Sougya : La Guemara achève l'enseignement de Chmouel sur la marpesset et la cour qui n'ont pas fait d'eruv ensemble : une daka de quatre tefahim retire la marpesset, lorsque celle-ci a moins de dix tefahim de haut et qu'elle est close sauf une ouverture d'au plus dix coudées. Rav Yehouda, au nom de Chmouel, maintient le statut de cloison à un mur garni d'échelles, même au-delà de dix coudées.
Abaye, envoyé faire l'eruv de Kakounai, cherche quel shiur laisser : maisons vers le fleuve, fenêtres, quartiers de Mehouza, puis le grenier à paille de Poumbedita. La mesure du shiur va d'Ir Hadasha, cinquante habitants, à Rabbi Shimon, trois cours, puis à Rabbi Yitshak, une maison dans une cour.
La michna suivante fixe la chevita selon la distance de deux mille coudées : maison ou eruv, et l'eruv déposé dans l'ibbour de la ville n'ajoute rien.
et ils n'ont pas fait l'eruv : s'il y a devant eux une daka de quatre, elle n'interdit pas ; sinon, elle interdit.
Suite de l'enseignement de Chmouel sur la marpesset (galerie haute) et la cour. Chacun a fait son eruv de son côté.
Une daka, petite cloison de quatre tefahim, placée devant la montée, retire les gens du haut : ils n'interdisent plus la cour. Sans elle, la rampe compte comme une entrée, et l'interdiction tient, même quand ce statut alourdit.
De quoi s'agit-il ici ? D'une marpesset qui n'est pas haute de dix.
La réponse limite le cas. La marpesset a moins de dix tefahim de haut. À cette hauteur, elle ne forme pas un domaine séparé : elle fait corps avec la cour.
Et si la marpesset n'est pas haute de dix, lorsqu'il fait une daka, qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'elle est close jusqu'à dix coudées : dès qu'il fait une daka, il s'est retiré d'ici.
Si tout le pourtour est ouvert et bas, une daka locale ne sépare rien. Le cas retenu : la marpesset est close, et il ne reste qu'une ouverture d'au plus dix coudées, mesure d'un petah (entrée).
La daka ferme cette entrée : les gens du haut se retirent. Sans daka, cette ouverture reste une entrée, et ils interdisent la cour.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : un mur qu'on a garni d'échelles, même au-delà de dix, a le statut de cloison.
Une brèche de plus de dix coudées annule un mur. Des échelles alignées sur plus de dix coudées pourraient passer pour cette brèche. Chmouel maintient le statut de cloison.
L'échelle a deux usages, et l'on prend l'indulgence. Pour réunir : elle est une entrée, un seul eruv. Pour rester séparés : la cloison tient, deux eruvs. On n'applique pas la rigueur qui annulerait le mur.
Rav Berouna opposa une contradiction à Rav Yehouda, au pressoir de la maison de Rav Hanina : Chmouel a-t-il dit qu'il a le statut de cloison ? Or Rav Nahman a dit au nom de Chmouel : les gens de la marpesset et les gens de la cour qui ont oublié et n'ont pas fait l'eruv, s'il y a devant elle une daka de quatre, elle n'interdit pas, et sinon, elle interdit.
Rav Berouna met en face deux dits de Chmouel. Le mur garni d'échelles garderait sa cloison. Or, sans daka, la marpesset interdit la cour : l'échelle, ou la rampe, annulerait donc la séparation, et cela pour la rigueur.
De quoi s'agit-il ici ? D'une marpesset qui n'est pas haute de dix.
Et si la marpesset n'est pas haute de dix, lorsqu'il fait une daka, qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'elle est close jusqu'à dix coudées : dès qu'il fait une daka, il s'est retiré d'ici.
Même réponse que plus haut. Le cas où l'absence de daka interdit vise une marpesset sous dix tefahim : sans l'échelle déjà, elle ne fait pas domaine à part. La daka ne sert que parce que le pourtour est clos et qu'il reste une ouverture d'au plus dix coudées.
Le mur garni d'échelles, lui, reste une cloison. Les deux dits de Chmouel portent sur deux constructions.
Ces gens de Kakounai vinrent devant Rav Yossef. Ils lui dirent : donne-nous un homme qui fasse l'eruv pour notre ville.
Il dit à Abaye : va, fais-leur l'eruv, et veille à ce qu'on ne crie pas contre cela au beit hamidrach. Il alla, vit ces maisons ouvertes sur le fleuve.
Il dit : que celles-ci soient un shiur pour la ville.
Ville du grand nombre devenue d'un seul : on ne fait pas l'eruv de tout, on laisse un shiur, une part hors de l'eruv. Rav Yossef envoie Abaye, avec l'ordre d'éviter toute contestation au beit hamidrach.
Abaye voit des maisons dont la porte donne sur le fleuve, pas sur la ville, et il veut les laisser comme shiur. Tossefot précise la portée de Rachi : le cas exclu est la ville d'un seul devenue du grand nombre, où l'on réunit tout.
Il se ravisa et dit : nous avons appris " on ne fait pas l'eruv de toute la ville ", d'où l'on déduit que, s'ils voulaient faire l'eruv, ils le pourraient. Je leur ferai plutôt des fenêtres, afin que, s'ils veulent faire l'eruv par les fenêtres, ils le puissent.
La michna, " on ne fait pas l'eruv de toute la ville ", suppose que la part laissée aurait pu entrer dans l'eruv. Des maisons sans aucune ouverture vers la ville ne peuvent pas servir de shiur.
Abaye veut donc percer des fenêtres de quatre tefahim sur quatre, mesure qui joint pour l'eruv, puis les laisser hors de l'eruv de la ville.
Il se ravisa et dit : on n'en a pas besoin. Car Rabba bar Avouha fait l'eruv pour tout Mehouza, quartier par quartier, à cause des fosses de nourriture du bétail, chacun étant un shiur pour l'autre.
Et bien que, s'ils voulaient faire l'eruv ensemble, ils ne le pourraient pas.
Mehouza était partagée par des fosses où l'on gardait des noyaux de dattes pour le bétail. Rabba bar Avouha faisait l'eruv quartier par quartier. Chaque quartier servait de shiur à l'autre, alors qu'au sol on ne pouvait pas passer de l'un à l'autre.
Rachi en tire la règle du fossé : deux eruvs, oui ; un seul eruv commun, non. Abaye en conclut d'abord que le shiur n'a pas besoin de pouvoir rejoindre la ville.
Il se ravisa et dit : cela ne se compare pas. Là-bas, s'ils voulaient, ils feraient l'eruv par les toits ; ceux-ci ne font pas l'eruv.
Nous leur ferons donc des fenêtres.
Abaye distingue Mehouza de Kakounai. À Mehouza, des étages reliaient les toits : un eruv commun restait possible par en haut. Les maisons du fleuve, elles, n'ont aucun joint avec la ville. Il revient donc aux fenêtres.
Il se ravisa et dit : les fenêtres non plus ne sont pas exigées. Car ce grenier à paille qu'avait Mar bar Pofidata, de Poumbedita, il en a fait un shiur pour Poumbedita.
Dernière reprise. À Poumbedita, un grenier à paille a servi de shiur, sans être une maison apte à entrer dans l'eruv de la ville. Les fenêtres de Kakounai ne sont donc pas exigées.
Rachi rattache cela à Rabbi Shimon : le shiur n'a pas la taille de cinquante habitants. Tossefot aligne le grenier sur la mesure de trois cours de deux maisons.
Il dit : c'est bien ce que m'a dit le maître : " Veille à ce qu'on ne crie pas contre cela au beit hamidrach. "
Abaye comprend l'avertissement de Rav Yossef. Le shiur se discute de plusieurs côtés, et une décision hâtive aurait été reprise au beit hamidrach.
Tossefot : imposer des fenêtres inutiles, c'était faire démolir des murs de maisons.
sauf s'il a fait en dehors d'elle comme la ville de Hadasha. On a enseigné : Rabbi Yehouda a dit : il y avait une ville en Judée, et son nom était Hadasha.
Il y avait là cinquante habitants, hommes, femmes et enfants. C'est par elle que les Sages estimaient, et elle-même était le shiur.
Reprise de la michna : ville du grand nombre devenue d'un seul, on laisse dehors une part comme Ir Hadasha.
La beraita fixe la mesure : cinquante habitants, en comptant hommes, femmes et enfants. Hadasha servait elle-même de shiur à la grande ville d'à côté. Tossefot la situe dans Yehochoua 15, héritage de Yehouda.
On a demandé : Hadasha, qu'en est-il ? Hadasha : de même qu'elle est un shiur pour la grande, la grande est aussi un shiur pour la petite.
Peut-on faire l'eruv de Hadasha elle-même, tout entière ? Oui : la grande ville voisine, pour laquelle Hadasha est le shiur, est en retour le shiur de Hadasha. Chacune laisse l'autre dehors.
Plutôt, une ville semblable à Hadasha, qu'en est-il ? Rav Houna et Rav Yehouda : l'un dit qu'elle exige un shiur, et l'un dit qu'elle n'exige pas de shiur.
La question qui reste : une petite ville isolée, de la taille de Hadasha, cinquante habitants, sans grande ville à côté. Exige-t-elle un shiur ?
Rav Houna et Rav Yehouda se partagent. Le Roch, plus loin, retient la kolla : elle n'exige pas de shiur.
Rabbi Shimon dit : trois cours, etc. Rav Hama bar Gourya a dit au nom de Rav : la halakha est comme Rabbi Shimon.
Rabbi Yitshak a dit : même une maison et une cour. Une cour, cela te viendrait-il à l'esprit ?
Dis plutôt : une maison dans une cour.
Trois mesures du shiur. La michna, par Ir Hadasha : cinquante habitants. Rabbi Shimon : trois cours de deux maisons. Rav tranche comme lui. Rabbi Yitshak descend encore : une maison dans une cour.
La formule " une cour " seule est corrigée. Une cour sans maison n'est pas une demeure. Il faut une maison dans la cour.
Abaye dit à Rav Yossef : cet enseignement de Rabbi Yitshak, gemara ou sevara ? Il lui dit : quelle conséquence pratique y a-t-il pour nous ?
Il lui dit : une gemara, qu'on l'étudie : en ferait-on une chanson ?
Gemara : tradition reçue. Sevara : raisonnement d'Abaye, ici de Rabbi Yitshak. Rav Yossef demande la différence pratique, puisque la halakha a déjà été dite comme Rabbi Shimon.
Le jeu de mots d'Abaye : gemara et zemara (chanson). Étudier, c'est aussi savoir d'où vient le dit, même quand la halakha est déjà fixée.
Michna. Celui qui était à l'est et a dit à son fils : " Fais-moi l'eruv à l'ouest.
" À l'ouest, et il a dit à son fils : " Fais-moi l'eruv à l'est. " S'il y a de lui à sa maison deux mille coudées, et jusqu'à son eruv plus que cela : permis pour sa maison, et interdit pour son eruv.
Nouvelle michna. L'homme est hors de chez lui quand le Chabbat entre. Il a chargé son fils de déposer un eruv tehoumin du côté opposé à celui où il se trouve.
On ne compte la chevita que depuis un point situé dans les deux mille coudées. Si la maison est dans les deux mille et l'eruv au-delà, l'eruv ne prend pas. Il compte depuis sa maison, puisqu'il était dans son tehum.
Rachi distingue le voyageur qui a refusé l'endroit de ses pieds : lui ne bouge pas. Ici, la maison reste acquise. Le cas du rouleau hors du tehum (Erouvin 35a), hamor gamal, restreint des deux côtés, le montre : on ne dit pas qu'il est sans aucune chevita.
Jusqu'à son eruv, deux mille coudées, et jusqu'à sa maison plus que cela : interdit pour sa maison, et permis pour son eruv.
Cas inverse. L'eruv est dans les deux mille, la maison au-delà. La chevita se compte depuis l'eruv. Depuis la maison, les deux mille dans chaque direction ne sont pas ouverts.
Celui qui place son eruv dans l'ibbour de la ville n'a rien fait.
L'ibbour est la bande de soixante-dix coudées et deux tiers autour de la ville. Toute la ville compte déjà comme quatre coudées, et les deux mille partent du bord de cette bande.
Déposer l'eruv dans cette bande n'allonge rien : on avait déjà ce tehum sans eruv.
S'il l'a placé hors du tehum, même d'une seule coudée -
Le segment s'arrête ici. " Hors du tehum ", Rachi le renvoie à la Guemara : hors de l'ibbour, pas hors des deux mille. Même une coudée au-delà du bord déplace le centre de la chevita. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).