Sougya : Rabba expliqué pourquoi, selon Rav, celui qui dit "ma chevita est sous l'arbre" n'acquiert rien. Première version : il n'a pas précisé quelles quatre coudées.
Deuxième version : ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre ne peut pas se faire d'un seul coup. La différence apparaît s'il dit "quatre coudées parmi huit".
Abaye met ensuite le principe à l'épreuve sur la dîme du grain, la dîme du bétail, et la toda abattue sur quatre-vingts pains.
Rabba à dit : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il n'a pas précisé son lieu.
Suite de 49b. Rav tient que shevitati tahtav, "ma chevita est sous l'arbre", n'a rien acquis, même pour marcher sous le feuillage. Rabba, dans cette première version, donne la raison : le lieu n'est pas précisé. Une chevita est un bloc de quatre coudées. Sous un arbre plus large, aucune de ces quatre coudées n'a été désignée.
Rachi rappelle d'abord Chmouel, pour qui l'acquisition à bien eu lieu. On ignore seulement quel bloc. On mesure alors contre lui, yado al ha-tahtona : il perd la largeur de l'arbre sur les quatre mille coudées. Le Roch reprend les deux avis, puis les deux raisons de Rabba, et renvoie la suite au daf 50b.
Et certains disent : Rabba à dit : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il tient : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.
Deuxième version du même enseignement de Rabba. La raison de Rav est un principe : kol she-eino be-zeh ahar zeh, afilou be-vat ahat eino. On ne peut pas fixer la chevita au nord, puis la reporter au sud. Dire les deux blocs d'un seul coup ne les fait pas acquérir.
Tossefot maintiennent le principe comme règle générale, y compris pour Chmouel. Sur les techoumin, d'institution rabbinique, on allège. La michna de Kiddouchin 50b, fiancer une femme et sa fille, ne se lit que selon Rabba : la halakha du principe dépasse donc ce daf.
Autre lecture de Tossefot : "sous l'arbre" veut déjà dire quatre coudées parmi huit. Chmouel refuse seulement celui qui réclame les huit coudées entières. Et celui qui erouve vers deux directions garde dans son intention une issue vers une seule : une des deux chevitot est acquise.
Quelle est la différence entre eux ? Il y a entre eux celui qui a dit : "Acquiers pour moi quatre coudées parmi huit."
Mai beinehou : où les deux versions de Rabba se séparent. L'homme ne dit plus "sous l'arbre" sans mesure. Il demande quatre coudées parmi huit, c'est-à-dire un seul bloc, pris dans un dessous plus large.
Celui qui dit que c'est parce qu'il n'a pas précisé son lieu : ici non plus, il n'a pas précisé son lieu.
Selon la première version, la formule "quatre parmi huit" laisse encore le choix ouvert. On ignore quelles quatre coudées. Le lieu n'est pas désigné, et il n'acquiert rien.
Et celui qui dit que c'est à cause de "tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas" : celui-ci est comme quatre coudées, car ici il à parlé de quatre coudées.
Selon la deuxième version, "quatre parmi huit" est une chevita ordinaire. Il n'a demandé qu'un seul bloc de quatre coudées. Le principe ne le bloque pas, et il acquiert.
Le premier Rachi explique le principe sur la formule large, "sous l'arbre" : le nord puis le sud est impossible, donc les deux d'un coup aussi. Le second Rachi fixe le chiffre : plus loin, le dessous mesure huit coudées.
Tossefot, par le Ri, séparent ce principe de la temoura d'une ola et de chelamim. Là-bas, les deux saintetés peuvent aboutir : l'animal paît, on le vend, l'argent se partage entre ola et chelamim. Ici, un bloc acquis exclut l'autre. Même écart pour fiancer une femme et sa fille, et pour confirmer et annuler le même vœu.
Pour en revenir au corps de l'enseignement. Rabba à dit : toute chose qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.
Abaye à objecté à Rabba : celui qui augmente les dîmes, ses fruits sont en règle, et ses dîmes sont gâtées.
Goufa : la Guemara quitte la chevita et examine le principe lui-même. Abaye objecte par la dîme du grain. Celui qui prélève plus que le dixième, par exemple un sur cinq ou un sur huit, à mis ses fruits en règle. La part appelée dîme est gâtée.
Rachi : le verset fixe la dîme à un dixième. Le surplus reste du tevel mélange dans ce qu'on remet au Levi. La terouma, elle, n'a pas de taux écrit : œil généreux, œil serré, où entre les deux.
Pourquoi ? Que l'on dise : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.
L'objection serre le principe. Après une dîme correcte, un second appel du nom sur du houlin déjà en règle ne prend pas. La suite est donc impossible. Faire les deux d'un seul coup devrait, selon Rabba, échouer aussi, y compris sur la part qui était apte à la dîme. Les fruits devraient rester du tevel.
Rachi ramène à l'arbre : tant qu'on n'a pas dit "quatre" explicitement, on n'acquiert pas quatre coudées parmi huit. Ici, le surplus dit en même temps que la dîme devrait bloquer jusqu'au dixième valable.
La dîme est différente, car elle existe par moitiés. S'il à dit : "Que la moitié de chaque grain de blé soit consacrée", elle est consacrée.
Réponse de la Guemara. La dîme du grain existe par moitiés. On peut consacrer la moitié de chaque grain. Quand on prélève le double, Rachi lit ainsi : chaque grain écarté est moitié dîme, moitié tevel. Le dixième du total à bien été nommé, donc les fruits restants sont en règle. La part du Levi est gâtée, parce qu'on ne sépare pas les deux moitiés du grain. La chevita, elle, exige quatre coudées d'un seul tenant.
Tossefot trouvent l'objection suivante trop large : si la dîme du bétail existait aussi par moitiés, on ne parlerait pas d'un dixième et d'un onzième entiers et mélangés. Ils répondent que la question posée, "pourquoi les deux sont consacrées entièrement", vise une sainteté complète, que le modèle des moitiés ne porterait pas.
Le Ri lit "par moitiés" autrement : on peut le faire l'un après l'autre. Une sea, puis l'autre, chacune pour la moitié de chaque grain. Puisque la suite existe, le simultané existe : une sea est dîme, l'autre reste tevel.
La dîme du bétail, elle, n'existe pas par moitiés.
Nouvelle objection, en un mot qui s'ouvre sur la suite. La dîme du bétail ne prend pas sur une moitié de bête. Le verset veut le dixième entier, celui qui passe sous la baguette.
Rachi déploie le dossier. Appeler le dixième, puis le onzième, ne consacré pas le onzième. Les appeler ensemble consacré pourtant l'un des deux d'une dîme complète, et l'autre au rang du onzième devenu chelamim. On ignore lequel. Rachi fait donc faire à chacune la semikha et la tenoufa, sans bénédiction, pour ne pas bénir en vain, et il apporte les libations d'un seul sacrifice sous condition.
Et Rabba à dit : deux sont sortis au rang du dixième, et il les a appelés dixième. Le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre.
Suite de l'objection. Rabba lui-même, à Bekhorot : deux bêtes sortent ensemble au passage du dixième, et il les nomme toutes deux dixième. L'une porte la dîme, l'autre le statut du onzième. Elles sont mélangées. Or la suite ordinaire, dixième puis onzième, ne consacré pas le onzième. Le simultané, lui, consacré. C'est l'inverse du principe.
Tossefot écartent l'idée que l'une serait simplement sortie la première, le dixième se consacrant seul, sans parole. Rabba aurait alors parle d'un mélange de dixième et de houlin, car le onzième nommé après un vrai dixième reste profane. Il tient donc qu'une sortie vraiment simultanée est possible. La première lecture est, pour Tossefot, la principale.
L'autographe de Rachi, cité ici, règle autrement que la glose imprimée du segment précédent. Les dons du sang différent : quatre pour les chelamim, un pour la dîme. Les deux bêtes paissent jusqu'au défaut. On rachète le statut de chelamim sur l'argent du plus beau, et l'on mange les deux selon la dîme.
La dîme du bétail est différente, car elle existe l'un après l'autre en cas d'erreur.
Réponse. Le principe ne vise que ce qui échoue même en suite. Pour la dîme du bétail, la suite existe en cas d'erreur. Le onzième mal nommé devient chelamim. Puisqu'un second appel peut prendre après le premier, deux appels d'un seul coup peuvent prendre aussi : l'un est dîme complète, l'autre est ce onzième de l'erreur.
Comme nous l'avons appris : s'il à appelé le neuvième dixième, le dixième neuvième, et le onzième dixième, les trois sont consacrés.
La michna de Bekhorot pose le cas d'erreur. Le neuvième, nommé dixième, est consacré par la parole. Le dixième, même nommé neuvième, est le vrai dixième. Le onzième, nommé dixième, est consacré et sera offert en chelamim. Trois saintetés, l'une après l'autre, parce que la parole s'est trompée.
Mais il y a la toda (sacrifice de reconnaissance), qui n'existe pas en cas d'erreur, et qui n'existe pas l'un après l'autre. Et il à été dit : une toda qu'on a abattue sur quatre-vingts pains, Hizkiya à dit : quarante parmi les quatre-vingts lui ont été consacrés.
Rabbi Yo'hanan à dit : quarante parmi les quatre-vingts ne lui ont pas été consacrés.
Troisième objection. Les quarante pains de la toda échouent dans les deux voies qui avaient sauve la dîme du bétail. L'erreur ne consacré pas : un hekdech ta'out n'est pas un hekdech. La suite non plus : quarante pains déjà pris par l'abattage, puis quarante autres, ces autres restent profanes.
Pourtant, si l'on abat la toda sur quatre-vingts pains d'un seul coup, Hizkiya dit que quarante d'entre eux sont consacrés, et Rabbi Yo'hanan dit que non. Rachi rappelle que c'est la shehita qui consacre le pain, Menahot 78b.
Mais on a dit à ce sujet : Rabbi Zeira a dit : tous conviennent, là où il à dit "que quarante parmi quatre-vingts soient consacrés", qu'ils sont consacrés ; "que quarante ne soient consacrés que si quatre-vingts le sont" : tout le monde s'accorde à dire qu'ils ne sont pas consacrés.
Rabbi Zeira retire la mahloket des deux formules explicites. "Quarante parmi quatre-vingts" : tous disent que ces quarante sont consacrés. "Quarante seulement si les quatre-vingts le sont" : tous disent que rien n'est consacré, car les quatre-vingts ne peuvent pas l'être ensemble.
Rachi rapproche la première formule du "quatre parmi huit" de la chevita : dès qu'on a nommé la mesure juste, l'acquisition à lieu.
Lorsqu'ils divergent, c'est dans le cas sans précision. L'un tient : il vise une garantie, et c'est à condition qu'il les a apportés.
La divergence ne reste que dans le cas stam, sans formule. Un maître lit l'intention comme une ahariout, une garantie : les pains en trop sont là pour le cas où une moitié serait perdue où impure. Rachi : cette intention est la formule "quarante parmi quatre-vingts", sur laquelle tous conviennent que la consécration à lieu.
Le segment s'arrête sur ce maître. L'autre lecture du cas sans formule est au daf 50b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).