Eruvin 61b — Ville en ruine, et la cour partagée avec le non-Juif

Eruvin 61b

Sougya : Chmouel distingue, dans une ville en ruine dont les murs tiennent : celui qui y a passé Chabbat parcourt toute la ville plus deux mille coudées ; celui qui y a seulement déposé son eruv n'a que deux mille depuis l'eruv. Rabbi Elazar donne les deux mille au-delà de la ville dans les deux cas.

La Guemara oppose la michna de la grotte, puis une beraita sur Antioche et la grotte de Tsidkiyahou, et elle retourne la comparaison pour maintenir Rabbi Elazar. Mar Yehouda fait enfoncer l'eruv dans une synagogue ; Rava rappelle que l'on ne suit pas Rabbi Akiva en matière d'eruv.

Le chapitre s'achève. La michna suivante : habiter avec un non-Juif, ou avec qui ne reconnaît pas l'eruv, interdit le transport.

Rabbi Eliezer ben Yaakov n'interdit que s'il y a déjà deux Israélites. Rabban Gamliel raconte le Tsédouki de la ruelle, à Jérusalem.

Ville en ruine : présence, ou dépôt de l'eruv Rav Yehouda au nom de Chmouel, et Rabbi Elazar Chmouel, selon les Sages Il a passé Chabbat dans la ville en ruine Toute la ville, puis 2000 Il a déposé l'eruv 2000 depuis l'eruv seulement Rabbi Elazar Passé Chabbat, ou déposé Même règle Toute la ville puis 2000 au-delà Murs encore debout Ville en ruine : sans habitants, cloisons encore autour d'elle.
Chmouel sépare la présence et le dépôt. Rabbi Elazar les réunit, tant que les murs tiennent.
La beraita d'Antioche et de la grotte Deux façons de lire la comparaison Première lecture Ville à l'image de la grotte Grotte en ruine donc ville en ruine Passé Chabbat : oui Déposé l'eruv : non Lecture retenue Grotte à l'image de la ville Ville habitée donc grotte habitée Avis de Rabbi Akiva Pour la présence, il convient Comme la grotte de Tsidkiyahou : par la grandeur. Ici, la grotte est habitée.
La beraita se lit d'abord comme un appui à Chmouel, puis comme l'avis de Rabbi Akiva sur une grotte habitée.
Qui interdit le transport dans la cour Michna du chapitre suivant Premier tana Non-Juif dans la cour ou qui nie l'eruv Il interdit le transport jusqu'à location du droit dans la cour Rabbi Eliezer ben Yaakov Il n'interdit pas tant qu'il n'y a pas deux Israélites qui s'interdisent déjà l'un à l'autre Rabban Gamliel Tsédouki dans la ruelle Il annule son droit sans location Sortir les ustensiles avant qu'il ne sorte
Nouvelle michna : le non-Juif interdit le transport. Rabbi Eliezer ben Yaakov exige deux Israélites. Le Tsédouki annule son droit.
1
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שַׁבָּת בְּעִיר חֲרֵיבָה, לְרַבָּנַן מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. הִנִּיחַ אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר חֲרֵיבָה — אֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אֶחָד שָׁבַת וְאֶחָד הִנִּיחַ — מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה.

Guemara. Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : s'il a passé Chabbat dans une ville en ruine, selon les Sages il parcourt toute la ville et, en dehors d'elle, deux mille coudées.

S'il a déposé son eruv dans une ville en ruine, il n'a depuis le lieu de son eruv que deux mille coudées. Rabbi Elazar dit : qu'il ait passé Chabbat ou qu'il ait déposé, il parcourt toute la ville et, en dehors d'elle, deux mille coudées.

📜 Rachi (3)
גְּמ' בְּעִיר חֲרֵיבָה מִדִּיּוּרֶיהָ אֲבָל מְחִיצוֹתֶיהָ קַיָּימוֹת סָבִיב לָהּ:
De ses habitants. Ses cloisons, elles, tiennent encore autour d'elle.
לְרַבָּנַן מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ דְּהָא שָׁבַת בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת וְהוּא הַדִּין לר"ע וְהָא דִּנְקַט רַבָּנָן מִשּׁוּם הַמַּנִּיחַ עֵירוּבוֹ דְּבָעֵי לְמִיתְנֵי חִילּוּק בֵּין חֲרֵיבָה לִישִׁיבָה ולר"ע אַפֵּי' בִּישִׁיבָה אֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם:
Car il a passé Chabbat dans l'espace des cloisons. Il en va de même selon Rabbi Akiva. S'il a cité les Sages, c'est à cause de celui qui dépose son eruv : il veut enseigner une distinction entre la ville en ruine et la ville habitée. Selon Rabbi Akiva, même dans une ville habitée, il n'a depuis le lieu de son eruv que deux mille.
הִנִּיחַ עֵירוּבוֹ בְּעִיר חֲרֵיבָה כו' דְּכִי אֲמוּר רַבָּנָן כָּל הָעִיר לוֹ כְּד' אַמּוֹת בִּמְיֻושֶּׁבֶת כְּדִתְנַן בְּהֶדְיָא אֵימָתַי בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין אַלְמָא בַּחֲרֵיבָה מוֹדוֹ:
Car lorsque les Sages disent que toute la ville lui vaut quatre coudées, c'est dans une ville habitée, comme la michna l'enseigne en clair : quand cela ? Lorsqu'il n'y a pas d'habitants en elle. On en déduit que, dans la ville en ruine, ils en conviennent.
💡 Explication

Ville en ruine (ir hareva) : plus d'habitants, et les cloisons tiennent. Passer Chabbat sur place, c'est fixer sa chevita dans l'espace des murs : toute la ville vaut quatre coudées, puis l'on compte deux mille. Déposer l'eruv sans y être : Chmouel, au nom des Sages, ne donne que deux mille depuis le point de dépôt. Rabbi Elazar ne distingue pas les deux cas.

Rachi : pour la présence, Rabbi Akiva lui-même accorde toute la ville. Chmouel cite les Sages à cause du dépôt, où eux et Rabbi Akiva se séparent dès que la ville est habitée.

2
מֵיתִיבִי, אָמַר לָהֶן רַבִּי עֲקִיבָא: אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי בְּנוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בִּמְעָרָה, שֶׁאֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה? אָמְרוּ לוֹ: אֵימָתַי, בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין. הָא בְּאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין מוֹדוּ לֵיהּ?!

On objecte : Rabbi Akiva leur a dit : ne m'accordez-vous pas que celui qui dépose son eruv dans une grotte n'a depuis le lieu de son eruv que deux mille coudées ? Ils lui ont dit : quand cela ?

Lorsqu'il n'y a pas d'habitants en elle. Donc, lorsqu'il n'y a pas d'habitants en elle, ils en conviennent avec lui ?!

📜 Rachi (1)
ה"ג הָא בְּאֵין בָּהּ דָּיוֹרִין מוֹדִין לֵיהּ:
Voici la leçon : donc, lorsqu'il n'y a pas d'habitants en elle, ils en conviennent avec lui.
💡 Explication

L'objection vise Rabbi Elazar. Dans la michna, les Sages limitent leur accord avec Rabbi Akiva au cas sans habitants : alors, seulement deux mille depuis l'eruv. Une ville en ruine serait ce cas. Rachi fixe la leçon : hachi garsinan, ils en conviennent lorsqu'il n'y a pas d'habitants.

3
מַאי ״אֵין בָּהּ דִּיּוּרִין״ — אֵינָהּ רְאוּיָה לְדִירָה.

Que signifie : il n'y a pas d'habitants en elle ? Elle n'est pas propre à l'habitation.

📜 Rachi (1)
אֵינָהּ רְאוּיָה לְדִירָה שֶׁנָּפְלוּ מְחִיצוֹתֶיהָ:
Ses cloisons sont tombées.
💡 Explication

La réponse resserre les mots de la michna. Sans habitants veut dire : le lieu ne peut pas servir de demeure, parce que les cloisons sont tombées. Une ville vide dont les murs tiennent reste propre à l'habitation : le débat de Chmouel et de Rabbi Elazar la concerne encore.

🖼️ Schéma
Sans habitants : murs tombés, ou ville vide Réponse de la Guemara Cloisons tombées Lieu impropre à l'habitation C'est le cas sans habitants de la michna 2000 depuis l'eruv Cloisons debout Même sans habitants Ville en ruine de Chmouel L'espace des cloisons compte selon le débat ci-dessus
Sans habitants, dans la michna : les cloisons sont tombées.
4
תָּא שְׁמַע: שַׁבָּת בָּעִיר, אֲפִילּוּ הִיא גְּדוֹלָה כְּאַנְטִיּוֹכְיָא, בִּמְעָרָה, אֲפִילּוּ הִיא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה — מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. קָתָנֵי עִיר דֻּומְיָא דִמְעָרָה, מַה מְעָרָה חֲרֵיבָה, אַף עִיר חֲרֵיבָה. וְשַׁבָּת אִין, אֲבָל הִנִּיחַ לֹא.

Viens et entends. S'il a passé Chabbat dans une ville, même grande comme Antioche, dans une grotte, même comme la grotte de Tsidkiyahou roi de Yehouda, il parcourt toute la ville et, en dehors d'elle, deux mille coudées.

On enseigne la ville à l'image de la grotte : de même que la grotte est en ruine, de même la ville est en ruine. Et s'il a passé Chabbat, oui ; mais s'il a déposé, non.

📜 Rachi (2)
מְעָרַת צִדְקִיָּהוּ גְּדוֹלָה הָיְתָה וְהִיא שֶׁיָּצָא בָּהּ צִדְקִיָּהוּ לַיְלָה מִירוּשָׁלַיִם לִבְרֹוחַ מִפְּנֵי הַכַּשְׂדִּים כְּדִכְתִיב בְּיִרְמְיָה (נב) וַתִּבָּקַע הָעִיר וְגוֹ':
Elle était grande. C'est par elle que Tsidkiyahou est sorti de nuit de Jérusalem, pour fuir devant les Kasdim, comme il est écrit dans Yirmeya (52) : la ville fut ouverte, etc.
אַף עִיר חֲרֵיבָה וְעַל כָּרְחֲךָ חֲרֵיבָה מִדִּיּוּרִין וְלֹא מֵחוֹמָה דְּאִי מֵחוֹמָה לָא הָוֵי תָּנֵי מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ כֵּיוָן דְּלֹא שָׁבַת בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת (וה"ה ר' עֲקִיבָא) ואע"ג דְּיֵשׁ חוֹמָה קָתָנֵי שַׁבָּת וְלָא קָתָנֵי הִנִּיחַ:
Nécessairement en ruine de ses habitants, et non de son mur. Car si c'était en ruine de son mur, on n'aurait pas enseigné qu'il parcourt toute la ville, puisqu'il n'a pas passé Chabbat dans l'espace des cloisons. Il en va de même selon Rabbi Akiva. Et bien qu'il y ait un mur, on enseigne le cas de celui qui a passé Chabbat, et l'on n'enseigne pas le cas de celui qui a déposé.
💡 Explication

Beraita. Antioche donne la grandeur de la ville, la grotte de Tsidkiyahou celle de la grotte : c'est par elle qu'il est sorti de Jérusalem, de nuit, devant les Kasdim (Yirmeya 52). La Guemara aligne la ville sur la grotte : les deux sont en ruine, en ruine d'habitants, murs debout. La beraita ne dit que passer Chabbat. Le dépôt n'y est pas. Cela revient à l'avis de Chmouel.

5
מַנִּי, אִילֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, מַאי אִירְיָא חֲרֵיבָה? אֲפִילּוּ יְשִׁיבָה נָמֵי! אֶלָּא לָאו רַבָּנָן, וְטַעֲמָא דְּשַׁבָּת אִין, אֲבָל הִנִּיחַ — לָא!

Selon qui ? Si tu dis : selon Rabbi Akiva, pourquoi précisément une ville en ruine ?

Même une ville habitée aussi ! Alors, n'est-ce pas selon les Sages ?

Et la raison est : s'il a passé Chabbat, oui ; mais s'il a déposé, non !

📜 Rachi (4)
מַנִּי הָא דְּלָא תָּנֵי הִנִּיחַ:
La question porte sur ceci : on n'enseigne pas le cas de celui qui dépose.
אִי נֵימָא ר"ע דְּלֵית לֵיהּ בְּהִנִּיחַ מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ אַמַּאי תָּנֵי עִיר דֻּומְיָא דִּמְעָרָה לְמֵימַר דְּבַחֲרֵיבָה קָאֵי:
Selon lui, celui qui dépose ne parcourt pas toute la ville. Pourquoi enseigne-t-on alors la ville à l'image de la grotte, pour dire que l'on vise une ville en ruine ?
אַפֵּי' יְשִׁיבָה נָמֵי הִנִּיחַ לר"ע לֹא וְהָא לֵיכָּא לְמֵימַר דְּהָא דִּנְקַט חֲרֵיבָה מִשּׁוּם שַׁבָּת נְקַט לְמֵימַר אע"ג דְּהִיא חֲרֵיבָה הֵיכָא דְּשַׁבָּת מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ הָא מַאי אִירְיָא עִיר אֲפִילּוּ תֵּל וְנֶקַע וְקָמָה קְצוּרָה וְשִׁיבֳּולִין מַקִּיפוֹת אוֹתָהּ אֲמָרָן בְּפִרְקִין קַמָּא (דַּף טו.) מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ:
Celui qui dépose, selon Rabbi Akiva, non. Et l'on ne peut pas dire qu'il a pris la ville en ruine à cause de celui qui passe Chabbat, pour enseigner que, bien qu'elle soit en ruine, là où il a passé Chabbat il parcourt toute la ville. Car pourquoi précisément une ville ? Même un tertre (tel), une crevasse (neka), une moisson coupée et des épis qui l'entourent : nous avons dit dans notre premier chapitre (15a) qu'il parcourt le tout.
אֶלָּא לָאו רַבָּנַן וּשְׁמַע מִינַּהּ בַּחֲרֵיבָה מוֹדוֹ דְּהָא עַל כָּרְחָךְ הָא דִּנְקַט חֲרֵיבָה מִשּׁוּם שִׁיּוּרָא דְּשִׁייֵּר וְלָא תַּנָּא הִנִּיחַ נְקַט לָהּ:
Et l'on en déduit que, dans la ville en ruine, ils en conviennent. Car nécessairement, s'il a pris le cas de la ville en ruine, c'est à cause de l'omission (chiyoura) : il a laissé de côté, et n'a pas enseigné, le cas de celui qui dépose. C'est pour cela qu'il l'a pris.
💡 Explication

Si la beraita était de Rabbi Akiva, le mot en ruine serait de trop : même dans une ville habitée, celui qui dépose n'a que deux mille depuis l'eruv. Rachi écarte une autre lecture : la ruine n'est pas là pour enseigner la seule présence, car un tertre, une crevasse, une moisson coupée entourée d'épis suffisent déjà, au premier chapitre (15a). Reste l'avis des Sages : ils n'accordent toute la ville en ruine qu'à celui qui y a passé Chabbat.

6
לָא תֵּימָא עִיר דֻּומְיָא דִמְעָרָה, אֶלָּא אֵימָא מְעָרָה דֻּומְיָא דְעִיר. מָה עִיר יְשִׁיבָה, אַף מְעָרָה יְשִׁיבָה. וְרַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: אֵין לוֹ מִמְּקוֹם עֵירוּבוֹ אֶלָּא אַלְפַּיִם אַמָּה, וּבְשַׁבָּת מוֹדֵי.

Ne dis pas : la ville à l'image de la grotte. Dis plutôt : la grotte à l'image de la ville.

De même que la ville est habitée, de même la grotte est habitée. Et c'est selon Rabbi Akiva, qui a dit : il n'a depuis le lieu de son eruv que deux mille coudées, et pour celui qui passe Chabbat, il en convient.

📜 Rachi (1)
אַף מְעָרָה יְשִׁיבָה וּלְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאַפֵּ"ה שַׁבָּת אִין הִנִּיחַ לָא כר"ע:
Pour nous apprendre que, malgré cela, s'il a passé Chabbat, oui, et s'il a déposé, non, selon Rabbi Akiva.
💡 Explication

La Guemara inverse la comparaison. La ville de la beraita est une ville habitée, et la grotte l'est aussi. Alors le texte est de Rabbi Akiva : le dépôt ne donne que deux mille depuis l'eruv, et la présence donne toute la grotte plus deux mille, même si des gens y habitent. L'appui à Chmouel tombe.

7
וְהָא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ קָתָנֵי! כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ, וְלֹא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ. כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ — גְּדוֹלָה. וְלֹא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ — דְּאִילּוּ הָתָם חֲרֵיבָה, וְהָכָא יְשִׁיבָה.

Mais on enseigne : comme la grotte de Tsidkiyahou ! Comme la grotte de Tsidkiyahou, et non comme la grotte de Tsidkiyahou.

Comme la grotte de Tsidkiyahou : elle est grande. Et non comme la grotte de Tsidkiyahou : là-bas, elle est en ruine, et ici, elle est habitée.

📜 Rachi (1)
וְהָא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ קָתָנֵי וְאֵין שָׁם דִּיּוּרִין [דָּרִין] דְּהָא שֶׁל מֶלֶךְ הָיְתָה א"נ הַשְׁתָּא לֵית בָּהּ דִּיּוּרִין:
Et il n'y a pas là d'habitants, car elle appartenait au roi. Autre explication : maintenant, il n'y a pas d'habitants en elle.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' ת"ר שָׁבַת בְּעִיר אֲפִילּוּ הִיא גְּדוֹלָה כְּאַנְטוֹכְיָא שַׁבָּת בִּמְעָרָה אֲפִילּוּ הִיא כִּמְעָרַת צִדְקִיָּהוּ מְהַלֵּךְ אֶת כֻּולָּהּ וְחוּצָה לָהּ אַלְפַּיִם אַמָּה. רַב אִלְפָּס זַ"ל לֹא הֵבִיא פְּלֻוגְתָּא דִּשְׁמוּאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּנוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בְּעִיר חֲרֵיבָה מִשּׁוּם דְּסָבַר דַּהֲלָכָה כְּר' אֶלְעָזָר דְּמֵיקֵל וְאֵין חִילּוּק בֵּין שׁוֹבֵת לְנוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ אע"ג דִּגְמָרָא מַיְיתֵי סִייַּעְתָּא לִשְׁמוּאֵל הָא דָּחֵי לָהּ רַבִּי אֶלְעָזָר:
Guemara. Les Sages ont enseigné : s'il a passé Chabbat dans une ville, même grande comme Antioche ; s'il a passé Chabbat dans une grotte, même comme la grotte de Tsidkiyahou : il parcourt toute la ville, et en dehors d'elle deux mille coudées. Rav Alfas, de mémoire bénie, n'a pas rapporté le désaccord de Chmouel et de Rabbi Elazar au sujet de celui qui dépose son eruv dans une ville en ruine. Il tient que la halakha suit Rabbi Elazar, qui est indulgent, et qu'il n'y a pas de distinction entre celui qui fixe sa chevita (résidence de Chabbat) et celui qui dépose son eruv. Bien que la Guemara apporte un appui à Chmouel, Rabbi Elazar le repousse.
💡 Explication

La grotte de Tsidkiyahou n'était pas habitée : grotte du roi, ou grotte vide aujourd'hui. La beraita n'en retient que la grandeur. L'habitation, elle, est celle du cas enseigné. Le Roch : Rav Alfas ne rapporte pas le débat de Chmouel et de Rabbi Elazar, parce que la halakha suit Rabbi Elazar, qui est indulgent. Présence et dépôt donnent l'un et l'autre toute la ville, puis deux mille.

🖼️ Schéma
Comme la grotte, et pas comme elle Grandeur d'un côté, habitation de l'autre Comme Tsidkiyahou La grotte est grande comme la sienne On parcourt tout puis 2000 au-delà Pas comme Tsidkiyahou La sienne était en ruine grotte du roi Ici la grotte est habitée
La comparaison avec Tsidkiyahou porte sur la taille. L'habitation, elle, est celle d'ici.
8
מָר יְהוּדָה אַשְׁכְּחִינְהוּ לִבְנֵי מְבָרַכְתָּא דְּקָא מוֹתְבִי עֵירוּבַיְיהוּ בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּבֵי אַגּוֹבָר, אֲמַר לְהוּ: גֵּווֹ בֵּיהּ טְפֵי, כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתְּרֵי לְכוּ טְפֵי.

Mar Yehouda trouva les gens de Mavrakhta qui déposaient leurs eruvin dans la synagogue de Beit Agovar. Il leur dit : enfoncez-le davantage, afin qu'il vous soit permis davantage.

📜 Rachi (3)
בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּבֵי אַגּוֹבָר בֵּית הַכְּנֶסֶת גָּדוֹל הָיָה וְכֻולּוֹ מֻובְלָע בְּאַלְפַּיִם שֶׁל תְּחוּם מַבְרַכְתָּא וְהֵם לֹא הָיוּ חוֹשְׁשִׁין לְהוֹלִיךְ הָעֵירוּב עַד סוֹפוֹ וּלְהַנִּיחוֹ שָׁם דִּסְבִירָא לְהוּ כְּרַבָּנָן דְּכֵיוָן מֻונָּח בַּאֲוִיר מְחִיצּוֹת מְהַלְּכִין אֶת כֻּולּוֹ וְחוּצָה לוֹ אַלְפַּיִם:
C'était une grande synagogue, et elle était tout entière comprise dans les deux mille du tehum de Mavrakhta. Eux ne se souciaient pas d'amener l'eruv jusqu'au bout pour l'y déposer. Ils tiennent comme les Sages : dès qu'il est posé dans l'espace des cloisons, on parcourt tout cet espace, et en dehors deux mille.
גֵּווֹ בֵּיהּ טְפֵי הֶעֱמִיקוּ עוֹד לְהַעֲמִיד הָעֵירוּב עַד סוֹפוֹ וּלְהַנִּיחוֹ שָׁם:
Enfoncez encore, pour placer l'eruv jusqu'au bout et l'y déposer.
כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתְּרוֹ לְכוּ טְפֵי דְּהָא מִמְּקוֹם הָעֵירוּב בְּעֵיתוּ לִמְדֹּוד:
Car c'est depuis le lieu de l'eruv que vous devez mesurer.
💡 Explication

La synagogue est grande, et tout entière à l'intérieur des deux mille de Mavrakhta. Eux posent l'eruv sans aller au fond : selon les Sages, dès qu'il est dans les cloisons, on parcourt toute la salle, puis deux mille. Mar Yehouda leur dit d'aller jusqu'au bout, parce qu'il mesure depuis le lieu de l'eruv. C'est la mesure de Rabbi Akiva, même dans un lieu habité.

🖼️ Schéma
Où poser l'eruv dans la synagogue Mar Yehouda suit la mesure depuis le lieu de l'eruv Mavrakhta Les 2000 englobent toute la synagogue de Beit Agovar > Eux déposent dès l'entrée Avis des Sages : toute la salle compte > Mar Yehouda Enfoncez jusqu'au bout Mesurez de là
Enfoncer l'eruv jusqu'au bout de la synagogue, pour mesurer depuis là.
9
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: פָּלְגָאָה, בְּעֵירוּבִין לֵית דְּחַשׁ לְהָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא.

Rava lui a dit : disputeur (palgaa). En matière d'eruvin, personne ne tient compte de cet avis de Rabbi Akiva.

📜 Rachi (2)
פָּלְגָאָה חוֹלֵק עַל חֲכָמִים אַתָּה:
Tu es en désaccord avec les Sages.
בְּעֵירוּבִין לֵית דְּחַשׁ לְהָא דְּר' עֲקִיבָא דקי"ל הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב:
Car nous tenons pour établi : la halakha suit les paroles de celui qui est indulgent en matière d'eruv.
🗂️ Tossefot (1)
לֵית דְּחָשׁ לְהָא דְּר' עֲקִיבָא דְּקַייְמָא לָן כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּעֵירוּב כִּדְפֵי' בַּקְּוַנְט' וּתְחוּמִין דְּרַבָּנָן כִּדְפֵי' בְּפָ' מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (לְעֵיל עֵירוּבִין דַּף מו.):
Car nous tenons comme les paroles de celui qui est indulgent en matière d'eruv, comme il l'a expliqué dans le commentaire. Et les tehoumin sont d'ordre rabbinique, comme il l'a expliqué au chapitre Celui qu'on a fait sortir (plus haut, Erouvin 46a).
💡 Explication

Palgaa : tu te sépares des Sages. Règle reçue : en matière d'eruv, la halakha suit l'avis indulgent. Tossefot ajoute : les tehoumin eux-mêmes sont d'ordre rabbinique (Erouvin 46a). Dès lors, dans une ville close, on ne mesure pas depuis le point précis de l'eruv.

10
הַדְרָן עֲלָךְ כֵּיצַד מְעַבְּרִין

Nous reviendrons à toi, Comment on prolonge (keitzad me'abrin).

💡 Explication

Formule de clôture du chapitre. Keitzad me'abrin : comment on prolonge les limites de la ville. La michna qui suit ouvre le chapitre de celui qui habite avec le non-Juif.

11
מַתְנִי׳ הַדָּר עִם הַנָּכְרִי בֶּחָצֵר, אוֹ עִם מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָעֵירוּב — הֲרֵי זֶה אוֹסֵר עָלָיו.

Michna. Celui qui habite avec le non-Juif dans une cour, ou avec celui qui ne reconnaît pas l'eruv : celui-ci le lui interdit.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' הֲדַר עִם הָעַכּוּ"ם אוֹ עִם מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָעֵירוּב כּוּתִי כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לא:):
Un Kouti, comme il est dit au chapitre Avec tout on fait un eruv (Erouvin 31b).
אוֹסֵר עָלָיו לְטַלְטֵל מִבֵּיתוֹ לֶחָצֵר עַד שֶׁיִּשְׂכֹּור הֵימֶנּוּ רְשׁוּת שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֶּחָצֵר:
De transporter de sa maison vers la cour, jusqu'à ce qu'il lui loue le droit (reshout) qu'il a dans la cour.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' הֲדַר. ר' אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר עַד שֶׁיְּהוּ ב' יִשְׂרְאֵלִים אוֹסְרִים כו' מַשְׁמַע דְּאַתַּרְוַייְהוּ קָאֵי ר"א בֶּן יַעֲקֹב אַעַכּוּ"ם וְאַכּוּתִי וּבַגְּמָ' מְפָרֵשׁ דְּטַעֲמָא דראב"י דְּכֵיוָן דְּעַכּוּ"ם חָשׁוּד אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים בִּתְרֵי דִּשְׁכִיחִי דְּדָייְרִי גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן שֶׁמָּא יִלְמֹד מִמַּעֲשָׂיו כּוּ' וְא"ת וַהֲרֵי כּוּתִים דְּלָא חֲשִׁידִי אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים וְלֹא אַרְבִיעָה כִּדְמוֹכַח פ"ק דְּמַס' ע"ג (דַּף טו:) שֶׁמַּעֲמִידִין בְּהֵמָה בְּפֻונְדְּקָאוֹת שֶׁל כּוּתִים וּמִתְיַחֲדִין עִמָּהֶם א"כ שְׁכִיחִי דְּדָייְרִי וְנִגְזוֹר בְּחַד וְאֵין לוֹמַר דְּר"א בֶּן יַעֲקֹב סָבַר דְּכוּתִים גֵּרֵי אֲרָיוֹת הֵן וַחֲשִׁידִי דְּהָא אֲפִילּוּ לָמֶ"ד גֵּרֵי אֲרָיוֹת הֵן לָא חֲשִׁידִי מִדְּפָרִיךְ הָתָם בע"ז עֲלָהּ מִבָּרַיְיתָא דְּאָסְרוּ לִמְכֹּור בְּהֵמָה דַּקָּה לַכּוּתִים וְרוֹצֶה לְהוֹכִיחַ מִתּוֹךְ כָּךְ דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּאָתֵי לְזַבּוֹנֵי לְעַכּוּ"ם וְלֹא מִשּׁוּם דַּחֲשִׁידִי וְאַמַּאי דִּלְמָא בְּכוּתִים גֵּרֵי אֲרָיוֹת אוֹ גֵּרֵי אֱמֶת הֵן פְּלִיגִי וְאוֹמֵר ר"י דְּעִיקַּר תַּקָּנָה מִשּׁוּם עַכּוּ"ם אִיתָּקֵן שֶׁמָּא יְלַמֵּד מִמַּעֲשָׂיו וְלֹא מִשּׁוּם צָדוֹקִי וְכוּתִי וְאַגַּב שֶׁאָסְרוּ בְּעַכּוּ"ם אָסְרוּ נָמֵי בְּכוּתִי וְכֵיוָן שֶׁלֹּא נֶאֱסַר אֶלָּא ע"י עַכּוּ"ם לֹא הֶחְמִיר בָּהֶן יוֹתֵר מִן הָעַכּוּ"ם:
Il ressort que Rabbi Eliezer ben Yaakov vise les deux cas, l'idolâtre et le Kouti. Et la Guemara explique la raison de Rabbi Eliezer ben Yaakov : puisque l'idolâtre est suspect d'effusion de sang, c'est lorsqu'ils sont deux, cas où il est fréquent qu'ils habitent ensemble, que les Sages ont décrété à leur sujet, de peur qu'il apprenne de ses actes, etc. Et si l'on objecte : or les Koutim ne sont suspects ni d'effusion de sang, ni de rapport avec une bête (revi'a), comme le montre le premier chapitre du traité Avoda Zara (15b) : on place une bête dans les auberges des Koutim, et l'on s'isole avec eux. Dès lors il est fréquent qu'ils habitent ensemble, et l'on devrait décréter même pour un seul. Et l'on ne peut pas dire que Rabbi Eliezer ben Yaakov tient que les Koutim sont des convertis par crainte des lions (guerei arayot) et qu'ils sont suspects. Car même selon celui qui dit qu'ils sont des convertis par crainte des lions, ils ne sont pas suspects. La preuve : là-bas, dans Avoda Zara, on objecte à partir de la beraita qui a interdit de vendre du petit bétail aux Koutim, et l'on veut en prouver que la raison est qu'il en viendrait à le vendre à un idolâtre, et non parce qu'ils sont suspects. Et pourquoi cette preuve tiendrait-elle ? Peut-être divergent-ils sur ceci : les Koutim sont-ils des convertis par crainte des lions, ou des convertis sincères (guerei emet) ? Et Rabbenou Yitshak dit : le décret principal a été institué à cause de l'idolâtre, de peur qu'on apprenne de ses actes, et non à cause du Tsédouki ni du Kouti. Et du fait qu'on a interdit pour l'idolâtre, on a aussi interdit pour le Kouti. Et puisque l'interdiction n'est venue que par l'idolâtre, on n'a pas été plus sévère pour eux que pour l'idolâtre.
⚖️ Rosh (1)
הַדָּר עִם הַנָּכְרִי בֶּחָצֵר תּוּ עִם מִי שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָּעֵירוּב הֲרֵי זֶה אוֹסֵר עָלָיו רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר לְעוֹלָם אֵין אוֹסֵר עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנֵי יִשְׂרְאֵלִים אוֹסְרִים זֶה עַל זֶה:
Celui qui habite avec le non-Juif dans une cour, et avec celui qui ne reconnaît pas l'eruv : celui-ci le lui interdit. Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : en fait, il n'interdit pas, jusqu'à ce qu'il y ait deux Israélites qui s'interdisent l'un à l'autre.
💡 Explication

Nouveau chapitre. Interdit : le transport (tiltoul) de sa maison vers la cour, tant qu'il n'a pas loué le droit que l'autre a dans la cour. Rachi : celui qui ne reconnaît pas l'eruv est un Kouti. Tossefot : Rabbi Eliezer ben Yaakov parle et de l'idolâtre et du Kouti. Le décret vise d'abord l'idolâtre, suspect d'effusion de sang, et le cas de deux Israélites, parce que c'est alors qu'on habite avec lui. Le Kouti y est joint par extension, sans sévérité de plus.

12
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ אוֹסֵר עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנֵי יִשְׂרְאֵלִים אוֹסְרִין זֶה עַל זֶה.

Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : en fait, il n'interdit pas, jusqu'à ce qu'il y ait deux Israélites qui s'interdisent l'un à l'autre.

📜 Rachi (1)
עַד שֶׁיְּהוּ ב' יִשְׂרְאֵלִים דָּרִין בָּב' בָּתִּים וְאוֹסְרִין זֶה עַל זֶה וּבָאִין לְעָרֵב בֵּינֵיהֶן הַנָּכְרִי אוֹסֵר עֲלֵיהֶן אֲבָל עַל הַיָּחִיד אֵינוֹ אוֹסֵר וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Qui habitent dans deux maisons et s'interdisent l'un à l'autre, et qui viennent faire un eruv entre eux : le non-Juif le leur interdit. Mais sur l'individu seul, il n'interdit pas. Et la Guemara explique la raison.
💡 Explication

Deux Israélites dans deux maisons s'interdisent déjà le transport, tant qu'ils n'ont pas fait d'eruv entre eux. C'est alors que le non-Juif le leur interdit encore. Sur un Israélite seul, il n'interdit pas. La Guemara donnera la raison plus loin.

13
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי אֶחָד שֶׁהָיָה דָּר עִמָּנוּ בְּמָבוֹי בִּירוּשָׁלַיִם, וְאָמַר לָנוּ אַבָּא: מַהֲרוּ וְהוֹצִיאוּ אֶת הַכֵּלִים לַמָּבוֹי, עַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא וְיֶאֱסֹר עֲלֵיכֶם.

Rabban Gamliel a dit : il est arrivé qu'un Tsédouki habitait avec nous dans une ruelle à Jérusalem, et notre père nous a dit : hâtez-vous et sortez les ustensiles vers la ruelle, avant qu'il ne sorte et qu'il ne vous l'interdise.

📜 Rachi (4)
מַעֲשֶׂה בְּצָדוֹקִי אֶחָד קָסָבַר ר"ג צָדוֹקִי אֵינוֹ כְּעַכּוּ"ם וְלָא דָּמֵי לְכוּתִי דְּגֵרֵי אֲרָיוֹת הֵן וְאֵינָם גֵּרִים גְּמוּרִים אֲבָל צָדוֹקִי יִשְׂרָאֵל הוּא וְנֶהְפַּךְ לְמִינוּת וְאֵינוֹ מוֹדֶה בַּתּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה כֵּיוָן דְּיִשְׂרָאֵל הוּא יָכוֹל לְבַטֵּל רְשׁוּתוֹ בְּלֹא שׁוּם שְׂכִירוּת:
Rabban Gamliel tient que le Tsédouki n'est pas comme un idolâtre, et qu'il ne ressemble pas au Kouti : ceux-là sont des convertis par crainte des lions (guerei arayot) et ne sont pas des convertis complets. Mais le Tsédouki est un Israélite : il s'est tourné vers la minout (l'écart de la tradition), et il ne reconnaît pas la Torah orale. Puisqu'il est Israélite, il peut annuler son droit (bitoul reshout) sans aucune location.
מַעֲשֶׂה בְּצָדוֹקִי שֶׁהָיָה דָּר עִמָּנוּ בְּמָבוֹי וּבִיטַּלְנוּ רְשׁוּתוֹ:
Et nous avons annulé son droit.
וְאָמַר לָנוּ אַבָּא מַהֲרוּ וְהוֹצִיאוּ כְּלֵיכֶם לַמָּבוֹי וְהֶחֱזִיקוּ בּוֹ כֵּיוָן דְּקֹדֶשׁ הַיּוֹם מִיָּד כְּדֵי שֶׁלֹּא יַחֲזֹור בּוֹ:
Et prenez-en possession dès que le jour est sanctifié, aussitôt, afin qu'il ne revienne pas sur sa parole.
עַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא כֵּלָיו תְּחִילָּה וְיַחֲזֹור וְיַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ וְיֶאֱסֹור עֲלֵיכֶם וש"מ דְּאֵינוֹ כְּנָכְרִי דְּאִי אַגִּירוֹ מִינֵּיהּ הֵיכִי מָצֵי לְמֶהְדַּר אע"ג דְּמַפִּיק לֹא אָסַר דְּהָא נָקֵיט דָּמֵי:
Ses ustensiles d'abord : qu'il revienne, qu'il reprenne possession de son droit, et qu'il vous l'interdise. On en déduit qu'il n'est pas comme un non-Juif. Car s'ils lui avaient loué son droit, comment pourrait-il revenir ? Même s'il sort des ustensiles, il n'interdit pas, puisqu'il détient déjà l'argent.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי א' כּוּ' קָסָבַר צָדוֹקִי אֵינוֹ כְּעַכּוּ"ם כְּדִמְפָרֵשׁ בגמ' וּפִי' בַּקּוּנְטְרֵס אֲבָל בְּכוּתִי מוֹדֶה דַּהֲרֵי הוּא כְּעַכּוּ"ם מִשּׁוּם דְּגֵרֵי אֲרָיוֹת הֵן ואע"ג דת"ק דְּאָסַר כּוּתִי הַיְינוּ רַבִּי מֵאִיר כִּדְאָמַר בגמ' וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּקָסָבַר גֵּרֵי אֱמֶת הֵן בְּפֶרֶק ד' וָהּ' (בּ"ק דַּף לח:) וְאַפֵּ"ה אָסַר בְּכוּתִי מ"מ הֻוצְרַךְ בַּקּוּנְטְרֵס לְפָרֵשׁ טַעְמָא דר"ג מִשּׁוּם גֵּרֵי אֲרָיוֹת דת"ק נִיחָא דְּלָא מְפַלֵּיג בֵּין צָדוֹקִי לְכוּתִי וְאָסַר צָדוֹקִי אע"ג דְּיִשְׂרָאֵל גָּמוּר הוּא וה"ה בְּכוּתִי אֲבָל לר"ג דִּמְפַלֵּיג בֵּין צָדוֹקִי לְכוּתִי ע"כ צָרִיךְ לוֹמַר מִשּׁוּם דְּצָדוֹקִי יִשְׂרָאֵל גָּמוּר הוּא וְכוּתִי עו"ג גָּמוּר דְּגֵרֵי אֲרָיוֹת הֵן וּמִיהוּ קַשְׁיָא לְרִ"י דְּמַשְׁמַע בְּהֶדְיָא בפ"ק דְּגִיטִּין (דַּף י.) דר"ג סָבַר לֵיהּ דְּכוּתִים גֵּרֵי אֱמֶת הֵן דְּמַכְשִׁיר גֵּט שֶׁשְּׁנֵי עֵדָיו כּוּתִים וְאָמַר נָמֵי בפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף ה:) דר"ג וּבֵית דִּינוֹ נִמְנוּ אַשְּׁחִיטַת כּוּתִים וַאֲסָרוּהָ וּמְפָרֵשׁ הָתָם טַעְמָא מִשּׁוּם דִּסְבִירָא לְהוּ כר"מ דְּגָזַר עַל יֵינָם לְפִי שֶׁנִּמְצָא לָהֶם דְּמוּת יוֹנָה וְחָיֵישׁ לְמִיעוּט ש"מ דְּגֵרֵי אֱמֶת הֵן דְּאִי גֵּרֵי אֲרָיוֹת הֵן לֹא הָיָה צָרִיךְ לְמִיגְזַר עֲלֵיהֶן וּמֵאֲלֵיהֶן קָמִיתַּסְרִי וּבַקּוּנְטְרֵס פֵּירֵשׁ דְּהַהִיא רַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּנוֹ שֶׁל ר' יְהוּדָה הַנָּשִׂיא אֲבָל תֵּימַהּ דִּבְכָל מָקוֹם רָגִיל לִקְרוֹתוֹ אוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּר רַבִּי אוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּנוֹ שֶׁל ר"י הַנָּשִׂיא וְעוֹד דְּלָא יִתָּכֵן דר"מ דַּהֲוָה קֹודֶם רַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּר רַבִּי גָּזַר עַל יֵינָם דְּרַבָּנָן וּשְׁבַק שְׁחִיטָה דְּאוֹרָיְיתָא שֶׁהֻוצְרַךְ. ר"ג ב"ר לִגְזֹור עָלֶיהָ וְעוֹד דְּאֵין סְבָרָא כְּלָל דְּאִם גָּזַר עַל יֵינָם מִשּׁוּם יֵין נֶסֶךְ שֶׁתְּהֵא שְׁחִיטָתָם מֻותֶּרֶת כֵּיוָן שֶׁנֶּחְשְׁבוּ כְּמוּמָרַי' לְעַכּוּ"ם דְּהָא אָמְרִינַן בְּפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף ה.) מוּמָר לְעַכּוּ"ם אָסוּר לֶאֱכֹול מִשְּׁחִיטָתוֹ אֶלָּא וַדַּאי ר"ג דְּיַבְנֶה הֲוָה וּתְחִלָּה גָּזַר עַל שְׁחִיטָה דְּאוֹרָיְיתָא וּשְׁבַק סְתָם יֵינָם דְּרַבָּנָן ואע"ג דר"ג קֹודֶם דְּר' מֵאִיר הֲוָה תָּלֵי אוֹתוֹ בדר"מ מִשּׁוּם דִּפְשִׁיטָא לָן בְּכָל דֻּוכְתָּא דְּחָייֵשׁ ר"מ לְמִיעוּט וְלִסְפָרִים נָמֵי דְּגָרְסִי הָכָא רַשְׁבָּ"ג הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ בפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף ד.) דס"ל כּוּתִים גֵּירֵי אֱמֶת הֵן גַּבֵּי מַצַּת כּוּתִי מֻותֶּרֶת דְּקָתָנֵי רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר כָּל מִצְוָה שֶׁהֶחֱזִיקוּ בָּהּ כּוּתִים יוֹתֵר מְדַקְדְּקִין בָּהּ מִיִּשְׂרָאֵל וְעוֹד דְּאִם כֵּן מָה חִדְּשׁוּ ר' אַמִּי וְר' אַסִּי בְּמַה שֶׁעֲשָׂאוּם עַכּוּ"ם גְּמוּרִים לְבַטֵּל רְשׁוּת וְלִיתֵּן רְשׁוּת וַהֲלֹא כָּךְ הָיוּ מֵעוֹלָם לכ"ע דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּמֵעִיקָּרָא גְּזוּר וְלָא קַבִּלוּ מִינַּייְהוּ דִּלְעִנְיַן שְׁחִיטָה וְיֵין נֶסֶךְ הוּא דְּקָאָמַר הָתָם גְּזוּר וְלָא קַבִּלוּ מִינַּייְהוּ וְנִרְאֶה לר"י דְּבֵין צָדוֹקִי וּבֵין כּוּתִי לְדִירָה אֵינָם כְּעַכּוּ"ם וּמַה שֶׁלֹּא הוֹסִיף כּוּתִי בְּחַסּוֹרֵי מִחַסְּרָא בגמ' ר"ג אוֹמֵר צָדוֹקִים וְכוּתִים אֵינָם כְּעַכּוּ"ם הַיְינוּ מִשּׁוּם שֶׁלֹּא בָּא הַמְתָרֵץ אֶלָּא לְתַקֵּן שֶׁלֹּא יִקְשֶׁה צַדּוּקִי מַאן דְּכַר שְׁמֵיהּ וְעוֹד י"ל דַּאֲפִילּוּ ר"ג עַצְמוֹ לֹא הִזְכִּיר בִּדְבָרָיו כְּשֶׁחָלַק עַל תַּנָּא קַמָּא אֶלָּא צָדוֹקִי לְבַדּוֹ לְפִי שֶׁלֹּא הֵבִיא רְאָייָה אֶלָּא מִצָּדוֹקִי וא"ת אִי גָּרַס רַשְׁבָּ"ג הֵיכִי פָּסְקִינַן בַּגְּמָרָא כר"א בֶּן יַעֲקֹב וְר' יוֹחָנָן נָמֵי דְּקָאָמַר נָהֲגוּ כר"א בֶּן יַעֲקֹב הָא ר' יוֹחָנָן נָמֵי אָמַר הֲלָכָה כְּרשב"ג בְּמִשְׁנָתֵינוּ וי"ל דְּלָא פָּסְקִינַן בַּגְּמָרָא כר"א בֶּן יַעֲקֹב אֶלָּא עַל עִיקַּר דְּבָרָיו דְּלָא אָסַר בְּחַד יִשְׂרָאֵל עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנַיִם אֲבָל בְּהָא דְּסָבַר לֵיהּ כת"ק דְּכוּתִים כְּעַכּוּ"ם לָא פָּסְקִינַן כְּוָותֵיהּ וְאֶפְשָׁר דִּבְהָא הֲלָכָה כְּרשב"ג דְּאֵינָן כְּעַכּוּ"ם וְעוֹד דְּהָאִידָּנָא לָא נָפְקָא לָן מִידֵּי לְעִנְיַן כּוּתִים לְבַסּוֹף כְּשֶׁעֲשָׂאוּם עַכּוּ"ם גְּמוּרִים:
Il tient que le Tsédouki n'est pas comme un idolâtre, comme la Guemara l'explique. Et il a expliqué dans le commentaire : mais pour le Kouti, il en convient, car il est comme un idolâtre, parce qu'ils sont des convertis par crainte des lions (guerei arayot). Et bien que le premier tana, qui interdit le Kouti, soit Rabbi Meir, comme la Guemara le dit, et que nous lui entendions dire qu'il tient qu'ils sont des convertis sincères (guerei emet), au chapitre Quatre et cinq (Bava Kama 38b), et que malgré cela il interdise le Kouti : malgré tout, le commentaire a dû expliquer la raison de Rabban Gamliel par les convertis par crainte des lions. Pour le premier tana, cela se tient : il ne distingue pas entre le Tsédouki et le Kouti, et il interdit le Tsédouki bien qu'il soit un Israélite complet, et il en va de même pour le Kouti. Mais pour Rabban Gamliel, qui distingue entre le Tsédouki et le Kouti, il faut dire ceci : le Tsédouki est un Israélite complet, et le Kouti est un idolâtre complet, car ce sont des convertis par crainte des lions. Cependant, cela fait difficulté pour Rabbenou Yitshak. Car il ressort explicitement, au premier chapitre de Gittin (10a), que Rabban Gamliel tient que les Koutim sont des convertis sincères, puisqu'il valide un guet dont les deux témoins sont des Koutim. Et il est dit aussi, au premier chapitre de Houlin (5b), que Rabban Gamliel et son tribunal ont voté sur la chehita (abattage) des Koutim et l'ont interdite. Et là-bas on explique la raison : ils tiennent comme Rabbi Meir, qui a décrété sur leur vin parce qu'on a trouvé chez eux une figure de colombe, et il tient compte de la minorité. On en déduit qu'ils sont des convertis sincères. Car s'ils étaient des convertis par crainte des lions, il n'aurait pas eu à décréter sur eux : ils auraient été interdits d'eux-mêmes. Et dans le commentaire, il a expliqué que celui-là est Rabban Gamliel, fils de Rabbi Yehouda haNassi. Mais c'est étonnant : partout, on a l'habitude de l'appeler soit Rabban Gamliel bar Rabbi, soit Rabban Gamliel fils de Rabbi Yehouda haNassi. Et de plus, cela ne se tient pas : Rabbi Meir, qui précédait Rabban Gamliel bar Rabbi, aurait décrété sur leur vin, qui relève des Sages, et aurait laissé la chehita, qui relève de la Torah, au point que Rabban Gamliel bar Rabbi ait eu à décréter sur elle. Et de plus, il n'y a pas de raison à ceci : s'il a décrété sur leur vin à cause du vin de libation (yayin nesech), leur chehita resterait permise, alors qu'on les compte comme des moumarim (transgresseurs) pour l'idolâtrie. Car nous disons au premier chapitre de Houlin (5a) : d'un moumar pour l'idolâtrie, il est interdit de manger la chehita. Alors, c'est sûrement Rabban Gamliel de Yavné. Et d'abord il a décrété sur la chehita, qui relève de la Torah, et il a laissé leur stam yeinam (vin non surveillé), qui relève des Sages. Et bien que Rabban Gamliel précède Rabbi Meir, on rattache ce décret à Rabbi Meir, parce qu'il est clair partout que Rabbi Meir tient compte de la minorité. Et pour les livres aussi qui lisent ici Rabban Chimon ben Gamliel : nous lui entendons dire, au premier chapitre de Houlin (4a), qu'il tient que les Koutim sont des convertis sincères, à propos de la matsa du Kouti, qui est permise. On y enseigne : Rabban Chimon ben Gamliel dit : toute mitsva à laquelle les Koutim se sont tenus, ils y sont plus scrupuleux qu'un Israélite. Et de plus, s'il en est ainsi, qu'ont innové Rabbi Ami et Rabbi Assi en les traitant comme des idolâtres complets, pour annuler un droit et pour donner un droit ? Or ils étaient ainsi depuis toujours, selon tous. Et l'on ne peut pas dire qu'au début on a décrété et que l'on n'a pas accepté d'eux : c'est au sujet de la chehita et du vin de libation que l'on dit là-bas : on a décrété, et l'on n'a pas accepté d'eux. Et il paraît à Rabbenou Yitshak que, pour l'habitation, ni le Tsédouki ni le Kouti ne sont comme un idolâtre. Et s'il n'a pas ajouté le Kouti dans le passage lacunaire (hassorei mehassera) de la Guemara, Rabban Gamliel dit : les Tsédoukim et les Koutim ne sont pas comme un idolâtre, c'est que celui qui répond n'est venu que pour réparer le texte, afin que l'on n'objecte pas : le Tsédouki, qui l'a mentionné ? Et l'on peut encore dire que Rabban Gamliel lui-même, lorsqu'il a divergé du premier tana, n'a mentionné dans ses paroles que le Tsédouki seul, parce qu'il n'a apporté de preuve que d'un Tsédouki. Et si l'on objecte : si l'on lit Rabban Chimon ben Gamliel, comment tranche-t-on dans la Guemara comme Rabbi Eliezer ben Yaakov ? Et Rabbi Yo'hanan aussi, qui dit que l'usage suit Rabbi Eliezer ben Yaakov : or Rabbi Yo'hanan a aussi dit que la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel dans notre michna. On peut répondre : l'on ne tranche dans la Guemara comme Rabbi Eliezer ben Yaakov que sur le fond de ses paroles, à savoir qu'il n'interdit pas pour un seul Israélite, jusqu'à ce qu'ils soient deux. Mais sur ceci, qu'il tient comme le premier tana que les Koutim sont comme un idolâtre, l'on ne tranche pas comme lui. Et il se peut que, sur ce point, la halakha suive Rabban Chimon ben Gamliel : ils ne sont pas comme un idolâtre. Et de plus, de nos jours, rien n'en sort pour la pratique au sujet des Koutim, à la fin, lorsqu'on les a traités comme des idolâtres complets.
💡 Explication

Le Tsédouki, pour Rabban Gamliel, reste un Israélite : il peut annuler son droit sans qu'on le lui loue. Le père dit de sortir les ustensiles dès l'entrée de Chabbat, pour prendre la ruelle avant que le Tsédouki ne sorte les siens et ne revienne sur l'annulation. S'il s'était agi d'une location, l'argent reçu empêcherait ce retour.

Tossefot discute longuement le Kouti. Rabbenou Yitshak : pour l'habitation, ni le Tsédouki ni le Kouti ne sont traités comme un idolâtre. Le fond retenu de Rabbi Eliezer ben Yaakov est ailleurs : il n'interdit pas pour un seul Israélite.

🖼️ Schéma
Le Tsédouki de la ruelle Avant qu'il ne sorte ses ustensiles Rabban Gamliel Le Tsédouki a annulé son droit Dès l'entrée de Chabbat sortir les ustensiles Prendre la ruelle avant qu'il ne revienne Rabbi Yehouda Autre formulation Faites vos affaires de jour encore Le Chabbat, l'annulation ne tient pas Il peut revenir
Sortir les ustensiles avant le Tsédouki. Rabbi Yehouda : le faire de jour encore.
14
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּלָשׁוֹן אַחֵר — מַהֲרוּ וַעֲשׂוּ צָרְכֵיכֶם בַּמָּבוֹי, עַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא וְיֶאֱסֹר עֲלֵיכֶם.

Rabbi Yehouda dit : selon une autre formulation : hâtez-vous et faites vos affaires dans la ruelle, avant qu'il ne sorte et qu'il ne vous l'interdise.

📜 Rachi (1)
מַהֲרוּ וַעֲשׂוּ צָרְכֵיכֶם בַּמָּבוֹי מִבְּעוֹד יוֹם דִּבְשַׁבָּת לָא מְהַנֵּי לְכוּ הַאי בִּיטּוּל שֶׁמָּא יוֹצִיא וְיֶאֱסֹור עֲלֵיכֶם דְּקָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה אע"ג דְּהֶחֱזִיקוּ בְּנֵי מָבוֹי בַּמָּבוֹי תְּחִילָּה מָצֵי לְאַהְדּוֹרֵי בֵּיהּ:
De jour encore. Car, le Chabbat, cette annulation ne vous sert de rien : il se peut qu'il sorte et qu'il vous l'interdise. Rabbi Yehouda tient que, bien que les gens de la ruelle aient pris possession de la ruelle les premiers, il peut revenir sur sa parole.
💡 Explication

Autre formulation : le père parlait encore de jour. Pour Rabbi Yehouda, une fois Chabbat entré, l'annulation du droit ne suffit pas. Même si les gens de la ruelle ont pris possession les premiers, le Tsédouki peut revenir et interdire la ruelle en sortant ses ustensiles.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).