Eruvin 40b - Kolel de Roch Hodech, un zikaron, et le zman

Eruvin 40b

Sougya : Rabbi Zeira : Roch Hodech s'inclut dans la berakha du jour à chaharit et à arvit, donc aussi dans les moussafin, sans berakha à part. Une baraita oppose Beit Chammai, qui compte huit berakhot quand Roch Hodech tombe un Chabbat, et le kolel lui-même divise les tanaim sur la place de yaale veyavo.

Rav Hisda et Rabba concluent : un seul zikaron couvre Roch Hachana et Roch Hodech. Rabba ouvre ensuite le zman (cheheheyanou) à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim : la halakha est de le dire, même au marché.

Le daf amorce enfin le jeûne d'un élève la veille de Chabbat.

Chabbat et Roch Hodech : où placer le jour Deux lectures tannaïques. Le pesak de Beitsa est en bas. Tana de la baraita Arvit, chaharit, minha : 7. Yaale veyavo dans la avoda. Rabbi Eliezer : dans la hodaah. Oubli : on le fait revenir. Moussafin : il ouvre et il ferme sur Chabbat. Kedoucha du jour au milieu. Pas de kolel le matin ni le soir. Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmael Partout où l'on doit 7, y compris chaharit et arvit. Il ouvre sur Chabbat. Il ferme sur Chabbat. Kedoucha de Roch Hodech où du moed au milieu. Le kolel vaut toute la journée. Pesak, second chapitre de Beitsa, rapporté par Rachi. Hatima des moussafin : Chabbat, Israël, et les temps. À Roch Hodech : Chabbat, Israël, et les Roch Hodech. Yaale veyavo dans la avoda : on suit ce tana. Kolel à chaharit et à arvit : on s'écarte de ce couple.
Chabbat et Roch Hodech. Un tana laisse yaale veyavo dans la avoda et n'inclut que les moussafin. L'autre couple inclut dans toute amida de sept. Pesak de Beitsa : la hatima nomme aussi le jour, et le kolel du matin et du soir est écarté.
Un zikaron pour Roch Hachana et Roch Hodech De Rabbi Zeira a la conclusion de Rav Hisda et de Rabba. 1. Rabbi Zeira : on mentionne Roch Hodech, inclus, sans berakha à part. 2. Baraita : Roch Hodech un Chabbat. Beit Chammai : 8 berakhot. Beit Hillel : 7. La guemara laisse la difficulté. 3. Le kolel de chaharit et d'arvit est lui-même une mahloket de tanaim. Yaale veyavo dans la avoda, ou kedoucha du jour dans toute amida de sept. 4. Conclusion. Rav Hisda, et de même Rabba. Un seul zikaron monte pour ici et pour la. La mention de Roch Hachana couvre Roch Hodech. Rachi : c'est la question, faut-il encore nommer Roch Hodech ?
Rabbi Zeira veut un kolel. La baraita de Beit Chammai, huit berakhot, fait difficulté. Rav Hisda et Rabba : un seul zikaron couvre Roch Hachana et Roch Hodech.
Dire le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim Question chez Rav Houna. La coupe de Yom ha-Kippourim. La halakha. Branche : on le dit Ces jours reviennent de temps en temps, comme un regel. Rav Yehouda le dit même sur une courge nouvelle. Cela reste un reshout. Branche : on le tait On ne les appelle pas regalim. Rav et Chmouel : le zman de hova seulement sur les trois regalim. Yom Kippour, coupe Bénir et boire. Le zman accueille le jour. Le vin devient interdit. Bénir et laisser Celui qui bénit sur une coupe doit qu'on y goûte. Laisser le vin ne suffit pas. Donner à l'enfant On ne suit pas Rav Aha. Crainte : une fois grand, il boirait ce jour-là. Pratique : Rav Hisda, veille de Roch Hachana, kiddouch et zman sur la coupe. Halakha : on dit le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim. Halakha : on le dit même au marché. La coupe n'est pas exigée. Roch : à Yom ha-Kippourim, usage de le dire à la synagogue, avant Barkhou.
Zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim. Rav et Chmouel le réservent aux trois regalim. La coupe de Yom ha-Kippourim échoue. Halakha : on le dit, même au marché.
1
אָמַר רַבִּי זֵירָא: שָׁאנֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ, מִתּוֹךְ שֶׁכּוֹלֵל לְשַׁחֲרִית וְעַרְבִית, כּוֹלֵל נָמֵי בְּמוּסָפִין.

Rabbi Zeira dit : Roch Hodech est à part. Du fait qu'on l'inclut à chaharit et à arvit, on l'inclut aussi dans les moussafin.

📜 Rachi (2)
אָמַר ר' זֵירָא לְעוֹלָם צָרִיךְ לְהַזְכִּיר וּמִיהוּ לְבֵית שַׁמַּאי בְּרָכָה בְּאַנְפֵּי נַפְשָׁהּ לְרֹאשׁ חֹדֶשׁ לָא בָּעֵי וְלָאו מִשּׁוּם דְּזִכָּרוֹן דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה עוֹלֶה לוֹ דְּמַשְׁמַע דְּכֵיוָן דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה הוּא הַייְנוּ רֹאשׁ חֹדֶשׁ דְּאִי הֲוָה נָמֵי שַׁבָּת וְרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְלָאו רֹאשׁ הַשָּׁנָה לָא בָּעֵי לֵיהּ בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ אֶלָּא חוֹתֵם מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וְהִלְכָּךְ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה נָמֵי חוֹתֵם מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַזִּכָּרוֹן וְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים ואע"ג דִּבְשַׁבָּת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה בָּעֵי לְכָל חַד בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ מוֹדוֹ דְּמִתּוֹךְ שֶׁכּוֹלֵל בִּרְכָתוֹ בְּתוֹךְ בִּרְכַּת הַיּוֹם שַׁחֲרִית וְעַרְבִית וַאֲפִילּוּ בִּשְׁאָר שַׁבָּתוֹת דְּהַהִיא וַדַּאי אֲפִילּוּ לְבֵית שַׁמַּאי פְּשִׁיטָא לָן דְּלָא בָּעֵי לְכָל חַד בְּרָכָה לְעַצְמוֹ דְּהָא אִי הֲוָה מִיקְלַע בְּחוֹל אֵין לוֹ בְּרָכָה שַׁחֲרִית וְעַרְבִית אֶלָּא אוֹמֵר יַעֲלֶה וְיָבֹא בַּעֲבוֹדָה וְהִלְכָּךְ כִּי מִיקְלַע בְּשַׁבָּת אֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּאָמַר לְקַמָּן דִּבְשַׁבָּת לָא מַדְכְּרִינַן דְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ בַּעֲבוֹדָה אֶלָּא בְּבִרְכַּת הַיּוֹם מִיכְלָל הוּא דְּכָייְלִינַן וְלָאו בִּפְנֵי עַצְמָהּ:
Rabbi Zeira. On doit toujours mentionner Roch Hodech. Toutefois, selon Beit Chammai, une berakha à part pour Roch Hodech n'est pas exigée. Rachi écarte la raison selon laquelle le zikaron (souvenir) de Roch Hachana lui tiendrait lieu, lecture qui voudrait dire : puisque c'est Roch Hachana, c'est déjà Roch Hodech. Car même un Chabbat et un Roch Hodech qui n'est pas Roch Hachana n'exigeraient pas pour lui une berakha à part : on conclut par qui sanctifie le Chabbat, Israël et les Roch Hodech. Dès lors, à Roch Hachana aussi, on conclut par qui sanctifie Israël, le jour du zikaron et les Roch Hodech. Bien que, pour Chabbat et Roch Hachana, on exige pour chacun une berakha à part, pour Roch Hodech ils conviennent. Puisqu'on inclut sa berakha dans la berakha du jour, à chaharit et à arvit, et cela même les autres Chabbats. Là, même selon Beit Chammai, il est clair pour nous qu'on n'exige pas pour chacun une berakha à part. Car s'il tombait en semaine, il n'a pas de berakha à chaharit ni à arvit : on dit yaale veyavo dans la avoda (service). Dès lors, quand il tombe un Chabbat, même selon celui qui dit plus bas qu'un Chabbat on mentionne Roch Hodech dans la berakha du jour et non dans la avoda, c'est en l'incluant qu'on l'inclut, et non dans une berakha à part.
כּוֹלֵל נָמֵי בְּמוּסָפִין לְבֵית שַׁמַּאי ואע"ג דִּבְחֹול אִית לֵיהּ בְּרָכָה בְּמוּסָפִין לְעַצְמוֹ הָכָא מִיכְלָל הוּא דְּכָייְלִינַן הוֹאִיל וְכוֹלֵל שַׁחֲרִית וְעַרְבִית אֲבָל שְׁאָר יָמִים טוֹבִים דְּאִית לְהוּ בְּרָכָה עַרְבִית וְשַׁחֲרִית כִּי מִיקַּלְעִי בְּחוֹל בְּהָנֵי פְּלִיגִי בֵּית שַׁמַּאי כִּי מִיקַּלְעִי בְּשַׁבָּת מַצְרְכִי לְהוּ בְּרָכָה בְּעַצְמָן לְכָל תְּפִלּוֹתֵיהֶם:
On l'inclut aussi dans les moussafin. Selon Beit Chammai. Bien qu'en semaine il ait une berakha à part dans les moussafin, ici on l'inclut, puisqu'on l'inclut à chaharit et à arvit. Les autres yamim tovim, qui ont une berakha à arvit et à chaharit quand ils tombent en semaine : sur eux, Beit Chammai diverge. Quand ils tombent un Chabbat, ils leur exigent une berakha à part pour toutes leurs tefilot.
💡 Explication

Suite de la question ouverte en 40a : mentionné-t-on Roch Hodech dans la tefila de Roch Hachana, et Beit Chammai y ajoute-t-il une berakha ?

Kolel : inclure Roch Hodech dans la berakha du jour, sans berakha séparée. Rabbi Zeira : puisqu'on le fait déjà à chaharit et à arvit, on le fait aussi dans les moussafin.

Rachi tient à garder la mention. Ce qui tombe, c'est la berakha à part, y compris un Chabbat ordinaire avec Roch Hodech, où la hatima nomme le Chabbat, Israël et les Roch Hodech.

2
וּמִי אִית לְהוּ לְבֵית שַׁמַּאי כּוֹלֵל? וְהָתַנְיָא: רֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מִתְפַּלֵּל שְׁמֹנָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע. קַשְׁיָא.

Et Beit Chammai a-t-il le kolel (inclusion) ? Or on enseigne : un Roch Hodech qui tombe un Chabbat, Beit Chammai dit : on prie huit [berakhot] ; Beit Hillel dit : on prie sept.

Difficulté.

📜 Rachi (3)
וּמִי אִית לְהוּ לְבֵית שַׁמַּאי כּוֹלֵל בְּבִרְכַּת הַמּוּסָפִין שֶׁל רֹאשׁ חֹודֶשׁ דְּאִיקְּלַע בְּשַׁבָּת:
Et Beit Chammai a-t-il le kolel ? Dans la berakha des moussafin d'un Roch Hodech qui tombe un Chabbat.
מִתְפַּלֵּל שְׁמֹנָה שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ וְשֶׁל שַׁבָּת וּבְמוּסָפִין קָאָמַר:
On prie huit. Celle de Roch Hodech et celle de Chabbat. Il parle des moussafin.
קַשְׁיָא וש"מ כֵּיוָן דְּבִשְׁאָר שַׁבָּתוֹת קָא בָּעוּ ב"ש בְּרָכָה לְרֹאשׁ חֹדֶשׁ ובר"ה לָא בָּעוּ דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּזִכָּרוֹן דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה עוֹלֶה לוֹ וש"מ אֲפִילּוּ מִכְּלָלֵיהּ וְאַדְּכוּרֵי נָמֵי לָא בָּעֵינַן:
Difficulté. On en tire : puisque, les autres Chabbats, Beit Chammai exige une berakha pour Roch Hodech, et qu'à Roch Hachana ils ne l'exigent pas, la raison est que le zikaron de Roch Hachana lui tient lieu. On en tire : même l'inclure, et même le mentionner, n'est pas exigé.
💡 Explication

La baraita semble fermer le kolel de Beit Chammai. Roch Hodech un Chabbat : eux, huit berakhot dans les moussafin, donc une berakha de Roch Hodech à part. Beit Hillel reste à sept.

Rachi lit la conséquence pour Roch Hachana : s'ils exigent la berakha les autres Chabbats et s'en dispensent à Roch Hachana, c'est que le zikaron de Roch Hachana couvre Roch Hodech, jusqu'à dispenser de le mentionner.

3
וְכוֹלֵל עַצְמוֹ — תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: שַׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אוֹ בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, עַרְבִית שַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל כְּדַרְכּוֹ שֶׁבַע, וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאֹורָע בָּעֲבוֹדָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּהוֹדָאָה, וְאִם לֹא אָמַר מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.

Et le kolel lui-même est une divergence de tanaim. On enseigne : un Chabbat qui tombe un Roch Hodech ou un hol ha-mo'ed (jours intermédiaires de la fête), à arvit, chaharit et minha, on prie comme à son habitude sept [berakhot], et on dit me'ein ha-ma'or (un rappel de l'événement) dans la avoda.

Rabbi Eliezer dit : dans la hodaah (action de grâces). Et s'il ne l'a pas dit, on le fait revenir.

📜 Rachi (2)
וְכוֹלֵל עַצְמוֹ דְּשַׁחֲרִית וְעַרְבִית בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת:
Et le kolel lui-même. Celui de chaharit et d'arvit, pour un Roch Hodech qui tombe un Chabbat.
תַּנָּאֵי הִיא דְּאִיכָּא תַּנָּא דַּאֲפִילּוּ כּוֹלֵל לֵית לֵיהּ אֶלָּא אוֹמֵר יַעֲלֶה וְיָבֹא בַּעֲבוֹדָה כְּבַחוֹל אֲבָל בְּבִרְכַּת הַיּוֹם אֵינוֹ נִזְכָּר כְּלָל אֲפִילּוּ לְכָולְלוֹ:
C'est une divergence de tanaim. Il y a un tana qui n'a même pas le kolel : on dit yaale veyavo dans la avoda, comme en semaine. Dans la berakha du jour, on ne le mentionne pas du tout, même pour l'y inclure.
💡 Explication

Le kolel du matin et du soir n'est pas acquis. Un tana garde l'amida de sept, et place yaale veyavo dans la avoda, comme un Roch Hodech de semaine.

Rabbi Eliezer le place dans la hodaah. S'il omet ce rappel, on le renvoie au début de la amida.

4
וּבְמוּסָפִין מַתְחִיל בְּשֶׁל שַׁבָּת, וּמְסַיֵּים בְּשֶׁל שַׁבָּת, וְאוֹמֵר קְדֻושַּׁת הַיּוֹם בָּאֶמְצַע.

Et dans les moussafin, il commence par celle du Chabbat, il conclut par celle du Chabbat, et il dit la kedoucha du jour au milieu.

📜 Rachi (1)
וּמַתְחִיל בְּשֶׁל שַׁבָּת וַתִּתֶּן לָנוּ אֶת יוֹם הַמָּנוֹחַ הַזֶּה וּמְסַייֵּם בְּשֶׁל שַׁבָּת מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְתוּ לָא וּמִיהוּ בְּמוּסָפִים בְּאֶמְצַע בְּרָכָה הוּא נִכְלָל אֲבָל שַׁחֲרִית וְעַרְבִית אֵינוֹ נִכְלָל אֲפִילּוּ בְּאֶמְצַע וְהַאי תַּנָּא לֵית לֵיהּ כּוֹלֵל שַׁחֲרִית וְעַרְבִית:
Et il commence par celle du Chabbat : ve-titen lanou et yom ha-menouha ha-ze. Il conclut par celle du Chabbat : qui sanctifie le Chabbat, et rien de plus. Toutefois, dans les moussafin, il est inclus au milieu de la berakha. À chaharit et à arvit, il n'est pas inclus, même au milieu. Ce tana n'a pas le kolel à chaharit et à arvit.
💡 Explication

Dans les moussafin seulement, ce tana pratique une inclusion limitée. L'ouverture et la hatima restent celles du Chabbat. La kedoucha du jour, Roch Hodech ou fête, se dit au milieu du paragraphe.

5
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמְרִים: כָּל מָקוֹם שֶׁזָּקוּק לְשֶׁבַע — מַתְחִיל בְּשֶׁל שַׁבָּת וּמְסַיֵּים בְּשֶׁל שַׁבָּת, וְאוֹמֵר קְדֻושַּׁת הַיּוֹם בָּאֶמְצַע.

Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, disent : partout où l'on est tenu à sept, il commence par celle du Chabbat, il conclut par celle du Chabbat, et il dit la kedoucha du jour au milieu.

📜 Rachi (2)
כָּל מָקוֹם שֶׁזָּקוּק לְשֶׁבַע וַאֲפִילּוּ שַׁחֲרִית וְעַרְבִית:
Partout où l'on est tenu à sept. Même à chaharit et à arvit.
קְדֻושַּׁת הַיּוֹם שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ עִם שֶׁל שַׁבָּת כְּגוֹן אֶת יוֹם הַמָּנוֹחַ הַזֶּה וְאֶת יוֹם רֹאשׁ חֹדֶשׁ הַזֶּה וְאִם מוֹעֵד הוּא אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת הַזֶּה וְאֶת יוֹם חַג פְּלוֹנִי הַזֶּה: (פָּסַק וּבְמַסֶּכֶת בֵּיצָה קָבְעִינַן הִלְכְתָא דְּלָא כִּי הָנֵי תַּנָּאֵי דִּמְסַיְּימִי בְּשֶׁל שַׁבָּת לְחוּדֵיהּ בְּמוּסָפִין אֶלָּא אַף קְדֻושַּׁת הַיּוֹם בָּעֵי לְאַדְכּוֹרֵי בַּחֲתִימָה מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים וּבְרֹאשׁ חֹדֶשׁ מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים אֲבָל בְּמַאי דְּקָאָמַר שַׁחֲרִית וְעַרְבִית מִתְפַּלֵּל כְּדַרְכּוֹ וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאֹורָע בָּעֲבוֹדָה הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְגַבֵּי כּוֹלֵל דְּשַׁחֲרִית וְעַרְבִית קָבְעִינַן אֵין הֲלָכָה כְּאוֹתוֹ הַזּוּג דְּאָמְרִי כָּל מָקוֹם שֶׁזָּקוּק לְשֶׁבַע כּוֹלֵל בְּפֶרֶק שֵׁנִי דְּבֵיצָה):
La kedoucha du jour. Celle de Roch Hodech avec celle du Chabbat, par exemple : ce jour de repos-ci et ce jour de Roch Hodech-ci. S'il s'agit d'un mo'ed : ce jour de Chabbat-ci et ce jour de telle fête-ci. Décision : dans le traité Beitsa, nous fixons la halakha à l'écart de ces tanaim qui concluent par le Chabbat seul dans les moussafin. Il faut aussi mentionner la kedoucha du jour dans la hatima : qui sanctifie le Chabbat, Israël et les temps. À Roch Hodech : qui sanctifie le Chabbat, Israël et les Roch Hodech. En revanche, là où il dit qu'à chaharit et à arvit on prie comme à son habitude et qu'on dit me'ein ha-ma'or dans la avoda, la halakha est comme lui. Quant au kolel de chaharit et d'arvit, nous fixons : la halakha s'écarte de ce couple qui dit que partout où l'on est tenu à sept, on inclut. Cela, au second chapitre de Beitsa.
💡 Explication

Ce couple étend le modèle des moussafin à toute amida de sept berakhot. Chaharit et arvit incluent donc la kedoucha de Roch Hodech au milieu, entre une ouverture et une hatima de Chabbat.

Rachi rapporte le pesak de Beitsa, en trois points. La hatima nomme aussi le jour. Yaale veyavo reste dans la avoda. On ne pratique pas leur kolel du matin et du soir.

🖼️ Schéma
Chabbat et Roch Hodech : où placer le jour Deux lectures tannaïques. Le pesak de Beitsa est en bas. Tana de la baraita Arvit, chaharit, minha : 7. Yaale veyavo dans la avoda. Rabbi Eliezer : dans la hodaah. Oubli : on le fait revenir. Moussafin : il ouvre et il ferme sur Chabbat. Kedoucha du jour au milieu. Pas de kolel le matin ni le soir. Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmael Partout où l'on doit 7, y compris chaharit et arvit. Il ouvre sur Chabbat. Il ferme sur Chabbat. Kedoucha de Roch Hodech où du moed au milieu. Le kolel vaut toute la journée. Pesak, second chapitre de Beitsa, rapporté par Rachi. Hatima des moussafin : Chabbat, Israël, et les temps. À Roch Hodech : Chabbat, Israël, et les Roch Hodech. Yaale veyavo dans la avoda : on suit ce tana. Kolel à chaharit et à arvit : on s'écarte de ce couple.
À gauche, yaale veyavo dans la avoda, kolel réservé aux moussafin. À droite, kolel dans toute amida de sept. En bas, le pesak.
6
מַאי הֲוָה עֲלָהּ? אָמַר רַב חִסְדָּא: זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לוֹ לְכָאן וּלְכָאן. וְכֵן אָמַר רַבָּה: זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לוֹ לְכָאן וּלְכָאן.

Qu'en est-il au final ? Rav Hisda dit : un seul zikaron (souvenir) lui tient lieu pour ici et pour la.

Et de même Rabba dit : un seul zikaron lui tient lieu pour ici et pour la.

📜 Rachi (1)
מַאי הָוֵי עֲלַהּ מַהוּ לְהַזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה:
Qu'en est-il au final. Faut-il mentionner [la formule] de Roch Hodech à Roch Hachana ?
💡 Explication

Retour à la question du daf précédent. Rav Hisda et Rabba : une seule mention de zikaron couvre les deux jours. On ne rajoute pas une formule de Roch Hodech à côté de celle de Roch Hachana.

7
וְאָמַר רַבָּה: כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב הוּנָא, אִיבַּעְיָא לַן: מַהוּ לוֹמַר זְמַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים? כֵּיוָן דְּמִזְּמַן לִזְמַן אָתֵי — אָמְרִינַן, אוֹ דִּילְמָא כֵּיוָן דְּלֹא אִיקְּרוּ רְגָלִים לָא אָמְרִינַן. לָא הֲוָה בִידֵיהּ.

Et Rabba dit : quand j'étais chez Rav Houna, nous nous sommes interrogés : que dit-on du zman (cheheheyanou) à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim ? Puisqu'il revient de temps en temps, on le dit ; ou bien, puisqu'on ne les appelle pas regalim (fêtes de pèlerinage), on ne le dit pas.

Il n'avait pas la réponse en main.

💡 Explication

Nouvelle question, toujours de Rabba chez Rav Houna. Le zman est la berakha cheheheyanou, dite sur un temps qui revient.

Deux branches. Ces jours ont une date fixe, comme un regel. On ne les nomme pas regalim dans la Torah au même titre que Pessa'h, Atseret et Souccot. Rav Houna laisse la question ouverte.

8
כִּי אֲתַאי בֵּי רַב יְהוּדָה, אָמַר: אֲנָא אַקָּרָא חַדְתָּא נָמֵי אָמֵינָא זְמַן. אָמְרִי לֵיהּ: רְשׁוּת לָא קָא מִיבַּעְיָא לִי, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי חוֹבָה מַאי? אָמַר לִי: רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ: אֵין אוֹמֵר זְמַן אֶלָּא בְּשָׁלֹשׁ רְגָלִים.

Quand je suis arrivé chez Rav Yehouda, il a dit : moi, même sur une courge nouvelle, je dis le zman. Je lui ai dit : le reshout (la faculté) ne me fait pas question ; là où cela me fait question, c'est la hova (l'obligation) : qu'en est-il ?

Il m'a dit : Rav et Chmouel, qui disent tous deux : on ne dit le zman que sur les trois regalim.

📜 Rachi (1)
אַקְּרָא חַדְתָּא כְּשֶׁאֲנִי רוֹאֶה דְּלַעַת חֲדָשָׁה מִשָּׁנָה לְשָׁנָה אָמֵינָא זְמַן:
Une courge nouvelle. Quand je vois une courge nouvelle d'une année à l'autre, je dis le zman.
💡 Explication

Rav Yehouda répond par une pratique large : le zman sur un fruit ou un légume nouveau, ici la kara (courge), d'une année sur l'autre. Rabba distingue. Voir un produit nouveau relève du reshout. La question porte sur la hova du jour saint.

Rav et Chmouel limitent cette hova aux trois regalim.

9
מֵיתִיבִי: ״תֶּן חֵלֶק לְשִׁבְעָה וְגַם לִשְׁמוֹנָה״, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״שִׁבְעָה״ — אֵלּוּ שִׁבְעָה יְמֵי בְּרֵאשִׁית, ״שְׁמוֹנָה״ — אֵלּוּ שְׁמוֹנָה יְמֵי מִילָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: ״שִׁבְעָה״ — אֵלּוּ שִׁבְעָה יְמֵי פֶסַח, ״שְׁמוֹנָה״ — אֵלּוּ שְׁמוֹנָה יְמֵי הַחַג. וּכְשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְגַם״ — לְרַבּוֹת עֲצֶרֶת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים.

On objecte : "Donne une part à sept, et aussi à huit." Rabbi Eliezer dit : "sept", ce sont les sept jours du commencement ; "huit", ce sont les huit jours de la mila (circoncision). Rabbi Yehochoua dit : "sept", ce sont les sept jours de Pessa'h ; "huit", ce sont les huit jours de la fête.

Et quand il dit "et aussi", c'est pour inclure Atseret, Roch Hachana et Yom ha-Kippourim.

📜 Rachi (3)
אֵלּוּ שִׁבְעַת יְמֵי בְּרֵאשִׁית הַשַּׁבָּת נִבְחָר מִתּוֹכָהּ:
Ce sont les sept jours du commencement. Le Chabbat est choisi parmi eux.
שְׁמוֹנָה יְמֵי מִילָה הַשְּׁמִינִי נִבְחָר מִתּוֹכָהּ:
Les huit jours de la mila. Le huitième est choisi parmi eux.
אֵלּוּ ז' יְמֵי הַפֶּסַח שֶׁאַתָּה צָרִיךְ לָתֵת חֵלֶק לְכֻולָּם וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי חֵלֶק:
Ce sont les sept jours de Pessa'h. Tu dois donner une part à chacun d'eux. Plus loin, on explique quelle est la part.
🪔 Ben Yehoyada (1)
"תֶּן חֵלֶק לְשִׁבְעָה וְגַם לִשְׁמוֹנָה" (קֹהֶלֶת יא, ב) רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: 'שִׁבְעָה' אֵלּוּ שִׁבְעָה יְמֵי בְּרֵאשִׁית. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל שֶׁהַשַּׁבָּת נִבְחַר מִתּוֹכָהּ. וְגַם לִשְׁמוֹנָה: אֵלּוּ שְׁמוֹנָה יְמֵי מִילָה, הַשְּׁמִינִי נִבְחַר מִתּוֹכָהּ. נִרְאֶה לִי בס"ד הַשַּׁבָּת הוּא קָדוֹשׁ וְנִבְחַר מֵאִיתּוֹ יִתְבָּרֵךְ, וְאֵין אֲנַחְנוּ עוֹשִׂים בְּגוּפוֹ יִתְרוֹן, וְרַק אֲנַחְנוּ נוֹתְנִים לוֹ יִתְרוֹן בְּתוֹסֶפֶת מֵחֹול עַל הַקֹּודֶשׁ שָׁעָה אַחַת בִּכְנִיסָתוֹ וְשָׁעָה אַחַת בִּיצִיאָתוֹ, וְלָכֵן ב' שִׁבְעָה ' שֶׁהוּא רֶמֶז לְשַׁבָּת יֵשׁ אוֹתִיּוֹת ' ב ' שָׁעָה ' וְזֶהוּ תֵּן חֵלֶק לְשִׁבְעָה ב' שָׁעָה וְאֵלּוּ שְׁתֵּי שָׁעוֹת מַתְּנַת הָאָדָם. וּבְשָׁמ וַנָּהּ הָרוֹמֶזֶת לְמִילָה יֵשׁ אוֹתִיּוֹת שֵׁם נָוֶה , כִּי הָאָדָם נוֹתְנִים לוֹ אָבִיו וְאִמּוֹ שֵׁם נָוֶה לוֹ בְּיוֹם הַמִּילָה. וְהִנֵּה נוֹדַע כִּי מִילָה דּוֹחָה שַׁבָּת, לָכֵן אָמַר וְגַם לִשְׁמוֹנָה כָּל 'גַּם' לְשׁוֹן רִבּוּי, שֶׁיֵּשׁ יִתְרוֹן לִשְׁמוֹנָה שֶׁהוּא יוֹם הַמִּילָה עַל הַשִּׁבְעָה שֶׁהוּא יוֹם הַשַּׁבָּת בְּדָבָר זֶה דְּהַמִּילָה דּוֹחָה שַׁבָּת, וְלָכֵן רָמְזוּ בַּתִּיקּוּנִים בַּפָּסוּק (דְּבָרִים ל, יב) מִי י עַל ה ל נ ו ה שׁמימ ה רָאשֵׁי תֵּיבוֹת מִילָה וְסוֹפֵי תֵּיבוֹת הָוֵי " ה , נִמְצָא דְּהַמִּילָה נִרְמְזָה בְּרָאשֵׁי תֵּיבוֹת וְשֵׁם הוי"ה בְּסוֹפֵי תֵּיבוֹת. וּבָזֶה פֵּירֵשׁ הָרַב עוֹלֵלוֹת אֶפְרַיִם זַ"ל הַפָּסוּק (תְּהִלִּים קלח, ב) כִּי הִגְדַּלְתָּ עַל כָּל שִׁמְךָ אִמְרָתֶךָ, דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (מְגִילָּה טז:) שָׂשׂ אָנֹכִי עַל אִמְרָתֶךָ (תְּהִלִּים קיט, קסב) זוֹ מִילָה שֶׁנִּתְּנָה בַּאֲמִירָה, וְהִגְדַּלְתָּ אוֹתָהּ שֶׁרָמַזְתָּ אוֹתָהּ בְּרֹאשׁ וְשִׁמְךָ בַּסּוֹף וְלָזֶה אָמַר 'וְגַם' לְשׁוֹן רִבּוּי לִשְׁמוֹנָה, אַךְ רַבֵּינוּ מהרח"ו [מוֹרֵנוּ הָרַב רַבִּי חַיִּים וִיטַאל] זַ"ל כָּתַב בְּשֵׁם רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל תֵּיבַת 'וְגַם' הוּא מִלְּשׁוֹן גֻּומְּמוּ עִם הַשּׁוֹפִי, שֶׁהוּא לְשׁוֹן חִיתּוּךְ שֶׁהוּא הַמִּילָה עַצְמָהּ.
"Donne une part à sept, et aussi à huit" (Kohelet 11, 2). Rabbi Eliezer dit : "sept", ce sont les sept jours du commencement. Rachi, de mémoire bénie, explique que le Chabbat est choisi parmi eux. "Et aussi à huit" : ce sont les huit jours de la mila, le huitième est choisi parmi eux. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le Chabbat est saint et choisi de par Lui, bénit soit-Il. Nous n'opérons pas de surplus dans son corps. Nous lui donnons un surplus seulement par le tossefet (ajout) du profane sur le saint : une heure à son entrée et une heure à sa sortie. C'est pourquoi, dans chiv'a (sept), qui fait allusion au Chabbat, se trouvent les lettres de be-cha'a (dans l'heure). Tel est "donné une part à sept" : deux heures, et ces deux heures sont le don de l'homme. Dans chemone (huit), qui fait allusion à la mila, se trouvent les lettres de chem nohé (un nom, une demeure), car le père et la mère donnent à l'homme un nom qui lui est une demeure, le jour de la mila. Or il est connu que la mila repousse le Chabbat. C'est pourquoi il dit "et aussi à huit" : tout gam est un langage de ribboui (ajout). Il y a un surplus pour le huit, jour de la mila, par rapport au sept, jour du Chabbat, en ceci que la mila repousse le Chabbat. C'est pourquoi les Tikkounim y font allusion dans le verset (Devarim 30, 12) "qui montera pour nous aux cieux" : les initiales forment mila, et les finales forment le Nom ה'. Il se trouve que la mila est marquée par les initiales, et le Nom ה' par les finales. Par là, le rav de Olélot Ephraim, de mémoire bénie, explique le verset (Tehilim 138, 2) "car Tu as grandi Ta parole au-dessus de tout Ton Nom". Nos maîtres ont dit (Meguila 16b) : "je me réjouis de Ta parole" (Tehilim 119, 162), c'est la mila, qui a été donnée par une parole. Tu l'as grandie en la marquant au début, et Ton Nom à la fin. C'est pourquoi il dit "ve-gam", langage de ribboui, pour le huit. Et notre maître, morenou ha-rav Rabbi Haim Vital, de mémoire bénie, écrit au nom de notre maître l'Ari, de mémoire bénie : le mot "ve-gam" relève du langage de gommo im ha-chofi, langage de coupe, qui est la mila elle-même.
💡 Explication

L'objection vient de Kohelet 11, 2. Rabbi Eliezer lit le sept et le huit hors des fêtes : création, puis mila. Rabbi Yehochoua lit Pessa'h et Souccot. Le mot ve-gam ajoute Atseret, Roch Hachana et Yom ha-Kippourim.

Rachi : dans la lecture de Rabbi Eliezer, un jour est choisi dans la série, le Chabbat, puis le huitième de la mila. La "part" de Rabbi Yehochoua sera définie au segment suivant.

Le Ben Yehoyada reste sur la lecture de Rabbi Eliezer. Il relie chiv'a aux deux heures de tossefet Chabbat, et chemone au nom donné le jour de la mila. Le gam marque que la mila repousse le Chabbat. L'Ari lit le même mot comme un langage de coupe.

🖼️ Schéma
Donne une part à sept, et aussi à huit Kohelet 11, 2. Deux lectures. Le ve-gam ajoute trois jours. Rabbi Eliezer Sept : les sept jours de la création. Le Chabbat en est choisi. Huit : les huit jours de la mila. Le huitième en est choisi. Rabbi Yehochoua Sept : les sept jours de Pessa'h. Huit : les huit jours de la fête, Souccot. Ve-gam : Atseret, Roch Hachana, Yom Kippour. La guemara demande ensuite : cette part vise-t-elle le zman, ou la berakha du jour ?
Rabbi Eliezer : création et mila. Rabbi Yehochoua : Pessa'h, Souccot, et par ve-gam les trois autres jours.
10
מַאי לַָאו לִזְמַן? לֹא, לִבְרָכָה.

Est-ce à dire, pour le zman ? Non : pour la berakha.

📜 Rachi (1)
לִבְרָכָה דִּמְבָרְכִים כָּל יוֹמָא מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים:
Pour la berakha. On bénit chaque jour : qui sanctifie Israël et les temps.
💡 Explication

La "part" du verset pourrait être le zman. La guemara la reporte sur la berakha de kedouchat ha-yom, dite chacun des jours de la fête : qui sanctifie Israël et les temps.

11
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לִזְמַן — זְמַן כָּל שִׁבְעָה מִי אִיכָּא? הָא לָא קַשְׁיָא: דְּאִי לָא מְבָרֵךְ הָאִידָּנָא — מְבָרֵךְ לִמְחַר וּלְיוֹם אֻוחְרָא.

Cela aussi se tient. Car si tu pensais que c'est pour le zman : y a-t-il un zman tous les sept [jours] ?

Cela ne fait pas difficulté : s'il ne bénit pas maintenant, il bénit le lendemain, ou un autre jour.

💡 Explication

Appui pour la berakha du jour : le zman ne se répète pas chacun des sept jours, alors que le verset donne une part à chacun.

La guemara écarte l'appui. Qui a manqué le zman le premier jour le dit un jour suivant. Les sept jours restent donc un lieu possible pour le zman.

12
מִכָּל מָקוֹם — בָּעֵינַן כּוֹס? לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב נַחְמָן. דְּאָמַר רַב נַחְמָן: זְמַן אוֹמְרוֹ אֲפִילּוּ בַּשּׁוּק. הָא לָא קַשְׁיָא, דְּאִיקְּלַע לֵיהּ כּוֹס.

En tout état de cause, exige-t-on une coupe ? Disons que cela appuie Rav Nahman.

Car Rav Nahman a dit : le zman, on le dit même au marché. Cela ne fait pas difficulté : une coupe lui est échue.

📜 Rachi (2)
מִכָּל מָקוֹם כּוֹס בָּעֵינַן לְעֵיל מַהְדַּר לְאוֹקוֹמֵי הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא דְּאִי ס"ד זְמַן זְמַן כָּל ז' מִי אִיכָּא וּדְקָאָמַר דְּאִי לֹא אָמַר הָאִידָּנָא אוֹמֵר לְמָחָר וּלְיוֹמָא אַחַרְיַנָא הַאי נָמֵי לֵיתָא דְּהָא כּוֹס יַיִן בָּעֵי לוֹמַר הַבְּרָכָה עָלָיו וּסְתָמָא דְּאִינָשֵׁי יוֹמָא קַמָּא אִית לְהוּ כּוֹס אֲבָל בִּשְׁאָר יוֹמָא לְכֻולֵּי עָלְמָא לֵית לְהוּ:
En tout état de cause, on exige une coupe. Plus haut, il cherche à maintenir le "cela aussi se tient" : si tu pensais que c'est le zman, y a-t-il un zman tous les sept jours ? Et ce qu'il a dit, que s'il ne le dit pas maintenant il le dit le lendemain ou le jour d'après, cela non plus ne tient pas. Car il faut une coupe de vin pour dire la berakha dessus. D'ordinaire, le premier jour, les gens ont une coupe. Les autres jours, personne n'en a.
הָא לָא קַשְׁיָא דְּמִיקַּלְעִי לֵיהּ כּוֹס וּלְעוֹלָם אַזְּמַן קָאֵי וּלְרַב נַחְמָן לָא תְּסַיְּיעֵיהּ:
Cela ne fait pas difficulté : une coupe lui est échue. En fin de compte, [le verset] porte bien sur le zman. Et n'en tire pas un appui pour Rav Nahman.
💡 Explication

Deuxième objection, si la part est le zman : on le dit sur un kos (coupe de vin). Les jours suivants, les gens n'en ont pas. Cela irait dans le sens de Rav Nahman : le zman se dit même au marché, sans coupe.

Réponse de la guemara : le cas est celui où une coupe s'est trouvée là. Rachi : le verset peut viser le zman, sans prouver la règle de Rav Nahman.

13
הָתִינַח עֲצֶרֶת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה, יוֹם הַכִּפּוּרִים הֵיכִי עָבֵיד? אִי מְבָרֵךְ עֲלֵיהּ וְשָׁתֵי לֵיהּ — כֵּיוָן דְּאָמַר זְמַן, קַבְּלֵיהּ עֲלֵיהּ וַאֲסִר לֵיהּ.

Passe pour Atseret et Roch Hachana. Yom ha-Kippourim, comment fait-on ?

S'il bénit dessus et le boit : dès qu'il a dit le zman, il a accueilli [le jour] sur lui, et [le vin] lui est interdit.

📜 Rachi (1)
תִּינַח עֲצֶרֶת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה אִיכָּא לְמֵימַר דִּזְמַן אַכּוֹס קָאָמַר לֵיהּ אֶלָּא יוֹם הַכִּפּוּרִים אִי בִּזְמַן מוֹקְמַת לֵיהּ עַל כָּרְחָיךְ סִיַּיעְתָּא לְרַב נַחְמָן הִיא דְּעַל הַכּוֹס הֵיכִי לֶיעֱבֵיד אִי מְבָרֵךְ עֲלֵיהּ וְשָׁתֵי לֵיהּ וְכוּ':
Passe pour Atseret et Roch Hachana. On peut dire que le zman se dit sur une coupe. Yom ha-Kippourim, si tu l'établis sur le zman, c'est forcément un appui pour Rav Nahman. Car sur la coupe, comment agir ? S'il bénit dessus et le boit, etc.
💡 Explication

Atseret et Roch Hachana permettent de boire la coupe. À Yom ha-Kippourim, boire après le zman se heurte à l'accueil du jour : la berakha fait entrer la kedoucha, et le vin devient interdit.

Rachi : si l'on maintient que la baraita parle du zman, Yom ha-Kippourim force la position de Rav Nahman, le zman sans coupe.

🖼️ Schéma
Yom ha-Kippourim : que faire de la coupe du zman Trois issues examinées. Aucune ne tient si le zman exige une coupe. 1. Bénir et boire Dire le zman, c'est accueillir le jour sur soi. Rav s'abstenait dès qu'il avait prié. 2. Bénir et laisser La coupe de berakha doit être goûtée aussitôt. Un autre peut goûter à la place. 3. La donner à un enfant. Halakha : on écarte Rav Aha. Il pourrait s'habituer et boire plus tard. Atseret et Roch Hachana restent possibles sur une coupe. Yom ha-Kippourim bloque cette voie.
Trois manières d'user de la coupe à Yom ha-Kippourim. Boire accueille le jeûne. Laisser, ou donner à un enfant, se heurte à d'autres règles.
14
דְּהָאֲמַר לֵיהּ רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא לְרַב: מִי בְּדֶלֶת? וַאֲמַר לֵיהּ: אִין, בָּדֵילְנָא.

Car Rav Yirmeya bar Abba a dit à Rav : t'es-tu abstenu ? Et il lui a dit : oui, je me suis abstenu.

📜 Rachi (1)
מִי בְּדֶלֶת פַּעַם אַחַת נִתְקַשְּׁרוּ שָׁמַיִם בְּעָבִים וְהִתְפַּלֵּל רַב שֶׁל שַׁבָּת מִבְּעוֹד יוֹם וַאֲמַר לֵיהּ רַב יִרְמְיָה לְרַב מִי בַּדֶּלֶת מִן הַמְּלָאכָה מִשֶּׁקִּבַּלְתָּ עָלֶיךָ שַׁבָּת וַאֲמַר לֵיהּ אִין בָּדֵילְנָא:
T'es-tu abstenu ? Une fois, le ciel s'est couvert de nuages, et Rav a prié celle de Chabbat alors qu'il faisait encore jour. Rav Yirmeya a dit à Rav : t'es-tu abstenu de la melakha (travail interdit), puisque tu as accueilli le Chabbat sur toi ? Et il lui a dit : oui, je me suis abstenu.
💡 Explication

Preuve que la berakha d'accueil engage. Rav avait prié la tefila de Chabbat de jour encore, le ciel s'étant couvert. Rav Yirmeya bar Abba : dès ce moment, la melakha lui était-elle interdite ? Rav répond qu'il s'en était abstenu.

De même, dire le zman de Yom ha-Kippourim accueille le jeûne. On ne boit plus la coupe.

15
לְבָרוּךְ עָלֶיהָ וְלַנְּחֵיהּ — הַמְבָרֵךְ צָרִיךְ שֶׁיִּטְעֹום! לִיתְּבֵיהּ לְיָנוֹקָא — לֵית הִלְכְתָא כְּרַב אַחָא, דִּילְמָא אָתֵי לְמִסְרַךְ.

Qu'il bénisse dessus et qu'il le laisse : celui qui bénit doit goûter ! Qu'il le donne à un enfant : la halakha ne suit pas Rav Aha, de peur qu'il ne s'y habitue.

📜 Rachi (3)
לִיתְּבֵיהּ לְיָנוֹקָא לִשְׁתּוֹתוֹ לְאַחַר שֶׁיְּבָרֵךְ עָלָיו דְּהַאי שֶׁיִּטְעֹום דְּקָאָמַר לָאו דַּווְקָא קָאָמַר אַמְּבָרֵךְ דְּהוּא הַדִּין כִּי שָׁתֵי אַחַרְיַנָא דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דִּגְנַאי הוּא לְכוֹס שֶׁל בְּרָכָה שֶׁלֹּא יֵהָנֶה אָדָם מִמֶּנּוּ לְאַלְתַּר שֶׁתְּהֵא בִּרְכַּת הַיַּיִן דְּבוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן שֶׁלֹּא לְצֹורֶךְ וּמִכִּי טָעַם לֵיהּ אַחַרְיַנָא שַׁפִּיר דָּמֵי וְכִדְתַנְיָא נָמֵי בַּגְּמָרָא דְּפֶרֶק רָאוּהוּ בֵּית דִּין (ר"ה כט:) לָא יִפְרֹוס אָדָם פְּרוּסָה לָאוֹרְחִין אֶלָּא אִם כֵּן אוֹכֵל עִמָּהֶם שֶׁהֲרֵי הֵן יְכוֹלִין לַעֲשׂוֹת אֲבָל פּוֹרֵס הוּא לְבָנָיו וְלִבְנֵי בֵיתוֹ כְּדֵי לְחַנְּכָן בְּמִצְוֹת וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא לֹא טָעַם אֶלָּא בָּנָיו שַׁפִּיר דָּמֵי וְאַף עַל פִּי שֶׁבֵּירַךְ עָלֶיהָ בִּרְכַּת הַמּוֹצִיא:
Qu'il le donne à un enfant, pour qu'il le boive après qu'on a béni dessus. Ce "qu'il goûte" qu'il dit ne vise pas au sens strict celui qui bénit : il en va de même si un autre boit. La raison : c'est un manquement pour la coupe de berakha que personne n'en jouisse aussitôt, de sorte que la berakha du vin, bore péri ha-gafen, serait sans besoin. Dès qu'un autre y goûte, c'est valable. Comme on l'enseigne aussi dans la guemara du chapitre Raouhou beit din (Roch Hachana 29b) : un homme ne rompt pas un morceau pour des invités, à moins de manger avec eux, car ils peuvent le faire eux-mêmes. Il rompt pour ses fils et les gens de sa maison, afin de les éduquer aux mitsvot. Même s'il n'a pas goûté, dès lors que ses fils [ont goûté], c'est valable, bien qu'il ait dit sur le pain la berakha de ha-motsi.
דְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב לָא אִיתַּפְרַשׁ:
Celle de Rav Aha bar Yaakov n'a pas été expliquée.
דְּאָתֵי לְמִיסְרַךְ הַתִּינוֹק לְאַחֵר הַמִּנְהָג זֶה וְלִשְׁתּוֹת בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אַחַר שֶׁיַּגְדִּיל:
De peur qu'il ne s'y habitue. L'enfant, a cette habitude, au point de boire à Yom ha-Kippourim une fois qu'il aura grandi.
🗂️ Tossefot (2)
לֵית הִלְכְתָא כְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב יָרַשׁ רַשִׁ"י וְלָא אִיתַּפְרַשׁ ור"ח פִּי' דִּבְפֶרֶק תּוֹלִין (שַׁבָּת ד' קלט.) גַּבֵּי כְּשׁוּת' פָּרִיךְ וְלִיתֵּיב לְיָנוֹקָא דְּיִשְׂרָאֵל וּמְשַׁנֵּי דִּילְמָא אָתֵי לְמִיסְרַךְ וְקִים לָן דְּרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב הִקְשָׁה אוֹתָהּ קֻושְׁיָא:
La halakha ne suit pas Rav Aha bar Yaakov. Rachi l'a laissé, et la chose reste inexpliquée. Rabbeinou Hananel explique : au chapitre Tolin (Chabbat 139a), au sujet du houblon, on objecte : qu'on le donne à un enfant d'Israël. On répond : de peur qu'il ne s'y habitue. Et il est établi que c'est Rav Aha bar Yaakov qui a posé cette objection.
דִּלְמָא אָתֵי לְמִיסְרַךְ אוֹמֵר רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל דַּוְקָא גַּבֵּי זְמַן שֶׁהוּא קָבוּעַ חָיְישִׁינַן דִּלְמָא אָתֵי לְמִיסְרַךְ אֲבָל אִם אֵירַע בְּרִית מִילָה בְּט' בְּאָב. אוֹ ביו"כ דְּלָא הָוֵי אֶלָּא אַקְרַאי בְּעָלְמָא לָא חָיְישִׁינַן דִּלְמָא אָתֵי לְמִיסְרַךְ וּמַעֲשֶׂה הָיָה בְּחֻופָּה בַּעֲשָׂרָה בְּטֵבֵת נָתְנוּ הַכּוֹס לְתִינוֹק לִשְׁתּוֹת: [וּמַעֲשֶׂה הָיָה בִּבְרִית מִילָה בְּרַבֵּינוּ יַעֲקֹב בַּר יָקָר שֶׁחָל עֲשָׂרָה בְּאָב בַּא' בְּשַׁבָּת וְהוּא הָיָה אב"ד וְצִוָּה לְהִתְפַּלֵּל מִנְחָה גְּדוֹלָה וְרָחֲצוּ וְאָכְלוּ מִפְּנֵי שי"ט שֶׁלָּהֶן הָיָה כְּדִכְתִיב שָׂשׂ אָנֹכִי כּוּ' וְהַאי דְּלָא מְבָרְכִינַן שֶׁהֶחֱיָינוּ מִשּׁוּם צַעֲרָא דְּיָנוֹקָא. תּוֹסְ' שאנ"ץ]:
De peur qu'il ne s'y habitue. Rabbeinou Chmouel dit : seulement pour le zman, qui est fixé, nous craignons qu'il ne s'y habitue. Si une brit mila survient un 9 Av, ou un Yom ha-Kippourim, ce n'est qu'un cas occasionnel : nous ne craignons pas qu'il ne s'y habitue. Un fait s'est produit : à une houppa le 10 Tevet, on a donné la coupe à un enfant à boire. [Un fait s'est produit pour une brit mila chez Rabbeinou Yaakov bar Yakar : le 10 Av tombait un dimanche, et lui était av beit din. Il a ordonné de prier minha gedola ; ils se sont lavés et ont mangé, parce que c'était leur yom tov, comme il est écrit : "je me réjouis", etc. Et si l'on ne dit pas cheheheyanou, c'est à cause de la douleur de l'enfant. Tossefot Chants.]
💡 Explication

Deux issues restantes. Laisser la coupe : la règle du kos shel berakha exige qu'on y goûte aussitôt, sinon bore péri ha-gafen est dite sans objet. Rachi : un autre que celui qui bénit peut goûter, comme le père qui rompt le pain pour ses fils.

Donner la coupe à un enfant, dispensé du jeûne : on ne suit pas Rav Aha. Tossefot identifie l'objection au houblon de Chabbat 139a, posée par Rav Aha bar Yaakov. Crainte de sirkha (habitude) : devenu grand, il boirait à Yom ha-Kippourim.

Rabbeinou Chmouel limite la crainte au zman, rendez-vous fixé. Une mila un 9 Av ou un Yom ha-Kippourim reste un accident. Le fait du 10 Av chez Rabbeinou Yaakov bar Yakar : minha tôt, puis ils mangent, car la mila est leur fête. On omet cheheheyanou à cause de la douleur de l'enfant.

16
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? שַׁדְּרוּהּ רַבָּנַן לְרַב יֵימַר סָבָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְּרֵישׁ שַׁתָּא, אָמְרוּ לֵיהּ: זִיל חֲזִי הֵיכִי עָבֵיד עוֹבָדָא, תָּא אֵימָא לָן. כִּי חַזְיֵיהּ אֲמַר לֵיהּ: דַּלְיוּהּ לִרְטִיבָה רָפְסָא לֵיהּ בְּדֻוכְתֵּיהּ. אַיְיתוֹ לֵיהּ כָּסָא דְחַמְרָא, קַדִּישׁ וַאֲמַר זְמַן.

Qu'en est-il au final ? Les rabbins ont envoyé Rav Yeimar l'ancien devant Rav Hisda, la veille du jour de tête de l'année.

Ils lui ont dit : va voir comment il agit en pratique, viens nous le dire. Quand il le vit, il lui dit : celui qui soulève le [bois] humide le dépose à sa place.

On lui apporta une coupe de vin. Il fit le kiddouch et dit le zman.

📜 Rachi (3)
מַאי הָוֵי עֲלַהּ צָרִיךְ לוֹמַר זְמַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים אוֹ לֹא:
Qu'en est-il au final. Faut-il dire le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim, ou non ?
כַּד חַזְיֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַב יְיֻבָּא:
Quand il le vit. Rav Hisda [vit] Rav Yeiva.
אֲמַר לֵיהּ דִּלְוִיָּה לִרְטִיבָא רָפְסָא לֵיהּ בְּדֻוכְתֵּיהּ הַמַּגְבִּיהַּ עֵץ לַח שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לְהֶיסֵּק בְּיָדוּעַ שֶׁצָּרִיךְ לִמְקוֹמוֹ הוֹאִיל וְאֵלָיו אֵינוֹ צָרִיךְ שֶׁעַל חִנָּם לֹא הִגְבִּיהוֹ כְּלוֹמַר עַל חִנָּם לֹא בָּאתָ לְכָאן:
Il lui dit : celui qui soulève le bois humide le dépose à sa place. Celui qui élève un bois humide, impropre à servir de chauffage : on sait qu'il a besoin de son emplacement. Puisque le bois, pour lui-même, ne lui sert pas, il ne l'a pas élevé pour rien. Autrement dit : tu n'es pas venu ici pour rien.
💡 Explication

La question du zman reste sans pesak de principe. On envoie Rav Yeimar l'ancien observer Rav Hisda la veille de Roch Hachana.

Le proverbe : soulever un bois humide, qui ne brûle pas, montre qu'on est venu pour l'endroit, donc pour une affaire. Rachi lit le nom Rav Yeiva. Rav Hisda fait apporter une coupe, dit le kiddouch et le zman.

17
וְהִלְכְתָא: אוֹמֵר זְמַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְהִלְכְתָא: זְמַן — אוֹמְרוֹ אֲפִילּוּ בַּשּׁוּק.

Et la halakha : on dit le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim. Et la halakha : le zman, on le dit même au marché.

💡 Explication

Deux halakhot. On dit le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim. On le dit même au marché : la coupe n'est pas une condition. C'est la règle de Rav Nahman, retenue.

18
וְאָמַר רַבָּה, כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב הוּנָא אִיבַּעְיָא לַן: בַּר בֵּי רַב דְּיָתֵיב בְּתַעֲנִיתָא בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא, מַהוּ לְאַשְׁלוֹמֵי? לָא הֲוָה בִידֵיהּ. אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה וְלָא הֲוָה בִּידֵיהּ.

Et Rabba dit : quand nous étions chez Rav Houna, nous nous sommes interrogés : un bar bei rav (élève de la maison d'étude) qui siège dans un jeûne la veille de Chabbat, peut-il l'achever ? Il n'avait pas la réponse en main.

Je suis venu devant Rav Yehouda, et il n'avait pas la réponse en main.

💡 Explication

Autre question laissée ouverte dans les mêmes maisons d'étude. Achloumei : mener le jeûne jusqu'à son terme. Un élève jeûne le vendredi. Doit-il aller jusqu'au bout, ou s'arrêter avant l'entrée de Chabbat pour ne pas y entrer affaibli ? Ni Rav Houna ni Rav Yehouda ne tranchent.

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אָמַר רָבָא: נֶחְזְייֵהּ אֲנַן, דְּתַנְיָא: תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת

Rava dit : voyons nous-mêmes. On enseigne : un neuf Av qui tombe un Chabbat

⚖️ Rosh (2)
גְּמ' אָמַר רַבָּה כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לְהַזְכִּיר שֶׁל ר"ח בר"ה כֵּיוָן דִּמְחֻולָּקִין בְּמוּסָפִין מַדְכְּרִינַן אוֹ דִּלְמָא זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן. וְאַסִּיקְנָא אָמַר רַב חִסְדָּא זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לְכָאן וּלְכָאן:
Guemara. Rabba dit : quand nous étions chez Rav Kahana, on s'est interrogé : faut-il mentionner [la formule] de Roch Hodech à Roch Hachana ? Puisqu'ils sont distincts dans les moussafin, on mentionne ; ou bien un seul zikaron tient lieu pour ici et pour la. Et nous concluons : Rav Hisda dit : un seul zikaron tient lieu pour ici et pour la.
וְאָמַר רַב כִּי הָוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא אִיבַּעְיָא לַן מַהוּ לְהַזְכִּיר זְמַן בר"ה וביוה"כ כֵּיוָן דְּמִזְּמַן לִזְמַן קָאָתֵי אֲמַר. אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דְּלָא אִיקְּרִי רְגָלִים לֹא אָמַר לָא הֲוָה בִידֵיהּ. כִּי אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה אֲמַר אֲנָא אַקָּרָא חַדְתָּא נָמֵי קָאָמֵינָא פרש"י כְּשֶׁאֲנִי רוֹאֶה אוֹתוֹ. וְנָהֲגוּ הָעוֹלָם לִקְבֹּועַ הַבְּרָכָה בְּשָׁעָה שֶׁאוֹכֵל מִמִּין חָדָשׁ. כְּמוֹ שֶׁהֶחֱיָינוּ דַּעֲשִׂייַּת לוּלָב וְסֻוכָּה שֶׁקּוֹבְעִין בִּשְׁעַת קִדּוּשׁ הַיּוֹם. א"ל רְשׁוּת לָא קָמִיבַּעְיָא לָן. כִּי קָמִיבַּעְיָא לָן חוֹבָה מַאי. וְאַסִּיקְנָא הִלְכְתָא אוֹמְרִים זְמַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וביוה"כ. וְהִלְכְתָא אוֹמְרִים זְמַן וַאֲפִילּוּ בַּשּׁוּק וְלָא בָּעֵי כּוֹס. לְכָךְן נָהֲגוּ לוֹמַר זְמַן ביוה"כ בְּבֵית הַכְּנֶסֶת בִּשְׁעַת קַבָּלַת הַיּוֹם לִפְנֵי בָּרְכוּ. וְיוֹם טוֹב שֵׁנִי שֶׁל ר"ה אע"ג דְּקי"ל בֵּיצָה ד: נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה דִּקְדֻושָּׁה אַחַת הִיא אֲפִילּוּ הָכֵי יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁיֵּשׁ לוֹמַר זְמַן. שֶׁאִם לֹא בָּאוּ עֵדִים בְּיוֹם רִאשׁוֹן עַד מִנְחָה וּלְמַעְלָה נִמְצָא שֶׁיּוֹם שֵׁנִי עִיקָּר:
Et Rav dit : quand nous étions chez Rav Kahana, nous nous sommes interrogés : faut-il mentionner le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim ? Puisqu'il revient de temps en temps, on le dit. Ou bien, puisqu'on ne les appelle pas regalim, on ne le dit pas. Il n'avait pas la réponse en main. Quand je suis venu devant Rav Yehouda, il a dit : moi, même sur une courge nouvelle, je le dis. Rachi explique : quand je la vois. Et l'usage du monde est de fixer la berakha au moment où l'on mange de l'espèce nouvelle, comme le cheheheyanou de la confection du loulav et de la soucca, qu'on fixe au moment du kiddouch du jour. Il lui a dit : le reshout ne nous fait pas question. La où cela nous fait question, c'est la hova : qu'en est-il ? Et nous concluons : la halakha est qu'on dit le zman à Roch Hachana et à Yom ha-Kippourim. Et la halakha : on dit le zman même au marché, et l'on n'exige pas de coupe. C'est pourquoi l'usage est de dire le zman à Yom ha-Kippourim à la synagogue, au moment de l'accueil du jour, avant Barkhou. Et le second yom tov de Roch Hachana : bien que nous tenions, Beitsa 4b, que ce qui est pondu l'un des jours est interdit l'autre, car c'est une seule kedoucha, il y a toutefois des avis pour dire le zman. Car si les témoins ne sont pas venus le premier jour jusqu'à minha et au-delà, il se trouve que le second jour est le principal.
💡 Explication

Rava cherche la réponse dans une baraita : le 9 Av qui tombe un Chabbat. La phrase s'interrompt ici. La suite est au daf suivant.

Le Roch attache à ce segment résumé les deux pesakim de l'amoud, avec sa girsa (Rav Kahana). Un zikaron suffit pour Roch Hodech à Roch Hachana. On dit le zman, même au marché, sans coupe. Usage : à Yom ha-Kippourim, avant Barkhou. Sur le second jour de Roch Hachana, certains disent aussi le zman, au cas où les témoins ne seraient arrivés qu'après minha le premier jour.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).