Sougya : Le daf précédent a conclu que Yehochoua est allé au Sheol sans enfant, pour avoir répondu devant Moché. Ce daf cite le verset : Noun son fils, Yehochoua son fils.
Après lui, aucun fils n'est compté. Rabbi Abba bar Pappa diverge : la peine vient d'une seule nuit où Yehochoua a empêché Israël de la periya u-revia, l'Arche et la Chekhina étant hors de leur place.
L'ange à Yericho reprend deux manquements, le tamid du soir et l'étude de la Torah, et les mots maintenant je suis venu visent la Torah. La suite revient à l'érouv : Lahman bar Ristak refuse de louer son droit dans le maboy.
Abaye fait annuler tous les droits en faveur d'un seul. Un yahid à côté d'un goy reste permis, et le bitoul de plusieurs vers un seul est une chose rare, sur laquelle les Sages n'ont pas décrété.
Et il est écrit : Noun son fils, Yehochoua son fils.
Le verset est Divrei ha-Yamim I, 7, 27, en fin de généalogie d'Ephraim. La liste s'arrête à Yehochoua. Rachi : aucun fils n'est compté après lui. C'est l'appui écrit de la peine dite au daf précédent : il est mort sans enfant.
Et cela diverge de Rabbi Abba bar Pappa. Car Rabbi Abba bar Pappa a dit : Yehochoua n'a été puni que parce qu'il a empêché Israël, une nuit, de la periya u-revia (croître et multiplier).
Rabbi Abba bar Pappa ne rattache pas la peine à la réponse devant Moché. La seule cause : Yehochoua a empêché Israël, une nuit, du commandement de periya u-revia. Rachi nomme la peine : rester ariri, sans enfant.
Car il est dit : Et ce fut, quand Yehochoua était à Yericho, il leva les yeux et vit, etc. Et il est écrit : Et il dit (à lui) : car je suis le chef de l'armée de ה', maintenant je suis venu, etc.
Les versets sont Yehochoua 5, 13-14. L'homme à l'épée dégainée est un ange venu pour un châtiment. Rachi lit maintenant je suis venu : la faute d'à présent. Le fait de préciser à présent montre qu'il y en avait une autre.
Les deux fautes : hier soir, le tamid de bein ha-arbayim ; cette nuit, l'étude de la Torah, seul moment libre pendant la guerre. La preuve que la reprise vise la Torah : à la guerre de Ai, plus tard, Yehochoua va dans la profondeur de la halakha.
Il lui dit : Hier soir vous avez annulé le tamid de bein ha-arbayim (l'offrande de l'après-midi), et maintenant vous avez annulé l'étude de la Torah. Pour lequel des deux es-tu venu ?
Il lui dit : Maintenant je suis venu.
L'ange enonce les deux manquements. Yehochoua demande pour lequel il est venu. La réponse reprend le mot du verset : maintenant je suis venu. Le mot maintenant désigne le manquement de cette nuit : l'étude de la Torah.
Aussitôt : Et Yehochoua alla cette nuit-là au milieu de la vallée. Et Rabbi Yo'hanan a dit : cela enseigne qu'il est allé dans la profondeur de la halakha.
Le verset joue sur emek, la vallée, et omek, la profondeur. Rabbi Yo'hanan : il est allé dans la profondeur de la halakha. C'est la réparation du manquement d'étude.
Tossefot : le verset de la vallée est à la guerre de Ai, bien après l'ange de Yericho. Un autre verset dit vayalen, il passa la nuit, au milieu du peuple. Aussitôt vise le moment où il fut libre. La nuit de l'ange est antérieure.
Et l'on tient par tradition que tout le temps que l'Arche et la Chekhina séjournent hors de leur place, on est interdit au tashmish hamita (rapport conjugal).
Tradition reçue : Arche et Chekhina hors de leur place, le tashmish hamita est interdit. Rachi fixe la nuit : embuscade sur la ville, Arche non ramenée le soir à Guilgal. C'est la nuit de periya u-revia annulée, celle dont parle Rabbi Abba bar Pappa.
Tossefot, le Ri : chez Ouria, l'Arche était aussi hors de place, et les autres restaient permis. Il y avait deux Arches. Celle des débris des Tables allait à la guerre. L'Arche d'or de Betsalel restait en place : c'est d'elle que parle l'interdit. À la guerre de Yehochoua, sa présence suivait une parole particulière.
Rabbi Chmouel bar Inya a dit au nom de Rav : l'étude de la Torah est plus grande que l'offrande des temidim. Car il lui a dit : Maintenant je suis venu.
Rav tire la comparaison du mot de l'ange. Il est venu pour le second manquement. Talmud Torah pese plus que l'offrande des temidim.
Rav Beruna a dit que Rav a dit : Quiconque dort dans la kila (chambre) où un homme et sa femme séjournent, à son sujet le verset dit : Les femmes de mon peuple, vous les chassez de la maison de leurs délices.
Enseignement lié à la nuit où le couple est gêné. Dormir dans la kila, la chambre où l'homme et la femme séjournent, les empêche d'être ensemble. Rachi : ils ont honte devant lui. Le verset est Mikha 2, 9 : les femmes chassées de la maison de leurs délices.
Le Roch ouvre le même enseignement au nom de Rav Kahana, puis enchaine la halakha du maboy et les discussions de bitoul de maison à maison, jusqu'àu sekhiro ve-lakito.
Et Rav Yossef a dit : même pour sa femme nida.
Rav Yossef étend l'interdit à la nida. Même quand le tashmish est déjà interdit, le couple tient a rester seul. Un tiers dans la chambre reste un tort.
Rava a dit : si sa femme est nida, qu'une bénédiction vienne sur lui. Mais non : jusqu'à présent, qui le gardait ?
Rava : si la femme est nida, celui qui dort la merite une bénédiction, il garde le couple de la faute. La Guemara repond par une question : jusqu'à présent, qui le gardait ? Le mari se gardait déjà seul. Le tiers gêne le couple : la garde ne manquait pas.
Il y avait un maboy (ruelle) où habitait Lahman bar Ristak. Ils lui dirent : Loue-nous ton droit.
Il ne le leur loua pas.
Retour à l'érouv du maboy. Un goy y habite, Lahman bar Ristak. Les voisins juifs lui demandent de louer son droit d'usage, pour pouvoir transporter. Il refuse. Tossefot : Rabbeinou Hananel lit le nom Haman, comme le Roch.
Ils vinrent le dire à Abaye. Il leur dit : Allez, annulez vos droits en faveur d'un seul.
Cela devient un yahid (un seul) à la place d'un goy, et un yahid à la place d'un goy n'interdit pas.
Abaye : tous font bitoul reshut, ils cèdent leur droit d'usage du maboy à un seul. On se retrouve dans le cas déjà tranche : un yahid à la place d'un goy, le goy n'interdit pas. Rachi : les autres restent interdits de sortir de leur cour vers le maboy. Le yahid, lui, transporte dans tout le maboy les ustensiles qui y ont fait chabbat, et ceux de sa maison.
Tossefot restreint le gain. Si les cours sont déjà liées par l'érouv, le transport dans le maboy avait ses propres règles. Le bitoul sert surtout au yahid pour sortir les ustensiles des maisons. L'érouv ne fait pas de plusieurs un seul yahid : sinon on n'aurait jamais besoin de louer au goy.
Ils lui dirent : La raison n'est-elle pas seulement qu'il n'est pas courant qu'on y habite ainsi ? Et ici, ils habitent bien !
Les voisins objectent. Le cas du yahid avec un goy est permis parce qu'habiter ainsi n'est pas courant (lo shekhiah). Ici, plusieurs habitants sont bien la, avec le goy. La situation, elle, est courante. Le décret devrait donc s'appliquer.
Il leur dit : Tout bitoul de leurs droits en faveur d'un seul est une chose qui n'est pas courante. Et une chose qui n'est pas courante, les Sages n'y ont pas décrété.
Abaye déplace le point rare. Plusieurs Juifs avec un goy, c'est courant, et les Sages ont décrété. Le bitoul de tous vers un seul, lui, n'est pas courant. Sur une chose rare, les Sages n'ont pas fait de gezerah. On peut donc s'appuyer sur la règle du yahid.
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, alla rapporter cet enseignement devant Rava. Il lui dit :
L'amoud s'arrête sur la transmission. Rav Houna fils de Rav Yehochoua rapporte la shemaata d'Abaye devant Rava. La réponse de Rava ouvre le daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).