Eruvin 63b - Yehochoua sans enfant, l'ange à Yericho, le bitoul dans le maboy

Eruvin 63b

Sougya : Le daf précédent a conclu que Yehochoua est allé au Sheol sans enfant, pour avoir répondu devant Moché. Ce daf cite le verset : Noun son fils, Yehochoua son fils.

Après lui, aucun fils n'est compté. Rabbi Abba bar Pappa diverge : la peine vient d'une seule nuit où Yehochoua a empêché Israël de la periya u-revia, l'Arche et la Chekhina étant hors de leur place.

L'ange à Yericho reprend deux manquements, le tamid du soir et l'étude de la Torah, et les mots maintenant je suis venu visent la Torah. La suite revient à l'érouv : Lahman bar Ristak refuse de louer son droit dans le maboy.

Abaye fait annuler tous les droits en faveur d'un seul. Un yahid à côté d'un goy reste permis, et le bitoul de plusieurs vers un seul est une chose rare, sur laquelle les Sages n'ont pas décrété.

Pourquoi Yehochoua est sans enfant Deux traditions sur la même peine Verset de Divrei ha-Yamim Noun son fils, Yehochoua son fils Après lui, aucun fils compte Suite de Rabbi Levi : il a répondu devant Moché Rabbi Abba bar Pappa Une seule cause Une nuit, Israël empêché de periya u-revia Peine : rester ariri Rachi : la peine vise le fait de rester sans enfant.
Le verset s'arrête à Yehochoua. Rabbi Abba bar Pappa ne retient qu'une cause : une nuit où Israël a été empêché de periya u-revia.
L'ange à Yericho Deux manquements, une réponse Yericho Épée dégainée Venu pour un châtiment > Hier soir Tamid de bein ha-arbayim > Cette nuit Etude de la Torah Pour lequel es-tu venu ? Yehochoua interroge l'ange Maintenant je suis venu Le manquement de cette nuit Rav : l'étude de la Torah est plus grande que l'offrande des temidim.
L'ange vient l'épée dégainée. Deux manquements : le tamid du soir, puis l'étude. Maintenant je suis venu vise la Torah, plus grave que les temidim.
Maboy de Lahman bar Ristak Location refusée, bitoul vers un seul Goy dans le maboy Il faut son droit pour transporter Il loue La location leve son interdit Lahman refuse Pas de location Abaye : bitoul vers un seul Yahid à côté d'un goy : le goy n'interdit pas Objection La cohabitation d'un seul avec un goy est rare ; ici ils habitent Réponse d'Abaye Le bitoul de plusieurs vers un seul est rare : pas de décret
Lahman refuse de louer. Abaye : tous annulent vers un seul. Un yahid à côté d'un goy n'est pas interdit. Le bitoul lui-même est rare, donc sans décret.
1
וּכְתִיב: ״נוֹן בְּנוֹ יְהוֹשֻׁעַ בְּנוֹ״.

Et il est écrit : Noun son fils, Yehochoua son fils.

📜 Rachi (1)
וּכְתִיב נוֹן בְּנוֹ יְהוֹשֻׁעַ בְּנוֹ וּבָתַר יְהוֹשֻׁעַ לָא חֲשִׁיב בֵּן:
Et après Yehochoua, aucun fils n'est compté.
💡 Explication

Le verset est Divrei ha-Yamim I, 7, 27, en fin de généalogie d'Ephraim. La liste s'arrête à Yehochoua. Rachi : aucun fils n'est compté après lui. C'est l'appui écrit de la peine dite au daf précédent : il est mort sans enfant.

2
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אַבָּא בַּר פָּפָּא, דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר פָּפָּא: לֹא נֶעֱנַשׁ יְהוֹשֻׁעַ אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁבִּיטֵּל אֶת יִשְׂרָאֵל לַיְלָה אַחַת מִפְּרִיָּה וּרְבִיָּה.

Et cela diverge de Rabbi Abba bar Pappa. Car Rabbi Abba bar Pappa a dit : Yehochoua n'a été puni que parce qu'il a empêché Israël, une nuit, de la periya u-revia (croître et multiplier).

📜 Rachi (1)
לֹא נֶעֱנַשׁ יְהוֹשֻׁעַ לִהְיוֹת עֲרִירִי אֶלָּא שֶׁבִּיטֵּל כו':
Pour rester sans enfant (ariri). La seule cause est qu'il a annulé, etc.
💡 Explication

Rabbi Abba bar Pappa ne rattache pas la peine à la réponse devant Moché. La seule cause : Yehochoua a empêché Israël, une nuit, du commandement de periya u-revia. Rachi nomme la peine : rester ariri, sans enfant.

3
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בִּהְיוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּירִיחוֹ וַיִּשָּׂא עֵינָיו וַיַּרְא וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר (לוֹ) כִּי אֲנִי שַׂר צְבָא ה׳ עַתָּה בָאתִי וְגוֹ׳״.

Car il est dit : Et ce fut, quand Yehochoua était à Yericho, il leva les yeux et vit, etc. Et il est écrit : Et il dit (à lui) : car je suis le chef de l'armée de ה', maintenant je suis venu, etc.

📜 Rachi (1)
וַיְהִי בִּהְיוֹת יְהוֹשֻׁעַ וְגוֹ' מִדִּכְתִיב וְחַרְבּוֹ שְׁלוּפָה בְּיָדוֹ מִכְּלָל דִּלְפוּרְעָנוּת בָּא וְעַתָּה בָּאתִי דְּקָאָמַר לֵיהּ הָכִי קא"ל עַל עֲבֵירָה שֶׁל עַכְשָׁיו בָּאתִי וּמִדְּאִיצְטְרִיךְ לְמֵימַר עַל שֶׁל עַכְשָׁיו מִכְּלָל דְּאַכַּתִּי הֲוָה אַחֲרִיתִי וּמַאי הִיא הָכִי קָאָמַר לֵיהּ אֶמֶשׁ בִּיטַּלְתֶּם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם בָּעֶרֶב בִּיטַּלְתֶּם הַתָּמִיד וְעַכְשָׁיו שֶׁחֲשֵׁיכָה אַתֶּם מְבַטְּלִים תַּלְמוּד תּוֹרָה לְפִי שֶׁהָיוּ עֲסוּקִים בַּמִּלְחָמָה בַּיּוֹם לֹא הָיָה לָהֶן עֵת לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה אֶלָּא בַּלַּיְלָה וְהַדָּבָר מוֹכִיחַ שֶׁעַל עִסְקֵי תַּלְמוּד תּוֹרָה הוֹכִיחוֹ מִדִּכְתִיב קְרָא אַחֲרִינָא בַּמִּלְחָמָה שֶׁל עַי שֶׁהָיְתָה אַחֲרֶיהָ וַיֵּלֶךְ יְהוֹשֻׁעַ בַּלַּיְלָה הַהוּא בְּתוֹךְ הָעֵמֶק וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מְלַמֵּד שֶׁלָּן בְּעֻומְקָהּ שֶׁל הֲלָכָה:
Du fait qu'il est écrit : et son épée dégainée dans sa main, on deduit qu'il est venu pour un châtiment. Et maintenant je suis venu, qu'il lui dit, voici ce qu'il lui dit : je suis venu pour la faute d'à présent. Et puisqu'il a eu besoin de dire pour celle d'à présent, on deduit qu'il y en avait encore une autre. Laquelle ? Voici ce qu'il lui dit : hier soir vous avez annulé le tamid de bein ha-arbayim, le soir vous avez annulé le tamid, et maintenant qu'il fait nuit vous annulez l'étude de la Torah. Car ils étaient occupés à la guerre le jour, ils n'avaient le temps de s'occuper de Torah que la nuit. Et la chose le prouve : il les a repris au sujet de l'étude de la Torah, puisqu'un autre verset est écrit dans la guerre de Ai, qui fut après celle-ci : Et Yehochoua alla cette nuit-là au milieu de la vallée. Et Rabbi Yo'hanan a dit : cela enseigne qu'il a passé la nuit dans la profondeur de la halakha.
💡 Explication

Les versets sont Yehochoua 5, 13-14. L'homme à l'épée dégainée est un ange venu pour un châtiment. Rachi lit maintenant je suis venu : la faute d'à présent. Le fait de préciser à présent montre qu'il y en avait une autre.

Les deux fautes : hier soir, le tamid de bein ha-arbayim ; cette nuit, l'étude de la Torah, seul moment libre pendant la guerre. La preuve que la reprise vise la Torah : à la guerre de Ai, plus tard, Yehochoua va dans la profondeur de la halakha.

4
אָמַר לוֹ: אֶמֶשׁ בִּיטַּלְתֶּם תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם, וְעַכְשָׁיו בִּיטַּלְתֶּם תַּלְמוּד תּוֹרָה. עַל אֵיזֶה מֵהֶן בָּאתָ? אָמַר לוֹ: ״עַתָּה בָּאתִי״.

Il lui dit : Hier soir vous avez annulé le tamid de bein ha-arbayim (l'offrande de l'après-midi), et maintenant vous avez annulé l'étude de la Torah. Pour lequel des deux es-tu venu ?

Il lui dit : Maintenant je suis venu.

💡 Explication

L'ange enonce les deux manquements. Yehochoua demande pour lequel il est venu. La réponse reprend le mot du verset : maintenant je suis venu. Le mot maintenant désigne le manquement de cette nuit : l'étude de la Torah.

🖼️ Schéma
L'ange à Yericho Deux manquements, une réponse Yericho Épée dégainée Venu pour un châtiment > Hier soir Tamid de bein ha-arbayim > Cette nuit Etude de la Torah Pour lequel es-tu venu ? Yehochoua interroge l'ange Maintenant je suis venu Le manquement de cette nuit Rav : l'étude de la Torah est plus grande que l'offrande des temidim.
Deux manquements. La réponse maintenant je suis venu désigne l'étude de la Torah.
5
מִיָּד: ״וַיֵּלֶךְ יְהוֹשֻׁעַ בַּלַּיְלָה הַהוּא בְּתוֹךְ הָעֵמֶק״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְלַמֵּד שֶׁהָלַךְ בְּעָומְקָהּ שֶׁל הֲלָכָה.

Aussitôt : Et Yehochoua alla cette nuit-là au milieu de la vallée. Et Rabbi Yo'hanan a dit : cela enseigne qu'il est allé dans la profondeur de la halakha.

🗂️ Tossefot (1)
מִיָּד וַיֵּלֶךְ יְהוֹשֻׁעַ בַּלַּיְלָה הַהוּא בְּתוֹךְ הָעֵמֶק גָּרְסִינַן וְגָרְסִינַן נָמֵי מְלַמֵּד שֶׁהָלַךְ בְּעָומְקָהּ שֶׁל הֲלָכָה כו' וּבְמִלְחֶמֶת עַי כְּתִיב בְּפָרָשָׁה אַחֲרוֹנָה וַיָּלֶן אֲבָל הָתָם כְּתִיב בְּתוֹךְ הָעָם וְהָא דְּקָאָמַר מִיָּד לָאו לְאַלְתַּר הֲוָה אֶלָּא כְּשֶׁהֻופְנָה הָלַךְ בְּעָומְקָהּ שֶׁל הֲלָכָה אֲבָל לְבָתַר מַעֲשֶׂה דְּמַלְאָךְ טוּבָא הֲוָה:
Nous lisons : Aussitôt, et Yehochoua alla cette nuit-là au milieu de la vallée. Et nous lisons aussi : cela enseigne qu'il est allé dans la profondeur de la halakha, etc. Et dans la guerre de Ai il est écrit, dans la dernière section, et il passa la nuit (vayalen), mais là-bas il est écrit au milieu du peuple (betokh ha-am). Et ce que le texte dit aussitôt visait le moment où il fut libre : alors il alla dans la profondeur de la halakha. Après l'affaire de l'ange, il y avait eu beaucoup de temps.
💡 Explication

Le verset joue sur emek, la vallée, et omek, la profondeur. Rabbi Yo'hanan : il est allé dans la profondeur de la halakha. C'est la réparation du manquement d'étude.

Tossefot : le verset de la vallée est à la guerre de Ai, bien après l'ange de Yericho. Un autre verset dit vayalen, il passa la nuit, au milieu du peuple. Aussitôt vise le moment où il fut libre. La nuit de l'ange est antérieure.

6
וּגְמִירִי דְּכָל זְמַן שֶׁאָרֹון וּשְׁכִינָה שְׁרוּייִן שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן אֲסוּרִין בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה.

Et l'on tient par tradition que tout le temps que l'Arche et la Chekhina séjournent hors de leur place, on est interdit au tashmish hamita (rapport conjugal).

📜 Rachi (1)
וּגְמִירִי דְּכָל זְמַן שֶׁאָרֹון וּשְׁכִינָה שְׁרוּייִן שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן כו' וְאוֹתוֹ לַיְלָה שֶׁהוֹכִיחָם הַמַּלְאָךְ הָיוּ מְבַטְּלִים ת"ת בִּשְׁבִיל שֶׁהָיוּ אוֹרְבִין עַל הָעִיר וְלֹא הֶחֱזִירוּ בָּעֶרֶב אֶת אָרוֹן לִמְקוֹמוֹ בַּגִּלְגָּל וְהוּא הַלַּיְלָה שֶׁבִּיטְּלוּ מִפְּרִיָּה וּרְבִיָּה:
Et cette nuit où l'ange les a repris, ils annulaient l'étude de la Torah parce qu'ils guettaient la ville en embuscade, et le soir ils n'avaient pas ramené l'Arche à sa place à Guilgal. C'est la nuit où ils ont annulé la periya u-revia.
🗂️ Tossefot (1)
כָּל זְמַן שֶׁאָרוֹן וּשְׁכִינָה שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָן יִשְׂרָאֵל אֲסוּרִין בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה תֵּימַהּ לר"י דְּגַבֵּי עֻובְדָּא שֶׁל אוּרִיָּה הַחִתִּי הָיָה אָרוֹן שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמוֹ דִּכְתִיב (הִנֵּה) הָאָרוֹן וְיִשְׂרָאֵל [וִיהוּדָה] (חוֹנִים) [יוֹשְׁבִים] בַּסֻּוכּוֹת וַאדֹונִי יוֹאָב וְעַבְדֵי אֲדֹונִי עַל פְּנֵי הַשָּׂדֶה חֹונִים וַאֲנִי [וְגוֹ'] (אֶשְׁכַּב) [וְלִשְׁכַּב] עִם אִשְׁתִּי דְּמַשְׁמַע שֶׁהָיוּ אֲחֵרִים מֻותָּרִים בתשה"מ אֶלָּא שֶׁאוּרִיָּה הַחִתִּי הָיָה מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ לְפִי שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בְּצָרָה דְּהָא קָאָמַר לֵיהּ דָּוִד (לֵךְ) רֵד לְבֵיתְךָ וְעוֹד קָאָמְרִינַן בְּפֶרֶק חֵלֶק (סַנְהֶדְרִין דַּף קז.) גַּבֵּי דָּוִד שֶׁהָפַךְ מִשְׁכָּבוֹ שֶׁל לַיְלָה לְמִשְׁכָּבוֹ שֶׁל יוֹם וְנִתְעַלְּמָה מִמֶּנּוּ הֲלָכָה זוֹ כוּ' מַשְׁמַע בַּלַּיְלָה הָיָה מֻותָּר וְאוֹמֵר ר"י דִּשְׁנֵי אֲרוֹנוֹת הָיוּ אֶחָד שֶׁבּוֹ שִׁבְרֵי הַלּוּחוֹת מֻונָּחִים וְאוֹתוֹ הָיוּ מוֹלִיכִין בַּמִּלְחָמוֹת כִּדְתַנְיָא בְּסִפְרֵי וַאֲרוֹן בְּרִית ה' נֹוסֵעַ לִפְנֵיהֶם יוֹמָם זֶה שֶׁיּוֹצֵא עִמָּהֶם בַּמַּחֲנֶה וְהוּא אֲרוֹן עֵץ שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה בַּעֲלוֹתוֹ לְסִינַי כְּדִכְתִיב בַּלּוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת בְּמִשְׁנֵה תּוֹרָה וְעָשִׂיתָ לְּךָ אֲרוֹן עֵץ וּתְחִלָּה שָׂם בּוֹ גַּם לוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת כְּדִכְתִיב וָאָשִׂים אֶת הַלֻּוחֹות בָּאָרוֹן אֲשֶׁר עָשִׂיתִי עַד שֶׁנַּעֲשָׂה אָרוֹן שֶׁל זָהָב שֶׁעָשָׂה בְּצַלְאֵל וְאָז נָתְנוּ בּוֹ לוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת כְּדִכְתִיב וְנָתַתָּ אֶל הָאָרֹון אֵת הָעֵדֻות אֲשֶׁר אֶתֵּן אֵלֶיךָ וְכֵן עָשָׂה כְּדִכְתִיב בְּוַיַּקְהֵל וּבְהַהוּא אַייְרֵי הָכָא שֶׁהָיוּ נֶאֱסָרִין בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה כְּשֶׁלֹּא הָיָה בִּמְקוֹמוֹ וְאוֹתוֹ לֹא הָיוּ רְגִילִין לְהוֹלִיךְ בַּמִּלְחָמָה כְּדִכְתִיב בְּשִׁילֹה מִי יַצִּילֵנוּ מִיַּד הָאֱ-לֹהִים הָאַדִּירִים הָאֵלֶּה כִּי לֹא הָיְתָה כָּזֹאת מִתְּמוֹל שִׁלְשׁוֹם שֶׁלֹּא הָיוּ רְגִילִין לְהוֹלִיכוֹ וְאָז כְּשֶׁהוֹלִיכוּהוּ לָקוּ וְגִלָּה כְּדִמְפָרֵשׁ רַשִׁ"י הָתָם וּמַה שֶׁהָיָה עִמָּהֶן בְּמִלְחֶמֶת יְהוֹשֻׁעַ ע"פ הַדִּיבּוּר הָיָה עוֹשֶׂה הַכֹּל וְהָא דְּדָרְשִׁינַן בפ"ק דב"ב (דַּף יד.) אֵין בָּאָרוֹן רַק כו' מְלַמֵּד שֶׁהַלּוּחוֹת וְשִׁבְרֵי לוּחוֹת מֻונָּחִים בָּאָרוֹן הַייְנוּ אָרוֹן שֶׁעָשָׂה בְּצַלְאֵל כִּדְמַשְׁמַע הָתָם זֶה הָיָה בְּבֵית עוֹלָמִים דְּבִשְׁלֹמֹה כְּתִיב הַאי קְרָא וַאֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּדָרֵישׁ מֵאֲשֶׁר שִׁבַּרְתָּ וְשַׂמְתֶּם בָּאָרוֹן הַיְינוּ בְּבִנְיַן הַבַּיִת שֶׁהָיְתָה מֻונַּחַת עֲדֵי עַד וּבִירוּשַׁלְמִי אִיכָּא פְּלוּגְתָּא בְּפֶרֶק מְשׁוּחַ מִלְחָמָה דְּיֵשׁ מִי שֶׁאוֹמְרִים אָרוֹן אֶחָד הָיָה [וְקָאָמַר הָתָם קְרָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה פֵּירוּשׁ שֶׁאוֹמֵר שֶׁשְּׁנֵי אֲרוֹנוֹת הָיוּ הָאָרוֹן וְיִשְׂרָאֵל יוֹשְׁבִים בְּסֻוכּוֹת וַהֲלֹא אָרוֹן בְּצִיּוֹן הָיָה מַאי עָבְדִין לֵיהּ רַבָּנָן שֶׁאוֹמְרִים אָרוֹן אֶחָד הָיָה] אֶלָּא שֶׁהָיָה בְּקֵירוּי . עַד שֶׁלֹּא נִבְנָה בֵּית הַבְּחִירָה פֵּירוּשׁ דִּבְסֻוכּוֹת דְּקָאָמְרִינַן לֹא שֶׁהָיָה עִמָּהֶם בַּמִּלְחָמָה אֶלָּא כְּלוֹמַר שֶׁהָיָה בְּקֵירוּי שֶׁל חוֹל שֶׁאֵינוֹ בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אע"פ שֶׁבְּכָךְ לֹא הָיוּ נֶאֱסָרִין בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וְגַם אוּרִיָּה עַצְמוֹ הָיָה נָשׂוּי בַּת שֶׁבַע אִם כֵּן לֹא הָיָה מַחְמִיר עַל עַצְמוֹ לִפְרֹושׁ מִן הָאִשָּׁה בִּשְׁבִיל שֶׁאֵינוֹ בַּמִּקְדָּשׁ מ"מ כֵּיוָן דְּאִיכָּא תַּרְתֵּי לְרֵיעוּתָא דְּיִשְׂרָאֵל הָיוּ בַּמִּלְחָמָה יוֹשְׁבִין בַּסֻּוכּוֹת וְגַם אָרוֹן אֵינוֹ בַּמִּקְדָּשׁ הָיָה רוֹצֶה לְהַחְמִיר עַל עַצְמוֹ וְאִי הֲוָה גָּרֵיס בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁהָיָה שֶׁלֹּא בְּקֵירוּי פֵּירוּשׁ אֶלָּא בְּתוֹךְ הַיְּרִיעָה נִיחָא טְפֵי דְּלִישָּׁנָא דְּקֵירוּי לָא מַשְׁמַע שֶׁיְּהֵא חוֹל:
Tout le temps que l'Arche et la Chekhina sont hors de leur place, Israël est interdit au tashmish hamita. C'est une difficulté pour le Ri. Dans l'affaire d'Ouria le Hittite, l'Arche était hors de sa place. Car il est écrit : (voici) l'Arche, et Israël [et Yehouda] (campent) [sont assis] dans des soukkot, et mon seigneur Yoav et les serviteurs de mon seigneur campent sur la face du champ, et moi [etc.] (je coucherais) [pour coucher] avec ma femme. On en deduit que les autres étaient permis au tashmish hamita, et qu'Ouria le Hittite était strict pour lui-même, parce qu'Israël était dans la détresse. Car David lui dit : (va,) descends à ta maison. Et de plus nous disons dans le perek Helek (Sanhedrin 107a), au sujet de David, qui a retourné sa couche de nuit en couche de jour, et cette halakha lui a été cachée, etc. On en deduit que la nuit c'était permis. Et le Ri dit qu'il y avait deux Arches. L'une, où étaient déposés les débris des Tables, et c'est celle-là qu'on emmenait aux guerres, comme on enseigne dans le Sifrei : Et l'Arche de l'alliance de ה' voyageait devant eux le jour. C'est celle qui sort avec eux au camp. Et c'est l'Arche de bois que Moché a faite en montant au Sinai, comme il est écrit au sujet des secondes Tables dans le Mishneh Torah : Et tu te feras une arche de bois. Et d'abord il y plaça aussi les secondes Tables, comme il est écrit : Et je placai les Tables dans l'arche que j'avais faite, jusqu'à ce que fut faite l'Arche d'or que fit Betsalel. Alors on y mit les secondes Tables, comme il est écrit : Et tu placeras dans l'Arche le temoignage que Je te donnerai. Et c'est ainsi qu'il fit, comme il est écrit dans Vayakhel. Et c'est de celle-là qu'il s'agit ici : on était interdit au tashmish hamita quand elle n'était pas à sa place. Et celle-là, on n'avait pas coutume de l'emmener à la guerre, comme il est écrit à Chilo : Qui nous sauvera de la main de ces elokim puissants, car rien de tel n'a eu lieu hier ni avant-hier, puisqu'on n'avait pas coutume de l'emmener. Et alors, quand ils l'emmenèrent, ils furent frappes et elle partit en exil, comme Rachi l'explique là-bas. Et ce qui était avec eux dans la guerre de Yehochoua, c'est sur parole (al pi ha-dibbour) qu'il faisait tout. Et ce que nous exposons au premier chapitre de Bava Batra (14a) : Il n'y avait dans l'Arche que..., cela enseigne que les Tables et les débris des Tables étaient déposés dans l'Arche, il s'agit de l'Arche que fit Betsalel, comme cela est indique là-bas : cela se trouvait dans la Maison éternelle, car ce verset est écrit au sujet de Chelomo. Et même selon celui qui expose à partir de : que tu as brisées, et vous les placerez dans l'Arche, il s'agit de la construction de la Maison, où elle fut déposée pour toujours. Et dans le Yerouchalmi il y a une discussion dans le perek Machouah Milhama : il y en a qui disent qu'il y avait une seule Arche. [Et il dit là-bas : le verset appuie Rabbi Yehouda. Explication : celui qui dit qu'il y avait deux Arches. L'Arche et Israël sont assis dans des soukkot. Mais l'Arche était à Tsion. Que font de ce verset les Sages qui disent qu'il y avait une seule Arche ?] Elle était sous un couvert (kirui), jusqu'à ce que fut bâtie la Maison du choix. Explication : les soukkot dont on parle veulent dire qu'elle était sous un couvert profane (hol), distinct du Temple. C'est cette place qu'elles décrivent : un couvert, hors du camp de guerre. Par cela ils n'étaient pas interdits au tashmish hamita. Ouria lui-même était marié à Bat Cheva : il n'était donc pas strict au point de se separer de sa femme parce que l'Arche n'était pas dans le Temple. Quoi qu'il en soit, puisqu'il y avait deux motifs de rigueur, Israël en guerre assis dans des soukkot, et l'Arche hors du Temple, il voulait être strict pour lui-même. Et si l'on lisait dans le Yerouchalmi qu'elle était hors du couvert, explication : à l'intérieur de la tenture (yeri'a), cela irait mieux. Car le mot kirui n'implique pas que la place soit profane.
💡 Explication

Tradition reçue : Arche et Chekhina hors de leur place, le tashmish hamita est interdit. Rachi fixe la nuit : embuscade sur la ville, Arche non ramenée le soir à Guilgal. C'est la nuit de periya u-revia annulée, celle dont parle Rabbi Abba bar Pappa.

Tossefot, le Ri : chez Ouria, l'Arche était aussi hors de place, et les autres restaient permis. Il y avait deux Arches. Celle des débris des Tables allait à la guerre. L'Arche d'or de Betsalel restait en place : c'est d'elle que parle l'interdit. À la guerre de Yehochoua, sa présence suivait une parole particulière.

🖼️ Schéma
La nuit qui pese sur Yehochoua Rachi relie l'ange, l'Arche et la periya Nuit de l'embuscade Torah reportée > Arche non ramenée à Guilgal > Tashmish interdit Periya annulée Tradition : Arche et Chekhina hors de leur place, tashmish hamita interdit.
Embuscade, Arche laissée hors de Guilgal, tashmish interdit : la nuit de periya annulée.
7
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: גָּדוֹל תַּלְמוּד תּוֹרָה יוֹתֵר מֵהַקְרָבַת תְּמִידִין, דְּאָמַר לֵיהּ: ״עַתָּה בָּאתִי״.

Rabbi Chmouel bar Inya a dit au nom de Rav : l'étude de la Torah est plus grande que l'offrande des temidim. Car il lui a dit : Maintenant je suis venu.

💡 Explication

Rav tire la comparaison du mot de l'ange. Il est venu pour le second manquement. Talmud Torah pese plus que l'offrande des temidim.

8
אָמַר רַב בְּרוֹנָא אָמַר רַב: כָּל הַיָּשֵׁן בְּקִילְעָא שֶׁאִישׁ וְאִשְׁתּוֹ שְׁרוּייִן בָּהּ, — עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״נְשֵׁי עַמִּי תְּגָרְשׁוּן מִבֵּית תַּעֲנֻוגֶיהָ״.

Rav Beruna a dit que Rav a dit : Quiconque dort dans la kila (chambre) où un homme et sa femme séjournent, à son sujet le verset dit : Les femmes de mon peuple, vous les chassez de la maison de leurs délices.

📜 Rachi (2)
בְּקִילְעָא בַּחֶדֶר:
Dans une chambre.
נְשֵׁי עַמּוֹ תְּגָרְשׁוּן שֶׁבּוֹשִׁין הֵן מִמֶּנּוּ:
Elles ont honte devant lui.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב כָּהֲנָא אָמַר רַב כָּל הַלָּן בְּקִילְעָא שֶׁאִישׁ וְאִשְׁתּוֹ יְשֵׁינִים בָּהּ עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר מִיכָה ב נְשֵׁי עַמִּי תְּגָרְשׁוּן מִבֵּית תַּעֲנֻוגֶיהָ. אָמַר רַב יוֹסֵף אֲפִילּוּ בְּאִשְׁתּוֹ נִדָּה. הָהוּא מְבוֹאָה דַּהֲוָה דָּיַיר בֵּיהּ הָמָן בַּר רִיסְתַּק א"ל אוֹגַר לָן רְשׁוּתָא. לָא אוֹגֵר לְהוּ. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי אֲמַר לְהוּ זִילוּ בַּטִּילוּ רְשׁוּתַייְכוּ לְגַבֵּי חַד דַּהֲוָה לֵיהּ יָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי וְיָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי לֹא אָסַר ואע"ג דְּאִינְהוּ אֲסִירֵי לְטַלְטֵל מֵחַצְרוֹתֵיהֶן לַמָּבוֹי כְּדִתְנַן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סט:) נָתְנוּ לוֹ רְשׁוּתָם הוּא מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין אַהֲנֵי מִיהָא לְגַבֵּי בֵּיתוֹ שֶׁל יָחִיד שֶׁמֻּותָּר לְהוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לַמָּבוֹי. וַאֲפִילּוּ לְעִנְיַן בָּתִּים הָאֲחֵרִים שֶׁבֶּחָצֵר מְהַנֵּי שֶׁהַיָּחִיד שֶׁבִּטְּלוּ לוֹ רְשׁוּתָן יָכוֹל לְהוֹצִיא מִבֵּיתוֹ כְּלֵי הַבָּתִּים לַמָּבוֹי שֶׁהָעֵירוּב עוֹשֶׂה אוֹתָם כְּבַיִת אֶחָד. וְגַם אִם הַחֲצֵירוֹת פְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וְעֵירְבוּ יָכוֹל הַיָּחִיד לְהוֹצִיא מִכָּל הַחֲצֵירוֹת וְהַבָּתִּים לַמָּבוֹי שֶׁנַּעֲשֵׂית הַכֹּל אֶחָד ע"י עֵירוּב. וּמִיהוּ כְּיָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי לָא חֲשִׁיב עַל יְדֵי הָעֵירוּב אֶחָד דא"כ לֹא יִצְטָרְכוּ לְעוֹלָם לִשְׂכֹּור דִּיעָרְבוּ כֻּולָּם יַחַד וְיִהְיוּ מֻותָּרִין בְּלֹא שְׂכִירוּת. אֲבָל עַל יְדֵי בִּיטּוּל הוּא לְבַדּוֹ מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין. אָמַר רָבָא אִם כֵּן בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי שֶׁהָרוֹאֶה שֶׁהוּא מוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לַמָּבוֹי יֹאמַר שֶׁמְּטַלְטֵל בַּמָּבוֹי בְּלֹא עֵירוּב. מַעֲשֶׂה בָּא לִפְנֵי רַשִׁ"י זַ"ל בְּחֻופָּה אַחַת שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ וְהֻוצְרְכוּ לְהוֹצִיא מִבַּיִת זֶה לְבַיִת זֶה וְהִתִּיר לָהֶם ע"י שֶׁבָּטְלוּ רְשׁוּתָם לְאֶחָד וְנִרְאֶה שֶׁאִם מוֹעִיל בִּטּוּל רְשׁוּת מִבַּיִת לַבַּיִת יִהְיוּ מֻותָּרִים כֻּולָּן לְטַלְטֵל אַף אוֹתָן שֶׁבִּטְּלוּ. אע"ג דְּהַמְבַטֵּל רְשׁוּת חֲצֵירוֹ אָסוּר לְהוֹצִיא מִן הַבַּיִת לֶחָצֵר הַייְנוּ לְפִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בֶּחָצֵר וּכְשֶׁהוּא מוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לֶחָצֵר נִרְאֶה כְּחוֹזֵר וּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ אֲבָל הֵיכָא שֶׁמּוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לְבֵית חֲבֵירוֹ אֵין זֶה כְּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ וְלֹא נִסְתַּלֵּק הַבִּטּוּל בְּכָךְ. וְכֵיוָן דְּמִשְׁתְּרוּ כּוּלְּהוּ עַל יְדֵי בִּיטּוּל לָא מְהַנֵּי הַבִּיטּוּל דְּאִם כֵּן בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתָן בָּתִּים שֶׁלֹּא יָחוּשׁוּ עוֹד לַעֲשׂוֹת עֵירוּב כֵּיוָן דְּמִשְׁתְּרוּ כּוּלְּהוּ בְּבִיטּוּל. וּמִיהוּ אִם יֵשׁ חֲדָרִים בַּבַּיִת יָכוֹל לְבַטֵּל הַבַּיִת בְּלֹא הַחֶדֶר וְעַתָּה יְהֵא אָסוּר לְהוֹצִיא מִן הַחֶדֶר לַבַּיִת כְּמוֹ מִן הַבַּיִת לֶחָצֵר וְלֹא שַׁיָּיךְ בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב שֶׁהֲרֵי יִשְׂתַּכֵּר בָּעֵירוּב יוֹתֵר מִבִּיטּוּל. וְרַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דַּאֲפִילּוּ אֵין חֲדָרִים בַּבַּיִת יָכוֹל לְבַטֵּל בֵּיתוֹ שֶׁהֲרֵי אָסוּר לְהַחֲזִיר כֵּלָיו מִבֵּית חֲבֵירוֹ לְבֵיתוֹ דַּעְתָּהּ הוּא מַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁבָּטֵל וְכֵיוָן דְּמַפְסִיד בְּדָבָר לֹא בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב. ור"ת זַ"ל הָיָה מְדַקְדֵּק מֵהָא דִּפְלִיגִי שְׁמוּאֵל וְרַבִּי יוֹחָנָן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סו.) בְּבִטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר וּבְבִטּוּל רְשׁוּת בְּחֻורְבָּה מַשְׁמַע דְּמִבַּיִת לְבַיִת אָסוּר לכ"ע מִדְּלָא אַיְירֵי בָּהּ. וּמִטַּעְמָא דְּפָרֵישִׁית שֶׁמֻּותָּר כּוּלְּהוּ לְטַלְטֵל מִזֶּה לָזֶה וְכֵיוָן דְּשָׁרְיָא לְכוּלְּהוּ בִּטַּלְתָּ ת.רַת עֵירוּב וְיָבֹא לְטַלְטֵל אֲפִילּוּ בְּלֹא בִּיטּוּל. וְהַךְ סְבָרָא לֵיתָא כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל מִשּׁוּם דְּאָסוּר לְהַחֲזִיר הַכֵּלִים מִבֵּית חֲבֵירוֹ. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מֵהַהִיא יָנוֹקָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חֲמִימֵיהּ לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סז:) שֶׁהִתִּיר רַבָּה לוֹמַר לְנָכְרִי דְּלַיְיתֵי מִגּוֹ בֵּיתוֹ אע"פ שֶׁלֹּא עֵירֵב וְאַמַּאי לִיבַטְּלוּ כֻּולְּהוּ רְשׁוּתַייְהוּ לְהַהוּא בֵּיתָא דַּהֲוָה בֵּיהּ קָטָן דְּמִסְּתָמָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן סְבִירָא לֵיהּ דְּיֵשׁ בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר כִּדְאָמַר בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּתָא דְּרַבָּה כְּרַבִּי יוֹחָנָן סְבִירָא לֵיהּ. אֶלָּא וַדַּאי רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה דְּאֵין בִּטּוּל רְשׁוּת מִבַּיִת לְבַיִת. וְנִרְאֶה דְּאֵין מִשָּׁם רְאָיָה דע"כ הָווּ חֲצֵירוֹת לַמָּבוֹי כִּדְקָאָמַר הָתָם וְהָא לָא עָרְבִינַן וְהָא לָא שֶׁתַּפִּינַן וְהָיוּ יְכוֹלִין לְהָבִיא חַמִּין דֶּרֶךְ חֲצֵירוֹת וּמָבוֹי לְבַיִת שֶׁהָיָה בּוֹ הַקָּטָן. וּמַה שֶׁלֹּא עָשׂוּ כֵּן צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁלֹּא הָיוּ שָׁם הַבְּעָלִים שֶׁיְּבַטְּלוּ רְשׁוּתָם. אֶלָּא אָמַר רָבָא לֵיזַל חַד מִינַּייְהוּ וְלִישָּׁאֵל מִינֵּיהּ דֻּוכְתָּא וְלִיתּוֹב בֵּהּ מִידֵּי דְּהָוֵה לֵיהּ כִּשְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף הָיוּ חֲמִשָּׁה שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ מַהוּ. אֲמַר לֵיהּ אִם אָמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהָקֵל יֹאמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהַחֲמִיר: גּוּפָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן כַּמָּה מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתְּתָא:
Rav Kahana a dit que Rav a dit : Quiconque passe la nuit dans une kila où un homme et sa femme dorment, à son sujet le verset dit (Mikha 2) : Les femmes de mon peuple, vous les chassez de la maison de leurs délices. Rav Yossef a dit : même pour sa femme nida. Il y avait un maboy où habitait Haman bar Ristak. Ils lui dirent : Loue-nous ton droit. Il ne le leur loua pas. Ils vinrent devant Abaye. Il leur dit : Allez, annulez vos droits en faveur d'un seul. Cela devient un yahid (un seul) à la place d'un nokhri (non-Juif), et un yahid à la place d'un nokhri n'interdit pas. Et bien qu'eux soient interdits de transporter de leurs cours vers le maboy, comme la michna l'enseigne plus loin (Erouvin 69b) : ils lui ont donne leur droit, lui est permis et eux sont interdits, cela sert du moins pour la maison du yahid : il lui est permis de sortir de sa maison vers le maboy. Et même pour les autres maisons de la cour, cela sert : le yahid en faveur de qui ils ont annulé leur droit peut sortir de sa maison les ustensiles des maisons vers le maboy, car l'érouv les rend comme une seule maison. Et même si les cours sont ouvertes l'une sur l'autre et qu'ils ont fait un érouv, le yahid peut sortir de toutes les cours et de toutes les maisons vers le maboy, car le tout est devenu un par l'érouv. Cependant, par l'érouv, on ne les compte pas comme un seul yahid à la place d'un nokhri. Sinon ils n'auraient jamais besoin de louer : ils feraient tous l'érouv ensemble et seraient permis sans location. Mais par le bitoul, lui seul est permis, et eux sont interdits. Rava a dit : si oui, tu as annule la règle de l'érouv pour ce maboy. Car celui qui le voit sortir de sa maison vers le maboy dira qu'on transporte dans le maboy sans érouv. Un cas est venu devant Rachi zal, à une houppa : ils avaient oublié et n'avaient pas fait l'érouv, et ils devaient sortir d'une maison à l'autre. Il le leur a permis, du fait qu'ils annulèrent leur droit en faveur d'un seul. Et il semble que, si le bitoul du droit de maison à maison est efficace, tous seront permis de transporter, même ceux qui ont annulé. Celui qui annule le droit de sa cour est interdit de sortir de la maison vers la cour : il a une part dans la cour, et quand il sort de sa maison vers la cour il a l'air de revenir prendre possession de son droit. Là où il sort de sa maison vers la maison de son prochain, cela ne ressemble pas à une reprise de son droit, et le bitoul ne se défait pas par là. Et puisque tous deviennent permis par le bitoul, le bitoul ne sert pas. Sinon tu as annule la règle de l'érouv pour ces maisons : ils ne se soucieront plus de faire un érouv, puisque tous deviennent permis par le bitoul. Cependant, s'il y a des pièces dans la maison, il peut annuler la maison sans la pièce. Alors il sera interdit de sortir de la pièce vers la maison, comme de la maison vers la cour. On ne dit pas qu'on a annulé la règle de l'érouv, car on gagne par l'érouv plus que par le bitoul. Et Rabbeinou Chimchon zal disait : même s'il n'y a pas de pièces dans la maison, il peut annuler sa maison. Car il est interdit de ramener ses ustensiles de la maison de son prochain vers sa maison : là, il reprend possession du droit qu'il a annulé. Et puisqu'il perd dans l'affaire, on n'a pas annule la règle de l'érouv. Et Rabbeinou Tam zal précisait, à partir de ce que Chmouel et Rabbi Yo'hanan divergent plus loin (Erouvin 66a) sur le bitoul du droit de cour à cour et sur le bitoul du droit dans une ruine : de maison à maison, c'est interdit pour tout le monde, puisqu'on n'en parle pas. Et pour la raison déjà dite : tous seraient permis de transporter de l'un à l'autre, et puisque c'est permis à tous, on a annulé la règle de l'érouv, et l'on viendra à transporter même sans bitoul. Et ce raisonnement ne tient pas, comme explique plus haut, parce qu'il est interdit de ramener les ustensiles depuis la maison du prochain. Et il a encore apporte une preuve de cet enfant dont l'eau chaude s'était renversée, plus loin (Erouvin 67b) : Rabba a permis de dire à un nokhri d'apporter depuis l'intérieur de sa maison, bien qu'il n'eût pas fait l'érouv. Pourquoi ? Qu'ils annulent tous leur droit en faveur de cette maison où se trouvait l'enfant. Car vraisemblablement il tient comme Rabbi Yo'hanan, qu'il y a bitoul de droit de cour à cour, comme on dit dans cette discussion que Rabba tient comme Rabbi Yo'hanan. Donc Rabbi Yo'hanan convient qu'il n'y a pas de bitoul de droit de maison à maison. Et il semble qu'il n'y a pas de preuve de là. Car il s'agissait nécessairement de cours ouvrant sur un maboy, comme on dit là-bas : mais nous n'avons pas fait d'érouv, et nous n'avons pas fait de chitouf. Et ils auraient pu apporter l'eau chaude par les cours et le maboy jusqu'à la maison où était l'enfant. S'ils ne l'ont pas fait, il faut dire que les propriétaires n'étaient pas là pour annuler leur droit. Mais Rava a dit : que l'un d'eux aille et lui demande un emplacement, et qu'il y dépose quelque chose, ce qui le rend comme son salarié et son homme de peine (sekhiro ve-lakito). Et Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié et son homme de peine donne son érouv, et cela suffit. Abaye dit à Rav Yossef : s'ils sont cinq, ses salariés et ses hommes de peine, qu'en est-il ? Il lui dit : s'ils ont dit sekhiro ve-lakito pour alléger, diraient-ils sekhiro ve-lakito pour alourdir ? Revenons au corps de l'enseignement. Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié et son homme de peine donne son érouv, et cela suffit. Rav Nahman a dit : combien cet enseignement est bon.
💡 Explication

Enseignement lié à la nuit où le couple est gêné. Dormir dans la kila, la chambre où l'homme et la femme séjournent, les empêche d'être ensemble. Rachi : ils ont honte devant lui. Le verset est Mikha 2, 9 : les femmes chassées de la maison de leurs délices.

Le Roch ouvre le même enseignement au nom de Rav Kahana, puis enchaine la halakha du maboy et les discussions de bitoul de maison à maison, jusqu'àu sekhiro ve-lakito.

9
וְאָמַר רַב יוֹסֵף: אֲפִילּוּ בְּאִשְׁתּוֹ נִדָּה.

Et Rav Yossef a dit : même pour sa femme nida.

💡 Explication

Rav Yossef étend l'interdit à la nida. Même quand le tashmish est déjà interdit, le couple tient a rester seul. Un tiers dans la chambre reste un tort.

10
רָבָא אָמַר: אִם אִשְׁתּוֹ נִדָּה הִיא — תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה. וְלֹא הִיא, דְּעַד הָאִידָּנָא מַאן נַטְרֵיהּ?

Rava a dit : si sa femme est nida, qu'une bénédiction vienne sur lui. Mais non : jusqu'à présent, qui le gardait ?

💡 Explication

Rava : si la femme est nida, celui qui dort la merite une bénédiction, il garde le couple de la faute. La Guemara repond par une question : jusqu'à présent, qui le gardait ? Le mari se gardait déjà seul. Le tiers gêne le couple : la garde ne manquait pas.

11
הָהוּא מְבוֹאָה דַּהֲוָה דָּיַיר בָּהּ לַחְמָן בַּר רִיסְתַּק. אָמְרוּ לֵיהּ: אוֹגַר לָן רְשׁוּתְךָ, לָא אוֹגֵר לְהוּ.

Il y avait un maboy (ruelle) où habitait Lahman bar Ristak. Ils lui dirent : Loue-nous ton droit.

Il ne le leur loua pas.

📜 Rachi (1)
לַחְמָן בַּר רִיסְתַּק כָּךְ שְׁמוֹ:
Tel était son nom.
🗂️ Tossefot (1)
לַחְמָן בַּר רִיסְתַּק ר"ח גָּרֵיס הַמָּן:
Rabbeinou Hananel lit : Haman.
💡 Explication

Retour à l'érouv du maboy. Un goy y habite, Lahman bar Ristak. Les voisins juifs lui demandent de louer son droit d'usage, pour pouvoir transporter. Il refuse. Tossefot : Rabbeinou Hananel lit le nom Haman, comme le Roch.

12
אֲתוֹ אֲמַרוּ לֵיהּ לְאַבָּיֵי. אֲמַר לְהוּ: זִילוּ בַּטִּילוּ רְשׁוּתַיְיכוּ לְגַבֵּי חַד, הָוֵה לֵיהּ יָחִיד בִּמְקוֹם גּוֹי, וְיָחִיד בִּמְקוֹם גּוֹי לָא אָסַר.

Ils vinrent le dire à Abaye. Il leur dit : Allez, annulez vos droits en faveur d'un seul.

Cela devient un yahid (un seul) à la place d'un goy, et un yahid à la place d'un goy n'interdit pas.

📜 Rachi (1)
בַּטִּילוּ רְשׁוּתַיְיכוּ דְּמָבוֹי לְגַבֵּי חַד מִינַּייְכוּ וְאַף עַל גַּב דְּאִינְהוּ אֲסוּרִים לְהוֹצִיא מֵחַצְרוֹתֵיהֶם לַמָּבוֹי כְּדִתְנַן נָתְנוּ לוֹ רְשׁוּתָן הוּא מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין אַהֲנֵי לֵיהּ מִיהָא לְטַלְטֵל בְּכָל הַמָּבוֹי כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכוֹ וְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּבֵית הַיָּחִיד שֶׁבִּטְּלוּ רְשׁוּתָן אֶצְלוֹ דְּאִי לָאו הָכִי אֲסִירֵי לְטִלְטוּלֵי בֵּיהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּמַס' שַׁבָּת בְּפֶרֶק ר"א אוֹמֵר אִם לֹא הֵבִיא כְּלִי (דַּף קַל:):
Ceux du maboy, en faveur de l'un d'entre vous. Et bien qu'eux soient interdits de sortir de leurs cours vers le maboy, comme la michna l'enseigne : ils lui ont donne leur droit, lui est permis et eux sont interdits, cela lui sert du moins à transporter dans tout le maboy les ustensiles qui ont fait chabbat dedans, et les ustensiles qui ont fait chabbat dans la maison du yahid en faveur de qui ils ont annulé leur droit. Car sinon ils seraient interdits d'y transporter, comme nous le disons dans le traite Chabbat, au chapitre Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporte un ustensile (130b).
🗂️ Tossefot (1)
בַּטִּילוּ רְשׁוּתַייְכוּ לְגַבֵּי חַד מִינַּייְכוּ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אע"ג דְּאִינְהוּ אֲסִירֵי לְהוֹצִיא מֵחַצְרוֹתֵיהֶן לַמָּבוֹי כְּדִתְנַן נָתְנוּ לוֹ רְשׁוּתָן הוּא מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין אַהֲנֵי לְהוּ מִיהוּ לְטַלְטֵל בְּכָל הַמָּבוֹי כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכוֹ וְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּבֵית הַיָּחִיד שֶׁבִּטְּלוּ רְשׁוּתָם אֶצְלוֹ דְּאִי לָאו הָכִי הָווּ אֲסִירֵי לְטִלְטוּלֵי בֵּיהּ כִּדְאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת פֶּרֶק ר"א אוֹמֵר אִם לֹא הֵבִיא (דַּף קַל:) דְּמָבוֹי שֶׁלֹּא נִשְׁתַּתְּפוּ בּוֹ עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת עִם הַבָּתִּים אֵין מְטַלְטְלִין בּוֹ אֶלָּא בְּאַרְבַּע אַמּוֹת לֹא עֵירְבוּ חֲצֵירוֹת עִם הַבָּתִּים מֻותָּר לְטַלְטֵל בְּכֻולּוֹ דִּכְשֶׁעֵירְבוּ חֲצֵירוֹת עִם הַבָּתִּים שְׁכִיחִי מָאנֵי דְּבָתִּים בֶּחָצֵר וְגָזְרִינַן דִּלְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקִינְהוּ מֵחָצֵר לְמָבוֹי לְפִיכָךְ אָסוּר לְטַלְטֵל בַּמָּבוֹי אֶלָּא בְּד' אַמּוֹת אֲבָל בְּשֶׁלֹּא עֵירְבוּ דְּלָא שְׁכִיחִי מָאנֵי דְבָתִּים בְּחָצֵר לֵיכָּא לְמִיגְזַר דְּאִי מִשּׁוּם דִּלְמָא אָתֵי לְטִלְטוּלֵי כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בֶּחָצֵר לַמָּבוֹי רַב לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף צֵא.) הֲלָכָה כְּר"ש דְּאָמַר חָצֵר וְקַרְפֵּף וּמָבוֹי רְשׁוּת אַחַת הֵן וְהוּא שֶׁלֹּא עֵירְבוּ כִּדְפֵירֵשׁ הָתָם בַּקּוּנְטְרֵס וְקַשְׁיָא לר"י דְּמִסְּתָמָא הָנֵי דִּשְׁמַעְתִּין הָיוּ מְעָרְבִין חֲצֵירוֹת עִם הַבָּתִּים וּרְשׁוּת הַמָּבוֹי לְבַדּוֹ הָיוּ מְבַטְּלִין דְּאִי לֹא הָיוּ מְעָרְבִין א"כ הָיוּ מַפְסִידִין כָּל הַחֲצֵירוֹת שֶׁלֹּא הָיוּ יְכוֹלִין לְהוֹצִיא לָהֶן מִן הַבָּתִּים וְטוֹב הָיָה לָהֶם שֶׁיְּהוּ מֻותָּרִין בַּחֲצֵירוֹת וְיֵאָסְרוּ כֻּולָּם בַּמָּבוֹי מִמַּה שֶׁהָיוּ כֻּולָּן אֲסוּרִין בַּחֲצֵירוֹת וּבְמָבוֹי בִּשְׁבִיל הָאֶחָד שֶׁהָיָה מֻותָּר וְכֵיוָן שֶׁהָיוּ מְעָרְבִין בַּחֲצֵירוֹת א"כ לֹא יִתָּכֵן מַה שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּאַהֲנֵי בִּיטּוּל זֶה לְטַלְטֵל בְּכָל הַמָּבוֹי כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹכוֹ וְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּבֵית הַיָּחִיד דְּהָא כֵּיוָן דְּעֵירְבוּ חֲצֵירוֹת עִם הַבָּתִּים אֵין מְטַלְטְלִין בּוֹ אֶלָּא בַּד' וְעוֹד דקי"ל כְּוָותֵיהּ דר"י דְּאָמַר לְקַמָּן (שָׁם) הֲלָכָה כְּר"ש דְּאָמַר קַרְפֵּף וְחָצֵר רְשׁוּת אַחַת הֵן בֵּין עֵירְבוּ בֵּין לֹא עֵירְבוּ וְלָא קי"ל כְּהַהִיא דְּרַב דְּשַׁבָּת וא"כ מִתְּחִילָּה נָמֵי הָיָה מֻותָּר לְטַלְטֵל בְּכֻולּוֹ וּמִיהוּ לְגַבֵּי בֵּית הַיָּחִיד וַדַּאי מְהַנֵּי בִּיטּוּל וְאַפֵּי' לְשַׁתֵּף בָּתֵּי הָאֲחֵרִים מְהַנֵּי לְעִנְיָן שֶׁהַיָּחִיד שֶׁבִּיטְּלוּ רְשׁוּתָן אֶצְלוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיא כְּלֵי בָּתֵּיהֶן לַמָּבוֹי שֶׁהָעֵירוּב עוֹשֶׂה אוֹתָן כְּבַיִת אֶחָד וְגַם אִם הַחֲצֵירוֹת פְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וְעֵירְבוּ יָכוֹל הַיָּחִיד לְהוֹצִיא מִכָּל הַבָּתִּים וְהַחֲצֵירוֹת לַמָּבוֹי שֶׁנַּעֲשִׂין הַכֹּל אֶחָד עַל יְדֵי עֵירוּב וּמִכָּל מָקוֹם יָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי לָא חֲשִׁיב ע"י עֵירוּב שֶׁאִם כֵּן לֹא הָיָה צָרִיךְ לְעוֹלָם לִשְׂכֹּור וְאֵין לוֹמַר כֵּיוָן שֶׁעַל יְדֵי בִּיטּוּל מִשְׁתְּרֵי לֹא הָיָה צָרִיךְ לִשְׂכֹּור עוֹד כִּי וַדַּאי יִצְטָרְכוּ שֶׁהַבִּיטּוּל אֵינוֹ מַתִּיר אֶלָּא לְיָחִיד אֲבָל הַשְּׁאָר אֲסוּרִין שֶׁאִם יוֹצִיאוּ הֲרֵי הֵן מַחֲזִיקִין בִּרְשׁוּתָן שֶׁיֵּשׁ לָהֶם בַּמָּבוֹי קֹודֶם הַבִּיטּוּל וּבָטֵל הַבִּיטּוּל בְּכָךְ וְהָווּ לְהוּ מְרֻובִּין בִּמְקוֹם נָכְרִי וְאִם תֹּאמַר כֵּיוָן שֶׁכָּל הַחֲצֵירוֹת נַעֲשׂוֹת אַחַת גַּם בָּתֵּיהֶם כְּמוֹ כֵן נַעֲשִׂין אֶחָד עַל יְדֵי עֵירוּב כְּשֶׁיְּבַטְּלוּ הַמָּבוֹי לְאֶחָד לָמָּה יִהְיוּ הֵם אֲסוּרִין וְכִי אִם שְׁנַיִם דָּרִים בְּבַיִת אֶחָד וּבָטְלוּ בְּנֵי הֶחָצֵר רְשׁוּתָן לְאֶחָד מֵהַשְּׁנַיִם וְכִי לְבַדּוֹ יְהֵא מֻותָּר לְהוֹצִיא מִן הַבַּיִת לֶחָצֵר וַחֲבֵירוֹ הַדָּר עִמּוֹ יְהֵא אָסוּר וְלֹא יוֹעִיל הַבִּיטּוּל לוֹ זֶה אֵינוֹ קַשְׁיָא כְּלוּם כִּי אִם נִרְצֶה נוּכַל לוֹמַר אִין הָכִי נָמֵי מִיהוּ לָא צְרִיכִין לְמֵימַר הָכִי כִּי אֲפִי' אִם נֹאמַר שא"א שֶׁיְּהֵא זֶה אָסוּר וְזֶה מֻותָּר אֶלָּא לִשְׁנֵיהֶם מוֹעִיל הַבִּיטּוּל בְּשָׁוֶה אע"פ שֶׁלֹּא בִּיטְּלוֹ אֶלָּא לְאֶחָד יֵשׁ לִיתֵּן טַעַם גָּדוֹל בַּדָּבָר כִּי שְׁנַיִם בְּבַיִת אֶחָד כְּאִישׁ אֶחָד דָּמוּ וְגַם לְעִנְיַן לִהְיוֹת יָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי אֲבָל ע"י עֵירוּב אֵין נַעֲשִׂין יָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי וה"ה לְעִנְיַן בִּיטּוּל לוֹמַר שֶׁכְּמוֹ שֶׁיּוֹעִיל הַבִּיטּוּל לְאוֹתָן שֶׁבִּיטְּלוּ יוֹעִיל לוֹ לַחֲבֵירָיו שֶׁלֹּא יַחְשְׁבוּ כְּאִישׁ אֶחָד וְעוֹד דְּאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כָּאן לְהַתִּיר לְכֻולָּן מִכֹּחַ שֶׁהַבִּיטּוּל יוע"ל לְכֻולָּן כִּשְׁנַיִם הַדָּרִים בְּבַיִת אֶחָד שא"כ אֵין כָּאן בִּיטּוּל כְּלָל שֶׁכְּמוֹ שֶׁמִּתְּחִילָּה הָיְתָה רְשׁוּת לְכֻולָּן ה"נ תְּהֵא עַתָּה לְכֻולָּן וַהֲרֵי הֵם כְּבַתְּחִילָּה מְרֻובִּין בְּמָקוֹם נָכְרִים וְעוֹד דִּבְהֶדְיָא אָמַר דְּצָרִיךְ לְבַטֵּל לְכָל אֶחָד מֵאוֹתָן שֶׁעֵירְבוּ לְמָאֵן דְּאִית לֵיהּ לְעֵיל בְּעַיִן רָעָה מְבַטֵּל וְאִידָךְ נָמֵי מוֹדֶה שֶׁאִם פֵּירֵשׁ בְּהֶדְיָא שֶׁאֵינוֹ מְבַטֵּל רַק לְאֶחָד שֶׁלֹּא בִּיטֵּל לַאֲחֵרִים אע"פ שֶׁעֵירְבוּ עִם זֶה שֶׁבִּיטֵּל לוֹ וא"ת כֵּיוָן שֶׁעַל יְדֵי עֵירוּב שֶׁהִנִּיחוּ כָּל הַחֲצֵירוֹת יַחַד הָיָה מַתִּיר לְכֻולָּן הָא דְּפָרִיךְ רָבָא א"כ בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי וּמְשַׁנֵּי דִּמְעָרְבִי מֵעִיקָּרָא נָמֵי דַּוְוקָא ע"י עֵירוּב הָיָה מַתִּיר כְּדֵי לַעֲשׂוֹת תַּקָּנָה לְכֻולָּן שֶׁהַיָּחִיד הָיָה מוֹצִיא כְּלֵי בָּתֵּיהֶן לַמָּבוֹי כִּדְפָרֵישִׁית וי"ל דְּרָבָא סָבַר שֶׁבָּא לְהַתִּיר כֵּלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּבֵית הַיָּחִיד בְּלֹא עֵירוּב הַחֲצֵירוֹת וְלֹא הָיָה יוֹדֵעַ שֶׁפְּתוּחוֹת זוֹ לְזוֹ וּלְפִי מַה שֶׁהָיָה סָבוּר שֶׁלֹּא הָיוּ פְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ מַה שֶׁהָיָה מַקְשֶׁה בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי בְּשִׁיתּוּף מַייְרֵי דְּקָרֵי לֵיהּ עֵירוּב:
Annulez vos droits en faveur de l'un d'entre vous. Rachi explique dans le commentaire : bien qu'eux soient interdits de sortir de leurs cours vers le maboy, comme la michna l'enseigne : ils lui ont donne leur droit, lui est permis et eux sont interdits, cela leur sert cependant à transporter dans tout le maboy les ustensiles qui ont fait chabbat dedans, et les ustensiles qui ont fait chabbat dans la maison du yahid en faveur de qui ils ont annulé leur droit. Car sinon ils seraient interdits d'y transporter, comme nous le disons dans le traite Chabbat, chapitre Rabbi Eliezer dit : s'il n'a pas apporte (130b). Un maboy où l'on n'a pas fait de chitouf des érouvéi hatserot avec les maisons : on n'y transporte que dans quatre coudées. S'ils n'ont pas fait d'érouv des cours avec les maisons, il est permis de transporter dans tout le maboy. Car, quand ils ont fait l'érouv des cours avec les maisons, les ustensiles des maisons sont fréquents dans la cour, et l'on décrète de crainte qu'on vienne à les sortir de la cour vers le maboy. C'est pourquoi il est interdit de transporter dans le maboy, hors des quatre coudées. Mais quand ils n'ont pas fait d'érouv, les ustensiles des maisons ne sont pas fréquents dans la cour, et il n'y a pas lieu de décréter. Et quant à la crainte qu'on vienne à transporter vers le maboy les ustensiles qui ont fait chabbat dans la cour, Rav suit son raisonnement, lui qui dit plus loin (Erouvin 91a) : la halakha est comme Rabbi Chimon, qui dit que cour, karpef (enclos) et maboy sont un seul domaine, et c'est à condition qu'ils n'aient pas fait d'érouv, comme le commentaire l'explique là-bas. Et c'est difficile pour le Ri. Vraisemblablement, ceux de notre enseignement faisaient l'érouv des cours avec les maisons, et ils n'annulaient que le droit du maboy. Car s'ils ne faisaient pas d'érouv, ils perdaient toutes les cours : ils ne pouvaient pas sortir depuis les maisons vers elles. Mieux valait pour eux d'être permis dans les cours et tous interdits dans le maboy, que d'être tous interdits dans les cours et dans le maboy à cause du seul qui serait permis. Et puisqu'ils faisaient l'érouv dans les cours, l'explication du commentaire ne se tient pas sur ce point : que ce bitoul serve à transporter dans tout le maboy les ustensiles qui ont fait chabbat dedans et les ustensiles qui ont fait chabbat dans la maison du yahid. Car, des lors qu'ils ont fait l'érouv des cours avec les maisons, on n'y transporte que dans quatre coudées. De plus, nous tenons comme Rabbi Yo'hanan, qui dit plus loin (ibid.) : la halakha est comme Rabbi Chimon, qui dit que karpef et cour sont un seul domaine, qu'ils aient fait l'érouv ou qu'ils ne l'aient pas fait. Et nous ne tenons pas comme cet enseignement de Rav dans Chabbat. Dès lors, dès le début aussi, il était permis de transporter dans tout le maboy. Cependant, pour la maison du yahid, le bitoul sert à coup sûr. Et même pour associer les autres maisons, il sert en ceci : le yahid en faveur de qui ils ont annulé leur droit peut sortir les ustensiles de leurs maisons vers le maboy, car l'érouv les rend comme une seule maison. Et même si les cours sont ouvertes l'une sur l'autre et qu'ils ont fait l'érouv, le yahid peut sortir de toutes les maisons et de toutes les cours vers le maboy, car le tout devient un par l'érouv. Quoi qu'il en soit, par l'érouv on ne les compte pas comme un yahid à la place d'un nokhri. Sinon on n'aurait jamais besoin de louer. Et l'on ne dira pas : puisque par le bitoul ils deviennent permis, on n'aurait plus besoin de louer. Car à coup sûr ils en auront encore besoin : le bitoul ne permet qu'au yahid, et les autres restent interdits. S'ils sortent, ils reprennent possession du droit qu'ils avaient dans le maboy avant le bitoul, le bitoul se défait par là, et les voila de nouveau plusieurs à la place d'un nokhri. Et si tu dis : puisque toutes les cours deviennent une, leurs maisons aussi deviennent une par l'érouv ; quand ils annulent le maboy en faveur d'un seul, pourquoi seraient-ils interdits ? Si deux habitent une seule maison, et que les gens de la cour annulent leur droit en faveur de l'un des deux, lui seul serait-il permis de sortir de la maison vers la cour, et son compagnon qui habite avec lui serait-il interdit, le bitoul ne lui servant pas ? Cela ne fait aucune difficulté. Si l'on veut, on peut dire : oui, ainsi. Cependant on n'a pas besoin de le dire. Même si l'on dit qu'il est impossible que l'un soit interdit et l'autre permis, et que le bitoul sert aux deux à égalité, bien qu'ils n'aient annule qu'en faveur d'un seul, il y a une grande raison : deux dans une seule maison comptent comme un seul homme, y compris pour être un yahid à la place d'un nokhri. Mais par l'érouv ils ne deviennent pas un yahid à la place d'un nokhri. Il en va de même pour le bitoul, si l'on voulait dire : de la même facon que le bitoul sert à ceux qui ont annulé, il servirait a ses compagnons, au point qu'on les compterait comme un seul homme. De plus, on ne peut pas dire ici qu'on permet a tous parce que le bitoul servirait à tous comme à deux qui habitent une seule maison. Sinon il n'y a aucun bitoul : de même qu'au début le droit appartenait à tous, maintenant aussi il appartiendrait à tous, et les voila comme au début, plusieurs à la place de nokhrim. De plus, il est dit explicitement qu'il faut annuler en faveur de chacun de ceux qui ont fait l'érouv, selon celui qui tient plus haut que l'on annule avec un œil mauvais (ayin raa). Et l'autre avis convient aussi : s'il a dit explicitement qu'il n'annule qu'en faveur d'un seul, il n'a pas annule pour les autres, même s'ils ont fait l'érouv avec celui en faveur de qui il a annulé. Et si tu dis : puisque par l'érouv que toutes les cours ont depose ensemble, cela permettait a tous, c'est ce qu'objecte Rava : si oui, tu as annule la règle de l'érouv de ce maboy. Et l'on repond qu'ils font l'érouv dès le début aussi : précisément par l'érouv cela permettait, afin de faire un arrangement pour tous, le yahid sortant les ustensiles de leurs maisons vers le maboy, comme explique. On peut dire : Rava pensait qu'on venait permettre les ustensiles qui ont fait chabbat dans la maison du yahid sans érouv des cours, et il ne savait pas que les cours étaient ouvertes l'une sur l'autre. Et selon ce qu'il pensait, qu'elles n'étaient pas ouvertes l'une sur l'autre, son objection, tu as annule la règle de l'érouv de ce maboy, parle du chitouf, qu'il appelle érouv.
💡 Explication

Abaye : tous font bitoul reshut, ils cèdent leur droit d'usage du maboy à un seul. On se retrouve dans le cas déjà tranche : un yahid à la place d'un goy, le goy n'interdit pas. Rachi : les autres restent interdits de sortir de leur cour vers le maboy. Le yahid, lui, transporte dans tout le maboy les ustensiles qui y ont fait chabbat, et ceux de sa maison.

Tossefot restreint le gain. Si les cours sont déjà liées par l'érouv, le transport dans le maboy avait ses propres règles. Le bitoul sert surtout au yahid pour sortir les ustensiles des maisons. L'érouv ne fait pas de plusieurs un seul yahid : sinon on n'aurait jamais besoin de louer au goy.

🖼️ Schéma
Qui transporte après le bitoul Rachi sur le conseil d'Abaye Qui Après le bitoul vers un seul Le yahid Permis dans le maboy Les autres Interdits de sortir de leur cour vers le maboy Ustensiles du maboy Le yahid peut les transporter dans tout le maboy Maison du yahid Ustensiles qui y ont fait chabbat : permis au yahid
Après le bitoul, le yahid transporte dans le maboy. Les autres restent interdits d'y sortir depuis leur cour.
13
אָמְרוּ לֵיהּ: מִידֵּי הוּא טַעְמָא אֶלָּא דְּלָא שְׁכִיחַ דְּדָיְירִי, וְהָכָא הָא קָדָיְירִי!

Ils lui dirent : La raison n'est-elle pas seulement qu'il n'est pas courant qu'on y habite ainsi ? Et ici, ils habitent bien !

💡 Explication

Les voisins objectent. Le cas du yahid avec un goy est permis parce qu'habiter ainsi n'est pas courant (lo shekhiah). Ici, plusieurs habitants sont bien la, avec le goy. La situation, elle, est courante. Le décret devrait donc s'appliquer.

14
אֲמַר לְהוּ: כָּל בַּטּוֹלֵי רְשׁוּתַיְיהוּ גַּבֵּי חַד, מִילְּתָא דְלָא שְׁכִיחָא הִיא, וּמִילְּתָא דְּלָא שְׁכִיחָא, לָא גָּזְרוּ בָּהּ רַבָּנָן.

Il leur dit : Tout bitoul de leurs droits en faveur d'un seul est une chose qui n'est pas courante. Et une chose qui n'est pas courante, les Sages n'y ont pas décrété.

💡 Explication

Abaye déplace le point rare. Plusieurs Juifs avec un goy, c'est courant, et les Sages ont décrété. Le bitoul de tous vers un seul, lui, n'est pas courant. Sur une chose rare, les Sages n'ont pas fait de gezerah. On peut donc s'appuyer sur la règle du yahid.

🖼️ Schéma
Pourquoi le bitoul tient Lo shekhiah : pas de gezerah Cas ordinaire Plusieurs Juifs avec un goy Les Sages ont décrété Bitoul de tous vers un seul Chose rare Pas de décret Abaye : sur une chose qui n'est pas courante, les Sages n'ont pas décrété.
Le bitoul de plusieurs vers un seul est rare. Sur une chose rare, pas de décret.
15
אֲזַל רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לֵיהּ:

Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, alla rapporter cet enseignement devant Rava. Il lui dit :

💡 Explication

L'amoud s'arrête sur la transmission. Rav Houna fils de Rav Yehochoua rapporte la shemaata d'Abaye devant Rava. La réponse de Rava ouvre le daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).