Eruvin 61a — Grande ville et petite ville, ravin, Geder et Hamtan

Eruvin 61a

Sougya : Rava achève : les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville, parce que leur mesure de deux mille s'achève au milieu. Rabbi Idi lit les deux clauses au positif et les réserve à celui qui dépose l'eruv.

Rav Nahman tient les deux leçons, l'une pour celui qui place, l'autre pour celui qui mesure, et il complète la michna. Puis une ville au bord d'un ravin ne se mesure depuis le bord que s'il y a une barrière de quatre coudées.

La beraita de Geder et Hamtan reçoit trois lectures : la barrière, un décret contre les agressions, ou la forme des villes. La michna donne toute la ville de l'eruv plus deux mille.

Rabbi Akiva ne donne que deux mille depuis l'eruv. Les Sages distinguent la grotte habitée.

Celui qui mesure s'arrête là où ses deux mille s'achèvent.

Milieu de la ville, ou sa fin Exemple de Rachi : deux mille depuis sa ville Petite ville vers grande ville Eloignement : 1000 Grande ville : 2000 de long Les 2000 s'achèvent au milieu On n'entre que de 1000 La ville est comptée dans le tehum Grande ville vers petite ville Eloignement : 1000 Petite ville : 1000 de long Les 2000 s'achèvent à la fin Toute la ville = 4 coudées On complète 1000 au-delà Même distinction pour celui qui mesure en arrivant du dehors. Rava : les deux cas sont dans la michna. Rav Nahman tient les deux leçons.
Si les deux mille s'achèvent au milieu, la ville est comptée. Si elles s'achèvent à la fin, elle vaut quatre coudées.
Ville au bord du ravin Rav Houna, rapporté par Rav Yossef Barrière de 4 coudées Sur toute la face de la ville Au bord du ravin On mesure depuis le bord Comme les autres villes La ville s'achève là Sans cette barrière L'usage du lieu fait peur Implantation non fixe Comme des cabanes On mesure pour chacun Depuis l'entrée de sa maison Ailleurs, une barrière de 4 tefahim suffit. Ici, la peur exige 4 coudées.
Au bord du ravin, la barrière de quatre coudées fait de la ville une implantation fixe.
Pourquoi Geder descend et Hamtan ne monte pas Trois lectures de la même beraita Rav Yossef Pente : Geder en haut Hamtan en bas Geder a une barrière Mesure depuis le mur Hamtan est dans les 2000 Hamtan sans barrière Mesure depuis la porte Rav Dimi Geder agresse Hamtan Rabbi a institué Chabbat : l'ivresse est fréquente Hors de chez soi le chien n'aboie pas Geder ne se plie pas Deux autres lectures Rav Safra : ville en arc Rav Dimi bar Hinana : grande ville, petite ville Rav Kahana nomme chaque avis Rav Tavyomi laisse l'attribution ouverte
Geder descend à Hamtan, Hamtan ne monte pas à Geder : barrière, décret, ou forme des villes.
1
וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה.

Et les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville.

📜 Rachi (1)
וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת הַגְּדוֹלָה כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת לְפִי שֶׁהָעִיר עוֹלָה לְהוּ בְּמִדַּת הַתְּחוּמִין:
Ils ne la parcourent pas tout entière comme quatre coudées, parce que la ville leur est comptée dans la mesure des tehoumin.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' חוּץ לַתְּחוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֵימָא חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר: מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד. כֵּיצַד כְּגוֹן שֶׁנְּתָנוֹ לְמִזְרַח הָעִיר לְסוֹף אֶלֶף אַמָּה נִמְצָא מְהַלֵּךְ לְצַד מִזְרָח שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וַהֲרֵי נִשְׂכָּר אֶלֶף אַמָּה וְאֵינוֹ מְהַלֵּךְ לְרוּחַ מַעֲרָב אֶלָּא אֶלֶף אַמָּה. נִמְצָא אֶלֶף אַמָּה שֶׁנִּשְׂכָּר בְּרוּחַ מִזְרָח מַפְסִיד לְרוּחַ מַעֲרָב. וְאַקְשִׁינַן מַה שֶׁנִּשְׂכָּר בְּרוּחַ מִזְרָח הוּא מַפְסִיד וְתוּ לָא כְּלוֹמַר אֲבָל הָעִיר כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת הָוְיָא לָהּ וְהָתַנְיָא הַנּוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּתוֹךְ עִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. נְתָנוֹ חוּץ לְעִיבּוּרָהּ שֶׁל עִיר אֲפִילּוּ אַמָּה מִשְׂתַּכֵּר אוֹתָהּ אַמָּה וּמַפְסִיד אֶת הָעִיר כֻּולָּהּ לְפִי שֶׁמִּדַּת הָעִיר כָּלָה לָהּ בְּמִדַּת הַתְּחוּם. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא לָא קַשְׁיָא כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אָז מַפְסִיד חֲצִי הָעִיר שֶׁחוּץ אַלְפַּיִם מֵעֵירוּבוֹ. כָּאן שֶׁכָּלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר. מַתְנִי' דְּקָתָנֵי מַה שֶּׁנִּשְׂכַּר הוּא מַפְסִיד בִּתְחוּמִין בִּלְבַד אֲבָל בָּעִיר לֹא הִפְסִיד כְּלוּם כְּשֶׁכָּלְתָה מִדַּת אֲלָפִים שֶׁל תְּחֻומּוֹ בְּסוֹף הָעִיר דְּאָמַר רַב אִידִי אַרִיבָּ"ל הָיָה מוֹדֵד וּבָא וְכָלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר אֵין לוֹ אֶלָּא חֲצִי הָעִיר. בְּסוֹף הָעִיר נַעֲשֵׂית כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת וּמַשְׁלִימִין לוֹ הַשְּׁאָר. וְכוּלְּהוּ רַבְּווָתָא פָּסְקִי דְּהָכִי הִלְכְתָא. ואע"ג דְּאָמַר רַב אִידִי אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת. לֹא אִיכְפַּת לָן בְּהָכִי דְּהָא רָבָא דִּיֵּיק מִמַּתְנִי' וְאָמַר תַּרְוַייְהוּ תְּנִינְהוּ אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה. וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה. טַעְמָא מַאי. לָאו מִשּׁוּם דְּאַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה כָּלְתָה מִדָּתָן בְּסוֹף עִיר קְטַנָּה וּלְפִיכָךְ הֵן מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ וְהָוְיָא לְהוּ כְּד' אַמּוֹת. וְאַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה כָּלְתָה מִדָּתָן בַּחֲצִי עִיר גְּדוֹלָה וּלְפִיכָךְ אֵין מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ:
Guemara. Hors du tehum, cela te viendrait à l'esprit ? Dis : hors de l'ibbour de la ville. Ce qu'il gagne, il le perd. Comment ? Par exemple, s'ils l'ont placé à l'est de la ville, au bout de mille coudées : il se trouve qu'il marche du côté est trois mille, et il a gagné mille coudées, et il ne marche du côté ouest que mille coudées. Il se trouve que les mille coudées gagnées du côté est, il les perd du côté ouest. Et l'on objecte : ce qu'il gagne du côté est, il le perd, et rien de plus ? C'est-à-dire que toute la ville, elle, vaut pour lui quatre coudées. Or on a enseigné dans une beraita : celui qui place son eruv à l'intérieur de l'ibbour de la ville n'a rien fait. S'il l'a placé hors de l'ibbour de la ville, même d'une coudée, il gagne cette coudée et perd toute la ville, parce que la mesure de la ville s'achève dans la mesure du tehum. Rabba bar Rav Houna a dit : il n'y a pas de difficulté. Ici, sa mesure s'est achevée au milieu de la ville : alors il perd la moitié de la ville qui est hors des deux mille depuis son eruv. Ici, sa mesure s'est achevée à la fin de la ville. La michna qui enseigne que ce qu'il gagne, il le perd, ne vise que les tehoumin. Mais dans la ville il n'a rien perdu, lorsque la mesure de deux mille de son tehum s'achève à la fin de la ville. Car Rav Idi a dit que Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : s'il mesurait en avançant et que sa mesure s'achevait au milieu de la ville, il n'a que la moitié de la ville. À la fin de la ville, toute la ville devient comme quatre coudées, et l'on complète pour lui le reste. Et tous les maîtres tranchent que la halakha est ainsi. Et bien que Rav Idi ait dit que ce ne sont que des paroles de prophétie, nous n'en tenons pas compte. Car Rava tire un diyouk (une précision du texte) de la michna et dit : les deux y sont enseignés. Les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville. Et les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville. Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce que, pour les gens de la grande ville, leur mesure s'est achevée à la fin de la petite ville, et c'est pourquoi ils la parcourent tout entière, et elle vaut pour eux quatre coudées ? Et pour les gens de la petite ville, leur mesure s'est achevée au milieu de la grande ville, et c'est pourquoi ils ne la parcourent pas tout entière.
💡 Explication

Suite de Rava, à la fin de 60b. Les gens de la grande ville parcourent toute la petite : leurs deux mille s'achèvent à la fin de la petite ville, qui vaut alors quatre coudées. Les gens de la petite ville, dans la grande, voient leur mesure s'achever au milieu : la ville leur est comptée dans les tehoumin.

2
מַאי טַעְמָא — לָאו מִשּׁוּם דְּהָנֵי כָּלְתָה מִדָּתָן בַּחֲצִי הָעִיר, וְהָנֵי כָּלְתָה מִדָּתָן בְּסוֹף הָעִיר.

Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce que, pour ceux-ci, leur mesure s'est achevée au milieu de la ville, et pour ceux-là, leur mesure s'est achevée à la fin de la ville ?

💡 Explication

Ceux-ci : les gens de la petite ville, mesure achevée au milieu de la grande. Ceux-là : les gens de la grande ville, mesure achevée à la fin de la petite. La question attend un oui.

3
וְרַבִּי אִידִי, ״אַנְשֵׁי אֱנָשֵׁי״ תָּנֵי, וּמוֹקֵים לָהּ בְּנוֹתֵן. אֲבָל מוֹדֵד לָא תְּנַן.

Et Rabbi Idi enseigne 'anshei, anshei' (les gens, les gens), et il établit cela au sujet de celui qui place. Mais celui qui mesure, on ne l'a pas enseigné.

📜 Rachi (2)
וְרַבִּי אִידִי דְּאָמַר דִּבְרֵי נְבוּאָה הֵן אַנְשֵׁי אֱנָשֵׁי דְּקָתָנֵי בְּמַתְנִיתִין בְּתַרְוַיְיהוּ תָּנֵי מְהַלְּכִין וּמוּקִי לָהּ בְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ בָּעִיר כְּדִמְפָרֵשׁ בְּמַתְנִיתִין כֵּיצַד מִי שֶׁהָיָה בְּעִיר גְּדוֹלָה וְנָתַן עֵירוּבוֹ בְּעִיר קְטַנָּה הַסְּמוּכָה לָהּ בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ שֶׁעֵירוּב קוֹנֶה לוֹ כָּל הָעִיר כד"א כְּאִילּוּ שַׁבָּת הוּא שָׁם וְרָבָא תָּנֵי אֵין אַנְשֵׁי כִּדְאָמַר לְקַמָּן מַאן דְּתָנֵי אֵין אַנְשֵׁי לָא מִשְׁתַּבַּשׁ:
Lui qui a dit que ce sont des paroles de prophétie. Les gens, les gens : ce que la michna enseigne, dans les deux clauses il enseigne qu'ils parcourent. Et il l'établit au sujet de celui qui place son eruv dans la ville, comme la michna l'explique. Comment ? Celui qui était dans une grande ville et a placé son eruv dans une petite ville voisine, à l'intérieur des deux mille, parcourt toute cette ville. Car l'eruv lui acquiert toute la ville comme quatre coudées, comme s'il avait passé le Chabbat là. Et Rava enseigne : les gens ne..., comme on le dit plus bas : celui qui enseigne les gens ne... ne se trompe pas.
אֲבָל מוֹדֵד מִחוּץ לָעִיר וּבָא לָעִיר לָא תְּנַן מִידֵּי חִלּוּק בֵּין כָּלְתָה בְּחֶצְיָהּ לְכַלָּתָהּ בְּסוֹפָהּ:
Depuis l'extérieur de la ville, en arrivant à la ville : on n'a rien enseigné qui distingue une mesure achevée en son milieu et une mesure achevée à sa fin.
💡 Explication

Rabbi Idi lit les deux clauses au positif : les gens parcourent. Il rapporte la michna à celui qui dépose l'eruv dans l'autre ville. L'eruv lui acquiert cette ville comme quatre coudées, comme s'il y avait sa chevita. Le cas de celui qui mesure, où le milieu et la fin se distinguent, n'y figure pas. De là son mot : paroles de prophétie.

4
וְלָא?! וְהִתְנָן: וְלַמּוֹדֵד שֶׁאָמְרוּ נוֹתְנִין לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה, שֶׁאֲפִילּוּ סוֹף מִדָּתוֹ כָּלֶה בִּמְעָרָה!

Et non ?! Or nous avons appris : et celui qui mesure, dont ils ont dit qu'on lui donne deux mille coudées, même si la fin de sa mesure s'achève dans une grotte !

📜 Rachi (1)
וְלַמּוֹדֵד מִמְּקוֹם שְׁבִיתָתוֹ אוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ שֶׁאָמְרוּ לִיתֵּן לוֹ אַלְפַּיִם אֲפִילּוּ סוֹף מִדַּת אֲלָפִים כָּלֶה בַּמְּעָרָה לֹא יִכָּנֵס מֵאַלְפַּיִם וָהָלְאָה אַלְמָא כָּלְתָה מִדָּתוֹ בַּחֲצִי הָעִיר תְּנַן דְּעוֹלֶה לוֹ מִדַּת הָעִיר וּמַאי נְבִיאוּתֵיהּ:
Depuis le lieu de sa chevita (résidence de Chabbat), ou depuis le lieu de son eruv, dont ils ont dit de lui donner deux mille : même si la fin de la mesure de deux mille s'achève dans une grotte, il n'entrera pas au-delà des deux mille. On en déduit que le cas où sa mesure s'achève au milieu de la ville est enseigné : la mesure de la ville lui est comptée. Et en quoi y aurait-il prophétie ?
💡 Explication

La michna de la fin de la page parle déjà de celui qui mesure. Si les deux mille s'achèvent dans une grotte, il n'entre pas plus loin. C'est le parallèle du milieu de la ville : le lieu est compté dans les deux mille. L'objection vise Rabbi Idi, qui disait que ce cas n'est pas enseigné.

5
סוֹף הָעִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, דְּלָא תְּנַן.

C'est la fin de la ville qui lui était nécessaire, car on ne l'a pas enseignée.

📜 Rachi (1)
סוֹף הָעִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּהֵיכָא דְּכָלְתָה מִדָּתוֹ בְּסוֹף הָעִיר הָוְיָא כָּל הָעִיר כְּד' אַמּוֹת דְּלָא תְּנַן לָהּ:
Pour Rabbi Yehochoua ben Levi, afin de nous apprendre que, là où sa mesure s'est achevée à la fin de la ville, toute la ville vaut quatre coudées. Ce cas, on ne l'a pas enseigné.
💡 Explication

Le milieu est déjà donné par la grotte. La nouveauté de Rabbi Yehochoua ben Levi est l'autre bout : si les deux mille s'achèvent exactement à la fin de la ville, toute la ville vaut quatre coudées, et l'on complète le reste de l'autre côté. Ce second cas n'est pas dans la michna.

6
אָמַר רַב נַחְמָן: מַאן דְּתָנֵי ״אֱנָשֵׁי״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ, וּמַאן דְּתָנֵי ״אֵין אַנְשֵׁי״ לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ.

Rav Nahman a dit : celui qui enseigne 'anshei' (les gens) ne se trompe pas, et celui qui enseigne 'ein anshei' (les gens ne...) ne se trompe pas.

💡 Explication

Les deux leçons du texte sont recevables. Chacune vise un cas différent, que le segment suivant nomme.

7
מַאן דְּתָנֵי ״אֱנָשֵׁי״ לָא מִשְׁתַּבֵּשׁ — דְּמוֹקֵים לָהּ בְּנוֹתֵן. וּמַאן דְּתָנֵי ״אֵין אַנְשֵׁי״ לָא מִשְׁתַּבֵּשׁ — דְּמוֹקֵים לָהּ בְּמוֹדֵד.

Celui qui enseigne 'anshei' ne se trompe pas, car il l'établit au sujet de celui qui place. Et celui qui enseigne 'ein anshei' ne se trompe pas, car il l'établit au sujet de celui qui mesure.

📜 Rachi (2)
מוּקֵי לָהּ בְּנוֹתֵן כִּדְקָתָנֵי בְּמָתְנֵי' בְּהֶדְיָא:
Comme la michna l'enseigne explicitement.
וּמַאן דְּתָנֵי אֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה כו' לֹא מִשְׁתַּבֵּשׁ מוּקֵי לָהּ בְּמוֹדֵד אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה שֶׁיּוֹצְאִין מֵעִירָן לְעִיר קְטַנָּה הַנִּבְלַעַת כֻּולָּהּ בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם שֶׁלָּהֶן כְּגוֹן שֶׁרְחוֹקָה מֵעִירָן אֶלֶף וְהִיא עַצְמָהּ אֶלֶף מְהַלְּכִין אֶת כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת וּמַשְׁלִימִין אֶלֶף חוּצָה לָהּ וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה הָרְחוֹקָה מֵעִירָן אֶלֶף וְהִיא עַצְמָהּ אַלְפַּיִם הוֹאִיל וְאֵין כֻּולָּהּ נִבְלַעַת בְּאַלְפַּיִם שֶׁלָּהֶן עוֹלָה לָהֶן בְּמִדַּת הַתְּחוּם וְאֵין נִכְנָסִין לָהּ אֶלָּא בְּאֶלֶף וּמַתְנִיתִין דִּמְפָרְשָׁא וְאָזְלָא בְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ חַסּוּרֵי מִיחַסְּרָא כו':
Les gens d'une grande ville qui sortent de leur ville vers une petite ville entièrement engloutie dans leurs deux mille. Par exemple, elle est éloignée de leur ville de mille, et elle-même mesure mille : ils parcourent toute cette ville comme quatre coudées, et ils complètent mille en dehors d'elle. Et les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville éloignée de leur ville de mille, et qui elle-même mesure deux mille. Puisqu'elle n'est pas tout entière engloutie dans leurs deux mille, elle leur est comptée dans la mesure du tehum, et ils n'y entrent que de mille. Et la michna qui poursuit en expliquant celui qui place son eruv est lacunaire, etc.
💡 Explication

La leçon positive vise celui qui place l'eruv dans l'autre ville : la michna le dit en clair. La leçon 'ils ne parcourent pas' vise celui qui mesure depuis sa ville. Chiffres de Rachi : petite ville à 1000, longue de 1000, elle est tout entière dans les 2000, elle vaut quatre coudées, et l'on complète 1000 au-delà. Grande ville à 1000, longue de 2000 : on n'y entre que de 1000.

8
וְחַסּוֹרֵי מִחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה, וְאֵין אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים, בְּמוֹדֵד. אֲבָל מִי שֶׁהָיָה בְּעִיר גְּדוֹלָה וְהִנִּיחַ אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר קְטַנָּה, הָיָה בְּעִיר קְטַנָּה וְהִנִּיחַ אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר גְּדוֹלָה — מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה.

Et elle est lacunaire, et voici ce qu'elle enseigne : les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville, et les gens d'une petite ville ne parcourent pas toute une grande ville. Dans quel cas cela a-t-il été dit ?

Pour celui qui mesure. Mais celui qui était dans une grande ville et a déposé son eruv dans une petite ville, ou qui était dans une petite ville et a déposé son eruv dans une grande ville, parcourt toute cette ville, et en dehors d'elle deux mille coudées.

💡 Explication

Rav Nahman restitue les mots manquants. La distinction grande ville / petite ville ne vaut que pour celui qui mesure. Celui qui dépose l'eruv dans l'autre ville la parcourt toute, puis compte deux mille au-delà, que cette ville soit grande ou petite.

🖼️ Schéma
Les deux leçons de Rav Nahman Placer l'eruv, ou mesurer depuis sa ville Leçon : anshei, ils parcourent Les deux villes, au positif Cas : celui qui place l'eruv Toute la ville, plus 2000 Leçon : ein anshei, ils ne... La petite ne parcourt pas toute la grande Cas : celui qui mesure La michna est lacunaire. D'abord la distinction de celui qui mesure. Puis : celui qui dépose l'eruv, grande ou petite, parcourt toute la ville et 2000 au-delà.
Deux leçons, deux cas : placer l'eruv, ou mesurer.
9
אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רָמֵי בַּר אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא: עִיר שֶׁיּוֹשֶׁבֶת עַל שְׂפַת הַנַּחַל, אִם יֵשׁ לְפָנֶיהָ דַּקָּה אַרְבָּעָה — מוֹדְדִים לָהּ מִשְּׂפַת הַנַּחַל. וְאִם לָאו — אֵין מוֹדְדִין לָהּ אֶלָּא מִפֶּתַח בֵּיתוֹ.

Rav Yossef a dit que Rami bar Abba a dit que Rav Houna a dit : une ville qui siège au bord du ravin, s'il y a devant elle une daka (barrière) de quatre, on mesure pour elle depuis le bord du ravin. Sinon, on ne mesure pour elle que depuis l'entrée de sa maison.

📜 Rachi (3)
שְׂפַת הַנַּחַל עָמֹוק:
Il est profond.
אִם יֵשׁ לְפָנֶיהָ דַּקָּה מְחִיצָּה אַרְבַּע אַמּוֹת גֹּובַהּ עַל פְּנֵי הָעִיר כֻּולָּהּ מִשְּׂפַת הַנַּחַל מוֹדֵד מִשְּׂפַת הַנַּחַל שֶׁהִיא כָּלֶה שָׁם כִּשְׁאָר עֲיָירוֹת:
Une cloison de quatre coudées de hauteur, sur toute la face de la ville. On mesure depuis le bord du ravin, car la ville s'y achève, comme les autres villes.
וְאִם לָאו כֵּיוָן דִּבְעִיתָא תַּשְׁמִישְׁתַּייְהוּ לָא הָוֵי יִשּׁוּב קָבוּעַ וְהָווּ לְהוּ כְּיוֹשְׁבֵי צְרִיפִין וְאֵין מוֹנִין לְכָל אֶחָד אֶלָּא מִפֶּתַח בֵּיתוֹ:
Puisque l'usage de leur lieu fait peur, cela ne forme pas une implantation fixe. Ils sont comme les habitants de cabanes, et l'on ne compte pour chacun que depuis l'entrée de sa maison.
💡 Explication

Nouveau sujet. Le ravin est profond. Une daka de quatre coudées, sur toute la face de la ville, permet de mesurer le tehum depuis le bord, comme pour une ville ordinaire. Sans elle, l'usage du lieu fait peur : la ville est traitée comme des cabanes, et chaque homme compte depuis sa porte. Le texte dit 'quatre' sans nommer l'unité. Rachi : quatre coudées.

10
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: דַּקָּה אַרְבַּע אַמּוֹת אֲמַרְתְּ לַן עֲלַהּ. מַאי שְׁנָא מִכָּל דַּקֵּי דְעָלְמָא דְּאַרְבְּעָה?

Abaye lui a dit : une barrière de quatre coudées, tu nous l'as dite à ce sujet. En quoi diffère-t-elle de toutes les barrières ordinaires, qui sont de quatre ?

📜 Rachi (1)
דַּקָּה ד"א אָמַרְתָּ לָן בְּנִיחוּתָא וְהַשְׁתָּא בָּעֵינַן מִינָּךְ טַעְמָא מַאי שְׁנָא מִכָּל דַּקֵּי דְעָלְמָא דְּסַגִּי לְהוּ בְּגֹובַהּ אַרְבָּעָה טְפָחִים כְּדַאֲמָרָן לְעֵיל גַּבֵּי מִרְפֶּסֶת שֶׁלְּפָנֶיהָ דַּקָּה ד' כו':
Dit comme une constatation. Et maintenant nous te demandons la raison : en quoi diffère-t-elle de toutes les barrières ordinaires, auxquelles suffit une hauteur de quatre tefahim (palmes), comme nous l'avons dit plus haut au sujet d'une marpeset (galerie) qui a devant elle une barrière de quatre, etc.
💡 Explication

Abaye constate d'abord le chiffre, puis demande la raison. Partout ailleurs, une cloison de quatre tefahim suffit à faire cloison. Ici Rav Houna a exigé quatre coudées.

11
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם, לָא בְּעִיתָא תַּשְׁמִישְׁתָּא. הָכָא, בְּעִיתָא תַּשְׁמִישְׁתָּא.

Il lui a dit : là-bas, l'usage du lieu ne fait pas peur. Ici, l'usage du lieu fait peur.

💡 Explication

Une cloison basse suffit là où l'on se sert du lieu sans crainte : elle est symbolique. Au bord du ravin, sans une barrière haute de quatre coudées, on a peur d'utiliser le bord. La ville ne compte alors comme une implantation fixe qu'avec cette barrière.

12
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אֲמִינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: הִתִּיר רַבִּי שֶׁיְּהוּ בְּנֵי גָדֵר יוֹרְדִין לְחַמָּתָן, וְאֵין בְּנֵי חַמָּתָן עוֹלִין לְגָדֵר. מַאי טַעְמָא, לָאו מִשּׁוּם דְּהָנֵי עֲבוּד דַּקָּה, וְהָנֵי לָא עֲבוּד דַּקָּה?!

Rav Yossef a dit : d'où le dis-je ? Car on a enseigné : Rabbi a permis que les gens de Geder descendent à Hamtan, et que les gens de Hamtan ne montent pas à Geder.

Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce que ceux-ci ont fait une barrière, et que ceux-là n'ont pas fait de barrière ?

📜 Rachi (1)
לָאו מִשּׁוּם דַּעֲבוּד דַּקָּה כו' גָּדֵר וְחַמָּתָן יוֹשְׁבִין בָּהָר בְּשִׁיפּוּעַ גָּדֵר לְמַעְלָה וְחַמָּתָן לְמַטָּה הוֹאִיל וּשְׁתֵּיהֶן יוֹשְׁבוֹת בְּשִׁיפּוּעַ צְרִיכוֹת שְׁתֵּיהֶן דַּקָּה בְּשִׁיפּוּלָן וקס"ד שֶׁהָיוּ שְׁתֵּיהֶן מֻובְלָעוֹת זוֹ כֻּולָּהּ בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם שֶׁל חֲבֶרְתָּהּ וְקָתָנֵי בְּנֵי גָדֵר יוֹרְדִים לְחַמָּתָן כּוּ' לָאו מִשּׁוּם דִּבְנֵי גָּדֵר עֲבוּד דַּקָּה לְפִיכָךְ כָּל יוֹשְׁבֶיהָ כְּשֶׁרוֹצִין לֵילֵךְ לְחַמָּתָן מַתְחִילִין לִמְנוֹת וְלִמְדֹּוד מֵחוֹמָתָהּ לְצַד חַמָּתָן כִּשְׁאָר עֲיָירוֹת וַהֲרֵי חַמָּתָן כֻּולָּהּ מֻובְלַעַת בִּתְחוּמָן וְהָנֵי בְּנֵי חַמָּתָן לָא עֲבוּד דַּקָּה לְשִׁיפּוּלָהּ לְפִיכָךְ לָא הָוְיָא עִיר וּמוֹדְדִין לְכָל אֶחָד מִפֶּתַח בֵּיתוֹ וְאֵלּוּ שֶׁבְּגָובְהָן הַקְּרוֹבִין בְּתוֹךְ אַלְפַּיִם לַגָּדֵר וְכֻולָּהּ מֻובְלַעַת בִּתְחוּמִין נִכְנָסִין לָהּ לְכֻולָּהּ אֲבָל אִם הָיוּ יוֹשְׁבִין בְּשִׁיפּוּלֶיהָ אֵין עוֹלִין לָהּ:
Geder et Hamtan siègent sur une montagne, en pente : Geder en haut, Hamtan en bas. Puisque toutes deux siègent en pente, toutes deux ont besoin d'une barrière à leur bas de pente. Et l'on tient d'abord que chacune était tout entière engloutie dans les deux mille de l'autre. Et l'on enseigne : les gens de Geder descendent à Hamtan, etc. N'est-ce pas parce que les gens de Geder ont fait une barrière ? C'est pourquoi tous ses habitants, lorsqu'ils veulent aller à Hamtan, commencent à compter et à mesurer depuis son mur, du côté de Hamtan, comme les autres villes, et Hamtan tout entière est engloutie dans leur tehum. Et ces gens de Hamtan n'ont pas fait de barrière à leur bas de pente. C'est pourquoi elle ne vaut pas une ville, et l'on mesure pour chacun depuis l'entrée de sa maison. Ceux qui siègent dans la hauteur, proches, à l'intérieur des deux mille de Geder, et dont toute la ville est engloutie dans les tehoumin, y entrent tout entière. Mais s'ils siégeaient au bas de la pente, ils n'y monteraient pas.
🗂️ Tossefot (1)
וְעוֹד הִתִּיר רַבִּי רַבֵּינוּ שְׁמוּאֵל ל"ג וְעוֹד דְּהַאי וְעוֹד אַמִּילְּתָא דִּלְעֵיל מִינֵּיהּ קָאֵי וְהָכִי אִיתָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּמְכִילְתִּין מַעֲשֶׂה בְּרוֹעֶה זָקֵן שֶׁבָּא לִפְנֵי רַבִּי וְאָמַר לוֹ זָכוּר הָיִיתִי שֶׁהָיוּ בְּנֵי מִגְדָּל יוֹרְדִין לְחַמָּתָן עַד הֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה הַסְּמוּכָה לַגֶּשֶׁר וְעוֹד וַהֲדַר קָאָמַר שֶׁהִתִּיר רַבִּי שֶׁיְּהוּ בְּנֵי גָדֵר כו' וּמִיהוּ יֵשׁ תּוֹסֶפְתָּא שֶׁכָּתוּב בָּהּ בָּתַר עֵדוּתוֹ דְּרוֹעֶה הִתִּיר רַבִּי שֶׁיְּהוּ בְּנֵי מִגְדָּל יוֹרְדִין לְחַמָּתָן עַד הֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה הַסְּמוּכָה לָעִיר וְנִיחָא הַשְׁתָּא דְּגָרַס וְעוֹד הִתִּיר ר' שֶׁיְּהוּ בְּנֵי גָדֵר כּוּ' כֵּיוָן דְּמַיְירֵי לְעֵיל בְּמַה שֶׁהִתִּיר רַבִּי לִבְנֵי מִגְדָּל עַל פִּי עֵדוּתוֹ שֶׁל רוֹעֶה וּבְפִי' ר"ח כָּתוּב וְעוֹד זֹאת הִתִּיר רַבִּי:
Rabbenou Chmouel ne lit pas 'et en outre', car ce 'et en outre' se rapporte au sujet qui précède. Et voici comment c'est dans la Tossefta de notre traité : un fait. Un vieux berger vint devant Rabbi et lui dit : je me souviens que les gens de Migdal descendaient à Hamtan jusqu'à la cour extérieure voisine du pont. Et en outre. Et ensuite cela dit que Rabbi a permis que les gens de Geder, etc. Toutefois il existe une Tossefta où il est écrit, après le témoignage du berger : Rabbi a permis que les gens de Migdal descendent à Hamtan jusqu'à la cour extérieure voisine de la ville. Et maintenant la leçon se tient : et en outre, Rabbi a permis que les gens de Geder, etc., puisque plus haut il s'agit de ce que Rabbi a permis aux gens de Migdal d'après le témoignage du berger. Et dans le commentaire de Rabbenou Hananel il est écrit : et en outre, ceci, Rabbi l'a permis.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב הוּנָא עִיר הַיּוֹשֶׁבֶת עַל שְׂפַת הַנַּחַל אִם יֵשׁ לְפָנֶיהָ דַּקָּה אַרְבַּע אַמּוֹת מוֹדְדִין לָהּ מִשְּׂפַת הַנַּחַל. וְאִם לָאו אֵין מוֹדְדִין לָהֶם אֶלָּא מִפֶּתַח בָּתֵּיהֶם. פרש"י שְׂפַת הַנַּחַל עָמֹוק אִם יֵשׁ לְפָנֶיהָ דַּקָּה מְחִיצָּה אַרְבַּע אַמּוֹת גֹּובַהּ עַל פְּנֵי כָּל הָעִיר כֻּולָּהּ עַל שְׂפַת הַנַּחַל מוֹדְדִין לָהּ מִשְּׂפַת הַנַּחַל שֶׁהִיא כָּלֶה שָׁם כִּשְׁאָר כָּל עֲיָירוֹת. וְאִם לָאו כֵּיוָן דִּבְעִיתָא תַּשְׁמִישְׁתָּא לָא הָוֵי יִשּׁוּב קָבוּעַ וְהָוֵי כְּיוֹשְׁבֵי צְרִיפִין וְאֵין מוֹדְדִין לָהֶם לְכָל אֶחָד אֶלָּא מִפֶּתַח בֵּיתוֹ:
Rav Yossef a dit que Rabba bar Avouha a dit que Rav Houna a dit : une ville qui siège au bord du ravin, s'il y a devant elle une barrière de quatre coudées, on mesure pour elle depuis le bord du ravin. Sinon, on ne mesure pour eux que depuis l'entrée de leurs maisons. Rachi a expliqué : le bord du ravin est profond. S'il y a devant elle une barrière, une cloison de quatre coudées de hauteur sur toute la face de la ville, au bord du ravin, on mesure pour elle depuis le bord du ravin, car elle s'y achève, comme toutes les autres villes. Sinon, puisque l'usage du lieu fait peur, cela ne forme pas une implantation fixe, et c'est comme les habitants de cabanes, et l'on ne mesure pour chacun que depuis l'entrée de sa maison.
💡 Explication

Rabbi désigne ici Rabbi Yehouda haNassi. Geder est en haut de la pente, Hamtan en bas. Rav Yossef lit la beraita comme sa règle : une barrière au bas de la pente permet de mesurer depuis le mur. Geder en a une, Hamtan est dans ses deux mille. Hamtan n'en a pas : on mesure depuis chaque porte, et l'on n'atteint Geder que depuis le haut du versant.

Tossefot discute la leçon 'et en outre'. Le dibour reprend un mot de la Tossefta, absent de notre ligne de Guemara.

13
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר: טַטְרוֹגֵי מְטַטְרְגִי לְהוּ בְּנֵי גָדֵר לִבְנֵי חַמָּתָן, וּמַאי ״הִתִּיר״ — הִתְקִין.

Lorsque Rav Dimi vint, il dit : les gens de Geder agressent les gens de Hamtan. Et que signifie 'il a permis' ?

Il a institué.

📜 Rachi (1)
מְטַטְרְגִי לְהוּ בְּנֵי גָדֵר לְחַמָּתָן מַכִּין וְהוֹרְגִין הָיוּ בְּנֵי גָדֵר לִבְנֵי חַמָּתָן:
Ils frappaient et ils tuaient : les gens de Geder frappaient et tuaient les gens de Hamtan.
💡 Explication

Tradition rapportée d'Erets Israël. Le verbe permit de la beraita désigne ici un décret, non un calcul de tehum. Rachi : les gens de Geder frappaient et tuaient ceux de Hamtan. Rabbi règle qui peut aller chez l'autre le Chabbat.

14
וּמַאי שְׁנָא שַׁבָּת, דִּשְׁכִיחָא בָּהּ שִׁכְרוּת.

Et pourquoi précisément Chabbat ? Parce que l'ivresse y est fréquente.

💡 Explication

Le décret ne vise que Chabbat. Ce jour-là, on boit davantage, et les coups sont plus à craindre.

15
כִּי אָזְלִי לְהָתָם, נָמֵי מְטַטְרְגִי לְהוּ? כַּלְבָּא בְּלָא מָתֵיהּ, שַׁב שְׁנִין לָא נָבַח.

Lorsqu'ils vont là-bas, eux aussi les agressent ? Un chien hors de son lieu n'aboie pas pendant sept ans.

📜 Rachi (1)
כִּי הָווּ אָזְלִי בְּנֵי גָדֵר לְחַמָּתָן נָמֵי מְטַטְרְגִי לְהוּ בְּנֵי גָדֵר לִבְנֵי חַמָּתָן:
Lorsque les gens de Geder allaient à Hamtan, les gens de Geder agressaient aussi les gens de Hamtan.
💡 Explication

Objection : si Geder descend à Hamtan, l'agression se déplace. Réponse par un proverbe. Le chien aboie chez lui. Hors de son lieu, il se tait. Les gens de Geder, une fois à Hamtan, n'ont plus la même audace.

16
הַשְׁתָּא נָמֵי מְטַטְרְגִי בְּנֵי חַמָּתָן לִבְנֵי גָדֵר! כֻּולֵּי הַאי לָא כָּיְיפִי לְהוּ.

Maintenant aussi, les gens de Hamtan agressent les gens de Geder ! Ils ne se plient pas à ce point.

📜 Rachi (1)
כֻּולֵּי הַאי וַדַּאי לָא כַּיְּיפוּ לְהוּ בְּנֵי גָּדֵר דַּאֲפִילּוּ בְּלֹא מָתַייְהוּ לִיטַטְרְגוּ לְהוּ בְּנֵי חַמָּתָן:
Certainement, les gens de Geder ne se plient pas à ce point, au point que, même hors de leur lieu, les gens de Hamtan les agresseraient.
💡 Explication

Seconde objection : chez eux, les gens de Hamtan pourraient se venger. Réponse : les gens de Geder ne se laissent pas faire à ce point. Même hors de chez eux, ils riposteraient. Hamtan n'engage donc pas le coup.

17
רַב סִפְרָא אָמַר: עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת הֲוַאי.

Rav Safra a dit : c'était une ville faite en arc.

📜 Rachi (1)
עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת הֲוַאי חַמָּתָן וּבֵין ב' רָאשֶׁיהָ יוֹתֵר מִד' אֲלָפִים דְּאָמְרִינַן בְּרֵישׁ פִּרְקִין מוֹדְדִין לָהּ מִן הַקֶּשֶׁת כָּל אֶחָד מִפֶּתַח בֵּיתוֹ וְיֶתֶר שֶׁלָּהּ לְצַד גָּדֵר הִלְכָּךְ יוֹרְדִין בְּנֵי גָדֵר לְחַמָּתָן שֶׁהֲרֵי מוֹדְדִין לַגָּדֵר מֵחוֹמָתָהּ וְכָל חַמָּתָן מֻובְלַעַת בִּתְחֻומָּהּ וּבְנֵי חַמָּתָן הַיּוֹשְׁבִים בַּקֶּשֶׁת וּמוֹדְדִין לָהֶן מִן הַקֶּשֶׁת כֻּלָּהּ תְּחוּמִין בְּרָאשֶׁיהָ שֶׁל גָּדֵר וְאֵין יְכוֹלִין לִיכָּנֵס לָהּ: גָּדֵר עִיר גְּדוֹלָה וּכְשֶׁעוֹלִין בְּנֵי חַמָּתָן לְגָדֵר כָּלְתָה מִדָּתָן בַּחֲצִי הָעִיר וְחַמָּתָן עִיר קְטַנָּה וּכְשֶׁיּוֹרְדִין לָהּ בְּנֵי גָדֵר כָּלְתָה מִידָּתָן בְּסוֹף הָעִיר וְהָכִי קָאָמַר ר' שֶׁיְּהוּ בְּנֵי גָדֵר יוֹרְדִין לְחַמָּתָן לִהְיוֹת לָהֶן כֻּולָּהּ כְּד' אַמּוֹת וּמַשְׁלִימִין לָהֶן אֶת הַשְּׁאָר אֲבָל גָּדֵר עוֹלָה לִבְנֵי חַמָּתָן בְּמִדַּת הַתְּחוּם:
Hamtan, et entre ses deux extrémités plus de quatre mille. Comme nous le disons au début du chapitre, on mesure pour elle depuis l'arc, chacun depuis l'entrée de sa maison, et le vide de sa corde est du côté de Geder. C'est pourquoi les gens de Geder descendent à Hamtan : on mesure pour Geder depuis son mur, et Hamtan tout entière est engloutie dans son tehum. Et les gens de Hamtan qui siègent sur l'arc, on mesure pour eux depuis l'arc : les tehoumin s'achèvent aux extrémités de Geder, et ils ne peuvent pas y entrer. Geder est une grande ville, et lorsque les gens de Hamtan montent à Geder, leur mesure s'achève au milieu de la ville. Hamtan est une petite ville, et lorsque les gens de Geder y descendent, leur mesure s'achève à la fin de la ville. Et voici ce que Rabbi a dit : que les gens de Geder descendent à Hamtan, afin que toute cette ville soit pour eux comme quatre coudées et qu'on leur complète le reste. Mais Geder entre pour les gens de Hamtan dans la mesure du tehum.
🗂️ Tossefot (1)
עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת הֲוַאי פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס חַמָּתָן וּבֵין שְׁנֵי רָאשֶׁיהָ יוֹתֵר מִד' אֲלָפִים דְּאָמַר לְעֵיל מוֹדְדִין לָהּ מִן הַקֶּשֶׁת וְכַלָּה תְּחוּמָן שֶׁל בְּנֵי הַקֶּשֶׁת בְּרֹאשׁ שֶׁל גָּדֵר וְאֵין יְכוֹלִין לִיכָּנֵס בָּהּ אֲבָל בְּנֵי גָדֵר יוֹרְדִין לְחַמָּתָן דְּמוֹדְדִין לַגָּדֵר מֵחוֹמָתָן וְכָל חַמָּתָן מֻובְלַעַת בִּתְחוּמֵיהֶן וּפֵירוּשׁוֹ תָּמוּהַּ דְּאִי בְּנֵי הַקֶּשֶׁת מֻובְלָעִין בִּתְחוּמָן שֶׁל גָּדֵר א"כ גַּם הֵם מֻותָּרִין לַעֲלוֹת לַגָּדֵר וְאִם בִּבְנֵי רָאשֵׁי הַקֶּשֶׁת קָאָמַר דְּמֻובְלָעִין בִּתְחוּם גָּדֵר אַכַּתִּי כָּל הֵיכָא דְּשָׁרֵי לְהָנֵי שָׁרֵי לְהָנֵי דִּבְנֵי רָאשֵׁי הַקֶּשֶׁת וּבְנֵי גָּדֵר בָּאִין מִזֶּה לָזֶה וְאוֹתָן שֶׁבְּאֶמְצַע הַקֶּשֶׁת וּבְנֵי גָּדֵר תַּרְוַייְהוּ אָסְרִי בַּהֲדָדִי וְנִרְאֶה כְּפִי' ר"ת דְּגָדֵר עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת הֲוַאי וְלֹא הָיָה בֵּין רָאשֶׁיהָ אַרְבָּעָה אֲלָפִים וּמוֹדְדִין לָהּ מִן הַיֶּתֶר לְפִיכָךְ בָּאִין לְחַמָּתָן אֲבָל בְּנֵי חַמָּתָן אֵינָן יְכוֹלִין לַעֲלוֹת לַגָּדֵר לְאֶמְצַע הַקֶּשֶׁת וְאֶפְשָׁר שֶׁאַף מֵחַמָּתָן לְרָאשֵׁי הַקֶּשֶׁת שֶׁל גָּדֵר הָיָה יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם וְאַף שָׁם לֹא הָיוּ יְכוֹלִין לֵילֵךְ:
Il a expliqué dans le commentaire : Hamtan, et entre ses deux extrémités plus de quatre mille, comme on l'a dit plus haut. On mesure pour elle depuis l'arc, le tehum des gens de l'arc s'achève à l'extrémité de Geder, et ils ne peuvent pas y entrer. Mais les gens de Geder descendent à Hamtan, car on mesure pour Geder depuis leur mur, et Hamtan tout entière est engloutie dans leurs tehoumin. Et son explication fait difficulté. Si les gens de l'arc sont engloutis dans le tehum de Geder, alors eux aussi ont le droit de monter à Geder. Et s'il parle des gens des extrémités de l'arc, pour dire qu'ils sont engloutis dans le tehum de Geder, la difficulté demeure : partout où c'est permis aux uns, c'est permis aux autres. Car les gens des extrémités de l'arc et les gens de Geder vont les uns chez les autres, et ceux du milieu de l'arc et les gens de Geder s'interdisent les uns aux autres. Et cela paraît conforme à l'explication de Rabbenou Tam : Geder était une ville faite en arc, et il n'y avait pas quatre mille entre ses extrémités, et l'on mesure pour elle depuis la corde (yeter). C'est pourquoi ils viennent à Hamtan. Mais les gens de Hamtan ne peuvent pas monter à Geder, jusqu'au milieu de l'arc. Et il se peut que, même de Hamtan aux extrémités de l'arc de Geder, il y ait eu plus de deux mille, et que même là ils n'aient pas pu aller.
💡 Explication

Autre lecture de la beraita, sans barrière et sans décret. Une ville en arc (keshet) se mesure selon l'écart entre ses deux extrémités. Rachi : Hamtan est l'arc, et plus de quatre mille séparent les bouts. On mesure depuis l'arc, chacun depuis sa porte. Geder, mesurée depuis son mur, engloutit Hamtan. Les gens de l'arc n'atteignent pas Geder.

Tossefot juge cette lecture en difficulté, et suit Rabbenou Tam : c'est Geder qui est l'arc, avec moins de quatre mille entre les bouts. On mesure depuis la corde (yeter). Les gens de Geder atteignent Hamtan. Ceux de Hamtan n'atteignent pas le milieu de l'arc.

🖼️ Schéma
Ville faite en arc Rachi et Rabbenou Tam Hamtan, l'arc corde, vers Geder Plus de 4000 entre les bouts Mesure depuis l'arc, porte par porte Geder, l'arc corde : on mesure de là Moins de 4000 entre les bouts Hamtan est au-delà de la corde Rachi : Hamtan est l'arc. Geder mesure depuis son mur. Hamtan n'atteint pas Geder. Rabbenou Tam : Geder est l'arc. On mesure depuis la corde. Hamtan n'atteint pas le milieu.
Rachi : Hamtan est l'arc. Rabbenou Tam : Geder est l'arc, et l'on mesure depuis la corde.
18
רַב דִּימִי בַּר חִינָּנָא אָמַר: אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה וְאַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה הֲוַאי.

Rav Dimi bar Hinana a dit : c'étaient les gens d'une grande ville et les gens d'une petite ville.

💡 Explication

Seconde lecture, dans la ligne du début de la page. Geder est la grande ville, Hamtan la petite. Les gens de Geder parcourent toute Hamtan. Ceux de Hamtan s'arrêtent là où leurs deux mille s'achèvent dans Geder.

19
רַב כָּהֲנָא מַתְנֵי הָכִי. רַב טָבְיוֹמֵי מַתְנֵי הָכִי: רַב סָפְרָא וְרַב דִּימִי בַּר חִינָּנָא, חַד אָמַר: עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת הֲוַאי, וְחַד אָמַר: אַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה וְאַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה הֲוַאי.

Rav Kahana l'enseigne ainsi. Rav Tavyomi l'enseigne ainsi : Rav Safra et Rav Dimi bar Hinana, l'un a dit que c'était une ville faite en arc, et l'un a dit que c'étaient les gens d'une petite ville et les gens d'une grande ville.

📜 Rachi (1)
רַב כָּהֲנָא מַתְנֵי הָכִי מְפָרֵשׁ בְּהֶדְיָא מַר אָמַר הָא וּמַר אָמַר הָא:
Il explique explicitement : tel maître a dit ceci, et tel maître a dit cela.
💡 Explication

Deux façons de rapporter le débat. Rav Kahana attribue chaque avis à son auteur. Rav Tavyomi dit seulement qu'ils divergent, sans dire qui tient l'arc et qui tient la grande ville.

20
מַתְנִי׳ אַנְשֵׁי עִיר גְּדוֹלָה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה, וְאַנְשֵׁי עִיר קְטַנָּה מְהַלְּכִין אֶת כָּל עִיר גְּדוֹלָה. כֵּיצַד? מִי שֶׁהָיָה בְּעִיר גְּדוֹלָה וְנָתַן אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר קְטַנָּה, בְּעִיר קְטַנָּה וְנָתַן אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר גְּדוֹלָה — מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ, וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה.

Michna. Les gens d'une grande ville parcourent toute une petite ville, et les gens d'une petite ville parcourent toute une grande ville.

Comment ? Celui qui était dans une grande ville et a placé son eruv dans une petite ville, ou qui était dans une petite ville et a placé son eruv dans une grande ville, parcourt toute cette ville, et en dehors d'elle deux mille coudées.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' אֶת כָּל עִיר קְטַנָּה לְבַד מִדַּת תְּחוּמִין:
Outre la mesure des tehoumin.
💡 Explication

Texte de la michna discutée plus haut, dans la leçon positive. Le 'comment' vise celui qui place son eruv dans l'autre ville. Cette ville vaut quatre coudées : il la traverse toute, puis ajoute deux mille. Rachi : ces deux mille s'ajoutent à la traversée de la ville.

🖼️ Schéma
Eruv dans l'autre ville, et la grotte Michna : Sages, Rabbi Akiva, celui qui mesure Sages Eruv dans la ville Toute la ville = 4 coudées Puis 2000 au-delà Rabbi Akiva Depuis le lieu de l'eruv 2000 seulement La ville entre dans le compte Grotte Sans habitants : 2000 depuis l'eruv Avec habitants : toute la grotte + 2000 Celui qui mesure s'arrête à ses 2000, même au milieu d'une grotte habitée.
Sages : toute la ville plus deux mille. Rabbi Akiva : deux mille depuis l'eruv. La grotte dépend des habitants.
21
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין לוֹ אֶלָּא מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה. אָמַר לָהֶן רַבִּי עֲקִיבָא: אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי בְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ בִּמְעָרָה, שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה?

Rabbi Akiva dit : il n'a que deux mille coudées depuis le lieu de son eruv. Rabbi Akiva leur a dit : ne m'accordez-vous pas que celui qui place son eruv dans une grotte n'a que deux mille coudées depuis le lieu de son eruv ?

💡 Explication

Pour Rabbi Akiva, on part du point où l'eruv est posé, et la surface de la ville entre dans les deux mille. Sa preuve : la grotte. Les Sages, dit-il, n'en font pas quatre coudées.

22
אָמְרוּ לוֹ: אֵימָתַי — בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין, אֲבָל יֵשׁ בָּהּ דָּיוֹרִין — מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. נִמְצָא, קַל תּוֹכָהּ מֵעַל גַּבָּהּ.

Ils lui ont dit : quand cela ? Lorsqu'il n'y a pas d'habitants en elle.

Mais s'il y a des habitants en elle, il parcourt toute la grotte, et en dehors d'elle deux mille coudées. Il se trouve que son intérieur est plus indulgent que son dessus.

📜 Rachi (2)
נִמְצָא קַל תּוֹכָהּ מִשּׁוּם דִּיּוּרִין:
À cause des habitants.
מֵעַל גַּבָּהּ שֶׁאֵין שָׁם דִּיּוּרִין וְאִילּוּ נְתָנוֹ עַל גַּבָּהּ לֹא הָיוּ לוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ:
Là où il n'y a pas d'habitants. S'il l'avait placé sur le dessus, il n'aurait eu que deux mille depuis le lieu de son eruv.
💡 Explication

Les Sages limitent l'aveu de Rabbi Akiva à la grotte sans habitants. Avec des habitants, la grotte vaut une ville : on la parcourt toute, plus deux mille. Kal (indulgent) : déposer l'eruv à l'intérieur, là où l'on habite, donne plus que le déposer sur le dessus, là où personne n'habite.

23
וְלַמּוֹדֵד שֶׁאָמְרוּ נוֹתְנִין אַלְפַּיִם אַמָּה — שֶׁאֲפִילּוּ סוֹף מִדָּתוֹ כָּלֶה בִּמְעָרָה.

Et celui qui mesure, dont ils ont dit qu'on donne deux mille coudées : même si la fin de sa mesure s'achève dans une grotte.

📜 Rachi (1)
וְלַמּוֹדֵד שֶׁאָמְרוּ כו' ואע"פ שֶׁחֲלוּקִין חֲכָמִים עַל רַבִּי עֲקִיבָא בְּנוֹתֵן עֵירוּבוֹ בְּעִיר לוֹמַר שֶׁכָּל הָעִיר לוֹ כְּאַרְבַּע אַמּוֹת מוֹדִין הֵן בְּבָא מֵעִיר אַחֶרֶת אוֹ מִמְּקוֹם שְׁבִיתָתוֹ וְכָלְתָה מִדָּתוֹ שֶׁל אַלְפַּיִם פְּסִיעוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת אַפֵּי' בִּמְעָרָה [שֶׁיֵּשׁ בָּהּ] דִּיּוּרִין שֶׁאֵינוֹ נִכְנָס לְהַלָּן מִמִּדָּתוֹ כְּלוּם:
Bien que les Sages soient en désaccord avec Rabbi Akiva au sujet de celui qui place son eruv dans une ville, pour dire que toute la ville est pour lui comme quatre coudées, ils conviennent de ceci : celui qui vient d'une autre ville, ou du lieu de sa chevita, et dont la mesure de deux mille pas moyens s'est achevée même dans une grotte où il y a des habitants, n'entre en rien au-delà de sa mesure.
💡 Explication

Dernière clause. Le désaccord des Sages et de Rabbi Akiva porte sur celui qui a fait de la ville sa résidence par l'eruv. Celui qui mesure en arrivant du dehors n'a que ses deux mille, même si elles s'achèvent au milieu d'une grotte habitée. C'est le texte cité plus haut contre Rabbi Idi.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).