Sougya : La beraita achève le cas de la ville du grand nombre qui le demeure : si elle n'a qu'une seule entrée, on fait l'eruv de toute la ville. Rav Houna fils de Rav Yehochoua rattache au seul Rabbi Yehouda le correctif du domaine public par lehi ou kora.
Rav Papa distingue la longueur, où l'on ne partage pas, et la largeur, où la première version partage ; une seconde version interdit aussi la largeur. Puis Rabbi Zeira et Abaye, à propos du tas d'ordures qui bouchait une entrée, et le statut de l'échelle : cloison en bout de ville, entrée entre deux cours.
et elle n'a qu'une seule entrée : on fait l'eruv de toute la ville.
Fin de la beraita commencée au daf précédent. La ville était du grand nombre, et elle l'est. Si elle n'a qu'une seule entrée, on fait l'eruv de toute la ville.
Rachi : elle n'est pas ouverte de part en part (mefouleshet). Elle ne ressemble pas aux étendards du désert, le modèle du domaine public, où l'on passe de bout en bout.
Quel est le tanna selon qui un domaine public se réunit par un eruv ? Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit : c'est Rabbi Yehouda.
Car on a enseigné : qui plus est, Rabbi Yehouda a dit, celui qui a deux maisons des deux côtés d'un domaine public fait un lehi d'un côté et un lehi de l'autre, ou une kora d'un côté et une kora de l'autre, et il porte et dépose au milieu. Ils lui ont dit : on ne fait pas l'eruv d'un domaine public de cette manière.
La beraita, au daf précédent, a permis le lehi (poteau) ou la kora (poutre) sur le domaine public qui traverse une ville d'un seul devenue du grand nombre. Qui est ce tanna ? Rav Houna fils de Rav Yehochoua : Rabbi Yehouda.
Sa beraita : deux maisons face à face, de part et d'autre d'un domaine public. On place un lehi de chaque côté, ou une kora de chaque côté, et l'on porte au milieu. Les Sages répondent : on ne fait pas l'eruv d'un domaine public ainsi.
Le Roch, sur la michna, reprend toute la suite : shiur, Mehouza, les deux versions de Rav Papa, et la cloison qui sépare les mabouiot. Il retient la première version de Rav Papa, celle qui allège : en matière d'eruv, la halakha suit celui qui allège.
Le maître a dit : et on n'en fait pas l'eruv par moitiés. Rav Papa a dit : on n'a dit cela que pour sa longueur ; pour sa largeur, on fait l'eruv.
La beraita interdit l'eruv par moitiés. Rav Papa, première version : cela vise la longueur. La voie va d'une porte de la ville à l'autre. Les deux côtés la foulent. Elle les relie. Chacun interdit l'autre.
Pour la largeur, on partage. Chaque tête de la ville garde la porte qui est près d'elle. Ceux d'un bout se retirent de la voie de l'autre bout. Rachi : ils se réservent chacun l'entrée qui est la leur.
Selon qui ? Pas selon Rabbi Akiva.
Car si c'était selon Rabbi Akiva, voici qu'il a dit : un pied permis dans son lieu interdit même hors de son lieu.
La première version de Rav Papa, qui permet la largeur, irait contre Rabbi Akiva. Au chapitre Hader (Eruvin 75a) : deux cours, l'une dans l'autre. L'intérieure sort seulement par l'extérieure. Même permise chez elle, son pied (regel), son droit de passage, interdit l'extérieure. Les Sages réservent cette interdiction au pied déjà interdit dans son propre lieu.
Même logique pour la ville : chaque moitié, permise de son côté, devrait interdire la voie de l'autre. L'eruv de la largeur ne tiendrait pas.
Tossefot : laisser tout le domaine public à un seul côté ne ressemble pas aux deux cours. La voie est le lieu des deux. La largeur, elle, se compare aux deux cours, parce que chaque tête a sa porte.
Même si tu dis Rabbi Akiva : Rabbi Akiva n'a dit cela, là-bas, que pour deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre, car l'intérieure n'a pas d'autre entrée. Mais ici, ceux-ci sortent par cette entrée, et ceux-là sortent par cette entrée.
La Guemara maintient Rabbi Akiva. Son propos vise l'intérieure qui n'a pas d'autre porte : elle doit passer par l'extérieure. Dans la ville coupée en largeur, chaque moitié sort par sa porte. Le passage de l'une sur la voie de l'autre n'est pas forcé.
Le Roch rapporté sur ce segment commente une autre beraita du chapitre : on verrouille sa maison et l'on annule son domaine (bitoul reshut), là où la paille séparait et où l'on avait l'habitude de porter sans eruv.
Il y en a qui disent. Rav Papa a dit : ne dis pas que c'est pour sa longueur qu'on ne fait pas l'eruv, et que pour sa largeur on le fait.
Même pour sa largeur, on ne le fait pas non plus.
Seconde version de Rav Papa. L'interdit des moitiés vaut aussi pour la largeur. Avoir une porte de son côté ne suffit pas à se retirer de la voie.
Selon qui ? Selon Rabbi Akiva !
Même si tu dis les Sages : les Sages n'ont dit cela, là-bas, que pour deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre, car l'intérieure ferme la porte et se sert de son lieu. Mais ici, peuvent-ils retirer le domaine public d'ici ?
La seconde version, qui interdit aussi la largeur, semble suivre Rabbi Akiva : le pied permis chez soi interdit hors de son lieu.
Réponse : même les Sages. Là-bas, l'intérieure ferme la porte et se sert chez elle. Rachi : on la contraint selon la mesure de Sedom (midat Sedom), refuser un avantage qui ne coûte rien. Elle renonce pour la journée au passage sur l'extérieure. Ici, la voie est à tous. On ne la retire pas.
Tossefot : " ferme la porte " vise l'usage de l'extérieure, et le passage à pied vers le domaine public demeure. La daka de la suite vise le même usage. La voie appartient aux deux côtés au même titre.
Le maître a dit : ou bien elle tout entière, ou bien maboui par maboui, chacun pour soi. En quoi les moitiés diffèrent-elles, qu'on s'en abstienne, parce qu'ils s'interdisent mutuellement ?
Maboui par maboui, eux aussi s'interdisent mutuellement !
La beraita offre deux issues : toute la ville, ou chaque maboui pour soi. La Guemara objecte : si les moitiés s'interdisent parce que tous usent des deux côtés, les mabouiot s'interdisent de la même manière. On passe de l'un à l'autre.
Rachi : l'habitude pèse. À l'origine, ville d'un seul, un seul eruv. Un lehi ou une kora au maboui ne rompt pas cette habitude.
Tossefot opposent Eruvin 14b : un lehi à mi-maboui donne la moitié du maboui. Ils posent ce cas là où aucune cour ne s'ouvre au-delà du lehi. Le Roch, plus haut, développe le Yerushalmi et la tzurat ha-petah.
Ici, de quoi s'agit-il ? D'un cas où ils ont fait une daka.
Et comme ce qu'a dit Rav Idi bar Avin au nom de Rav Hisda : l'un des habitants du maboui qui a fait une daka à son entrée n'interdit pas les habitants du maboui.
Réponse : chaque maboui a fait une daka à son entrée. Rachi : une entrée basse, qui montre qu'on se retire des autres. Tossefot rapportent aussi une cloison de quatre tefahim, autre version dix, une plate-forme (itzteba). Au daf 89b, le même mot se lit comme une entrée. En fin de chapitre, il désigne une cloison. Le Roch cite Rabbeinou Hananel pour la plate-forme, et Rachi pour l'entrée basse, haute dans son texte de dix tefahim.
Rav Idi bar Avin au nom de Rav Hisda : celui qui fait une daka à l'entrée de sa cour, et ne prend pas part à l'eruv, n'interdit pas les autres. Il a montré qu'il se retire.
Elle était du grand nombre, et la voici, etc. Rabbi Zeira fit l'eruv pour la ville de la maison de Rabbi Hiya, et ne lui laissa pas de shiur.
Abaye lui dit : quelle est la raison pour laquelle le maître a agi ainsi ?
Retour au dernier membre de la beraita. Rabbi Zeira a fait l'eruv de la ville de la maison de Rabbi Hiya sans laisser de shiur, la part qu'on laisse dehors.
Abaye s'étonne. Rachi lit la scène ainsi : à ce moment la ville est du grand nombre. Les anciens diront qu'elle l'était déjà, et qu'un tas d'ordures bouchait l'autre entrée. Une seule entrée suffisait, même pour une ville du grand nombre.
Tossefot : si Rabbi Zeira avait laissé un shiur, Abaye n'aurait rien dit. Le shiur sert donc aussi à la ville du grand nombre qui le demeure, comme plus loin pour Mehouza. La michna, en parlant d'une ville devenue d'un seul, enseigne la nouveauté : même alors, le shiur reste exigé.
Il lui dit : les anciens du lieu m'ont dit, Rav Hiya bar Assi fait l'eruv de toute la ville. Et j'ai dit : apprends-en que c'est une ville d'un seul devenue du grand nombre.
Réponse de Rabbi Zeira. Les anciens lui ont rapporté la pratique de Rav Hiya bar Assi : eruv de toute la ville, sans part laissée dehors. Il en a conclu : ville d'un seul devenue du grand nombre. Dans ce cas, la michna permet l'eruv de tout.
Le Roch raconte la suite, le tas et l'échelle, et la raison du shiur : un signe (heker), pour qu'on voie que c'est l'eruv qui a permis le port. La part laissée dehors fait l'eruv pour elle-même. À Mehouza, Rabba bar Avouha fait l'eruv quartier par quartier, à cause du marché des bœufs : chacun est un shiur pour l'autre.
Il lui dit : à moi, ces anciens ont dit, ce tas d'ordures était d'un côté. Maintenant que le tas a été déblayé, elle a comme deux entrées, et c'est interdit.
Il lui dit : je ne l'avais pas à l'esprit.
Abaye a entendu les mêmes anciens autrement. Le tas d'ordures (ashpa) bouchait un côté : une seule entrée, et l'eruv de toute la ville tenait, même pour une ville du grand nombre. Le tas déblayé, la ville a deux entrées. Sans shiur, l'eruv de tout est interdit.
Rabbi Zeira : je ne l'avais pas à l'esprit. Il ignorait que le tas avait été enlevé.
Rav Ami bar Adda de Harpanya a demandé à Rabba : une échelle d'un côté et une entrée de l'autre, qu'en est-il ? Il lui dit : ainsi a dit Rav, une échelle a sur elle le statut d'entrée.
Question de Rav Ami bar Adda de Harpanya à Rabba. La ville a une entrée d'un côté, et de l'autre une échelle pour franchir la muraille. Compte-t-on deux issues ? Rabba, au nom de Rav : l'échelle a le statut d'entrée (torat petah). La ville serait alors ouverte des deux côtés.
Tossefot : le texte dit Rabba, et non Rabba bar Avouha. Rav Nahman, au segment suivant, dit de ne pas l'écouter. Il n'aurait pas parlé ainsi de son maître.
Rav Nahman leur dit : ne l'écoutez pas. Ainsi a dit Rav Adda au nom de Rav : une échelle a sur elle le statut d'entrée, et le statut de cloison.
Le statut de cloison, comme nous l'avons dit. Le statut d'entrée : pour une échelle entre deux cours.
S'ils veulent, un seul fait l'eruv ; s'ils veulent, deux font l'eruv.
Rav Nahman écarte la réponse de Rabba. Au nom de Rav Adda, au nom de Rav : l'échelle a deux statuts.
Cloison (mehitsa), dans le cas de la ville : elle ne défait pas la fermeture du mur. Elle ne compte pas comme seconde entrée. Rachi : elle ne fait pas de la clôture une ouverture.
Entrée, entre deux cours, large de quatre tefahim, sans autre porte. S'ils veulent, un eruv commun, et l'usage par le haut du mur, les trous et les fentes. S'ils veulent, deux eruvin : chacun sort de sa maison vers la cour, sans user de la cour de l'autre. Tossefot : un mur garni d'échelles peut aussi compter comme cloison, pour alléger, entre deux cours.
Et Rav Nahman a-t-il dit cela ? Or Rav Nahman a dit au nom de Chmouel : les gens de la cour et les gens de la marpesset qui ont oublié
La page s'arrête au milieu de la question. Rav Nahman vient de donner à l'échelle, en bout de ville, un statut de cloison qui allège : elle ne compte pas comme seconde entrée. La Guemara oppose un enseignement du même Rav Nahman, au nom de Chmouel, sur les gens de la cour et les gens de la marpesset qui ont oublié. La suite est au daf suivant.
Rachi décrit la marpesset : galerie le long des étages, échelle vers la cour, et sortie vers le domaine public par la cour. Sans eruv avec ceux du bas, les uns interdisent aux autres de sortir les ustensiles des maisons vers la cour.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).