Sougya : Le daf ouvre sur la derniรจre diffรฉrence entre Chmouel et Rabba : le mineur. Abaye objecte, par la beraita des cinq qui ont collecte leur erouv, et Rabba rรฉpond que celui qui porte agit en chalia'h de tous.
Rav tranche la halakha comme Rabbi Chimon pour les trois cours. La michna passe au voyageur surpris par la nuit : sous l'arbre, il n'a rien dit ; au tronc, il marche quatre mille coudรฉes.
Les deux mille sont rondes selon Rabbi Hanina ben Antignos, carrรฉes selon les Hakhamim. Le pauvre erouve avec ses pieds.
Rav lui refuse mรชme le dessous de l'arbre ; Chmouel le lui laisse, et ce dessous devient hamar gamal.
Et un mineur.
Dernier mot de la nafka mina ouverte en 49a, entre Chmouel (l'erouv vaut par le kinyan) et Rabba (il vaut par la dira). Le cas est un katan, un mineur, qui collecte l'erouv des habitants de la cour et le dรฉpose dans une maison.
Selon Rachi, lu par Tossefot : faute d'รชtre bar kinyan, le mineur ne peut pas servir de chalia'h. Selon Rabba, le pain lui-mรชme fait rรฉsider tout le monde, et l'erouv vaut.
Tossefot trouvent cette lecture รฉtroite. Rav Houna laisse un mineur collecter l'erouv, et Chmouel lui-mรชme, ร Gittin 64b, laisse un mineur faire acquรฉrir dans un chitouf de ruelle. Rabbeinou Tam, avec Rabbeinou Hananel, lit ici la maison du mineur. La halakha suit Rabba, car Rabbi Yo'hanan, ร Erouvin 66a, traitรฉ l'erouv comme valable en dessous d'une perouta, et la Guemara le prend ainsi.
Abaye lui ร dit, ร Rabba : pour toi c'est difficile, et pour Chmouel c'est difficile. Car on a enseignรฉ : cinq qui ont collecte leur erouv, quand ils portent leur erouv vers un autre lieu, un seul le porte pour eux tous.
C'est lui qui acquiert, et rien de plus. C'est lui qui rรฉside, et rien de plus.
Abaye serre les deux principes ร la fois. Une beraita : cinq ont dรฉjร mis leur erouv en commun. Pour erouver ensuite avec une autre cour, un seul porte le pain pour tous.
Si l'erouv est un kinyan, seul le porteur acquiert. Si c'est une dira, seul le porteur rรฉside. Les quatre autres sembleraient rester dehors. Rachi ajoute : mรชme un pain qui n'est qu'ร lui sert pour tous, des lors qu'il ร dรฉjร erouve avec eux.
Le Roch place ici le dossier du bitoul reshout, l'annulation du droit. Il cite cette beraita pour l'hรฉritier qui habitait avec son pรจre : un seul peut porter l'erouv de tous. La halakha : l'hรฉritier annule, comme Rav Nahman. Beit Hillel permettent le bitoul aprรจs la nuit, car c'est un retrait, non une acquisition.
Il lui ร dit : pour moi, pas de difficultรฉ, et pour Chmouel, pas de difficultรฉ. Il accomplit la chelihout de tous.
Rรฉponse de Rabba. Celui qui porte n'acquiert pas, et ne rรฉside pas, pour lui seul. Il fait la chelihout (mission) de chacun des cinq.
Le kinyan de Chmouel et la dira de Rabba passent donc aux autres par ce mandat. La beraita ne serre plus ni l'un ni l'autre.
Rabba ร dit que Rav Hama bar Gourya ร dit que Rav ร dit : la halakha est comme Rabbi Chimon.
Psak sur les trois cours de 49ร . Rav, par Rav Hama bar Gourya et Rabba : la halakha suit Rabbi Chimon.
Rachi : la cour du milieu est permise avec les deux extรฉrieures, et les extรฉrieures sont permises avec elle. D'une extรฉrieure ร l'autre, le transport reste interdit.
Michna. Celui qui vient en chemin et pour qui la nuit tombe, qui connaissait un arbre oรน une clรดture, et qui a dit : ma chevita est sous lui, n'a rien dit.
Nouvelle michna. Un homme est en route. La nuit de Chabbat tombe. Il connaรฎt un arbre oรน une clรดture (gader, un mur de pierres), place ร deux mille coudรฉes de l'endroit oรน il se tient, et ร deux mille de sa maison.
S'il dit : ma chevita est sous lui, sous le feuillage, sans fixer le point, il n'a rien dit. Rachi renvoie la raison ร la Guemara. S'il avait dรฉsigne le lieu, ces deux mille jusqu'ร l'arbre resteraient marchables aprรจs l'entrรฉe du jour, parce que ce lieu est sa chevita, et deux mille autres partiraient de la vers la maison.
Tossefot portent sur la clause plus loin, ma chevita est ร ma place. Le Ri : celui qui est รฉveillรฉ acquiert mรชme sans le dire, des lors que les Hakhamim ne divergent de Rabbi Yo'hanan que pour celui qui dort. Le mot et il ร dit vise la fin de la michna, le pauvre qui erouve avec ses pieds, et le cas pareil du cerf, ร Bava Metsia 11a.
Ma chevita est ร son tronc : il marche du lieu de ses pieds jusqu'ร son tronc deux mille coudรฉes, et de son tronc jusqu'ร sa maison deux mille coudรฉes. Il se trouve qu'il marche, aprรจs la nuit, quatre mille coudรฉes.
Deuxiรจme formule : be-ikaro, au tronc, un point dรฉsigne. La chevita est acquise la.
De ses pieds au tronc, deux mille. Du tronc ร la maison, deux mille. Aprรจs la tombรฉe de la nuit, le trajet permis est de quatre mille coudรฉes.
S'il ne le connaรฎt pas, oรน s'il n'est pas expert dans la halakha, et qu'il ร dit : ma chevita est ร ma place, sa place lui acquiert deux mille coudรฉes de chaque cรดtรฉ.
Deux cas oรน il ne vise pas l'arbre. Il ne reconnaรฎt aucun repรจre. Ou il n'est pas baki ba-halakha : il ignore qu'on peut fixer une chevita ร distance, et il ne le dit donc pas.
Il dit : ma chevita est ร ma place. L'endroit oรน il se tient lui donne deux mille coudรฉes le-khรดl ruah, de chaque cรดtรฉ.
La premiรจre glose de Rachi porte encore sur le tronc : la dรฉsignation du point fait la chevita, et elle ouvre deux mille des deux cรดtรฉs. La derniรจre annonce la mesure ronde oรน carrรฉe, au segment suivant. Rachi dit que la Guemara l'expliquera ; sur cet amoud, la michna pose dรฉjร les deux avis.
Rondes, paroles de Rabbi Hanina ben Antignos. Et les Hakhamim disent : carrรฉes, comme une tablette carrรฉe, afin qu'il gagne les angles.
Comment tracer les deux mille. Rabbi Hanina ben Antignos : en cercle, le rayon part de la chevita. Les Hakhamim : en carrรฉ, ke-tavla merouba'at, comme une tablette carrรฉe, afin qu'il gagne les angles. Jusqu'ร la pointe, le trajet dรฉpasse le rayon du cercle.
Le Roch se sert de cette mesure pour Rabbi Eliezer et Rabbi Yossi, sur un enclos plus long que le double de sa largeur. Rabbi Eliezer mesure la diagonale, comme le cercle de Rabbi Hanina. Rabbi Yossi mesure le carrรฉ, comme les Hakhamim, et la cour du Michkan, cent sur cinquante, reste permise. La suite du Roch est le psak du karpef : sรจme en majoritรฉ, il est interdit ; plante en majoritรฉ, il est permis. La halakha suit Rav Nahman, mรชme sans itstevaot.
Et voici ce qu'ils ont dit : le pauvre erouve avec ses pieds. Rabbi Meir ร dit : nous, nous n'avons que le pauvre.
Rabbi Yehouda dit : le pauvre comme le riche. Ils n'ont dit d'erouver avec du pain que pour allรฉger le riche, afin qu'il ne sorte pas erouver avec ses pieds.
La michna rattache ce cas ร la rรจgle connue : ha-ani me'arev be-raglav, le pauvre erouve avec ses pieds. Sans pain, il marche dans son techoum et dรฉclare : ici est ma rรฉsidence.
Rabbi Meir rรฉserve cela au pauvre, celui qui n'a pas le pain de deux repas. Rabbi Yehouda : le riche aussi. Le pain n'a รฉtรฉ dit que pour l'allรจgement du riche : il envoie un chalia'h dรฉposer le pain, au lieu de sortir lui-mรชme jusqu'au techoum. Aller sur place, sans pain, lui reste ouvert.
Guemara. Que signifie : il n'a rien dit ?
La Guemara reprend la formule de la michna, lo amar kloum. Que perd-il au juste, lorsqu'il ร dit ma chevita est sous lui, sans dรฉsigner le point ?
Rav ร dit : il n'a rien dit du tout, car mรชme vers le dessous de l'arbre il ne peut pas aller.
Rav lit la michna au plus serre. Lo amar kloum klal : il n'a rien dit du tout. Il ne va mรชme pas sous l'arbre. Au lieu de ses pieds, il ร retire sa pensรฉe. Sous le feuillage, il n'a pas dรฉsigne quelles quatre coudรฉes. Sans lieu fixe, pas de chevita. Il reste sur place.
Rachi prรฉparรฉ dรฉjร Chmouel, au segment suivant. Tout le feuillage est dans les deux mille de ses pieds : chaque groupe de quatre coudรฉes sous l'arbre ramรจne jusqu'ร ses pieds. Vers la maison, le doute sur le point choisi fait dรฉpasser les deux mille, de toute la largeur du feuillage.
Tossefot comparent avec l'erouv qui roule hors du techoum, Erouvin 35a. La, on ne l'immobilise pas : il n'a pas quitte par la pensรฉe le techoum de sa ville. Le Roch rรฉsume la michna, puis les deux avis, et donne deux raisons de Rav : le lieu n'est pas dรฉsigne ; oรน bien ce qui ne s'acquiert pas l'un aprรจs l'autre ne s'acquiert pas d'un seul coup. On ne prend pas deux chevitot ensemble. La suite est au daf 50b.
Et Chmouel ร dit : il n'a rien dit quant ร sa maison, mais vers le dessous de l'arbre il peut aller.
Chmouel coupe la formule en deux. Pour sa maison, au-delร de l'arbre, il n'a rien dit : le point sous le feuillage reste douteux, et la maison peut tomber hors des deux mille.
Sous l'arbre, il peut aller. Chaque emplacement possible sous le feuillage est encore dans les deux mille de ses pieds, quand tout le houppier est compris dans cette distance.
Et le dessous de l'arbre devient hamar gamal.
Hamar gamal : ร la fois conducteur d'รขne, qui pousse par derriรจre, et conducteur de chameau, qui tire par devant. Le feuillage tire la chevita des deux cรดtรฉs, parce que n'importe quel groupe de quatre coudรฉes sous l'arbre peut รชtre le lieu choisi.
Rachi prend une largeur de vingt oรน trente coudรฉes. C'est cette bande que la mesure va perdre, au segment suivant.
S'il vient mesurer depuis le nord, on mesure pour lui depuis le sud. S'il vient mesurer depuis le sud, on mesure pour lui depuis le nord.
Application du hamar gamal, selon la premiรจre lecture de Rachi, qu'il retient. Le nord est le cรดtรฉ de la maison. Le sud, le cรดtรฉ des pieds.
S'il veut mesurer vers la maison, depuis le bout nord du feuillage, on mesure depuis le sud : peut-รชtre ร -t-il choisi les quatre coudรฉes les plus proches de ses pieds. La maison reste alors trop loin de toute la largeur de l'arbre, trente coudรฉes dans l'exemple.
S'il veut revenir en arriรจre, on fait l'inverse : peut-รชtre ร -t-il choisi les quatre coudรฉes du bout nord. De la ร ses pieds, les deux mille sont dรฉjร employรฉs. Vers la maison, de toute faรงon, il garde quatre mille moins cette largeur.
Rachi rapporte ensuite une autre version, et il l'รฉcarte. Elle faisait acquรฉrir Chmouel les deux lieux ร la fois, les pieds et l'arbre. La question de la Guemara porte sur la raison de Rav, le hamar gamal est attribuรฉ au dessous de l'arbre, et nord et sud ne se disent bien que d'un seul lieu.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).