Eruvin 39b - Corbeille de tevel, œuf, et cerf des galouyot

Eruvin 39b

Sougya : Les Rabbins répondent à Rabbi Yossi : quand les témoins arrivent après la minha, on achève le jour en kedousha pour qu'une autre année on ne méprise pas le 30, et selon la Torah ce premier jour est hol. Rabbi Yehouda enseigne trois cas, l'erouv, la corbeille de tevel et l'œuf, parce que chacun porterait, seul, à dire qu'il convient aux Rabbins.

La baraita donne la condition sur deux corbeilles ; Rabbi Yossi l'interdit, même pour les deux jours saints des galouyot. Un cerf chassé le premier jour et abattu le second divise Rav Nahman et Rav Hisda, qui mangent, et Rav Chechet, qui s'abstient, jusqu'à la source où Rabbi Yossi convient : deux kedoushot, et l'attente bekdei che-ya'assou.

Pourquoi les trois cas de Rabbi Yehouda Érouv, corbeille, œuf. Chacun, seul, laisserait croire qu'il convient aux Rabbins. Érouv de Roch Hachana On ne fait aucun acte le jour saint. Si seul ce cas était dit, Rabbi Yehouda permettrait parce qu'il ne fait rien. On n'en tirerait pas la corbeille. Corbeille de tevel Cela a l'air de réparer le tevel. Sans ce cas, on dirait qu'il convient aux Rabbins. Avec l'erouv : pas de gezera sur ces deux cas. Œuf pondu le jour 1 Gezera des fruits tombés : qu'on ne monte pas cueillir. Gezera des jus suintes : qu'on ne presse pas. Sans ce cas, on dirait qu'il convient aux Rabbins. Il permet le jour 2. Les trois sont nécessaires. Deux kedoushot dans les trois matières. Rachi lit la corbeille : on dirait que non, il ne convient pas aux Rabbins.
Érouv : aucun acte. Corbeille : air de réparer le tevel. Oeuf : gezera des fruits et des jus. Les trois cas sont nécessaires.
Le cerf du rech galouta Chassé le jour 1 des galouyot, par des nokhrim. Chehita le jour 2. Rav Nahman et Rav Hisda Ils mangent. Deux kedoushot. Hier hol : la chasse est tombée un jour permis. Hier saint : aujourd'hui est hol. L'attente bekdei che-ya'assou est déjà faite. Rav Chechet Il ne mange pas. Une seule kedousha. Isi enseigne : Rabbi Yossi interdit aussi les deux jours saints des galouyot. Donc le cerf reste interdit. Rabba bar Chmouel : Rabbi Yossi convient pour les galouyot. Deux kedoushot. Rav Chechet : si tu les rencontres, ne leur dis rien. Roch : halakha comme ceux qui mangent. Chose chassée ou cueillie le jour 1 : on attend le soir, bekdei che-ya'assou, puis c'est permis.
Rav Nahman et Rav Hisda mangent : deux kedoushot. Rav Chechet s'abstient. Puis Rabbi Yossi convient pour les galouyot.
Bekdei che-ya'assou : quel soir Rav Papa, Beitsa 24b. Un nokhri apporte un doron à un Israël. Rachi Le soir du jour où la chose arrive. Raison : ne pas jouir d'une melakha de yom tov. Si le jour 1 est saint, le jour 2 est hol. Ganana, daf 40a : Ravina permet de sentir aussitôt le soir du jour 2. Psak : on attend aussi le jour 2, pour ne pas mépriser le jour. Halakhot Guedolot Jusqu'à la sortie du second yom tov. Raison : qu'un Israël ne charge pas un nokhri le jour saint, pour manger aussitôt à la sortie. Le cerf de ce daf : pièges tendus dès la veille. Autre cas que le doron. Chasse ou cueillette pour un Israël : interdit jusqu'à la fin du jour 2. Chose venue de hors du tehoum pour un Israël : permise le jour 2, comme l'œuf pondu l'un, permis l'autre. L'œuf ne suit pas la crainte de parler au nokhri.
Rachi : attendre le soir du jour où la chose arrive, et aussi le jour 2. Halakhot Guedolot : attendre la sortie du second yom tov.
1
וְרַבָּנָן, הָתָם כִּי הֵיכִי דְּלָא לְזַלְזוֹלֵי בֵּיהּ.

Et les Rabbins : là-bas, afin qu'on ne le méprise pas.

📜 Rachi (1)
וְרַבָּנָן אָמְרִי לָךְ הָתָם נָמֵי כֵּיוָן דְּנִדְחָה לְיוֹם הַמָּחֳרָת הָוֵי רִאשׁוֹן חוֹל וְלָא הָוֵי קוֹדֶשׁ אֶלָּא חַד וְהַאי דְּתַקּוּן לִגְמֹור הַיּוֹם בִּקְדֻושָּׁה כִּי הֵיכִי דְּלָא לְזַלְזוֹלֵי בְּיוֹם ל' שֶׁל שָׁנָה הָאַחֶרֶת דְּאִי שְׁרִייַּת לְהוּ לַעֲשׂוֹת בּוֹ מְלָאכָה מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה כְּשֶׁיּוֹדְעִין שֶׁיִּדָּחֶה אָתוּ לְמֶיעְבַּד בֵּיהּ נָמֵי קֹודֶם הַמִּנְחָה וְשֶׁמָּא יָבוֹאוּ עֵדִים קֹודֶם הַמִּנְחָה וִיהֵא הַיּוֹם קֹדֶשׁ וְנִמְצָא שֶׁעָשׂוּ מְלָאכָה בי"ט:
Les Rabbins. Ils te disent : là aussi, dès lors que c'est reporté au lendemain, le premier jour est hol (jour ordinaire), et il n'y a de saint qu'un seul jour. Et ceci, qu'ils ont institué d'achever le jour dans la kedousha (sainteté), c'est afin qu'on ne méprise pas le jour 30 d'une autre année. Car si tu leur permets d'y faire une melakha (travail interdit) depuis la minha et au-delà, quand ils sauront qu'il sera reporté, ils en viendront à y travailler aussi avant la minha. Et peut-être des témoins viendront avant la minha, le jour sera saint, et il se trouvera qu'ils ont fait une melakha un yom tov.
💡 Explication

Réponse des Rabbins à Rabbi Yossi, en fin du daf précédent. Des témoins venus après la minha : on ne sanctifie plus ce jour-là, on sanctifie le lendemain. Le premier jour est donc hol selon la Torah. Un seul jour est saint.

On achève pourtant le jour dans la kedousha. Le but visé une autre année. Si, dès la minha, la melakha était permise dès qu'on sait le report, on finirait par travailler aussi avant la minha. Des témoins peuvent encore arriver : la melakha serait faite un yom tov.

🖼️ Schéma
Les Rabbins : kedousha pour ne pas mépriser le jour Témoins après la minha. Le premier jour reste hol selon la Torah. 1. Les témoins arrivent après la minha. On sanctifie le lendemain. 2. Le premier jour est hol. Un seul jour est saint. 3. On achève pourtant ce jour en kedousha. Institution des Rabbins. 4. But : une autre année, on ne travaillera pas dès avant la minha. Sinon, sachant le report, on avancerait la melakha. Des témoins peuvent encore venir. La melakha tomberait un yom tov.
Report au lendemain, premier jour hol, kedousha maintenue jusqu'à la nuit, pour garder le 30 des années suivantes.
2
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה וְכוּ׳.

Et encore, Rabbi Yehouda a dit, etc.

💡 Explication

La michna reprend, après l'erouv des deux jours de Roch Hachana. Rabbi Yehouda ajoute d'autres partages du même doute : la corbeille de tevel, et l'œuf pondu le premier jour.

3
וּצְרִיכָא. דְּאִי אַשְׁמְעִינַן רֹאשׁ הַשָּׁנָה — בְּהָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה, מִשּׁוּם דְּלָא קָעָבֵיד מִידֵּי. אֲבָל כַּלְכָּלָה, דְּמִיחְזֵי כִּמְתַקֵּן טִיבְלָא — אֵימָא מוֹדֶה לְהוּ לְרַבָּנַן.

Et c'est nécessaire. Car si on ne nous avait enseigné que Roch Hachana, c'est dans ce cas que Rabbi Yehouda parle, parce qu'il ne fait rien.

Mais la corbeille, là où cela a l'apparence de réparer le tevel, on dirait qu'il convient avec les Rabbins.

📜 Rachi (2)
וּצְרִיכִי לְר' יְהוּדָה לְאוֹרוֹיֵי דֹּב' קְדֻושּׁוֹת הֵן בְּהָנָךְ תְּלָת מִילֵּי לְעִנְיַן עֵירוּב וְכַלְכָּלָה וּבֵיצָה:
Et ils sont nécessaires. Pour Rabbi Yehouda, enseigner que ce sont deux kedoushot (saintetés distinctes) dans ces trois matières : l'erouv, la corbeille et l'œuf.
הָכִי גָּרְסִינַן אֲבָל כַּלְכָּלָה דְּמֶיחְזֵי כִּמְתַקֵּן טִיבְלָא אֵימָא לָא:
Voici notre leçon : mais la corbeille, là où cela a l'apparence de réparer le tevel, on dirait que non.
💡 Explication

Tsrikha : les trois cas ne se déduisent pas l'un de l'autre. L'erouv de Roch Hachana, seul, s'expliquerait parce qu'on ne fait aucun acte le jour saint. La corbeille a l'air d'un tikkun du tevel : séparer les prélèvements. On aurait dit que Rabbi Yehouda convient là aux Rabbins.

Rachi fixe la leçon de cette branche : on dirait que non. Il ne convient pas. D'où le besoin d'enseigner la corbeille à part.

4
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָנֵי תַּרְתֵּי — מִשּׁוּם דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר עֲלַייְהוּ. אֲבָל בֵּיצָה, דְּאִיכָּא לְמִיגְזַר בָּהּ מִשּׁוּם פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין וּמִשּׁוּם מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ — אֵימָא מוֹדֶה לְהוּ לְרַבָּנַן, צְרִיכָא.

Et si on ne nous avait enseigné que ces deux-là, c'est qu'il n'y a pas lieu de décréter à leur sujet. Mais l'œuf, où il y a lieu de décréter à son sujet à cause des fruits qui tombent et à cause des liquides qui ont suinté, on dirait qu'il convient avec les Rabbins.

C'est nécessaire.

📜 Rachi (1)
בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב אִיתְּסַר בִּכְלַל גְּזֵירַת פֵּירוֹת הַנּוֹשְׁרִין שֶׁגָּזְרוּ עֲלֵיהֶן שֶׁמָּא יַעֲלֶה וְיִתְלֹושׁ וְיֵשׁ שֶׁאוֹסְרִי' בִּכְלַל מַשְׁקִין שֶׁזָּבוּ מִן הָעֲנָבִים שֶׁגָּזְרוּ עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם שֶׁמָּא יִסְחֹוט וְהַךְ פְּלוּגְתָּא בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּיְיתָא דְּבֵיצָה:
L'œuf. Pondu un yom tov, il est interdit dans la gezera des fruits qui tombent, qu'on a décrétée de peur qu'on monte et qu'on détache. Et il en est qui l'interdisent dans les liquides qui ont suinté des raisins, qu'on a décrétés de peur qu'on presse. Et cette divergence est dans le premier enseignement du traité Beitsa.
💡 Explication

Deuxième branche. Érouv et corbeille n'appellent pas de gezera. L'œuf, si. Deux décrets, rapportés par Rachi au premier chapitre de Beitsa.

Fruits tombés : on craint qu'on monte à l'arbre et qu'on détache. Liquides suintes des raisins : on craint qu'on presse. Sans l'enseignement de l'œuf, on dirait que Rabbi Yehouda convient aux Rabbins et laisse l'œuf interdit même le second jour. Il fallait donc les trois.

5
תַּנְיָא, כֵּיצַד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה מַתְנֶה אָדָם עַל הַכַּלְכָּלָה בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן וְאוֹכְלָהּ בַּשֵּׁנִי? הָיוּ לְפָנָיו שְׁתֵּי כַּלְכַּלּוֹת שֶׁל טֶבֶל, אוֹמֵר: אִם הַיּוֹם חוֹל וּלְמָחָר קֹדֶשׁ — תְּהֵא זוֹ תְּרוּמָה עַל זוֹ, וְאִם הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר חוֹל — אֵין בִּדְבָרַי כְּלוּם. וְקוֹרֵא עָלֶיהָ שֵׁם, וּמַנִּיחָהּ.

On a enseigné : comment Rabbi Yehouda a-t-il dit qu'un homme pose une condition sur la corbeille le premier jour saint, et la mange le second ? Il y avait devant lui deux corbeilles de tevel.

Il dit : si aujourd'hui est hol et demain saint, que celle-ci soit terouma sur celle-là ; et si aujourd'hui est saint et demain hol, il n'y a rien dans mes paroles. Il lui donne un nom, et il la laisse.

📜 Rachi (1)
וְקוֹרֵא עָלֶיהָ שֵׁם בִּתְנַאי כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ:
Et il lui donne un nom. Sous condition, comme nous l'avons dit.
💡 Explication

La baraita donne la formule. Deux corbeilles de tevel. Le premier jour, la condition couvre les deux possibles. S'il est hol, la désignation de terouma prend effet sur l'autre corbeille. S'il est saint, les paroles sont nulles : il n'a pas séparé un jour saint.

Il lui donne un nom : le nom de terouma, et seulement dans le cadre de cette condition. Puis il laisse la corbeille. La suite, le lendemain, vient au segment suivant.

6
וּלְמָחָר הוּא אוֹמֵר: אִם הַיּוֹם חוֹל — תְּהֵא זוֹ תְּרוּמָה עַל זוֹ, וְאִם הַיּוֹם קֹדֶשׁ — אֵין בִּדְבָרַי כְּלוּם. וְקוֹרֵא עָלֶיהָ שֵׁם וְאוֹכְלָהּ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר. וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת.

Et le lendemain il dit : si aujourd'hui est hol, que celle-ci soit terouma sur celle-là ; et si aujourd'hui est saint, il n'y a rien dans mes paroles. Il lui donne un nom, et il la mange.

Rabbi Yossi interdit. Et de même, Rabbi Yossi interdisait pour les deux jours saints des galouyot.

📜 Rachi (4)
וּלְמָחָר הוּא אוֹמֵר עַל אוֹתָהּ עַצְמָהּ שֶׁתְּהֵא תְּרוּמָה עַל חֲבֶרְתָּהּ:
Et le lendemain il dit. Au sujet de cette même corbeille, qu'elle soit terouma pour sa compagne.
וְקוֹרֵא עָלֶיהָ שֵׁם עַל אוֹתָהּ שֶׁל תְּרוּמָה:
Et il lui donne un nom. Sur celle qui est destinée à la terouma.
וְאוֹכְלָהּ לַחֲבֶרְתָּהּ:
Et il la mange. Sa compagne.
וְכֵן הָיָה ר' יוֹסֵי אוֹסֵר בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלוּיוֹת כְּגוֹן ב' יָמִים שֶׁל פֶּסַח וַעֲצֶרֶת וְסֻוכּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה אָמְרָה יוֹם אֶחָד שַׁבָּתוֹן וּבַגּוֹלָה עוֹשִׂין שְׁנֵי יָמִים מִפְּנֵי שֶׁרְחוֹקִין מב"ד וְאֵין יוֹדְעִין אִם הֻוקְבְּעוּ תִּשְׁרֵי וְנִיסָן בְּיוֹם שְׁלֹשִׁים אוֹ בְּיוֹם ל"א וְאַף עַל גַּב דְּמִשּׁוּם סָפֵק וְחַד מִינַּייְהוּ חוֹל אַפֵּ"ה מַחְמִיר בְּהוּ ר' יוֹסֵי וְהָנָךְ דר"ה לָא קָרֵי לְהוּ שֶׁל גָּלוּיוֹת מִפְּנֵי שֶׁאַף בִּירוּשָׁלַיִם פְּעָמִים הָיוּ נַעֲשִׂין ב' יָמִים וּכְגוֹן שֶׁבָּאוּ עֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה:
Et de même Rabbi Yossi interdisait pour les deux jours saints des galouyot. Par exemple les deux jours de Pessa'h, de Chavouot (Atseret) et de Soukkot. La Torah a dit un seul jour de cessation, et dans la diaspora on en fait deux, parce qu'on est loin du beit din (tribunal) et qu'on ne sait pas si Tichri et Nissan ont été fixés le jour 30 ou le jour 31. Et bien que ce soit à cause d'un doute, et que l'un d'eux soit hol, Rabbi Yossi est quand même stringent à leur sujet. Et ceux de Roch Hachana, on ne les appelle pas jours des galouyot, parce que même à Jérusalem ils étaient parfois faits deux jours, par exemple quand les témoins venaient depuis la minha et au-delà.
💡 Explication

Le lendemain, même formule, sur la même corbeille. Il mange l'autre : de toute façon, la terouma a été nommée un jour hol, soit hier, soit aujourd'hui.

Rabbi Yossi interdit ce procédé. Il l'interdit aussi pour les deux jours de la galout : Pessa'h, Chavouot, Soukkot. La Torah ne fixe qu'un jour. On en fait deux par éloignement du beit din, doute entre le 30 et le 31. Un des deux est hol. Rabbi Yossi reste stringent.

Roch Hachana reste à part. À Jérusalem aussi, on faisait parfois deux jours, quand les témoins arrivaient après la minha. On ne range pas ces jours parmi les galouyot.

🖼️ Schéma
Condition sur deux corbeilles de tevel Rabbi Yehouda. Un des deux jours est hol. Rabbi Yossi interdit. Jour 1 Deux corbeilles de tevel. Si aujourd'hui est hol, demain saint : celle-ci est terouma sur celle-là. Si aujourd'hui est saint, demain hol : mes paroles sont nulles. Il nomme. Il laisse. Jour 2 La même corbeille. Si aujourd'hui est hol : celle-ci est terouma sur sa compagne. Si aujourd'hui est saint : mes paroles sont nulles. Il nomme la terouma. Il mange l'autre corbeille. La séparation est tombée un hol. Rabbi Yossi interdit. Il interdit aussi Pessa'h, Chavouot, Soukkot en diaspora. Un jour est hol par le doute du 30 ou du 31. Il reste stringent. Roch Hachana : deux jours parfois même à Jérusalem, témoins après la minha.
Jour 1 : nommer sous condition et laisser. Jour 2 : nommer et manger l'autre corbeille. Rabbi Yossi interdit.
7
הָהוּא בַּר טַבְיָא דַּאֲתָא לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא דְּאִתְּצִיד בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן שֶׁל גָּלִיּוֹת, וְאִשְׁתְּחִיט בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי.

Ce jeune cerf qui arriva à la maison du rech galouta, qui fut chassé le premier jour saint des galouyot, et qui fut abattu le second jour saint.

📜 Rachi (2)
בַּר טַבְיָא צְבִי:
Jeune cerf. Un tzvi (cerf).
דְּאִיתְּצִיד בי"ט רִאשׁוֹן שֶׁל גָּלוּיוֹת וְעַל יְדֵי נָכְרִים:
Qui fut chassé le premier yom tov des galouyot. Et par des nokhrim (non-Juifs).
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' הָהוּא בַּר טַבְיָא דַּאֲתָא בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא דְּאִיתְּצַד ביו"ט רִאשׁוֹן וְאִישְׁתְּחִיט ביו"ט שֵׁנִי. רַב נַחְמָן וְרַב חִסְדָּא אֱכוֹל דְּסָבְרִי דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן. וְרַב שֵׁשֶׁת לֹא אָכַל דְּסָבַר דִּקְדֻושָּׁה אַחַת הִיא. אַשְׁכְּחֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְרַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל א"ל תָּנֵי מָר מִידֵּי בִּקְדֻושּׁוֹת. א"ל תְּנֵינָא מוֹדֶה ר' יוֹסֵי לַחֲכָמִים בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת. א"ל אִי מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ לָא תֵּימָא לְהוּ וְלָא מִידֵּי הַאי פִּיסְקָא כָּתַבְתִּי בפ"ק דְּחֻולִּין סִימָן יט גַּבֵּי דְּהַשּׁוֹחֵט בְּשַׁבָּת וביוה"כ אע"פ שֶׁמִּתְחַיֵּיב בְּנַפְשׁוֹ שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁירָה:
Guemara. Ce jeune cerf qui arriva à la maison du rech galouta, chassé le premier yom tov et abattu le second yom tov. Rav Nahman et Rav Hisda en mangèrent, car ils tiennent que ce sont deux kedoushot. Rav Chechet n'en mangea pas, car il tient que c'est une seule kedousha. Rav Chechet rencontra Rabba bar Chmouel. Il lui dit : le maître a-t-il enseigné quelque chose sur les kedoushot ? Il lui dit : nous avons enseigné : Rabbi Yossi convient aux Sages pour les deux jours saints des galouyot. Il lui dit : si tu les rencontres, ne leur dis rien du tout. Ce passage, je l'ai écrit au premier chapitre de Houlin, siman 19, à propos de celui qui fait la chehita (abattage) le Chabbat et à Yom Kippour : même s'il est passible de sa vie, sa chehita est valide.
💡 Explication

Fait, chez le rech galouta (chef de l'exil). Un jeune cerf, chassé le premier yom tov des galouyot, par des nokhrim, et abattu par chehita le second jour. Un des deux jours est hol. La question de le manger s'ouvre ici.

Le Roch résume déjà la suite et renvoie son psak à Houlin, premier chapitre, siman 19 : la chehita faite un Chabbat ou à Yom Kippour, par celui qui est passible de sa vie, reste une chehita valide.

8
רַב נַחְמָן וְרַב חִסְדָּא אֲכַלוּ, רַב שֵׁשֶׁת לָא אֲכַל. אָמַר רַב נַחְמָן: מַאי אֶעֱבֵיד לֵיהּ לְרַב שֵׁשֶׁת דְּלָא אָכֵיל בִּישְׂרָא דְטַבְיָא? אֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: וְהֵיכִי אֵיכוֹל דְּתָנֵי אִיסִי, וְאָמְרִי לַהּ אִיסִי תָּנֵי: וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת!

Rav Nahman et Rav Hisda mangèrent. Rav Chechet ne mangea pas.

Rav Nahman dit : que puis-je lui faire, à Rav Chechet, qui ne mange pas de viande de cerf ? Rav Chechet lui dit : et comment mangerais-je ?

Car Isi a enseigné. Et d'autres disent : Isi a enseigné.

Et de même, Rabbi Yossi interdisait les deux jours saints des galouyot.

📜 Rachi (4)
רַב נַחְמָן וְרַב חִסְדָּא אֲכַלוּ מִמַּה נַפְשָׁךְ אִי אֶתְמוֹל חוֹל הֲרֵי מֻותָּר וְאִי אֶתְמוֹל קוֹדֶשׁ הֲרֵי הַיּוֹם חוֹל וַהֲרֵי הַמְתַנֵּנוּ בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשֶׂה:
Rav Nahman et Rav Hisda mangèrent. De toute façon : si hier était hol, c'est permis ; et si hier était saint, aujourd'hui est hol, et voici qu'on a attendu le temps de le faire.
לֹא אָכַל מִשּׁוּם דְּקָא סָבַר קְדֻושָּׁה אַחַת הִיא:
Il ne mangea pas. Parce qu'il tient que c'est une seule kedousha.
דְּתָנֵי אִיסִי בְּנִיחוּתָא:
Car Isi a enseigné. Sur le mode affirmatif.
וְאָמְרִי לַהּ אִיסִי תָּנֵי וּבִלְשׁוֹן תֵּימָא כְּלוֹמַר אִיסִי תָּנֵי וְכוּ' וַאֲנָא אֵיכוֹל:
Et d'autres disent : Isi a enseigné. Sur le mode de l'étonnement, c'est-à-dire : Isi enseigne, etc., et moi je mangerais ?
💡 Explication

Rav Nahman et Rav Hisda mangent. Deux issues, les deux permettent : hier hol, la chasse était permise ; hier saint, aujourd'hui est hol, et le délai bekdei che-ya'asse (le temps de faire la chose) est déjà passé.

Rav Chechet s'abstient : une seule kedousha. La formule de Rav Nahman, que puis-je lui faire, vise ce refus sous les mots de la viande de cerf. Rav Chechet répond par la baraita d'Isi. Deux leçons du même énoncé : ton affirmatif, benihuta ; ton d'étonnement, temiha : Isi enseigne cela, et moi je mangerais ?

9
אָמַר רָבָא: וּמַאי קֻושְׁיָא? דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר: וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה בַּגּוֹלָה! אִי הָכִי ״שֶׁל גָּלֻיוֹת״ — ״בַּגּוֹלָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!

Rava dit : et quelle est la difficulté ? Peut-être voici ce qu'il dit : et de même, Rabbi Yossi interdisait pour les deux jours saints de Roch Hachana dans la diaspora.

S'il en est ainsi, des galouyot : il lui faudrait dans la diaspora.

📜 Rachi (2)
וּמַאי קֻושְׁיָא דִּילְמָא הַךְ סֵיפָא נָמֵי אַרֹאשׁ הַשָּׁנָה קָאֵי וְהָכִי קָאָמַר וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בר"ה בַּגּוֹלָה כָּל רָאשֵׁי שָׁנִים כְּאוֹתוֹ שֶׁהָיוּ עוֹשִׂים בִּירוּשָׁלַיִם כְּשֶׁבָּאִים הָעֵדִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה:
Et quelle est la difficulté. Peut-être cette fin porte elle aussi sur Roch Hachana. Et voici ce qu'il dit : et de même Rabbi Yossi interdisait à Roch Hachana dans la diaspora, tous les Roch Hachana, comme celui qu'on faisait à Jérusalem quand les témoins viennent depuis la minha et au-delà.
שֶׁל גָּלוּיוֹת מַשְׁמַע בְּהָנֵי שֶׁאֵין נַעֲשִׂים שָׁנִים אֶלָּא בַּגּוֹלָה:
Des galouyot. Cela vise ceux qu'on ne fait deux jours que dans la diaspora.
💡 Explication

Rava relit la fin. Elle porterait sur Roch Hachana dans la diaspora, le cas de Jérusalem : témoins après la minha, deux jours saints ensemble. Pour les autres fêtes des galouyot, Rabbi Yossi permettrait, comme Rabbi Yehouda.

Objection sur les mots. Des galouyot désigne les jours qu'on ne double que hors d'Erets Israël. Pour Roch Hachana, le texte aurait dit dans la diaspora.

10
אָמַר רַב אַסִּי: וּמַאי קֻושְׁיָא? דִּילְמָא הָכִי קָאָמַר: וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי עוֹשֶׂה אִיסּוּר שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת, כִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְרַבָּנַן דְּשָׁרוּ.

Rav Assi dit : et quelle est la difficulté ? Peut-être voici ce qu'il dit : et de même, Rabbi Yossi faisait l'interdit des deux jours saints des galouyot comme les deux jours saints de Roch Hachana selon les Rabbins, qui permettent.

📜 Rachi (1)
אָמַר רַב אַסִּי וּמַאי קֻושְׁיָא דִּילְמָא הַאי אוֹסֵר ה"ק וְכֵן הָיָה ר' יוֹסֵי עוֹשֶׂה אִיסּוּר שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלוּיוֹת קַל כְּאִיסּוּר שְׁנֵי יָמִים שֶׁל ר"ה לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עָלָיו וְאָמְרִי מֻותָּר כִּדְתַנְיָא לְעֵיל מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וּמוּטָב לְתָרוֹצֵי הָכִי מִילְּתֵיהּ וְלָא נוֹקֵי שַׁבַּשְׁתָּא בְּר' יוֹסֵי דקי"ל ר' יוֹסֵי נִמּוּקוֹ עִמּוֹ וְהַאי חוּמְרָא בְּלֹא טַעְמָא הוּא:
Rav Assi a dit : et quelle est la difficulté, peut-être. Ce mot interdit veut dire ceci : et de même Rabbi Yossi faisait léger l'interdit des deux jours saints des galouyot, comme l'interdit des deux jours de Roch Hachana selon les Rabbins qui divergent de lui et disent que c'est permis, comme on l'enseigne plus haut : les Sages conviennent à Rabbi Eliezer. Et il vaut mieux résoudre ainsi sa parole, et ne pas faire reposer une erreur sur Rabbi Yossi, car nous tenons : Rabbi Yossi, sa raison est avec lui. Et cette stringence est sans raison.
💡 Explication

Rav Assi garde les mots des galouyot. Le verbe interdit de la baraita se lit : Rabbi Yossi rend cet interdit léger, au niveau de Roch Hachana selon les Rabbins, qui permettent. Plus haut : les Sages conviennent à Rabbi Eliezer.

On préfère cette lecture. Nimouko imo : la raison de Rabbi Yossi l'accompagne. Lui poser une humra sans motif ferait de sa parole une erreur.

🖼️ Schéma
Trois lectures de : Rabbi Yossi interdit La fin de la baraita. Galouyot, ou Roch Hachana seul. Rav Chechet. Lecture simple. Rabbi Yossi interdit le procédé même les jours des galouyot. Une kedousha. Le cerf reste interdit. Rava. La fin vise Roch Hachana dans la diaspora. Les autres fêtes, Rabbi Yossi permet, comme Rabbi Yehouda. Objection : le texte dit des galouyot. Il aurait fallu : dans la diaspora. Rav Assi. Il rend cet interdit léger. Comme les Rabbins à Roch Hachana, qui permettent. Les Sages conviennent à Rabbi Eliezer. On garde la parole de Rabbi Yossi. Nimouko imo : sa raison l'accompagne. Une humra sans raison ne se pose pas sur lui.
Rav Chechet lit un interdit ferme. Rava limite à Roch Hachana. Rav Assi lit un interdit léger, comme les Rabbins.
11
אַשְׁכְּחֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְרַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל, אֲמַר לֵיהּ: תָּנֵי מָר מִידֵּי בִּקְדֻושּׁוֹת? אֲמַר לֵיהּ תְּנֵינָא: מוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלִיּוֹת. אֲמַר לֵיהּ: אִי מַשְׁכַּחַת לְהוּ, לָא תֵּימָא לְהוּ וְלָא מִידֵּי.

Rav Chechet rencontra Rabba bar Chmouel. Il lui dit : le maître a-t-il enseigné quelque chose sur les kedoushot ?

Il lui dit : nous avons enseigné : Rabbi Yossi convient pour les deux jours saints des galouyot. Il lui dit : si tu les rencontres, ne leur dis rien.

📜 Rachi (3)
תְּנֵינָא מוֹדֶה ר"י בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלוּיוֹת דֹּב' קְדֻושּׁוֹת הֵן:
Nous avons enseigné : Rabbi Yossi convient pour les deux jours saints des galouyot. Que ce sont deux kedoushot.
אִי מַשְׁכַּחַת לְהוּ לְרַב נַחְמָן וְרַב חִסְדָּא:
Si tu les rencontres. Rav Nahman et Rav Hisda.
לָא תֵּימָא לְהוּ לְהַאי מִילְּתָא דְּמִיכַּסְפִי לִי עַל דְּלָא אֲכַלִית מִינֵּיהּ פָּסַק וְשָׁמְעִינַן מִדְּרַב נַחְמָן וְרַב חִסְדָּא וּמִדְּרַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל וּמִדְּרַב שֵׁשֶׁת דְּהָדַר בֵּיהּ וּמִדְּרָבָא דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (ד יז.) מַנִּיחַ אָדָם עֵירוּבֵי תַבְשִׁילִין וְעֵירוּבֵי תְּחוּמִין מי"ט לַחֲבֵירוֹ וּמַתְנֶה וּמִדְּרַב דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (ד' ד:) בָּב' יָמִים טוֹבִים שֶׁל גָּלוּיוֹת בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה וְקָבָעֵי הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּדָבָר הַנִּיצּוֹד אוֹ הַנִּלְקָט מִן הַמְחֻובָּר בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל גְּלוּיוֹת מַמְתִּין לָעֶרֶב בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וּמֻותָּר דְּמִכּוּלְּהוּ שָׁמְעִינַן דְּאֶחָד מֵהֶן חוֹל דְּאִי מְסַפְּקָא לָן בִּקְדֻושָּׁה אַחַת אַמַּאי מִישְׁתְּרֵי בְּהוּ בֵּיצָה וְאִי מִשּׁוּם דְּבֵיצָה אִיסּוּרָא דְּרַבָּנָן הִיא הָא לָא אִישְׁתְּרִי בִּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל ר"ה וְעוֹד קי"ל בְּמַסֶּכֶת בֵּיצָה (ד' ד.) דִּסְפֵיקָא דְּרַבָּנָן בְּדָבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין אָסוּר וְעוֹד צֵידַת צְבִי מְלָאכָה דְּאוֹרָיְיתָא הִיא וְשַׁרְייָא וּבְהִלְכוֹת גְּדוֹלוֹת אָסַר וְיָלֵיף טַעְמָא מִדְּקָבַע רַב פָּפָּא הִילְכְתָא נָכְרִי שֶׁהֵבִיא דּוֹרוֹן לְיִשְׂרָאֵל כּוּ' וּמוֹקֵי דְּהַאי לָעֶרֶב אֲסוּרִין בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ לָעֶרֶב שֶׁל מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב שֵׁנִי קָאָמַר דְּלֶיהֱוֵי רָאוּי לַעֲשׂוֹת קָאָמַר וּבְעֵינַי נִרְאֶה שֶׁאֵינוֹ כֵּן אֶלָּא כִּדְסָתַם וְאָמַר לָעֶרֶב סְתָם אִי בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן הֱבִיאוֹ יַמְתִּין לָעֶרֶב בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וְאוֹכְלוֹ וּלְפִיכָךְ צָרִיךְ לְהַמְתִּין דְּשֶׁמָּא הָיָה הַיּוֹם קֹדֶשׁ וּלְמָחָר חוֹל וּבָעֵי הַמְתָּנָה בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וְאִי הֲוָה אִיפְּכָא כָּל שֶׁכֵּן דְּאַף בְּלֹא הַמְתָּנָה הָיוּ מֻותָּרִין וְאִי בְּיוֹם שֵׁנִי הֱבִיאוּם. יַמְתִּין לָעֶרֶב בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ דְּשֶׁמָּא הַיּוֹם קֹדֶשׁ הוּא וְתֵדַע דְּעִיקַּר מִילְּתֵיהּ דְּרַב פָּפָּא לְעֶרֶב יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן אִיתְּמַר דְּאָמַר לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף מ.) הָנְהוּ בְּנֵי גְנָנָא דְּגַזּוּ לְהוּ נָכְרִים אָסָא בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי לְאוּרְתָּא שְׁרָא לְהוּ רָבִינָא לְאוֹרוֹחֵי לְאַלְתַּר אַלְמָא קָסָבַר כִּי בָּעֵינַן בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן דְּהָא קִים לָן בִּקְבִיעָא דְיַרְחָא דְּרִאשׁוֹן עִיקָּר וְהָא דְּעָבְדִינַן תְּרֵי יוֹמֵי מִשּׁוּם דִּשְׁלַחוּ מִתָּם הִזָּהֲרוּ כו' אֲבָל יוֹם טוֹב שֵׁנִי דְּקִיל לָא בָּעֵינַן בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ וּמַסְּקָנָא קָבְעִינַן הִילְכְתָא אַף בי"ט שֵׁנִי בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ דְּלָא לֵיתוּ לְזִלְזוּלֵי בֵּיהּ וּתְשׁוּבַת הַגָּאוֹן יֵשׁ בְּיָדִי כֵּן. ע"כ פָּסַק:
Ne leur dis pas. Cette parole, car j'aurais honte de n'en avoir pas mangé. Décision. Nous l'apprenons de Rav Nahman et de Rav Hisda, de Rabba bar Chmouel, de Rav Chechet qui se rétracte, de Rava qui dit dans le traité Beitsa (17a) : un homme dépose des erouvei tavchilin (mélanges de plats) et des erouvei tehoumin (limites) d'un yom tov pour l'autre, et il pose une condition, et de Rav qui dit dans le traité Beitsa (4b) : aux deux jours saints des galouyot, un œuf pondu en celui-ci est permis en celui-là. Et nous fixons la halakha comme lui. Une chose chassée, ou cueillie de ce qui est attaché, le premier yom tov des galouyot : on attend jusqu'au soir bekdei che-ya'assou, et c'est permis. De tous ceux-là nous apprenons que l'un des deux est hol. Si nous doutions d'une seule kedousha, pourquoi l'œuf y serait-il permis ? Et si c'est parce que l'œuf est un interdit rabbinique, voici qu'il reste interdit aux deux jours saints de Roch Hachana. De plus, nous tenons dans le traité Beitsa (4a) : un doute rabbinique, sur une chose qui a de quoi la rendre permise, davar che-yech lo matirin, est interdit. De plus, la chasse du cerf est une melakha de la Torah, et on la permet. Dans les Halakhot Guedolot, on interdit. On en tire la raison de ce que Rav Papa a fixé pour halakha : un nokhri qui a apporté un doron à un Israël, etc. On établit que ce soir ils sont interdits bekdei che-ya'assou vise le soir de la sortie du second yom tov, afin que ce soit apte à être fait. À mes yeux, autre lecture : comme le texte, qui a parlé sans précision, et qui a dit le soir, sans précision. S'ils l'ont apporté le premier yom tov, on attend jusqu'au soir bekdei che-ya'assou, et on le mange. Il faut donc attendre : peut-être ce jour était saint et le lendemain hol, et l'attente est requise. Et si c'était l'inverse, à plus forte raison ils seraient permis, même sans attente. S'ils les ont apportés le second jour, on attend jusqu'au soir bekdei che-ya'assou : peut-être ce jour est saint. Et sache que l'essentiel de la parole de Rav Papa a été dite pour le soir du premier yom tov. Car il dit plus loin (Erouvin 40a) : ces gens de Ganana, des nokhrim leur ont coupé du myrte le second yom tov, le soir. Ravina leur a permis de le sentir aussitôt. On en déduit qu'il tient : là où nous exigeons bekdei che-ya'assou, c'est au premier yom tov. Car le calcul du mois est établi pour nous : le premier est l'essentiel. Et ceci que nous faisons deux jours, c'est qu'on a envoyé de là-bas : prenez garde, etc. Le second yom tov est léger : nous n'y exigeons pas bekdei che-ya'assou. En conclusion, nous fixons la halakha : même au second yom tov, bekdei che-ya'assou, afin qu'on n'en vienne pas à mépriser ce jour. J'ai en main une réponse du gaon dans le même sens. Jusqu'ici la décision.
🗂️ Tossefot (1)
אִי מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ לָא תֵּימָא לְהוּ רַשִׁ"י פָּסַק דִּבְדָבָר הַנִּיצּוֹד אוֹ הַנִּלְקָט ביו"ט רִאשׁוֹן שֶׁל גָּלִיּוֹת דְּמַמְתִּין בי"ט שֵׁנִי בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וְשָׁרֵי דְּוַדַּאי קי"ל בִּשְׁנֵי י"ט שֶׁל גָּלֻיוֹת דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן כִּדְמוֹכַח הָכָא וּבְפֶרֶק קַמָּא דְּבֵיצָה (ד' ד:) נָמֵי פָּסְקִינַן נוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה אַלְמָא דִּשְׁתֵּי קְדֻושּׁוֹת הֵן וְהָא דִּפְסִיק רַב פָּפָּא הִלְכְתָא בְּרֵישׁ אֵין צָדִין (בֵּיצָה ד' כד:) דְּנָכְרִי שֶׁהֵבִיא דּוֹרוֹן לְיִשְׂרָאֵל כו' וְלָעֶרֶב בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּהַיְינוּ לְעָרֵב די"ט רִאשׁוֹן וּמֻותָּר מִמַּה נַפְשָׁךְ דְּאִי יוֹם רִאשׁוֹן קֹדֶשׁ יוֹם שֵׁנִי חוֹל דְּהָא שָׁרֵינַן בֵּיצָה וּצְבִי הַנִּיצּוֹד בי"ט רִאשׁוֹן לְאָוכְלוֹ בי"ט שֵׁנִי וּלְקַמָּן נָמֵי גַּבֵּי הָנְהוּ גְּנָנָא דְּשָׁרֵי לְהוּ רָבִינָא לְאֻורְתָּא לְאוֹרוֹחֵי בֵּיהּ לְאַלְתַּר אַלְמָא קָסָבַר דְּכִי בָּעֵינַן בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ הַייְנוּ מי"ט רִאשׁוֹן דְּטַעַם בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ מְפָרֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס בְּאֵין צָדִין (שָׁם ד' כד.) כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵהָנֶה מִמְּלֶאכֶת י"ט וּלְפִי טַעַם זֶה וַדַּאי יֵשׁ לְהַתִּיר לעי"ט רִאשׁוֹן בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ דְּמַה נַפְשָׁךְ לֹא יֵהָנֶה מִמְּלֶאכֶת יו"ט כִּדְפֵי' וּלְפִי זֶה נָמֵי אֵין צָרִיךְ לְהַמְתִּין כַּשִּׁיעוּר שֶׁיֵּלֵךְ וְיָצוּד וְיָבִיא וְיִתְלֹושׁ וְיָבִיא אֶלָּא שִׁיעוּר תְּלִישָׁה לְבַד שֶׁהוּא בְּרֶגַע אֶחָד קָטָן דְּאָז לֹא יֵהָנֶה מִמְּלֶאכֶת י"ט וְדַוְקָא בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל צָרִיךְ לְהַמְתִּין בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ אֲבָל בְּפֵירוֹת הַנּוֹשְׁרִין אוֹ שֶׁעָשָׂה הַנָּכְרִי בִּשְׁבִיל עַצְמוֹ אֵין צָרִיךְ בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ כִּדְאָמַר בְּשַׁבָּת בְּפֶ' שׁוֹאֵל (שַׁבָּת ד' קנא.) אִם רֹוב נָכְרִים בָּעִיר בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת רוֹחֵץ בָּהּ מִיָּד וּמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת דְּאָמַר בְּשׁוֹגֵג יֹאכַל (שַׁבָּת ד' לח.) אע"ג דְּנֶהֱנֶה מִמְּלֶאכֶת שַׁבָּת כֵּיוָן דְּמִילְּתָא דְּלָא שְׁכִיחָא לָא גְּזַרוּ בֵּיהּ רַבָּנָן ובה"ג מְפָרֵשׁ דְּצָרִיךְ לְהַמְתִּין עַד מוֹצָאֵי יו"ט בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וְטַעַם כְּדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ יֵשׁ לְפָרֵשׁ מִשּׁוּם שֶׁמָּא יֹאמַר יִשְׂרָאֵל לְנָכְרִי לַעֲשׂוֹת בְּיוֹם טוֹב כְּדֵי שֶׁיֹּאכַל לְאַלְתַּר בְּמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב וְזֶה אֵין שַׁיָּיךְ אֶלָּא בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל כִּדְמַשְׁמַע נָמֵי בְּפֶרֶק שׁוֹאֵל (שַׁבָּת ד' קנא) וְהַהִיא בַּר טַבְיָא מַייְרֵי בְּאִיתְּצִיד מֵאֵלָיו עַל יְדֵי שֶׁהָיוּ מְצוּדוֹת פְּרוּסוֹת מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב וְלֹא נָכְרִי שֶׁהֵבִיא דּוֹרוֹן לְיִשְׂרָאֵל הֲוָה וְרָבִינָא דְּשָׁרֵי לְאוֹרוֹחֵי בֵּיהּ לְאַלְתַּר שְׂמָאלִית לֵיהּ בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ כְּלָל אֲפִילּוּ בי"ט רִאשׁוֹן אוֹ שֶׁמָּא אִית לֵיהּ בי"ט רִאשׁוֹן שֶׁהוּא מִדְּאוֹרַייְתָּא בִּכְדֵי שֶׁיַּעֲשׂוּ בְּמוֹצָאֵי י"ט שֵׁנִי וּמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת אָתֵי שַׁפִּיר דְּיֹאכַל דְּלֵיכָּא לְמִיגְזַר אַטּוּ שֶׁמָּא יְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת וּלְפִי טַעַם זֶה הָיָה צָרִיךְ לְהַמְתִּין בְּמוֹצָאֵי י"ט שֵׁנִי כַּשִּׁיעוּר [שֶׁיֵּלֵךְ] וְיִתְלֹושׁ וְיָבִיא דְּאִי כְּדֵי שֶׁיִּתְלֹושׁ לְבַד אִיכָּא לְמֵיחַשׁ שֶׁמָּא יֹאמַר לְנָכְרִי בי"ט לִתְלֹושׁ כְּדֵי שֶׁיֹּאכַל בְּמוֹצָאֵי י"ט אַחַר שָׁעָה מוּעֶטֶת וְשֶׁמָּא יֵשׁ לוֹמַר דְּכֻולֵּי הַאי לֹא הֶחְמִירוּ חֲכָמִים וריצב"א אוֹמֵר דְּבַיְּרוּשַׁלְמִי דְּנִדָּה מַשְׁמַע דְּטַעַם כְּדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ כדפרש"י דְּתַנְיָא הָתָם לֹא תְּמַלֵּא אִשָּׁה קְדֵירָה עֲסָסִיּוֹת וְתֻורְמוֹסִין וְתִתְּנֵם לְתוֹךְ הַתַּנּוּר עִם חֲשֵׁיכָה וְאִם עָשְׂתָה כֵּן לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת אֲסוּרִין בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וּמְפָרֵשׁ הָתָם בָּתַר הָכֵי מִפְּנֵי שֶׁהֲנָייַת שַׁבָּת עָלָיו וְכֵיוָן דְּמַמְתִּין בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ אֵינוֹ נֶהֱנֶה מִמְּלֶאכֶת שַׁבָּת כְּלוּם וּבְשַׁבָּת וי"ט אַף לפרש"י אָסוּר מִזֶּה לָזֶה אַף בְּדָבָר הַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל וּבְדָבָר הַנִּיצּוֹד וְהַנִּלְקָט אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בָּא בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל יֵשׁ לֶאֱסֹור בְּשַׁבָּת וי"ט מִשּׁוּם הֲכָנָה מִידִי דַּהֲוָה אַבֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה וְכֵן מַשְׁמַע בְּרֵישׁ בֵּיצָה (ד' ד.) דְּמַשְׁמַע הָתָם דְּרַב דְּאָסַר בֵּיצָה אָסַר נָמֵי עֵצִים שֶׁנָּשְׁרוּ מִן הַדֶּקֶל וּשְׁיָרֵי מְדוּרָה וּשְׁיָרֵי פְּתִילָה וְשֶׁמֶן שֶׁכָּבָה בְּשַׁבָּת וּמְפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי דְּרַב אוֹסֵר לְהַדְלִיק בי"ט וּבַהֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת בְּהִלְכוֹת י"ט כָּתַב דאע"ג דְּדָבָר הַנִּיצּוֹד וְהַנִּלְקָט בי"ט בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל אָסוּר עַד מוֹצָאֵי י"ט שֵׁנִי בְּדָבָר הַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל שָׁרִי בי"ט שֵׁנִי מִידִי דַּהֲוָה אַבֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בָּזֶה מֻותֶּרֶת בָּזֶה וְנִרְאֶה שֶׁדִּקְדְּקוּ מִדְּקָאָמַר בְּאֵין צָדִין (שָׁם ד' כד:) וְלָעֶרֶב אֲסוּרִים בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ אַאִם יֵשׁ [בְּמִינוֹ] בִּמְחֻובָּר וְלָא קָאָמַר נָמֵי עַל הַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם מַשְׁמַע דְּאֵין צָרִיךְ בּוֹ בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ וְטַעֲמָא מִשּׁוּם דְּבִתְחוּם הֵקֵילּוּ כְּעֵין שֶׁהֵקֵילּוּ לְעִנְיַן הַבָּא בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל זֶה מֻותָּר לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר וּמִיהוּ לְבֵיצָה וַדַּאי לָא מִדְּמֵינַן דִּבְבֵיצָה לֹא שַׁיָּיךְ שֶׁמָּא יֹאמַר לְנָכְרִי כְּמוֹ בְּדָבָר הַבָּא מִחוּץ לַתְּחוּם:
Si tu les rencontres, ne leur dis pas. Rachi a tranché : une chose chassée ou cueillie le premier yom tov des galouyot, on attend le second yom tov bekdei che-ya'assou (le temps qu'il aurait fallu pour la faire), et c'est permis. Car nous tenons pour sur, aux deux jours saints des galouyot, que ce sont deux kedoushot, comme il est prouvé ici. Au premier chapitre de Beitsa (4b) nous tranchons aussi : pondue en celui-ci, permise en celui-là. On en déduit que ce sont deux kedoushot. Et ceci que Rav Papa tranche pour halakha au début de Ein Tsadin (Beitsa 24b) : un nokhri qui a apporté un doron (présent) à un Israël, etc., et le soir bekdei che-ya'assou. Le Kountres explique que c'est le soir du premier yom tov, et c'est permis de toute façon. Car si le premier jour est saint, le second jour est hol, puisque nous permettons l'œuf, et le cerf chassé le premier yom tov, pour le manger le second yom tov. Plus loin aussi, pour ces gens de Ganana, Ravina leur a permis, le soir, de sentir aussitôt. On en déduit qu'il tient : là où nous exigeons bekdei che-ya'assou, c'est à partir du premier yom tov. Car la raison de bekdei che-ya'assou, le Kountres l'explique dans Ein Tsadin (là, 24a) : afin qu'on ne jouisse pas d'une melakha de yom tov. Selon cette raison, il y a lieu de permettre pour le soir du premier yom tov, bekdei che-ya'assou, car de toute façon on ne jouira pas d'une melakha de yom tov, comme il a été expliqué. Selon cela aussi, on n'attend pas la mesure d'aller, de chasser, d'apporter, de détacher et d'apporter, mais la seule mesure de la telicha (détache), un seul petit instant : alors on ne jouit pas d'une melakha de yom tov. Et c'est pour une chose faite pour un Israël qu'il faut attendre bekdei che-ya'assou. Pour les fruits qui tombent, ou pour ce que le nokhri a fait pour lui-même, bekdei che-ya'assou ne s'applique pas. Comme il est dit dans Chabbat, chapitre Choel (Chabbat 151a) : si les nokhrim sont la majorité dans la ville, à la sortie du Chabbat on s'y lave aussitôt. Et celui qui cuit le Chabbat, dont il est dit : par inadvertance, on mange (Chabbat 38a), bien qu'on jouisse d'une melakha de Chabbat : c'est une chose peu fréquente, les Rabbins n'ont pas décrété à son sujet. Les Halakhot Guedolot expliquent qu'il faut attendre jusqu'à la sortie du yom tov, bekdei che-ya'assou. Et la raison de bekdei che-ya'assou s'explique ainsi : de peur qu'un Israël dise à un nokhri de faire le yom tov, afin de manger aussitôt à la sortie du yom tov. Cela vise une chose faite pour un Israël, comme il ressort aussi au chapitre Choel (Chabbat 151). Et ce jeune cerf parle d'une chasse venue d'elle-même, par des pièges tendus dès la veille du yom tov. Le cas du nokhri qui apporte un doron à un Israël est un autre cas. Et Ravina, qui permet de sentir aussitôt : ou bien il n'a pas du tout la règle de bekdei che-ya'assou, même au premier yom tov ; ou bien il tient que le premier yom tov, qui est de la Torah, exige bekdei che-ya'assou à la sortie du second yom tov. Et celui qui cuit le Chabbat s'explique bien : on mange, car il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'on cuise le Chabbat. Selon cette raison, il faudrait attendre, à la sortie du second yom tov, la mesure d'aller, de détacher et d'apporter. Car pour la seule détache, on craint qu'il dise au nokhri, le yom tov, de détacher, afin de manger à la sortie du yom tov après un court moment. Et peut-être les Sages n'ont-ils pas été stringents à ce point. Le Ritsba dit que le Yerouchalmi de Nidda fait ressortir la raison de bekdei che-ya'assou comme Rachi l'explique. Car on enseigne là : une femme ne remplira pas une marmite de vesces et de lupins pour les mettre dans le four à la nuit tombante ; et si elle l'a fait, à la sortie du Chabbat ils sont interdits bekdei che-ya'assou. Et on explique là ensuite : parce que la jouissance du Chabbat est sur eux ; dès lors qu'on attend bekdei che-ya'assou, on ne jouit en rien d'une melakha de Chabbat. Et de Chabbat à yom tov, même selon l'explication de Rachi, c'est interdit de l'un à l'autre, même pour une chose venue de hors du tehoum pour un Israël ; et pour une chose chassée ou cueillie, même si elle n'est pas venue pour un Israël, il y a lieu d'interdire de Chabbat à yom tov à cause de la hakhana (préparation), à l'instar d'un œuf pondu en celui-ci, interdit en celui-là. C'est aussi ce qui ressort au début de Beitsa (4a) : Rav, qui interdit l'œuf, interdit aussi le bois tombé du palmier, les restes d'un foyer, les restes d'une mèche, et l'huile éteinte le Chabbat. Et le Yerouchalmi explique que Rav interdit de les allumer le yom tov. Et dans les Halakhot Guedolot, aux lois de yom tov, il est écrit : bien qu'une chose chassée ou cueillie le yom tov pour un Israël soit interdite jusqu'à la sortie du second yom tov, une chose venue de hors du tehoum pour un Israël est permise le second yom tov, à l'instar d'un œuf pondu en celui-ci, permis en celui-là. Et il semble qu'ils ont été précis, de ce qui est dit dans Ein Tsadin (là, 24b) : et le soir ils sont interdits bekdei che-ya'assou, s'il y en a de son espèce dans ce qui est attaché ; il ne le dit pas aussi pour ce qui vient de hors du tehoum. Il en ressort que, pour cela, bekdei che-ya'assou n'est pas requis. La raison : pour le tehoum ils ont allégé, à la manière où ils ont allégé pour ce qui vient pour tel Israël : celui-ci est permis à un autre Israël. Pour l'œuf, nous ne faisons pas cette comparaison : à l'œuf, la crainte qu'on dise au nokhri ne se pose pas comme elle se pose pour une chose venue de hors du tehoum.
💡 Explication

Rabba bar Chmouel a la source qui manquait : Rabbi Yossi convient pour les jours des galouyot. Ce sont deux kedoushot. Rav Chechet demande le silence devant Rav Nahman et Rav Hisda : il aurait honte de n'avoir pas mangé du cerf.

Rachi en tire la halakha. Chose chassée ou cueillie le premier jour : permise le second après bekdei che-ya'assou. Preuves : l'œuf de Beitsa 4b, permis d'un jour à l'autre ; les erouvin conditionnels de Beitsa 17a ; Rav Chechet qui se rétracte. Une seule kedousha rendrait l'œuf interdit, comme à Roch Hachana. Un doute rabbinique sur un davar che-yech lo matirin reste interdit. La chasse du cerf est une melakha de la Torah, et on la permet d'un jour à l'autre.

Les Halakhot Guedolot lisent le soir de Rav Papa comme la sortie du second jour. Rachi lit un soir sans précision : on attend le soir du jour où la chose est arrivée. Les gens de Ganana, daf 40a : Ravina permet de sentir le myrte aussitôt, le soir du jour 2. Le premier jour est l'essentiel du calcul. Le second est une garde envoyée de là-bas. En pratique, Rachi exige quand même bekdei che-ya'assou le second jour, pour qu'on ne méprise pas le jour. Tossefot déploie les deux raisons : ne pas jouir de la melakha, ou craindre qu'on charge un nokhri. Le cerf du daf relève des pièges tendus dès la veille.

12
אָמַר רַב אַשִּׁי: לְדִידִי אֲמַר לִי אַמֵּימָר: הָהוּא בַּר טַבְיָא לָאו אִיתְּצוּדֵי אִיתְּצִיד,

Rav Ashi dit : à moi, Ameimar m'a dit : ce jeune cerf n'a pas été pris à la chasse,

📜 Rachi (1)
לָאו אִיתְּצוּדֵי אִיתְּצִיד דְּוַדַּאי פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְרַב שֵׁשֶׁת דְּשָׁרֵי בְּשֵׁנִי:
Il n'a pas été pris à la chasse. Car il était certainement évident pour Rav Chechet que c'est permis le second jour.
💡 Explication

Rav Ashi rapporte Ameimar. Le cerf de l'épisode n'a pas été chassé le yom tov. Rachi : pour Rav Chechet, une chasse prise le jour 1 était permise le jour 2. Le refus de manger vise donc un autre cas.

La phrase est coupée. La suite, au daf 40a : le cerf est venu de hors du tehoum.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).