Sougya : Le daf ferme d'abord les quatre-vingts pains de la toda : Rabbi Yo'hanan y lit un grand korban, et quarante pains ne sont pas consacrés. La sougya revient ensuite à celui qui dit "ma chevita est sous l'arbre".
Abaye réserve l'avis de Rav à un dessous de douze coudées ; Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, le ramène à huit, car à sept la coudée du milieu fait reconnaître une partie de la maison. Une beraita comme Rav exige un lieu délimité, tell où vallée, jusqu'à un beit seatayim.
Une beraita comme Chmouel traité deux erouvin opposés : on marche selon la rigueur des deux, et Rav, qui a rang de tanna, peut diverger.
Et l'autre maître tient : il vise un grand korban (offrande).
Fin des pains de la toda, au daf 50à. L'offrande s'accompagne de quarante pains ; on en a posé quatre-vingts. Hizkiya y lit une ahariout, une garantie : quarante sont consacrés. L'autre maître est Rabbi Yo'hanan : il à visé un grand korban, les quatre-vingts ensemble. Rachi : cela est impossible, et l'on ne consacré pas quarante d'entre eux.
Rachi sépare ce cas de la chevita. "Sous lui" vise le dessous entier. Il n'y a pas d'ahariout à répartir. On n'acquiert pas quatre coudées prises dans le tout.
Tossefot, par Rav Ephraim : Rabbi Yo'hanan refuse déjà la berera, puisque les frères qui ont partagé sont pour lui des acheteurs. Le Ri répond que ces pains n'ont pas à être départagés : dans le mélange, la consécration les suit. Reste la terouma des pains, quatre pains pour le kohen. Quarantaines séparées : il prélève quatre sur chacune. Tout mêlé : chaque espèce compte dix houlin et dix consacrés ; prélever onze garantit qu'un pain consacré s'y trouve, et peut être la terouma.
Abaye à dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre sous lequel il y a douze coudées. Mais pour un arbre sous lequel il n'y a pas douze coudées, une partie de sa maison est reconnaissable.
Abaye reprend l'avis de Rav : "ma chevita est sous l'arbre", sans préciser les quatre coudées, n'acquiert rien. Il limite cet avis à un dessous de douze coudées où plus. Douze, c'est trois blocs de quatre : côté proche, milieu, côté loin, sans contact entre eux.
À onze, les quatre du milieu empiètent d'une demi-coudée sur chaque côté. Quel que soit le bloc visé, une partie de la maison est dans le milieu. Pour Abaye, cette partie reconnaissable suffit à délimiter la chevita. La mesure, ensuite, reste la mesure étroite : depuis le nord, on mesure depuis le sud.
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, lui objecte : d'où sait-on qu'il précise les quatre du milieu ? Peut-être précise-t-il les quatre de ce côté-ci, où les quatre de ce côté-là !
Rav Houna refuse de privilégier le milieu. Une demi-coudée visible au centre laisse entiers les deux côtés : chacun peut être le bloc choisi, et l'un n'est pas absorbé dans l'autre. Sans siyoum (délimitation), l'acquisition d'Abaye ne tient pas à onze coudées.
Mais Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, à dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre sous lequel il y a huit coudées. Mais pour un arbre sous lequel il y a sept coudées, une partie de sa maison est reconnaissable.
À huit coudées, deux blocs de quatre se posent bout à bout : coudées 1 à 4, et 5 à 8. Aucune coudée n'est commune. On peut encore dire l'un ou l'autre côté. Rav Houna maintient donc ici l'avis de Rav.
À sept, la coudée du milieu entre dans chaque bloc de quatre : le côté proche, le côté loin, et le milieu. Cette coudée est une partie de maison reconnaissable. Il acquiert la chevita. La mesure reste étroite lorsqu'il vient compter ses deux mille.
On a enseigné une beraita comme Rav, on a enseigné une beraita comme Chmouel.
La Guemara annonce deux beraitot. L'une va dans le sens de Rav : sans lieu précisé, il n'a rien dit. L'autre va dans le sens de Chmouel : même dans le doute, une chevita est acquise, et l'on retient la rigueur de chaque côté.
On a enseigné une beraita comme Rav : celui qui venait en chemin et pour qui la nuit est tombée, qui connaissait un arbre où une clôture, et qui a dit : "ma chevita est sous lui", n'a rien dit. Mais s'il à dit : "ma chevita est en tel endroit", il marche jusqu'à ce qu'il atteigne cet endroit.
Une fois arrivé à cet endroit, il parcourt tout cet endroit, et au-delà, deux mille coudées.
La beraita de Rav. "Ma chevita est sous lui", arbre où clôture connus, sans autre précision : il n'a rien dit. "En tel endroit" : il marche jusqu'à ce lieu, le traverse entier, puis compte deux mille coudées au-dehors.
Rachi : ce lieu à des cloisons. Le tout tient lieu des quatre coudées, et l'on n'a pas à y désigner un bloc. Le Roch rappelle d'abord la mahloket : pour Rav, il ne va même pas sous l'arbre ; pour Chmouel, il y va, et le dessous se mesure des deux côtés, comme un hamar gamal. Il reprend aussi les deux raisons de Rabba, lieu non précisé où principe du "l'un après l'autre", et pose le renvoi à ce daf.
Quand cela est-il dit ? Pour un lieu délimité.
Par exemple, s'il à fixé sa chevita sur un tell haut de dix tefahim (palmes), et qui va de quatre coudées jusqu'à un beit seatayim (surface de deux se'a).
Badavarim amourim porte sur "il parcourt le tout, plus deux mille au-dehors". Le lieu doit être délimité : un tell haut de dix tefahim, dont la surface va de quatre coudées à un beit seatayim.
Rachi fixe les bords. En dessous de quatre coudées, "parcourir le tout" n'ajoute rien : les quatre coudées de chevita sont acquises même sans cloisons. Au-delà d'un beit seatayim, si l'enceinte n'est pas houkaf le-dira (faite pour l'habitation), les cloisons ne font pas du lieu un seul bloc de quatre coudées.
Et de même une vallée profonde de dix (tefahim), qui va de quatre coudées jusqu'à un beit seatayim. Mais dans un lieu qui n'est pas délimité, il n'a que quatre coudées.
La vallée profonde de dix tefahim suit la même mesure que le tell. Hors d'un lieu délimité, la beraita ne lui laisse que quatre coudées.
Rachi précise : ces quatre sont à l'intérieur, et les deux mille partent d'elles, à condition de dire lesquelles. L'espace intérieur des cloisons entre dans les deux mille : il ne s'ajoute pas en plus, comme lorsque le lieu entier tient lieu des quatre coudées.
S'ils étaient deux, l'un qui connaît et l'un qui ne connaît pas : celui qui ne connaît pas remet sa chevita à celui qui connaît, et celui qui connaît dit : "ma chevita est en tel endroit".
Deux hommes en chemin. Un seul connaît le lieu. L'autre lui remet sa chevita : il le charge de la fixer. Celui qui connaît déclare : "ma chevita est en tel endroit". La formule du connaisseur vaut alors pour celui qui ne savait pas désigner le lieu.
Quand cela est-il dit ? Lorsqu'il à précisé les quatre coudées qu'il à fixées.
Mais s'il n'a pas précisé les quatre coudées qu'il à fixées, il ne bougera pas de sa place.
La beraita pose la condition de Rav. Les quatre coudées doivent être précisées : un signe, arbre où pierre, et la formule "dans ces quatre-là". Sans cette précision, il ne quitte pas les quatre coudées où se trouvent ses pieds. Il n'a pas voulu acquérir là, et le lieu visé est resté sans délimitation.
Dirons-nous que ce soit une réfutation de Chmouel ? Chmouel te dirait : de quoi traite-t-on ici ?
Par exemple, de l'endroit de ses pieds jusqu'au tronc, il y a deux mille et quatre coudées, de sorte que si tu la lui établis de l'autre côté de l'arbre, il se trouve hors de son tehoum (limite de Chabbat).
La beraita précédente, "il ne bougera pas", semble réfuter Chmouel, pour qui le dessous de l'arbre est acquis même sans précision. Chmouel resserre le cas : du lieu des pieds au tronc, il y a deux mille et quatre coudées. Les deux mille du tehoum et les quatre de la chevita s'épuisent au tronc. Le feuillage de l'autre côté est au-delà.
Quatre coudées précisées de ce côté-ci : il peut y aller. Sans précision, l'autre côté reste possible, et ses pieds seraient hors tehoum : il ne peut pas partir. L'avis général de Chmouel vise un dessous tout entier compris dans les deux mille et quatre. La chevita est acquise, nord où sud inconnu, et l'on mesure depuis le côté défavorable : yado al ha-tahtona.
S'il à précisé quatre coudées, il peut aller. Et s'il ne l'a pas fait, il ne peut pas aller.
Conséquence du cas précédent. Les quatre coudées nommées de ce côté du tronc : le chemin est ouvert. Aucune précision : le feuillage d'au-delà reste un lieu possible, hors tehoum, et il reste sur place.
On a enseigné une beraita comme Chmouel : s'il s'est trompé et à fait un erouv vers deux directions, croyant que l'on fait un erouv pour lui vers deux directions, où s'il à dit à ses serviteurs : "sortez et faites-moi un erouv", l'un à fait un erouv pour lui vers le nord et l'un vers le sud : il marche vers le nord selon son erouv du sud, et vers le sud selon son erouv du nord.
Beraita comme Chmouel. Deux erouvin d'un coup : par erreur, en croyant pouvoir aller le matin d'un côté et le soir de l'autre, où par deux serviteurs envoyés sans direction, l'un au nord et l'un au sud. Une seule chevita est acquise, et l'on ignore laquelle. On lui met les rigueurs des deux.
Rachi chiffre. Erouv à mille coudées de chaque côté de la maison : chaque erouv ouvre deux mille autour de lui. Les deux mille vers le nord, comptés depuis l'erouv du sud, s'arrêtent à mille au nord de la maison. Même compte vers le sud. Il voulait trois mille de chaque côté ; il en garde mille.
Et s'ils ont mis le tehoum en son milieu, il ne bougera pas de sa place.
Chaque serviteur pose l'erouv à deux mille coudées. Le tehoum de l'erouv du sud s'achève à la maison vers le nord, et celui du nord s'achève à la maison vers le sud. Les deux limites se rencontrent sur lui : il ne bouge pas de sa maison. Il n'a même pas le tehoum des gens de sa ville, car il n'a voulu acquérir qu'au lieu des erouvin.
Rachi en tire l'appui de Chmouel. Dans le doute, une chevita est acquise, et l'on cumule les rigueurs. Là où les deux erouvin laissent encore du chemin, il peut marcher, sans avoir précisé lequel lui convient. Même règle que pour les quatre coudées douteuses sous l'arbre.
Dirons-nous que ce soit une réfutation de Rav ? Rav est un tanna, et il diverge.
La beraita des deux erouvin semble réfuter Rav : sans un seul lieu précisé, une chevita est pourtant acquise, et il marche là où les deux s'accordent. Selon Rav, l'absence de précision l'immobiliserait même lorsque le tehoum n'est pas centré sur lui. La Guemara répond : Rav tanna hou où-palig. Rav à rang de tanna, et il peut diverger d'une beraita.
Rachi rapporte une version entendue qui lui fait difficulté. Les deux erouvin et l'arbre s'y séparent. Ici, il à visé les deux lieux, les serviteurs ont fait leur mission, une seule chevita est acquise, on cumule les rigueurs, et le reste est permis dans tous les cas. Sous l'arbre, il n'a pas voulu le lieu de ses pieds, et sans précision Rav ne voit aucune acquisition.
Rachi pousse encore. Si l'on calquait l'arbre sur les deux erouvin, quatre du nord où quatre du sud, avec les deux rigueurs, la même objection atteindrait Chmouel : cette version ne lui laisse rien au-delà de l'arbre, alors que, dans tous les cas, le côté du tronc tourné vers ses pieds devrait lui ouvrir deux mille coudées vers sa maison.
S'il à dit : "ma chevita est à son tronc", il marche de l'endroit de ses pieds jusqu'au tronc, deux mille coudées, et du tronc jusqu'à sa maison, deux mille coudées. Il se trouve qu'il marche, après la tombée de la nuit, quatre mille coudées.
Retour à la michna. "Ma chevita est au tronc" désigne un point, non un feuillage où plusieurs blocs de quatre resteraient ouverts. Du lieu où la nuit l'a pris jusqu'au tronc : deux mille. Du tronc vers sa maison : encore deux mille. En tout, après la tombée de la nuit, quatre mille coudées.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).