Eruvin 47à - Les klalim face à un psak dit en clair

Eruvin 47a

Sougya : La page poursuit l'essai ouvert en 46b : les klalim de psak tiennent-ils seuls ? Rabbi Chimon achève la michna de la ville de rabim devenue ville d'un yahid : trois cours de deux maisons suffisent à laisser dehors, la où Rabbi Yehouda exige cinquante habitations.

Rav tranche comme Rabbi Chimon. La guemara objecte le klal qui donne Rabbi Yehouda, puis repousse l'objection : un psak dit en clair reste local.

Même mouvement pour l'absent qui interdit la cour, puis pour l'erouv aux pieds, où Rav répété un psak que le klal donnait déjà. Viennent les trois mois de la yevama et des autres femmes, le psak de Rabbi Yo'hanan comme Rabbi Yossi, et l'ouverture de la baraita sur la foire des nokhrim et le kohen, qui continue en 47b.

Cinq essais, quatre réponses Chaque psak en plus du klal est pèse. La page ne ferme pas le dernier cas. Cas Psak dit en plus Réponse Ville devenue yahid 3 cours où 50 maisons Rav : halakha comme Rabbi Chimon La où c'est dit, c'est dit. Ailleurs, le klal reste. Absent de sa cour Chimon face à Yehouda Rav : halakha comme Rabbi Chimon Même réponse. Le psak reste local. Érouv aux pieds pauvre et riche Rav fait conclure : halakha comme Yehouda Peut-être Rav seul laisse les klalim. Trois mois Meir face à Yossi Rabbi Yo'hanan : halakha comme Yossi Pour écarter Chmouel : Meir dans ses guezerot. Foire des nokhrim kohen, beit ha-peras La baraita s'ouvre ici. La raison de Yossi continue en 47b. Cimetiere écarte. Beit ha-peras, derabbanan.
Quatre preuves sont repoussées : psak local, psak local encore, klalim peut-être propres à Rav, psak pour écarter Chmouel. La foire et le kohen ouvrent la suite.
Trois mois : qui attend, pour quoi Michna des femmes, puis baraita. Psak : Rabbi Yossi. Enseignement anonyme Ni mariage ni fiançailles avant trois mois. Vierge où non, veuve où divorcée, fiancée où mariée. Rachi : leçon sans nom de Meir. Rabbi Yehouda Mariée : elle se fiancé aussitôt. Fiancee : elle se marié aussitôt. Sauf la fiancée de Judée : le cœur du fiancé est gas bah, ils s'isolaient avant la houppa. Rabbi Yossi Toutes se fiancent aussitôt. Sauf la veuve, le temps de l'iboul. Il refuse le mariage immédiat de la simple fiancée. Rabbi Meir, dans la baraita Même sans grossesse possible : trois mois. Rabbi Yossi : fiançailles et mariage aussitôt. Rabbi Yo'hanan : la halakha est comme Rabbi Yossi, qui permet de fiancer aussitôt.
L'anonyme interdit mariage et fiançailles pendant trois mois. Yehouda ouvre les fiançailles de la mariée et le mariage de la fiancée, hors la fiancée de Judée. Yossi permet les fiançailles, et la veuve attend l'iboul. Meir, dans la baraita, tient les trois mois même sans grossesse.
Kohen : quelle touma la baraita permet Plaider, prendre femme, étudier. Le cimetière sort du permis. Hors de la Terre Pour plaider et contester, prendre femme, étudier la Tora. Cimetiere Touma de la Tora. Il passerait sur un lav. La guemara l'écarte. Beit ha-peras Doute de tombe. Touma des Sages. Le permis vise ce lieu. Rabbi Yehouda, pour l'étude Il sort s'il ne trouve pas de maître dans son pays. S'il en trouve, il reste. Rabbi Yossi, pour l'étude Il sort même s'il trouve un maître dans le pays. La raison s'ouvre sur לפי et se lit en 47b. L'achat à la foire reste permis : bétail, esclaves, terres, acte signe dans leurs tribunaux.
Le kohen sort de la Terre pour plaider, prendre femme où étudier. Le cimetière est une touma de la Tora. Le permis vise le beit ha-peras. Yehouda limite l'étude au cas où il ne trouve pas de maître dans le pays.
1
שלש חצירות של שני בתים. ואמר רב חמא בר גוריא אמר רב: הלכה כרבי שמעון. ומאן פליג עליה — רבי יהודה. והא אמרת: רבי יהודה ורבי שמעון — הלכה כרבי יהודה!

Trois cours de deux maisons. Et Rav Hama bar Gourya à dit que Rav à dit : la halakha est comme Rabbi Chimon.

Et qui diverge de lui ? Rabbi Yehouda.

Or tu as dit : Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, la halakha est comme Rabbi Yehouda !

📜 Rachi (1)
שלש חצירות לקמן בכיצד מעברין (עירובין דף נט.) וקאמר ר' יהודה עיר של רבים ונעשית של יחיד שנתמעטו אוכלוסיה מעבור ברחובותיה ששים ריבוא ולא דמיא השתא לדגלי מדבר אין מערבין את כולה יחד אלא אם שייר חוצה לה נ' דיורין שלא יערבו עמה למיהוי היכר לעיר של רבים דלא ליערבו כולה אלא מבואות מבואות ר"ש אומר דיו לשייר ג' חצירות של ב' ב' בעלי בתים:
Trois cours. Plus bas, au chapitre Keitzad meabrin (Erouvin 59a). Rabbi Yehouda dit : une ville de rabim devenue ville d'un yahid, dont la population à diminué, au point que soixante ribo (six cent mille) ne passent plus dans ses rues, et qui ne ressemble plus maintenant aux camps du désert. On ne fait pas l'erouv de toute la ville ensemble, sauf si l'on laisse en dehors d'elle cinquante habitations qui ne font pas l'erouv avec elle, pour qu'il y ait un signe de ville de rabim : qu'on ne fasse pas l'erouv de toute la ville, mais mavoi par mavoi. Rabbi Chimon dit : il suffit de laisser trois cours de deux propriétaires chacune.
💡 Explication

Suite immédiate de 46b. Rabbi Chimon achève la michna : pour la ville de rabim devenue ville d'un yahid, laisser dehors trois cours de deux maisons.

Rachi rappelle la mesure de Rabbi Yehouda : cinquante diourin, signe qu'on fait l'erouv mavoi par mavoi. Rav tranche comme Rabbi Chimon. Le klal de 46b donnait Rabbi Yehouda face à Rabbi Chimon. D'où l'objection.

🖼️ Schéma
Que laisser hors de l'erouv Ville de rabim devenue ville d'un yahid. Suite de la michna de 46b. Rabbi Yehouda Cinquante diourin dehors, qui ne font pas l'erouv. Signe : mavoi par mavoi, pas toute la ville. Rabbi Chimon Trois cours, de deux maisons chacune. Rachi : cela suffit à laisser dehors. Rav, par Rav Hama bar Gourya : la halakha est comme Rabbi Chimon.
Yehouda : cinquante habitations laissées dehors. Chimon : trois cours de deux maisons. Rav suit Chimon.
2
ומאי קושיא? דילמא הכא נמי, היכא דאיתמר — איתמר, היכא דלא איתמר — לא איתמר.

Et quelle difficulté ? Peut-être ici aussi : la où cela à été dit, cela à été dit ; la où cela n'a pas été dit, cela n'a pas été dit.

💡 Explication

Le psak dit en clair, halakha comme Rabbi Chimon, vaut pour ce cas. Le klal, Yehouda face à Chimon, couvre les cas où aucun psak n'a été formule, ni comme l'un ni comme l'autre.

3
אלא, מהא דתנן: המניח את ביתו והלך לשבות בעיר אחרת, אחד נכרי ואחד ישראל — אוסר לבני חצירות, דברי רבי מאיר.

Plutôt, de ceci que nous avons appris : celui qui laisse sa maison et part fixer le Chabbat dans une autre ville, qu'il soit nokhri où Israël, interdit aux habitants des cours. Paroles de Rabbi Meir.

📜 Rachi (1)
אוסר על בני חצירות שלא יוציאו מבתיהן לחצר מפני שיש לו רשות בחצר ואע"פ שאינו בעיר אוסר עליהן אם לא עירב קודם שהלך:
Il interdit aux habitants des cours : qu'ils ne sortent pas d'objets de leurs maisons vers la cour, parce qu'il à un droit dans la cour. Et bien qu'il ne soit pas dans la ville, il leur interdit s'il n'a pas fait l'erouv avant de partir.
💡 Explication

Deuxième cas. La michna parle de celui qui part sans erouv. Rabbi Meir : nokhri où Israël, son droit dans la cour reste, et les autres ne portent pas de la maison à la cour.

4
רבי יהודה אומר: אינו אוסר. רבי יוסי אומר: נכרי — אוסר, ישראל — אינו אוסר, מפני שאין דרך ישראל לבא בשבת. רבי שמעון אומר: אפילו הניח את ביתו והלך לשבות אצל בתו באותה העיר — אינו אוסר, שכבר הסיח דעתו.

Rabbi Yehouda dit : il n'interdit pas. Rabbi Yossi dit : un nokhri interdit, un Israël n'interdit pas, parce que la manière d'un Israël n'est pas de venir le Chabbat.

Rabbi Chimon dit : même s'il à laissé sa maison et qu'il est parti fixer le Chabbat chez sa fille dans la même ville, il n'interdit pas, car il à déjà détourne sa daat.

📜 Rachi (3)
רבי יהודה אומר אינו אוסר הואיל ואינו בעיר:
Rabbi Yehouda dit : il n'interdit pas, puisqu'il n'est pas dans la ville.
נכרי אוסר אף על פי שאינו בעיר שהרי יכול לבא ואין זה היסח מן הלב אבל ישראל משהלך מכאן ולא בא מערב שבת הסיח לביתו מלבו כל השבת שהרי לא יבא הלכך כמאן דלית ליה להך דירה בעלים דמי:
Un nokhri interdit : bien qu'il ne soit pas dans la ville, car il peut venir, et ceci n'est pas un détournement du cœur. Mais un Israël, des qu'il est parti d'ici et qu'il n'est pas venu la veille du Chabbat, à écarte sa maison de son cœur pour tout le Chabbat, car il ne viendra pas. Dès lors, c'est comme une demeure qui n'aurait pas de propriétaires.
לשבות אצל בתו מאמש אפילו באותה העיר:
Pour fixer le Chabbat chez sa fille : depuis la veille, même dans la même ville.
💡 Explication

Rabbi Yehouda : l'absence de la ville suffit. Rabbi Yossi sépare le nokhri, qui peut revenir le Chabbat, et l'Israël, qui ne revient pas.

Rabbi Chimon va plus loin : même chez sa fille, dans la ville, la hessiah ha-daat lève l'interdit. Rachi : ce départ date de la veille.

🖼️ Schéma
Qui interdit la cour en partant Il à laissé sa maison sans erouv. Quatre avis. Rabbi Meir Nokhri où Israël : il interdit. Son droit dans la cour reste. Rabbi Yehouda Il n'interdit pas, puisqu'il n'est pas dans la ville. Rabbi Yossi Le nokhri interdit : il peut revenir. L'Israël n'interdit pas : il ne vient pas le Chabbat. Rabbi Chimon Même chez sa fille, dans la même ville. Hessiah ha-daat : il n'interdit pas. Rav : halakha comme Rabbi Chimon. L'opposant retenu ici est Rabbi Yehouda.
Meir : tous interdisent. Yehouda : l'absent n'interdit pas. Yossi : le nokhri seul. Chimon : même dans la ville, des qu'il à détourné sa daat.
5
ואמר רב חמא בר גוריא אמר רב: הלכה כרבי שמעון, ומאן פליג עליה — רבי יהודה. והא אמרת רבי יהודה ורבי שמעון הלכה כרבי יהודה!

Et Rav Hama bar Gourya à dit que Rav à dit : la halakha est comme Rabbi Chimon. Et qui diverge de lui ?

Rabbi Yehouda. Or tu as dit : Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, la halakha est comme Rabbi Yehouda !

📜 Rachi (1)
רבי יהודה פליג עליה דאמר בעיר אחרת אינו אוסר הא באותה העיר אוסר ורבי יוסי נמי פליג עליה אלא חד מינייהו נקט:
Rabbi Yehouda diverge de lui : car il à dit que dans une autre ville il n'interdit pas, ce qui implique que dans la même ville il interdit. Et Rabbi Yossi diverge aussi de lui, mais il n'en a cité qu'un.
💡 Explication

Même schéma que pour les trois cours. Rav dit la halakha comme Rabbi Chimon, alors que le klal donne Rabbi Yehouda.

Rachi : l'oppose de Rabbi Chimon, chez Rabbi Yehouda, est la ville elle-même. Dans une autre ville Yehouda n'interdit déjà pas ; dans la même ville, il interdit. Rabbi Yossi diverge aussi. La guemara n'en retient qu'un.

6
ומאי קושיא? דלמא הכא נמי, היכא דאיתמר — איתמר, היכא דלא איתמר — לא איתמר.

Et quelle difficulté ? Peut-être ici aussi : la où cela à été dit, cela à été dit ; la où cela n'a pas été dit, cela n'a pas été dit.

💡 Explication

Même issue qu'au premier essai. Le psak comme Rabbi Chimon reste sur ce cas d'absence. Le klal demeure la où l'on n'a rien tranche.

7
אלא, מהא דתנן: וזהו שאמרו העני מערב ברגליו. רבי מאיר אומר: אנו אין לנו אלא עני.

Plutôt, de ceci que nous avons appris : et voici ce qu'ils ont dit, le pauvre fait l'erouv avec ses pieds. Rabbi Meir dit : nous, nous n'avons que le pauvre.

📜 Rachi (2)
זהו שאמרו בפירקין היא (דף מט:):
Voici ce qu'ils ont dit : c'est dans notre chapitre (page 49b).
אנו אין לנו שיכול לקנות שביתה ברגליו בלא עירוב פת אלא עני כלומר מי שהוא בדרך ואין עמו פת:
Nous, nous n'avons : celui qui peut acquérir une chevita avec ses pieds, sans erouv de pain, ce n'est que le pauvre. C'est-à-dire celui qui est en chemin et qui n'a pas de pain avec lui.
💡 Explication

Troisième cas, michna de 49b. L'erouv aux pieds : on va sur place et l'on y fixe la chevita.

Rabbi Meir réserve cela au pauvre. Rachi : l'homme en route, sans pain pour un erouv.

8
רבי יהודה אומר: אחד עני ואחד עשיר. לא אמרו מערבין בפת אלא להקל על העשיר, שלא יצא ויערב ברגליו.

Rabbi Yehouda dit : le pauvre comme le riche. Ils n'ont dit qu'on fait l'erouv avec du pain que pour alléger le riche, afin qu'il ne sorte pas et ne fasse pas l'erouv avec ses pieds.

📜 Rachi (2)
אחד עשיר היושב בביתו אם רצה לילך בעצמו ולהחשיך שם על התחום קונה לו שביתה:
Le riche aussi : celui qui se tient dans sa maison, s'il veut aller lui-même et laisser la nuit tomber la-bas, sur le tehoum, acquiert pour lui une chevita.
שלא יצא מפני הטורח ויערב ברגליו אלא התירו לשלוח עירוב בפת ע"י שלוחו:
Afin qu'il ne sorte pas : à cause de la peine, pour faire l'erouv avec ses pieds. Ils ont permis d'envoyer un erouv de pain par son envoyé.
💡 Explication

Pour Rabbi Yehouda, l'erouv de fond se fait sur place, pauvre où riche. Le pain est une kola : le riche envoie un chalia'h et s'épargné le trajet.

🖼️ Schéma
Érouv aux pieds, erouv de pain Michna du chapitre, page 49b. Rav fait conclure comme Yehouda. Rabbi Meir Seuls les pieds du pauvre, en chemin, sans pain. Il acquiert la chevita la-bas. Rabbi Yehouda Pauvre et riche. Le pain allège le riche : il envoie un chalia'h, il ne sort pas lui-même. Devant Rav, on ajoute : la halakha est comme Rabbi Yehouda.
Meir : l'erouv aux pieds est au pauvre sans pain. Yehouda : le riche aussi ; le pain lui évite de sortir.
9
ומתני ליה רב חייא בר אשי לחייא בר רב קמיה דרב: אחד עני ואחד עשיר. ואמר ליה רב, סיים בה נמי: הלכה כרבי יהודה.

Et Rav Hiya bar Achi l'enseignait à Hiya bar Rav devant Rav : le pauvre comme le riche. Et Rav lui à dit : conclus-la aussi ainsi : la halakha est comme Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (2)
ומתני ליה רב חייא בר אשי למתני' לחייא בר רב קמיה דרב:
Et Rav Hiya bar Achi l'enseignait : la michna, à Hiya bar Rav, devant Rav.
אחד עני ואחד עשיר מילתיה דרבי יהודה:
Le pauvre comme le riche : c'est la parole de Rabbi Yehouda.
💡 Explication

La scène se passe devant Rav. On cité la parole de Rabbi Yehouda. Rav exige d'ajouter le psak : la halakha est comme lui.

10
תרתי למה לי, והא אמרת: רבי מאיר ורבי יהודה — הלכה כרבי יהודה!

Les deux, pourquoi me les faut-il ? Or tu as dit : Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, la halakha est comme Rabbi Yehouda !

📜 Rachi (1)
למה ליה למיפסק הלכה כרבי יהודה דר' מאיר פליג עליה הא כיילת לעיל להיכא דלא איתמר הלכה לא כמר ולא כמר עבדינן כרבי יהודה:
Pourquoi lui faut-il trancher la halakha comme Rabbi Yehouda, puisque Rabbi Meir diverge de lui ? Tu as déjà formule plus haut : la où la halakha n'a été dite ni comme l'un ni comme l'autre, nous agissons comme Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Le klal Meir face à Yehouda donnait déjà Yehouda, la où aucun psak n'avait été dit. Rav le redit ici en clair. La guemara demande à quoi sert ce second dire.

11
ומאי קושיא? דילמא רב לית ליה להני כללי?

Et quelle difficulté ? Peut-être Rav ne tient-il pas ces klalim ?

📜 Rachi (1)
רב לית ליה להני כללי ומשום דרב לית ליה קאמרת ליתנהו והא ר' יוחנן קאמר להו והלכה כר' יוחנן:
Rav ne tient pas ces principes. Et parce que Rav ne les tient pas, tu dirais qu'ils n'existent pas ? Or Rabbi Yo'hanan les a dits, et la halakha est comme Rabbi Yo'hanan.
💡 Explication

Le psak de Rav peut tenir à Rav seul. Rachi bloque la suite : les klalim sont de Rabbi Yo'hanan, et la halakha le suit. L'usage de Rav ne les retire pas du psak.

12
אלא, מהא דתנן: היבמה לא תחלוץ ולא תתייבם עד שיהו לה שלשה חדשים.

Plutôt, de ceci que nous avons appris : la yevama ne fera pas la halitsa et ne sera pas prise en yiboum tant qu'elle n'aura pas trois mois.

📜 Rachi (2)
היבמה לא תחלוץ בתוך ג' חדשים למיתת בעלה מפרש טעמא ביבמות שמא מעוברת היא וחליצת מעוברת אינה חליצה וא"ת תחלוץ בתוך ג' ותמתין עד לאחר ג' שאם תמצא מעוברת אינה צריכה חליצה אם תלד וולד של קיימא ואם לא תמצא מעוברת אינה צריכה חליצה אחרת ואם תלד וולד שאינו של קיימא תחלוץ פעם שניה שמא יהא וולד של קיימא ואינה חליצה לאוסרה לכהונה ונמצא מצריכה כרוז לכהונה וליצרכה דלמא איכא דהוי בחליצה ולא הוי בהכרזה וסבר שרו חלוצה לכהן:
La yevama ne fera pas la halitsa : dans les trois mois de la mort de son mari. La raison est expliquée dans Yevamot. Peut-être est-elle enceinte, et la halitsa d'une femme enceinte n'est pas une halitsa. Et si tu dis : qu'elle fasse la halitsa dans les trois mois et qu'elle attende jusqu'après les trois. Si elle se trouve enceinte, elle n'a pas besoin de halitsa au cas où elle enfanté un enfant viable. Si elle ne se trouve pas enceinte, elle n'a pas besoin d'une autre halitsa. Si elle enfanté un enfant qui n'est pas viable, elle fera la halitsa une seconde fois. Peut-être l'enfant sera viable, et cette halitsa ne l'interdit pas à la kehouna. On en vient à exiger pour elle une proclamation à la kehouna. Et on l'exige, de peur qu'il y ait quelqu'un qui ait été à la halitsa et qui n'ait pas été à la proclamation, et qui pense qu'on a permis une haloutsa à un kohen.
ולא תתייבם שמא מעוברת היא ונמצא בא על אשת אחיו שיש לה בנים והרי היא עליו בכרת אבל לאחר שלשה דניכר בה שאינה מעוברת או תחלוץ או תתייבם:
Et elle ne sera pas prise en yiboum : peut-être est-elle enceinte, et il se trouve qu'il à une relation avec la femme de son frère qui a des enfants, et elle lui est en karet. Mais après trois mois, quand on reconnaît en elle qu'elle n'est pas enceinte, où bien elle fait la halitsa, où bien elle est prise en yiboum.
💡 Explication

Quatrième cas, dans Yevamot. La yevama attend trois mois. Rachi : une halitsa faite sur une femme enceinte ne vaut pas, et un yiboum sur la femme d'un frère qui a un enfant est un karet.

Faire la halitsa tout de suite, puis aviser, entraînerait une proclamation à la kehouna : quelqu'un peut avoir vu la halitsa et non la proclamation, et tenir une haloutsa pour permise à un kohen.

13
וכן שאר כל הנשים לא ינשאו ולא יתארסו עד שיהו להן שלשה חדשים, אחד בתולות ואחד בעולות, אחד אלמנות ואחד גרושות, אחד ארוסות ואחד נשואות.

Et de même, toutes les autres femmes ne se marieront pas et ne se fianceront pas tant qu'elles n'auront pas trois mois : vierges comme non-vierges, veuves comme divorcees, fiancées comme mariées.

📜 Rachi (4)
שאר כל הנשים כו' שמא תלד בתוך תשעה למיתת בעלה ספק בן שבעה לאחרון ספק בן תשעה לראשון ובעינן הבחנה כדאמרינן ביבמות (דף מב.) שמא ייבם אשת אחיו מאמו ועוד יש איסורין הרבה:
Toutes les autres femmes, etc. Peut-être enfantera-t-elle dans les neuf mois de la mort de son mari : doute d'un enfant de sept mois pour le second, doute d'un enfant de neuf mois pour le premier. Et il nous faut la havhana (distinction), comme nous le disons dans Yevamot (page 42à) : de peur qu'il prenne en yiboum la femme de son frère du côté de sa mère. Et il y a encore beaucoup d'interdits.
ולא יתארסו גזור רבנן אירוסין אטו נשואין:
Et elles ne se fianceront pas : les Sages ont décrété les fiançailles à cause du mariage.
אחת בתולות כו' מפרש התם (שם:) אחת שנישאו לזה כשהן בתולות ואחת שנישאו לזה כשהן בעולות שנתאלמנה או נתגרשה מבעלה זה בין מן האירוסין בין מן הנשואין צריכות להמתין אחר הגט או אחר המיתה ג' חדשים:
Vierges comme, etc. On l'explique la-bas (42b) : aussi bien celles qui ont été mariées à cet homme alors qu'elles étaient vierges, que celles qui ont été mariées à cet homme alors qu'elles étaient non-vierges. Qu'elle soit devenue veuve où divorcée de ce mari, depuis les fiançailles où depuis le mariage, elles doivent attendre trois mois après le get où après la mort.
אחת ארוסות אף על גב דארוסה לא בת עיבורי היא גזור רבנן ארוסה אטו נשואה: דברי ר"מ לא גרסי' אלא סתמא היא:
Fiancees comme : bien qu'une fiancée ne soit pas sujette à concevoir, les Sages ont décrété la fiancée à cause de la mariée. On ne lit pas : paroles de Rabbi Meir. C'est un enseignement anonyme.
💡 Explication

La même attente vaut pour les autres femmes, mariage et fiançailles. Rachi : il faut une havhana, pour savoir de quel mari est l'enfant.

Deux guezerot : les fiançailles à cause du mariage, et la fiancée à cause de la mariée, bien qu'une fiancée ne conçoive pas. Rachi : cette michna se lit anonyme, sans le nom de Rabbi Meir.

14
רבי יהודה אומר: נשואות — יתארסו.

Rabbi Yehouda dit : les mariées se fianceront.

📜 Rachi (1)
יתארסו מיד דהא לא מיעברא משני תוך ג' ואם תלד בתוך ט' ודאי דראשון הוא דאי מאחרון בן ששה הוא ולא חיי:
Elles se fianceront : aussitôt. Car elle ne conçoit pas du second dans les trois mois. Et si elle enfanté dans les neuf mois, c'est certainement du premier : si c'était du second, ce serait un enfant de six mois, et il ne vit pas.
💡 Explication

Rabbi Yehouda ouvre les fiançailles des femmes qui étaient mariées. Rachi : dans les trois mois elle ne conçoit pas du second. Un enfant ne dans les neuf mois est du premier ; du second, ce serait six mois.

15
וארוסות — ינשאו, חוץ מארוסה שביהודה, מפני שלבו גס בה.

Et les fiancées se marieront, sauf une fiancée de Judée, parce que son cœur est familier avec elle.

📜 Rachi (3)
והארוסות שנתאלמנו או שנתגרשו מן האירוסין ינשאו מיד דהא לא מיעברא מראשון:
Et les fiancées : qui ont été veuves où divorcees depuis les fiançailles, se marieront aussitôt, car elle n'est pas enceinte du premier.
חוץ מן הארוסה שביהודה שהיו רגילין ליחד חתן וכלה קודם כניסתן לחופה כדאמרינן בכתובות (דף יב.):
Sauf la fiancée de Judée : car ils avaient coutume d'isoler le fiancé et la fiancée avant leur entrée sous la houppa, comme nous le disons dans Ketoubot (page 12à).
גס בה רגיל בה ומכירה ומרוצה לו:
Familier avec elle : habitué à elle, il la connaît, et elle lui plaît.
💡 Explication

La femme qui n'était que fiancée peut se marier aussitôt : pas de grossesse du premier, hors le cas de Judée.

La, gas bah : on isolait fiancé et fiancée avant la houppa. Rachi : il est habitué à elle.

16
רבי יוסי אומר: כל הנשים יתארסו, חוץ מן האלמנה — מפני האיבול.

Rabbi Yossi dit : toutes les femmes se fianceront, sauf la veuve, à cause de l'iboul.

📜 Rachi (2)
כל הנשים יתארסו אתנא קמא פליג דאסר אפי' ליארס ואדרבי יהודה פליג דשרי ארוסה לינשא:
Toutes les femmes se fianceront : il diverge du premier tanna, qui interdit même de fiancer, et il diverge de Rabbi Yehouda, qui permet à une fiancée de se marier.
חוץ מן האלמנה מפני האיבול שאסורה ליארס כל ימי אבלה אבל גרושה תיארס מיד:
Sauf la veuve, à cause de l'iboul : elle est interdite de se fiancer pendant tous les jours de son deuil, mais une divorcée se fiancé aussitôt.
💡 Explication

Rabbi Yossi permet les fiançailles pour toutes, et réserve l'iboul à la veuve. Rachi : il s'écarte de l'anonyme, qui ferme même les fiançailles, et de Rabbi Yehouda, qui ouvre le mariage de la fiancée.

17
ואמרינן: רבי אליעזר לא על לבי מדרשא. אשכחיה לרבי אסי דהוה קאים. אמר ליה: מאי אמור בבי מדרשא? אמר ליה, הכי אמר רבי יוחנן: הלכה כרבי יוסי. מכלל דיחידאה פליג עליה?

Et nous disons : Rabbi Eliezer n'est pas entre au beit midrach. Il à trouvé Rabbi Assi qui se tenait debout.

Il lui à dit : qu'à-t-on dit au beit midrach ? Il lui à dit : ainsi à dit Rabbi Yo'hanan : la halakha est comme Rabbi Yossi.

En déduit-on qu'un seul diverge de lui ?

📜 Rachi (2)
הלכה כר' יוסי דמתיר ליארס מיד:
La halakha est comme Rabbi Yossi : qui permet de fiancer aussitôt.
ואמרינן מכלל דהך סתמא דתניא לעיל אחת ארוסות ואחת נשואות יחידאה היא:
Et nous disons : on en déduit que cet enseignement anonyme rapporté plus haut, fiancées comme mariées, est l'avis d'un seul.
💡 Explication

Rabbi Eliezer à manque la séance. Rabbi Assi lui rapporté le psak de Rabbi Yo'hanan : halakha comme Rabbi Yossi.

La question : ce psak suppose-t-il qu'un seul tanna s'y oppose ? Rachi : l'enseignement anonyme, fiancées et mariées doivent attendre, serait alors un yahid.

18
אין, והתניא: הרי שהיתה רדופה לילך לבית אביה, או שהיתה לה כעס עם בעלה, או שהיה בעלה זקן או חולה, או שהיתה היא חולה, עקרה, זקנה, קטנה ואיילונית, ושאינה ראויה לילד, או שהיה בעלה חבוש בבית האסורין, המפלת לאחר מיתת בעלה — כולן צריכין להמתין שלשה חדשים, דברי רבי מאיר. רבי יוסי מתיר ליארס ולינשא מיד.

Oui. Et l'on a enseigné : voici qu'elle était empressée d'aller à la maison de son père, où qu'elle avait de la colère avec son mari, où que son mari était vieux où malade, où qu'elle-même était malade, stérile, vieille, mineure, aylonit, où inapte à enfanter, où que son mari était enfermé en prison, où celle qui avorté après la mort de son mari : toutes doivent attendre trois mois.

Paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yossi permet de se fiancer et de se marier aussitôt.

📜 Rachi (7)
והתניא בניחותא:
Et l'on a enseigné : sur le ton de l'acquiescement.
רדופה לילך לבית אביה תדירה לדור בבית אביה בעיר אחרת ואינה רגילה עם בעלה:
Empressee d'aller à la maison de son père : elle réside d'ordinaire dans la maison de son père, dans une autre ville, et elle n'est pas habituellement avec son mari.
חולה ואינה מקבלת טורח תשמיש:
Malade : et elle ne supporte pas la peine des relations.
עקרה מחמת מזל שכבר נישאת לג' בני אדם ולא ילדה להן והוחזקה עקרה:
Stérile : du fait du mazal. Elle à déjà été mariée à trois hommes et n'a pas enfanté pour eux, et elle est tenue pour stérile.
איילונית ממעי אמה ויש לה סימנין שאין לה שערות ולא דדין ולשון איילונית דוכרניתא כאיל זה שאינו יולד:
Aylonit : des les entrailles de sa mère. Elle à des signes : elle n'a pas de poils et elle n'a pas de seins. Et le mot aylonit veut dire masculine, comme le bélier, qui n'enfante pas.
ושאינה ראויה לילד מחמת משקה סם:
Et celle qui n'est pas apte à enfanter : du fait d'une boisson de sam.
דברי ר"מ אלמא ר"מ הוא דגזר בההיא דפשיטא לן דאינה מעוברת וה"ה לארוסה:
Paroles de Rabbi Meir : il en ressort que c'est Rabbi Meir qui décrété dans ce cas où il est évident pour nous qu'elle n'est pas enceinte, et il en va de même pour la fiancée.
💡 Explication

Rabbi Assi répond oui. La baraita aligne des cas où la grossesse est écartée : absence, colère, âge, maladie, akara, mineure, aylonit, potion, prison, fausse couche après la mort.

Rabbi Meir maintient les trois mois. Rabbi Yossi permet fiançailles et mariage aussitôt. Rachi lit le mot vehataania en acquiescement : Meir est bien le yahid de la michna anonyme, y compris pour la fiancée.

19
למה לי? והא אמרת רבי מאיר ורבי יוסי — הלכה כרבי יוסי!

Pourquoi me le faut-il ? Or tu as dit : Rabbi Meir et Rabbi Yossi, la halakha est comme Rabbi Yossi !

📜 Rachi (1)
ולמה ליה לר' יוחנן למימר הלכה כר' יוסי דהא איהו גופיה כייל לעיל ר"מ ורבי יוסי הלכה כר' יוסי אלא ש"מ לא אמר ר' יוחנן להני כללי אלא הנך אמוראי אמרינהו מנפשייהו:
Et pourquoi lui faut-il, à Rabbi Yo'hanan, de dire que la halakha est comme Rabbi Yossi ? Car lui-même à formulé plus haut : Rabbi Meir et Rabbi Yossi, la halakha est comme Rabbi Yossi. Apprends-en plutôt que Rabbi Yo'hanan n'a pas dit ces principes : ce sont ces Amoraim qui les ont dits d'eux-mêmes.
🗂️ Tossefot (1)
הכי גרסינן רבי יוסי מתיר ליארס ולינשא מיד ואין להאריך כאן:
Ainsi nous lisons : Rabbi Yossi permet de se fiancer et de se marier aussitôt. Et il n'y a pas lieu d'allonger ici.
💡 Explication

Le klal Meir face à Yossi donnait déjà Yossi. Rabbi Yo'hanan n'avait pas à le redire. Rachi, à ce stade : les klalim viendraient d'autres Amoraim, pas de Rabbi Yo'hanan.

Tossefot ne développé pas le fond. Il fixe la leçon : Rabbi Yossi permet de fiancer et de marier aussitôt.

20
ומאי קושיא? דלמא לאפוקי מדרב נחמן אמר שמואל, דאמר: הלכה כרבי מאיר בגזירותיו.

Et quelle difficulté ? Peut-être pour écarter ce qu'à dit Rav Nahman au nom de Chmouel, car il à dit : la halakha est comme Rabbi Meir dans ses guezerot.

📜 Rachi (1)
ומאי קושיא דלמא אע"ג דכיילינהו ר' יוחנן איצטריך ליה למיפסק בהא משום דהוה רבי מאיר מחמיר ואמר שמואל הלכה כרבי מאיר בגזירותיו בכל מקום שהחמיר ואתא רבי יוחנן לאפוקי לדשמואל מיהא דבהא הלכה כרבי יוסי:
Et quelle difficulté, peut-être : bien que Rabbi Yo'hanan les ait formules, il lui fallait trancher dans ce cas, parce que Rabbi Meir est stringent, et Chmouel à dit : la halakha est comme Rabbi Meir dans ses décrets, partout où il est stringent. Rabbi Yo'hanan vient écarter Chmouel, du moins en ceci : ici la halakha est comme Rabbi Yossi.
💡 Explication

Le psak de Rabbi Yo'hanan à un emploi précis. Chmouel suit Rabbi Meir dans ses guezerot, la où il est stringent. Les trois mois sont de cet ordre.

Rabbi Yo'hanan les écarte ici : la halakha reste comme Rabbi Yossi. Les klalim, eux, peuvent demeurer.

21
אלא, מהא דתניא: הולכין ליריד של נכרים ולוקחים מהן בהמה ועבדים ושפחות, בתים שדות וכרמים, וכותב ומעלה בערכאות שלהן, מפני שהוא כמציל מידן.

Plutôt, de ceci que l'on a enseigné : on va à la foire des nokhrim et l'on achète d'eux une bête, des esclaves et des servantes, des maisons, des champs et des vignes, et il écrit et il dépose dans leurs tribunaux, parce que c'est comme sauver de leur main.

📜 Rachi (5)
ליריד שוק הנקבע ליום חג של גוים ולוקחין מהן בתים ושדות מפני שממעיטן אי נמי משום ישוב א"י:
À la foire : un marché fixe pour un jour de fête des nations. Et l'on achète d'eux des maisons et des champs parce qu'on les diminue, où bien à cause du peuplement de la Terre d'Israël.
בהמה ועבדים ושפחות מפני שמכניסן לקדושה:
Une bête, des esclaves et des servantes : parce qu'on les fait entrer dans la kedoucha.
ומעלה השטר:
Et il dépose : le document.
בערכאות שלהן לפני דייניהן לחתום ואע"פ שהוא חשיבות להן ואיכא למיחש דלמא אזלי ומודו אפ"ה שרי:
Dans leurs tribunaux : devant leurs juges, pour qu'ils signent. Et bien que ce soit un honneur pour eux, et qu'il y ait lieu de craindre qu'ils aillent et rendent grâce, malgré cela c'est permis.
מפני שהוא כמציל מידם שלא יחזור הגוי ויערער על המכירה:
Parce que c'est comme sauver de leur main : afin que le non-Juif ne revienne pas contester la vente.
💡 Explication

Dernier essai de la page, une baraita. À la foire des nokhrim on achète bêtes, esclaves, maisons, champs, vignes. On fait signer l'acte dans leurs arkhaot.

Rachi : on diminue leur bien, où l'on peuple la Terre ; bêtes et esclaves entrent dans la kedoucha ; l'acte empêche le vendeur de revenir sur la vente. L'honneur fait à leurs juges, et la crainte qu'ils rendent grâce, ne ferment pas le permis.

22
ואם היה כהן — מטמא בחוצה לארץ לדון ולערער עמהן. וכשם שמטמא בחוצה לארץ — כך מטמא בבית הקברות.

Et s'il était kohen, il se rend impur hors de la Terre pour plaider et contester avec eux. Et de même qu'il se rend impur hors de la Terre, ainsi il se rend impur dans un cimetière.

💡 Explication

La baraita étend le permis au kohen. Il contracte la touma de l'étranger pour le procès, et la phrase ajoute le cimetière. La guemara s'arrête sur ce mot.

23
בית הקברות סלקא דעתך?! טומאה דאורייתא היא!

Un cimetière, cela monterait à l'esprit ?! C'est une touma de la Tora !

📜 Rachi (1)
בית הקברות ס"ד הא עבר בלאו:
Un cimetière, cela monterait à l'esprit : il passerait sur un interdit.
💡 Explication

Salqa daatakh. Entrer au cimetière est une touma deoraita. Rachi : le kohen y passerait sur un lav. Les Sages n'ouvrent pas cet interdit pour un procès.

24
אלא בבית הפרס, דרבנן.

Plutôt, dans un beit ha-peras, d'ordre rabbinique.

💡 Explication

La baraita vise un beit ha-peras : zone où l'emplacement d'une tombe reste douteux, les restes ayant pu être dispersés. La touma est derabbanan. Le kohen peut y entrer pour ce procès.

25
ומטמא לישא אשה, וללמוד תורה. אמר רבי יהודה: אימתי — בזמן שאין מוצא ללמוד, אבל מוצא ללמוד — לא יטמא.

Et il se rend impur pour prendre femme, et pour étudier la Tora. Rabbi Yehouda à dit : quand ?

Quand il ne trouve pas où étudier. Mais s'il trouve où étudier, il ne se rendra pas impur.

📜 Rachi (1)
שאינו מוצא ללמוד בארצו:
Qu'il ne trouve pas où étudier : dans son pays.
💡 Explication

Deux autres sorties : prendre femme, étudier la Tora. Rabbi Yehouda limite l'étude au cas où il ne trouve pas de maître dans son pays. S'il en trouve, il ne sort pas.

26
רבי יוסי אומר: אף בזמן שמוצא ללמוד — נמי יטמא, לפי

Rabbi Yossi dit : même au temps où il trouve où étudier, il se rendra aussi impur, parce que

💡 Explication

Rabbi Yossi ouvre la sortie même quand un maître se trouve dans le pays. La phrase s'arrête sur לפי. La raison se lit en 47b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).