Sougya : La page achève la fosse d'eau entre deux tehoumim de Chabbat. Rabbi Hiyya exige une cloison de fer.
Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina en sourit. La Guemara écarte plusieurs motifs et retient le kal : les Hakhamim ont allégé pour l'eau, comme Rav l'a dit à Rabbi Tavlà pour une cloison suspendue.
S'ouvre ensuite la michna de celui qui n'a que quatre coudées. Rava y voit huit sur huit pour la marche, et quatre coudées pour déplacer un objet.
La mesure vient de "Demeurez chacun à sa place" : trois coudées de corps et une de plus, à la coudée de la personne, sauf le nain des membres. La fin compare deux ou trois personnes dont les coudées se recouvrent à trois cours qui erouvent avec celle du milieu.
une cloison de fer pour le couper. Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina en sourit.
Fin de la baraita de Rabbi Hiyya, ouverte en 47b sur le hères, la fosse d'eau entre deux tehoumim. Il faut une cloison de fer pour séparer l'eau. Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina en sourit.
Pourquoi sourit-il ? Si tu dis : parce qu'il l'enseigne comme Rabbi Yo'hanan ben Nouri, en houmera (sens strict), et que lui tient comme les Hakhamim, en koula (sens léger).
Et parce qu'il tient la koula, sourirait-il de celui qui enseigne la houmera ?
Première piste. Rabbi Yo'hanan ben Nouri fait acquérir une chevita au hefker : c'est la houmera. Les Hakhamim disent que le hefker n'acquiert pas de résidence : c'est la koula, celle de Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina.
La question reste ouverte : un avis léger ne fait pas sourire d'un enseignement strict.
Mais parce qu'on enseigné : les fleuves qui coulent et les sources qui jaillissent, les voici comme les pieds de tout homme.
Comme les pieds de tout homme : cette eau n'a pas fixe de chevita en un lieu. Celui qui la puise la porte la où lui-même peut aller. Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina lirait ainsi l'eau de la fosse, et la cloison de fer ne servirait à rien.
Et peut-être s'agit-il d'eaux rassemblées.
Eaux rassemblées : une eau stagnante, qui a pris place dans la fosse, à la différence du fleuve et de la source. La baraita des fleuves ne tranche pas le cas.
Mais parce qu'il enseigné : "il faut une cloison de fer pour le couper". Et en quoi les roseaux sont-ils différents, pour qu'ils ne [suffisent] pas ?
Parce que l'eau y entre. De fer aussi, l'eau y entre.
Le sourire vise la précision cloison de fer. Si les roseaux échouent parce que l'eau passe entre eux, le fer échoue aussi : l'eau passe par dessous.
Rachi : une cloison fait dix tefahim. Elle ne descend pas jusqu'au fond. Posée sur le fond, elle ne scellé pas l'eau.
Et peut-être dit-il : "il faut, et il n'a pas de remède".
Autre lecture de la baraita. Il faut une cloison de fer, et il n'y a pas de takana (remède) : aucune cloison ne scellé l'eau, donc on ne puise pas. Le texte n'enseignerait pas un moyen qui marche.
Parce que c'est un kal : les Hakhamim ont allégé pour l'eau.
Motif retenu. Sur l'eau, les Hakhamim ont posé un kal (allégeance) : une mehitsa de dix tefahim suffit, quelle qu'elle soit. Rachi : elle vaut même si l'eau passe dessus et dessous. La cloison de fer n'est pas exigée.
Le Roch en tire la halakha : même une cloison de roseaux permet. Il enchaîne ensuite tout le psak des quatre coudées, jusqu'au nain des membres.
Comme Rabbi Tavlà. Car Rabbi Tavlà à demandé à Rav : une cloison suspendue, permet-elle dans une ruine ?
Cloison suspendue : elle ne touche pas le sol. Rabbi Tavlà demande si, dans une hourva (ruine), on la considère comme descendant jusqu'au sol, au point d'en faire un reshout ha-yahid (domaine privé) où l'on peut déplacer.
Rachi rapproche les roseaux de cette cloison : l'eau qui passe dans l'intervalle est du même ordre que l'eau qui passe par dessous.
Il lui à dit : une cloison suspendue ne permet que dans l'eau. C'est un kal : les Hakhamim ont allégé pour l'eau.
Réponse de Rav. Dans une ruine, la cloison suspendue ne permet pas. Dans l'eau, elle permet, par le même kal. Dès roseaux, qui laissent passer l'eau, suffisent donc pour la fosse.
Et les Hakhamim disent : il n'a que quatre, etc. Rabbi Yehouda, c'est le premier tanna !
Nouvelle michna, celle de l'homme endormi en chemin. Les Hakhamim : il n'a que quatre coudées. Rabbi Yehouda : quatre coudées dans la direction qu'il choisit. La Guemara les trouve identiques.
Rachi : Rabbi Yehouda répété les Hakhamim qui contestent Rabbi Yo'hanan ben Nouri. Tossefot : Rabbi Eliezer conteste, il n'explique pas. L'objecteur, lui, lisait les quatre coudées du premier tanna comme un total, sur le modèle des quatre coudées du reshout ha-rabim.
Rabbeinou Hananel lit "les Hakhamim, c'est le premier tanna" du début du chapitre : qui n'a pas deux mille coudées à déjà ses quatre. Les nommer à nouveau serait de trop.
Rava à dit : huit sur huit, voilà ce qui les sépare. Une baraita à aussi été enseignée ainsi : il à huit sur huit, paroles de Rabbi Meir.
Huit sur huit : quatre coudées de chaque côté de la personne, elle au centre. C'est l'avis des Hakhamim, que la baraita met au nom de Rabbi Meir.
Rabbi Yehouda donne les quatre coudées dans une seule direction, au choix. Rachi ajoute son accord avec Rabbi Eliezer : un choix déjà fait, deux et deux, ou les quatre d'un seul côté, ne se reprend pas.
Et Rava à dit : le différend porte sur la marche. Mais pour déplacer, tous conviennent : quatre coudées, oui ; davantage, non.
Deux registres. Lehekh (marcher) : le différend de huit sur huit reste ouvert. Letaltel (déplacer un objet) : tous limitent à quatre coudées.
Rachi, sur le même mot, rappelle l'autre écart : Rabbi Yehouda mesure des coudées exactes, Rabbi Meir des coudées larges, parce que mains et pieds étendus dépassent une coudée.
Et ces quatre coudées, où sont-elles écrites ?
La Guemara cherche le verset d'où viennent les quatre coudées dans lesquelles on se tient le Chabbat.
Comme on l'enseigne : "Demeurez chacun à sa place", comme sa place. [Et combien est sa place ?] Son corps, trois coudées, et une coudée pour étendre ses mains et ses pieds, paroles de Rabbi Meir.
Rabbi Yehouda dit : son corps, trois coudées, et une coudée pour qu'il prenne un objet de sous ses pieds et le pose sous son chevet.
Baraita sur Chemot 16, 29 : chevou ich tahtav, demeurez chacun à sa place, lu comme sa place. Le corps compte trois coudées. La quatrième sert, pour Rabbi Meir, à étendre mains et pieds ; pour Rabbi Yehouda, à déplacer un objet des pieds vers le chevet.
Tossefot : ces trois coudées sont sans la tête. Le fardeau des fils de Kehat, porte à l'épaule, reste au-dessus de dix tefahim si l'on part de dix-huit tefahim de corps, une fois retirés les deux tiers de l'arche qui pendent sous la barre. Le mikve d'une coudée sur une coudée en hauteur de trois coudées compte avec l'eau qui monte et la tête un peu inclinée. Les fils d'Haman, pendus sur trois coudées dans le Targoum, sont décapites.
Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux : quatre coudées exactes.
Metzoumtzamot : des coudées juste comptées, sans surplus. Rachi, plus haut, donne les exactes à Rabbi Yehouda et les larges à Rabbi Meir, parce que l'extension des mains et des pieds dépasse une coudée.
Rav Mecharchia à dit à son fils : quand tu entreras devant Rav Papa, demande-lui : les quatre coudées dont ils ont parlé, les lui donnons-nous à sa coudée à lui, où les lui donnons-nous à la coudée du Sanctuaire ?
Deux mesures. Ama didia : la coudée de son propre avant-bras. Ama chel kodech : la coudée du Sanctuaire, la même pour chacun.
S'il te dit : nous lui donnons les coudées du Sanctuaire, que deviendra Og, roi du Bachane ? Et s'il te dit : nous les lui donnons à sa coudée à lui, dis-lui : pourquoi ne l'enseigne-t-on pas parmi "il y a des cas dont ils ont dit : tout est selon ce qu'est l'homme" ?
Rav Mecharchia armé son fils de deux objections. Coudée fixe du Sanctuaire : Og, dont le corps dépasse tout le monde, n'a plus sa place. Coudée de chacun : la règle aurait dû figurer dans la michna de Kelim où les mesures suivent la personne, poignée, paumes, gorgée, deux repas d'erouv.
Quand il vint devant Rav Papa, celui-ci lui dit : si nous étions précis à ce point, nous n'enseignerions pas.
Rav Papa refuse le degré de précision. Rachi élargit : à ce compte, aucune finesse du Talmud ne trouverait de réponse, et l'on n'enseignerait plus.
En fait, nous les lui donnons à sa coudée à lui. Et ce qui t'était difficile : pourquoi ne l'enseigne-t-on pas parmi "il y a des cas dont ils ont dit" ?
Parce que la chose ne se tranche pas pour lui, puisqu'il existe un nain dans ses membres.
La halakha : coudée à lui. Elle manque dans la liste de Kelim parce qu'elle n'est pas uniforme. Le nain des membres à un corps moyen et un avant-bras court : Rachi lui donne la coudée du Sanctuaire, sinon ses quatre coudées ne couvrent pas sa place.
S'il y avait deux, une partie des coudées de celui-ci, etc. Pourquoi lui faut-il dire : "à quoi cela ressemble-t-il" ?
Michna suivante. Deux personnes dont une partie des quatre coudées de l'une entre dans celles de l'autre : elles mangent dans la partie commune, et chacune ne porte pas de son carré dans celui de l'autre.
À trois, celui du milieu, englobe entre les deux, est permis avec chacun. Les deux du bord restent interdits entre eux. Rabbi Chimon compare cela à trois cours. La Guemara demande pourquoi l'image est nécessaire.
Voici ce que Rabbi Chimon dit aux Hakhamim : après tout, à quoi cela ressemble-t-il ? À trois cours ouvertes l'une sur l'autre, et ouvertes sur le domaine public.
Qu'est-ce qui distingue la-bas, où vous contestez, et qu'est-ce qui distingue ici, où vous ne contestez pas ?
Rabbi Chimon parle aux Hakhamim. L'image n'est pas un ornement : la-bas, pour les cours, vous contestez ; ici, pour les personnes, vous ne contestez pas. Rachi : plus bas, les Hakhamim interdisent les trois cours entre elles.
Tossefot : l'ouverture sur le reshout ha-rabim est nécessaire. Sans elle, la cour qui a une drissat ha-regel (droit de passage) sur l'autre l'interdit, et le cas d'erouv ne se pose plus de la même façon.
Et les Hakhamim : la-bas, les habitants sont nombreux. Ici, les habitants ne sont pas nombreux.
Réponse des Hakhamim. Avchei diourin : des habitants nombreux. Dans les cours, on craint qu'ils portent d'une extérieure à l'autre par le milieu. Trois personnes se préviennent les unes les autres. La comparaison de Rabbi Chimon ne force pas la même halakha.
Et les deux extérieures, etc. Et pourquoi ?
Puisque les extérieures ont erouve avec celle du milieu, elles sont devenues une seule !
La michna interdit les deux cours extérieures entre elles, bien que chacune ait erouve avec le milieu. L'objection : un erouv commun devrait en faire un seul domaine.
Rachi décrit la procédure. Dans une cour, chaque maison est à son habitant, la cour est à tous : on erouve, et l'erouv est posé dans une maison. Pour unir deux cours, on déplace cet erouv dans une maison de l'autre cour. L'objecteur suppose que les deux extérieures ont posé leur erouv au milieu. La phrase sur la mission de l'extérieure ne se lit pas ici : elle vient plus bas.
Rav Yehouda à dit : par exemple, celle du milieu à placé son erouv dans celle-ci, et son erouv dans celle-là.
Rav Yehouda change le lieu de l'erouv. Le milieu pose un erouv dans chaque extérieure. Il réside alors chez elles. Elles, elles n'ont pas leur résidence au milieu, et restent interdites entre elles.
Et Rav Chechet à dit : même si tu dis qu'elles ont place leur erouv dans celle du milieu, par exemple qu'elles l'ont place
Rav Chechet tient le cas même si les extérieures ont posé leur erouv au milieu. La phrase s'arrête sur "par exemple qu'elles l'ont place" : la suite est en 48b, sur la façon dont cet erouv à été dépose.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).