדָא שְׁבִיתָה וּבְכָל חֲדָא מִיקַּנְיָא לֵיהּ שְׁבִיתָה לְאֵיזֶה צַד שֶׁיִּרְצֶה וביה"ש דְּקַמָּא לְדִידֵיהּ הוּא דְּקָנֵי וְלֹא לְיוֹם ב':
Celui de l'est m'acquerra aujourd'hui pour le besoin de demain, et celui de l'ouest m'acquerra au bein ha-chemachot (crépuscule) de demain, pour le besoin du second jour. Rabbi Eliezer tient que Chabbat et Yom tov sont deux kédoushot (saintetés du jour). Ils ne comptent pas comme un seul jour long. Chaque jour a sa chevita (résidence de Chabbat), et par chacune la chevita s'acquiert pour lui du côté qu'il veut. Le premier bein ha-chemachot acquiert pour ce jour-là, et non pour le second jour.
עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן וּבַשֵּׁנִי כִּבְנֵי עִירִי כו' כְּלוֹמַר וְאִם לֹא הָיָה רוֹצֶה לֵילֵךְ אֶלָּא בְּאֶחָד מִן הַצְּדָדִין בְּיוֹם רִאשׁוֹן וּבַשֵּׁנִי אֵין צָרִיךְ לָזוּז מִתְּחוּמוֹ לֹא לְכָאן וְלֹא לְכָאן וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְהַפְסִיד לֹא אַלְפַּיִם שֶׁל תְּחֻומּוֹ מִכָּאן וְלֹא אַלְפַּיִם שֶׁל תְּחֻומּוֹ מִכָּאן יְעָרֵב עֵירוּב אֶחָד לְצַד שֶׁהוּא רוֹצֶה לֵילֵךְ בּוֹ בַּיּוֹם רִאשׁוֹן וְיֹאמַר עֵירוּבִי זֶה יִקְנֶה לִי לְצֹורֶךְ מָחָר וּבַשֵּׁנִי הֲרֵינִי כִּבְנֵי עִירִי שֶׁלֹּא עֵירְבוּ אוֹ אִם הָיָה צָרִיךְ לֵילֵךְ בַּשֵּׁנִי וְלֹא בָּרִאשׁוֹן יֹאמַר עֵירוּבִי זֶה יִקְנֶה לִי ביה"ש שֶׁל מָחָר וּבָרִאשׁוֹן אֶהְיֶה כִּבְנֵי עִירִי:
C'est-à-dire : s'il ne voulait aller que dans l'une des directions le premier jour, et si le second jour il n'a pas à quitter son tehoum (limite des deux mille amot), ni d'un côté ni de l'autre, et qu'il ne veut perdre ni les deux mille de son tehoum de ce côté, ni les deux mille de son tehoum de l'autre côté, il établit un seul erouv du côté où il veut aller le premier jour, et il dit : cet erouv m'acquerra pour le besoin de demain, et le second jour je suis comme les gens de ma ville, qui n'ont pas établi d'erouv. Ou, s'il avait besoin d'aller le second jour et non le premier, il dit : cet erouv m'acquerra au bein ha-chemachot de demain, et le premier jour je serai comme les gens de ma ville.
⚖️ Rosh (1)
ר"א אוֹמֵר יו"ט הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וְאוֹמֵר עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן לַמִּזְרָח בַּשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב. בָּרִאשׁוֹן לַמַּעֲרָב בַּשֵּׁנִי לַמִּזְרָח. עֵירוּבִי בַּשֵּׁנִי וּבָרִאשׁוֹן הֲרֵינִי כִּבְנֵי עִירִי. עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן וּבַשֵּׁנִי הֲרֵינִי כִּבְנֵי עִירִי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אוֹ מְעָרֵב לְרוּחַ אַחַת אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר. אוֹ מְעָרֵב לִשְׁנֵי יָמִים אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ וְנִמְצָא מִשְׂתַּכֵּר בַּהֲלִיכָתוֹ וּמִשְׂתַּכֵּר בְּעֵירוּבוֹ. נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בָּרִאשׁוֹן אֵין עֵירוּב לַשֵּׁנִי. אָמַר לָהֶם ר"א מוֹדִים אַתֶּם לִי שֶׁהֵם שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת:
Rabbi Eliezer dit : un Yom tov attenant au Chabbat, avant lui ou après lui, un homme établit deux erouvin et dit : mon erouv, le premier jour vers l'est, le second vers l'ouest. Le premier vers l'ouest, le second vers l'est. Mon erouv le second jour, et le premier je suis comme les gens de ma ville. Mon erouv le premier jour, et le second je suis comme les gens de ma ville. Et les Sages disent : ou bien il établit un erouv pour une seule direction, ou bien il n'établit aucun erouv. Ou bien il établit un erouv pour deux jours, ou bien il n'établit aucun erouv. Comment fait-il ? Il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va. Le second, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Il se trouve y gagner dans sa marche, et y gagner dans son erouv. Si son erouv a été mangé le premier jour, il n'y a pas d'erouv pour le second. Rabbi Eliezer leur a dit : vous m'accordez que ce sont deux kédoushot.
💡 Explication

Michna du Yom tov collé au Chabbat : vendredi si le Yom tov précède, dimanche s'il suit. Rabbi Eliezer permet de fixer deux chevitot, une par jour. L'erouv de tehoumin déplace le centre des deux mille amot.

Quatre formules. Deux directions, est puis ouest, ou l'inverse. Ou un seul jour avec erouv, et l'autre comme les gens de la ville : deux mille amot dans toutes les directions, à partir de la ville, sans perdre le côté opposé. Rachi : les deux acquis se font des la veille du premier jour. Chacun ne vaut que pour son jour, parce que les deux journées sont deux kédoushot.

Le Roch recopie ici l'ensemble de la michna, jusqu'à la phrase où Rabbi Eliezer relève l'aveu des deux kédoushot. L'ordre de ses deux dernières formules est l'inverse de celui de la michna.

🖼️ Schéma
Les quatre formules de Rabbi Eliezer Jour 1 : est Jour 2 : ouest Deux pains, ou deux acquis, posés dès la veille du premier jour. Jour 1 : ouest Jour 2 : est Même montage, directions inversées. Jour 1 : l'erouv, d'un seul côté Jour 2 : comme la ville Il garde, le jour 2, les 2000 amot des deux côtés. Jour 1 : comme la ville Jour 2 : l'erouv L'acquis est reporté au bein ha-chemachot du jour 2.
Quatre phrases. Deux déplacent les deux jours. Deux n'en déplacent qu'un, et laissent l'autre comme la ville.
3
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אוֹ מְעָרֵב לְרוּחַ אַחַת, אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר. אוֹ מְעָרֵב לִשְׁנֵי יָמִים, אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר.

Et les Sages disent : ou bien il établit un erouv pour une seule direction, ou bien il n'établit aucun erouv. Ou bien il établit un erouv pour deux jours, ou bien il n'établit aucun erouv.

📜 Rachi (3)
אוֹ מְעָרֵב לְרוּחַ אַחַת לְצֹורֶךְ שְׁנֵי יָמִים:
Pour le besoin des deux jours.
אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר אֲפִילּוּ לְצַד אֶחָד לִהְיוֹת בְּאֶחָד מִן הַיָּמִים כִּבְנֵי עִירוֹ:
Même vers un seul côté, pour être, l'un des jours, comme les gens de sa ville.
אוֹ מֵעֶרֶב לֵב' יָמִים וּבַגְּמָרָא פָּרֵיךְ הַיְינוּ לְרוּחַ אַחַת:
Et la Guemara objecte : c'est la même chose que pour une seule direction.
💡 Explication

Les Sages ferment le partage. Première phrase : une seule direction, pour les deux jours, sinon pas d'erouv du tout. Rachi : même le cas où un seul jour serait comme la ville est refusé.

Deuxième phrase : un erouv qui couvre les deux jours, sinon rien. Rachi annonce l'objection de la Guemara : cette phrase répète la première.

4
כֵּיצַד יַעֲשֶׂה? מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְנוֹטְלוֹ, וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ, וְנִמְצָא מִשְׂתַּכֵּר בַּהֲלִיכָתוֹ, וּמִשְׂתַּכֵּר בְּעֵירוּבוֹ.

Comment fait-il ? Il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va.

Le second jour, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Il se trouve y gagner dans sa marche, et y gagner dans son erouv.

📜 Rachi (6)
מוֹלִיכוֹ הַשָּׁלִיחַ:
L'envoyé (chalia'h).
בָּרִאשׁוֹן עֶרֶב יו"ט שֶׁלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת:
La veille du Yom tov qui précède le Chabbat.
וּמַחֲשִׁיךְ עָלָיו עַד שֶׁיִּקְנֶה הָעֵירוּב:
Jusqu'à ce que l'erouv acquière.
וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ שֶׁמָּא יֹאבַד וְשׁוּב אֵין לוֹ עֵירוּב בַּשֵּׁנִי כִּדְקָתָנֵי נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בָּרִאשׁוֹן וְכוּ' וְחוֹזֵר וּמוֹלִיכוֹ בַּשֵּׁנִי כו':
De peur qu'il ne se perde : il n'aurait plus d'erouv le second jour, comme le texte l'enseigne : si son erouv a été mangé le premier, etc. Et il revient le porter le second jour, etc.
מִשְׂתַּכֵּר בַּהֲלִיכָתוֹ כְּלוֹמַר קָנָה לוֹ הֲלִיכָה לְיוֹם מָחָר:
C'est-à-dire : la marche lui est acquise pour le lendemain.
וּמִשְׂתַּכֵּר בְּעֵירוּבוֹ שֶׁאוֹכְלוֹ וביו"ט אַחַר שַׁבָּת דְּלָא אֶפְשָׁר בְּהָכִי מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וְחוֹזֵר וְהוֹלֵךְ שָׁם בַּשֵּׁנִי לִרְאוֹת אִם קִיֵּים עֵירוּבוֹ וּמַחֲשִׁיךְ עָלָיו וְאִם רָצָה יֹאכְלֶנּוּ אַחֲרֵי כֵן:
Il le mange. Et quand le Yom tov suit le Chabbat, là où l'on ne peut pas procéder ainsi, il le porte le premier jour, puis il retourne et va là-bas le second jour pour voir si son erouv est toujours là. Il y fait tomber la nuit, et s'il veut il le mange ensuite.
💡 Explication

Procédure des Sages, pour un erouv valable les deux jours, dans une seule direction. Moli kho : le chalia'h porte le pain au lieu choisi. Machchikh alav : il reste jusqu'à la nuit, moment où l'erouv achète la chevita. Il reprend le pain, pour qu'il ne disparaisse pas avant le second soir, puis il le reporte.

Deux gains. La marche du lendemain, au-delà des deux mille de la ville, du côté de l'erouv. Et le pain, qu'il peut manger une fois la seconde nuit tombée. Rachi limite d'abord le récit au Yom tov d'avant le Chabbat, où le transport est possible. Si le Chabbat vient en premier, on ne déplace pas le pain ce jour-là : on va le lendemain vérifier qu'il est encore sur place.

🖼️ Schéma
Comment poser l'erouv pour les deux jours Veille du jour 1 Le chalia'h porte le pain. Il attend la nuit. L'erouv achète. Il reprend le pain, de peur qu'il se perde. Veille du jour 2 Il le reporte. Il attend la nuit. Puis il peut le manger. La marche du lendemain est acquise. Si le pain a disparu dès le jour 1, après l'achat : le jour 1 reste acquis, le jour 2 n'a plus cet erouv. Rachi : la michna parle du Yom tov qui précède le Chabbat, où l'on peut transporter. Si le Chabbat vient d'abord, on ne déplace pas le pain ce jour-là. On va vérifier le lendemain.
Deux soirs au même endroit. On retire le pain entre les deux, pour pouvoir le reposer. On ne le mange qu'après la seconde nuit.
5
נֶאֱכַל בָּרִאשׁוֹן — עֵירוּבוֹ לָרִאשׁוֹן, וְאֵין עֵירוּבוֹ לַשֵּׁנִי.

S'il a été mangé le premier jour : son erouv vaut pour le premier, et son erouv ne vaut pas pour le second.

💡 Explication

Cas où le pain disparaît après avoir acquis le premier soir. Le jour 1 garde son erouv. Le jour 2 n'en a plus. Rabbi Eliezer va s'appuyer sur cette coupure.

6
אָמַר (לָהֶן) רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מוֹדִים אַתֶּם לִי שֶׁהֵן שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת.

Rabbi Eliezer leur a dit : vous m'accordez que ce sont deux kédoushot.

📜 Rachi (1)
מוֹדִים אַתֶּם לִי שֶׁהֵן ב' קְדֻושּׁוֹת דְּקָאָמְרִיתוּ אֵין עֵירוּב לִשְׁנֵי דְּאִי קְדֻושָּׁה אַחַת ה"ל כְּחַד יוֹמָא אֲרִיכָא וְיִקְנֶה בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁל רִאשׁוֹן לִשְׁנֵיהֶן וְכֵיוָן דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן יָכוֹל לְעָרֵב נָמֵי לֵב' רוּחוֹת:
Puisque vous dites qu'il n'y a pas d'erouv pour le second. Si c'était une seule kedousha, ce serait comme un seul jour long, et le bein ha-chemachot du premier acquerrait pour les deux. Dès lors qu'il y a deux kédoushot, il peut aussi établir un erouv pour deux directions.
💡 Explication

Rabbi Eliezer retourne la fin de la michna. Si les Sages disent que le pain mangé ne vaut plus le jour 2, c'est que le premier bein ha-chemachot n'a pas acheté pour les deux jours. Donc deux kédoushot. Et s'il y en a deux, chacune peut prendre sa direction.

7
גְּמ׳ ״לְרוּחַ אַחַת״ מַאי נִיהוּ? לִשְׁנֵי יָמִים. ״לִשְׁנֵי יָמִים״ מַאי נִיהוּ? לְרוּחַ אַחַת. הַיְינוּ קַמַּיְיתָא!

Guemara. Pour une seule direction : qu'est-ce donc ?

Pour deux jours. Pour deux jours : qu'est-ce donc ?

Pour une seule direction. C'est la première clause !

📜 Rachi (4)
גְּמ' לְרוּחַ אַחַת דְּקָתָנֵי מַתְנֵי':
Comme l'enseigne la michna.
מַאי נִיהוּ פְּשִׁיטָא דְּלִשְׁנֵי יָמִים קָאָמַר בְּנִיחוּתָא:
Il est évident qu'il parle pour les deux jours. C'est dit sur le ton de l'affirmation (benihouta).
וְלִשְׁנֵי הַיָּמִים דְּקָתָנֵי:
Comme le texte l'enseigne.
מַאי נִיהוּ פְּשִׁיטָא לִי דִּלְרוּחַ אַחַת קָאָמַר וא"כ תַּרְתֵּי לָמָּה לִי הַיְינוּ קַמַּיְיתָא:
Il m'est évident qu'il parle d'une seule direction. S'il en est ainsi, pourquoi me faut-il les deux formules ? C'est la première.
💡 Explication

La Guemara lit les deux phrases des Sages l'une par l'autre. Une direction ne peut vouloir dire qu'un erouv posé pour les deux jours. Pour deux jours ne peut vouloir dire qu'une seule direction. Les deux clauses se répètent.

Rachi : le mai nihou n'est pas une vraie question. C'est une évidence, dite benihouta, d'un ton posé. D'où l'objection : pourquoi la michna le dit-elle deux fois ?

8
הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין לְיוֹם אֶחָד חֶצְיוֹ לַצָּפוֹן וְחֶצְיוֹ לַדָּרוֹם? אָמַר לָהֶן: אֲבָל. כְּשֵׁם שֶׁאֵין מְעָרְבִין לְיוֹם אֶחָד, חֶצְיוֹ לַדָּרוֹם וְחֶצְיוֹ לַצָּפוֹן — כָּךְ אֵין מְעָרְבִין לִשְׁנֵי יָמִים, יוֹם אֶחָד לַמִּזְרָח וְיוֹם אֶחָד לַמַּעֲרָב.

Voici ce que les Sages disaient à Rabbi Eliezer : n'admets-tu pas qu'on n'établit pas d'erouv pour un seul jour, moitié au nord et moitié au sud ? Il leur a dit : certes.

De même qu'on n'établit pas d'erouv pour un seul jour, moitié au sud et moitié au nord, de même on n'établit pas d'erouv pour deux jours, un jour à l'est et un jour à l'ouest.

📜 Rachi (2)
אִי אַתָּה מוֹדֶה בְּיוֹם אֶחָד דִּמְעָרֵב לְרוּחַ אַחַת אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר לֵב' יָמִים נָמֵי אוֹ מֵעֶרֶב כְּמוֹ לְיוֹם אֶחָד אוֹ אֵינוֹ מְעָרֵב כָּל עִיקָּר:
Qu'il établit un erouv pour une seule direction, ou qu'il n'en établit aucun. Pour deux jours aussi : ou bien il établit un erouv comme pour un seul jour, ou bien il n'en établit aucun.
אֲבָל אֱמֶת כְּמוֹ אֲבָל שָׂרָה וּמְתַרְגֵּם קוּשְׁטָא (בְּרֵאשִׁית יז):
Vérité. Comme aval Sara, que le Targoum rend par kouchtah (Bereshit 17).
💡 Explication

Réponse à la répétition. Les deux phrases ne se copient pas : elles forment un raisonnement. Tu accordes, pour un seul jour, qu'on ne coupe pas la chevita entre nord et sud. Applique la même règle aux deux jours : pas l'est pour l'un et l'ouest pour l'autre.

Aval ici veut dire certes, c'est vrai. Rachi le rapproche de aval Sara, rendu par le Targoum kouchtah, en vérité. Rabbi Eliezer accorde le cas du jour unique. Il refuse le passage aux deux jours, au segment suivant.

🖼️ Schéma
Un jour ne se coupe pas. Deux jours, selon qui ? Un seul jour Moitié au nord, moitié au sud : interdit. Rabbi Eliezer l'accorde. Une seule kedousha, une seule chevita. Deux jours collés Jour 1 à l'est, jour 2 à l'ouest. Les Sages : même interdit. Rabbi Eliezer : ici, deux kédoushot, deux chevitot. Le mot aval de Rabbi Eliezer veut dire : certes, c'est vrai. Rachi le lit comme aval Sara, que le Targoum rend par kouchtah, vérité. Les Sages enchaînent : ce que tu accordes pour un jour, applique-le aux deux jours, est et ouest.
Les Sages alignent deux jours sur un seul jour. Rabbi Eliezer accorde le jour unique, et sépare les deux kédoushot.
9
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? הָתָם — קְדֻושָּׁה אַחַת. הָכָא — שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת.

Et Rabbi Eliezer ? Là-bas, une seule kedousha.

Ici, deux kédoushot.

💡 Explication

La coupure du jour unique tient parce qu'il n'y a qu'une kedousha, donc une seule chevita. Yom tov et Chabbat collés sont, pour Rabbi Eliezer, deux kédoushot. Chacun des jours peut donc prendre sa direction.

10
אָמַר לָהֶן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אִי אַתֶּם מוֹדִים שֶׁאִם עֵירַב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי? נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן — אֵין יוֹצֵא עָלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי.

Rabbi Eliezer leur dit : ne nous accordez-vous pas que, s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second jour ? Si son erouv a été mangé le premier jour, il ne sort pas en s'appuyant sur lui le second jour.

📜 Rachi (2)
שֶׁאִם עֵירֵב בְּרַגְלָיו שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ פַּת לְשַׁגֵּר ע"י שָׁלִיחַ וְלָעֶרֶב וְהָלַךְ הוּא בְּעַצְמוֹ וְיָשַׁב לְסוֹף אַלְפַּיִם אַמָּה עַד שֶׁקִּדֵּשׁ עָלָיו הַיּוֹם וְקָנָה שְׁבִיתָה וְחָזַר וְלָן בְּבֵיתוֹ:
Il n'avait pas de pain à envoyer par un chalia'h pour établir l'erouv. Il y est allé lui-même, il s'est assis au bout de deux mille amot jusqu'à ce que le jour se sanctifie sur lui, il a acquis sa chevita, puis il est rentré passer la nuit chez lui.
מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי צָרִיךְ לְעָרֵב בְּרַגְלָיו אַף בַּשֵּׁנִי וְאֵינוֹ יָכוֹל לָצֵאת בַּשֵּׁנִי חוּץ לַתְּחוּם עַל יְדֵי קְנִיָּיה הָרִאשׁוֹנָה אוֹ אִם נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ הַמְעָרֵב בְּפַת וְנֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן לְאַחַר שֶׁקָּנָה הָעֵירוּב אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא עָלָיו בַּשֵּׁנִי ע"י אוֹתָהּ קְנִיָּיה:
Il doit établir l'erouv par ses pieds aussi le second jour, et il ne peut pas, le second jour, sortir hors du tehoum au moyen du premier acquis. Ou bien, si son erouv a été mangé : celui qui établit l'erouv avec du pain, et dont l'erouv a été mangé le premier jour après que l'erouv a acquis, ne m'accordez-vous pas qu'il ne sort pas, le second jour, en s'appuyant sur cet acquis ?
💡 Explication

Deux faits que Rabbi Eliezer tient pour accordés. Érouv par les pieds : faute de pain, il se rend lui-même au bout des deux mille amot et y reste jusqu'à l'entrée du jour saint. Cet acquis ne dispense pas d'y retourner le second soir.

Pain mangé après le premier achat : le jour 2, on ne sort plus sur cet erouv. Dans les deux cas, le premier bein ha-chemachot ne couvre pas le second jour. C'est le signe, pour lui, de deux kedoushot.

11
אָמְרוּ לוֹ: אֲבָל. הָא לָאיֵי שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן. וְרַבָּנַן סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לְהוּ, וְהָכָא לְחֻומְרָא וְהָכָא לְחֻומְרָא.

Ils lui dirent : certes. Dès lors, ce sont bien deux kedoushot.

Et les Sages sont dans le doute : ici vers la houmra, et là vers la houmra.

📜 Rachi (4)
הָא לְאִיֵּי ר' אֱלִיעֶזֶר קָמַהְדַּר לָהּ וְקָאָמַר וַדַּאי אַף לְדִבְרֵיכֶם שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וְלָא גָּרְסִינַן לָאיֵי אַפִּנּוּיֵי מֻופְנֵי דְּאֵינוֹ דּוֹרֵשׁ לֹא פָּסוּק וְלֹא ג"ש דִּבְכוּלֵּי הַשַּׁ"ס הֵן תַּרְגּוּם שֶׁל לָאיֵי:
Rabbi Eliezer leur répond et dit : c'est certain, même selon vos paroles, ce sont deux kedoushot. Et l'on ne lit pas là-i au sens de afnouyei moufne (un verset laissé disponible pour une deracha), car il ne derache ici ni un verset ni une gezera chava (analogie de mots). Dans tout le Talmud, ces mots sont le rendu araméen de là-i.
וְרַבָּנָן מְסַפְּקָא לְהוּ בְּשַׁבָּת ויו"ט אִי קְדֻושָּׁה אַחַת נִינְהוּ אִי שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת:
Au sujet du Chabbat et du Yom tov : sont-ils une seule kedousha, ou deux kedoushot ?
וְעָבְדִי הָכָא לְחוּמְרָא דְּאֵין יָכוֹל לְעָרֵב לִשְׁנֵי רוּחוֹת דִּלְמָא חֲדָא קְדֻושָּׁה הִיא:
Et ici ils agissent vers la houmra : il ne peut pas établir un erouv pour deux directions, de crainte que ce soit une seule kedousha.
וְהָכָא לְחוּמְרָא דְּאִי נֶאֱכָל בָּרִאשׁוֹן דְּאֵין עֵירוּב לַשֵּׁנִי דִּלְמָא ב' קְדֻושּׁוֹת הֵן:
Et là, vers la houmra : si le pain a été mangé le premier jour, il n'y a pas d'erouv pour le second, de crainte que ce soient deux kedoushot.
🗂️ Tossefot (1)
אָמְרוּ לוֹ אֲבָל לֹא לְגַמְרֵי מוֹדוֹ לוֹ לְר' אֱלִיעֶזֶר דִּלֵּר' אֱלִיעֶזֶר הָוֵי כִּבְנֵי עִירוֹ וּלְרַבָּנָן כֵּיוָן דִּמְסַפְּקָא לְהוּ הָוֵי כַּחֲמַר גָּמָל:
Ils ne lui accordent pas entièrement, à Rabbi Eliezer. Selon Rabbi Eliezer, il est comme les gens de sa ville. Selon les Sages, puisqu'ils sont dans le doute, il est comme l'âne et le chameau (hamor gamal).
⚖️ Rosh (1)
גמ' אָמְרוּ לוֹ לר"א אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת אָמַר לָהֶם אֲבָל. הָא לָאיֵי קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן. ור"א הָתָם מִשּׁוּם הֲכָנָה. אָמַר רַב הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים וְאַלִּיבָּא דָּר' אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן מַאי הֲכָנָה דְּתַנְיָא וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֶת אֲשֶׁר יָבִיאוּ חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין ליו"ט וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה ליו"ט. אֶלָּא הָא דִּתְנַן מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ וְהָא קָא מֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת א"ל מִי סָבְרַתְּ סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב תְּחִילַּת הַיּוֹם קוֹנָה עֵירוּב וְשַׁבָּת מְכִינָה לְעַצְמָהּ. אֶלָּא מֵעַתָּה יְעָרְבוּ בְּלָגִין. בָּעֵינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה לוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וְאֶלָּא הָא דִּתְנַן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יו"ט הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וְכוּ' וְהָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְלֵיכָּא. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּמַנַּח לֵהּ בְּסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן וּבְסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן לָא דְּמַנַּח לְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן וּלְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן. וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּשֵׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי וְהָא קָמֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּאָזֵיל וְאָמַר מִידֵּי דְּאָזֵיל וְשָׁתֵיק וַאֲפִילּוּ רַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְאָמְרִי דְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר לֹא קָנוּ שְׁבִיתָה הָנֵי מִילֵּי בְּיָשֵׁן דְּלָא מָצֵי אָמַר. אֲבָל בְּנִיעוּר דְּמָצֵי אָמַר אַף עַל גַּב דְּלָא אָמַר כְּמַאן דְּאָמַר דָּמֵי. וְאַף עַל גַּב דְּתַנְיָא לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה כַּיּוֹצֵא בּוֹ לֹא יְטַיֵּיל אָדָם עַד פֶּתַח הַמְּדִינָה כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס לְבֵית הַמֶּרְחָץ מִיָּד. לָא קַשְׁיָא מִידִי דְּהָתָם מוֹכְחָא מִילְּתָא הָכָא לָא מוֹכְחָא מִילְּתָא דְּאִי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא אָמְרִי שְׁמַעְתֵּיהּ מִשֶּׁכַּתְיָה וְאִם עַם הָאָרֶץ הוּא אָמְרִי חַמְרָא אִיתְאֲבִיד לֵיהּ: גּוּפָא אָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן אֵין מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִלָּה בְּפַת בַּשֵּׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי אָמַר שְׁמוּאֵל וּבְאוֹתָהּ הַפַּת:
Guemara. Ils dirent à Rabbi Eliezer : n'admets-tu pas qu'on n'établit pas d'erouv de Yom tov pour le Chabbat ? Il leur dit : certes. Dès lors, elles sont une seule kedousha. Et Rabbi Eliezer : là, c'est à cause de la hakhana. Rav a dit : la halakha suit les quatre anciens, et selon l'avis de Rabbi Eliezer, qui a dit que ce sont deux kedoushot. Qu'est-ce que la hakhana ? Comme on l'enseigne : Et ce sera le sixième jour, ils prépareront ce qu'ils apporteront. Un jour de hol (jour ordinaire) prépare pour le Chabbat, et un jour de hol prépare pour le Yom tov ; le Yom tov ne prépare pas pour le Chabbat, et le Chabbat ne prépare pas pour le Yom tov. Mais ce que nous avons enseigné : il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va ; le second, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat ! Il lui dit : penses-tu que la fin du jour acquiert l'erouv ? Le début du jour acquiert l'erouv, et le Chabbat prépare pour lui-même. S'il en est ainsi, qu'on établisse l'erouv avec une cruche (laguin). Il nous faut un repas qui lui convienne dès qu'il fait encore jour. Mais ce que nous avons enseigné : Rabbi Eliezer dit, un Yom tov attenant au Chabbat, avant lui ou après lui, un homme établit deux erouvin, etc. Or il nous faut un repas convenable dès qu'il fait jour, et il n'y en a pas. Il lui dit : penses-tu qu'il le dépose au bout de deux mille de ce côté et au bout de deux mille de l'autre côté ? Non : il le dépose au bout de mille amot de ce côté, et au bout de mille amot de l'autre côté. Mais ce qu'a dit Rav Yehouda : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second ; s'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat ! Il lui dit : penses-tu qu'il y aille et qu'il dise quelque chose ? Il y va et il se tait. Et même les Sages qui contestent Rabbi Yo'hanan ben Nouri et disent que les biens en hefker (sans maître) n'acquièrent pas de chevita : cela ne vaut que pour celui qui dort, qui ne peut pas parler. Mais celui qui est éveillé et qui peut parler, même s'il n'a pas parlé, est tenu pour quelqu'un qui a parlé. Et bien qu'on enseigne : qu'un homme n'aille pas dans son champ pour savoir ce dont il a besoin ; de même, qu'un homme ne se promène pas jusqu'à l'entrée de la ville afin d'entrer au bain aussitôt. Rien ne fait difficulté. Là-bas, la chose est manifeste ; ici, la chose n'est pas manifeste. S'il est un savant (tsourba me-rabbanan), on dit : son enseignement l'a entraîné. S'il est un am ha-arets, on dit : un âne à lui s'est perdu. Le corps de l'enseignement. Rav Yehouda a dit : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il ne fait pas l'erouv avec du pain le second, car on n'établit pas pour la première fois un erouv avec du pain le second jour. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Chmouel a dit : et avec ce même pain.
💡 Explication

Les Sages disent certes aux deux faits. Rabbi Eliezer conclut : ha là-i, dès lors ce sont deux kedoushot, même dans votre système. Rachi : l'expression est araméenne. Elle ne derache ni un verset ni une gezera chava.

Les Sages, eux, doutent. De crainte d'une seule kedousha, ils interdisent deux directions. De crainte de deux kedoushot, ils refusent, si le pain a été mangé, l'erouv du jour 2. Deux houmrot.

Tossefot : ce certes n'aligne pas les Sages sur Rabbi Eliezer. Lui, le pain disparu, rend l'homme comme les gens de sa ville. Eux, le doute le laisse hamor gamal, comme l'âne et le chameau : il ne marche que dans la zone permise selon les deux hypothèses à la fois. S'il n'y a qu'une kedousha, sa chevita reste au lieu de l'erouv. S'il y en a deux, il est ramené à la ville. L'intersection des deux tehoumim est plus étroite que chacun.

Le Roch enchaîne, au-delà de cet amoud, le psak de la sougya : la hakhana, l'achat de l'erouv au début du jour, la place à mille amot, l'erouv des pieds en silence, puis la baraïta de Rav Yehouda et le même pain selon Chmouel.

🖼️ Schéma
Les Sages doutent : houmra des deux côtés Si une seule kedousha On ne partage pas est et ouest. Houmra retenue : deux erouvin interdits. Si deux kedoushot Le pain du jour 1 ne couvre pas le jour 2. Houmra retenue : pain mangé, pas de sortie le jour 2. Tossefot : hamor gamal Rabbi Eliezer, lui, le rend à la ville. Les Sages, dans le doute, ne lui laissent que la zone commune. Tossefot : l'accord des Sages reste partiel. Ha là-i : dès lors, selon lui, vos propres règles montrent deux kedoushot. Rachi : ha là-i est une tournure araméenne, dans tout le Talmud.
Chaque branche du doute produit sa houmra. Tossefot : Rabbi Eliezer renvoie à la ville ; les Sages ne laissent que la zone commune.
12
אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִילָּה מִיּוֹם טוֹב לַשַּׁבָּת? אָמַר לָהֶן: אֲבָל. הָא לָאיֵי קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא!

Ils dirent à Rabbi Eliezer : n'admets-tu pas qu'on n'établit pas d'erouv, pour la première fois, du Yom tov vers le Chabbat ? Il leur dit : certes.

Dès lors, c'est bien une seule kedousha !

📜 Rachi (1)
אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִילָּה מִיו"ט לְשַׁבָּת אִם לֹא עֵירֵב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁל עֶרֶב יו"ט וְהֻוצְרַךְ לָצֵאת בְּשַׁבָּת אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְעָרֵב מִיו"ט לְשַׁבָּת אַלְמָא קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא וַהֲרֵי הוּא כְּיוֹם אֶחָד שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְעָרֵב בַּחֲצִי הַיּוֹם אִם לֹא עֵירֵב בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
S'il n'a pas établi d'erouv au bein ha-chemachot de la veille du Yom tov, et qu'il a besoin de sortir le Chabbat, n'admets-tu pas qu'il ne peut pas établir l'erouv du Yom tov vers le Chabbat ? Il en sort que c'est une seule kedousha. C'est comme un seul jour : on ne peut pas établir l'erouv au milieu du jour, si on ne l'a pas établi au bein ha-chemachot.
💡 Explication

Contre-attaque. Pour la première fois (batehila) : aucun erouv n'a été posé avant le Yom tov. On ne le pose pas pendant le Yom tov en vue du Chabbat. Les Sages lisent cet interdit comme la marque d'une seule kedousha : de même qu'au milieu d'un jour il est trop tard pour fixer la chevita.

13
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הָתָם מִשּׁוּם הֲכָנָה.

Et Rabbi Eliezer : là-bas, c'est à cause de la hakhana.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם הֲכָנָה שֶׁמַּכִּין מִיו"ט לְשַׁבָּת וְלֹא מִשּׁוּם טַעְמָא דְּחַד יוֹמָא הוּא:
Il préparerait du Yom tov pour le Chabbat. Le motif qu'il retient est cette hakhana. Il écarte le motif d'un seul jour.
🗂️ Tossefot (2)
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָתָם מִשּׁוּם הֲכָנָה וא"ת וְלָמָּה לִי טַעְמָא מִשּׁוּם הֲכָנָה תִּיפּוֹק לִי' דְּאָסוּר לְמִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּשַׁבָּת פִּי' ביו"ט כֵּיוָן דביו"ט אָסוּר לָצֵאת חוּץ לַתְּחוּם כִּדְאָמַר פֶּרֶק ב' דְּבֵיצָה (דַּף יז.) דְּאֵין מַנִּיחִין עֵירוּבֵי תְּחוּמִין מיו"ט לַחֲבֵירוֹ ואע"ג דְּהָתָם לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ הֲכָנָה דְּהָא נוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה ואור"י דְּאִצְטְרִיךְ לְטַעְמָא דַּהֲכָנָה מִשּׁוּם דְּמַאן דְּשָׁרֵי הָתָם לְמִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּשַׁבְּתָא א"נ מִשּׁוּם דְּרַבָּנָן הִקְשׁוּ לְר' אֱלִיעֶזֶר גַּם מֵעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וּלְכָךְ צָרִיךְ לְתָרֵץ מִשּׁוּם הֲכָנָה תֵּדַע דַּהֲכָנָה נָמֵי שַׁיָּיךְ בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת דְּהָא רַב פּוֹסֵק בִּשְׁמַעְתִּין כַּר' אֱלִיעֶזֶר דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וְרַב גּוּפֵיהּ פְּסִיק בְּרֵישׁ פֶּרֶק ב' דְּבֵיצָה (דַּף טז:) דַּהֲלָכָה כת"ק דְּאָמַר יו"ט שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּע"ש אֵין מְעָרְבִין לֹא עֵירוּבֵי תְחוּמִין וְלֹא עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וְכֵיוָן דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן אַמַּאי אֵין מְעָרְבִין ע"כ מִשּׁוּם הֲכָנָה וּמִיהוּ הָתָם דְּקָאָמַר רַבִּי מְעָרְבִין עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת אֲבָל לֹא עֵירוּבֵי תְחוּמִין מ"ט דְּמִדְּשָׁרֵי עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת מַשְׁמַע דְּלֵית לֵיהּ הֲכָנָה וא"כ לָמָּה אֵין מְעָרְבִין עֵירוּבֵי תְּחוּמִין וּלְמַאן דְּאָסַר לְמִקְנֵי שְׁבִיתָה בְּשַׁבְּתָא נִיחָא אֲבָל לְמָאֵן דְּשָׁרֵי קָשֶׁה וְשֶׁמָּא י"ל דִּבְהָכִי פְּלִיגִי רַבִּי וְרַבָּנָן דְּרַבִּי סָבַר לֹא שַׁיָּיךְ אִיסּוּר הֲכָנָה בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת כֵּיוָן דִּבְיוֹם טוֹב שָׁרֵי לְהוֹצִיא מֵחָצֵר לְחָצֵר:
Et si l'on objecte : pourquoi me faut-il le motif de la hakhana ? Il ressort déjà qu'il est interdit d'acquérir une chevita le Chabbat, c'est-à-dire le Yom tov, puisque le Yom tov il est interdit de sortir hors du tehoum, comme il est dit au chapitre 2 de Beitsa (17a) : on ne place pas d'erouvei tehoumin d'un Yom tov pour le jour qui suit. Et cela, bien que la hakhana n'y ait pas de place, car l'œuf pondu ce jour-là est permis le jour suivant. Ri (Rabbeinou Its'hak) répond : le motif de la hakhana est nécessaire à cause de celui qui, la-bas, permet d'acquérir la chevita pendant le jour saint. Autre réponse : les Sages ont aussi objecté à Rabbi Eliezer depuis les erouvei hatserot (erouv des cours), et c'est pour cela qu'il faut répondre par la hakhana. Sache que la hakhana a aussi sa place dans les erouvei hatserot. En effet, Rav tranche dans notre sougya comme Rabbi Eliezer, que ce sont deux kedoushot, et Rav lui-même tranche au début du chapitre 2 de Beitsa (16b) que la halakha suit le premier tanna, qui dit : un Yom tov qui tombe la veille de Chabbat, on n'établit ni erouvei tehoumin, ni erouvei hatserot. Puisque ce sont deux kedoushot, pourquoi n'établit-on pas d'erouv ? Force est de dire : à cause de la hakhana. Seulement, là-bas, Rabbi dit : on établit les erouvei hatserot, mais non les erouvei tehoumin. Quelle est la raison ? Du fait qu'il permet les erouvei hatserot, il ressort qu'il ne tient pas la hakhana. Dès lors, pourquoi n'établit-on pas les erouvei tehoumin ? Selon celui qui interdit d'acquérir la chevita le Chabbat, cela se tient. Selon celui qui le permet, la difficulté reste. On peut dire que Rabbi et les Sages divergent sur ce point : Rabbi tient que l'interdit de hakhana ne s'applique pas aux erouvei hatserot, puisque le Yom tov il est permis de transporter d'une cour à une autre.
מִשּׁוּם הֲכָנָה אִיסּוּר הֲכָנָה דְּאוֹרָייְתָא הִיא כִּדְיָלְפִינַן לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין וּמַה שֶׁאוֹפִין מִיו"ט לְשַׁבָּת מִשּׁוּם עֵירוּבֵי תַּבְשִׁילִין מְפָרֵשׁ רַבָּה בְּפֶרֶק אֵלּוּ עוֹבְרִין (פְּסָחִים דַּף מו:) מִשּׁוּם הוֹאִיל וּמִקַּלְעִי לֵיהּ אוֹרְחִין וא"ת וְהֵיכִי בָּעֵי בְּאֵלּוּ עוֹבְרִין (שָׁם) לְמֵימַר דְּר' אֱלִיעֶזֶר לֵית לֵיהּ הוֹאִיל א"כ לְדִידֵיהּ אֵיךְ אוֹפִין מִיו"ט לְשַׁבָּת הָא אִית לֵיהּ אִיסּוּר הֲכָנָה הָכָא בִּשְׁמַעְתִּין וְי"ל דְּהַהִיא דְּאֵלּוּ עוֹבְרִין סָבַר דְּאָסוּר לְמִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּשַׁבְּתָא וְאָז לֹא צְרִיכִין לְטַעְמָא דַּהֲכָנָה כִּדְפֵי' וְעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת נָמֵי סָבַר הַהִיא דְּאֵלּוּ עוֹבְרִין דִּמְעָרְבִין לְר' אֱלִיעֶזֶר מִיו"ט לְשַׁבָּת כֵּיוָן דְּלֵית לֵיהּ הֲכָנָה וא"ת הָא אַכַּתִּי מוּכָח בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ד) דְּאִית לֵיהּ לְר' אֱלִיעֶזֶר הֲכָנָה גַּבֵּי בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת דְּקָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת ב"ש אוֹמְרִים תֵּיאָכֵל ביו"ט וב"ה אוֹמְרִים לֹא תֵּיאָכֵל וְי"ל דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר כב"ש דְּשַׁמּוּתִי הוּא וְעוֹד דְּתַנְיָא בפ"ק דְּבֵיצָה (שָׁם) דְּר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר תֵּיאָכֵל הִיא וְאַמָּה וריצב"א אוֹמֵר דְּלָא שַׁיָּיךְ הֲכָנָה בְּאַפֵּיהּ וּבִישּׁוּל דְּאֵין זֶה אֶלָּא תִּיקּוּן בְּעָלְמָא שֶׁמְּתַקֵּן הַמַּאֲכָל וְלֹא שַׁיָּיךְ הֲכָנָה אֶלָּא לְעִנְיַן בֵּיצָה וְעֵירוּב שֶׁהוּא דָּבָר חָדָשׁ:
L'interdit de hakhana est deoraïta (de la Tora), comme nous l'apprenons plus loin dans la sougya. Et ce que l'on cuit au four, du Yom tov pour le Chabbat, grâce à l'erouv tavchilin (erouv des plats), Rabba l'explique au chapitre Elou ovrin (Pessahim 46b) par le hoil (puisque) : puisque des invités peuvent lui arriver. Si l'on objecte : comment, dans Elou ovrin, veut-on dire que Rabbi Eliezer ne tient pas le hoil ? S'il en est ainsi, selon lui, comment cuit-on du Yom tov pour le Chabbat, alors qu'il tient ici l'interdit de hakhana ? On peut répondre : cette discussion d'Elou ovrin tient qu'il est interdit d'acquérir la chevita le Chabbat, et alors le motif de la hakhana n'est plus requis, comme on l'a expliqué. Pour les erouvei hatserot aussi, cette discussion tient que, selon Rabbi Eliezer, on établit l'erouv du Yom tov pour le Chabbat, puisqu'il ne tient pas la hakhana. Si l'on objecte : il reste une preuve, au premier chapitre de Beitsa (4a), que Rabbi Eliezer tient la hakhana, au sujet d'un œuf pondu le Chabbat. Rabbi Eliezer dit : le différend subsiste. Beit Chammai disent : il sera mangé le Yom tov. Beit Hillel disent : il ne sera pas mangé. On peut répondre : Rabbi Eliezer tient comme Beit Chammai, car il est chamouti (de l'école de Chammai). De plus, une baraïta au premier chapitre de Beitsa dit que Rabbi Eliezer dit : il sera mangé, lui et sa mère. Et Ritsba dit que la hakhana ne s'applique pas à la cuisson au four ni à la cuisson : cela reste une mise en état ordinaire, il prépare l'aliment. La hakhana ne concerne que l'œuf et l'erouv, qui sont une chose nouvelle.
💡 Explication

Hakhana : préparer un jour saint pour un autre. Rabbi Eliezer accorde l'interdit de poser l'erouv le Yom tov pour le Chabbat, et il en donne ce motif. Rachi : il ne s'appuie pas ici sur l'idée d'un seul jour.

Tossefot demandent pourquoi ce motif est nécessaire. Sortir du tehoum est déjà interdit le Yom tov, et Beitsa 17a interdit déjà l'erouv de tehoumin d'un Yom tov à l'autre, la où la hakhana ne joue pas, puisque l'œuf pondu un jour est permis le suivant. Ri : le motif sert pour l'avis qui permet d'acquérir la chevita pendant le jour saint. Autre piste : l'objection vise aussi les erouvei hatserot, qui ne demandent pas de sortir du tehoum. Rav tient à la fois deux kedoushot, et l'interdit d'erouvin la veille quand le Yom tov tombe un vendredi : le motif qui reste est la hakhana. Rabbi, qui permet les cours et interdit les tehoumin, fait difficulté à qui permet l'acquisition de la chevita. Tossefot : Rabbi réserve la hakhana, et l'écarte des cours, parce que le Yom tov on peut déjà transporter d'une cour à l'autre.

Seconde glose. La hakhana est deoraïta. Cuire pour le Chabbat passe par l'erouv tavchilin, et Rabba l'appuie sur le hoil : puisque des invités peuvent venir, la cuisson sert aussi au Yom tov lui-même. Ritsba limite la hakhana à ce qui est nouveau, l'œuf et l'erouv. Cuire ou faire cuire au four reste, pour lui, une mise en état de l'aliment.

14
תָּנוּ רַבָּנַן: עֵירַב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי. נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן — אֵין יוֹצֵא עָלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי, דִּבְרֵי רַבִּי.

Nos maîtres ont enseigné : s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second jour. Si son erouv a été mangé le premier jour, il ne sort pas en s'appuyant sur lui le second jour.

Paroles de Rabbi.

📜 Rachi (1)
אֵין יוֹצֵא עָלָיו בַּשֵּׁנִי וַהֲרֵי הוּא כִּבְנֵי עִירוֹ דְּוַדַּאי שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וְאֵין עָלָיו חֲשַׁשׁ סָפֵק:
Et il est comme les gens de sa ville. Ce sont certainement deux kedoushot, et aucun doute ne pèse sur lui.
💡 Explication

Baraita. Rabbi, c'est Rabbi Yehouda ha-Nassi. Il reprend les deux règles que Rabbi Eliezer tenait pour accordées : refaire l'erouv des pieds, et ne plus sortir le jour 2 sur un pain déjà mangé.

Rachi ajoute l'issue pratique, du côté de Rabbi : le jour 2, l'homme est comme les gens de sa ville. Deux kedoushot certaines, sans le safek des Sages de la michna, donc sans la zone étroite du hamor gamal.

15
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר:

Rabbi Yehouda dit :

💡 Explication

La phrase de Rabbi Yehouda s'ouvre ici et continue au daf suivant. Sur cette page, seul son nom est enseigné, en face des paroles de Rabbi.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).