Eruvin 60b - Ce qu'il gagne, il le perd : tehum, ibbour et ville comme quatre coudées

Eruvin 60b

Sougya : La michna s'achève : l'eruv placé hors de l'ibbour fait gagner d'un côté ce qu'il fait perdre de l'autre. La Guemara cherche d'abord le cas où l'homme est à deux mille de son eruv et au-delà de sa maison.

Si l'est et l'ouest se disent de la maison, la maison est entre lui et l'eruv, et ce cas ne se trouve pas. Rabbi Yitshak rapporte l'est et l'ouest au fils qui dépose l'eruv.

Rava bar Rav Chila garde la maison, placée en diagonale. Puis la Guemara corrige " hors du tehum " en " hors de l'ibbour ".

Une beraita opposé à la michna : une coudée hors de l'ibbour fait gagner cette coudée et perdre toute la ville, car la mesure de la ville entre dans les deux mille. La réponse distingue une mesure qui s'achève au milieu de la ville et une mesure qui s'achève à sa fin.

Rabbi Idi, au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi, pose la même distinction pour celui qui mesure. Rabbi Idi appelle cela des paroles de prophétie.

Rava répond que les deux cas sont enseignés : les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville.

Gain d'un côté, perte de l'autre Deux mille coudées comptées depuis l'eruv Michna, selon Rachi : eruv à 1000 coudées à l'est. La ville = 4 coudées. Ouest 1000 coudées perte du mille Ville comme 4 coudées hors du compte 1000 jusqu'à l'eruv Eruv Est : 2000 depuis l'eruv 3000 depuis la ville gain : 1000 Beraita : une coudée hors de l'ibbour. La ville entre dans les deux mille. Toute la ville comptée dans les 2000 il la perd 1 coudée hors de l'ibbour il la gagne Les deux mille partent de l'eruv et absorbent la longueur de la ville Résolution : milieu de la ville, la ville est comptée. Fin de la ville, elle tout entière vaut quatre coudées, et l'on complète le reste.
Eruv à mille coudées à l'est : gain de mille, perte de mille, ville comme quatre coudées. La beraita compte la ville dans les deux mille.
Où est l'est, où est l'ouest La maison, le fils, ou la diagonale Lecture d'abord Est et ouest de la maison Lui - maison - eruv La maison est entre les deux L'eruv est plus loin Le second cas manque Rabbi Yitshak Est et ouest du fils Le fils dépose l'eruv La maison peut être au-delà de l'eruv Les deux cas se trouvent Rava bar Rav Chila Est et ouest de la maison Maison en diagonale Hors de la ligne droite La diagonale est plus longue La maison est plus loin Second cas de la michna : deux mille jusqu'à l'eruv, davantage jusqu'à la maison.
Est et ouest : d'abord la maison, puis le fils selon Rabbi Yitshak, puis la diagonale selon Rava bar Rav Chila.
Milieu de la ville, ou sa fin Même distinction pour celui qui mesure et pour l'eruv La mesure s'achève au milieu Il n'a que cette moitié La ville entre dans les 2000 Beraita : il perd la ville Gens de la petite ville dans une grande ville La mesure s'achève à la fin Toute la ville = 4 coudées On complète le reste au-delà Michna : il ne perd que le gain Gens de la grande ville parcourent toute la petite Rabbi Yehochoua ben Levi, rapporté par Rabbi Idi. Rava : les deux cas sont dans la michna de la grande ville et de la petite ville.
Mesure au milieu de la ville, ou à sa fin. Rava retrouve les deux cas : grande ville et petite ville.
1
מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד.

Ce qu'il gagne, il le perd.

📜 Rachi (1)
מַה שֶׁנִּשְׂכַּר לְרוּחַ זֶה נִפְסָד לָרוּחַ שֶׁכְּנֶגְדָּהּ שֶׁהֲרֵי מָנֶה מִן הָעֵירוּב אַלְפַּיִם לְכָל רוּחַ וְאִם נָתְנוּ בְּסוֹף אֶלֶף לַמִּזְרָח נִמְצָא שֶׁכָּלוֹת אַלְפַּיִם שֶׁל מִזְרָח בְּסוֹף ג' אֲלָפִים לָעִיר וְנִשְׂתַּכֵּר אֶלֶף וְאַלְפַּיִם שֶׁל מַעֲרָב כְּלוֹת בְּסוֹף אֶלֶף שֶׁל מַעֲרַב הָעִיר וְהִפְסִיד הָאֶלֶף וקמ"ל דְּאֵין הָעִיר עוֹלָה לוֹ מִן הַחֶשְׁבּוֹן הָאֲלָפִים שֶׁל מַעֲרָב אֶלָּא כֻּולָּהּ כד"א:
Ce qu'il gagne : sur ce côté, il perd sur le côté opposé. Car il compte depuis l'eruv deux mille dans chaque direction. S'il l'a placé au bout de mille à l'est, les deux mille de l'est s'achèvent au bout de trois mille depuis la ville, et il a gagné mille. Les deux mille de l'ouest s'achèvent au bout de mille à l'ouest de la ville, et il a perdu ce mille. Et cela nous apprend que la ville ne lui entre pas dans le compte des deux mille de l'ouest : elle tout entière est comme quatre coudées.
💡 Explication

Clause finale de la michna. L'eruv est posé à mille coudées à l'est de la ville. On compte deux mille depuis l'eruv, dans chaque direction.

À l'est, les deux mille s'achèvent à trois mille de la ville : gain de mille. À l'ouest, ils s'achèvent à mille au-delà de la ville : perte de mille. Rachi : la ville elle-même reste comme quatre coudées. Elle n'entre pas dans les deux mille de l'ouest.

🖼️ Schéma
Gain d'un côté, perte de l'autre Deux mille coudées comptées depuis l'eruv Michna, selon Rachi : eruv à 1000 coudées à l'est. La ville = 4 coudées. Ouest 1000 coudées perte du mille Ville comme 4 coudées hors du compte 1000 jusqu'à l'eruv Eruv Est : 2000 depuis l'eruv 3000 depuis la ville gain : 1000 Beraita : une coudée hors de l'ibbour. La ville entre dans les deux mille. Toute la ville comptée dans les 2000 il la perd 1 coudée hors de l'ibbour il la gagne Les deux mille partent de l'eruv et absorbent la longueur de la ville Résolution : milieu de la ville, la ville est comptée. Fin de la ville, elle tout entière vaut quatre coudées, et l'on complète le reste.
Mille à l'est de la ville : gain de mille à l'est, perte de mille à l'ouest, si la ville vaut quatre coudées.
2
גְּמָ׳ קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ: ״לַמִּזְרָח״, לְמִזְרַח בֵּיתוֹ. ״לַמַּעֲרָב״, לְמַעֲרַב בֵּיתוֹ.

Guemara. Cela te viendrait à l'esprit : "à l'est", à l'est de sa maison.

"À l'ouest", à l'ouest de sa maison.

📜 Rachi (1)
גְּמ' לְמִזְרַח בֵּיתוֹ וְאָמַר לִבְנוֹ לְעָרֵב לוֹ בַּמַּעֲרָב בֵּיתוֹ נִמְצָא שֶׁבֵּיתוֹ עוֹמֵד בֵּינוֹ לְבֵין עֵירוּבוֹ וְהֵיכִי תָּנֵי מִמֶּנּוּ וּלְעֵירוּבוֹ אַלְפַּיִם וּלְבֵיתוֹ יוֹתֵר מִכָּאן הָא וַדַּאי עֵירוּבוֹ מַרְחִיק טְפֵי:
Guemara. À l'est de sa maison : et il a dit à son fils de lui faire l'eruv à l'ouest de sa maison. Sa maison se trouve alors entre lui et son eruv. Comment la michna enseigne-t-elle : de lui à son eruv deux mille, et jusqu'à sa maison plus que cela ? L'eruv est certainement plus éloigné.
💡 Explication

Retour à la michna précédente. Hava amina : "à l'est" et "à l'ouest" se disent de la maison. L'homme est à l'est de sa maison et charge son fils de poser l'eruv à l'ouest de la maison.

La maison est alors entre lui et l'eruv. L'eruv est le point le plus éloigné.

3
בִּשְׁלָמָא ״הֵימֶנּוּ וּלְבֵיתוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה וּלְעֵירוּבוֹ יָתֵר מִכָּאן״ — מַשְׁכַּחַת לָהּ, דְּמָטֵי לְבֵיתֵיהּ וְלָא מָטֵי לְעֵירוּבוֹ, אֶלָּא ״הֵימֶנּוּ וּלְעֵירוּבוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה וּלְבֵיתוֹ יָתֵר מִכָּאן״ — הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?

Passe encore pour "de lui à sa maison deux mille coudées, et jusqu'à son eruv plus que cela" : tu le trouves, car il atteint sa maison et n'atteint pas son eruv. Mais "de lui à son eruv deux mille coudées, et jusqu'à sa maison plus que cela" : comment le trouves-tu ?

📜 Rachi (1)
דְּמָטֵי לְבֵיתֵיהּ שֶׁהָיָה יָכוֹל לֵילֵךְ לְבֵיתוֹ בְּלֹא עֵירוּב אֲבָל לְעֵירוּבֵיהּ לָא הֲוָה מָטֵי:
Il atteint sa maison : il pouvait aller à sa maison sans eruv, mais il n'atteignait pas son eruv.
💡 Explication

Première clause : la maison est dans les deux mille, l'eruv au-delà. Il peut aller chez lui même sans eruv. Il ne peut pas atteindre l'eruv.

Seconde clause : deux mille jusqu'à l'eruv, et la maison plus loin. Si la maison est entre lui et l'eruv, elle est le point proche. Le cas reste sans place.

4
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִי סָבְרַתְּ ״לַמִּזְרָח״ — לְמִזְרַח בֵּיתוֹ, ״לַמַּעֲרָב״ — לְמַעֲרַב בֵּיתוֹ?! לֹא, ״לַמִּזְרָח״ — לְמִזְרַח בְּנוֹ, ״לַמַּעֲרָב״ — לְמַעֲרַב בְּנוֹ.

Rabbi Yitshak a dit : penses-tu que "à l'est" signifie à l'est de sa maison, et "à l'ouest" à l'ouest de sa maison ? Non.

"À l'est" : à l'est de son fils. "À l'ouest" : à l'ouest de son fils.

💡 Explication

Rabbi Yitshak déplace le repère. L'est et l'ouest se disent du fils qui dépose l'eruv, non de la maison.

Le pere est d'un côté du fils, l'eruv de l'autre. La maison peut alors se trouver au-delà de l'eruv. Les deux clauses de la michna ont un cas.

🖼️ Schéma
Où est l'est, où est l'ouest La maison, le fils, ou la diagonale Lecture d'abord Est et ouest de la maison Lui - maison - eruv La maison est entre les deux L'eruv est plus loin Le second cas manque Rabbi Yitshak Est et ouest du fils Le fils dépose l'eruv La maison peut être au-delà de l'eruv Les deux cas se trouvent Rava bar Rav Chila Est et ouest de la maison Maison en diagonale Hors de la ligne droite La diagonale est plus longue La maison est plus loin Second cas de la michna : deux mille jusqu'à l'eruv, davantage jusqu'à la maison.
Trois lectures de l'est et de l'ouest : la maison, le fils, la diagonale.
5
רָבָא בַּר רַב שֵׁילָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא ״לַמִּזְרָח״ — לְמִזְרַח בֵּיתוֹ, וְ״לַמַּעֲרָב״ — לְמַעֲרַב בֵּיתוֹ, כְּגוֹן דְּקָאֵי בֵּיתֵיהּ בַּאֲלַכְסוֹנָא.

Rava bar Rav Chila a dit : même si tu dis que "à l'est" signifie à l'est de sa maison, et "à l'ouest" à l'ouest de sa maison, par exemple lorsque sa maison se tient en diagonale.

📜 Rachi (1)
בַּאֲלַכְסוֹנָא בֵּינוֹ לְבֵין עֵירוּבוֹ מָשׁוּךְ עֵירוּבוֹ לַמַּעֲרָב יוֹתֵר מִבֵּיתוֹ ואעפ"כ כֵּן פְּעָמִים שֶׁהָאֲלַכְסוֹן רַב וַהֲרֵי בֵּיתוֹ רָחוֹק מִמֶּנּוּ יוֹתֵר מֵעֵירוּבוֹ:
En diagonale : entre lui et son eruv, son eruv est tiré vers l'ouest davantage que sa maison. Et malgré cela, il arrive que la diagonale soit plus grande, et sa maison est plus éloignée de lui que son eruv.
💡 Explication

Rava bar Rav Chila garde le repère de la maison. Elle est hors de la ligne qui va de l'homme à l'eruv.

L'eruv est tiré plus à l'ouest que la maison. La diagonale jusqu'à la maison est plus longue que la distance jusqu'à l'eruv. On a alors deux mille jusqu'à l'eruv, et davantage jusqu'à la maison.

🖼️ Schéma
La maison en diagonale Rava bar Rav Chila Lui Eruv Maison 2000 coudées diagonale plus longue L'eruv est tiré plus à l'ouest que la maison. La maison, hors de l'axe, est plus loin.
Maison hors de l'axe : la diagonale dépasse les deux mille qui mènent à l'eruv.
6
הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ וְכוּ׳. חוּץ לַתְּחוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: חוּץ לְעִיבּוּרָהּ.

"Celui qui place son eruv dans son ibbour", etc. Hors du tehum, cela te viendrait-il à l'esprit ?

Dis plutôt : hors de son ibbour.

📜 Rachi (1)
חוּץ לַתְּחוּם ס"ד הָא לָא הָוֵי עֵירוּב:
Hors du tehum, cela te viendrait à l'esprit : voilà qu'il n'y aurait pas d'eruv.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' חוּץ לַתְּחוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֵימָא חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר: מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד. כֵּיצַד כְּגוֹן שֶׁנְּתָנוֹ לְמִזְרַח הָעִיר לְסוֹף אֶלֶף אַמָּה נִמְצָא מְהַלֵּךְ לְצַד מִזְרָח שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וַהֲרֵי נִשְׂכָּר אֶלֶף אַמָּה וְאֵינוֹ מְהַלֵּךְ לְרוּחַ מַעֲרָב אֶלָּא אֶלֶף אַמָּה. נִמְצָא אֶלֶף אַמָּה שֶׁנִּשְׂכָּר בְּרוּחַ מִזְרָח מַפְסִיד לְרוּחַ מַעֲרָב. וְאַקְשִׁינַן מַה שֶׁנִּשְׂכָּר בְּרוּחַ מִזְרָח הוּא מַפְסִיד וְתוּ לָא כְּלוֹמַר אֲבָל הָעִיר כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת הָוְיָא לָהּ וְהָתַנְיָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. נְתָנוֹ חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אֲפִילּוּ אַמָּה מִשְׂתַּכֵּר אוֹתָהּ אַמָּה וּמַפְסִיד אֶת הָעִיר כֻּולָּהּ לְפִי שֶׁמִּדַּת הָעִיר כָּלָה לָהּ בְּמִדַּת הַתְּחוּם. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא לָא קַשְׁיָא כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אָז מַפְסִיד חֲצִי הָעִיר שֶׁחוּץ אַלְפַּיִם מֵעֵירוּבוֹ. כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר. מַתְנִי' דְּקָתָנֵי מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד בִּתְחוּמִין בִּלְבַד אֲבָל בָּעִיר לֹא הִפְסִיד כְּלוּם כְּשֶׁכָּלְתָה מִדַּת אֲלָפִים שֶׁל תְּחֻומּוֹ בְּסוֹף הָעִיר דְּאָמַר רַב אִידִי אַרִיבָּ"ל הָיָה מוֹדֵד וּבָא וְכָלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אֵין לוֹ אֶלָּא חֲצִי הָעִיר. בְּסוֹף הָעִיר נַעֲשֵׂית כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת וּמַשְׁלִימִין לוֹ הַשְּׁאָר. וְכוּלְּהוּ רַבְּווָתָא פָּסְקִי דְּהָכִי הִלְכְתָא. ואע"ג דְּאָמַר רַב אִידִי אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת. לֹא אִיכְפַּת לָן בְּהָכִי דְּהָא רָבָא דִּיֵּיק מִמַּתְנִי' וְאָמַר תַּרְוַייְהוּ תְּנִינְהוּ אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה. וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה. טַעְמָא מַאי. לָאו מִשּׁוּם דְּאַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה כָּלְתָה מִדָּתָן בְּסוֹף עִיר קְטַנָּה וּלְפִיכָךְ הֵן מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ וְהָוְיָא לְהוּ כְּד' אַמּוֹת. וְאַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה כָּלְתָה מִדָּתָן בַּחֲצִי עִיר גְּדוֹלָה וּלְפִיכָךְ אֵין מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ:
Guemara. Hors du tehum, cela te viendrait à l'esprit ? Dis : hors de l'ibbour de la ville. Ce qu'il gagne, il le perd. Comment ? Par exemple, s'il l'a placé à l'est de la ville, au bout de mille coudées : il marche du côté est trois mille, et il a gagné mille coudées. Du côté ouest, il ne marche que mille coudées. Les mille coudées gagnées du côté est, il les perd du côté ouest. Et l'on objecte : ce qu'il gagne du côté est, il le perd, et rien de plus ? C'est-à-dire que toute la ville reste pour lui comme quatre coudées. Or une beraita enseigne : celui qui place son eruv dans l'ibbour de la ville n'a rien fait. S'il l'a placé hors de l'ibbour de la ville, même d'une coudée, il gagne cette coudée et perd toute la ville, parce que la mesure de la ville s'achève dans la mesure du tehum. Rabba bar Rav Houna a dit : il n'y a pas de difficulté. Ici, sa mesure s'est achevée au milieu de la ville : il perd alors la moitié de la ville qui est hors des deux mille depuis son eruv. Ici, sa mesure s'est achevée à la fin de la ville. La michna qui enseigne "ce qu'il gagne, il le perd" ne vise que les tehoumin. Dans la ville, il n'a rien perdu, lorsque la mesure de deux mille de son tehum s'achève à la fin de la ville. Car Rav Idi a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : s'il mesurait en avançant et que sa mesure s'achevait au milieu de la ville, il n'a que la moitié de la ville. À la fin de la ville, toute la ville devient comme quatre coudées, et l'on complète pour lui le reste. Et tous les maîtres tranchent que la halakha est ainsi. Et bien que Rav Idi ait dit "ce ne sont que des paroles de prophétie", nous n'en tenons pas compte. Car Rava tire un diyouk (une précision du texte) de la michna et dit : les deux y sont enseignés. Les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville. Les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville. Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce que, pour les gens de la grande ville, leur mesure s'achève à la fin de la petite ville, et c'est pourquoi ils la parcourent tout entière, et elle est pour eux comme quatre coudées ? Et pour les gens de la petite ville, leur mesure s'achève au milieu de la grande ville, et c'est pourquoi ils ne la parcourent pas tout entière.
💡 Explication

La michna dit "hors du tehum". Un eruv pose au-delà des deux mille ne peut pas être atteint : il ne vaudrait pas.

La Guemara corrige la lecon : hors de l'ibbour, la bande d'environ soixante-dix coudées autour de la ville. Le Roch fixe ensuite la halakha : milieu de la ville, ou fin de la ville.

7
מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד. מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר וְתוּ לָא?! וְהָתַנְיָא: הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר, לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. נְתָנוֹ חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אֲפִילּוּ אַמָּה אַחַת, מִשְׂתַּכֵּר אוֹתָהּ אַמָּה וּמַפְסִיד אֶת כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ, מִפְּנֵי שֶׁמִּדַּת הָעִיר עוֹלָה לוֹ בְּמִדַּת הַתְּחוּם!

Ce qu'il gagne, il le perd. Ce qu'il gagne, et rien de plus ?

Or on enseigne dans une beraita : celui qui place son eruv dans l'ibbour de la ville n'a rien fait. S'il l'a placé hors de l'ibbour de la ville, même d'une seule coudée, il gagne cette coudée et perd la ville tout entière, parce que la mesure de la ville lui est comptée dans la mesure du tehum.

📜 Rachi (1)
מִשְׂתַּכֵּר אוֹתָהּ אַמָּה לְרוּחַ הָעֵירוּב וְהִפְסִיד מִדַּת כָּל הָעִיר לָרוּחַ שֶׁכְּנֶגְדָּהּ שֶׁכְּשֶׁיִּמְדֹּוד אַלְפַּיִם מֵעֵירוּבוֹ לְצַד הָעִיר תַּעֲלֶה לוֹ מִדַּת הָעִיר מִן הַחֶשְׁבּוֹן:
Il gagne cette coudée : du côté de l'eruv. Et il a perdu la mesure de toute la ville du côté opposé. Car, lorsqu'il mesurera deux mille depuis son eruv vers la ville, la mesure de la ville montera pour lui dans le compte.
💡 Explication

Objection. Si l'on ne perd que ce que l'on gagne, la ville reste comme quatre coudées.

La beraita : dans l'ibbour, l'eruv n'ajoute rien. Une coudée hors de l'ibbour fait gagner cette coudée, et perdre toute la ville. En mesurant deux mille depuis l'eruv vers la ville, la longueur de la ville entre dans le compte.

8
לָא קַשְׁיָא: כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר, כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר.

Il n'y a pas de difficulté. Ici, sa mesure s'est achevée au milieu de la ville.

Ici, sa mesure s'est achevée à la fin de la ville.

📜 Rachi (1)
שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אִם הָיְתָה עִיר גְּדוֹלָה אוֹ שֶׁהִרְחִיק עֵירוּבוֹ מִן הָעִיר עַד שֶׁאֵין כָּל הָעִיר נִבְלַעַת בְּמִדַּת אֲלָפִים שֶׁל עֵירוּב תַּעֲלֶה לוֹ הָעִיר מִן הַחֶשְׁבּוֹן וּמַפְסִידָהּ וְאִם הָיְתָה כָּל הָעִיר נִבְלַעַת בְּאַלְפַּיִם שֶׁל עֵירוּבוֹ הָוְיָא לָהּ כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת:
Sa mesure s'est achevée au milieu de la ville : si la ville était grande, ou s'il a éloigné son eruv de la ville au point que toute la ville n'est pas engloutie dans la mesure de deux mille de l'eruv, la ville lui monte dans le compte, et il la perd. Si toute la ville est engloutie dans les deux mille de son eruv, elle tout entière est comme quatre coudées.
🗂️ Tossefot (1)
כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר תֵּימַהּ וּלְרַבָּנָן דְּאָמְרִי בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף מה.) בְּיָשֵׁן בַּדֶּרֶךְ שֶׁיֵּשׁ לוֹ ח' עַל ח' וּמִסְּתָמָא דה"ה לְנוֹתֵן עֵירוּבוֹ כֵּיוָן דְּקִים לָן דְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת כְּמוֹ שַׁבָּת הוּא נִשְׂכָּר ד' אַמּוֹת שֶׁאִם נָתַן עֵירוּבוֹ לְמִזְרַח הָעִיר ד' אַמּוֹת חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר הֲרֵי הוֹלֵךְ לְמִזְרָח ח' אַמּוֹת וְאַלְפַּיִם וְלַמַּעֲרָב אֲלָפִים פָּחוֹת ד' אַמּוֹת מַה שֶׁהָעִיר נֶחְשָׁב לוֹ וְי"ל דלר"א דְּאָמַר וְהוּא בְּאֶמְצָעָן אוֹ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר בּוֹרֵר לוֹ ד' אַמּוֹת בְּכָל רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד שֶׁנִּשְׂכָּר ד' אַמּוֹת בִּמְקוֹם הָעֵירוּב וּמַפְסִיד ד' אַמּוֹת הָעִיר דְּמוֹנִין לוֹ הָעִיר כְּד' אַמּוֹת וא"ת לְרָמֵי בַּר חָמָא דִּמְסַפְּקָא לֵיהּ בְּסוֹף מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף נב.) בְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ אִם יֵשׁ לוֹ ד' אַמּוֹת תִּפְשׁוֹט מֵהָכָא דְּאִי אֵין לוֹ ד' אַמּוֹת א"כ מַפְסִיד יוֹתֵר מִמַּה שֶׁנִּשְׂכָּר שֶׁאִם נוֹתֵן עֵירוּב אַרְבַּע אַמּוֹת חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר לְצַד מִזְרָח נִשְׂכָּר ד' אַמּוֹת לְצַד מִזְרָח וּמַפְסִיד ח' אַמּוֹת לְצַד מַעֲרָב דְּמוֹנִין לוֹ ד"א שֶׁחוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר וְהָעִיר ד' אַמּוֹת וְאוֹמֵר ר"י דִּלְרָמֵי בַּר חָמָא אִם נוֹתֵן עֵירוּבוֹ אֵין לוֹ ד"א גַּם הָעִיר אִם מֻובְלַעַת תּוֹךְ תְּחוּם הָעֵירוּב נֶחְשֶׁבֶת לוֹ כְּמַשֶּׁהוּ וְאֵין מַפְסִיד כְּלוּם בְּמֶשֶׁךְ הָעִיר דְּהָאָמַר בס"פ דְּהַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ הָעִיר אוֹ בְּתוֹךְ מְעָרָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ דִּיּוּרִין יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם חוּצָה לָהּ וְאַמַּאי יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם שְׁלֵימוֹת כֵּיוָן דְּנֶחְשְׁבָה כְּד' אַמּוֹת וְנֹאמַר שֶׁהַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ אֵין לוֹ ד' אַמּוֹת אֶלָּא וַדַּאי ס"ל שֶׁאִם אֵין לוֹ ד' אַמּוֹת הָעִיר נֶחְשֶׁבֶת לוֹ כְּמַשֶּׁהוּ וא"ת ולר"א דְּאָמַר וְהוּא בְּאֶמְצָעָן כְּשֶׁנָּתַן עֵירוּבוֹ בְּאַמָּה אַחֲרוֹנָה שֶׁל עִיבּוּר הָעִיר לְצַד מִזְרָח יִהְיֶה לוֹ לְצַד מִזְרָח ב' אַמּוֹת וְאַלְפַּיִם וּלְצַד מַעֲרָב אֲלָפִים פָּחוֹת ב' אַמּוֹת דְּהָעִיר נֶחְשֶׁבֶת לוֹ כְּד' אַמּוֹת וְלָעֵירוּב נוֹתֵן ב' אַמּוֹת וּב' אַמּוֹת שְׁנִיּוֹת שֶׁל עִיר יַעֲלוּ לְחֶשְׁבּוֹן אַלְפַּיִם וְאַמַּאי תְּנַן הַמַּנִּיחַ עֵירוּבוֹ בְּעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם וי"ל כְּשֶׁעוֹמֵד תּוֹךְ הַמְּחִיצּוֹת אוֹ בְּמָקוֹם שֶׁנֶּחְשָׁב כד"א אֵין חִילּוּק בֵּין עוֹמֵד בָּאֶמְצַע לְעוֹמֵד בְּסוֹף דְּאַפֵּי' עוֹמֵד בְּסוֹפוֹ כְּאִילּוּ עוֹמֵד בְּאֶמְצָעוֹ וְאֵין נוֹתְנִין חוּצָה לָהּ כְּלוּם דְּהָא בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ חוּץ לַתְּחוּם וּנְתָנוּהוּ בְּדִיר אוֹ בְּסַהַר מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְלֹא חוּצָה לָהּ וְאַפֵּי' הוּא עוֹמֵד בְּסוֹפָהּ:
Ici, sa mesure s'est achevée à la fin de la ville. Difficulté. Selon les Sages qui disent, au chapitre Mi chehotsiouhou (plus haut, Erouvin 45a), au sujet de celui qui s'est endormi en chemin, qu'il a huit coudées sur huit : vraisemblablement il en va de même pour celui qui place son eruv, puisqu'il est établi pour nous que celui qui place son eruv a quatre coudées, comme pour le Chabbat. Il gagne quatre coudées. Car s'il a placé son eruv à l'est de la ville, à quatre coudées hors de l'ibbour de la ville, il marche vers l'est huit coudées et deux mille, et vers l'ouest deux mille moins quatre coudées, ce que la ville lui compte. Il y a lieu de répondre : selon Rabbi Eliezer, qui dit "et qu'il soit au milieu d'elles", ou selon Rabbi Yehouda, qui dit qu'il se choisit quatre coudées dans la direction qu'il veut, ce qu'il gagne, il le perd. Il gagne quatre coudées à l'endroit de l'eruv, et il perd les quatre coudées de la ville, car on lui compte la ville comme quatre coudées. Et si tu dis : pour Rami bar Hama, qui a un doute à la fin du chapitre Mi chehotsiouhou (plus haut, Erouvin 52a) sur celui qui place son eruv, a-t-il quatre coudées, résous-le d'ici. Car s'il n'a pas quatre coudées, il perd alors plus qu'il ne gagne. S'il place l'eruv à quatre coudées hors de l'ibbour de la ville du côté est, il gagne quatre coudées du côté est, et il perd huit coudées du côté ouest : on lui compte les quatre coudées qui sont hors de l'ibbour de la ville, et la ville comme quatre coudées. Et le Ri dit : pour Rami bar Hama, si celui qui place son eruv n'a pas quatre coudées, la ville aussi, lorsqu'elle est engloutie dans le tehum de l'eruv, lui est comptée comme un mashehou (une quantité infime), et il ne perd rien sur la longueur de la ville. Car il est dit à la fin du chapitre : celui qui place son eruv dans la ville, ou dans une grotte où il y a des habitants, a deux mille en dehors d'elle. Pourquoi a-t-il deux mille entiers, dès lors qu'elle est comptée comme quatre coudées, et que l'on dirait que celui qui place son eruv n'a pas quatre coudées ? Il tient donc ceci : s'il n'a pas quatre coudées, la ville lui est comptée comme un mashehou. Et si tu dis : selon Rabbi Eliezer, qui dit "et qu'il soit au milieu d'elles", lorsqu'il a placé son eruv dans la dernière coudée de l'ibbour de la ville du côté est, il aurait du côté est deux coudées et deux mille, et du côté ouest deux mille moins deux coudées. Car la ville lui est comptée comme quatre coudées, à l'eruv on attribue deux coudées, et les deux autres coudées de la ville entrent dans le compte des deux mille. Pourquoi enseigne-t-on : celui qui dépose son eruv dans l'ibbour de la ville n'a rien fait ? Il y a lieu de répondre : lorsqu'il se tient à l'intérieur des cloisons, ou dans un lieu compté comme quatre coudées, il n'y a pas de différence entre celui qui se tient au milieu et celui qui se tient au bout. Même s'il se tient à son extrémité, c'est comme s'il se tenait en son milieu, et l'on ne lui donne rien au-dehors. Car, pour celui qu'on a emmené hors du tehum et qu'on a placé dans un dir (enclos à bétail) ou un sahar (enclos), il parcourt le tout, et rien en dehors, même s'il se tient à son extrémité.
💡 Explication

Deux cas. La mesure des deux mille s'arrête au milieu de la ville : la ville est trop grande, ou l'eruv trop loin, pour être engloutie. Elle entre dans le compte. C'est la beraita.

La mesure atteint la fin de la ville : toute la ville est engloutie dans les deux mille. Elle vaut quatre coudées. C'est la michna : on ne perd que le gain.

Tossefot demande comment le gain égale la perte dès qu'on donne à celui qui pose l'eruv ses quatre coudées, selon les Sages, Rabbi Eliezer ou Rabbi Yehouda.

🖼️ Schéma
Milieu de la ville, ou sa fin Même distinction pour celui qui mesure et pour l'eruv La mesure s'achève au milieu Il n'a que cette moitié La ville entre dans les 2000 Beraita : il perd la ville Gens de la petite ville dans une grande ville La mesure s'achève à la fin Toute la ville = 4 coudées On complète le reste au-delà Michna : il ne perd que le gain Gens de la grande ville parcourent toute la petite Rabbi Yehochoua ben Levi, rapporté par Rabbi Idi. Rava : les deux cas sont dans la michna de la grande ville et de la petite ville.
Milieu : la ville est comptée. Fin : la ville vaut quatre coudées, et le reste se complète au-delà.
9
וְכִדְרַבִּי אִידִי, דְּאָמַר רַבִּי אִידִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָיָה מוֹדֵד וּבָא וְכָלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר — אֵין לוֹ אֶלָּא חֲצִי הָעִיר. כָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר — נַעֲשֵׂית לוֹ הָעִיר כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַשְׁלִימִין לוֹ אֶת הַשְּׁאָר.

Et c'est comme Rabbi Idi. Car Rabbi Idi a dit que Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : s'il mesurait en avançant et que sa mesure s'achevait au milieu de la ville, il n'a que la moitié de la ville.

Si sa mesure s'achevait à la fin de la ville, toute la ville devient pour lui comme quatre coudées, et l'on complète pour lui le reste.

📜 Rachi (1)
הָיָה מוֹדֵד וּבָא שָׁבַת חוּץ לָעִיר וְלֹא הָיָה יוֹדֵעַ שֶׁיֵּשׁ עִיר סָמוּךְ לוֹ וּתְנַן בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף מה.) הוֹאִיל וְלֹא הָיְתָה כַּווָּנָתוֹ לְכָךְ לֹא יִכָּנֵס לָעִיר אֶלָּא עַד אַלְפַּיִם מִמְּקוֹם שְׁבִיתָתוֹ וְהִתְחִיל לִמְנוֹת אַלְפַּיִם פְּסִיעוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת וְכָלְתָה מִדָּתוֹ כּוּ' וְהוּא הַדִּין נָמֵי לְנוֹתֵן עֵירוּבוֹ חוּץ לָעִיר וְקָנָה שְׁבִיתָה:
S'il mesurait en avançant : il a passé le Chabbat hors de la ville, et il ne savait pas qu'une ville était proche de lui. Et nous avons appris au chapitre Mi chehotsiouhou (plus haut, Erouvin 45a) : puisque son intention n'allait pas à cela, il n'entrera dans la ville que jusqu'à deux mille depuis le lieu de sa chevita. Il a commencé à compter deux mille pas moyens, et sa mesure s'est achevée, etc. Et il en va de même pour celui qui place son eruv hors de la ville et qui a acquis sa chevita.
💡 Explication

Rabbi Yehochoua ben Levi vise d'abord celui qui mesure. Il a passé le Chabbat hors de la ville, sans savoir qu'une ville était proche. Son intention n'était pas d'y fixer sa chevita. Il n'entre que jusqu'à deux mille depuis son lieu.

Même loi pour celui qui pose son eruv hors de la ville. Mesure au milieu : moitié de la ville. Mesure à la fin : la ville entière comme quatre coudées, et le reliquat des deux mille se complète de l'autre côté.

🖼️ Schéma
Où s'arrête la mesure Rabbi Yehochoua ben Levi Ville Eruv stop Milieu : moitié de la ville seulement Ville = 4 coudées Eruv reste Fin : on complète au-delà Celui qui mesure sans savoir la ville proche, et celui qui pose l'eruv hors de la ville.
La mesure s'arrête dans la ville, ou elle en atteint le bord et se poursuit.
10
אָמַר רַבִּי אִידִי: אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת. מַה לִי כָּלְתָה בַּחֲצִי הָעִיר, מַה לִי כָּלְתָה בְּסוֹף הָעִיר?

Rabbi Idi a dit : ce ne sont la que des paroles de prophétie. Que m'importe que cela se soit achève au milieu de la ville, que m'importe que cela se soit achève à la fin de la ville ?

📜 Rachi (1)
א"ר אִידִי אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת כְּמִתְנַבֵּא מִפְּנֵי הַגְּבוּרָה שֶׁאֵינוֹ נוֹתֵן טַעַם לִדְבָרָיו אֲמָרָן רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לַדְּבָרִים הַלָּלוּ וְאִי לָאו דִּגְמִיר לְהוּ מֵרַבֵּיהּ לָא הֲוָה אָמַר כִּי הַאי מִילְּתָא בְּלֹא טַעְמָא:
Rabbi Idi a dit : ce ne sont que des paroles de prophétie. Comme un homme qui prophétise de la part de la Guevoura, et qui ne donne pas de raison à ses paroles. Rabbi Yehochoua ben Levi a dit ces choses. Et s'il ne les avait pas apprises de son maître, il n'aurait pas dit une parole pareille sans raison.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת אוֹמֵר רִ"י דבכ"מ שֶׁאוֹמֵר אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת הָוֵי לְשֶׁבַח כְּלוֹמַר אֵין חָכְמָה כָּזוֹ שֶׁמֵּבִין לְחַלֵּק כָּל כָּךְ סְבָרָא מוּעֶטֶת וּבְרוּחַ הֶקְדֵּשׁ אָמַר דְּהָכֵי מַשְׁמַע בְּפ"ק דְּבָבָא בָּתְרָא (דַּף יב.) גַּבֵּי מְנָת בַּכֶּרֶם אֲנִי מוֹכֵר לְךָ סוֹמְכוֹס אוֹמֵר לֹא יִפְחֹות לוֹ מג' קַבִּין א"ר יוֹסֵי אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת וּמַייְתִי עֲלָהּ מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נִטְּלָה נְבוּאָה מִן הַנְּבִיאִים וְנִתְּנָה לַחֲכָמִים מַשְׁמַע דִּלְשֶׁבַח קָאָמַר וּבְפֶ' אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף מה.) דְּאַשְׁכְּחַן דְּלָא הָוֵי לְשֶׁבַח לָא קָאָמַר בְּהַאי לִישָּׁנָא אֶלָּא עָשׂוּ דִּבְרֵיהֶם כְּדִבְרֵי נְבִיאוּת פִּי' לְאוֹמְרָם בְּלֹא טַעַם דְּפָרִיךְ אִי אֵבֶר הוּא בְּאֹהֶל נָמֵי לִיטָּמֵא וְהָכָא נָמֵי הָוֵי לְשֶׁבַח כְּהַהוּא דב"ב וְקָאָמַר רָבָא תַּרְוַיְיהוּ תְּנַנְהִי וּמַאי קמ"ל רִיבָּ"ל וּמַסִּיק דְּסוֹף הָעִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְרִיבָּ"ל לְאַשְׁמְעִינַן דְּלָא תְּנַן אֲבָל אֵין לְפָרֵשׁ דְּרַב אִידִי קוֹרֵא אוֹתָן דִּבְרֵי נְבִיאוּת לוֹמַר שֶׁאֵין נִרְאֶה לְחַלֵּק בַּדָּבָר וְרָבָא קָאָמַר תַּרְוַיְיהוּ תְּנַנְהִי וְשַׁפִּיר חִילֵּק רִיבָּ"ל אע"ג דִּבְפֶרֶק בְּהֵמָה הַמְקַשָּׁה (חֻולִּין דַּף עא:) גַּבֵּי הָא דְּאָמַר רַבָּה כְּשֵׁם שֶׁטֻּומְאָה בְּלוּעָה כו' קָאָמַר תַּרְוַיְיהוּ תְּנַנְהִי וְהָתָם הָוֵי פֵּירוּשׁוֹ מַאי קמ"ל רַבָּה מִדְּקָא מְשַׁנֵּי כִּי קָאָמַר רַבָּה כְּגוֹן שֶׁבָּלַע ב' טַבָּעוֹת מ"מ אַשְׁכְּחַן נָמֵי בְּפֶרֶק אֵין מַעֲמִידִין תַּרְוַיְיהוּ תְּנַנְהִי דְּלָא לְהַקְשׁוֹת מַאי קמ"ל קָאָתֵי אֶלָּא לְהָבִיא סִייַּעְתָּא לִדְבָרָיו גַּבֵּי הָא דְּקָאָמַר (רָבָא) הַמִּקְדָּשׁ (בְּשׁוֹר) הַנִּסְקָל כו' מ"מ הָכָא מַשְׁמַע דְּרָבָא בָּא לְהַקְשׁוֹת מַאי קמ"ל רִיבָּ"ל מִדְּמַסִּיק סוֹף הָעִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ וּמִיהוּ רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל לֹא גָּרַס אִיצְטְרִיךְ אֶלָּא סוֹף הָעִיר לָא תְּנַן וְדֹוחַק הוּא שֶׁמּוֹחֵק הַסְּפָרִים וְעוֹד לֹא מָצִינוּ לְמֵימַר דָּר' אִידִי לֹא סָבַר כְּר' יְהוֹשֻׁעַ דְּהָא לָא מִתָּרְצָא מַתְנֵי' וּבָרַיְיתָא אֶלָּא כְּר' יְהוֹשֻׁעַ כִּדְאָמַר לְעֵיל וּמָהָרִ"י אוֹמֵר דְּמַתְנִי' וּבָרַיְיתָא אַייְרֵי בַּלָּן בָּהּ וּלְהָכִי כִּי כָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר כָּל הָעִיר נֶחְשֶׁבֶת לוֹ כְּד' אַמּוֹת לְמִנְיַן אַלְפַּיִם דְּהָא אֲפִילּוּ כָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר בַּלָּן בָּהּ נֶחְשֶׁבֶת לוֹ כְּד' אַמּוֹת לְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ כִּדְמַשְׁמַע בְּהָדָר (לְקַמָּן עֵירוּבִין דַּף עג.) דְּקָאָמַר וַהֲרֵי נוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּסוֹף אַלְפַּיִם וְקָאָתֵי וּבָיֵית בְּבֵיתֵיהּ אַלְמָא בַּלָּן בָּהּ אֲפִילּוּ כֻּלּוֹ אֲלָפִים שֶׁלּוֹ בִּתְחִילַּת הָעִיר נַעֲשֵׂית כָּל הָעִיר כְּד' אַמּוֹת וְכֵן בְּפֶרֶק בַּכֹּל מְעָרְבִין (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף לח:) דְּקָאָמַר מִי סָבְרַתְּ דְּמַנַּח לֵיהּ בְּסוֹף אַלְפַּיִם לְכָאן וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י דְּכָל הָעִיר נַעֲשֵׂית לוֹ כְּד' אַמּוֹת כֵּיוָן דְּלָן בָּהּ וְר' אִידִי לָא מֻתְמָהּ אֶלָּא אַר' יְהוֹשֻׁעַ דְּאָמַר אֲפִילּוּ בְּמוֹדֵד כְּשֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר כָּל הָעִיר נַעֲשֵׂית לוֹ כְּד' אַמּוֹת וּלְהָכִי מֻתְמָהּ כֵּיוָן כְּשֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אֵין לוֹ אֶלָּא חֲצִי הָעִיר וְלֹא נַעֲשֵׂית לוֹ כְּד' אַמּוֹת אֲפִילּוּ לְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ כִּי כָּלְתָה בְּסוֹף הָעִיר נָמֵי אֵין נַעֲשֵׂית כָּל הָעִיר כְּד' אַמּוֹת לְהַשְׁלִים לוֹ אֶת הַשְּׁאָר וְהַשְׁתָּא אָתֵי שַׁפִּיר מַאי דְּפָרִיךְ לְעֵיל מַה שֶׁנִּשְׂכַּר וְתוּ לָא וְהָתַנְיָא כו' וְלָא פָּרִיךְ מִמַּתְנִי' וְהִתְנָן וְלַמּוֹדֵד שֶׁאָמְרוּ כו' דִּלְגַבֵּי מוֹדֵד הֲוָה יָדַע דְּיֵשׁ לְחַלֵּק בֵּין כָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר לְכָלְתָה בְּסוֹף הָעִיר וּלְהָכִי פָּרִיךְ מִנּוֹתֵן דַּהֲוָה לָן בָּהּ וּמְשַׁנֵּי דִּבְלָן בָּהּ נָמֵי יֵשׁ לְחַלֵּק דִּבְכָלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר נְהִי דְּנַעֲשֵׂית לוֹ כְּד' אַמּוֹת שֶׁיָּכוֹל לְהַלֵּךְ כָּל הָעִיר לְעִנְיָן שֶׁיּוּכַל לָצֵאת לְצַד אַחֵר שֶׁל עִיר לֹא נַעֲשֵׂית לוֹ כְּד' אַמּוֹת וְלִסְפָרִים דְּגָרְסִי נָמֵי סוֹף הָעִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ דְּלָא תְּנַן אָתֵי שַׁפִּיר אַף עַל גַּב דְּסוֹף הָעִיר נָמֵי תְּנַן דְּאִם לֹא כֵן תִּיקְשֶׁה מִמַּתְנִיתִין אַבָּרַייְתָא כִּדְאַקְשִׁי לְעֵיל מ"מ בְּמוֹדֵד אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ דְּהָא לָא שָׁמְעִי' מִמַּתְנִיתִין כִּדְפֵירַשְׁתִּי:
Ce ne sont que des paroles de prophétie. Le Ri dit : partout où l'on dit "ce ne sont que des paroles de prophétie", c'est un éloge. C'est-à-dire : il n'est pas de sagesse pareille, qui sache distinguer à ce point à partir d'un raisonnement si mince, et il l'a dit par le roua'h hakodech. C'est le sens au premier chapitre de Bava Batra (daf 12a), au sujet de "je te vends une part dans la vigne" : Sumkhos dit qu'il ne lui donnera pas moins de trois kav. Rabbi Yossi a dit : ce ne sont que des paroles de prophétie. Et l'on amène là-dessus : du jour où le Temple a été détruit, la prophétie a été retirée aux prophètes et donnée aux sages. On voit qu'il le dit en éloge. Et au chapitre Elou moumin (Bekhorot, daf 45a), là où l'on trouve que la formule n'est pas un éloge, on ne le dit pas en cette tournure. On dit plutôt : ils ont fait de leurs paroles comme des paroles de prophétie. Explication : les dire sans raison. Car on objecte : si c'est un membre, dans la tente aussi il devrait rendre impur. Et ici aussi, c'est un éloge, comme ce passage de Bava Batra. Et Rava dit : les deux y sont enseignés. Et qu'est-ce que Rabbi Yehochoua ben Levi nous apprend ? L'on conclut que la fin de la ville était nécessaire à Rabbi Yehochoua ben Levi, pour nous apprendre ce qui n'est pas enseigné. Mais on ne peut l'expliquer ainsi : Rav Idi appellerait cela des paroles de prophétie pour dire qu'il ne paraît pas y avoir lieu de distinguer en la matière, Rava dirait que les deux y sont enseignés, et Rabbi Yehochoua ben Levi aurait bien distingue. Bien qu'au chapitre Behema hamaksheh (Houlin 71b), au sujet de ce que Rabba a dit "de même qu'une impureté avalée (touma beloua)", etc., il dise "les deux y sont enseignés", et que la l'explication soit "qu'est-ce que Rabba nous apprend ?", puisqu'on répond : lorsque Rabba a parlé, c'est par exemple s'il a avalé deux bagues. Quoi qu'il en soit, on trouve aussi au chapitre Ein ma'amidin "les deux y sont enseignés", et cela ne vient pas pour objecter "qu'est-ce que cela nous apprend ?", mais pour apporter un appui à ses paroles, au sujet de ce qu'il a dit : (Rava) celui qui fiance (avec un bœuf) voué à la lapidation, etc. Quoi qu'il en soit, ici l'on voit que Rava vient objecter : qu'est-ce que Rabbi Yehochoua ben Levi nous apprend ? Puisqu'on conclut : la fin de la ville lui était nécessaire. Toutefois, Rabbenou Chmouel ne lit pas "c'était nécessaire". Il lit : "la fin de la ville n'est pas enseignée". Et c'est un forçage : il efface les livres. De plus, on ne peut dire que Rabbi Idi ne tienne pas comme Rabbi Yehochoua, car la michna et la beraita ne s'expliquent que selon Rabbi Yehochoua, comme on l'a dit plus haut. Et le Mahari dit que la michna et la beraita parlent de celui qui y a passé la nuit (lan bah). C'est pourquoi, lorsque sa mesure s'achève à la fin de la ville, toute la ville lui est comptée comme quatre coudées pour le décompte des deux mille. Car même lorsque sa mesure s'achève au milieu de la ville, pour celui qui y a passé la nuit, elle lui est comptée comme quatre coudées afin d'en parcourir la totalité. Comme cela ressort au chapitre Ha-dar (plus loin, Erouvin 73a), où l'on dit : voici celui qui place son eruv au bout des deux mille, il vient et passe la nuit dans sa maison. On en déduit : pour celui qui y a passé la nuit, même si ses deux mille se sont achevées au début de la ville, toute la ville devient comme quatre coudées. Et de même au chapitre Bekhol me'arvin (plus haut, Erouvin 38b), où l'on dit : penses-tu qu'il le lui ait placé au bout des deux mille de ce côté ? Et Rachi explique que toute la ville devient pour lui comme quatre coudées, puisqu'il y a passé la nuit. Et Rabbi Idi ne s'étonne que sur Rabbi Yehochoua, qui a dit : même pour celui qui mesure, lorsque sa mesure s'achève à la fin de la ville, toute la ville devient pour lui comme quatre coudées. C'est pourquoi il s'étonne. Puisque, lorsque sa mesure s'achève au milieu de la ville, il n'a que la moitié de la ville, et qu'elle ne devient pas pour lui comme quatre coudées même pour en parcourir la totalité : lorsqu'elle s'achève à la fin de la ville également, toute la ville ne devient pas comme quatre coudées pour lui compléter le reste. Et maintenant s'éclaire bien l'objection d'en haut : "Ce qu'il gagne, et rien de plus ?", et la beraita, etc. Et il n'objecte pas depuis la michna : "Et celui qui mesure, dont ils ont parlé", etc. Car, pour celui qui mesure, il savait déjà qu'il y a une distinction entre une mesure qui s'achève au milieu de la ville et une mesure qui s'achève à la fin de la ville. C'est pourquoi il objecte à partir de celui qui place l'eruv, lequel y a passé la nuit. Et l'on répond que, pour celui qui y a passé la nuit aussi, il y a une distinction. Lorsque sa mesure s'achève au milieu de la ville : soit, elle devient pour lui comme quatre coudées en ce qu'il peut parcourir toute la ville. Pour pouvoir sortir de l'autre côté de la ville, elle ne devient pas pour lui comme quatre coudées. Et selon les livres qui lisent aussi "la fin de la ville lui était nécessaire, car elle n'est pas enseignée", cela s'explique bien. Bien que la fin de la ville soit aussi enseignée : sinon, la michna contredirait la beraita, comme on a objecté plus haut. Quoi qu'il en soit, pour celui qui mesure, cela lui était nécessaire, car on ne l'apprend pas de la michna, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Rabbi Idi : la distinction est dite sans raison donnée, comme une parole reçue de la Guevoura. Rabbi Yehochoua ben Levi la tient de son maître.

Tossefot, le Ri : la tournure "paroles de prophétie" est un éloge, comme en Bava Batra. Une sevara mince, distinguée par le roua'h hakodech. À Bekhorot, quand le sens est autre, la tournure change.

Le Mahari lit la michna et la beraita sur celui qui a passé la nuit dans la ville, lan bah. L'étonnement de Rabbi Idi porte sur celui qui mesure.

11
אָמַר רָבָא, תַּרְוַייְהוּ תְּנַנְהִי: אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה.

Rava a dit : les deux y sont enseignés. Les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville.

📜 Rachi (1)
אָמַר רָבָא וּמַאי נְבִיאוּתֵיהּ תַּרְוַייְהוּ תְּנַנְהִי בְּמָתְנֵי' דְּאַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה שֶׁהָיְתָה לָהֶן עִיר קְטַנָּה בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם וְיוֹצְאִין מֵעִירָן וְהוֹלְכִין לֵילֵךְ דֶּרֶךְ הַקְּטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל הָעִיר הַקְּטַנָּה הַסְּמוּכָה לָהֶן וְעַל כָּרְחֲךָ ה"ק מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת וּמַשְׁלִימִין מִדָּתָן חוּצָה לָהּ דְּאִי ס"ד מִדַּת הָעִיר סָלֵיק לְהוּ מַאי אֲתָא לְאַשְׁמוּעִינַן פְּשִׁיטָא דְּעַד אַלְפַּיִם יָכוֹל לְהַלֵּךְ:
Rava a dit : et en quoi est-ce de la prophétie ? Les deux y sont enseignés dans la michna. Les gens d'une grande ville qui avaient une petite ville à l'intérieur des deux mille, ils sortent de leur ville et vont pour passer par la petite : ils parcourent toute la petite ville qui leur est voisine. Et forcement, voici le sens : ils la parcourent tout entière comme quatre coudées, et ils complètent leur mesure en dehors d'elle. Car si tu pensais que la mesure de la ville leur est comptée, qu'est-ce que cela vient nous apprendre ? C'est evident : jusqu'à deux mille, il peut marcher.
💡 Explication

Rava : les deux cas sont dans la michna. Les gens d'une grande ville ont une petite ville dans leurs deux mille. Ils la parcourent tout entière.

Si la longueur de la petite ville leur était simplement comptée, la michna n'apprendrait rien : chacun marche jusqu'à deux mille. Force est de lire : ils la parcourent comme quatre coudées, et complètent leur mesure au-delà. C'est le cas où la mesure s'achève à la fin de la ville.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).