Eruvin 39a — Marche vers le bain, même pain, deux jours de Roch Hachana

Eruvin 39a

Sougya : La page répond à la baraita qui interdit de se promener vers le bain à la fin du jour saint. Rabba ne se rétracte pas : là, la chose est manifeste ; pour l'erouv, elle ne l'est pas.

Un savant a été entraîné par son enseignement, un am ha-arets cherche son âne. La Guemara reprend la règle de Rav Yehouda : pieds et pain, d'un jour à l'autre.

Passer des pieds au pain est interdit, car nommer un erouv ce jour-là est une hakhana. Chmouel exige le même pain.

Rav Ashi le lit dans la michna. Les Rabbins y voient un conseil.

La michna de Rabbi Yehouda ouvre ensuite les deux jours de Roch Hachana : deux erouvin conditionnels, une condition sur la corbeille de tevel, un œuf pondu le premier jour. Rav identifie ceux qui refusent : Rabbi Yossi.

Pour lui, les deux jours sont une seule kedousha, dès lors que des témoins venus après la minha rendent les deux jours saints.

Quand la marche du soir est une hakhana Rabba a entendu la baraita. Il ne se rétracte pas. Manifeste Le champ : voir ce qu'il exige. L'entrée de la ville : se rapprocher du bain, pour y entrer dès la nuit. La marche seule, sans parole, suffit à montrer l'intention. Interdit. On se prépare à une chose interdite le Chabbat. Isaie 58, 13 : ton affaire. Pas manifeste Hors de la ville, jusqu'au tehoum. Rien ne montre l'erouv de demain. Savant : l'enseignement l'entraîne, il réfléchit, il ne vise pas le lieu. Am ha-arets : son âne est perdu. Le chercher, et le ramener dans le tehoum, reste permis. Donc pas de hakhana visible. Là-bas, chacun lit le but. Ici, on lit autre chose. Le savant (tsourba me-rabbanan) est tiré par une chemata. L'am ha-arets va voir son âne. L'erouv des pieds peut se faire en silence.
Champ et bain : la marche montre le but, elle est interdite. Tehoum : on lit un enseignement ou un âne perdu. Rabba ne se rétracte pas.
Érouv du jour 1, erouv du jour 2 Rav Yehouda. Yom tov puis Chabbat, ou l'inverse. Jour 1 Jour 2 Issue Pieds Pieds Permis Pain Pain Permis. Chmouel : le même pain. Pain, ensuite mangé Pieds Permis. On change de mode. Pieds Pain, pour la première fois Interdit. Nommer l'erouv maintenant est une hakhana. Rav Ashi : la michna est précise. On reprend ce pain, on le rapporte. Les Rabbins, Abaye et Rabba bar Hanan : peut-être un conseil, pour ne pas perdre le pain et devoir en préparer un autre.
Pieds puis pieds, pain puis pain, pain puis pieds : permis. Pieds puis pain : interdit. Chmouel : le même pain. Les Rabbins : un conseil.
Deux jours de Roch Hachana : qui peut les partager Rav : ceux qui n'admettent pas Rabbi Yehouda, c'est l'avis de Rabbi Yossi. Rabbi Yehouda, et les Sages qui conviennent ici à Rabbi Eliezer Deux kedoushot. Un des deux jours est hol. Doute : le tribunal a-t-il fait Eloul plein, le 30 ou le 31 ? Deux erouvin : est, puis ouest. Ou erouv un jour, et l'autre jour comme les gens de sa ville. Corbeille et œuf : le second jour. Rabbi Yossi Une seule kedousha. Les deux jours peuvent être saints ensemble, par institution. Témoins après la minha : on ne sanctifie plus ce jour-là, on sanctifie le lendemain, et la fin du 30 reste sainte. On ne sépare pas les deux jours. Il interdit erouv, corbeille, œuf. Piskei HaRoch. Halakha comme Rabbi Yossi pour les deux jours de Roch Hachana. Les deux sont une kedousha : témoins venus depuis la minha, ce jour saint et le lendemain saint. Pour les deux jours saints des galouyot, Rabbi Yossi convient : deux kedoushot. Corbeille et œuf : halakha comme Rabbi Yehouda pour les galouyot, pas pour Roch Hachana.
Rabbi Yehouda partage les deux jours par un doute. Rabbi Yossi les tient pour une seule kedousha, à cause des témoins venus après la minha.
1
לֹא יְטַייֵּל אָדָם עַל פֶּתַח מְדִינָה כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס לַמֶּרְחָץ מִיָּד, הָדַר בֵּיהּ!

Un homme ne se promène pas à l'entrée de la ville (médina) afin d'entrer au bain aussitôt. Il s'est rétracté !

📜 Rachi (1)
לֹא יְטַיֵּיל אָדָם בְּשַׁבָּת אוֹ ביו"ט סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה עַד פֶּתַח מְדִינָה כְּדֵי לְהִתְקָרֵב לַמֶּרְחָץ לִהְיוֹת מְזֻומָּן לִיכָּנֵס כְּשֶׁתֶּחְשַׁךְ מִיָּד אַלְמָא אַף עַל גַּב דְּהִילּוּךְ גְּרֵידָא עֲבִיד וְלֹא אָמַר מִידִי אָסוּר וְגַבֵּי עֵירוּב אִי בְּדִיבּוּרָא הֲוָה אָסוּר מִשּׁוּם הֲכָנָה בִּשְׁתִיקוּתָא נָמֵי הֲוָה אָסוּר:
Le Chabbat ou le Yom tov, près de la nuit, jusqu'à l'entrée de la ville, pour se rapprocher du bain et être prêt à y entrer dès qu'il fait nuit, aussitôt. Il en ressort : même s'il ne fait que marcher et ne dit rien, c'est interdit. Et pour l'erouv : si par la parole c'était interdit à cause de la hakhana (préparation), par le silence ce serait interdit aussi.
⚖️ Rosh (1)
גמ' אָמְרוּ לוֹ לר"א אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁאֵין מְעָרְבִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת אָמַר לָהֶם אֲבָל. הָא לָאיֵי קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן. ור"א הָתָם מִשּׁוּם הֲכָנָה. אָמַר רַב הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים וְאַלִּיבָּא דָּר' אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן מַאי הֲכָנָה דְּתַנְיָא וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֶת אֲשֶׁר יָבִיאוּ חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין ליו"ט וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה ליו"ט. אֶלָּא הָא דִּתְנַן מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ וְהָא קָא מֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת א"ל מִי סָבְרַתְּ סוֹף הַיּוֹם קוֹנֶה עֵירוּב תְּחִילַּת הַיּוֹם קוֹנָה עֵירוּב וְשַׁבָּת מְכִינָה לְעַצְמָהּ. אֶלָּא מֵעַתָּה יְעָרְבוּ בְּלָגִין. בָּעֵינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה לוֹ מִבְּעוֹד יוֹם וְאֶלָּא הָא דִּתְנַן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר יו"ט הַסָּמוּךְ לַשַּׁבָּת בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וְכוּ' וְהָא בָּעִינַן סְעוּדָה הָרְאוּיָה מִבְּעוֹד יוֹם וְלֵיכָּא. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּמַנַּח לֵהּ בְּסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן וּבְסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן לָא דְּמַנַּח לְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן וּלְסוֹף אֶלֶף אַמָּה לְכָאן. וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בְּשֵׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי וְהָא קָמֵכִין מִיו"ט לְשַׁבָּת. אֲמַר לֵיהּ מִי סָבְרַתְּ דְּאָזֵיל וְאָמַר מִידֵּי דְּאָזֵיל וְשָׁתֵיק וַאֲפִילּוּ רַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּר' יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְאָמְרִי דְּחֶפְצֵי הֶפְקֵר לֹא קָנוּ שְׁבִיתָה הָנֵי מִילֵּי בְּיָשֵׁן דְּלָא מָצֵי אָמַר. אֲבָל בְּנִיעוּר דְּמָצֵי אָמַר אַף עַל גַּב דְּלָא אָמַר כְּמַאן דְּאָמַר דָּמֵי. וְאַף עַל גַּב דְּתַנְיָא לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם לְתוֹךְ שָׂדֵהוּ לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה כַּיּוֹצֵא בּוֹ לֹא יְטַיֵּיל אָדָם עַד פֶּתַח הַמְּדִינָה כְּדֵי שֶׁיִּכָּנֵס לְבֵית הַמֶּרְחָץ מִיָּד. לָא קַשְׁיָא מִידִי דְּהָתָם מוֹכְחָא מִילְּתָא הָכָא לָא מוֹכְחָא מִילְּתָא דְּאִי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא אָמְרִי שְׁמַעְתֵּיהּ מִשֶּׁכַּתְיָה וְאִם עַם הָאָרֶץ הוּא אָמְרִי חַמְרָא אִיתְאֲבִיד לֵיהּ: גּוּפָא אָמַר רַב יְהוּדָה עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן אֵין מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִלָּה בְּפַת בַּשֵּׁנִי עֵירַב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי אָמַר שְׁמוּאֵל וּבְאוֹתָהּ הַפַּת:
Guemara. Ils dirent à Rabbi Eliezer : n'admets-tu pas qu'on n'établit pas d'erouv de Yom tov pour le Chabbat ? Il leur dit : certes. Dès lors, c'est bien une seule kedousha. Et Rabbi Eliezer : là, c'est à cause de la hakhana. Rav a dit : la halakha suit les quatre anciens, et selon l'avis de Rabbi Eliezer, qui a dit que ce sont deux kedoushot. Qu'est-ce que la hakhana ? Comme on l'enseigne : Et ce sera le sixième jour, et ils prépareront ce qu'ils apporteront. Un jour de hol prépare pour le Chabbat, et un jour de hol prépare pour le Yom tov. Le Yom tov ne prépare pas pour le Chabbat, et le Chabbat ne prépare pas pour le Yom tov. Mais ce que nous avons enseigné : il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va. Le second, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat. Il lui dit : penses-tu que la fin du jour acquiert l'erouv ? Le début du jour acquiert l'erouv, et le Chabbat prépare pour lui-même. Dès lors, qu'on établisse l'erouv avec un lagin (cruche). Il nous faut un repas qui lui convienne tant qu'il fait encore jour. Mais ce que nous avons enseigné : Rabbi Eliezer dit, un Yom tov attenant au Chabbat, que ce soit avant ou après, un homme établit deux erouvin, etc. Or il nous faut un repas convenable tant qu'il fait jour, et il n'y en a pas. Il lui dit : penses-tu qu'il le pose au bout de deux mille de ce côté et au bout de deux mille de l'autre côté ? Non : il le pose au bout de mille amot de ce côté, et au bout de mille amot de l'autre côté. Mais ce qu'a dit Rav Yehouda : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Or il prépare du Yom tov pour le Chabbat. Il lui dit : penses-tu qu'il y aille et qu'il dise quelque chose ? Il y va et il se tait. Et même les Rabbins qui contestent Rabbi Yo'hanan ben Nouri et disent que les biens en hefker (sans maître) n'acquièrent pas de chevita : ces paroles ne valent que pour celui qui dort, qui ne peut pas parler. Mais celui qui est éveillé, qui peut parler, même s'il n'a pas parlé, est tenu pour quelqu'un qui a parlé. Et bien qu'on enseigne : qu'un homme n'aille pas dans son champ pour savoir ce dont il a besoin. De même, qu'un homme ne se promène pas jusqu'à l'entrée de la ville afin d'entrer à la maison du bain aussitôt. Rien ne fait difficulté. Là, la chose est manifeste. Ici, la chose n'est pas manifeste. S'il est un savant (tsourba me-rabbanan), on dit : son enseignement l'a entraîné. S'il est un am ha-arets, on dit : son âne s'est perdu. Le corps même de l'enseignement. Rav Yehouda a dit : s'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv par ses pieds le second. S'il a fait l'erouv par ses pieds le premier, il ne fait pas l'erouv avec du pain le second, car on n'établit pas pour la première fois un erouv avec du pain le second jour. S'il a fait l'erouv avec du pain le premier, il fait l'erouv avec du pain le second. Chmouel a dit : et avec ce même pain.
💡 Explication

Fin de la question ouverte en 38b. La baraita interdit de s'avancer, avant la nuit, vers le bain. Rachi : la marche seule, sans aucune parole, suffit. Si l'erouv était interdit dès qu'on le dit, le silence le serait aussi. La Guemara en tire : Rabba s'est rétracté.

Le Roch reprend ici tout le psak de la sougya précédente : l'aveu de Rabbi Eliezer, les deux kedoushot selon Rav, la hakhana, l'achat au début du jour, le lagin, les pains à mille amot, le silence de l'éveille, puis la distinction de cette page et la règle de Rav Yehouda jusqu'au même pain de Chmouel.

2
וְלֹא הִיא, שְׁמִעַ לֵיהּ וְלָא הֲדַר בֵּיהּ. הָתָם — מוֹכְחָא מִילְּתָא, הָכָא — לָאו מוֹכְחָא מִילְּתָא הִיא.

Et il n'en est rien. Il l'a entendue, et il ne s'est pas rétracté.

Là, la chose est manifeste. Ici, la chose n'est pas manifeste.

📜 Rachi (1)
מוֹכְחָא מִילְּתָא מַאי בָּעֵי בְּשָׂדֵהוּ אִם לֹא לֵידַע מַה הִיא צְרִיכָה וְרַחֲמָנָא אָמַר מִמְּצוֹא חֶפְצְךָ וְגוֹ' (יְשַׁעְיָהוּ נ״ח:י״ג) וְכֵן בְּפֶתַח הַמְּדִינָה אֲבָל חוּץ לָעִיר עַד הַתְּחוּם לָא מוֹכְחָא מִילְּתָא דִּלְעֵרוּבֵי לְצֹורֶךְ מָחָר קָאֲזִיל וְלָא מַסְּקִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתַּיְיהוּ אֶלָּא אִי צֻורְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא אָמְרִינַן שְׁמַעְתָּא מְשַׁכְתֵּיהּ שֶׁמְּהַרְהֵר בָּהּ וְאֵין דַּעְתּוֹ עָלָיו:
Que cherche-t-il dans son champ, sinon savoir ce dont il a besoin ? Et le Miséricordieux a dit : de trouver ton affaire, etc. (Isaie 58, 13). De même à l'entrée de la ville. Mais hors de la ville, jusqu'au tehoum (limite de marche), la chose n'est pas manifeste, à savoir qu'il irait faire un erouv pour le besoin de demain. Les gens ne le portent pas à l'esprit. S'il est un savant (tsourba me-rabbanan), nous disons : un enseignement l'a entraîné. Il y réfléchit, et son attention n'est pas sur sa marche.
💡 Explication

Rabba a bien entendu la baraita. Il maintient l'erouv des pieds fait en silence. Le critère est moukha milta : est-ce que l'acte montre son but ?

Au champ, et à la porte de la ville, le but se lit. Le verset d'Isaie 58, 13 interdit de préparer son affaire. Jusqu'au tehoum, la marche vers l'erouv de demain ne se lit pas. Rachi commence ici le cas du savant. Le segment suivant le dit en clair, avec l'am ha-arets.

🖼️ Schéma
Quand la marche du soir est une hakhana Rabba a entendu la baraita. Il ne se rétracte pas. Manifeste Le champ : voir ce qu'il exige. L'entrée de la ville : se rapprocher du bain, pour y entrer dès la nuit. La marche seule, sans parole, suffit à montrer l'intention. Interdit. On se prépare à une chose interdite le Chabbat. Isaie 58, 13 : ton affaire. Pas manifeste Hors de la ville, jusqu'au tehoum. Rien ne montre l'erouv de demain. Savant : l'enseignement l'entraîne, il réfléchit, il ne vise pas le lieu. Am ha-arets : son âne est perdu. Le chercher, et le ramener dans le tehoum, reste permis. Donc pas de hakhana visible. Là-bas, chacun lit le but. Ici, on lit autre chose. Le savant (tsourba me-rabbanan) est tiré par une chemata. L'am ha-arets va voir son âne. L'erouv des pieds peut se faire en silence.
Deux lectures d'une même marche. Champ et bain : le but se voit. Tehoum : on explique autrement.
3
אִי צֻורְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא, אָמְרִינַן: שְׁמַעְתָּא מִשֶּׁכַּתְיָה. וְאִי עַם הָאָרֶץ הוּא, אָמְרִינַן: חַמְרָא אִירַכַּס לֵיהּ.

S'il est un savant (tsourba me-rabbanan), nous disons : un enseignement l'a entraîné. Et s'il est un am ha-arets, nous disons : son âne s'est perdu.

📜 Rachi (2)
אָמְרִי לָךְ דִּילְמָא מַתְנֵי' עֵצָה טוֹבָה קמ"ל הָא דְּקָתָנֵי נוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ שֶׁלֹּא יֹאבַד וְיַפְסִיד פִּתּוֹ וְיִטְרַח בְּאַחֶרֶת וּלְעוֹלָם אִי בָּעֵי מְעָרֵב בְּאַחֶרֶת וּדְקָתָנֵי אֵין עֵירוּב לַשֵּׁנִי בִּקְנִייָּה קַמַּיְיתָא קָאָמַר אִי לָא הָדַר מֵעֶרֶב:
Ils te diraient : peut-être la michna nous enseigne un bon conseil. Ce qu'elle enseigne, il le prend et s'en va, c'est pour qu'il ne se perde pas, qu'il ne perde pas son pain, et qu'il n'ait pas à peiner pour un autre. En vérité, s'il veut, il établit l'erouv avec un autre. Et ce qu'elle enseigne, il n'y a pas d'erouv pour le second : elle parle de la première acquisition, s'il ne revient pas établir un erouv.
חַמְרָא אִירַכַּס לֵיהּ וְאָזֵיל לְעַיּוֹנֵי דַּאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת מֻותָּר לַהֲשִׁיבוֹ מִתּוֹךְ הַתְּחוּם לְבֵיתוֹ אֲבָל מִידֵּי דַּאֲסִיר לֵיהּ לְמֶיעְבַּד בְּשַׁבָּת אֲסִיר לֵיהּ לְזַמּוֹנֵי נַפְשֵׁיהּ לְהַהוּא מִידִי:
Et il va regarder. Même le Chabbat, il est permis de le ramener de l'intérieur du tehoum jusque chez lui. Mais une chose qu'il lui est interdit de faire le Chabbat, il lui est interdit de s'y préparer.
💡 Explication

Deux lectures innocentes. Le savant est absorbé par une chemata. L'am ha-arets cherche un âne perdu. Personne n'en conclut qu'il pose un erouv pour demain.

Rachi, sur l'âne : le ramener dans le tehoum est permis même le Chabbat. L'observateur peut donc lui prêter ce but. Se préparer à un acte interdit le Chabbat, en revanche, reste interdit. La première glose, amri lakh, répond déjà à la michna du pain : la reprendre serait un conseil, pour ne pas la perdre. La Guemara le dira plus bas, face à Rav Ashi.

4
גּוּפָא, אָמַר רַב יְהוּדָה: עֵירַב בְּרַגְלָיו בְּיוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירַב בְּפַת בְּיוֹם רִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּפַת בְּיוֹם שֵׁנִי.

Le corps même de l'enseignement. Rav Yehouda a dit : s'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second.

S'il a établi l'erouv avec du pain le premier jour, il établit l'erouv avec du pain le second jour.

💡 Explication

Goufa : on reprend la phrase de Rav Yehouda pour elle-même. Deux cas où le mode reste le même d'un jour à l'autre : raglav, les pieds, ou pat, le pain. Le segment suivant ajoute le croisement des deux modes.

5
עֵירֵב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן — מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי. עֵירֵב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן — אֵין מְעָרֵב בְּפַת בַּשֵּׁנִי, שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִלָּה בְּפַת.

S'il a établi l'erouv avec du pain le premier jour, il établit l'erouv par ses pieds le second. S'il a établi l'erouv par ses pieds le premier jour, il n'établit pas l'erouv avec du pain le second, car on n'établit pas d'erouv pour la première fois avec du pain.

📜 Rachi (2)
עֵירֵב בְּפַת בָּרִאשׁוֹן וְנֶאֱכַל עֵירוּבוֹ מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי:
Et son erouv a été mangé : il établit l'erouv par ses pieds le second jour.
שֶׁאֵין מְעָרְבִין בַּתְּחִילָּה בְּפַת מי"ט לְשַׁבָּת מִשּׁוּם הֲכָנָה דְּקָרֵי לֵיהּ הַשְׁתָּא שֵׁם עֵירוּב:
De Yom tov pour le Chabbat, à cause de la hakhana. Car maintenant il l'appelle du nom d'erouv.
💡 Explication

Le croisement n'est permis que dans un sens. Pain le premier jour, puis pieds le second : permis. Rachi précise : c'est quand le pain a été mangé.

Pieds le premier jour, puis pain le second : interdit. Ce pain n'a jamais porté le nom d'erouv. Le nommer maintenant, un jour saint, pour l'autre jour, est une hakhana. Rachi : on l'appelle chem erouv à l'instant même.

🖼️ Schéma
Érouv du jour 1, erouv du jour 2 Rav Yehouda. Yom tov puis Chabbat, ou l'inverse. Jour 1 Jour 2 Issue Pieds Pieds Permis Pain Pain Permis. Chmouel : le même pain. Pain, ensuite mangé Pieds Permis. On change de mode. Pieds Pain, pour la première fois Interdit. Nommer l'erouv maintenant est une hakhana. Rav Ashi : la michna est précise. On reprend ce pain, on le rapporte. Les Rabbins, Abaye et Rabba bar Hanan : peut-être un conseil, pour ne pas perdre le pain et devoir en préparer un autre.
Trois passages permis, un interdit : ouvrir un erouv de pain le second jour, parce qu'on le nomme maintenant.
6
עֵירַב בְּפַת בְּיוֹם רִאשׁוֹן מְעָרֵב בְּפַת בְּיוֹם שֵׁנִי, אָמַר שְׁמוּאֵל: וּבְאוֹתָהּ הַפַּת. אָמַר רַב אַשִּׁי: דַּיְקָא נַמֵּי מַתְנִיתִין, דְּקָתָנֵי: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן, וּמַחֲשִׁיךְ עָלָיו, וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי, מַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ.

S'il a établi l'erouv avec du pain le premier jour, il établit l'erouv avec du pain le second jour. Chmouel a dit : et avec ce même pain.

Rav Ashi a dit : la michna aussi est précise, car elle enseigne : comment fait-il ? Il le porte le premier jour, il y fait tomber la nuit, il le prend et s'en va.

Le second, il y fait tomber la nuit, il le mange et s'en va.

📜 Rachi (1)
דַּיְקָא נָמֵי בְּאוֹתָהּ פַּת דְּקָרָא עָלֶיהָ שֵׁם מֵאֶתְמוֹל וְהַשְׁתָּא קָא שְׁתֵיק אֲבָל לֹא בְּפַת אַחֶרֶת דְּבָעֵי לְמִיקְרֵי שֵׁם עֵירוּב הַשְׁתָּא:
Avec ce même pain : il a appelé le nom dessus dès hier, et maintenant il se tait. Mais pas avec un autre pain : il faudrait appeler le nom d'erouv maintenant.
💡 Explication

Chmouel serre la règle du pain. Le second erouv reprend le même pain. Rachi : le nom a été posé hier. Aujourd'hui il se tait. Un pain neuf exigerait de dire maintenant chem erouv, et ce serait une hakhana.

Rav Ashi lit la michna. On emporte ce pain, on le rapporte le second soir, on peut alors le manger. Le texte suit un seul pain, pas un pain de rechange.

7
וְרַבָּנָן, דִּילְמָא הָתָם — עֵצָה טוֹבָה קָא מַשְׁמַע לַן.

Et les Rabbins : peut-être que là, elle nous enseigne un bon conseil.

📜 Rachi (2)
וְרַבָּנָן אַבַּיֵּי וְרַבָּה בַּר חָנָן דְּקָא מִתִּמְהֵי לְעֵיל אַהֲכָנָה דְּרַבָּה וְלָא יָלְפִי מֵהָא מַתְנֵי' דְּדַיְקָא כְּוָותֵיהּ דְּמַשְׁמַע בְּפַת אַחֶרֶת לֹא אַלְמָא הֲכָנָה הִיא:
Abaye et Rabba bar Hanan, qui s'étonnent plus haut de la hakhana de Rabba. Ils ne tirent pas cette conséquence de la michna, qui serait précise selon lui. Elle donnerait à entendre qu'avec un autre pain, non. Donc ce serait une hakhana.
אָמְרִי לָךְ דִּילְמָא מַתְנֵי' עֵצָה טוֹבָה קמ"ל הָא דְּקָתָנֵי נוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ שֶׁלֹּא יֹאבַד וְיַפְסִיד פִּתּוֹ וְיִטְרַח בְּאַחֶרֶת וּלְעוֹלָם אִי בָּעֵי מְעָרֵב בְּאַחֶרֶת וּדְקָתָנֵי אֵין עֵירוּב לַשֵּׁנִי בִּקְנִייָּה קַמַּיְיתָא קָאָמַר אִי לָא הָדַר מֵעֶרֶב:
Ils te diraient : peut-être la michna nous enseigne un bon conseil. Ce qu'elle enseigne, il le prend et s'en va, c'est pour qu'il ne se perde pas, qu'il ne perde pas son pain, et qu'il n'ait pas à peiner pour un autre. En vérité, s'il veut, il établit l'erouv avec un autre. Et ce qu'elle enseigne, il n'y a pas d'erouv pour le second : elle parle de la première acquisition, s'il ne revient pas établir un erouv.
💡 Explication

Les Rabbins refusent la précision de Rav Ashi. Rachi les nomme : Abaye et Rabba bar Hanan, ceux qui ont déjà pressé Rabba sur la hakhana.

Reprendre le pain serait une etsa tova, un conseil : ne pas le laisser sur place, où il se perd, et devoir en préparer un autre. S'il veut, un autre pain reste possible. La formule qu'il n'y a pas d'erouv pour le second vise la première acquisition, quand il ne refait pas d'erouv. Elle ne ferme pas la porte à un pain neuf.

8
מַתְנִי׳ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁהָיָה יָרֵא שֶׁמָּא תִּתְעַבֵּר, מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין, וְאוֹמֵר: עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן לַמִּזְרָח, וּבַשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב. בָּרִאשׁוֹן לַמַּעֲרָב, וּבַשֵּׁנִי לַמִּזְרָח. עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן, וּבַשֵּׁנִי כִּבְנֵי עִירִי. עֵירוּבִי בַּשֵּׁנִי, וּבָרִאשׁוֹן כִּבְנֵי עִירִי. וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.

Michna. Rabbi Yehouda dit : Roch Hachana, celui qui craignait qu'il soit fait plein, un homme établit deux erouvin, et il dit : mon erouv le premier jour à l'est, et le second à l'ouest.

Le premier à l'ouest, et le second à l'est. Mon erouv le premier jour, et le second comme les gens de ma ville.

Mon erouv le second jour, et le premier comme les gens de ma ville. Et les Sages ne l'ont pas admis.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' שֶׁמָּא תִּתְעַבֵּר בַּגּוֹלָה קָמַייְרֵי שֶׁמָּא יַעֲשׂוּ בּ"ד הַגָּדוֹל אֱלוּל מְעֻובָּר וְיִהְיוּ שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים וְהוּא צָרִיךְ לֵילֵךְ בָּרִאשׁוֹן לְצַד אֶחָד וּבַשֵּׁנִי לְצַד אַחֵר:
Il parle de la diaspora. De crainte que le grand tribunal fasse Eloul plein (30 jours), qu'il y ait deux jours saints, et qu'il doive aller le premier d'un côté, le second de l'autre.
מֵעָרֵב שְׁנֵי עֵירוּבִין וּמַנִּיחָן בעי"ט זֶה לְכָאן וְזֶה לְכָאן וְאוֹמֵר כּוּ' כְּדִלְעֵיל:
Et il les pose la veille du jour saint, l'un de ce côté, l'autre de l'autre, et il dit, etc., comme plus haut.
וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים דְּקָסָבְרִי קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן:
Car ils tiennent que c'est une seule kedousha.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le calendrier dépend encore des témoins. Roch Hachana peut durer un jour ou deux, selon que le tribunal a fait Eloul plein. Rachi : la michna parle de la diaspora, loin du tribunal.

Rabbi Yehouda permet de partager les deux jours. Deux erouvin, posés la veille, avec une condition : l'est pour l'un, l'ouest pour l'autre. Ou bien l'erouv un seul des deux jours, et l'autre jour ke-bnei iri, comme les gens de sa ville, dans les deux mille d'origine. Les Sages refusent : une seule kedousha.

🖼️ Schéma
Deux jours de Roch Hachana : qui peut les partager Rav : ceux qui n'admettent pas Rabbi Yehouda, c'est l'avis de Rabbi Yossi. Rabbi Yehouda, et les Sages qui conviennent ici à Rabbi Eliezer Deux kedoushot. Un des deux jours est hol. Doute : le tribunal a-t-il fait Eloul plein, le 30 ou le 31 ? Deux erouvin : est, puis ouest. Ou erouv un jour, et l'autre jour comme les gens de sa ville. Corbeille et œuf : le second jour. Rabbi Yossi Une seule kedousha. Les deux jours peuvent être saints ensemble, par institution. Témoins après la minha : on ne sanctifie plus ce jour-là, on sanctifie le lendemain, et la fin du 30 reste sainte. On ne sépare pas les deux jours. Il interdit erouv, corbeille, œuf. Piskei HaRoch. Halakha comme Rabbi Yossi pour les deux jours de Roch Hachana. Les deux sont une kedousha : témoins venus depuis la minha, ce jour saint et le lendemain saint. Pour les deux jours saints des galouyot, Rabbi Yossi convient : deux kedoushot. Corbeille et œuf : halakha comme Rabbi Yehouda pour les galouyot, pas pour Roch Hachana.
Rabbi Yehouda : deux kedoushot, on conditionne l'est et l'ouest. Rabbi Yossi : une kedousha, on ne partage pas.
9
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַתְנֶה אָדָם עַל הַכַּלְכָּלָה בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן, וְאוֹכְלָהּ בַּשֵּׁנִי.

Et Rabbi Yehouda a dit encore : un homme pose une condition sur la corbeille le premier jour saint, et il la mange le second.

📜 Rachi (1)
מַתְנֶה אָדָם עַל הַכַּלְכָּלָה שֶׁל טֶבֶל בי"ט רִאשׁוֹן שֶׁל ר"ה וְאוֹמֵר אִם הַיּוֹם חוֹל תְּהֵא זוֹ תְּרוּמָה עַל אֵלּוּ וְאִם הַיּוֹם קֹדֶשׁ אֵין בִּדְבָרַי כְּלוּם דְּאֵין מַגְבִּיהִין תְּרוּמָה בי"ט דִּשְׁבוּת דְּרַבָּנָן הִיא בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה וּלְמָחָר אוֹמֵר אִם אֶתְמוֹל קֹדֶשׁ וְהַיּוֹם חוֹל תְּהֵא זוֹ שֶׁאָמַרְתִּי אֶתְמוֹל תְּרוּמָה עַל אֵלּוּ וְאִם הַיּוֹם קֹדֶשׁ וְאֶתְמוֹל חוֹל כְּבָר הִיא תְּרוּמָה מֵאֶתְמוֹל וְאוֹכֵל כַּלְכָּלָה הַמְתֻוקֶּנֶת וּמְשַׁייֵּר הַתְּרוּמָה:
De tevel (produit dont les prélèvements ne sont pas faits), le premier jour saint de Roch Hachana. Il dit : si aujourd'hui est hol (jour ordinaire), que ceci soit terouma sur ceux-ci. Et si aujourd'hui est saint, mes paroles sont nulles. Car on ne sépare pas la terouma un jour saint : c'est une chevout (abstention rabbinique), dans le traité Beitsa. Et le lendemain il dit : si hier était saint et aujourd'hui est hol, que ceci, que j'ai dit hier, soit terouma sur ceux-ci. Et si aujourd'hui est saint et qu'hier était hol, c'est déjà terouma depuis hier. Il mange la corbeille ainsi réparée, et il laisse la terouma.
💡 Explication

Kalkala : une corbeille de tevel. Rabbi Yehouda permet un tenai, une condition à deux branches, parce qu'un des deux jours est hol à coup sûr.

Le jour 1 : si c'est hol, la part dite est terouma. Si c'est saint, la phrase est nulle. Séparer la terouma ce jour-là est une chevout. Le jour 2 : la phrase d'hier prend effet si aujourd'hui seul est hol. Si c'est l'inverse, la terouma date d'hier. Il mange le reste, il met de côté la terouma.

🖼️ Schéma
Condition sur la corbeille de tevel Rabbi Yehouda. Un des deux jours est certainement hol. Jour 1 Si aujourd'hui est hol : ceci est terouma sur ceux-ci. Si aujourd'hui est saint : mes paroles sont nulles. Séparer la terouma un jour saint est une chevout, Beitsa. Jour 2 Si hier était saint, aujourd'hui hol : ce que j'ai dit hier est terouma. Si aujourd'hui est saint, hier hol : c'était déjà terouma hier. Il mange la corbeille réparée. Il laisse la part de terouma. Les Sages refusent : les deux jours sont une seule kedousha. On ne sépare pas de terouma sur ces deux jours. Roch : ce tenai suit Rabbi Yehouda pour les galouyot, pas pour Roch Hachana.
Deux phrases, une par jour. Le jour qui est hol fait la terouma. L'autre phrase reste nulle.
10
וְכֵן בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בָּרִאשׁוֹן, תֹּאכַל בַּשֵּׁנִי. וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.

Et de même, un œuf pondu le premier jour sera mangé le second. Et les Sages ne l'ont pas admis.

📜 Rachi (1)
וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים דְּסָבְרִי דְּתַרְוַיְיהוּ קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא וְאֵין מַגְבִּיהִין בָּהֶן תְּרוּמָה:
Car ils tiennent que les deux sont une seule kedousha, et on ne sépare pas de terouma sur eux.
🗂️ Tossefot (1)
וְכֵן בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם רִאשׁוֹן פִּי' לֹא הוֹדוּ לוֹ שֶׁתֹּאכַל אֲפִילּוּ בִּשְׁנֵי דִּקְדֻושָּׁה אַחַת הִיא וּבְרֵישׁ בֵּיצָה (דַּף ג.) דְּפָרִיךְ לְמָאֵן דְּגָזַר בֵּיצָה מִשּׁוּם מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ קָשֶׁה דְּר' יְהוּדָה דְּהָכָא אַדְּרַבִּי יְהוּדָה דְּפֶ' חָבִית (שַׁבָּת קמג.) דִּתְנַן ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אִם לָאֳוכָלִין הַיּוֹצֵא מֵהֶן מֻותָּר וּמְשַׁנֵּי אָמַר ר' יוֹחָנָן מֻוחְלֶפֶת הַשִּׁיטָה צָרִיךְ לוֹמַר הַהִיא דְּחָבִית מַחְלִיף דְּהַךְ דְּהָכָא אִם הָיָה מַחְלִיף לֹא הָיָה מַרְוִיחַ כְּלוּם דְּרַבָּנָן מַחְמִירִי טְפֵי וְהָא דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בְּפָ' חָבִית (שַׁבָּת דַּף קמג:) הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה הַיְינוּ לְפִי מַה שֶׁהָיְתָה הַמִּשְׁנָה שְׁנוּיָה כִּדְאָמַר בְּהַגּוֹזֵל עֵצִים (ב"ק ד' צו:) וּלְמַאי דְּאָפְכִיתוּ וּתְנֵיתוּ הֲלָכָה כְּר"מ וּבְלָאו הָכִי אֵין סְבָרָא לַהֲפֹוךְ כָּאן כָּל הַבָּבוֹת וְאֵין לְהַאֲרִיךְ:
Explication : ils ne l'ont pas admis, qu'on le mange même le second, car c'est une seule kedousha. Et au début de Beitsa (3a), là où l'on objecte à celui qui a décrété l'œuf à cause des liquides qui ont suinté : il y a une difficulté entre Rabbi Yehouda d'ici et Rabbi Yehouda du chapitre Hé-Havit (Chabbat 143a). Car nous avons enseigné : Rabbi Yehouda dit, s'ils étaient destinés à être mangés, ce qui en sort est permis. Et l'on répond : Rabbi Yo'hanan a dit, l'attribution est inversée. Il faut dire qu'on inverse celle de Hé-Havit. Car celle d'ici, si on l'inversait, on ne gagnerait rien : les Rabbins sont plus sévères. Et ce qu'a dit Rabbi Yo'hanan au chapitre Hé-Havit (Chabbat 143b), la halakha suit Rabbi Yehouda : c'est selon la michna telle qu'elle était enseignée, comme il est dit dans Ha-Gozel Etsim (Bava Kamma 96b). Et selon ce que vous avez inversé et enseigné, la halakha suit Rabbi Meir. Et de toute façon, il n'y a pas de raison d'inverser ici toutes les clauses. Inutile de s'étendre.
💡 Explication

Même logique pour l'œuf pondu le premier jour : un des deux jours est hol, donc on le mange le second. Les Sages refusent. Rachi relie le refus à la kedousha unique, et à l'interdit de séparer la terouma ces deux jours.

Tossefot. Le refus porte aussi sur l'œuf, même le second jour. Beitsa 3a confronte ce Rabbi Yehouda à celui de Chabbat 143a, sur les liquides sortis d'un fruit destiné à être mangé. Rabbi Yo'hanan répond par muhlefet ha-chita : on inverse les noms. Tossefot place l'inversion dans Hé-Havit. L'inverser ici ne servirait à rien : les Rabbins y sont déjà plus sévères que Rabbi Yehouda. Le psak de Rabbi Yo'hanan, halakha comme Rabbi Yehouda, vise la michna avant inversion. Après inversion, il suit Rabbi Meir. On n'inverse pas non plus toutes les clauses de notre michna.

11
רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס אוֹמֵר: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה בְּיוֹם טוֹב שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה, אוֹמֵר: ״הַחְלִיצֵנוּ ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ אֶת יוֹם רֹאשׁ הַחֹדֶשׁ הַזֶּה, אִם הַיּוֹם אִם לְמָחָר״. וּלְמָחָר הוּא אוֹמֵר: ״אִם הַיּוֹם אִם אֶמֶשׁ״. וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.

Rabbi Dosa ben Harkinas dit : celui qui passe devant le teva (il officie) le jour saint de Roch Hachana dit : Fortifie-nous, Hachem notre D.ieu, le jour de ce Roch Hodesh, que ce soit aujourd'hui, que ce soit demain. Et le lendemain il dit : que ce soit aujourd'hui, que ce soit hier.

Et les Sages ne l'ont pas admis.

📜 Rachi (3)
הֶחְלִיצָנוּ זָרְזֵנוּ וְהַחְלִיצֵנוּ כְּמוֹ נֵחָלֵץ חוּשִׁים (בַּמִּדְבָּר לב):
Presse-nous et équipe-nous, comme : nous nous équiperons en hâte (Nombres 32).
אִם הַיּוֹם אִם מָחָר אִם הַיּוֹם הוּא הֶחְלִיצָנוּ הַיּוֹם וְאִם מָחָר מָחָר:
Si c'est aujourd'hui, fortifie-nous aujourd'hui. Et si c'est demain, demain.
וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים בגמ' מְפָרֵשׁ אִי אַתְּנָאָה קָאֵי וְקָא סָבְרִי לָאו סָפֵק הוּא אֶלָּא יוֹם רִאשׁוֹן הוּא רֹאשׁ חֹדֶשׁ אוֹ אַזִּכָּרוֹן קָאֵי וְקָסָבְרִי דְּאֵין מַזְכִּירִין שֶׁל ר"ח בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה:
La Guemara explique : ou bien cela porte sur la condition, et ils tiennent que ce n'est pas un doute, le premier jour est Roch Hodesh. Ou bien cela porte sur la mention, et ils tiennent qu'on ne mentionne pas Roch Hodesh à Roch Hachana.
💡 Explication

Rabbi Dosa met le doute dans la prière de celui qui passe devant le teva. Le jour 1 : fortifie-nous pour ce Roch Hodesh, aujourd'hui où demain. Le jour 2 : aujourd'hui où hier. Rachi lit hahalitsenou comme Nombres 32 : s'équiper, se presser.

Les Sages refusent. Rachi ouvre deux lectures, que la Guemara tranchera plus loin. Soit le refus vise le tenai : pour eux le premier jour est Roch Hodesh, sans doute. Soit il vise l'azkara : on ne mentionne pas Roch Hodesh dans Roch Hachana.

12
גְּמ׳ מַאן ״לָא הוֹדוּ לוֹ״? אָמַר רַב: רַבִּי יוֹסֵי הִיא, דְּתַנְיָא: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁהָיָה יָרֵא שֶׁמָּא תִּתְעַבֵּר, מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין, וְאוֹמֵר: עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן לַמִּזְרָח, וּבַשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב. בָּרִאשׁוֹן לַמַּעֲרָב, וּבַשֵּׁנִי לַמִּזְרָח. עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן, וּבַשֵּׁנִי כִּבְנֵי עִירִי. עֵירוּבִי בַּשֵּׁנִי, וּבָרִאשׁוֹן כִּבְנֵי עִירִי. רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר.

Guemara. Qui sont ceux qui ne l'ont pas admis ?

Rav a dit : c'est Rabbi Yossi. Car on a enseigné : les Sages conviennent à Rabbi Eliezer, pour Roch Hachana, quand on craignait qu'il soit fait plein : un homme établit deux erouvin, et il dit : mon erouv le premier jour à l'est, et le second à l'ouest.

Le premier à l'ouest, et le second à l'est. Mon erouv le premier jour, et le second comme les gens de ma ville.

Mon erouv le second jour, et le premier comme les gens de ma ville. Rabbi Yossi interdit.

📜 Rachi (2)
גְּמ' מוֹדִים חֲכָמִים אע"ג דִּפְלִיגִי עָלֶיהָ דר"א בְּשַׁבָּת ויו"ט הָכָא מוֹדוּ דֹּב' יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה ב' קְדֻושּׁוֹת הֵן דְּחַד מִינַּייְהוּ חוֹל וּמִשּׁוּם סְפֵיקָא דְּלָא יָדְעִינַן אִי עִבְּרוּהוּ ב"ד וְקִדְּשׁוּ יַרְחָא בְּיוֹם ל"א וַהֲוָה לֵיהּ רִאשׁוֹן חוֹל אוֹ בְּיוֹם ל' נִקְבַּע וְהָוֵי שֵׁנִי חוֹל הוּא דְּעָבְדִי לְהוּ:
Même s'ils contestent Rabbi Eliezer pour le Chabbat et le Yom tov, ici ils conviennent : les deux jours saints de Roch Hachana sont deux kedoushot. Car l'un d'eux est hol. Et c'est à cause du doute : nous ne savons pas si le tribunal l'a fait plein et a sanctifié le mois le jour 31, de sorte que le premier serait hol, ou s'il a été fixé le jour 30, de sorte que le second est hol. C'est pour cela qu'on les observe.
וְר' יוֹסֵי אוֹסֵר דְּקָסָבַר לָאו מִשּׁוּם סְפֵיקָא דְּשֶׁמָּא בָּאוּ עֵדִים בְּיוֹם ל' סָפֵק בְּיוֹם ל"א לְחוּדֵיהּ אִיתְּקוּן אֶלָּא אַף מִשּׁוּם שֶׁמָּא בָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה אִיתְּקוּן דְּתַרְוַייְהוּ קַדִּישֵׁי דַּאֲמוּר רַבָּנָן שֶׁהָיוּ מְצַפִּין בְּיוֹם ל' שֶׁל אֱלוּל שֶׁמָּא יָבֹאוּ עֵדִים שֶׁנִּרְאֵית הַלְּבָנָה בּוֹ וִיקַדְּשׁוּ ב"ד אֶת הַחֹדֶשׁ הַיּוֹם וְנוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קֹדֶשׁ שֶׁמָּא י"ט הוּא וְתַנְיָא תָּמִיד שֶׁל ר"ה שַׁחֲרִית קָרֵב כְּהִלְכָתוֹ תָּמִיד שֶׁל חוֹל וְשִׁיר שֶׁל חוֹל הַמְתֻוקָּן לַיּוֹם בְּהַשִּׁיר שֶׁהָיוּ הַלְוִיִּם אוֹמְרִים בַּמִּקְדָּשׁ בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן כו' [תָּמִיד פ"ז מ"ד] בְּתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם אוֹמֵר שִׁיר אַחֵר הֲסִירוֹתִי מִסֵּבֶל שִׁכְמוֹ כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא שֶׁל ר"ה (ד' ל:) וְאִם בָּאוּ עֵדִים אַחַר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם שֶׁכְּבָר קָרַב בְּשִׁיר שֶׁל חוֹל תִּיקְּנוּ שֶׁיִּהְיוּ מְקַדְּשִׁין הַחֹדֶשׁ מָחָר וּמִיּוֹם הַמָּחֳרָת מוֹנִין קְבִיעָתוֹ כְּדֵי לוֹמַר שִׁיר הָרָאוּי לי"ט ומ"מ גְּמַר יוֹם שְׁלֹשִׁים נוֹהֲגִין קֹדֶשׁ כִּתְחִלָּתוֹ שֶׁכָּךְ תִּקְּנוּ שֶׁיְּהוּ נוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קֹדֶשׁ וַאֲפִילּוּ גְּמָרוֹ שֶׁל יוֹם ואע"פ שֶׁיּוֹדְעִין שֶׁיִּדְחֶה לְיוֹם הַמָּחֳרָת וּלְמָחָר קֹדֶשׁ וְהָרְחוֹקִים מב"ד נוֹהֲגִין שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים לָאו מִשּׁוּם סָפֵק נִרְאֵית לְבָנָה בְּיוֹם ל' וְהָוֵי שֵׁנִי חוֹל סָפֵק בְּיוֹם ל"א וְהָוֵי רִאשׁוֹן חוֹל קָא עָבְדִי אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁמָּא בָּאוּ עֵדִים אַחַר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וְנָהֲגוּ ב"ד שְׁנֵיהֶן קֹדֶשׁ קָא עָבְדִי אַלְמָא שְׁנֵיהֶן קֹדֶשׁ:
Il tient ceci : l'institution ne vient pas du seul doute, que des témoins soient venus le jour 30, ou du doute du jour 31 à lui seul. Elle vient aussi de ceci : des témoins peuvent être venus depuis la minha et au-delà, car les deux sont saints. Les Rabbins ont dit qu'on guettait le 30 Eloul, de crainte que des témoins viennent, que la lune ait été vue ce jour-là, que le tribunal sanctifie le mois aujourd'hui, et l'on tient ce jour pour saint, de crainte que ce soit un jour saint. On a enseigné : le tamid du matin de Roch Hachana est offert selon sa règle, tamid de jour ordinaire et chant de jour ordinaire, celui qui est fixé pour ce jour, dans le chant que les lévites disaient au Temple le premier jour, etc. [Tamid, chapitre 7, michna 4]. Au tamid de l'après-midi, il dit un autre chant : j'ai retiré le fardeau de son épaule, comme nous le disons au dernier chapitre de Roch Hachana (30b). Et si les témoins viennent après le tamid de l'après-midi, qui a déjà été offert avec le chant du jour ordinaire, ils ont institué qu'on sanctifie le mois le lendemain, et c'est depuis le lendemain qu'on compte sa fixation, afin de dire le chant qui convient au jour saint. Malgré cela, l'achèvement du trentième jour, on le tient pour saint comme son début. Car ainsi ont-ils institué : qu'on tienne ce jour pour saint, même jusqu'à son terme, bien qu'on sache qu'il sera reporté au lendemain. Et le lendemain est saint. Et ceux qui sont éloignés du tribunal observent deux jours saints. Ils le font parce que des témoins peuvent être venus après le tamid de l'après-midi, et que le tribunal a tenu les deux pour saints. Le doute que la lune ait été vue le 30, le second étant alors hol, ou le doute du 31, le premier étant alors hol, n'est pas la raison de leur usage. Il en ressort que les deux sont saints.
🗂️ Tossefot (1)
מוֹדִים חֲכָמִים לְר' אֱלִיעֶזֶר תֵּימַהּ דִּסְבָרַת חֲכָמִים הֲפוּכָה מִמַּה דקי"ל כְּרַב דִּפְסִיק לְעֵיל כַּד' זְקֵנִים דְּשַׁבָּת וי"ט ב' קְדֻושּׁוֹת הֵן וּבָב' יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה קי"ל נָמֵי כְּוָותֵיהּ דְּנוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה וְהַיְינוּ אִפְכָּא מִסְּבָרַת חֲכָמִים:
Cela étonne : le raisonnement des Sages est l'inverse de ce que nous tenons. Nous tenons comme Rav, qui a tranché plus haut comme les quatre anciens, que Chabbat et Yom tov sont deux kedoushot. Et pour les deux jours saints de Roch Hachana, nous tenons aussi comme lui : ce qui a été pondu l'un est interdit l'autre. Et c'est l'inverse du raisonnement des Sages.
⚖️ Rosh (3)
מַתְנִי' רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁהָיָה יָרֵא שֶׁמָּא תִּתְעַבֵּר הַשָּׁנָה מְעָרֵב אָדָם שְׁנֵי עֵירוּבִין וְאוֹמֵר עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן לַמִּזְרָח וּבַשֵּׁנִי לַמַּעֲרָב. בָּרִאשׁוֹן לַמַּעֲרָב וּבַשֵּׁנִי לַמִּזְרָח. עֵירוּבִי בָּרִאשׁוֹן וּבַשֵּׁנִי הֲרֵינִי כִּבְנֵי עִירִי. עֵירוּבִי בַּשֵּׁנִי וּבָרִאשׁוֹן הֲרֵינִי כִּבְנֵי עִירִי. וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים:
Michna. Rabbi Yehouda dit : Roch Hachana, celui qui craignait que l'année soit faite pleine, un homme établit deux erouvin et dit : mon erouv le premier à l'est, et le second à l'ouest. Le premier à l'ouest, et le second à l'est. Mon erouv le premier, et le second me voici comme les gens de ma ville. Mon erouv le second, et le premier me voici comme les gens de ma ville. Et les Sages ne l'ont pas admis.
גְּמ' מַאן חֲכָמִים. ר' יוֹסֵי הִיא דְּאָמַר דִּשְׁנֵי י"ט שֶׁל ר"ה קְדֻושָּׁה אַחַת הֵן שֶׁהֲרֵי אִם בָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה נוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קֹודֶשׁ וּלְמָחָר קֹודֶשׁ. וְכֵן הִלְכְתָא. אֲבָל בִּשְׁנֵי י"ט שֶׁל גָּלֻיוֹת מוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי לַחֲכָמִים שֶׁהֵן שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת כִּדְבָעֵינַן לְמֵימַר לְקַמָּן:
Guemara. Qui sont les Sages ? C'est Rabbi Yossi. Il a dit que les deux jours saints de Roch Hachana sont une seule kedousha. Car si les témoins sont venus depuis la minha et au-delà, on tient ce jour pour saint, et le lendemain pour saint. Et ainsi est la halakha. Mais pour les deux jours saints des galouyot, Rabbi Yossi convient aux Sages que ce sont deux kedoushot, comme nous aurons à le dire plus bas.
מַתְנִי' וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה מַתְנֶה אָדָם עַל הַכַּלְכָּלָה ביו"ט רִאשׁוֹן וְאוֹכְלָהּ בַּשֵּׁנִי. וְכֵן בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בָּרִאשׁוֹן תֵּאָכֵל בַּשֵּׁנִי וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים וְהִלְכְתָא כר"י בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת אֲבָל לֹא בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה:
Michna. Et Rabbi Yehouda a dit encore : un homme pose une condition sur la corbeille le premier jour saint, et il la mange le second. Et de même un œuf pondu le premier sera mangé le second. Et les Sages ne l'ont pas admis. Et la halakha suit Rabbi Yehouda pour les deux jours saints des galouyot, mais pas pour les deux jours saints de Roch Hachana.
💡 Explication

Rav nomme l'auteur du refus : Rabbi Yossi. La baraita dit d'abord l'inverse pour les autres Sages. Eux contestent Rabbi Eliezer quand Chabbat et Yom tov se suivent : une seule kedousha. Pour Roch Hachana, ils conviennent : deux kedoushot, on peut poser deux erouvin. Rachi : un des deux jours est hol. On ignore si le mois a été sanctifié le 31, et le premier jour est hol, ou le 30, et le second est hol.

Rabbi Yossi interdit. Pour lui, les deux jours ont été institués aussi pour le cas des témoins après la minha. Le matin du 30, tamid et chant de hol. L'après-midi, un autre chant. Si les témoins arrivent après ce tamid, on sanctifie le lendemain, afin de dire le chant du jour saint, et l'on garde néanmoins le 30 saint jusqu'au bout. Les éloignés du tribunal gardent deux jours pour cette institution. Les deux jours sont saints ensemble.

Tossefot note l'inversion avec la halakha tenue. Comme Rav et les quatre anciens : Chabbat et Yom tov, deux kedoushot. Et l'œuf pondu l'un des jours de Roch Hachana reste interdit l'autre. Les Sages de la baraita tiennent le couple opposé : une kedousha pour Chabbat et Yom tov, deux pour Roch Hachana.

Le Roch fixe le psak. Comme Rabbi Yossi pour Roch Hachana : une kedousha. Pour les jours saints des galouyot, deux kedoushot. Corbeille et œuf : comme Rabbi Yehouda là-bas, pas à Roch Hachana.

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אָמַר לָהֶן רַבִּי יוֹסֵי: אִי אַתֶּם מוֹדִים שֶׁאִם בָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה, שֶׁנּוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר קֹדֶשׁ?!

Rabbi Yossi leur dit : ne convenez-vous pas que, si les témoins sont venus depuis la minha et au-delà, on tient ce jour-là pour saint, et le lendemain pour saint ?

📜 Rachi (1)
אִי אַתֶּם מוֹדִים כּוּ' כִּדְפָרֵישִׁית אַלְמָא אֲנַן דְּרָחֲקִינַן מב"ד מְסַפְּקָא לָן דִּילְמָא הָכִי הֲוָה וְתַרְוַיְיהוּ קֹדֶשׁ:
Comme je l'ai expliqué. Dès lors, nous qui sommes éloignés du tribunal, le doute nous reste : peut-être en a-t-il été ainsi, et les deux sont saints.
🗂️ Tossefot (1)
אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי שֶׁאִם בָּאוּ עֵדִים כּוּ' תֵּימַהּ לְרַבָּה דְּאָמַר בפ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ה.) מִתַּקָּנַת רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁהִתְקִין שֶׁיְּהוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ בֵּיצָה שָׁרִי וְכִי לֹא נֶחְלְקוּ ר' יוֹסֵי וְר' יְהוּדָה אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁבהמ"ק קַיָּים וְלֹא לְדוֹרוֹת וי"ל דְּנָפְקָא מִינֵּהּ אַף עַל גַּב דִּפְלִיגִי בא"י בִּזְמַן שֶׁבהמ"ק קַיָּים כִּדְמַשְׁמַע לִישָּׁנָא דְּקָתָנֵי שֶׁהָיָה יָרֵא שֶׁמָּא תִּתְעַבֵּר מ"מ נָפְקָא מִינַּהּ פְּלֻוגְתַּייְהוּ גַּבֵּי לְאַחַר חֻורְבָּן לִבְנֵי בָּבֶל דְּהָא דְּקָאָמַר רַבָּה מִתַּקָּנַת ריב"ז בֵּיצָה שָׁרְיָא הַייְנוּ דַּוְקָא לִבְנֵי א"י כִּדְקָתָנֵי הָתָם בְּהֶדְיָא הָא לַן וְהָא לְהוּ לְפִי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם הֶיכֵּירָא שֶׁנִּשְׁתַּנָּה לָהֶן הַמִּנְהָג אַחַר חֻורְבָּן שֶׁהָיוּ מְקַבְּלִים עֵדוּת כָּל הַיּוֹם אֲבָל לִבְנֵי בָּבֶל שֶׁלֹּא נִשְׁתַּנָּה לָהֶם הַמִּנְהָג דִּלְעוֹלָם עוֹשִׂין ב' יָמִים בֵּיצָה אֲסוּרָה דִּכְמוֹ שֶׁבִּזְמַן שֶׁבהמ"ק קַיָּים הָיָה נֶחְשָׁב לָהֶם ב' יָמִים קְדֻושָּׁה אַחַת הוּא הַדִּין לְאַחַר חֻורְבָּן דְּאֵין נִיכָּר לָהֶם שׁוּם שִׁינּוּי בֵּין קֹודֶם חֻורְבָּן בֵּין לְאַחַר חֻורְבָּן וְהָא דְּקָאָמַר לְקַמָּן וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת וּמְפָרֵשׁ רָבָא דה"ק וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה בַּגּוֹלָה לָאו הַיְינוּ אַלִּיבָּא דְּרַבָּה דִּלְדִידֵיהּ עִיקַּר פְּלֻוגְתַּייְהוּ בְּהָכִי אֶלָּא רָבָא לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר פ"ק דְּבֵיצָה (דַּף ה:) אַף מִתַּקָּנַת ריב"ז וְאֵילָךְ בֵּיצָה אֲסוּרָה דָּמֵי לֹא מוֹדֶה ריב"ז שֶׁאִם בָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה פֵּירוּשׁ סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה כָּל כָּךְ שֶׁאֵין שְׁהוּת בַּיּוֹם כְּדֵי לְקַבֵּל עֵדוּת שֶׁנּוֹהֲגִין הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר קֹדֶשׁ שאע"פ שֶׁיּוֹדְעִין שֶׁלֹּא יְקַדְּשׁוּהוּ הַיּוֹם אַלְמָא קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא שאע"פ שֶׁבָּטְלָה תַּקַּנְתָּא רִאשׁוֹנָה אַחַר חֻורְבָּן שֶׁהָיוּ מְקַבְּלִין עֵדוּת הַחֹדֶשׁ כָּל הַיּוֹם מִסְּתָמָא לֹא בָּטְלָה לְגַמְרֵי דִּבְסָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה אֵין פְּנַאי לְקַבֵּל עֵדוּת וְנוֹהֲגִין אוֹתוֹ הַיּוֹם קֹדֶשׁ כו' וְרַשִׁ"י וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פֵּירְשׁוּ שָׁם כָּל אֶחָד וְאֶחָד לְפִי שִׁיטַת גִּירְסָתוֹ ול"נ וא"ת נְהַרְדָּעֵי דְּאָמְרִי הָתָם בֵּיצָה מֻותֶּרֶת דְּלָא חָיְישִׁינַן דִּילְמָא עִבְּרוּהָ לֶאֱלוּל כְּמַאן סַבְרוּהָ דִּלְר' יְהוּדָה אֲפִילּוּ אִי עִבְּרוּהָ לָא הָוֵי קְדֻושָּׁה אַחַת וְאִי כְּרַבִּי יוֹסֵי הָא קָאָסַר הָכָא וְי"ל דִּנְהַרְדָּעֵי סָבְרִי דִּלְעוֹלָם בְּבָבֶל בֵּיצָה שָׁרְיָא אֲפִילּוּ בְּתַקָּנָה רִאשׁוֹנָה דְּדַוְקָא בִּמְקוֹם ב"ד אִי עִבְּרוּהָ לֶאֱלוּל חֲשִׁיב קְדֻושָּׁה אַחַת אֲבָל שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם ב"ד דְּעָבְדִי לְעוֹלָם שְׁנֵי יָמִים הָווּ שְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת דְּאָזְלִינַן בָּתַר רֹוב שָׁנִים שֶׁאֵינָן מְעֻובָּרוֹת כִּדְאָמְרִינַן בְּמַס ר"ה (דַּף כא.) לְעִנְיַן יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֶלָּא יוֹם אֶחָד וְאַף עַל גַּב דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר אֲפִילּוּ בְּבָבֶל קְדֻושָּׁה אַחַת הָווּ כִּדְאָמַר וּמוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת מַשְׁמַע דְּבִשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה הָווּ קְדֻושָּׁה אַחַת נְהַרְדָּעֵי לָא סְבִירָא לְהוּ בְּהָא כְּרַבִּי יוֹסֵי:
Cela étonne, pour Rabba, qui a dit au premier chapitre de Beitsa (5a) : depuis l'institution de Rabbi Yo'hanan ben Zakai, qui a institué qu'on reçoive le témoignage du mois tout le jour, l'œuf est permis. Alors Rabbi Yossi et Rabbi Yehouda n'auraient divergé que du temps où le Temple existait, et non pour les générations ? On peut répondre qu'il y a une conséquence pratique. Ils divergent bien en Erets Israël du temps où le Temple existait, comme le laisse entendre la formule : celui qui craignait qu'il soit fait plein. Leur divergence a néanmoins une portée après la destruction, pour les gens de Babel. Car ce que dit Rabba, depuis l'institution de Rabbi Yo'hanan ben Zakai l'œuf est permis, ne vaut que pour les gens d'Erets Israël, comme on l'enseigne là en clair : ceci pour nous, ceci pour eux. Ils ont un signe reconnaissable : leur usage a changé après la destruction, on recevait le témoignage tout le jour. Mais pour les gens de Babel, dont l'usage n'a pas changé, car ils font toujours deux jours, l'œuf est interdit. Du temps où le Temple existait, les deux jours leur comptaient comme une seule kedousha. Il en va de même après la destruction : aucun changement ne leur est reconnaissable entre avant la destruction et après. Et ce que l'on dit plus bas : et ainsi Rabbi Yossi interdisait pour les deux jours saints des galouyot. Rava explique que le sens est : et ainsi Rabbi Yossi interdisait pour les deux jours saints de Roch Hachana dans la diaspora. Cette explication ne suit pas Rabba. Pour lui, le cœur de leur divergence est celui-là. Rava suit son propre avis. Il a dit au premier chapitre de Beitsa (5b) : même depuis l'institution de Rabbi Yo'hanan ben Zakai et au-delà, l'œuf est interdit. Car Rabbi Yo'hanan ben Zakai convient bien que, si les témoins sont venus depuis la minha et au-delà, explications : si près de la nuit qu'il ne reste pas dans le jour le temps de recevoir le témoignage, on tient aujourd'hui pour saint et demain pour saint. Et cela, bien qu'on sache qu'on ne le sanctifiera pas aujourd'hui. Il en ressort une seule kedousha. Car la première institution a beau avoir été annulée après la destruction, celle où l'on recevait le témoignage du mois tout le jour, on présume qu'elle n'a pas été annulée en entier. Près de la nuit, il n'y a pas le loisir de recevoir le témoignage, et l'on tient ce jour pour saint, etc. Rachi et Rabbeinou Hananel ont expliqué là, chacun selon la voie de sa version. Et c'est ainsi que cela me paraît. Et si tu dis : les Nehardeens, qui disent là que l'œuf est permis, car nous ne craignons pas qu'on ait fait Eloul plein, selon qui tiennent-ils ? Selon Rabbi Yehouda, même si on l'a fait plein, ce ne serait pas une seule kedousha. Et selon Rabbi Yossi, il interdit ici. On peut répondre : les Nehardeens tiennent que, à Babel, l'œuf est toujours permis, même sous la première institution. Car c'est seulement au lieu du tribunal que, si l'on a fait Eloul plein, cela compte comme une seule kedousha. Hors du lieu du tribunal, là où l'on fait toujours deux jours, ce sont deux kedoushot. Nous suivons la majorité des années où le mois n'est pas fait plein, comme nous le disons dans le traité Roch Hachana (21a) au sujet de Yom Kippour, où l'on ne fait qu'un seul jour. Et Rabbi Yossi tient pourtant que, même à Babel, c'est une seule kedousha, comme il est dit : et Rabbi Yossi convient pour les deux jours saints des galouyot, ce qui implique que, pour les deux jours saints de Roch Hachana, c'est une seule kedousha. Les Nehardeens ne tiennent pas comme Rabbi Yossi sur ce point.
💡 Explication

La preuve de Rabbi Yossi tient en un aveu. Des témoins venus min ha-minha ou-lemaala, depuis la minha et au-delà : ce jour reste saint, et le lendemain aussi. Rachi : nous, éloignés du beit din, gardons le doute que ce cas ait eu lieu. Les deux jours sont alors saints ensemble. On ne les partage pas.

Tossefot demande ce qui reste de la divergence après Rabbi Yo'hanan ben Zakai, qui fait recevoir les témoins tout le jour. Pour Rabba, Beitsa 5a, l'œuf devient permis. Réponse : la portée reste vive pour Babel. En Erets Israël, l'usage a changé, on le voit. L'œuf est permis. À Babel, on a toujours fait deux jours. Rien n'a changé à leurs yeux. L'œuf reste interdit, une seule kedousha, comme du temps du Temple.

Rava, Beitsa 5b, interdit l'œuf même après cette institution. Tout près de la nuit, il n'y a plus le temps de recevoir les témoins. On tient quand même les deux jours pour saints. Les Nehardeens, qui permettent l'œuf, ne suivent pas Rabbi Yossi. Hors du tribunal, ils comptent deux kedoushot, en suivant la majorité des années où Eloul n'est pas plein, sur le modèle du seul jour de Yom Kippour (Roch Hachana 21a).

🖼️ Schéma
Témoins après la minha : les deux jours restent saints 30 Eloul. Rabbi Yossi. Une kedousha, pas un simple doute de lune. Matin tamid de hol chant de hol Après-midi autre chant hassiroti Après la minha témoins trop tard chant déjà dit Lendemain on sanctifie chant du jour saint On ne sanctifie plus le 30 : le tamid de l'après-midi est déjà passé. On compte la fixation depuis le lendemain, pour le chant qui convient. La fin du 30 reste sainte, comme on l'a commencée, bien qu'on sache le report. Les éloignés du tribunal gardent deux jours pour ce cas : peut-être le tribunal a tenu les deux jours pour saints. Rabbi Yossi : les deux sont saints ensemble. On ne les partage pas.
Matin : tamid et chant de hol. Après la minha, les témoins arrivent trop tard. On sanctifie demain, et le 30 reste saint.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).