Eruvin 45b - Quatre amot partagées, et la chevita des objets sans maître

Eruvin 45b

Sougya : La michna achève le cas de ceux qui dorment hors du tehoum. Deux hommes mangent dans les amot communes, sans faire sortir un objet des amot de l'un vers celles de l'autre.

Trois hommes : le milieu, enclavé, se sert avec chacun ; les deux extérieurs sont interdits entre eux. Rabbi Chimon compare cela à trois cours.

La guemara demande si Rabbi Yo'hanan ben Nouri tient que les objets sans maître acquièrent une chevita. La pluie, les puits, puis l'océan et les nuages mènent la question, et laissent ouverte celle des tehoumin au-dessus de dix.

Trois hommes : le milieu est muvla Quatre amot chacun. Deux du milieu dans A, deux dans B. A et B ne se recouvrent pas. A : quatre amot milieu : quatre amot, toutes enclaves B : quatre amot A seul A + milieu milieu + B B seul Le milieu se tourne vers A, puis vers B. Permis avec chacun. A et B n'ont aucune amot commune. Ils sont interdits l'un avec l'autre. Rabbi Chimon : trois cours, côté à côté, chacune ouverte au reshut ha-rabim. Érouv de chaque extérieure avec le milieu seulement. Même figure : trois cours ouvertes entre elles et au domaine public Cour A erouv avec le milieu interdite avec B Cour du milieu permise avec A et avec B chacune est sa reshut Cour B erouv avec le milieu pas de drisat ha-regel
Trois hommes : le milieu est enclavé dans les quatre amot des deux autres. Il se sert avec chacun. Les extérieurs sont interdits entre eux. Trois cours ouvertes au reshut ha-rabim suivent la même figure.
Hafatsei hefker : acquièrent-ils une chevita ? Question de Rava sur Rabbi Yo'hanan ben Nouri. La pluie et les puits. 1. Le hefker acquiert 2. Le hefker n'acquiert pas Ustensiles sans maître : deux mille depuis leur lieu. La michna parle d'un homme pour la force des Sages. On aurait dit : l'éveille acquiert, le dormeur aussi. Les Sages refusent. Divergence aussi sur les kelim. En général, pas de chevita sans maître. Ici, l'homme seulement : ho'il ve-ne'or kana, yashen nami kana. Le dormeur acquiert parce que l'éveille acquiert. La pluie resterait sans deux mille. Rav Yossef : pluie de la veille = deux mille. Donc le hefker acquiert. Avis 1. Veille de Yom Tov yech lahen : deux mille chaque direction la chevita est à elles Jour de Yom Tov ke-raglei kol adam pas de chevita au bein ha-chemachot Rav Safra pluie près de la ville da'at des habitants écarte : le mot yech lahen Puits du particulier : ses pieds. Puits de la ville : pieds de la ville. Olei Bavel : pieds de celui qui puise. Baraita, puits des tribus : deux mille. Les deux sources se contredisent. L'une est Rabbi Yo'hanan ben Nouri, l'autre est les Sages.
Rava : Rabbi Yohanan ben Nouri tient-il que le hefker acquiert une chevita ? La pluie de la veille à deux mille. Les puits montrent les deux avis, le sien et celui des Sages.
Pluie de Yom Tov : océan, nuages, dix tefahim Pourquoi l'eau tombée le jour même suit les pieds de tout homme. 1. Océan Elle y était au crépuscule. Rabbi Eliezer : le monde boit de l'okyanos. Quatre amot si elle en sort. 2. Nuages d'avant Rabbi Yitshak : déjà formés la veille. Siman : les mêmes. Sinon safek de-divreihem, le-hakel. 3. Chevita là-haut ? Si tehoumin au-dessus de dix, elle prendrait chevita dans le nuage, et n'aurait en bas que quatre amot. 4. Réponse Il y a des tehoumin. Maya be-iva mivla belia : l'eau absorbée compte comme absente. Tossefot, sur l'océan : les eaux sont jointes, elles comptent au sol, à la différence d'un bateau. Une fois la chevita prise dans l'océan, monter au-dessus de dix laisse quatre amot : on est hors du tehoum. Rabban Gamliel : au crépuscule déjà au-dessus de dix, aucune chevita prise ; en dessous de dix, deux mille. Rabbi Yehochoua, pluie venue de la kipa : pas de kinyan chevita dans le rakia. ke-raglei kol adam Tossefot : le premier qui acquiert, le zokhe. S'il donne ensuite, les pieds du premier. Comme le puits des olei Bavel. Doute sur les nuages Safek de-divreihem. Le tehoum est des Sages. On allège. Même face à un davar che-yech lo matirin, l'erouv est allégé.
Pluie tombée le jour de Yom Tov : elle suit le premier qui l'acquiert. Nuages formés la veille, ou doute rabbinique. L'eau absorbée dans le nuage ne prouve pas l'absence de tehoumin au-dessus de dix.
1
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא זֶה מִתּוֹךְ שֶׁלּוֹ לְתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ.

À condition que celui-ci ne fasse pas sortir de ce qui est à lui vers ce qui est à son compagnon.

📜 Rachi (1)
ובלבד שלא יפשוט זה ידו לתוך שתים החיצונות שאין לו בהם כלום ויוציא לשם פתו או חפצו דחפציו כרגליו דתנן (ביצה דף לז.) הבהמה והכלים כרגלי הבעלים דכל ד' אמות דכל חד שוינהו רבנן לגביה כרשות היחיד ואסור להכניס ולהוציא מחוצה להן לתוכן ולא דמי להיה מודד ובא וכלתה מדתו בחצי העיר דתניא לעיל (עירובין דף מב:) דמותר לטלטל בכל העיר ע"י זריקה ובלבד שלא יעבור התחום ברגליו דאף ע"ג דאסור להלך מותר להוציא דהתם כולה חדא רשותא הוא ואי נמי כלתה מדתו חוץ לעיר מותר לטלטל מחוץ לתחומו לתוך תחומו שתי אמות בזה ושתי אמות בזה דכולה רשות הרבים הוא דאלפים דידיה לא שוינהו רשות היחיד לגביה דהא אסור לטלטולי בהו אבל ד' אמות דיוצא חוץ לתחום ודנותן את עירובו ודקונה שביתה ברגליו שוינהו רבנן לגביה כרשות היחיד ואסור להו מדרבנן לטלטל מתוכן לחוץ להן:
À condition. Qu'il n'étende pas sa main dans les deux extérieures, où il n'a aucune part, pour y faire sortir son pain où son objet. Car ses objets sont comme ses pieds, ainsi que nous l'avons appris (Beitsa 37a) : la bête et les ustensiles sont comme les pieds des propriétaires. Car toutes les quatre amot de chacun, les Sages les ont faites pour lui comme une reshut ha-yahid, et il est interdit d'introduire et de faire sortir depuis leur extérieur vers leur intérieur. Et cela diffère de celui qui mesurait en venant et dont la mesure s'achevait au milieu de la ville, enseigné plus haut (Erouvin 42b) : il est permis de déplacer dans toute la ville par un jet, à condition de ne pas franchir le tehoum avec ses pieds. Car bien qu'il soit interdit de marcher, il est permis de faire sortir, parce que la-bas le tout est un seul domaine. Et même si sa mesure s'achevait hors de la ville, il est permis de déplacer de l'extérieur de son tehoum vers l'intérieur de son tehoum, deux amot de celui-ci et deux amot de celui-là, car le tout est un reshut ha-rabim. Car ses deux mille, on ne les lui à pas faits reshut ha-yahid, puisqu'il lui est interdit d'y déplacer. Mais les quatre amot de celui qui sort hors du tehoum, de celui qui place son erouv, et de celui qui acquiert la chevita par ses pieds, les Sages les ont faites pour lui comme une reshut ha-yahid, et il leur est interdit, de par les Sages, de déplacer de leur intérieur vers leur extérieur.
💡 Explication

Fin de la michna des deux dormeurs. Chacun à quatre amot. Dans les deux du milieu, ils apportent et mangent.

Ou-vilvad che-lo yotsi : on ne fait pas sortir un objet des amot qui n'appartiennent qu'à l'un vers celles qui n'appartiennent qu'à l'autre. Rachi : ces quatre amot sont une reshut ha-yahid pour leur titulaire, et hafatsav ke-raglav, ses objets suivent ses pieds.

Les deux mille d'un tehoum ordinaire restent un lieu où le déplacement est interdit, sans devenir cette reshut ha-yahid. Ici, franchir d'un bloc de quatre amot à l'autre est interdit par les Sages.

🖼️ Schéma
Deux hommes : où manger, où ne pas porter Six amot de l'un à l'autre. Chacun à quatre amot vers l'autre. A 2 à lui seul 2 communes 2 à lui seul B exclusives de À on apporte et on mange exclusives de B Rachi : ne pas étendre la main dans les deux extérieures, où l'autre n'a aucune part. Les quatre amot sont une reshut ha-yahid pour leur titulaire. Les objets suivent ses pieds. Les deux mille du tehoum ordinaire ne forment pas cette reshut ha-yahid.
Deux amot exclusives de chaque côté, deux communes au milieu. On mange au milieu. On n'étend pas la main dans les extérieures.
2
הָיוּ שְׁלֹשָׁה וְהָאֶמְצָעִי מוּבְלָע בֵּינֵיהֶן — הוּא מוּתָּר עִמָּהֶן, וְהֵן מוּתָּרִין עִמּוֹ, וּשְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים אֲסוּרִין זֶה עִם זֶה.

S'ils étaient trois, et que celui du milieu soit enclave entre eux : lui est permis avec eux, et eux sont permis avec lui, et les deux extérieurs sont interdits l'un avec l'autre.

📜 Rachi (2)
והאמצעי מובלע ביניהם ב' אמותיו בתוך של זה ושתי אמותיו בתוך של זה:
Et celui du milieu est enclave entre eux. Deux de ses amot sont à l'intérieur de celles de celui-ci, et deux de ses amot à l'intérieur de celles de celui-là.
מותר עם כל אחד פונה לכאן ומשתמש עם זה ופונה לכאן ומשתמש עם זה:
Permis avec chacun. Il se tourne de ce côté et se sert avec celui-ci, et il se tourne de ce côté et se sert avec celui-là.
💡 Explication

Muvla beneihen : les quatre amot du milieu sont entièrement dans celles des deux autres. Deux dans l'un, deux dans l'autre. Il n'a pas d'amot à lui seul.

Il se sert avec chacun, de son côté. Les deux extérieurs n'ont aucune amot en commun : ils sont assurin ze im ze.

🖼️ Schéma
Trois hommes : le milieu est muvla Quatre amot chacun. Deux du milieu dans À, deux dans B. À et B ne se recouvrent pas. À : quatre amot milieu : quatre amot, toutes enclaves B : quatre amot À seul À + milieu milieu + B B seul Le milieu se tourne vers À, puis vers B. Permis avec chacun. À et B n'ont aucune amot commune. Ils sont interdits l'un avec l'autre. Rabbi Chimon : trois cours, côté à côté, chacune ouverte au reshut ha-rabim. Érouv de chaque extérieure avec le milieu seulement. Même figure : trois cours ouvertes entre elles et au domaine public Cour A erouv avec le milieu interdite avec B Cour du milieu permise avec À et avec B chacune est sa reshut Cour B erouv avec le milieu pas de drisat ha-regel
À couvre la moitié gauche du milieu, B la moitié droite. À et B se touchent sans se recouvrir.
3
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לְשָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ, וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים. עֵירְבוּ שְׁתַּיִם עִם הָאֶמְצָעִית — הִיא מוּתֶּרֶת עִמָּהֶן וְהֵם מוּתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ.

Rabbi Chimon dit : à quoi la chose ressemble-t-elle ? À trois cours ouvertes l'une à l'autre, et ouvertes au domaine public.

Si deux ont fait un erouv avec celle du milieu : elle est permise avec elles, et elles sont permises avec elle, et les deux extérieures sont interdites l'une avec l'autre.

📜 Rachi (2)
לשלש חצירות זו אצל זו:
À trois cours. L'une à côté de l'autre.
פתוחות לרה"ר דכל אחת רשות לעצמה ואין להן דריסת הרגל זו על זו דאי הוו להו זו לפנים מזו אסרה פנימית אחיצונה דאפילו בפני עצמה אסורה כל אחת להשתמש:
Ouvertes au domaine public. Car chacune est un domaine pour elle-même, et elles n'ont pas de droit de passage l'une sur l'autre. Car si elles avaient été l'une à l'intérieur de l'autre, l'intérieure interdirait l'extérieure, car même pour elle-même chacune est interdite d'usage.
💡 Explication

Rabbi Chimon donne le mashal. Trois cours côté à côté, chacune ouverte à sa voisine et au reshut ha-rabim. Aucune n'a de drisat ha-regel chez l'autre.

Érouv de chaque extérieure avec le milieu : le transport va du milieu vers chacune, et de chacune vers le milieu. D'une extérieure à l'autre, il reste interdit. C'est la figure des trois hommes.

Si les cours étaient zo lifnim mi-zo, l'une dans l'autre, l'intérieure interdirait l'extérieure, y compris pour l'usage de l'extérieure elle-même.

4
גְּמָ׳ בָּעֵי רָבָא: מַאי קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי? מִסְבָּר קָא סָבַר: חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה.

Guemara. Rava à demandé : que pense Rabbi Yo'hanan ben Nouri ?

Pense-t-il que les objets sans maître acquièrent une chevita ?

📜 Rachi (2)
גמ' חפצי הפקר כלים שאין להם בעלים וחשיכה להן במקום אחד אע"ג שלא נתכוין להן אדם להקנותן שביתה:
Guemara. Objets sans maître. Dès ustensiles qui n'ont pas de propriétaires, et la nuit est tombée sur eux en un lieu, bien qu'aucun homme n'ait eu l'intention de leur acquérir une chevita.
קונין שביתה במקומן ואין אדם יכול לטלטלן משם יותר מאלפים לכל רוח ואפילו עירב לצד אחר:
Ils acquièrent une chevita. En leur lieu, et un homme ne peut pas les déplacer de la de plus de deux mille dans chaque direction, même s'il à fait un erouv d'un autre côté.
💡 Explication

Début de la guemara. La michna : le dormeur qui n'a pas su que la nuit tombait. Rabbi Yo'hanan ben Nouri lui donne deux mille de chaque côté. Les Sages, quatre amot.

Rava demande le fond de l'avis. Hafatsei hefker konin chevita : des ustensiles sans maître, la où le crépuscule les prend, acquièrent-ils deux mille, sans qu'un homme ait pense à eux ? Le dormeur, qui n'a pas eu d'intention, leur ressemble.

5
וּבְדִין הוּא דְּלִיפְלוֹג בְּכֵלִים. וְהָא דְּקָמִיפַּלְגִי בְּאָדָם — לְהוֹדִיעֲךָ כּוֹחָן דְּרַבָּנַן, דְּאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.

Et en droit, c'est au sujet des ustensiles qu'il y aurait divergence. Et ce sur quoi ils divergent au sujet d'un homme, c'est pour te faire connaître la force des Sages : bien qu'il y ait à dire : puisque l'éveille à acquis, le dormeur aussi à acquis, cela nous apprend que non.

📜 Rachi (1)
דליפלגו בכלים של הפקר והאי אדם ישן שלא נתכוין לשביתה ככלים של הפקר דמי:
Qu'ils divergent au sujet des ustensiles. De hefker. Et cet homme endormi, qui n'a pas eu l'intention d'une chevita, est semblable à des ustensiles de hefker.
🗂️ Tossefot (1)
להודיעך כחן דרבנן ואם תאמר וליפלגו בכלים להודיעך כחו דר' יוחנן בן נורי אע"ג דליכא למימר בהן הואיל וניעור קני שביתה וכח דהתירא עדיף וי"ל הא דקנו להו שביתה לאו קולא היא אלא חומרא היא דאדרבה לרבנן דלא קנו הוי קולא דהוי כרגלי המוצאן ויכול להוליכן למקום עירובו והכי מוכח בשמעתא דאין דין אדם וכלים שוין למ"ד אין קונין שביתה ולקמן נמי קרי ליה חומרא דקאמר צריכא אי אשמעינן הלכה כרבי יוחנן בן נורי ה"א בין לקולא בין לחומרא פי' קולא גבי אדם וחומרא גבי כלים:
Pour te faire connaître la force des Sages. Et si tu dis : qu'ils divergent au sujet des ustensiles, pour te faire connaître la force de Rabbi Yo'hanan ben Nouri, bien qu'on ne puisse pas dire à leur sujet : puisque l'éveille acquiert une chevita ; et koah de-heteira adif (on préfère montrer la force d'une permission) ? On répond : cette acquisition de chevita est une houmera (rigueur). Selon les Sages, qui tiennent qu'ils n'acquièrent pas, la règle est une koula (permission) : ils sont comme les pieds de celui qui les trouve, et il peut les emmener au lieu de son erouv. Et c'est ainsi que la discussion le montre : le din de l'homme et le din des ustensiles ne sont pas égaux selon celui qui dit qu'ils n'acquièrent pas de chevita. Et plus bas aussi il appelle cela houmera, car il dit : c'est nécessaire ; si l'on nous avait seulement fait entendre que la halakha est comme Rabbi Yo'hanan ben Nouri, j'aurais dit : pour la koula comme pour la houmera. Explication : koula au sujet de l'homme, houmera au sujet des ustensiles.
💡 Explication

Si le hefker acquiert une chevita, Rabbi Yo'hanan ben Nouri et les Sages divergent aussi sur des kelim sans maître. La michna choisit l'homme pour montrer la force des Sages.

Ho'il ve-ne'or kana, yashen nami kana : puisque l'éveille acquiert deux mille, le dormeur aussi. Les Sages refusent ce passage. Le dormeur reste à quatre amot.

Tossefot : donner une chevita au hefker est une houmera. Il ne suit plus les pieds de celui qui le trouve jusqu'à son erouv. L'avis des Sages, qui refusent cette chevita, est la koula.

6
אוֹ דִילְמָא, קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי בְּעָלְמָא: חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה, וְהָכָא הַיְינוּ טַעְמָא: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה?

Ou peut-être Rabbi Yo'hanan ben Nouri pense-t-il en général que les objets sans maître n'acquièrent pas de chevita, et qu'ici la raison est : puisque l'éveille à acquis, le dormeur aussi à acquis ?

💡 Explication

Seconde lecture. En général, ein konin chevita : le hefker n'acquiert pas. L'homme endormi est un cas à part, par ho'il ve-ne'or kana. La pluie, elle, n'aurait pas deux mille.

7
אָמַר רַב יוֹסֵף, תָּא שְׁמַע: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם.

Rav Yossef dit : viens et entends. Dès pluies tombées la veille de Yom Tov : elles ont deux mille amot dans chaque direction.

Le jour de Yom Tov : les voici comme les pieds de tout homme.

📜 Rachi (2)
ביום טוב אם ירדו בי"ט:
Le jour de Yom Tov. Si elles sont tombées à Yom Tov.
הרי הן כרגלי כל אדם שלא היתה להן שביתה בין השמשות ולכל צד שעירב האדם יכול ליטלן:
Les voici comme les pieds de tout homme. Elles n'avaient pas de chevita au bein ha-chemachot, et vers tout côté où l'homme à fait son erouv, il peut les prendre.
💡 Explication

Baraita. Pluie de la veille : deux mille depuis l'endroit où elle est tombée. Elle à pris chevita au crépuscule, sans propriétaire.

Pluie du jour de Yom Tov : ke-raglei kol adam. Pas de chevita au bein ha-chemachot. Chacun l'emporte la où lui-même peut aller.

8
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי — רַבִּי יוֹחָנָן הִיא.

Si tu dis, cela s'entend : Rabbi Yo'hanan ben Nouri pense que les objets sans maître acquièrent une chevita, celle-ci est selon qui ? C'est Rabbi Yo'hanan (ben Nouri).

📜 Rachi (1)
הא מני דקתני מערב י"ט יש להן אלפים ואינן כרגלי כל אדם אלמא חפצי הפקר קונין שביתה:
Celle-ci, selon qui. Car on enseigné : la veille de Yom Tov, elles ont deux mille, et elles ne sont pas comme les pieds de tout homme. Il en ressort que les objets sans maître acquièrent une chevita.
💡 Explication

Ha mani : la baraita de la pluie de la veille suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri, dans la première lecture. Le hefker prend deux mille. Le texte abrégé le nom en Rabbi Yo'hanan.

9
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי? לָא רַבִּי יוֹחָנָן וְלֹא רַבָּנַן!

Mais si tu dis : les objets sans maître n'acquièrent pas de chevita, celle-ci est selon qui ? Ni Rabbi Yo'hanan (ben Nouri), ni les Sages !

💡 Explication

Dans la seconde lecture, personne n'enseigne cette baraita. Rabbi Yo'hanan ben Nouri ne donne les deux mille qu'à l'homme, par ho'il. Les Sages ne les donnent ni au dormeur ni au hefker. La pluie de la veille reste sans titulaire.

10
יְתֵיב אַבָּיֵי וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְאַבָּיֵי: וְדִילְמָא בִּגְשָׁמִים הַסְּמוּכִין לָעִיר עָסְקִינַן, וְאַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר דַּעְתָּם עִילַּיְיהוּ!

Abaye était assis et il énonçait cet enseignement. Rav Safra dit à Abaye : et peut-être traitons-nous de pluies voisines de la ville, et les gens de cette ville ont leur pensée sur elles !

💡 Explication

Rav Safra retire la preuve. La pluie serait près de la ville, et la da'at des habitants serait sur elle. Deux mille, alors, viendraient des gens de la ville, non du hefker lui-même.

11
אֲמַר לֵיהּ: לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּתְנַן: בּוֹר שֶׁל יָחִיד — כְּרַגְלֵי יָחִיד, וְשֶׁל אוֹתָהּ הָעִיר — כְּרַגְלֵי אוֹתָהּ הָעִיר, וְשֶׁל עוֹלֵי בָּבֶל — כְּרַגְלֵי הַמְמַלֵּא.

Il lui dit : cela ne monte pas à l'esprit, car nous avons appris : un puits d'un particulier, comme les pieds du particulier ; celui de cette ville, comme les pieds de cette ville ; et celui des olei Bavel, comme les pieds de celui qui puise.

📜 Rachi (6)
לא ס"ד לאוקמי טעמא משום דעת אנשי העיר אלא טעמא משום דחפצי הפקר קונין שביתה:
Cela ne monte pas à l'esprit. Pour poser la raison sur la pensée des gens de la ville. La raison est que les objets sans maître acquièrent une chevita.
דתנן נמי בדוכתא אחריתי ומתני' קשיין אהדדי ועל כרחך חדא מינייהו תוקמא כרבי יוחנן בן נורי ותיפשוט דחפצי הפקר קונין שביתה:
Car nous avons appris. Aussi dans un autre endroit, et les michnayot se contredisent. Force est d'établir l'une d'elles selon Rabbi Yo'hanan ben Nouri, et tu trancheras que les objets sans maître acquièrent une chevita.
כרגלי אותו יחיד בעל הבור ואם לקח מהם אדם אחר אין יכול להוליכן אלא למקום שזה יכול להוליכן ואם עירב הוא למזרח אין יכול זה להוליכן חוץ לעיר בצד מערב אפילו פסיעה אחת:
Comme les pieds de ce particulier. Le maître du puits. Et si un autre homme en a pris, il ne peut les emmener que la où celui-ci peut les emmener. Et si lui à fait un erouv vers l'est, celui-ci ne peut les emmener hors de la ville du côté de l'ouest, même d'un pas.
כרגלי אותה העיר אלפים לכל רוח ואם עירב זה למערב או למזרח אין יכול זה להוציאן חוץ לאלפים:
Comme les pieds de cette ville. Deux mille dans chaque direction. Et si celui-ci à fait un erouv vers l'ouest où vers l'est, il ne peut pas les sortir au-delà des deux mille.
ושל עולי בבל שבדרך שעולים מבבל לא"י והוא של הפקר:
Et celui des olei Bavel. Sur le chemin par lequel on monte de Babel vers la Terre d'Israël, et il est hefker.
כרגלי הממלא דכל מילי דהפקירא מאן דמגבה ליה קני ואפילו נתן לאחרים לאחר שמילאן לצורכו הרי הן כרגליו אלמא מידי דהפקירא אין קונין שביתה:
Comme les pieds de celui qui puise. Car toute chose de hefker, celui qui la soulève l'acquiert. Et même s'il l'a donnée à d'autres après l'avoir puisée pour son besoin, elle est comme ses pieds. Il en ressort qu'une chose de hefker n'acquiert pas de chevita.
💡 Explication

Abaye répond par la michna des puits. Bor chel yahid suit le maître. Bor chel ôta ha-ir suit les gens de la ville, deux mille. Bor chel olei Bavel, puits sans maître sur la route de Babel, suit ha-memale, celui qui puise : le hefker, dans cette michna, n'a pas de chevita à lui.

Rachi détaille la nafka mina. L'eau du particulier ne dépasse pas le trajet du maître, même si un autre la prend. L'eau de la ville ne dépasse pas les deux mille, même si quelqu'un à fait un erouv au-delà.

🖼️ Schéma
Trois puits, puis la baraita des tribus Michna de Beitsa. Le dernier est hefker. La baraita lui donne deux mille. Particulier Ville Olei Bavel ke-raglei ha-yahid la où le maître peut aller ke-raglei ha-ir deux mille depuis la ville ke-raglei ha-memale pieds de celui qui puise Baraita : puits des tribus, le même hefker, deux mille chaque direction. Les deux textes sont les deux avis.
Trois puits : pieds du maître, pieds de la ville, pieds de celui qui puise. La baraita des tribus donnera deux mille au même hefker.
12
וְתַנְיָא: בּוֹר שֶׁל שְׁבָטִים — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי!

Et on a enseigné : un puits des tribus, elles ont deux mille amot dans chaque direction. Elles se contredisent !

📜 Rachi (1)
ותניא אידך בור של שבטים דהיינו של עולי בבל יש להם אלפים לכל רוח אלמא קנו שביתה דאינן כרגלי כל אדם:
Et on a enseigné une autre, un puits des tribus. C'est celui des olei Bavel. Elles ont deux mille dans chaque direction. Il en ressort qu'elles ont acquis une chevita, car elles ne sont pas comme les pieds de tout homme.
💡 Explication

Bor chel shevatim est le même puits que celui des olei Bavel. La baraita lui donne deux mille. La michna le donne à celui qui puise. Kashyan ahadadei.

13
אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ: הָא — רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, הָא — רַבָּנַן.

Alors, apprends-en : celle-ci est Rabbi Yo'hanan ben Nouri, celle-là est les Sages.

💡 Explication

Les deux textes sont les deux avis. Deux mille au puits des tribus : Rabbi Yo'hanan ben Nouri, le hefker acquiert une chevita. Pieds de celui qui puise : les Sages. La question de Rava est tranchée du côté de la première lecture.

14
כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אֲמַר לֵיהּ: הָכִי קָאָמַר רַב סָפְרָא, וְהָכִי אַהְדַּרִי לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: וְאַמַּאי לָא תֵּימָא לֵיהּ מִגּוּפַהּ? אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ גְּשָׁמִים הַסְּמוּכִין לָעִיר עָסְקִינַן — הַאי ״יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ״?!

Quand il vint devant Rav Yossef, il lui dit : ainsi disait Rav Safra, et ainsi je lui ai répondu. Il lui dit : et pourquoi ne lui as-tu pas dit depuis elle-même ?

Si cela te monte à l'esprit que nous traitons de pluies voisines de la ville, que fait ce yech lahen alpayim ama le-khôl ruah (elles ont deux mille amot dans chaque direction) ?!

📜 Rachi (2)
כי אתא אביי לקמיה דרב יוסף:
Quand il vint. Abaye, devant Rav Yossef.
יש להן משמע דאינהו גופייהו קנו להו שביתה ולאו משום דעת אנשי העיר דאי משום דעת אנשי העיר הא לישנא בעי למימר הרי הן כרגלי אותה העיר דהיינו נמי אלפים לכל רוח:
Elles ont. Le sens est qu'elles-mêmes ont acquis la chevita, non du fait de la pensée des gens de la ville. Car du fait de la pensée des gens de la ville, la formule à dire serait : les voici comme les pieds de cette ville, ce qui est aussi deux mille dans chaque direction.
💡 Explication

Rav Yossef préfère une réponse prise mi-gufah, dans la baraita de la pluie elle-même, sans passer par les puits.

Yech lahen : elles ont deux mille. Le sujet, ce sont les eaux. Elles ont acquis la chevita. La da'at de la ville se serait dite ke-raglei anshei ôta ha-ir.

15
הָא ״כְּרַגְלֵי אַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר״ מִיבַּעְיָא לֵיהּ!

C'est comme les pieds des gens de cette ville qu'il fallait dire !

💡 Explication

Fin de la phrase de Rav Yossef. Ke-raglei anshei ôta ha-ir miba'i lei : s'il s'agissait de leur pensée, la baraita aurait pris la formule du puits de la ville.

16
אָמַר מָר: בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם. וְאַמַּאי? לִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּאוֹקְיָינוֹס.

Le maître à dit : le jour de Yom Tov, les voici comme les pieds de tout homme. Et pourquoi ?

Qu'elles acquièrent une chevita dans l'océan !

📜 Rachi (1)
ליקנו שביתה באוקיינוס ששבתו שם אמש והיום שאבו העבים והרי יצאו חוץ לתחום ואין להם אלא ארבע אמות:
Qu'elles acquièrent une chevita dans l'océan. Car elles y ont eu leur résidence hier soir, et aujourd'hui les nuages les ont puisées, et voici qu'elles sont sorties hors du tehoum, et elles n'ont que quatre amot.
🗂️ Tossefot (2)
ביום טוב הרי הן כרגלי כל אדם פי' כאותו שיזכה בהן ראשון ואם נתנן לאחר הרי הן כרגלי הראשון אבל אין לפרש דלעולם הרי הן כרגלי כל אדם שהן בידו דהא בור עולי בבל אמרינן בסמוך דהוי כרגלי הממלא אלמא כל היכא דלא קנו שביתה הרי הן כרגלי הזוכה ראשון ולקמן [עירובין דף מו.] דתניא גבי נהרות המושכין ומעיינות הנובעין הרי הן כרגלי כל אדם ובתוספתא דמסכת ביצה [פ"ד] קתני בהדיא הרי הן כרגלי הממלא משמע דהכל אחד:
Le jour de Yom Tov, les voici comme les pieds de tout homme. Explication : comme celui qui les acquiert le premier ; et s'il les a données à un autre, elles sont comme les pieds du premier. Une lecture où elles resteraient toujours comme les pieds de tout homme entre les mains de qui elles sont est écartée. Car au sujet du puits des olei Bavel, nous disons tout à l'heure qu'il est comme les pieds de celui qui puise. Il en ressort que partout où elles n'ont pas acquis de chevita, elles sont comme les pieds du premier qui acquiert. Et plus bas (Erouvin 46a), la où l'on enseigné au sujet des fleuves qui coulent et des sources qui jaillissent : les voici comme les pieds de tout homme. Et dans la Tossefta du traité Beitsa (chapitre 4) on enseigné explicitement : les voici comme les pieds de celui qui puise. Il en ressort que le tout est un.
ליקנו שביתה באוקיינוס ואפילו אם אין תחומין למעלה מי' והעבין שותין מאותו שלמעלה שגבוהין מי' כיון שכל המים מחוברין יחד חשובין כאילו מונחין בארץ ולא דמו לספינה ששטה על המים וכיון דקנו שביתה באוקיינוס אע"פ שבאו למעלה מי' אין להם אלא ד' אמות דהרי הן חוץ לתחום ובעובדא דר"ג דפריך [לעיל (עירובין מג.)] ואי אין תחומין למעלה מי' כי לא היו בתוך התחום מאי הוי היינו משום שגם בין השמשות בשעת קניית שביתה היו למעלה מי' ולא קנו שביתה בשום מקום ולכך כשבאו בתוך י' היה להם שביתה והיה להם אלפים אמה לכל רוח:
Qu'elles acquièrent une chevita dans l'océan. Et même s'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix, et que les nuages boivent de celle d'en haut, qui est plus haute que dix : puisque toutes les eaux sont jointes ensemble, elles comptent comme posées sur la terre. Un bateau qui vogue sur l'eau est un autre cas. Et puisqu'elles ont acquis une chevita dans l'océan, bien qu'elles soient venues au-dessus de dix, elles n'ont que quatre amot, car elles sont hors du tehoum. Et dans le récit de Rabban Gamliel, la où l'on objecte plus haut (Erouvin 43a) : et s'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix, s'ils n'étaient pas dans le tehoum, qu'en serait-il ? C'est que, la aussi, au bein ha-chemachot, à l'heure de l'acquisition de la chevita, ils étaient au-dessus de dix et n'ont acquis de chevita en aucun lieu. C'est pourquoi, quand ils sont venus en deçà de dix, ils avaient une chevita, et ils avaient deux mille amot dans chaque direction.
💡 Explication

Retour sur la seconde clause. L'eau tombée le jour de Yom Tov était dans l'okyanos au crépuscule. Elle y aurait pris chevita. Les nuages l'ont ensuite déplacée : elle serait hors de son tehoum, et n'aurait que quatre amot. La baraita la laisse suivre tout homme.

Tossefot fixe ke-raglei kol adam : les pieds du premier zokhe. S'il donne l'eau, elle reste aux pieds de ce premier. Même loi que le puits des olei Bavel, les fleuves et les sources.

Sur l'océan : des eaux jointes comptent comme posées au sol, même au-dessus de dix. Le bateau de Rabban Gamliel est autre : au crépuscule il était déjà au-dessus de dix, et n'avait pris chevita nulle part.

17
לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאִי כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — הָא אָמַר: כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מִמֵּי אוֹקְיָינוֹס הוּא שׁוֹתֶה!

Dirons-nous que cela est hors de l'avis de Rabbi Eliezer ? Car si c'est selon Rabbi Eliezer, il à dit : le monde entier boit des eaux de l'océan !

🗂️ Tossefot (1)
לימא דלא כרבי אליעזר וא"ת ולרבי יהושע נמי דאמר מן הכיפה הוא שותה ליקנו שביתה התם אי יש תחומין למעלה מי' ויש לומר אפילו יש תחומין לא שייך קנין שביתה ברקיע:
Dirons-nous que cela est hors de l'avis de Rabbi Eliezer. Et si tu dis : selon Rabbi Yehochoua aussi, qui dit que c'est de la coupole qu'il boit, qu'elles acquièrent une chevita la-bas, s'il y a des tehoumin au-dessus de dix ? On dira : même s'il y a des tehoumin, un kinyan de chevita ne s'applique pas au rakia.
💡 Explication

Rabbi Eliezer : toute la pluie du monde vient de l'océan. Si la baraita suivait son avis, l'eau du jour aurait la chevita de l'océan. Leima de-lo ke-Rabbi Eliezer.

Tossefot : Rabbi Yehochoua fait venir la pluie de la kipa. Même s'il y a des tehoumin la-haut, on n'acquiert pas de chevita dans le rakia.

18
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: הָכָא בְּעָבִים שֶׁנִּתְקַשְּׁרוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב עָסְקִינַן.

Rabbi Yitshak dit : ici nous traitons de nuages qui se sont assemblés la veille de Yom Tov.

💡 Explication

Rabbi Yitshak garde la baraita, y compris selon Rabbi Eliezer. Les avim étaient déjà formes la veille. L'eau de cette pluie n'a pas quitte l'océan pendant Yom Tov. Elle n'a pas franchi un tehoum pris dans la mer.

19
וְדִילְמָא הָנָךְ אָזְלִי, וְהָנָךְ אַחֲרִינֵי נִינְהוּ? דְּאִית לְהוּ סִימָנָא בְּגַוַּיְיהוּ.

Et peut-être ceux-là sont partis, et ceux-ci sont d'autres ? Ils ont un signe en eux.

📜 Rachi (2)
דילמא הנך שראה אמש קשורות אזדו לעלמא:
Peut-être ceux-là. Qu'il à vus hier soir assemblés, ils s'en sont allés dans le monde.
והני אחריני נינהו ונתקשרו היום וקנו אמש שביתה באוקיינוס וליתסרו:
Et ceux-ci sont d'autres. Ils se sont assemblés aujourd'hui, ils ont acquis hier soir une chevita dans l'océan, et elles devraient être interdites.
💡 Explication

Les nuages de la veille ont pu partir. La pluie viendrait d'autres nuages, formes le jour, dont l'eau avait sa chevita dans l'océan. Ils seraient interdits au-delà de quatre amot.

Réponse brève : it lehu simana be-gavyaihu. Un signe reconnaît les mêmes nuages.

20
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָוֵי סָפֵק דְּדִבְרֵיהֶם, וְסָפֵק דְּדִבְרֵיהֶם לְהָקֵל.

Et si tu veux, dis : c'est un doute de leurs paroles, et un doute de leurs paroles va vers le léger.

💡 Explication

Seconde réponse, sans exiger le signe. Savoir si ce sont les mêmes nuages est un safek de-divreihem : le tehoum est une loi des Sages. Safek de-divreihem le-hakel.

21
וְלִיקְנִי שְׁבִיתָה בְּעָבִים! תִּיפְשׁוֹט מִינַּהּ, דְּאֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה. דְּאִי יֵשׁ תְּחוּמִין לִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּעָבִים!

Et qu'elles acquièrent une chevita dans les nuages ! Tranché-en qu'il n'y a pas de tehoumin au-dessus de dix.

Car s'il y a des tehoumin, qu'elles acquièrent une chevita dans les nuages !

📜 Rachi (1)
וליפשוט מדקתני במים שקנו שביתה אמש בעבים וירדו היום דמותר להוליכן כרגלי כל אדם אלמא אין איסור תחומין למעלה מעשרה:
Et qu'on tranche. De ce qu'on enseigné au sujet d'eaux qui ont acquis une chevita hier soir dans les nuages et sont descendues aujourd'hui, qu'il est permis de les emmener comme les pieds de tout homme. Il en ressort qu'il n'y a pas d'interdit de tehoumin au-dessus de dix.
🗂️ Tossefot (1)
איבעית אימא הוי ספק דדבריהם אף ע"ג דהוי דבר שיש לו מתירין ואמר רב אשי בריש ביצה (דף ד'.) דדבר שיש לו מתירין אפי' באלף לא בטיל אפילו בספק דבריהם בעירוב הקילו:
Si tu veux, dis : c'est un doute de leurs paroles. Bien que ce soit un davar che-yech lo matirin (une chose qui a un temps où elle devient permise), et que Rav Achi ait dit au début de Beitsa (4a) qu'une chose qui a un temps où elle devient permise, même dans mille, ne s'annule pas, même dans un doute de leurs paroles : pour l'erouv, ils ont allégé.
💡 Explication

Nouvelle question. Les nuages de la veille tenaient déjà l'eau au crépuscule. Qu'elle prenne chevita dans les nuages. On en tirerait ein tehoumin le-ma'ala me-assara : pas de tehoum au-dessus de dix tefahim. S'il y en avait, l'eau descendue serait hors de son tehoum.

La glose de Tossefot porte sur le safek de la phrase précédente. Un davar che-yech lo matirin ne s'annule pas, même par doute rabbinique, d'après Rav Achi. Pour l'erouv, les Sages ont allégé.

22
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: יֵשׁ תְּחוּמִין, וּמַיָּא בְּעֵיבָא מִיבְלָע בְּלִיעִי.

Je dis ceci : il y a des tehoumin, et l'eau dans le nuage est absorbée.

📜 Rachi (1)
מיבלע בליעי וכמאן דליתנהו דמו ולא קנו להו שביתה אמש:
Absorbée. Et elles comptent comme absentes, et elles n'ont pas acquis de chevita hier soir.
💡 Explication

Le'olam ima lakh : yech tehoumin. La page ne tranche pas l'absence de tehoumin au-dessus de dix.

Maya be-iva mivla belia : dans le nuage, l'eau est absorbée. Elle compte comme absente, et n'a pas pris chevita la-haut hier soir. Tombée le jour, elle suit les pieds du premier qui l'acquiert.

🖼️ Schéma
L'eau dans le nuage ne prend pas chevita Si l'eau restait de l'eau dans le nuage, elle prendrait chevita la-haut. Avec des tehoumin au-dessus de dix tefahim, elle n'aurait en bas que quatre amot. La baraita dit le contraire. Le'olam : il y a des tehoumin. Maya be-iva mivla belia. L'eau est absorbée. Elle compte comme absente. Pas de chevita prise hier dans le nuage. On ne tranche pas l'absence de tehoumin.
L'eau absorbée dans le nuage ne prend pas chevita. Les tehoumin au-dessus de dix restent possibles.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).