Eruvin 38b - Hamor gamal, hakhana, et l'achat de l'erouv

Eruvin 38b

Sougya : Le daf s'ouvre sur le hamor gamal : dans le doute des Sages, l'homme ne marche que dans les deux mille amot permises selon les deux lectures. Rav fixe la halakha comme quatre anciens, selon Rabbi Eliezer, deux kedoushot, et la Guemara inverse pour cela la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel et de Rabbi Yichmael.

Rav Hisda, après la mort de Rav Houna, oppose à ce psak l'œuf que Rav interdit d'un jour saint à l'autre. Rabba répond par la hakhana : préparer un jour saint pour l'autre.

Abaye teste cette réponse sur l'erouv porté d'un jour à l'autre, sur le lagin, sur deux erouvin éloignés, et sur l'erouv des pieds. Rabba répond par l'achat au début du Chabbat, par le repas déjà propre dans la journée, par des pains posés à mille amot, et par le silence de celui qui est éveillé.

Hamor gamal : la zone commune seulement Ânier par derrière, chamelier par devant. Il ne garde que le terrain des deux lectures. Côté opposé à l'erouv Perdu si une seule kedousha : la chevita a quitté la ville vers l'erouv. 2000 amot de la ville Permis dans les deux lectures. C'est le lot qu'il avait sans erouv. Surplus du côté de l'erouv Acquis seulement si l'erouv vaut pour ce jour-là. Le doute le retire. Si une seule kedousha L'erouv a acquis pour deux jours. Il a perdu les 2000 d'en face. Ici, il n'a rien gagné : seulement les 2000 d'origine. Si deux kedoushot L'erouv n'a acquis qu'un jour. L'autre jour, il est comme les gens de sa ville. Il n'a ici que 2000 amot. De toute façon (mima nafshakh), ces 2000 amot sont permis. Le gain de l'erouv dans une direction, et la perte du côté opposé, ne laissent marcher que là où les deux hypothèses s'accordent.
Hamor gamal : ânier et chamelier. Seules les 2000 amot de la ville sont permises selon les deux lectures du doute.
Fil du daf Du doute des Sages jusqu'au silence de l'éveille. 1. Hamor gamal. Les Sages doutent. Zone commune : les 2000 de la ville. 2. Baraita écrite : Rabban Chimon et Rabbi Yichmael, une seule kedousha. Rav : halakha comme quatre anciens, selon Rabbi Eliezer, deux kedoushot. 3. On les a entendus à l'inverse. Réponse : inverse la baraita. Lis : et ainsi dit Rabban Chimon. Rabbi enseigne sans tenir. Rav a une tradition. 4. Rav Hisda oppose Rav à Rav. L'œuf pondu l'un des jours est interdit l'autre. Rabba : là-bas, hakhana. Le verset : le hol prépare, le jour saint ne prépare pas l'autre. 5. Abaye. Porter le pain et y faire tomber la nuit. Le lagin de tevel. Deux erouvin a 2000 de chaque côté. L'erouv des pieds le second jour, qui semble une parole dite le Yom tov. 6. Rabba. L'erouv s'achète au début du jour : le Chabbat prépare pour lui-même. Le repas doit être propre dès le jour. Les pains sont à 1000 amot, pas à 2000. Il y va, il se tait, il s'assoit. L'éveille, même silencieux, est comme s'il avait parlé. 7. Rabba bar Rav Hanin ouvre une baraita : ne pas aller voir ce que le champ exige. La phrase est coupée en fin d'amoud.
Du hamor gamal à l'inversion de la baraita, puis de l'oeuf à la hakhana, et aux quatre réponses de Rabba.
Où poser les deux pains Le repas doit rester accessible tant qu'il fait jour. Lecture d'Abaye : 2000 à l'est et 2000 à l'ouest pain ouest 2000 ville 2000 pain est D'un pain à l'autre : 4000. Depuis la chevita de l'est, le pain de l'ouest est hors de portée. La ville où il a passé la nuit compte comme 4 amot. Au-delà, vers l'ouest, il ne va pas. Réponse : 1000 à l'est et 1000 à l'ouest pain ouest 1000 ville 1000 pain est D'un pain à l'autre : 2000. Le jour de l'est, ces 2000 atteignent le pain de l'ouest. Rachi : le besoin n'est que de 3000. Pain à 1000, puis 2000 au-delà, du côté choisi ce jour-là. Le repas reste dans son tehoum tant qu'il fait jour. L'erouv du second jour peut donc s'acquérir.
Deux pains à 2000 de chaque côté restent hors d'atteinte. À 1000, l'un est encore dans les 2000 de l'autre.
1
הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל.

Le voici ânier et chamelier (hamor gamal).

📜 Rachi (1)
הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל דִּלְמָא חֲדָא קְדֻושָּׁה הִיא וְקָנָה עֵירוּב לִשְׁנֵי יָמִים וְהִפְסִיד אַלְפַּיִם שֶׁכְּנֶגֶד עֵירוּבוֹ וְכָאן לֹא קָנָה כְּלוּם אֶלָּא אַלְפַּיִם שֶׁהָיוּ לוֹ בְּלֹא עֵירוּב וְדִלְמָא ב' קְדֻושּׁוֹת הֵן וְלֹא קָנָה עֵירוּבוֹ אֶלָּא לְיוֹם אֶחָד וְדִינוֹ לִהְיוֹת בִּשְׁנֵי כִּבְנֵי עִירוֹ וְאֵין לוֹ כָּאן אֶלָּא אַלְפַּיִם וּמִמַּה נַפְשָׁךְ בְּהָנָךְ אַלְפַּיִם אַמָּה מִשְׁתְּרֵי:
Peut-être est-ce une seule kedousha, et il a acquis l'erouv pour deux jours, et il a perdu les deux mille amot qui font face à son erouv ; et ici il n'a rien acquis, sinon les deux mille qu'il avait sans erouv. Ou peut-être sont-ce deux kedoushot, et son erouv n'a acquis que pour un jour, et son statut le second jour est celui des gens de sa ville, et il n'a ici que deux mille. De toute façon, dans ces deux mille amot, il est permis.
💡 Explication

Suite du doute des Sages, page précédente. L'homme est hamor gamal : l'ânier pousse par derrière, le chamelier mène par devant. Il ne marche que là où les deux lectures le laissent aller.

Rachi pose les deux craintes. Une seule kedousha : l'erouv vaut pour les deux jours, et les deux mille d'en face sont perdues. Deux kedoushot : l'erouv ne vaut qu'un jour, et l'autre jour il est comme la ville. Mima nafshakh, de toute façon, les deux mille d'origine restent permises.

🖼️ Schéma
Hamor gamal : la zone commune seulement Ânier par derrière, chamelier par devant. Il ne garde que le terrain des deux lectures. Côté opposé à l'erouv Perdu si une seule kedousha : la chevita a quitté la ville vers l'erouv. 2000 amot de la ville Permis dans les deux lectures. C'est le lot qu'il avait sans erouv. Surplus du côté de l'erouv Acquis seulement si l'erouv vaut pour ce jour-là. Le doute le retire. Si une seule kedousha L'erouv a acquis pour deux jours. Il a perdu les 2000 d'en face. Ici, il n'a rien gagné : seulement les 2000 d'origine. Si deux kedoushot L'erouv n'a acquis qu'un jour. L'autre jour, il est comme les gens de sa ville. Il n'a ici que 2000 amot. De toute façon (mima nafshakh), ces 2000 amot sont permis. Le gain de l'erouv dans une direction, et la perte du côté opposé, ne laissent marcher que là où les deux hypothèses s'accordent.
Trois bandes : le côté opposé, perdu dans une lecture ; les 2000 de la ville, permises dans les deux ; le surplus de l'erouv, retiré par le doute.
2
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמְרִים: עֵירֵב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן — אֵין מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי, נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן — יוֹצֵא עָלָיו בַּשֵּׁנִי.

Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, disent : s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il n'établit pas l'erouv par ses pieds le second ; si son erouv a été mangé le premier jour, il sort en s'appuyant sur lui le second.

📜 Rachi (1)
אֵין מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי א"צ לְעָרֵב דְּוַדַּאי קְדֻושָּׁה אַחַת נִינְהוּ וְכַחֲדָא יוֹמָא אֲרִיכָא הָוֵי:
Il n'a pas besoin d'établir l'erouv, car c'est certainement une seule kedousha, et cela équivaut à un seul long jour.
💡 Explication

Baraita telle qu'elle est écrite ici : une seule kedousha. L'erouv des pieds du premier soir couvre le second, et le pain mangé le jour 1 fait encore sortir le jour 2. Rachi : les deux jours sont un seul jour long. Plus bas, la Guemara demandera d'inverser ce texte.

3
אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים הַלָּלוּ, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן. וְאֵלּוּ הֵן אַרְבָּעָה זְקֵנִים: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה סְתִימְתָּאָה. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: חַד מִינַּייְהוּ רַבִּי אֶלְעָזָר, וּמַפֵּיק רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה סְתִימְתָּאָה.

Rav a dit : la halakha suit ces quatre anciens, et selon l'avis de Rabbi Eliezer, qui a dit que ce sont deux kedoushot. Et voici les quatre anciens : Rabban Chimon ben Gamliel, Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon, et Rabbi Yossi bar Yehouda le setoumta.

Et il en est qui disent : l'un d'eux est Rabbi Elazar, et l'on en retire Rabbi Yossi bar Yehouda le setoumta.

📜 Rachi (2)
חַד מִינַּייְהוּ ר' אֶלְעָזָר כָּל רַבִּי אֶלְעָזָר סְתָם בַּתַּלְמוּד שֶׁהוּא תַּנָּא רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ הוּא:
Tout Rabbi Elazar cité sans autre nom dans le Talmud, lorsqu'il est un tanna, est Rabbi Elazar ben Chamoua.
סְתִימָתָאָה קָרֵי כָּל מִי שֶׁרָאָה רַבִּי דְּבָרָיו בִּמְקוֹמוֹת הַרְבֵּה וּשְׁנָאָן בַּמִּשְׁנָה סְתָם:
On appelle ainsi quiconque dont Rabbi a vu les paroles en de nombreux endroits et les a enseignées dans la Michna sans nom d'auteur.
💡 Explication

Rav tranche comme quatre anciens, et ce psak est aligné sur Rabbi Eliezer : deux kedoushot. La liste nomme Rabban Chimon et Rabbi Yichmael, que la baraita précédente faisait parler pour une seule kedousha. Le heurt est pour le segment suivant.

Setoumta : Rachi, celui dont Rabbi a repris les dires, en beaucoup d'endroits, dans la Michna anonyme. Variante de la liste : Rabbi Elazar remplace Rabbi Yossi. Rachi : le tanna appelé Rabbi Elazar sans précision est Rabbi Elazar ben Chamoua. À distinguer de Rabbi Eliezer, l'auteur de la michna, et de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon, qui est dans la liste.

4
וְהָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! אִיפּוּךְ.

Or Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, nous les avons entendus à l'inverse ! Inverse.

📜 Rachi (1)
אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ לְעֵיל:
Nous les avons entendus à l'inverse, plus haut.
💡 Explication

La baraita du début de page leur prête une seule kedousha. Rav les compte parmi ceux qui tiennent deux kedoushot. Réponse, un seul mot : inverse (ippoukh). On retourne les attributions de la baraita.

5
אִי הָכִי, הַייְנוּ רַבִּי? אֵימָא: וְכֵן אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְכוּ׳.

S'il en est ainsi, c'est exactement Rabbi ! Dis : et ainsi a dit Rabban Chimon ben Gamliel, etc.

📜 Rachi (1)
וְכֵן א"ר שִׁמְעוֹן נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בָּרִאשׁוֹן אֵין יוֹצֵא עָלָיו בַּשֵּׁנִי:
Et ainsi a dit Rabbi Chimon : si son erouv a été mangé le premier jour, il ne sort pas en s'appuyant sur lui le second.
💡 Explication

Une fois la baraita inversée, leur avis coïncide avec celui de Rabbi, enseigné à la fin de la page précédente. La Guemara demande ce qui reste de leur parole. Réponse : lis ve-khen amar, et ainsi a dit. Ils s'alignent, ils n'ouvrent pas un autre différend.

Rachi donne le contenu de cet ainsi : pain mangé le jour 1, pas de sortie sur cet erouv le jour 2. C'est la lecture à deux kedoushot.

🖼️ Schéma
Inverser la baraita, puis compter les tenants Baraita telle qu'écrite Rabban Chimon, Rabbi Yichmael : une kedousha. Pas de second erouv des pieds. Pain mangé : il sort le jour 2. Après איפוך, lis : ve-khen Et ainsi dit Rabban Chimon. Même avis que Rabbi : deux kedoushot. Pain mangé : pas de sortie le jour 2. Rav : la halakha suit quatre anciens, selon Rabbi Eliezer. Rabban Chimon ben Gamliel. Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka. Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon. Rabbi Yossi bar Yehouda le setoumta. Variante : Rabbi Elazar à la place de Rabbi Yossi. Rachi : le tanna Elazar est ben Chamoua. Rabbi enseigne cet avis et ne le tient pas : on ne le compte pas. Rav ne s'appuie pas sur le ve-khen écrit. Il tient d'une tradition que les quatre le tiennent.
La baraita écrite dit une kedousha. Après l'inversion, Rabban Chimon dit comme Rabbi. Rabbi, lui, enseigne sans tenir l'avis.
6
וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי רַבִּי! רַבִּי תָּנֵי לַהּ וְלָא סָבַר לָהּ.

Comptons aussi Rabbi ! Rabbi l'a enseigné, et il ne le tenait pas.

📜 Rachi (2)
וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי רַבִּי דְּשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְעֵיל בְּהֶדְיָא:
Comptons aussi Rabbi, car nous l'avons entendu explicitement plus haut.
תָּנֵי לַהּ וְלָא סָבַר לָהּ וּלְדִבְרֵי ר' אֱלִיעֶזֶר קָאָמַר:
Il l'a enseigné et ne le tenait pas, et c'est selon les paroles de Rabbi Eliezer qu'il a parlé.
💡 Explication

Si l'avis est celui de Rabbi, pourquoi les quatre anciens sans lui ? Réponse : tani ve-la savar, il a enseigné et il ne tenait pas. Rachi : il rapporte la position de Rabbi Eliezer, sans en faire la sienne. On ne le compte donc pas parmi ceux dont Rav dit que la halakha suit l'avis.

7
רַבָּנַן נָמֵי תָּנוּ לַהּ וְלָא סָבְרִי לַהּ? רַב גְּמָרָא גְּמִיר לַהּ.

Les Rabbins aussi l'ont enseigné et ne le tenaient pas ? Rav la tient d'une tradition reçue (guemara).

📜 Rachi (2)
רַבָּנָן נָמֵי הָנָךְ רַבָּן שִׁמְעוֹן וְר' יִשְׁמָעֵאל נְהִי דְּקָתָנֵי וְכֵן דִּלְמָא תְּנוּ וְלָא סָבְרִי לָהּ:
Les Rabbins aussi, ces Rabban Chimon et Rabbi Yichmael : admettons que le texte enseigne et ainsi, peut-être ont-ils enseigné sans tenir l'avis.
רַב גְּמָרָא גְּמִיר לַהּ מֵרַבֵּיהּ דְּהָנָךְ אַרְבָּעָה זְקֵנִים סְבִירָא לְהוּ כר"א אֲבָל רַבִּי תָּנֵי וְלֹא סָבַר לָהּ:
Rav la tient d'une tradition, de son maître : ces quatre anciens tiennent comme Rabbi Eliezer, tandis que Rabbi enseigne et ne tient pas l'avis.
💡 Explication

La même réserve pourrait viser Rabban Chimon et Rabbi Yichmael : le ve-khen serait une transmission, pas leur avis. Réponse : Rav ne lit pas seulement le libellé. Il a reçu de son maître que ces quatre tiennent comme Rabbi Eliezer. Rabbi, lui, reste dans le cas de celui qui enseigne sans tenir.

8
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב הוּנָא, עָיֵיל רַב חִסְדָּא לְמִירְמָא דְּרַב אַדְּרַב. מִי אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן?

Quand Rav Houna mourut, Rav Hisda entra pour opposer une parole de Rav à une parole de Rav. Rav a-t-il dit : la halakha suit les quatre anciens, et selon l'avis de Rabbi Eliezer, qui a dit que ce sont deux kedoushot ?

💡 Explication

Après la mort de Rav Houna, élève de Rav, Rav Hisda ouvre au beit hamidrach une contradiction interne : Rav contre Rav. La première parole est le psak de notre page, deux kedoushot.

9
וְהָא אִיתְּמַר: שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב, רַב אָמַר: נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה!

Or on a enseigné : Chabbat et Yom tov, Rav a dit : un œuf pondu (nolada) dans l'un est interdit dans l'autre !

💡 Explication

Seconde parole de Rav. Nolada : l'œuf pondu l'un des deux jours reste interdit l'autre jour, comme l'œuf pondu un Yom tov l'est ce jour-là. Cette rigueur se lit d'abord comme une seule kedousha. Elle heurte le psak des deux kedoushot.

10
אָמַר רַבָּה: הָתָם — מִשּׁוּם הֲכָנָה.

Rabba a dit : là-bas, c'est à cause de la hakhana (préparation).

🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַבָּה מִשּׁוּם הֲכָנָה דְּתַנְיָא ר"ת מָחַק מִסִּפְרוֹ דְּתַנְיָא מִשּׁוּם דְּאָמַר בְּרֵישׁ בֵּיצָה (דַּף ב:) רַבָּה לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר רַבָּה וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ וְאִי בָּרַיְיתָא הִיא מַאי קָאָמַר לְטַעְמֵיהּ וְאֵין זוֹ קוּשְׁיָא דִּנְקַט לְטַעְמֵיהּ מִשּׁוּם דְּרַבָּה הֵבִיא הַבָּרַיְיתָא תְּחִילָּה לְבֵית הַמִּדְרָשׁ וְאֵין לְהַקְשׁוֹת מִן הַבָּרַיְיתָא לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּלֵית לֵיהּ הֲכָנָה בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ד.) דִּילְמָא לָא מִיתְּנֵי בֵּי רַבִּי חִייָּא וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא וְעוֹד דְּאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא דְּתַנָּאֵי בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ג.) וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ בְּבֵיצָה דְּרַבָּה לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר אַלִּיבֵּיהּ בְּאֵלּוּ עוֹבְרִין (פְּסָחִים מז:) דְּמֻוקְצֶה דְּאוֹרָייְתָא מֵהַאי קְרָא וְלָא נְהִירָא וְעוֹד דְּמַשְׁמַע הָתָם דְּהָדַר בֵּיהּ:
Rabbeinou Tam a effacé de son livre le mot detanya (car on a enseigné), parce qu'au début de Beitsa (2b) il est dit : Rabba selon son propre raisonnement, car Rabba a dit : Et ce fut le sixième jour, et ils préparèrent. Si c'est une baraita, que signifie selon son raisonnement ? Cette objection tombe : on dit selon son raisonnement parce que Rabba a apporté la baraita le premier à la maison d'étude. On n'objecte pas, depuis cette baraita, à Rabbi Yo'hanan, qui ne tient pas la hakhana au premier chapitre de Beitsa (4a) : peut-être n'était-elle pas enseignée dans la maison de Rabbi Hiya et de Rabbi Ochaya. De plus, il y a un différend de tannaim au premier chapitre de Beitsa (3a). Rachi explique dans Beitsa que Rabba selon son raisonnement vise ce qu'on a dit en son nom dans Elou ovrin (Pessahim 47b) : le mouktse (mis à l'écart) est deoraïta à partir de ce verset. Cette explication ne tient pas. De plus, il ressort là-bas qu'il s'est rétracté.
💡 Explication

Rabba sépare les deux paroles de Rav. L'œuf interdit d'un jour à l'autre vient de la hakhana : on ne prépare pas un jour saint pour l'autre. Le psak des deux kedoushot peut rester.

Tossefot. Rabbeinou Tam retirait detanya, pour que le verset soit la parole de Rabba, comme le litemeih de Beitsa 2b. Réponse : Rabba a le premier apporté cette baraita au beit hamidrach, d'où le mot selon son raisonnement. On ne l'oppose pas à Rabbi Yo'hanan, qui refuse la hakhana : la baraita n'était peut-être pas de la maison de Rabbi Hiya et Rabbi Ochaya, et les tannaim divergent déjà en Beitsa 3a. L'autre lecture de Rachi, le mouktse deoraïta depuis Pessahim 47b, ne tient pas pour Tossefot, et là-bas Rabba s'est rétracté.

11
דְּתַנְיָא: ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ״ — חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין לְיוֹם טוֹב, וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה לְיוֹם טוֹב.

Car on a enseigné : Et ce sera le sixième jour, et ils prépareront. Un jour de hol (jour ordinaire) prépare pour le Chabbat, et un jour de hol prépare pour le Yom tov.

Le Yom tov ne prépare pas pour le Chabbat, et le Chabbat ne prépare pas pour le Yom tov.

🗂️ Tossefot (1)
וְאֵין יו"ט מֵכִין לְשַׁבָּת דִּקְרָא מַשְׁמַע בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי שֶׁהָיָה יוֹרֵד הַמָּן וְאָמַר בַּמִּדְרָשׁ (מְכִילְתָּא פָּרָשַׁת בְּשַׁלַּח) דְּדָרְשִׁינַן שֶׁלֹּא יָרַד מָן לְיִשְׂרָאֵל בְּשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים וְיֵשׁ מִדְרָשִׁים חֲלוּקִים דְּדָרְשִׁי' וִיבָרֵךְ וִיקַדֵּשׁ בָּרֲכוּ בַּמָּן וְקִדְּשׁוּ בַּמָּן וּבָאתָה קִדַּשְׁתָּ וּבֵרַכְתּוֹ מִכָּל הַיָּמִים וְקִדַּשְׁתּוֹ מִכָּל הַזְּמַנִּים מַשְׁמַע דְּיָרַד מָן ביו"ט וּלְפִי זֶה צ"ל דְּהַשִּׁשִּׁי מַשְׁמַע הַמְבֹורָר דְּהַייְנוּ חוֹל כְּמוֹ הַיָּרֵךְ הַמְיֻומֶּנֶת שֶׁבֵּירַךְ (חֻולִּין דַּף צא.):
Le verset se comprend ainsi : le sixième jour, la manne descendait. Le midrach (Mekhilta, paracha Bechalah) expose que la manne ne descendait pas pour Israël les Chabbat ni les Yom tov. Il existe des midrachim divergents. Ils exposent : Il bénit et Il sanctifia, Il l'a béni par la manne et Il l'a sanctifié par la manne. Et dans Ata kidashta : Tu l'as béni plus que tous les jours, et Tu l'as sanctifié plus que tous les temps. Il en ressort que la manne descendait un Yom tov. Selon cette lecture, il faut dire que le sixième désigne le jour bien déterminé, c'est-à-dire le hol, comme la cuisse droite dont il est parlé à Houlin 91a.
⚖️ Rosh (1)
גמ' אָמְרוּ לוֹ לר"א אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת אָמַר לָהֶם אֲבָל. הָא לָאיֵי קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן. ור"א הָתָם מִשּׁוּם הֲכָנָה. אָמַר רַב הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים וְאַלִּיבָּא דָּר' אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן מַאי הֲכָנָה דְּתַנְיָא וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֶת אֲשֶׁר יָבִיאוּ חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין ליו"ט וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה ליו"ט. אֶלָּא הָא דִּתְנַן מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ וְהָא קָא מֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת א"ל מִי סָבְרַתְּ סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב תְּחִילַּת הַיּוֹם קוֹנָה עֵירוּב וְשַׁבָּת מְכִינָה לְעַצְמָהּ. אֶלָּא מֵעַתָּה יְעָרְבוּ בְּלָגִין. בָּעֵינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה לוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וְאֶלָּא הָא דִּתְנַן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יו"ט הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וְכוּ' וְהָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְלֵיכָּא. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּמַנַּח לֵהּ בְּסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן וּבְסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן לָא דְּמַנַּח לְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן וּלְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן. וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּשֵׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי וְהָא קָמֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּאָזֵיל וְאָמַר מִידֵּי דְּאָזֵיל וְשָׁתֵיק וַאֲפִילּוּ רַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְאָמְרִי דְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר לֹא קָנוּ שְׁבִיתָה הָנֵי מִילֵּי בְּיָשֵׁן דְּלָא מָצֵי אָמַר. אֲבָל בְּנִיעוּר דְּמָצֵי אָמַר אַף עַל גַּב דְּלָא אָמַר כְּמַאן דְּאָמַר דָּמֵי. וְאַף עַל גַּב דְּתַנְיָא לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה כַּיּוֹצֵא בּוֹ לֹא יְטַיֵּיל אָדָם עַד פֶּתַח הַמְּדִינָה כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס לְבֵית הַמֶּרְחָץ מִיָּד. לָא קַשְׁיָא מִידִי דְּהָתָם מוֹכְחָא מִילְּתָא הָכָא לָא מוֹכְחָא מִילְּתָא דְּאִי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא אָמְרִי שְׁמַעְתֵּיהּ מִשֶּׁכַּתְיָה וְאִם עַם הָאָרֶץ הוּא אָמְרִי חַמְרָא אִיתְאֲבִיד לֵיהּ: גּוּפָא אָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן אֵין מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִלָּה בְּפַת בַּשֵּׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי אָמַר שְׁמוּאֵל וּבְאוֹתָהּ הַפַּת:
Guemara. Ils dirent à Rabbi Eliezer : n'admets-tu pas qu'on n'établit pas d'erouv de Yom tov pour le Chabbat ? Il leur dit : certes. Dès lors, elles sont une seule kedousha. Et Rabbi Eliezer : là, c'est à cause de la hakhana. Rav a dit : la halakha suit les quatre anciens, et selon l'avis de Rabbi Eliezer, qui a dit que ce sont deux kedoushot. Qu'est-ce que la hakhana ? Comme on l'enseigne : Et ce sera le sixième jour, ils prépareront ce qu'ils apporteront. Un jour de hol prépare pour le Chabbat, et un jour de hol prépare pour le Yom tov ; le Yom tov ne prépare pas pour le Chabbat, et le Chabbat ne prépare pas pour le Yom tov. Mais ce que nous avons enseigné : il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va ; le second, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat ! Il lui dit : penses-tu que la fin du jour acquiert l'erouv ? Le début du jour acquiert l'erouv, et le Chabbat prépare pour lui-même. S'il en est ainsi, qu'on établisse l'erouv avec un lagin (cruche). Il nous faut un repas qui lui convienne dès qu'il fait encore jour. Mais ce que nous avons enseigné : Rabbi Eliezer dit, un Yom tov attenant au Chabbat, avant lui ou après lui, un homme établit deux erouvin, etc. Or il nous faut un repas convenable dès qu'il fait jour, et il n'y en a pas. Il lui dit : penses-tu qu'il le dépose au bout de deux mille de ce côté et au bout de deux mille de l'autre côté ? Non : il le dépose au bout de mille amot de ce côté, et au bout de mille amot de l'autre côté. Mais ce qu'a dit Rav Yehouda : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second ; s'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat ! Il lui dit : penses-tu qu'il y aille et qu'il dise quelque chose ? Il y va et il se tait. Et même les Rabbins qui contestent Rabbi Yo'hanan ben Nouri et disent que les biens en hefker (sans maître) n'acquièrent pas de chevita : cela ne vaut que pour celui qui dort, qui ne peut pas parler. Mais celui qui est éveillé et qui peut parler, même s'il n'a pas parlé, est tenu pour quelqu'un qui a parlé. Et bien qu'on enseigne : qu'un homme n'aille pas dans son champ pour savoir ce dont il a besoin ; de même, qu'un homme ne se promène pas jusqu'à l'entrée de la ville (médina) afin d'entrer au bain aussitôt. Rien ne fait difficulté. Là-bas, la chose est manifeste ; ici, la chose n'est pas manifeste. S'il est un savant (tsourba me-rabbanan), on dit : son enseignement l'a entraîné. S'il est un am ha-arets, on dit : son âne s'est perdu. Le corps de l'enseignement. Rav Yehouda a dit : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il ne fait pas l'erouv avec du pain le second, car on n'établit pas pour la première fois un erouv avec du pain le second jour. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Chmouel a dit : et avec ce même pain.
💡 Explication

Baraita du verset de la manne (Chemoth 16, 5). Le hol prépare pour le Chabbat et pour le Yom tov. Un jour saint ne prépare pas pour l'autre. C'est la hakhana que Rabba met sous l'interdit de l'œuf.

Tossefot. Une Mekhilta lit le verset : la manne ne tombait ni le Chabbat ni le Yom tov. D'autres midrachim, et la formule d'Ata kidashta, bénissent et sanctifient le jour par la manne, ce qui suppose qu'elle tombait un Yom tov. Alors ha-chichi, le sixième, désigne le jour déterminé, le hol, sur le modèle de la cuisse déterminée, la droite, à Houlin 91a.

Le Roch reprend ici tout le psak de la sougya, depuis l'aveu de Rabbi Eliezer jusqu'à la baraita de Rav Yehouda et au même pain selon Chmouel, y compris la suite qui dépasse cet amoud.

🖼️ Schéma
Le sixième jour : qui prépare pour qui Hol vers Chabbat Le jour ordinaire prépare. Permis. Hol vers Yom tov Le jour ordinaire prépare. Permis. Yom tov vers Chabbat Le jour saint ne prépare pas pour l'autre. Interdit. Chabbat vers Yom tov Le Chabbat ne prépare pas pour le Yom tov. Interdit. Verset : Et ce sera le sixième jour, et ils prépareront. L'œuf pondu l'un des jours reste interdit l'autre jour par cette hakhana. Rabba laisse ainsi en place les deux kedoushot de Rav.
Le hol prépare pour le jour saint. Le Yom tov ne prépare pas pour le Chabbat, ni le Chabbat pour le Yom tov.
12
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי, אֶלָּא הָא דִּתְנַן: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה — מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן, וּמַחֲשִׁיךְ עָלָיו, וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ. הָא קָא מֵכִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת!

Abaye lui dit : mais ce que nous avons appris : comment fait-il ? Il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va.

Le second jour, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat !

💡 Explication

Abaye ramène la michna du début du chapitre. La veille du premier jour, on porte le pain, on attend la nuit, on le reprend. La veille du second, on le reporte, on attend la nuit, on peut le manger. Si le premier jour est un Yom tov et le second le Chabbat, ce second geste a l'air d'une hakhana : préparer le Chabbat depuis le Yom tov.

13
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: מִי סָבְרַתְּ סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב? תְּחִלַּת הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב, וְשַׁבָּת מְכִינָה לְעַצְמָהּ.

Rabba lui dit : penses-tu que la fin du jour acquiert l'erouv ? Le début du jour acquiert l'erouv, et le Chabbat prépare pour lui-même.

📜 Rachi (1)
מִי סָבְרַתְּ סוֹף הַיּוֹם שֶׁל ע"ש קוֹנֶה עֵירוּב דְּהָוֵי יו"ט מֵכִין לְשַׁבָּת:
Penses-tu que la fin du jour, celle de la veille du Chabbat, acquiert l'erouv, de sorte que le Yom tov préparerait pour le Chabbat.
💡 Explication

Rabba déplace l'instant de l'achat. L'erouv acquiert la chevita au début du jour, quand le Chabbat est déjà entré. Le Chabbat prépare alors pour lui-même. Rachi : si l'achat était à la fin de la veille, encore Yom tov, le Yom tov préparerait pour le Chabbat.

🖼️ Schéma
À quel instant l'erouv achète la chevita Fin du jour encore Yom tov bein ha-chemachot passage Début du jour déjà Chabbat Rabba : l'erouv achète au début du jour. Le Chabbat prépare alors pour lui-même. Si l'achat était à la fin du jour, le Yom tov préparerait pour le Chabbat.
Fin du jour : encore Yom tov. Début du jour : déjà Chabbat. Rabba place l'achat à ce début.
14
אֶלָּא מֵעַתָּה — יְעָרְבוּ בְּלָגִין?

S'il en est ainsi, qu'on établisse l'erouv avec un lagin (cruche) !

📜 Rachi (1)
יְעָרְבוּ בְּלָגִין לָגִין טְבוּל יוֹם דִּתְנַן לְעֵיל בְּפִירְקִין (עֵירוּבִין דַּף לו.) שֶׁמִּילְּאָהוּ מִן הֶחָבִית שֶׁל טֶבֶל וְאָמַר הֲרֵי זֶה תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר לִכְשֶׁתֶּחֱשַׁךְ דְּבָרָיו קַיָּימִין וְאִם אָמַר עָירְבוּ לִי בָּהּ לֹא אָמַר כְּלוּם אַלְמָא סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב וְאַכַּתִּי טֶבֶל הוּא:
Le lagin du tevoul yom. Comme nous l'avons appris plus haut dans notre chapitre (Erouvin 36a) : il l'a rempli depuis la barrique de tevel, et il a dit : ceci sera teroumat maasser dès qu'il fera nuit, ses paroles tiennent. Et s'il a dit : faites-moi l'erouv avec cela, il n'a rien dit. Il en ressort que la fin du jour acquiert l'erouv, et c'est encore du tevel.
💡 Explication

Lagin : la cruche d'Erouvin 36a. On la remplit de tevel et l'on dit : ceci sera teroumat maasser à la nuit. La désignation tient. Dire faites-en mon erouv ne tient pas.

Rachi lit la michna comme une preuve que l'erouv s'achète en fin de jour, tant que le vin est encore tevel. Abaye la retourne contre Rabba : si l'achat était au début du jour, après la nuit, le vin serait déjà prélevé et l'erouv aurait pu tenir.

15
בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם, וְלֵיכָּא.

Nous exigeons un repas propre dès qu'il fait encore jour, et il n'y en a pas.

💡 Explication

Réponse à Abaye. L'erouv exige une seouda reouya, un repas déjà propre à être mangé mibeod yom, tant qu'il fait jour. Le vin du lagin est encore du tevel dans la journée. Il échoue pour cela. L'achat au début du jour, posé par Rabba, reste en place.

16
אֶלָּא הָא דִּתְנַן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יוֹם טוֹב הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת, בֵּין מִלְּפָנֶיהָ וּבֵין מִלְּאַחֲרֶיהָ, מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין. הָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם, וְלֵיכָּא.

Mais ce que nous avons appris : Rabbi Eliezer dit : un Yom tov attenant au Chabbat, avant lui ou après lui, un homme établit deux erouvin. Or nous exigeons un repas propre dès qu'il fait encore jour, et il n'y en a pas.

📜 Rachi (2)
ה"ג אֶלָּא הָא דִּתְנַן ר' אֱלִיעֶזֶר כוּ' הָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְלֵיכָּא:
Or nous exigeons un repas propre dès qu'il fait encore jour, et il n'y en a pas.
מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וקס"ד זֶה לְסוֹף אַלְפַּיִם לַמִּזְרָח וְזֶה לְסוֹף אַלְפַּיִם לַמַּעֲרָב וְכִי קָנָה לוֹ יוֹם רִאשׁוֹן לַמִּזְרָח אִי הֲוָה בָּעֵי לְמֵיזַל לְמַעֲרַב הָעִיר פְּסִיעָה אַחַת לָא מָצֵי אָזֵיל דְּמִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ וַהֲרֵי מֵעֵירוּבוֹ וְעַד עִירוֹ הָוֵי אַלְפַּיִם וְכָל עִירוֹ מִיהָא מָצֵי אָזֵיל דְּכֻולָּהּ לְדִידֵיהּ כֵּיוָן דְּלָן בָּהּ כְּד' אַמּוֹת דָּמְיָא לֵיהּ אֲבָל טְפֵי לָא מָצֵי אָזֵיל לֵיהּ וְהֵיכִי קָנֵי לֵיהּ עֵירוּב דִּבְמַעֲרָב בְּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת הָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְהָא אִי הֲוָה בָּעֵי לְמֵיזַל וּמֵיכְלֵיהּ מִבְּעוֹד יוֹם לָא מָצֵי אָזֵיל:
Et l'on aurait pensé : celui-ci au bout de deux mille vers l'est, et celui-là au bout de deux mille vers l'ouest. Une fois que le premier jour lui a acquis l'est, s'il voulait aller à l'ouest de la ville, même d'un pas, il ne le pourrait pas. Car depuis le lieu de son erouv il a deux mille amot dans chaque direction, et de son erouv jusqu'à sa ville il y a deux mille. Toute la ville, en tout cas, il peut la parcourir : puisqu'il y a passé la nuit, elle compte pour lui comme quatre amot. Au-delà, il ne peut pas aller. Comment alors l'erouv de l'ouest lui est-il acquis au bein ha-chemachot ? Nous exigeons un repas propre tant qu'il fait jour, et s'il avait voulu y aller et le manger tant qu'il fait jour, il n'aurait pas pu y aller.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא בָּעֵינַן סְעוּדָה וא"ת וְהָא רְאוּיָה הִיא לְאוֹתָן שֶׁבִּתְחֻומּוֹ כְּמוֹ שֶׁמְּעָרְבִין לְיִשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה כֵּיוָן שֶׁרְאוּיָה לַכֹּהֲנִים וי"ל דִּכְמוֹ שֶׁצָּרִיךְ בַּלַּיְלָה דְּהַיְינוּ שְׁעַת קְנִיַּית הָעֵירוּב שֶׁיְּהֵא הוּא וְעֵירוּבוֹ תּוֹךְ הַתְּחוּם דְּאִם נִתְגַּלְגֵּל הָעֵירוּב חוּץ לַתְּחוּם לָא הָוֵי עֵירוּב ה"נ צָרִיךְ שֶׁתְּהֵא תּוֹךְ תְּחֻומּוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וְהָא דְּקָאָמַר וְהָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְלֵיכָּא תֵּימַהּ דְּמַשְׁמַע דְּנִיחָא לֵיהּ אִי לָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם ואע"ג דְּסָבַר סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב וְאַמַּאי כֵּיוָן דס"ד דְּמַנַּח אַלְפַּיִם לְכָאן וְאַלְפַּיִם לְכָאן הֵיכִי קַנְיֵיהּ לֵיהּ סוֹף הַיּוֹם עֵירוּב וּשְׁבִיתָתוֹ הָא עֲדַייִן בְּסוֹף הַיּוֹם ד' אֲלָפִים רָחוֹק מֵעֵירוּבוֹ:
On objectera : ce repas est pourtant propre à ceux qui sont dans son tehoum, de même qu'on établit un erouv pour un Israël avec de la terouma, puisqu'elle est propre aux cohanim. On répondra : de même que la nuit, moment où l'erouv s'acquiert, il faut que lui et son erouv soient dans le tehoum, car si l'erouv a roulé hors du tehoum l'erouv ne vaut pas, de même il faut qu'il soit dans son tehoum dès qu'il fait encore jour. Quant à ce qu'il dit : or nous exigeons un repas propre dès qu'il fait encore jour, et il n'y en a pas, cela étonne. Le texte laisse entendre que la chose lui irait si nous n'exigions pas un repas propre dès qu'il fait encore jour, et cela alors qu'il tient que la fin du jour acquiert l'erouv. Pourquoi ? Puisqu'on pensait qu'il dépose deux mille de ce côté et deux mille de l'autre, comment la fin du jour lui acquerrait-elle l'erouv et sa chevita, alors qu'à la fin du jour il est encore éloigné de quatre mille de son erouv ?
💡 Explication

Deuxième vague d'Abaye. Rabbi Eliezer permet deux erouvin, un par jour, en sens opposé. Si chaque pain est au bout des deux mille, le jour où la chevita est à l'est, le pain de l'ouest est à quatre mille. On ne peut pas l'atteindre tant qu'il fait jour. Le repas propre mibeod yom manque, et l'erouv du second jour ne devrait pas tenir.

Rachi : la ville où il a passé la nuit compte comme quatre amot. Il la traverse. Il ne fait pas un pas au-delà, vers le pain opposé. La première glose fixe la leçon : la question sur le repas propre fait bien partie du texte.

Tossefot. On ne se contente pas qu'un autre, dans le tehoum du pain, puisse le manger, sur le modèle de la terouma propre aux cohanim. Lui et son erouv doivent être dans le même tehoum, la nuit comme des le jour. Reste un étonnement : même l'achat en fin de jour suppose qu'il ne soit pas à quatre mille de son erouv. La question de la Guemara est donc plus étroite que la distance, à elle seule, ne le permettrait.

17
מִי סָבְרַתְּ דְּמַנַּח לֵיהּ בְּסוֹף אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָאן, וּבְסוֹף אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָאן? לֹא, דְּמַנַּח לֵיהּ בְּסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן, וּבְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן.

Penses-tu qu'il le dépose au bout de deux mille amot de ce côté, et au bout de deux mille amot de l'autre côté ? Non : il le dépose au bout de mille amot de ce côté, et au bout de mille amot de l'autre côté.

📜 Rachi (2)
בְּסוֹף אַלְפַּיִם דְּתוּ לֵית לֵיהּ לְצַד שֶׁכְּנֶגְדּוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן כְּלוּם:
Au bout de deux mille : dès lors, le premier jour, il n'a plus rien du côté opposé.
לָא דְּמַנַּח לֵיהּ בְּסוֹף אֶלֶף כו' דְּלָא הֲוָה צָרִיךְ לְמֵיזַל לֹא בָּרִאשׁוֹן וְלֹא בַּשֵּׁנִי אֶלָּא שְׁלֹשָׁה אֲלָפִים וְנָתַן עֵירוּבוֹ בְּסוֹף אֶלֶף לְכָל צַד הִילְכָּךְ בְּיוֹם רִאשׁוֹן אע"פ שֶׁקָּנָה עֵירוּבוֹ לַמִּזְרָח יָכוֹל לֵילֵךְ אֵצֶל עֵירוּבוֹ בַּמַּעֲרָב דְּהָא מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ שֶׁבַּמִּזְרָח עַד עֵירוּב שֶׁבַּמַּעֲרָב אַלְפַּיִם הוּא דְּהָווּ:
Il n'avait à aller, ni le premier jour ni le second, que de trois mille, et il a placé son erouv au bout de mille de chaque côté. Dès lors, le premier jour, même si son erouv a acquis vers l'est, il peut aller jusqu'à son erouv à l'ouest : du lieu de son erouv à l'est jusqu'à l'erouv à l'ouest, ce sont deux mille.
💡 Explication

Dans le cas retenu, chaque pain de Rabbi Eliezer est à mille amot. De l'erouv de l'est à l'erouv de l'ouest, il y a deux mille : le jour où la chevita est à l'est, il atteint encore le pain de l'ouest tant qu'il fait jour.

Rachi compte le besoin de marche : trois mille. Mille jusqu'au pain, puis deux mille au-delà, du côté choisi ce jour-là. À deux mille de pose, le côté opposé est fermé dès le premier jour.

🖼️ Schéma
Où poser les deux pains Le repas doit rester accessible tant qu'il fait jour. Lecture d'Abaye : 2000 à l'est et 2000 à l'ouest pain ouest 2000 ville 2000 pain est D'un pain à l'autre : 4000. Depuis la chevita de l'est, le pain de l'ouest est hors de portée. La ville où il a passé la nuit compte comme 4 amot. Au-delà, vers l'ouest, il ne va pas. Réponse : 1000 à l'est et 1000 à l'ouest pain ouest 1000 ville 1000 pain est D'un pain à l'autre : 2000. Le jour de l'est, ces 2000 atteignent le pain de l'ouest. Rachi : le besoin n'est que de 3000. Pain à 1000, puis 2000 au-delà, du côté choisi ce jour-là. Le repas reste dans son tehoum tant qu'il fait jour. L'erouv du second jour peut donc s'acquérir.
À 2000 de chaque côté, les pains sont à 4000 l'un de l'autre. À 1000, ils sont à 2000 : le repas reste accessible.
18
אֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: עֵירַב בְּרַגְלָיו יוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּרַגְלָיו יוֹם שֵׁנִי, עֵירַב בְּפַת בְּיוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּפַת בְּיוֹם שֵׁנִי, הָא קָא מֵכִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת!

Mais ce qu'a dit Rav Yehouda : s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second jour ; s'il a établi l'erouv avec du pain le premier jour, il établit l'erouv avec du pain le second jour. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat !

📜 Rachi (2)
עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי לְקַמָּן מְפָרֵשׁ בְּאוֹתוֹ פַּת:
Plus bas, on explique : avec ce même pain.
וְהָא קָא מֵכִין כְּשֶׁמְּעָרֵב בְּרַגְלָיו בִּשְׁנֵי מִיו"ט לְשַׁבָּת בִּשְׁלָמָא מְעָרֵב בַּשֵּׁנִי בְּפַת תֵּרַצְתָּ דִּתְחִילַּת הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב וְעֵירוּב דְּפַת שְׁתִיקָה מִמֵּילָא קָנֵי אֶלָּא עֵירֵב בְּרַגְלָיו ס"ד דְּבָעֵי לְמֵימַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי וְלָא מָצֵי לְכַוֵּין תְּחִילַּת הַיּוֹם וּבָעֵי לְמֵימַר מִבְּעוֹד יוֹם וְאִישְׁתְּכַח דְּמַכִּין בַּאֲמִירָתוֹ מִיו"ט לְשַׁבָּת:
Quand il établit l'erouv par ses pieds le second jour, du Yom tov vers le Chabbat. Passe pour l'erouv de pain du second jour : tu l'as déjà résolu. Le début du jour acquiert l'erouv, et pour un erouv de pain le silence l'acquiert de lui-même. Mais l'erouv par les pieds : on aurait pensé qu'il doit dire : ma chevita est en mon lieu. Il ne peut pas ajuster sa parole sur le début du jour. Il doit la dire dès qu'il fait encore jour. Il se trouve alors qu'il prépare, par sa parole, du Yom tov pour le Chabbat.
🗂️ Tossefot (1)
הָא קָא מֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת וא"ת אַמַּאי לָא פָּרֵיךְ לְרַב יְהוּדָה גּוּפֵיהּ מִמִּלְּתֵיהּ דְּנַפְשֵׁיהּ דע"כ אִית לֵיהּ הֲכָנָה מִדְּקָאָמַר אֵין מְעָרְבִין תְּחִילָּה בְּפַת וְהָא קָאָמַר עֵירַב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם רִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי וְי"ל דְּהָא דְקָאָמַר מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם שֵׁנִי בָּרַיְיתָא דִּלְעֵיל קָתָנֵי לָהּ דִּפְלִיגִי בָּהּ רַבִּי יְהוּדָה וְרַשְׁבָּ"ג וְהָא דְּקָא מַיְיתֵי מִלְּתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה לְפִי שֶׁלֹּא הָיְתָה יָדוּעַ לָהֶם תֵּדַע דִּלְקַמָּן קָאָמַר אַמִּלְּתָא דְּרַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל וּבְאוֹתוֹ הַפַּת וְהֵיכִי מְפָרֵשׁ שְׁמוּאֵל מִלְּתֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה שֶׁהָיָה תַּלְמִידוֹ אֶלָּא וַדַּאי רַב יְהוּדָה בָּרַיְיתָא קָתָנֵי:
On objectera : pourquoi n'objecte-t-il pas à Rav Yehouda lui-même, à partir de sa propre parole ? Car il tient forcément la hakhana, puisqu'il dit qu'on n'établit pas un erouv pour la première fois avec du pain. Or il dit : s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second jour. On répondra : ce qu'il dit, il établit l'erouv par ses pieds le second jour, c'est la baraita d'en haut qui l'enseigne, celle où Rabbi Yehouda et Rabban Chimon ben Gamliel divergent. Et si l'on rapporte la parole de Rav Yehouda, c'est que cette parole ne leur était pas connue. Sache-le : plus bas, sur la parole de Rav Yehouda, Chmouel a dit : et avec ce même pain. Comment Chmouel expliquerait-il la parole de Rav Yehouda, qui était son élève ? La conclusion est sûre : Rav Yehouda enseigne une baraita.
💡 Explication

Troisième vague. Rav Yehouda : on refait le second soir l'erouv des pieds, et l'erouv de pain. Abaye y voit une hakhana du Yom tov vers le Chabbat.

Rachi serre la question sur les pieds. Le pain du second soir est déjà résolu : l'achat est au début du jour, et le silence suffit. Pour les pieds, on aurait cru qu'il faut dire cheviti bi-mekomi, ma chevita est en mon lieu. On ne peut pas viser pile le début du jour. La formule serait dite tant qu'il fait jour, donc le Yom tov, et la parole elle-même préparerait le Chabbat.

Tossefot : pourquoi ne pas renvoyer la question à Rav Yehouda, qui tient la hakhana puisqu'il refuse un erouv de pain posé pour la première fois le second jour, et qui permet pourtant l'erouv des pieds ce second soir. Réponse : la phrase sur les pieds est la baraita d'en haut, où le tanna Rabbi Yehouda diverge de Rabban Chimon. On la cite sous le nom de l'amora Rav Yehouda parce qu'elle n'était pas connue. Preuve : Chmouel, son maître, la glose par le même pain. Rav Yehouda transmet une baraita.

19
אֲמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ דְּאָזֵיל וְאָמַר מִידֵּי? דְּאָזֵיל וּשְׁתֵיק, וְיָתֵיב.

Il lui dit : penses-tu qu'il y aille et qu'il dise quelque chose ? Il y va, il se tait, et il s'assoit.

💡 Explication

Rabba retire la parole. Pour l'erouv des pieds du second soir, il va au lieu, il se tait, il s'assoit. Aucune formule n'est dite le Yom tov en vue du Chabbat. La hakhana par la parole ne s'y trouve pas.

20
כְּמַאן? כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, דְּאָמַר: חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה.

Selon qui ? Selon Rabbi Yo'hanan ben Nouri, qui a dit : les biens en hefker (sans maître) acquièrent une chevita.

📜 Rachi (1)
רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי לְקַמָּן בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ קָאָמַר דְּיָשֵׁן קוֹנֶה שְׁבִיתָתוֹ וְאַף עַל גַּב דְּהָוֵי כְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר בְּעָלְמָא שֶׁאֵין אָדָם מַקְנֶה לָהֶם שְׁבִיתָה:
Plus bas, dans Mi chehotsiouhou, il dit que celui qui dort acquiert sa chevita, bien qu'il soit comme de simples biens en hefker, auxquels personne n'assigne de chevita.
🗂️ Tossefot (1)
כְּמַאן כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וא"ת וְהָא ר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי לֹא אָמַר אֶלָּא בְּיָשֵׁן חוּץ לַתְּחוּם אֲבָל תּוֹךְ הַתְּחוּם הֲרֵי הוּא כְּרַגְלֵי אַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר וְי"ל דְּהָתָם מִשּׁוּם דִּסְתָמָא דַּעְתּוֹ לִהְיוֹת כְּאַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר:
On objectera : Rabbi Yo'hanan ben Nouri n'a dit cela que pour celui qui dort hors du tehoum. Dans le tehoum, il est comme les pieds des gens de cette ville. On répondra : là-bas, son intention ordinaire est d'être comme les gens de cette ville.
💡 Explication

Abaye cherche l'auteur de l'acquisition sans parole. Rabbi Yo'hanan ben Nouri : les heftsei hefker, biens sans maître, acquièrent une chevita là où ils se trouvent. Rachi : le dormeur, assimilé à ces biens, acquiert aussi, au chapitre Mi chehotsiouhou.

Tossefot limitent d'abord cet avis au dormeur hors du tehoum. Dans la ville, il suit les pieds des gens de la ville. Réponse : là-bas, setam daato, son intention ordinaire est d'être comme eux. Le principe du hefker n'est pas réduit à l'extérieur du tehoum.

21
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנָן, עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אֶלָּא בְּיָשֵׁן, דְּלָא מָצֵי אָמַר. אֲבָל בְּנִיעוּר, דְּאִי בָּעֵי לְמֵימַר מָצֵי אָמַר — אַף עַל גַּב דְּלָא אָמַר, כְּמַאן דְּאָמַר דָּמֵי.

Même si tu dis les Rabbins. Les Rabbins ne contestent Rabbi Yo'hanan ben Nouri que pour celui qui dort, qui ne peut pas parler.

Mais pour celui qui est éveillé, qui, s'il voulait parler, le pourrait : même s'il n'a pas parlé, il est tenu pour quelqu'un qui a parlé.

📜 Rachi (1)
בְּנִיעוּר גָּרְסִינַן:
Nous lisons : celui qui est éveillé.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' אִם אֵינוֹ מַכִּיר אוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּקִי בְּהַלִּכְ' וְאָמַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי זָכָה לוֹ מְקוֹמוֹ וְיֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ עֲגֻולּוֹת דִּבְרֵי ר' חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים מְרֻובָּעוֹת כְּטַבְלָא מְרֻובַּעַת כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר הַזָּוִיּוֹת וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ הֶעָנִי מְעָרֵב בְּרַגְלָיו. ר' מֵאִיר אוֹמֵר אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא עָנִי. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אֶחָד עָנִי וְאֶחָד עָשִׁיר. וְלֹא אָמְרוּ לְעָרֵב בְּפַת אֶלָּא לְהָקֵל עַל הֶעָשִׁיר שֶׁלֹּא יֵצֵא וִיעָרֵב בְּרַגְלָיו. הָא דְּקָתָנֵי בְּמָתְנֵי' וְאָמַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי לָאו דַּוְקָא אָמַר. דְּהוּא הַדִּין בְּלֹא אֲמִירָה נָמֵי הָוֵי קָנֵי כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לח:) אֲבָל נֵיעוֹר דְּאִי בָּעֵי לְמֵימַר מָצֵי אָמַר אע"ג דְּלָא אָמַר כְּמַאן דְּאָמַר דָּמֵי. וּלְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף מה.) נָמֵי תְּנַן מִי שֶׁיָּשַׁב וְעָמַד וַהֲרֵי הוּא סָמוּךְ לָעִיר הוֹאִיל וְלֹא הָיְתָה כַּוָּונָתוֹ לְכָךְ לֹא יִכָּנֵס וּמוּכָח בַּגְּמָרָא דְּקָנֵי שְׁבִיתָה גַּבֵּי עֻובְדָּא דְּרַבִּי טַרְפוֹן דְּאָמַר שֶׁמָּא בֵּית הַמִּדְרָשׁ מֻובְלָע בִּתְחוּם שֶׁלּוֹ הָיָה. וְהָא דְּקָתָנֵי וְאָמַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִיתְנֵי בְּסֵיפָא זֶהוּ שֶׁאָמְרוּ הֶעָנִי מְעָרֵב בְּרַגְלָיו אֲבָל עָשִׁיר לֹא אע"ג דְּאָמַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי וְרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי דְּאָמַר אֶחָד עָנִי וְאֶחָד עָשִׁיר ע"כ מַייְרֵי בִּדְאָמַר. לְהָכִי תְּנָא בְּרֵישָׁא וְאָמַר שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי. דְּעָשִׁיר הָעוֹמֵד בְּעִירוֹ וְהֶחְשִׁיךְ עַל הַתְּחוּם אֵינוֹ קוֹנֶה מִשָּׁם אַלְפַּיִם אַמָּה לְכָל רוּחַ אֶלָּא אִם כֵּן נִתְכַּווֵּן לִקְנוֹת מִשָּׁם שְׁבִיתָה. וכה"ג אַשְׁכְּחַן בְּפֶרֶק קַמָּא דְּבָבָא מְצִיעָא דַּף יא. דִּתְנַן רָאָה אוֹתָן רָצִין אַחַר הַמְּצִיאָה אַחַר צְבִי שָׁבוּר וְאַחַר גּוֹזָלוֹת שֶׁלֹּא פֵּרְחוּ וְאָמַר זָכְתָה לִי שָׂדִי זָכְתָה לוֹ. וּבְלֹא אֲמִירָה נָמֵי זָכְתָה לוֹ שָׂדֵהוּ דַּאֲפִילּוּ גַּבֵּי ד' אַמּוֹת שֶׁתִּקְּנוּ חֲכָמִים שֶׁקּוֹנוֹת לוֹ בְּכָל מָקוֹם קָאָמַר הָתָם אִי תַּקִּינוּ לֵיהּ רַבָּנָן דְּלִיקְנֵי כִּי לָא אֲמַר מַאי הֲוָה. וְהָא דְּתָנֵי וְאָמַר זָכְתָה לִי שָׂדִי מִשּׁוּם רְבוּתָא דְּסֵיפָא תָּנֵי הָיָה צְבִי רָץ כְּדַרְכּוֹ אוֹ שֶׁהָיוּ גּוֹזָלוֹת מַפְרִיחִין וְאָמַר זָכְתָה לִי שָׂדִי לֹא אָמַר כְּלוּם:
Michna. S'il ne reconnaît pas, ou s'il n'est pas expert dans la halakha, et qu'il a dit : ma chevita est en mon lieu, son lieu lui est acquis, et il a deux mille amot dans chaque direction, en rond. Paroles de Rabbi Hanina ben Antignos. Et les Sages disent : carrées, comme une tablette carrée, afin qu'il gagne les angles. Et c'est ce qu'ils ont dit : le pauvre fait l'erouv par ses pieds. Rabbi Meir dit : nous n'avons que le pauvre. Rabbi Yehouda dit : le pauvre comme le riche. Et ils n'ont dit de faire l'erouv avec du pain que pour alléger le riche, afin qu'il n'ait pas à sortir faire l'erouv par ses pieds. Ce que la Michna enseigne : et il a dit, ma chevita est en mon lieu, le mot il a dit n'est pas au sens strict. La même règle vaut : même sans parole, il acquiert aussi, comme il est dit plus haut au chapitre Bekhol mearvin (Erouvin 38b) : mais celui qui est éveillé, s'il voulait parler il le pourrait, même s'il n'a pas parlé, est tenu pour quelqu'un qui a parlé. Et plus haut (Erouvin 45a) nous avons aussi appris : celui qui s'est assis puis s'est levé, et le voici proche de la ville, puisque son intention n'allait pas à cela, il n'entrera pas. Et la Guemara prouve qu'il acquiert une chevita, dans le fait de Rabbi Tarfon, qui a dit : peut-être la maison d'étude était-elle comprise dans son tehoum. Et si la Michna enseigne : et il a dit, ma chevita est en mon lieu, c'est qu'elle doit enseigner dans la fin : c'est ce qu'ils ont dit, le pauvre fait l'erouv par ses pieds, mais le riche non, même s'il a dit : ma chevita est en mon lieu. Et Rabbi Yehouda aussi, qui dit le pauvre comme le riche, parle forcément d'un cas où il a parlé. C'est pourquoi elle enseigne au début : et il a dit, ma chevita est en mon lieu. Car un riche qui se tient dans sa ville, et sur qui la nuit tombe au tehoum, n'acquiert pas de là deux mille amot dans chaque direction, sauf s'il a eu l'intention d'acquérir de là sa chevita. Et de même nous trouvons au premier chapitre de Bava Metsia, page 11a, où nous avons appris : il a vu des gens courir après une trouvaille, après un cerf à la patte cassée, et après des oisillons qui n'avaient pas encore pris leur vol, et il a dit : mon champ me l'a acquis. Cela lui est acquis. Et même sans parole, son champ le lui acquiert aussi. Car même au sujet des quatre amot que les Sages ont instituées pour acquérir en sa faveur en tout lieu, on dit là-bas : si les Sages ont institué pour lui qu'il acquière, lorsqu'il n'a pas parlé, qu'importe. Et si l'on enseigne : et il a dit, mon champ me l'a acquis, c'est à cause de la nouveauté de la fin que cela est enseigné : si le cerf courait à son ordinaire, ou si les oisillons volaient, et qu'il a dit : mon champ me l'a acquis, il n'a rien dit.
💡 Explication

Rabba ne se limite pas à Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Selon les Rabbins aussi, le différend ne porte que sur le dormeur, qui ne peut pas parler. L'éveillé le pourrait. Son silence compte comme la parole. L'erouv des pieds sans formule tient, et aucune hakhana dite le Yom tov n'a eu lieu. Rachi fixe la leçon : be-ni'or, celui qui est éveillé.

Le Roch greffe ici la michna de celui qui ne reconnaît pas le lieu. Rabbi Hanina ben Antignos donne deux mille amot en rond. Les Sages, un carré, pour gagner les angles. Le Roch lit et il a dit sans en faire une condition : l'éveille acquiert même sans parole, comme notre sugya. Le riche au bord du tehoum, lui, n'acquiert que s'il a eu l'intention. Même démarche en Bava Metsia 11a : le champ acquiert le cerf blessé sans qu'on le dise. La parole de la michna sert la fin du texte, là où le cerf court encore et où les oisillons volent : là, dire mon champ me l'a acquis ne fait rien.

🖼️ Schéma
Dormeur et éveillé : qui acquiert en silence Celui qui dort Il ne peut pas parler. Rabbi Yo'hanan ben Nouri : le hefker acquiert une chevita, le dormeur aussi. Les Rabbins : pas de chevita. Celui qui est éveillé S'il voulait parler, il le pourrait. Même s'il se tait, c'est comme s'il avait parlé. Les Rabbins l'accordent. Pas de parole dite le Yom tov. Donc l'erouv des pieds : il y va, il se tait, il s'assoit. Rachi : la leçon est be-ni'or, celui qui est éveillé.
Le dormeur divise Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Rabbins. L'éveille, silencieux, acquiert selon les deux.
22
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר רַב חָנִין לְאַבָּיֵי: אִי הֲוָה שְׁמִיעַ לֵיהּ לְמָר הָא דְּתַנְיָא: לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם לְסוֹף שָׂדֵהוּ לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה; כַּיּוֹצֵא בוֹ,

Rabba bar Rav Hanin dit à Abaye : si le maître avait entendu ce qu'on enseigne : qu'un homme n'aille pas jusqu'au bout de son champ pour savoir ce dont il a besoin ; de même,

📜 Rachi (3)
אִי הֲוָה שְׁמִיעַ לֵיהּ לְמָר לְרַבָּה דִּמְתָרֵץ וְאָזֵיל כָּל הָנָךְ תֵּירוּצֵי וְקָאָמַר דְּמִשּׁוּם דְּלָא אָמַר מִידִי שְׁרֵי וְאַף עַל גַּב דַּאֲזַל הָתָם מִבְּעוֹד יוֹם:
Au maître, c'est-à-dire à Rabba, qui va en résolvant toutes ces réponses, et qui dit que, du fait qu'il n'a rien dit, c'est permis, bien qu'il y soit allé dès qu'il faisait encore jour.
לֹא יְהַלֵּךְ בְּשַׁבָּת:
Qu'il n'aille pas : le Chabbat.
לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה אַחַר הַשַּׁבָּת:
Pour savoir ce dont il a besoin : après le Chabbat.
💡 Explication

Rabba bar Rav Hanin ouvre une objection que l'amoud coupe à kayotsa bo, de même. La baraita interdit, le Chabbat, d'aller au bout de son champ pour voir ce qu'il faudra y faire après le Chabbat. Rachi : la pointe vise Rabba, qui permet d'aller sur place des le jour, dès lors qu'on ne dit rien.

La suite de la baraita, la promenade jusqu'à la porte en vue du bain, est dans le Roch du segment précédent et au daf suivant. Ici le texte s'arrête sur de même.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).