Eruvin 50à - Deux raisons de Rav, et ce qui ne vaut pas l'un après l'autre

Eruvin 50a

Sougya : Rabba expliqué pourquoi, selon Rav, celui qui dit "ma chevita est sous l'arbre" n'acquiert rien. Première version : il n'a pas précisé quelles quatre coudées.

Deuxième version : ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre ne peut pas se faire d'un seul coup. La différence apparaît s'il dit "quatre coudées parmi huit".

Abaye met ensuite le principe à l'épreuve sur la dîme du grain, la dîme du bétail, et la toda abattue sur quatre-vingts pains.

Pourquoi Rav dit-il qu'il n'acquiert rien sous l'arbre ? La chevita est un bloc de quatre coudées. L'arbre en a huit. Dessous de l'arbre : huit coudées quatre coudées, nord quatre coudées, sud Version 1 Il n'a pas précisé le lieu. On ne sait pas lesquelles des quatre coudées. Sans lieu désigné, il n'acquiert rien. Version 2 Pas l'un après l'autre, donc pas d'un seul coup. Le nord, puis le sud : impossible. Les deux ensemble : non plus. Les deux versions aboutissent au même cas : Shevitati tahtav, ma chevita est sous l'arbre, sans choisir un bloc de quatre coudées. Selon Rav, il n'a rien dit.
Deux versions de Rabba. Sans bloc désigné, Rav dit qu'aucune chevita n'est acquise sous l'arbre.
Le principe de Rabba, mis à l'épreuve Tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre ne peut pas se faire d'un seul coup. Principe : si la suite est impossible, le simultané l'est aussi. Dîme du grain Elle existe par moitiés. Chaque grain peut être consacré à moitié. Les fruits restent en règle. La dîme remise au Levi est gâtée. Dîme du bétail Pas de moitié de bête. En erreur, la suite existe : 9e, 10e, 11e appelés de travers, tous trois sont consacrés. Deux ensemble : mélange. Pains de la toda Ni l'erreur, ni la suite. Sur 80 pains : Hizkiya, 40 sont consacrés. Rabbi Yo'hanan, non. Rabbi Zeira : ils ne divergent que dans le cas sans formule. La réponse suit le domaine : moitiés, erreur, où formule explicite.
Abaye éprouve le principe sur trois domaines. La réponse change avec le domaine.
Toda abattue sur quatre-vingts pains Quarante pains accompagnent la toda. Ici, on en a posé quatre-vingts. Formule : que 40 parmi 80 soient consacrés. Tous conviennent : les quarante sont consacrés. Formule : 40 seulement si les 80 le sont. Tous conviennent : rien n'est consacré. Sans formule. C'est la seule divergence. Un maître : il vise une garantie (ahariout). Il les a apportés à condition : si une moitié est perdue où impure, l'autre suffit. Rachi : cette intention équivaut à la formule que quarante parmi quatre-vingts soient consacrés. Donc, selon ce maître, quarante pains sont consacrés. L'autre lecture du cas sans formule se poursuit au daf 50b.
Sur les pains de la toda, la formule explicite fait l'unanimité. Le cas sans formule reste ouvert.
1
אמר רבה: מאי טעמא דרב — משום דלא מסיים אתריה.

Rabba à dit : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il n'a pas précisé son lieu.

📜 Rachi (2)
מאי טעמא דרב בשלמא לשמואל ללישנא קמא מיסתברא מילתיה דמכל מקום קנה שביתה תחת האילן אבל אין אנו יודעין איזו ד' אמות קנה הלכך ידו על התחתונה ומפסיד מארבע' אלפים כשיעור תחתיו של אילן בא למדוד מכאן מודדין לו מכאן:
Quelle est la raison de Rav ? Cela se comprend pour Chmouel, selon la première version : dans tous les cas, il à acquis une chevita (résidence de Chabbat) sous l'arbre, mais nous ne savons pas quelles quatre coudées il à acquises. Dès lors, sa main est en dessous : on retient contre lui la mesure la plus étroite, et il perd, sur les quatre mille, la mesure du dessous de l'arbre. S'il vient mesurer de ce côté-ci, on mesure pour lui de ce côté-là.
משום דלא סיים אתריה וכיון דלא סיים לא קני ליה מידי:
Parce qu'il n'a pas précisé son lieu. Et puisqu'il n'a pas précisé, il n'acquiert rien du tout.
⚖️ Rosh (1)
גמ' מאי לא אמר כלום. אמר רב לא אמר כלום כל עיקר דאפילו לתחתיו של אילן לא מצי אזיל. ושמואל אמר לא אמר כלום לביתו אבל לתחתיו של אילן מצי אזיל. פי' בכל מה שיניח אותו תחתיו של אילן לילך כדמפרש ואזיל ונעשה תחתיו של אילן חמר גמל בא למדוד מן הצפון מודדין לו מן הדרום בא למדוד מן הדרום מודדין לו מן הצפון. אמר רבה מאי טעמא דרב. משום דלא מסיים אתריה. איכא דאמרי מאי טעמא דרב משום דקסבר כל שאין בזה אחר זה אפילו בבת אחת אינו. פירוש כשם שאין לו לאדם לקנות ארבע אמות מקום שביתה אחרי שכבר קנה במקום אחר. כך אין לקנות שיעור שתי שביתות בבת אחת. דף נ ע"ב
Guemara. Que signifie : il n'a rien dit ? Rav à dit : il n'a rien dit du tout, car même vers le dessous de l'arbre il ne peut pas aller. Et Chmouel à dit : il n'a rien dit quant à sa maison, mais vers le dessous de l'arbre il peut aller. Explication : pour tout emplacement qu'on lui laisse sous l'arbre afin d'y aller, comme la suite l'explique. Et le dessous de l'arbre devient hamar gamal (conducteur d'âne et de chameau). S'il vient mesurer depuis le nord, on mesure pour lui depuis le sud. S'il vient mesurer depuis le sud, on mesure pour lui depuis le nord. Rabba à dit : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il n'a pas précisé son lieu. Certains disent : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il tient : tout ce qui ne vaut pas l'un après l'autre ne vaut pas non plus d'un seul coup. Explication : de même qu'un homme ne peut pas acquérir quatre coudées de lieu de chevita après en avoir déjà acquis ailleurs, de même il ne peut pas acquérir d'un coup la mesure de deux chevitot. Daf 50b.
💡 Explication

Suite de 49b. Rav tient que shevitati tahtav, "ma chevita est sous l'arbre", n'a rien acquis, même pour marcher sous le feuillage. Rabba, dans cette première version, donne la raison : le lieu n'est pas précisé. Une chevita est un bloc de quatre coudées. Sous un arbre plus large, aucune de ces quatre coudées n'a été désignée.

Rachi rappelle d'abord Chmouel, pour qui l'acquisition à bien eu lieu. On ignore seulement quel bloc. On mesure alors contre lui, yado al ha-tahtona : il perd la largeur de l'arbre sur les quatre mille coudées. Le Roch reprend les deux avis, puis les deux raisons de Rabba, et renvoie la suite au daf 50b.

2
ואיכא דאמרי, אמר רבה: מאי טעמא דרב — משום דקסבר: כל שאינו בזה אחר זה — אפילו בבת אחת אינו.

Et certains disent : Rabba à dit : quelle est la raison de Rav ? Parce qu'il tient : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.

🗂️ Tossefot (1)
מאי טעמא דרב כל שאינו בזה אחר זה אפילו בבת אחת אינו ושמואל וברייתא דלקמן דתניא כוותיה אית להו דרבה בעלמא והכא בתחומין הקילו דאין להחמיר בהן דאין לומר דפליגי דהא הכא משמע לכאורה דהילכתא כשמואל מדדחיק לומר אליבא דרב תנא הוא ופליג ומתניתין בפ"ב דקדושין (דף נ:) במקדש אשה ובתה לא מתוקמא אלא אליבא דרבה למאי דפסיק התם דקדושין שאין מסורים לביאה הוו קדושין ועוד י"ל דהכא סבר כיון דאמר שביתתי תחת האילן והשביתה הוי ד' אמות הוי כאילו אמר ליקנו לי ד' מגו תמני ומודה שמואל במפרש ואומר שביתתי תהא בכל ח' אמות שתחת האילן דלא קני וברייתא נמי דלקמן דטעה ועירב בשתי רוחות אע"ג דנתכוון לערב בשתי רוחות כאחת י"ל דכל המערב בשתי רוחות כאחת מסופק הוא בלבו ודעתו שאם לא יקנו לו שביתת שתיהן יקנה באחת מהן להכי הוי עירוב באחת מהן:
Quelle est la raison de Rav : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas. Chmouel, et la beraita plus loin qui est enseignée comme lui, tiennent le principe de Rabba en général. Ici, pour les techoumin (limites de Chabbat), ils ont allégé, car on n'y impose pas une rigueur. On ne dira pas qu'ils divergent. Car ici, il apparaît d'abord que la halakha est comme Chmouel, puisqu'on est contraint de dire : selon Rav, c'est un tanna qui diverge. Et la michna du deuxième chapitre de Kiddouchin (50b), celui qui fiancé une femme et sa fille, ne s'établit que selon Rabba, conformément à ce qui est tranché là-bas : des kiddouchin (fiançailles) qui ne sont pas livrés à la bia (union) sont bien des kiddouchin. On peut encore dire : ici, il tient que, puisqu'il à dit "ma chevita est sous l'arbre", et que la chevita est de quatre coudées, c'est comme s'il avait dit "acquiers pour moi quatre parmi huit". Et Chmouel convient, si l'on précise et que l'on dit "ma chevita sera dans les huit coudées entières qui sont sous l'arbre", qu'il n'acquiert pas. La beraita plus loin aussi, celui qui s'est trompé et à fait un erouv dans deux directions : même s'il à eu l'intention d'erouver dans les deux directions d'un seul coup, on peut dire que quiconque erouve dans deux directions d'un seul coup est en doute dans son cœur. Son intention est : si les deux chevitot ne lui sont pas acquises, que l'une des deux le soit. C'est pourquoi l'erouv vaut dans l'une des deux.
💡 Explication

Deuxième version du même enseignement de Rabba. La raison de Rav est un principe : kol she-eino be-zeh ahar zeh, afilou be-vat ahat eino. On ne peut pas fixer la chevita au nord, puis la reporter au sud. Dire les deux blocs d'un seul coup ne les fait pas acquérir.

Tossefot maintiennent le principe comme règle générale, y compris pour Chmouel. Sur les techoumin, d'institution rabbinique, on allège. La michna de Kiddouchin 50b, fiancer une femme et sa fille, ne se lit que selon Rabba : la halakha du principe dépasse donc ce daf.

Autre lecture de Tossefot : "sous l'arbre" veut déjà dire quatre coudées parmi huit. Chmouel refuse seulement celui qui réclame les huit coudées entières. Et celui qui erouve vers deux directions garde dans son intention une issue vers une seule : une des deux chevitot est acquise.

3
מאי בינייהו? איכא בינייהו דאמר: ״ליקנו לי בארבע אמות מגו שמונה״.

Quelle est la différence entre eux ? Il y a entre eux celui qui a dit : "Acquiers pour moi quatre coudées parmi huit."

💡 Explication

Mai beinehou : où les deux versions de Rabba se séparent. L'homme ne dit plus "sous l'arbre" sans mesure. Il demande quatre coudées parmi huit, c'est-à-dire un seul bloc, pris dans un dessous plus large.

4
מאן דאמר משום דלא מסיים אתריה — הא לא מסיים אתריה.

Celui qui dit que c'est parce qu'il n'a pas précisé son lieu : ici non plus, il n'a pas précisé son lieu.

💡 Explication

Selon la première version, la formule "quatre parmi huit" laisse encore le choix ouvert. On ignore quelles quatre coudées. Le lieu n'est pas désigné, et il n'acquiert rien.

5
ומאן דאמר משום ״כל שאינו בזה אחר זה אפילו בבת אחת אינו״ — האי כארבע אמות דמי, דהכא ארבע אמות קאמר.

Et celui qui dit que c'est à cause de "tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas" : celui-ci est comme quatre coudées, car ici il à parlé de quatre coudées.

📜 Rachi (2)
כל שאינו בזה אחר זה אפילו בבת אחת אינו דכיון דאם סיים ד' צפוניות אינו יכול לחזור בו לברור ד' דרומיות להיות לו שביתה כאן וכאן כי אמר נמי כולהו כחדא כגון הכא דאמר שביתתי תחתיו לא אמרינן ליקנו:
Tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas. Car, dès lors que, s'il à précisé les quatre coudées du nord, il ne peut plus se rétracter pour choisir les quatre du sud afin d'avoir une chevita ici et là, lorsqu'il dit aussi toutes ensemble, comme ici où il dit "ma chevita est sous lui", on ne dit pas qu'il acquiert.
ארבע מינייהו מגו תמני להכי נקט מגו תמני דלקמן מוקמינן באילן שיש תחתיו ח' אמות:
Quatre d'entre elles parmi huit. C'est pour cela qu'il à pris "parmi huit" : plus loin, nous établissons le cas d'un arbre sous lequel il y a huit coudées.
🗂️ Tossefot (1)
כל שאינו בזה אחר זה אפילו בבת אחת אינו ואומר ר"י דלא דמי לתמורת עולה ושלמים אע"ג דליתא בזה אחר זה איתא בבת אחת כדאיתא בכיצד מערימין (תמורה כה:) ובפרק שני דזבחים (דף ל.) דהתם אפשר להתקיים שניהן כדאמר התם דתרעה עד שתסתאב ותמכר ויביא בדמי חציה עולה ובדמי חציה שלמים אבל הכא לא קנו כל ח' אמות והי מינייהו מייתית דאי קני הני ד' לא קני הני ד' ובמקדש אשה ובתה אי תפסי קדושין בהא לא תפסי בהא וכן כל הני דמייתי בסמוך ובפרק ב' דקידושין (דף נא.) וכן קיים ליכי ומופר ליכי בנדרים (דף סט.) ועוד פי' ר"י טעם אחר ולא נתיישב לפירושו ההיא דנדרים:
Tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas. Et le Ri dit que ce cas diffère de la temoura (échange) d'une ola et de chelamim : bien qu'elle n'existe pas l'un après l'autre, elle existe d'un seul coup, comme cela est dit au chapitre Keitsad ma'arimin (Temoura 25b) et au deuxième chapitre de Zevahim (30à). Car là-bas, les deux peuvent se réaliser, comme on le dit là-bas : elle paîtra jusqu'à contracter un défaut, on la vendra, et l'on apportera, avec la moitié de sa valeur, une ola, et avec l'autre moitié, des chelamim. Mais ici, les huit coudées ne sont pas acquises en bloc. Laquelle prends-tu ? Si ces quatre-ci sont acquises, ces quatre-là ne le sont pas. Et pour celui qui fiancé une femme et sa fille : si les kiddouchin prennent sur celle-ci, ils ne prennent pas sur celle-là. De même pour tous ces cas apportés juste après, et au deuxième chapitre de Kiddouchin (51à), et de même "c'est confirmé pour toi" et "c'est annulé pour toi" dans Nedarim (69a). Le Ri à encore donné une autre raison, mais le passage de Nedarim ne s'arrange pas selon cette explication.
💡 Explication

Selon la deuxième version, "quatre parmi huit" est une chevita ordinaire. Il n'a demandé qu'un seul bloc de quatre coudées. Le principe ne le bloque pas, et il acquiert.

Le premier Rachi explique le principe sur la formule large, "sous l'arbre" : le nord puis le sud est impossible, donc les deux d'un coup aussi. Le second Rachi fixe le chiffre : plus loin, le dessous mesure huit coudées.

Tossefot, par le Ri, séparent ce principe de la temoura d'une ola et de chelamim. Là-bas, les deux saintetés peuvent aboutir : l'animal paît, on le vend, l'argent se partage entre ola et chelamim. Ici, un bloc acquis exclut l'autre. Même écart pour fiancer une femme et sa fille, et pour confirmer et annuler le même vœu.

🖼️ Schéma
Il dit : que j'acquière quatre coudées parmi huit Quatre coudées, dans les huit Version : lieu non précisé Il n'a pas dit lesquelles. Le lieu reste ouvert. Il n'acquiert rien. Version : le principe Il n'a parlé que de quatre. C'est une chevita ordinaire. Il acquiert.
Quatre parmi huit. Lieu non précisé : rien. Principe : il n'a demandé que quatre coudées, il acquiert.
6
גופא, אמר רבה: כל דבר שאינו בזה אחר זה — אפילו בבת אחת אינו, איתיביה אביי לרבה: המרבה במעשרות — פירותיו מתוקנין, ומעשרותיו מקולקלין.

Pour en revenir au corps de l'enseignement. Rabba à dit : toute chose qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.

Abaye à objecté à Rabba : celui qui augmente les dîmes, ses fruits sont en règle, et ses dîmes sont gâtées.

📜 Rachi (2)
המרבה במעשרות אחד מחמש או מח':
Celui qui augmente les dîmes : un sur cinq, ou un sur huit.
פירותיו שסילק לצד אחר חולין מתוקנין הן אבל המעשרות שנותן ללוי מקולקלין הן שהרי טבל מעורב בהן כשנתן קב השמיני לא חל שם המעשר אלא על הראוי למעשר והשאר טבל הוא דמעשר בהדיא אמר רחמנא שיעור אחד מעשרה ולא דמי לתרומה שניטלת בעין יפה ובעין רעה ובבינונית דבתרומה לא כתיב בה שיעור:
Ses fruits : le houlin (profane) qu'il à mis de côté est en règle. Mais les dîmes qu'il donne au Levi sont gâtées, car du tevel (non prélevé) y est mélangé. Lorsqu'il à donné le huitième kav, le nom de dîme ne prend effet que sur ce qui est apte à la dîme, et le reste est du tevel. Car, pour la dîme, le verset à dit explicitement une mesure d'un dixième. Et cela diffère de la terouma, que l'on prélève d'un œil généreux, d'un œil serré, où d'une mesure moyenne, car pour la terouma aucune mesure n'est écrite.
💡 Explication

Goufa : la Guemara quitte la chevita et examine le principe lui-même. Abaye objecte par la dîme du grain. Celui qui prélève plus que le dixième, par exemple un sur cinq ou un sur huit, à mis ses fruits en règle. La part appelée dîme est gâtée.

Rachi : le verset fixe la dîme à un dixième. Le surplus reste du tevel mélange dans ce qu'on remet au Levi. La terouma, elle, n'a pas de taux écrit : œil généreux, œil serré, où entre les deux.

7
אמאי? לימא: כל שאינו בזה אחר זה — אפילו בבת אחת אינו!

Pourquoi ? Que l'on dise : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre, même d'un seul coup, ne le peut pas.

📜 Rachi (2)
אמאי פירותיו מתוקנין:
Pourquoi ? Ses fruits sont en règle.
נימא כל שאינו בזה אחר זה דאילו הוה מפריש מעשר כהלכתו והדר שקל תו וקרייה עליה שם מעשר על חולין שניתקנו כבר לא חייל עליה שם מעשר והשתא נמי כי אפריש האי טופיינא עם מעשר לא ליחול שם מעשר אפילו על הראוי למעשר כי היכי דאמר גבי שביתה דלא קני ארבע מינייהו מגו תמני כי לא אמר ארבע בהדיא:
Que l'on dise : tout ce qui ne peut pas se faire l'un après l'autre. Car s'il avait prélevé la dîme selon la règle, puis repris encore et appelé le nom de dîme sur du houlin déjà mis en règle, le nom de dîme ne prendrait pas effet. Maintenant aussi, lorsqu'il prélève ce surplus en même temps que la dîme, le nom de dîme ne devrait pas prendre effet, même sur ce qui est apte à la dîme. Comme on le dit pour la chevita : il n'acquiert pas quatre d'entre elles parmi huit, lorsqu'il n'a pas dit "quatre" explicitement.
💡 Explication

L'objection serre le principe. Après une dîme correcte, un second appel du nom sur du houlin déjà en règle ne prend pas. La suite est donc impossible. Faire les deux d'un seul coup devrait, selon Rabba, échouer aussi, y compris sur la part qui était apte à la dîme. Les fruits devraient rester du tevel.

Rachi ramène à l'arbre : tant qu'on n'a pas dit "quatre" explicitement, on n'acquiert pas quatre coudées parmi huit. Ici, le surplus dit en même temps que la dîme devrait bloquer jusqu'au dixième valable.

8
שאני מעשר דאיתיה לחצאין, דאי אמר: ״תקדוש פלגא פלגא דחיטתא״ — קדשה.

La dîme est différente, car elle existe par moitiés. S'il à dit : "Que la moitié de chaque grain de blé soit consacrée", elle est consacrée.

📜 Rachi (2)
שאני מעשר דלהכי פירותיו מתוקנין דעל כל גרגר וגרגר שבו חל השם עליו לפי חשבון הראוי למעשר כגון הפריש אחד מחמשה קדש כל גרגר חציו אבל גבי שביתה ליכא למימר דשייכא בכל תחתיו של אילן דארבע אמות כהדדי בעינן:
La dîme est différente. C'est pour cela que ses fruits sont en règle : sur chaque grain qui s'y trouve, le nom prend effet selon le compte de ce qui est apte à la dîme. Par exemple, s'il à prélevé un sur cinq, chaque grain est consacré pour moitié. Mais pour la chevita, on ne peut pas dire qu'elle s'applique à tout le dessous de l'arbre, car il nous faut les quatre coudées ensemble.
דאי אמר תיקדוש פלגא פלגא דחיטתא קדשה והאי כיון דאפריש כפלים וקרא עליה שם מעשר כמאן דאמר תיקדוש כל חיטתא לפלגא:
S'il à dit : que la moitié de chaque grain de blé soit consacrée, elle est consacrée. Et celui-ci, puisqu'il à prélevé le double et qu'il à appelé dessus le nom de dîme, est comme s'il avait dit : que chaque grain de blé soit consacré pour moitié.
🗂️ Tossefot (1)
שאני מעשר דאיתיה לחצאין דאי אמר תיקדוש פלגא פלגא דחיטתא קדשה כדפירש בקונטרס שהמעשר על כל גרגיר שבו חל השם לפי החשבון הראוי למעשר כגון הפריש אחד מחמשה קדש כל גרגיר חציו אבל גבי שביתה ליכא למימר הכי דהא ארבע אמות כי הדדי בעינן ומיהו קשה הא דפריך והא מעשר בהמה דליתיה לחצאין כי איתיה נמי לחצאין תיקשי ליה אמאי עשירי ואחד עשר מעורבין זה בזה כי מטעם חצאין לא היה ראוי להיות מעשר רק חצי של כל אחד ואחד כמו במעשר דגן כדפירש הקונטרס וי"ל נהי דאיתיה לחצאין הוה קשיא ליה קושיא אחריתי מכל מקום הך פירכא דפריך אמאי שניהן קדושין כל עיקר לא הוה מצי לאקשויי ולר"י נראה לפרש הכי שאני מעשר דאיתיה לחצאין פירוש בזה אחר זה שאם אמר סאה אחת מהם מעשר כל חצי חטה וחטה ואחר כך אמר גם כן בסאה האחרת חל מעשר בשתיהן במקצת וכיון דאיתא לחצאין בזה אחר זה גם בבת אחת ישנה להיות חל מעשר על סאה אחת והאחרת תהיה טבל:
La dîme est différente, car elle existe par moitiés : s'il à dit "que la moitié de chaque grain de blé soit consacrée", elle est consacrée. Comme l'explique le commentaire : sur la dîme, pour chaque grain, le nom prend effet selon le compte de ce qui est apte à la dîme. Par exemple, s'il à prélevé un sur cinq, chaque grain est consacré pour moitié. Mais pour la chevita, on ne peut pas dire cela, car il nous faut les quatre coudées ensemble. Toutefois, l'objection "mais la dîme du bétail, qui n'existe pas par moitiés" fait difficulté. Même si elle existait par moitiés, on lui demanderait pourquoi le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre. Car, au titre des moitiés, chacun ne devrait être dîme que pour moitié, comme pour la dîme du grain, ainsi que l'explique le commentaire. On peut répondre : soit, si elle existait par moitiés, une autre question lui ferait difficulté ; toutefois, cette objection qu'il soulève, pourquoi les deux sont consacrées entièrement, il n'aurait pas pu la poser. Et au Ri, il paraît juste d'expliquer ainsi : la dîme est différente car elle existe par moitiés, c'est-à-dire l'un après l'autre. Si l'on a dit d'une sea : elle est dîme pour la moitié de chaque grain de blé, puis qu'on a dit de même pour l'autre sea, la dîme prend effet sur les deux en partie. Et puisqu'elle existe par moitiés l'un après l'autre, elle existe aussi d'un seul coup, de sorte que la dîme prend effet sur une sea, et que l'autre reste du tevel.
💡 Explication

Réponse de la Guemara. La dîme du grain existe par moitiés. On peut consacrer la moitié de chaque grain. Quand on prélève le double, Rachi lit ainsi : chaque grain écarté est moitié dîme, moitié tevel. Le dixième du total à bien été nommé, donc les fruits restants sont en règle. La part du Levi est gâtée, parce qu'on ne sépare pas les deux moitiés du grain. La chevita, elle, exige quatre coudées d'un seul tenant.

Tossefot trouvent l'objection suivante trop large : si la dîme du bétail existait aussi par moitiés, on ne parlerait pas d'un dixième et d'un onzième entiers et mélangés. Ils répondent que la question posée, "pourquoi les deux sont consacrées entièrement", vise une sainteté complète, que le modèle des moitiés ne porterait pas.

Le Ri lit "par moitiés" autrement : on peut le faire l'un après l'autre. Une sea, puis l'autre, chacune pour la moitié de chaque grain. Puisque la suite existe, le simultané existe : une sea est dîme, l'autre reste tevel.

🖼️ Schéma
Dîme augmentée : un grain sur cinq, chaque grain à moitié Lecture de Rachi. Le nom de dîme prend sur la moitié de chaque grain prélevé. Part prélevée : moitié dîme, moitié tevel Fruits laissés de côté : en règle. On a bien écarté un dixième, réparti sur les grains prélevés. Part remise au Levi : gâtée. Le tevel y est mélangé, et l'on ne peut pas le trier. La chevita, elle, demande quatre coudées d'un seul tenant. On ne découpe pas le dessous de l'arbre en moitiés de coudée.
Un sur cinq : chaque grain prélevé est moitié dîme et moitié tevel. Les fruits laissés de côté sont en règle.
9
מעשר בהמה דליתיה לחצאין.

La dîme du bétail, elle, n'existe pas par moitiés.

📜 Rachi (1)
והרי מעשר בהמה דליתיה לחצאין דאי אמר חצי טלה זה חולין והחצי מעשר לא אמר כלום ליקדש לחצאין דכל אשר יעבור תחת השבט העשירי יהיה קדש אמר רחמנא (יהיה כולו קדוש לשם מעשר) וליתיה נמי בזה אחר זה שאם קרא לעשירי עשירי ולאחד עשר עשירי אינו קדוש וכי קרא לשנים עשירי בבת אחת אמרינן דחד מינייהו מעשר גמור דאמר רבה עשירי ואחד עשר מעורבין זה בזה דחד מינייהו מעשר ואידך הוי אחד עשר שקראו עשירי ואילו הוה ידע ביה כגון שטעה וקרא לעשירי תשיעי ולאחד עשר עשירי קיימא לן דעשירי מעשר ואחד עשר קרב שלמים ומה בין שלמים למעשר שהשלמים טעונין סמיכה ונסכים ותנופת חזה ושוק ונפדין במומן ותמורתן קריבה מה שאין כן במעשר והשתא דקראן בבת אחת ולא ידע הי עשירי גמור והי אחד עשר שנקרא עשירי בעו תרוייהו תנופת חזה ושוק וסמיכה ולבי אומר דאינו מברך על התנופה ועל הסמיכה דלא ליהוי ברכה לבטלה ונסכים יביא נסכי קרבן אחד על תנאי ויאמר אם זה שלמים יהיו על זה ואם לאו יהיו על חברו אלמא מדחל שם מעשר אחד מינייהו שמע. מינה אע"ג דלא קדיש אחד עשר אם קרא לעשירי עשירי דהוי עשירי וקרא לאחד עשר עשירי אפילו הכי כי קראן בבת אחת קדיש חד מינייהו בעשירי:
Mais la dîme du bétail, qui n'existe pas par moitiés. Car s'il à dit : la moitié de cet agneau est du houlin, et la moitié est dîme, il n'a rien dit, pour qu'elle soit consacrée par moitiés. Car le verset à dit : tout ce qui passera sous la baguette, le dixième sera consacré, il sera tout entier consacré au nom de la dîme. Et elle n'existe pas non plus l'un après l'autre : s'il à appelé le dixième "dixième", puis le onzième "dixième", celui-ci n'est pas consacré. Et lorsqu'il à appelé les deux "dixième" d'un seul coup, nous disons que l'un d'eux est une dîme complète. Car Rabba à dit : le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre. L'un d'eux est la dîme, et l'autre est le onzième qu'il à appelé dixième. Et s'il le savait, par exemple s'il s'est trompé, à appelé le dixième "neuvième" et le onzième "dixième", nous tenons que le dixième est dîme et que le onzième est offert en chelamim (sacrifice de paix). Et quelle est la différence entre les chelamim et la dîme ? Les chelamim exigent la semikha (appui des mains), les nessakhim (libations), et la tenoufa (balancement) de la poitrine et de la cuisse ; ils se rachètent s'ils ont un défaut, et leur temoura (l'animal échange) est offerte. Rien de cela pour la dîme. Et maintenant qu'il les a appelés d'un seul coup, et qu'il ne sait pas lequel est le dixième complet et lequel est le onzième appelé dixième, les deux exigent la tenoufa de la poitrine et de la cuisse, et la semikha. Et mon cœur me dit qu'il ne récite pas la bénédiction sur la tenoufa ni sur la semikha, afin qu'il n'y ait pas de bénédiction en vain. Et pour les libations, il apporte les libations d'un seul sacrifice à condition, et il dit : si celui-ci est chelamim, qu'elles soient pour celui-ci, sinon qu'elles soient pour son compagnon. On le voit : puisque le nom de dîme prend effet sur l'un d'eux, on apprend que, bien que le onzième ne soit pas consacré si l'on a appelé le dixième "dixième", de sorte que c'est bien le dixième, puis appelé le onzième "dixième", néanmoins, lorsqu'on les appelle d'un seul coup, l'un d'eux est consacré comme dixième.
💡 Explication

Nouvelle objection, en un mot qui s'ouvre sur la suite. La dîme du bétail ne prend pas sur une moitié de bête. Le verset veut le dixième entier, celui qui passe sous la baguette.

Rachi déploie le dossier. Appeler le dixième, puis le onzième, ne consacré pas le onzième. Les appeler ensemble consacré pourtant l'un des deux d'une dîme complète, et l'autre au rang du onzième devenu chelamim. On ignore lequel. Rachi fait donc faire à chacune la semikha et la tenoufa, sans bénédiction, pour ne pas bénir en vain, et il apporte les libations d'un seul sacrifice sous condition.

10
ואמר (רבה): יצאו שנים בעשירי, וקראן עשירי — עשירי ואחד עשר מעורבין זה בזה!

Et Rabba à dit : deux sont sortis au rang du dixième, et il les a appelés dixième. Le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre.

🗂️ Tossefot (2)
ואמר רבה יצאו שנים בעשירי כו' וא"ת דלמא התם היינו טעמא משום דאי אפשר לצמצם והאחד יצא תחילה ואפילו בלא קריאת שם הוא הקדוש כדאמר בפרק בתרא דבכורות (דף ס:) עשירי מאליו הוא קדוש וי"ל דע"כ סבר רבה דאפשר לצמצם שיצאו שניהם בבת אחת דאי אי אפשר לצמצם והאחד יצא תחילה אם כן הוה ליה למימר עשירי וחולין מעורבין זה בזה דאפילו יצא עשירי בשתיקה ואחר כך יצא אחד עשר וקרא לו עשירי אין אחד עשר קדוש כלל דהא לא נעקר שם עשירי ממנו ועוד י"ל דאפילו סבר אי אפשר לצמצם כיון דאין יכול להכיר איזה יצא קודם לחברו ונתכוון לקרות שניהם עשירי קדשו תרוייהו ולא דמי לקרא לעשירי עשירי ולאחד עשר עשירי והכא מבתרא פריך דאינו קדוש אלא מחמת דבורו והראשון נראה לי עיקר:
Et Rabba à dit : deux sont sortis au dixième, etc. Et si l'on dit : peut-être que là-bas la raison est qu'il est impossible de faire coïncider exactement (i efshar le-tsamtsem), et que l'un est sorti le premier. Même sans appel du nom, c'est lui le consacré, comme on le dit au dernier chapitre de Bekhorot (60b) : le dixième se consacré de lui-même. On peut répondre : nécessairement, Rabba tient qu'il est possible de faire coïncider, de sorte que les deux sortent d'un seul coup. Car si c'était impossible et que l'un était sorti le premier, il aurait dû dire : le dixième et du houlin sont mélangés l'un à l'autre. Car même si le dixième est sorti en silence, puis que le onzième est sorti et qu'il l'a appelé dixième, le onzième n'est pas consacré du tout, puisque le nom de dixième ne lui à pas été retiré. On peut encore dire : même s'il tient que la coïncidence exacte est impossible, puisqu'il ne peut pas reconnaître lequel est sorti avant son compagnon, et qu'il à eu l'intention d'appeler les deux dixième, les deux sont consacrés. Et cela diffère de celui qui a appelé le dixième "dixième", puis le onzième "dixième". Et ici, l'objection porte sur le dernier, qui n'est consacré qu'en vertu de sa parole. Et la première explication me paraît être la principale.
עשירי ואחד עשר מעורבין זה בזה הגיה רש"י בפירוש כתב ידו דשניהם ירעו לפי שאין מתן דמיהם שוה שהשלמים טעונין ד' מתנות ומעשר מתנה אחת הלכך ירעו ויחלל מעות בדמי היפה שבהן ויאמר כל מקום שהם שלמים יהא מחולל על דמים האלו ויאכל שניהם במומן בתורת מעשר:
Le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre. Rachi à corrigé, dans l'explication de son écrit autographe : les deux devront paître, parce que le don de leur sang n'est pas le même. Les chelamim exigent quatre dons, et la dîme un seul don. Dès lors, ils paîtront. Il profanera de l'argent pour la valeur du plus beau d'entre eux, et il dira : là où se trouvent les chelamim, qu'ils soient profanes sur cet argent. Et il mangera les deux avec leur défaut, selon le régime de la dîme.
💡 Explication

Suite de l'objection. Rabba lui-même, à Bekhorot : deux bêtes sortent ensemble au passage du dixième, et il les nomme toutes deux dixième. L'une porte la dîme, l'autre le statut du onzième. Elles sont mélangées. Or la suite ordinaire, dixième puis onzième, ne consacré pas le onzième. Le simultané, lui, consacré. C'est l'inverse du principe.

Tossefot écartent l'idée que l'une serait simplement sortie la première, le dixième se consacrant seul, sans parole. Rabba aurait alors parle d'un mélange de dixième et de houlin, car le onzième nommé après un vrai dixième reste profane. Il tient donc qu'une sortie vraiment simultanée est possible. La première lecture est, pour Tossefot, la principale.

L'autographe de Rachi, cité ici, règle autrement que la glose imprimée du segment précédent. Les dons du sang différent : quatre pour les chelamim, un pour la dîme. Les deux bêtes paissent jusqu'au défaut. On rachète le statut de chelamim sur l'argent du plus beau, et l'on mange les deux selon la dîme.

11
שאני מעשר בהמה דאיתיה בזה אחר זה בטעות.

La dîme du bétail est différente, car elle existe l'un après l'autre en cas d'erreur.

📜 Rachi (1)
שאני מעשר בהמה דאיתיה בזה אחר זה בטעות כגון אם טעה בעשירי וקראו תשיעי ולאחד עשר עשירי קדוש אחד עשר משום קריאת השם וקרב שלמים דתנן כו' ובפרק בתרא דבכורות ילפינן מקראי הלכך כי קראן כאחד לא מעכב י"א על העשירי מלחול עליו שם גמור דהא י"א גופיה זימנין דקדוש בקריאת שם מעשר כגון היכא דקרייה לעשירי שלפניו תשיעי והא דרבה בפרק בתרא דבכורות:
La dîme du bétail est différente, car elle existe l'un après l'autre en cas d'erreur. Par exemple, s'il s'est trompé sur le dixième et l'a appelé neuvième, et le onzième dixième : le onzième est consacré à cause de l'appel du nom, et il est offert en chelamim, comme la michna l'enseigne. Et au dernier chapitre de Bekhorot, on l'apprend des versets. Dès lors, lorsqu'il les appelle ensemble, le onzième n'empêche pas le nom complet de prendre effet sur le dixième. Car le onzième lui-même est parfois consacré par l'appel du nom de dîme, par exemple lorsqu'il à appelé "neuvième" le dixième qui le précède. Et cet enseignement de Rabba se trouve au dernier chapitre de Bekhorot.
💡 Explication

Réponse. Le principe ne vise que ce qui échoue même en suite. Pour la dîme du bétail, la suite existe en cas d'erreur. Le onzième mal nommé devient chelamim. Puisqu'un second appel peut prendre après le premier, deux appels d'un seul coup peuvent prendre aussi : l'un est dîme complète, l'autre est ce onzième de l'erreur.

12
דתנן: קרא לתשיעי עשירי, ולעשירי תשיעי, ולאחד עשר עשירי — שלשתן מקודשין.

Comme nous l'avons appris : s'il à appelé le neuvième dixième, le dixième neuvième, et le onzième dixième, les trois sont consacrés.

💡 Explication

La michna de Bekhorot pose le cas d'erreur. Le neuvième, nommé dixième, est consacré par la parole. Le dixième, même nommé neuvième, est le vrai dixième. Le onzième, nommé dixième, est consacré et sera offert en chelamim. Trois saintetés, l'une après l'autre, parce que la parole s'est trompée.

🖼️ Schéma
Erreur sur la dîme du bétail : les trois sont consacrés Michna. L'appel du nom, même de travers, consacré. 9e bête Il l'a appelée : dixième. Consacrée, à cause du nom. 10e bête Il l'a appelée : neuvième. Consacrée : c'est vraiment le dixième. 11e bête Il l'a appelée : dixième. Consacrée en chelamim, à cause de l'erreur. Puisque la suite existe en cas d'erreur, deux bêtes sorties ensemble comme dixième sont consacrées aussi. L'une est dîme, l'autre est le onzième qu'on a appelé dixième. On ne sait pas laquelle.
Neuvième, dixième et onzième nommés de travers : les trois sont consacrés. La suite existe donc, en cas d'erreur.
13
והרי תודה, דליתה בטעות, וליתה בזה אחר זה, ואיתמר: תודה שנשחטה על שמונים חלות, חזקיה אמר: קדשו עלה ארבעים מתוך שמונים, רבי יוחנן אמר: לא קדשו עלה ארבעים מתוך שמונים.

Mais il y a la toda (sacrifice de reconnaissance), qui n'existe pas en cas d'erreur, et qui n'existe pas l'un après l'autre. Et il à été dit : une toda qu'on a abattue sur quatre-vingts pains, Hizkiya à dit : quarante parmi les quatre-vingts lui ont été consacrés.

Rabbi Yo'hanan à dit : quarante parmi les quatre-vingts ne lui ont pas été consacrés.

📜 Rachi (2)
והרי תודה דלחמי תודה מ' חלות כדאמר במנחות (דף ע'.):
Mais il y a la toda : les pains de la toda sont quarante pains, comme on le dit dans Menahot (daf 70).
דליתה בטעות אם הפריש לחמי תודתו וטעה וסבור שלא הפריש וחזר וקרא שם על מ' חלות אחרות לא קדשי דהא טעה ותנן הקדש טעות אינו הקדש במסכת נזיר (דף לא.) וליתה נמי בזה אחר זה שאם הפריש מ' לתודתו ושחט הזבח עליהן וחזר והפריש לה מ' אחרות לא קדשי וכי שחטה על שמונים בבת אחת אמר חזקיה דקדשי מ' מתוך שמונים שחיטת התודה מקדשת הלחם כדתניא במנחות (דף עח:) קרבנו על זבח מלמד שאין הלחם קדוש אלא על הזביחה:
Qui n'existe pas en cas d'erreur. S'il à prélevé les pains de sa toda, s'est trompé en pensant qu'il ne les avait pas prélevés, et à de nouveau appelé le nom sur quarante autres pains, ils ne sont pas consacrés. Car il s'est trompé, et nous avons appris : un hekdech (consécration) par erreur n'est pas un hekdech, dans le traité Nazir (31à). Et elle n'existe pas non plus l'un après l'autre : s'il à prélevé quarante pains pour sa toda, à abattu le sacrifice sur eux, puis à prélevé pour elle quarante autres, ils ne sont pas consacrés. Et lorsqu'il l'abat sur quatre-vingts d'un seul coup, Hizkiya dit que quarante parmi les quatre-vingts sont consacrés. L'abattage de la toda consacré le pain, comme la beraita l'enseigne dans Menahot (78b) : "son offrande sur le sacrifice de zebah" enseigné que le pain n'est consacré que par l'abattage.
💡 Explication

Troisième objection. Les quarante pains de la toda échouent dans les deux voies qui avaient sauve la dîme du bétail. L'erreur ne consacré pas : un hekdech ta'out n'est pas un hekdech. La suite non plus : quarante pains déjà pris par l'abattage, puis quarante autres, ces autres restent profanes.

Pourtant, si l'on abat la toda sur quatre-vingts pains d'un seul coup, Hizkiya dit que quarante d'entre eux sont consacrés, et Rabbi Yo'hanan dit que non. Rachi rappelle que c'est la shehita qui consacre le pain, Menahot 78b.

14
הא איתמר עלה, אמר רבי (זירא): הכל מודים היכא דאמר ״ליקדשו ארבעים מתוך שמונים״ — דקדשי, ״לא יקדשו ארבעים אלא אם כן קדשו שמונים״ — כולי עלמא לא פליגי דלא קדשו.

Mais on a dit à ce sujet : Rabbi Zeira a dit : tous conviennent, là où il à dit "que quarante parmi quatre-vingts soient consacrés", qu'ils sont consacrés ; "que quarante ne soient consacrés que si quatre-vingts le sont" : tout le monde s'accorde à dire qu'ils ne sont pas consacrés.

📜 Rachi (1)
יקדשו ארבעים הא מ' קאמר וגבי שביתה נמי הא אמרן דאי אמר לקנו לי ארבע מתוך תמני קני:
Que quarante soient consacrés. Il à bien parlé de quarante. Et pour la chevita aussi, nous avons dit que, s'il dit "qu'on acquière pour moi quatre parmi huit", il acquiert.
💡 Explication

Rabbi Zeira retire la mahloket des deux formules explicites. "Quarante parmi quatre-vingts" : tous disent que ces quarante sont consacrés. "Quarante seulement si les quatre-vingts le sont" : tous disent que rien n'est consacré, car les quatre-vingts ne peuvent pas l'être ensemble.

Rachi rapproche la première formule du "quatre parmi huit" de la chevita : dès qu'on a nommé la mesure juste, l'acquisition à lieu.

15
כי פליגי בסתמא. מר סבר: לאחריות קא מכוין, ועל תנאי אייתינהו.

Lorsqu'ils divergent, c'est dans le cas sans précision. L'un tient : il vise une garantie, et c'est à condition qu'il les a apportés.

📜 Rachi (1)
לאחריות קא מכוין שאם יאבדו או יטמאו חציין יפטור בחציין והוה ליה כאומר יקדשו ארבעים מתוך שמונים:
Il vise une garantie. Pour que, si la moitié se perd où devient impure, il s'acquitte avec l'autre moitié. Et c'est comme s'il disait : que quarante parmi quatre-vingts soient consacrés.
💡 Explication

La divergence ne reste que dans le cas stam, sans formule. Un maître lit l'intention comme une ahariout, une garantie : les pains en trop sont là pour le cas où une moitié serait perdue où impure. Rachi : cette intention est la formule "quarante parmi quatre-vingts", sur laquelle tous conviennent que la consécration à lieu.

Le segment s'arrête sur ce maître. L'autre lecture du cas sans formule est au daf 50b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).