Sougya : Shmouel achève : si le fil à plomb descend en face de la lèvre, on mesure d'une belle mesure le sol du ravin, et la paroi verticale ne compte pas. Rav Yossef borne l'allègement, englober ou percer, à deux mille coudées de profondeur.
Abaye objecte la beraita : cent coudées pour le premier tanna, deux mille pour les Autres. Une seconde version, au-delà de deux mille, se range sur le fil qui tombe d'aplomb, et Avimi fixe à quatre coudées l'écart qui sépare encore " en face " de la pente.
Rava distingue la montagne qui s'élève de dix tefahim sur quatre coudées et celle qui s'élève sur cinq. Rav Houna fils de Rav Natan en rapporte une formulation plus légère : sur quatre, on estime.
On ne perce pas pour la génisse à la nuque brisée ni pour les villes de refuge, mesures de la Torah. La michna suivante ne fait mesurer que par un expert, retient la marque la plus longue, et croit même l'esclave et la servante : les Sages ont institué les tehoumin pour alléger.
Mais si le fil à plomb descend en face de lui, il le mesure d'une belle mesure.
Suite de Shmouel. Le fil à plomb tombe droit : la lèvre du fond ne s'écarte pas de quatre coudées. On n'use pas du perçage (kiddur), qui ferait entrer la pente dans les deux mille. On descend, on mesure le sol comme un terrain plat, on remonte à l'autre lèvre, et l'on continue. La paroi verticale ne mange pas le tehum.
Et quelle est la profondeur d'un ravin ? Rav Yossef a dit : deux mille.
La question vise le ravin qu'on englobe (havlaa) quand sa largeur est de cinquante, la portée de la corde. Rav Yossef : cet allègement tient jusqu'à deux mille coudées de profondeur.
Abaye lui a objecté : profond de cent et large de cinquante, on l'englobe ; sinon, on ne l'englobe pas ? C'est qu'il a dit comme les Autres, car on enseigne : les Autres disent : même profond de deux mille et large de cinquante, on l'englobe.
La beraita du premier tanna s'arrête à cent coudées de profondeur, pour une largeur de cinquante. Au-delà, on n'englobe plus. Rav Yossef suit les Autres (Aherim) : on englobe encore à deux mille. Rachi : passé deux mille, la corde de cinquante aurait beau joindre les lèvres, on perce, on n'englobe pas.
Il y en a qui disent : Rav Yossef a dit : même plus de deux mille. Comme qui ?
Ni comme le premier tanna, ni comme les Autres !
Seconde version. Rav Yossef maintient l'allègement même au-delà de deux mille. Ni le premier tanna, arrêté à cent, ni les Autres, arrêtés à deux mille, ne vont si loin.
Tossefot lit la conclusion : Rav Yossef ne parle plus d'englober. Il complète Rav Yehouda. Quand le fil tombe d'aplomb, la belle mesure du fond vaut même au-delà de deux mille.
Là-bas, c'est lorsque le fil à plomb ne descend pas en face de lui. Ici, c'est lorsque le fil à plomb descend en face de lui.
Là-bas : le débat sur cent ou deux mille. Le fil ne tombe pas d'aplomb, la pente se marche un peu, on serre. Ici : la parole de Rav Yossef, au-delà de deux mille. Le fil tombe d'aplomb.
Et lorsque le fil à plomb ne descend pas en face de lui, jusqu'à combien ? Avimi a dit : quatre.
Et de même Rami bar Ye'hezkel enseigne : quatre.
On pose le fil à la lèvre. S'il touche le fond à quatre coudées ou moins de l'aplomb, on dit encore qu'il descend en face : belle mesure. Au-delà, la pente compte, et l'on est rigoureux.
Avimi et la beraita de Rami bar Ye'hezkel donnent le même chiffre. Rabbeinou Chemouel : quatre reste quatre, que le ravin ait cinquante ou deux mille de profondeur.
S'il arrivait à une montagne, il l'englobe et revient à sa mesure. Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour une montagne qui s'élève de dix tefahim dans quatre coudées.
Mais pour une montagne qui s'élève de dix tefahim dans cinq coudées, il la mesure d'une belle mesure.
Première formulation de Rava. L'englober de la montagne vaut pour le relief raide : dix tefahim de montée avant quatre coudées de marche. Sur cinq coudées, la pente est douce : belle mesure, on compte toute la pente, comme un terrain plat. Tossefot : cette belle mesure-ci compte la pente. Celle du fil d'aplomb, plus haut, saute la paroi.
Selon Rachi, mur et montagne ont quatre régimes. Pente douce : on mesure tout. Pente de quatre : on englobe, et si la corde de cinquante ne joint pas, on perce. Usage peu commode : on estime. Fil d'aplomb : on saute la pente. La formulation légère, plus bas, n'en garde que trois : sur cinq on englobe, sur quatre on estime, fil d'aplomb on saute.
Rabbeinou Tam lit le fil à plomb comme une pente lisse, sans prise pour le pied. Si l'homme ne peut ni descendre ni monter, on allège et l'on englobe. S'il y a une descente praticable, on mesure toute la pente. L'estimation, dit-il, vaut pour une montagne faite par le Ciel. Un ravin creusé autour de la ville s'englobe.
Rav Houna fils de Rav Natan l'enseigne dans le sens de l'allègement. Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour une montagne qui s'élève de dix tefahim dans cinq coudées.
Mais pour une montagne qui s'élève de dix tefahim dans quatre coudées, on l'estime, et l'on s'en va.
Formulation au kola (l'allègement). La michna, " il l'englobe ", vise la pente de dix tefahim sur cinq coudées : l'usage est encore commode, on englobe ou l'on perce. Sur quatre, le relief est raide : on estime dans l'esprit, et l'on continue, sans corde.
Et à condition qu'il ne sorte pas hors du tehum. Quelle est la raison ?
Rav Kahana a dit : un décret, de peur qu'on dise : la mesure des tehoumin arrive jusqu'ici.
Reprise de la clause de la michna. Rav Kahana en donne la raison : un décret (gezera). Le passant qui voit mesurer hors du tehum dira que la mesure des tehoumin arrive là.
S'il ne peut pas l'englober. Les Sages ont enseigné : comment perce-t-on ?
Celui d'en bas en face de son cœur, celui d'en haut en face de ses pieds. Abaye a dit : nous tenons qu'on ne perce qu'avec une corde de quatre coudées.
Le perçage (kiddur), quand la corde de cinquante ne joint pas les bords. Deux hommes. Celui du bas tient la corde à hauteur du cœur, celui du haut à hauteur des pieds. La corde est moins pentue que le sol : chaque longueur retire une part de la montée. Abaye : cette corde est de quatre coudées.
Rav Nahman a dit que Rabba bar Abouha a dit : nous tenons qu'on ne perce ni pour la génisse à la nuque brisée, ni pour les villes de refuge, parce qu'elles sont de la Torah.
Deux mesures viennent de la Torah. La génisse à la nuque brisée : on cherche la ville la plus proche du cadavre. Les villes de refuge : la ville recueille l'homicide involontaire, et son tehum aussi. On ne perce pas. Montagnes et ravins se mesurent comme un terrain plat : toute la pente entre dans le compte. Le tehum de Chabbat, institué par les Sages, a reçu l'allègement du perçage.
Michna. On ne mesure que depuis l'expert.
S'il a allongé pour un endroit et raccourci pour un autre endroit, on écoute l'endroit où il a allongé. S'il a allongé pour l'un et raccourci pour l'un, on écoute la mesure la plus grande.
Nouvelle michna. Version de Rachi : on ne mesure que par un expert, versé dans la mesure. Le Yerushalmi refuse l'allongement d'un simple particulier. Rabbeinou Hananel et Tossefot lisent " depuis le moumhe " : une ligne droite, en face de la ville, du verbe de la frontière, " il s'étend ". On ne mesure pas de côté, sur un sol plat, pour viser ensuite : en face de la ville, il peut y avoir montagnes et ravins à englober ou à percer.
Deux marques qui ne s'alignent pas : on retient l'endroit le plus long, et l'on y aligne la marque courte. On suppose que la corde n'avait pas été tendue de toute sa force, comme la Tossefta le demande. Allonger pour l'un et raccourcir pour l'autre : la Guemara l'explique en 59a.
Et même un esclave, même une servante, sont crus pour dire : jusqu'ici le tehum de Chabbat. Car les Sages n'ont pas dit la chose pour être rigoureux, mais pour alléger.
Même l'esclave et la servante, dont la parole est d'ordinaire écartée, sont crus pour dire où s'arrête le tehum de Chabbat. Les Sages ont institué les tehoumin pour alléger.
Tossefot confronte Ketoubot 28a. " Jusqu'ici nous marchions le Chabbat ", vu dans l'enfance, n'est cru d'un adulte que si un adulte l'accompagnait déjà. Première réponse : ici aussi un adulte l'accompagne, et la page s'en remet à ce qui est écrit là-bas. Seconde réponse : la condition ne vise pas tous les cas de cette beraita. Pour la terouma d'ordre rabbinique, un adulte seul suffit : cette terouma n'élève pas à la lignée.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).