Eruvin 64a - Le goy qui ne loue pas, le sakhir, le vin et la prière

Eruvin 64a

Sougya : Rava refuse le bitoul d'Abaye : si un seul transporte dans le maboy, on croira que l'erouv n'est plus nécessaire, et l'on a annulé la torat erouv de cette ruelle. Faire un erouv pour mémoire, puis le proclamer, ne tient pas : les enfants n'entendront pas l'annonce.

La solution retenue : un voisin se rapproche du goy, dépose un objet chez lui, et devient comme son sakhir ou son lakit ; il donne l'erouv, et cela suffit. Cinq salariés ne sont assimilés au propriétaire que pour alléger.

La suite sépare le chatouy et le chikor pour la tefila, et interdit de dire d'une chemata qu'elle est belle et d'une autre qu'elle ne l'est pas. Au passage du fleuve Yofty, les deux sages se quittent sur une halakha : parler devant le roi, puis les biens du ger.

Le goy ne loue pas Du bitoul d'Abaye au sakhir de Rava Haman bar Ristak refuse de louer son droit dans le maboy Abaye : tous annulent leur reshut vers un seul Un yahid à côté d'un goy n'interdit pas Rava : le passant voit transporter sans erouv Tu as annulé la torat erouv de ce maboy Issue fermée Issue retenue Faire un erouv pour mémoire, puis proclamer qu'il ne sert pas. Les enfants ne l'entendront pas. Un Juif se rapproche du goy, dépose un objet chez lui, devient sakhir ou lakit, donne l'erouv.
Le goy refuse la location. Le bitoul d'Abaye fait croire qu'on se passe d'erouv. L'annonce n'atteint pas les enfants. Rava : un Juif devient sakhir ou lakit et donne l'erouv.
Sakhir et lakit : un ou cinq Chmouel allège. Rav Yossef refuse la houmera. Un seul sakhir ou lakit Cinq sakhirim et cinq lakitim Juif, dans la maison du goy. Il tient lieu du propriétaire. Il donne l'erouv du maboy. Cela suffit. Rav Nahman : enseignement bon. S'ils étaient propriétaires, chacun devrait participer. Rav Yossef : assimilation pour la kola seulement. Pas pour la houmera. En matière d'erouvin, on va vers l'indulgence. Cette demeure n'est pas la leur.
Un seul salarié ou moissonneur juif suffit pour l'erouv du goy. Cinq ne sont pas traités comme propriétaires pour alourdir.
Vin, prière, décision Chatouy, chikor, reviit Chatouy Chikor Signe Peut parler devant le roi Ne peut pas parler devant le roi Avant la tefila Il ne prie pas Il ne prie pas S'il a prié Tefilato tefila il est quitte Tefilato toeva il reprend la prière Horaa : une reviit de vin, qu'il ne tranche pas (Chmouel). Rav Nahman se rétracte : on ne dit pas qu'une chemata est belle et l'autre non.
Le chatouy peut parler devant le roi : s'il a prié, il est quitte. Le chikor ne le peut plus : sa prière est une abomination. Une reviit empêche la horaa.
1
אִם כֵּן, בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי!

Si c'est ainsi, tu as annulé la torat erouv (la règle de l'erouv) de ce maboy !

🗂️ Tossefot (1)
אִם כֵּן בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי אוֹמֵר רִ"י שֶׁבָּא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי רַשִׁ"י בְּחֻופָּה אַחַת שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ וְהֻוצְרְכוּ לְהוֹצִיא מִבַּיִת לְבַיִת וְהִתִּיר לָהֶם ע"י שֶׁבִּיטְּלוּ רְשׁוּתָם לְאֶחָד וְאוֹמֵר ר"י דְּאִם יוֹעִיל בִּיטּוּל מִבַּיִת לְבַיִת א"כ יְהוּ מֻותָּרִין כֻּולָּן לְטַלְטֵל מִזּוֹ לְזוֹ גַּם אוֹתָן שֶׁבִּיטְּלוּ לָהֶם שאע"פ שֶׁהַמְבַטֵּל רְשׁוּת חֲצֵירוֹ אָסוּר לְהוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לֶחָצֵר הָתָם הוּא שֶׁיֵּשׁ לָהֶם חֵלֶק בֶּחָצֵר וְנִרְאֶה כְּחוֹזֵר וּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ אַפֵּי' לָמֶ"ד לְעֵיל בפ"ב (עֵירוּבִין דַּף כו.) רְשׁוּת בֵּיתוֹ בִּיטֵּל אֲבָל הָכָא כְּשֶׁבִּיטְּלוּ כָּל הַשְּׁכוּנוֹת רְשׁוּתָם לְאֶחָד אִישְׁתְּרוֹ כֻּולְּהוּ דְּאֵין דּוֹמֶה כְּלָל כְּחוֹזֵר וּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ כְּשֶׁמְּטַלְטֵל מִבֵּיתוֹ לְבֵית חֲבֵירוֹ וְלָא דָּמֵי לְמוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לֶחָצֵר שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֶּחָצֵר חֵלֶק וְכֵיוָן דְּמִישְׁתְּרוּ כּוּלְּהוּ עַל יְדֵי בִּיטּוּל אֵין לְבִיטּוּל לְהוֹעִיל כָּאן דא"כ בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי שֶׁלֹּא יָחוּשׁוּ לַעֲשׂוֹת עוֹד עֵירוּב כֵּיוָן דְּמִישְׁתְּרוּ כֻּולְּהוּ בְּבִיטּוּל וּמִיהוּ אור"י דְּאִם יֵשׁ חֲדָרִים בַּבַּיִת יָכוֹל לְבַטֵּל כָּל הַבַּיִת בְּלֹא הַחֲדָרִים שֶׁיְּהֵא עַכְשָׁיו אָסוּר לְהוֹצִיא מִן הַחֶדֶר לַבַּיִת כְּמוֹ מִבַּיִת לְחָצֵר וְאֵין שַׁיָּיךְ כָּאן בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב שֶׁהֲרֵי יִשְׂתַּכֵּר בְּעֵירוּב יוֹתֵר מִן הַבִּיטּוּל וְדַווְקָא לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר לְקַמָּן יֵשׁ בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר אֲבָל לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סו:) אֵין בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר ה"ה מִבַּיִת לְבַיִת דְּהָא תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ לְחוּד וּמִיהוּ כר"י קי"ל וְנִרְאֶה דְּאֵין רְאָיָה מִכָּאן לַחֲלֹוק עַל הוֹרָאַת רַשִׁ"י דְּשַׁפִּיר דָּמֵי דְּחוֹזֵר בּוֹ מִבִּיטּוּלוֹ כְּשֶׁנּוֹטֵל כֵּלָיו וְהִכְנִיסָם לְתוֹךְ בֵּית חֲבֵירוֹ וְחָזַר וְהֶחֱזִירָם לְבֵיתוֹ שֶׁהִיא רְשׁוּת הַמְיֻוחֶדֶת לוֹ נִרְאֶה כְּחוֹזֵר בּוֹ מִבִּיטּוּלוֹ וְכֵיוָן שֶׁמַּפְסִיד בַּדָּבָר לֹא בִּיטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב ור"ת הָיָה מְדַקְדֵּק מֵהָא דְּאִפְּלִיגוּ רִי וּשְׁמוּאֵל לְעִנְיַן בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר וּלְעִנְיַן בִּיטּוּל רְשׁוּת בְּחֻורְבָּה מַשְׁמַע דְּמִבַּיִת לְבַיִת אָסוּר לכ"ע מִדְּלָא אַיְּירוּ בֵּיהּ וְכִדְפָרֵישִׁית שֶׁאִם הִתַּרְתָּ תַּתִּיר לְכֻולָּן וְכֵיוָן דְּשָׁרֵית לְכוּלְּהוּ יָבֹא לְטַלְטֵל בְּלֹא בִּיטּוּל וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מֵהַהוּא יָנוֹקָא דִּלְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סז:) דְּאִשְׁתְּפִיךְ חֲמִימֵיהּ שֶׁהִתִּיר לוֹמַר לְנָכְרִי לְמִיְיתֵּי לֵיהּ חַמִּין מִגּוֹ בֵּיתֵיהּ (דְּרָבָא) [צ"ל דְּרַבָּה] אע"ג דְּלָא עֵירְבוּ מִדְּלָא מָצְאוּ תַּקָּנָה בְּעִנְיָן אַחֵר. וְאַמַּאי לִיבַטְּלוּ כֻּולְּהוּ רְשׁוּתַייְהוּ לְהַהוּא בֵּיתָא דַּהֲוָה בֵּיהּ תִּינוֹק דְּמִסְּתָמָא כר"י סְבִירָא לְהוּ דְּאָמַר יֵשׁ בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר כִּדְאָמַר רָבָא בְּהַהוּא שְׁמַעְתָּא אֲנָא כר"י סְבִירָא לִי אֶלָּא וַדַּאי אַפֵּי' ר"י מוֹדֶה דְּאֵין בִּיטּוּל רְשׁוּת מִבַּיִת לְבַיִת וְאוֹמֵר ר"י דְּאֵין מִשָּׁם רְאָיָה דְּעַל כָּרְחֲךָ הָווּ הָתָם חֲצֵירוֹת וּמָבוֹי כִּדְאָמְרִינַן הָתָם וְהָא לֹא עֵירַבְנוּ וְהָא לֹא שִׁיתַּפְנוּ וְהָיוּ יְכוֹלִין לְהָבִיא חַמִּין ע"י בִּיטּוּל דֶּרֶךְ חֲצֵירוֹת וּמָבוֹי לְבַיִת שֶׁהָיָה בּוֹ קָטָן וּמַה שֶׁלֹּא עָשׂוּ כֵּן מִשּׁוּם שֶׁלֹּא הָיוּ בְּעָלִים הָתָם:
Le Ri dit qu'un cas est venu devant Rachi, à une houppa : ils avaient oublié et n'avaient pas fait l'erouv, et ils devaient sortir d'une maison à l'autre. Il le leur a permis, du fait qu'ils annulèrent leur droit en faveur d'un seul. Et le Ri dit : si le bitoul de maison à maison est efficace, alors tous seront permis de transporter de l'une à l'autre, même ceux en faveur de qui l'on a annulé. Car, bien que celui qui annule le droit de sa cour soit interdit de sortir de sa maison vers la cour, là c'est qu'ils ont une part dans la cour, et il a l'air de revenir prendre possession de son droit, même selon celui qui dit plus haut au chapitre 2 (Erouvin 26a) qu'il a annulé le droit de sa maison. Mais ici, quand tous les voisins ont annulé leur droit en faveur d'un seul, tous deviennent permis : cela ne ressemble en rien à une reprise de son droit, quand on transporte de sa maison à la maison de son prochain. Et cela ne ressemble pas à celui qui sort de sa maison vers la cour, où il a une part dans la cour. Et puisque tous deviennent permis par le bitoul, le bitoul ne doit pas servir ici. Sinon tu as annulé la torat erouv de ce maboy : ils ne se soucieront plus de faire encore un erouv, puisque tous deviennent permis par le bitoul. Cependant le Ri dit : s'il y a des pièces dans la maison, il peut annuler toute la maison sans les pièces, de sorte qu'il soit maintenant interdit de sortir de la pièce vers la maison, comme de la maison vers la cour. Et il n'y a pas lieu ici d'annuler la torat erouv, car on gagnera par l'erouv plus que par le bitoul. Et cela vaut précisément selon Rabbi Yo'hanan, qui dit plus loin qu'il y a bitoul de droit de cour à cour. Mais selon Chmouel, qui dit plus loin (Erouvin 66b) qu'il n'y a pas de bitoul de droit de cour à cour, il en va de même de maison à maison, car l'usage de chacune est à part. Cependant nous tenons comme Rabbi Yo'hanan. Et il semble qu'il n'y a pas de preuve d'ici pour contester la décision de Rachi. Car c'est correct : il se rétracte de son bitoul quand il prend ses ustensiles, les introduit dans la maison de son prochain, puis les ramène chez lui, domaine qui lui est réservé : il a l'air de se rétracter de son bitoul. Et puisqu'il perd dans l'affaire, on n'a pas annulé la torat erouv. Rabbeinou Tam précisait, à partir de ce que Rabbi Yo'hanan et Chmouel divergent au sujet du bitoul de droit de cour à cour et au sujet du bitoul de droit dans une ruine : de maison à maison, c'est interdit pour tout le monde, puisqu'ils n'en ont pas parlé. Et comme il a été expliqué : si tu permets, tu permets à tous ; et une fois que c'est permis à tous, on viendra à transporter sans bitoul. Il a encore apporté une preuve de cet enfant, plus loin (Erouvin 67b), dont l'eau chaude s'était renversée : on a permis de dire à un nokhri d'apporter de l'eau chaude depuis l'intérieur de sa maison (le texte porte : de Rava ; il faut lire : de Rabba), bien qu'ils n'eussent pas fait l'erouv, puisqu'on n'avait trouve aucun autre remede. Et pourquoi ne leur ferait-on pas annuler à tous leur droit en faveur de cette maison où se trouvait l'enfant ? Car vraisemblablement ils tiennent comme Rabbi Yo'hanan, qui dit qu'il y a bitoul de droit de cour à cour, comme Rava a dit dans cette discussion : moi, je tiens comme Rabbi Yo'hanan. Donc, à coup sûr, même Rabbi Yo'hanan convient qu'il n'y a pas de bitoul de droit de maison à maison. Et le Ri dit qu'il n'y a pas de preuve de là. Car nécessairement il y avait là des cours et un maboy, comme on dit là-bas : mais nous n'avons pas fait d'erouv, et nous n'avons pas fait de chitouf. Et ils auraient pu apporter l'eau chaude, par le bitoul, en passant par les cours et le maboy, jusqu'à la maison où se trouvait l'enfant. S'ils ne l'ont pas fait, c'est que les propriétaires n'étaient pas la.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב כָּהֲנָא אָמַר רַב כָּל הַלָּן בְּקִילְעָא שֶׁאִישׁ וְאִשְׁתּוֹ יְשֵׁינִים בָּהּ עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר מִיכָה ב נְשֵׁי עַמִּי תְּגָרְשׁוּן מִבֵּית תַּעֲנֻוגֶיהָ. אָמַר רַב יוֹסֵף אֲפִילּוּ בְּאִשְׁתּוֹ נִדָּה. הָהוּא מְבוֹאָה דַּהֲוָה דָּיַיר בֵּיהּ הָמָן בַּר רִיסְתַּק א"ל אוֹגַר לָן רְשׁוּתָא. לָא אוֹגֵר לְהוּ. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי אֲמַר לְהוּ זִילוּ בַּטִּילוּ רְשׁוּתַייְכוּ לְגַבֵּי חַד דַּהֲוָה לֵיהּ יָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי וְיָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי לֹא אָסַר ואע"ג דְּאִינְהוּ אֲסִירֵי לְטַלְטֵל מֵחַצְרוֹתֵיהֶן לַמָּבוֹי כְּדִתְנַן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סט:) נָתְנוּ לוֹ רְשׁוּתָם הוּא מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין אַהֲנֵי מִיהָא לְגַבֵּי בֵּיתוֹ שֶׁל יָחִיד שֶׁמֻּותָּר לְהוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לַמָּבוֹי. וַאֲפִילּוּ לְעִנְיַן בָּתִּים הָאֲחֵרִים שֶׁבֶּחָצֵר מְהַנֵּי שֶׁהַיָּחִיד שֶׁבִּטְּלוּ לוֹ רְשׁוּתָן יָכוֹל לְהוֹצִיא מִבֵּיתוֹ כְּלֵי הַבָּתִּים לַמָּבוֹי שֶׁהָעֵירוּב עוֹשֶׂה אוֹתָם כְּבַיִת אֶחָד. וְגַם אִם הַחֲצֵירוֹת פְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ וְעֵירְבוּ יָכוֹל הַיָּחִיד לְהוֹצִיא מִכָּל הַחֲצֵירוֹת וְהַבָּתִּים לַמָּבוֹי שֶׁנַּעֲשֵׂית הַכֹּל אֶחָד ע"י עֵירוּב. וּמִיהוּ כְּיָחִיד בִּמְקוֹם נָכְרִי לָא חֲשִׁיב עַל יְדֵי הָעֵירוּב אֶחָד דא"כ לֹא יִצְטָרְכוּ לְעוֹלָם לִשְׂכֹּור דִּיעָרְבוּ כֻּולָּם יַחַד וְיִהְיוּ מֻותָּרִין בְּלֹא שְׂכִירוּת. אֲבָל עַל יְדֵי בִּיטּוּל הוּא לְבַדּוֹ מֻותָּר וְהֵן אֲסוּרִין. אָמַר רָבָא אִם כֵּן בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתוֹ מָבוֹי שֶׁהָרוֹאֶה שֶׁהוּא מוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לַמָּבוֹי יֹאמַר שֶׁמְּטַלְטֵל בַּמָּבוֹי בְּלֹא עֵירוּב. מַעֲשֶׂה בָּא לִפְנֵי רַשִׁ"י זַ"ל בְּחֻופָּה אַחַת שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵירְבוּ וְהֻוצְרְכוּ לְהוֹצִיא מִבַּיִת זֶה לְבַיִת זֶה וְהִתִּיר לָהֶם ע"י שֶׁבָּטְלוּ רְשׁוּתָם לְאֶחָד וְנִרְאֶה שֶׁאִם מוֹעִיל בִּטּוּל רְשׁוּת מִבַּיִת לַבַּיִת יִהְיוּ מֻותָּרִים כֻּולָּן לְטַלְטֵל אַף אוֹתָן שֶׁבִּטְּלוּ. אע"ג דְּהַמְבַטֵּל רְשׁוּת חֲצֵירוֹ אָסוּר לְהוֹצִיא מִן הַבַּיִת לֶחָצֵר הַייְנוּ לְפִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ חֵלֶק בֶּחָצֵר וּכְשֶׁהוּא מוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לֶחָצֵר נִרְאֶה כְּחוֹזֵר וּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ אֲבָל הֵיכָא שֶׁמּוֹצִיא מִבֵּיתוֹ לְבֵית חֲבֵירוֹ אֵין זֶה כְּמַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ וְלֹא נִסְתַּלֵּק הַבִּטּוּל בְּכָךְ. וְכֵיוָן דְּמִשְׁתְּרוּ כּוּלְּהוּ עַל יְדֵי בִּיטּוּל לָא מְהַנֵּי הַבִּיטּוּל דְּאִם כֵּן בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב מֵאוֹתָן בָּתִּים שֶׁלֹּא יָחוּשׁוּ עוֹד לַעֲשׂוֹת עֵירוּב כֵּיוָן דְּמִשְׁתְּרוּ כּוּלְּהוּ בְּבִיטּוּל. וּמִיהוּ אִם יֵשׁ חֲדָרִים בַּבַּיִת יָכוֹל לְבַטֵּל הַבַּיִת בְּלֹא הַחֶדֶר וְעַתָּה יְהֵא אָסוּר לְהוֹצִיא מִן הַחֶדֶר לַבַּיִת כְּמוֹ מִן הַבַּיִת לֶחָצֵר וְלֹא שַׁיָּיךְ בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב שֶׁהֲרֵי יִשְׂתַּכֵּר בָּעֵירוּב יוֹתֵר מִבִּיטּוּל. וְרַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן זַ"ל הָיָה אוֹמֵר דַּאֲפִילּוּ אֵין חֲדָרִים בַּבַּיִת יָכוֹל לְבַטֵּל בֵּיתוֹ שֶׁהֲרֵי אָסוּר לְהַחֲזִיר כֵּלָיו מִבֵּית חֲבֵירוֹ לְבֵיתוֹ דַּעְתָּהּ הוּא מַחֲזִיק בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁבָּטֵל וְכֵיוָן דְּמַפְסִיד בְּדָבָר לֹא בִּטַּלְתָּ תּוֹרַת עֵירוּב. ור"ת זַ"ל הָיָה מְדַקְדֵּק מֵהָא דִּפְלִיגִי שְׁמוּאֵל וְרַבִּי יוֹחָנָן לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סו.) בְּבִטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר וּבְבִטּוּל רְשׁוּת בְּחֻורְבָּה מַשְׁמַע דְּמִבַּיִת לְבַיִת אָסוּר לכ"ע מִדְּלָא אַיְירֵי בָּהּ. וּמִטַּעְמָא דְּפָרֵישִׁית שֶׁמֻּותָּר כּוּלְּהוּ לְטַלְטֵל מִזֶּה לָזֶה וְכֵיוָן דְּשָׁרְיָא לְכוּלְּהוּ בִּטַּלְתָּ ת.רַת עֵירוּב וְיָבֹא לְטַלְטֵל אֲפִילּוּ בְּלֹא בִּיטּוּל. וְהַךְ סְבָרָא לֵיתָא כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל מִשּׁוּם דְּאָסוּר לְהַחֲזִיר הַכֵּלִים מִבֵּית חֲבֵירוֹ. וְעוֹד הֵבִיא רְאָיָה מֵהַהִיא יָנוֹקָא דְּאִישְׁתְּפוּךְ חֲמִימֵיהּ לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף סז:) שֶׁהִתִּיר רַבָּה לוֹמַר לְנָכְרִי דְּלַיְיתֵי מִגּוֹ בֵּיתוֹ אע"פ שֶׁלֹּא עֵירֵב וְאַמַּאי לִיבַטְּלוּ כֻּולְּהוּ רְשׁוּתַייְהוּ לְהַהוּא בֵּיתָא דַּהֲוָה בֵּיהּ קָטָן דְּמִסְּתָמָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן סְבִירָא לֵיהּ דְּיֵשׁ בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר כִּדְאָמַר בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּתָא דְּרַבָּה כְּרַבִּי יוֹחָנָן סְבִירָא לֵיהּ. אֶלָּא וַדַּאי רַבִּי יוֹחָנָן מוֹדֶה דְּאֵין בִּטּוּל רְשׁוּת מִבַּיִת לְבַיִת. וְנִרְאֶה דְּאֵין מִשָּׁם רְאָיָה דע"כ הָווּ חֲצֵירוֹת לַמָּבוֹי כִּדְקָאָמַר הָתָם וְהָא לָא עָרְבִינַן וְהָא לָא שֶׁתַּפִּינַן וְהָיוּ יְכוֹלִין לְהָבִיא חַמִּין דֶּרֶךְ חֲצֵירוֹת וּמָבוֹי לְבַיִת שֶׁהָיָה בּוֹ הַקָּטָן. וּמַה שֶׁלֹּא עָשׂוּ כֵּן צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁלֹּא הָיוּ שָׁם הַבְּעָלִים שֶׁיְּבַטְּלוּ רְשׁוּתָם. אֶלָּא אָמַר רָבָא לֵיזַל חַד מִינַּייְהוּ וְלִישָּׁאֵל מִינֵּיהּ דֻּוכְתָּא וְלִיתּוֹב בֵּהּ מִידֵּי דְּהָוֵה לֵיהּ כִּשְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף הָיוּ חֲמִשָּׁה שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ מַהוּ. אֲמַר לֵיהּ אִם אָמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהָקֵל יֹאמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהַחֲמִיר: גּוּפָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן כַּמָּה מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתְּתָא:
Rav Kahana a dit que Rav a dit : Quiconque passe la nuit dans une kila où un homme et sa femme dorment, à son sujet le verset dit (Mikha 2) : Les femmes de mon peuple, vous les chassez de la maison de leurs délices. Rav Yossef a dit : même pour sa femme nida. Il y avait un maboy où habitait Haman bar Ristak. Ils lui dirent : Loue-nous ton droit. Il ne le leur loua pas. Ils vinrent devant Abaye. Il leur dit : Allez, annulez vos droits en faveur d'un seul. Cela devient un yahid (un seul) à la place d'un nokhri (non-Juif), et un yahid à la place d'un nokhri n'interdit pas. Et bien qu'eux soient interdits de transporter de leurs cours vers le maboy, comme la michna l'enseigne plus loin (Erouvin 69b) : ils lui ont donné leur droit, lui est permis et eux sont interdits, cela sert du moins pour la maison du yahid : il lui est permis de sortir de sa maison vers le maboy. Et même pour les autres maisons de la cour, cela sert : le yahid en faveur de qui ils ont annulé leur droit peut sortir de sa maison les ustensiles des maisons vers le maboy, car l'erouv les rend comme une seule maison. Et même si les cours sont ouvertes l'une sur l'autre et qu'ils ont fait un erouv, le yahid peut sortir de toutes les cours et de toutes les maisons vers le maboy, car le tout est devenu un par l'erouv. Cependant, par l'erouv, on ne le considère pas comme un yahid à la place d'un nokhri. Car s'il en était ainsi, ils n'auraient jamais besoin de louer : ils feraient tous l'erouv ensemble et seraient permis sans location. Mais par le bitoul, lui seul est permis, et eux sont interdits. Rava a dit : si c'est ainsi, tu as annulé la torat erouv de ce maboy. Car celui qui le voit sortir de sa maison vers le maboy dira qu'on transporte dans le maboy sans erouv. Un cas est venu devant Rachi, de mémoire bénie, à une houppa : ils avaient oublié et n'avaient pas fait l'erouv, et ils devaient sortir d'une maison à l'autre. Il le leur a permis, du fait qu'ils annulèrent leur droit en faveur d'un seul. Et il semble que, si le bitoul du droit de maison à maison est efficace, tous seront permis de transporter, même ceux qui ont annulé. Même si celui qui annule le droit de sa cour est interdit de sortir de la maison vers la cour, c'est qu'il a une part dans la cour, et quand il sort de sa maison vers la cour il a l'air de revenir prendre possession de son droit. Là où il sort de sa maison vers la maison de son prochain, cela ne ressemble pas à une reprise de son droit, et le bitoul ne se défait pas par là. Et puisque tous deviennent permis par le bitoul, le bitoul ne sert pas. Car s'il en est ainsi, tu as annulé la torat erouv de ces maisons : ils ne se soucieront plus de faire un erouv, puisque tous deviennent permis par le bitoul. Cependant, s'il y a des pièces dans la maison, il peut annuler la maison sans la pièce. Alors il sera interdit de sortir de la pièce vers la maison, comme de la maison vers la cour. On ne dit pas qu'on a annulé la torat erouv, car on gagne par l'erouv plus que par le bitoul. Et Rabbeinou Chimchon, de mémoire bénie, disait : même s'il n'y a pas de pièces dans la maison, il peut annuler sa maison. Car il est interdit de ramener ses ustensiles de la maison de son prochain vers sa maison : là, il reprend possession du droit qu'il a annulé. Et puisqu'il perd dans l'affaire, on n'a pas annulé la torat erouv. Et Rabbeinou Tam, de mémoire bénie, précisait, à partir de ce que Chmouel et Rabbi Yo'hanan divergent plus loin (Erouvin 66a) sur le bitoul du droit de cour à cour et sur le bitoul du droit dans une ruine : de maison à maison, c'est interdit pour tout le monde, puisqu'on n'en parle pas. Et pour la raison déjà dite : tous seraient permis de transporter de l'un à l'autre, et puisque c'est permis à tous, on a annulé la torat erouv, et l'on viendra à transporter même sans bitoul. Et ce raisonnement ne tient pas, comme expliqué plus haut, parce qu'il est interdit de ramener les ustensiles depuis la maison du prochain. Et il a encore apporté une preuve de cet enfant dont l'eau chaude s'était renversée, plus loin (Erouvin 67b) : Rabba a permis de dire à un nokhri d'apporter depuis l'intérieur de sa maison, bien qu'il n'eut pas fait l'erouv. Pourquoi ne leur ferait-on pas annuler à tous leur droit en faveur de cette maison où se trouvait l'enfant ? Car vraisemblablement il tient comme Rabbi Yo'hanan, qu'il y a bitoul de droit de cour à cour, comme on dit dans cette discussion que Rabba tient comme Rabbi Yo'hanan. Donc, à coup sûr, Rabbi Yo'hanan convient qu'il n'y a pas de bitoul de droit de maison à maison. Et il semble qu'il n'y a pas de preuve de là. Car il s'agissait nécessairement de cours ouvrant sur un maboy, comme on dit là-bas : mais nous n'avons pas fait d'erouv, et nous n'avons pas fait de chitouf. Et ils auraient pu apporter l'eau chaude par les cours et le maboy jusqu'à la maison où était l'enfant. S'ils ne l'ont pas fait, il faut dire que les propriétaires n'étaient pas là pour annuler leur droit. Mais Rava a dit : que l'un d'eux aille, qu'il lui demande un emplacement, et qu'il y dépose quelque chose, ce qui le rend comme son salarié et son homme de peine. Et Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié et son homme de peine donne son erouv, et cela suffit. Abaye dit à Rav Yossef : s'ils étaient cinq, ses salariés et ses hommes de peine, qu'en est-il ? Il lui dit : s'ils ont dit salarié et homme de peine pour alléger, diraient-ils salarié et homme de peine pour alourdir ? Revenons au corps de l'enseignement. Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié et son homme de peine donne son erouv, et cela suffit. Rav Nahman a dit : combien cet enseignement est bon.
💡 Explication

Rava répond au conseil d'Abaye, au daf précédent : tous annulent leur reshut (droit) en faveur d'un seul. Ce seul devient un yahid à côté du goy, et un yahid à côté d'un goy n'interdit pas le maboy.

L'objection porte sur le passant. Il voit ce yahid transporter de sa maison vers le maboy, et il conclut qu'on transporte dans une ruelle sans erouv. On a alors annule la torat erouv de ce maboy : plus personne ne prendra la peine d'en faire un.

Tossefot rapportent un cas de houppa tranche par Rachi, puis la limite du Ri : si la maison a des hadarim (pièces) que l'on n'annule pas, il reste un interdit, et l'erouv garde un gain que le bitoul ne donne pas.

🖼️ Schéma
Ce que voit le passant Objection de Rava au bitoul Le yahid sort un objet de sa maison vers le maboy Le passant n'a pas vu d'erouv dans la ruelle Il conclut On transporte dans le maboy sans erouv La torat erouv de cette ruelle est annulée
Le passant voit sortir un objet vers le maboy et conclut que l'erouv est inutile.
2
דִּמְעָרְבִי. יֹאמְרוּ עֵירוּב מוֹעִיל בִּמְקוֹם גּוֹי?! דְּמַכְרְזִינַן.

Qu'ils fassent un erouv. Ils diront : un erouv est efficace dans le lieu d'un goy ?!

Qu'on proclame.

📜 Rachi (2)
דִּמְעָרְבִי בֵּינֵיהֶן אַף עַל גַּב דְּלָא מְהַנֵּי:
Entre eux, bien que cela ne serve pas.
דְּמַכְרְזִינַן הֱווּ יוֹדְעִין שֶׁאֵין עֵירוּבֵנוּ מוֹעִיל כְּלוּם וְאֵין אָנוּ מוֹצִיאִין מֵחַצְרוֹתֵינוּ לַמָּבוֹי וּמַה שֶׁאָנוּ מְטַלְטְלִין בְּתוֹכוֹ בִּשְׁבִיל שרה"י הִיא:
Sachez que notre erouv ne sert à rien, que nous ne sortons rien de nos cours vers le maboy, et que ce que nous transportons à l'intérieur, c'est parce que c'est un reshut ha-yahid (domaine prive).
💡 Explication

Trois propositions très courtes. Demearbei : qu'ils fassent quand même un erouv entre eux, pour ne pas oublier la pratique, alors que cet erouv ne permet rien tant que le goy n'a pas loue. La lecture courante attribue cela à Rav Houna fils de Rav Yehochoua.

Objection, portée par Rava : on dira que l'erouv agit dans le lieu d'un goy, sans location.

Réponse : demakhrezinan, on proclame. Rachi donne le texte : l'erouv ne sert à rien, on ne sort pas des cours vers le maboy, et le transport à l'intérieur tient à ce que l'endroit est un reshut ha-yahid.

3
אַכְרָזְתָּא לְדַרְדַּקֵּי?!

Une proclamation pour les enfants ?!

📜 Rachi (1)
אַכְרָזְתָּא לְדַרְדַּקֵּי וְכִי הַכְרָזָה זוֹ מוֹעִיל לַדּוֹרוֹת הַבָּאִין שֶׁיִּרְאוּ אוֹתָן מִטַּלְטְלִין כָּאן וְלֹא שָׁמְעוּ בְּהַכְרָזָה:
Cette proclamation sert-elle pour les générations à venir, qui les verront transporter ici et n'auront pas entendu la proclamation ?
💡 Explication

Rava ferme cette issue. La proclamation atteint les adultes présents. Les dardakei (enfants) ne l'entendent pas, ou ne la comprennent pas.

Plus tard, ils verront qu'on transportait dans ce maboy avec un erouv, et ils tiendront que l'erouv suffit là où habite un goy.

4
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לִיזִּיל חַד מִינַּייְהוּ, לִיקְרַב לֵיהּ, וְלִשְׁאוֹל מִינֵּיהּ דֻּוכְתָּא וְלַינַּח בֵּיהּ מִידֵּי, דְּהָוֵה לֵיהּ כִּשְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וַאֲפִילּוּ לְקִיטוֹ — נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ.

Mais Rava a dit : que l'un d'eux aille, qu'il se rapproche de lui, qu'il lui demande un emplacement et qu'il y dépose quelque chose, ce qui le rend comme son salarié et son homme de peine. Et Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié, et même son homme de peine, donne son erouv, et cela suffit.

📜 Rachi (2)
לַיקְרֵיב לְגַבֵּיהּ יִשְׁתַּדֵּל עִם הַנָּכְרִי עַד שֶׁיְּהֵא אוֹהֲבוֹ וְיַשְׁאִיל לוֹ הַנָּכְרִי מָקוֹם בַּחֲצֵירוֹ לְאַתְנוֹחֵי בֵּיהּ מִידִי דְּכֵיוָן דְּהַשְׁתָּא דִּייֵּר יִשְׂרָאֵל בַּחֲצַר הַנָּכְרִי הֲוָה לֵיהּ הַאי יִשְׂרָאֵל כִּשְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ שֶׁל נָכְרִי:
Qu'il s'emploie auprès du nokhri jusqu'à en devenir l'ami, et le nokhri lui prêtera un emplacement dans sa cour pour y déposer quelque chose. Puisqu'un Israël habite maintenant dans la cour du nokhri, cet Israël est comme le salarié et l'homme de peine du nokhri.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ שֶׁל נָכְרִי אִם יִשְׂרָאֵל הוּא נוֹתֵן עֵירוּבוֹ עִם בְּנֵי מָבוֹי וְדַיּוֹ. שָׂכִיר לַעֲבוֹדַת כָּל הַשָּׁנָה וּלְקִיטוֹ לִימוֹת הַקָּצִיר וְהָאָסִיף:
Du nokhri : s'il est Israël, il donne son erouv avec les habitants du maboy, et cela suffit. Sakhir : pour le travail de toute l'année. Lakit : pour les jours de la moisson et de la récolte.
⚖️ Rosh (1)
בָּעֵי מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרַבָּה חֲמִשָּׁה שֶׁשְּׁרוּיִים בְּחָצֵר אַחַת וְשָׁכַח אֶחָד מֵהֶם וְלֹא עֵירַב כְּשֶׁהוּא מְבַטֵּל רְשׁוּת צָרִיךְ לְבַטֵּל לְכָל אֶחָד וְאֶחָד אוֹ אֵין צָרִיךְ. א"ל צָרִיךְ לְבַטֵּל לְכָל אֶחָד וְאֶחָד. אֵיתִיבֵיהּ אֶחָד שֶׁלֹּא עֵירַב נוֹתֵן רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד שֶׁעֵירַב. הֵיכִי דָּמֵי אִי דְּלֵיכָּא אַחֲרִינָא בַּהֲדֵיהּ. בַּהֲדֵי מַאן עֵירֵב אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּאִיכָּא אַחֲרִינָא בַּהֲדֵיהּ וְקָתָנֵי לְאֶחָד שֶׁעֵירַב. וְרַבָּה הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן דַּהֲוָה אַחַרְיַנָא בַּהֲדֵיהּ וּמִית. וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ: בָּעֵי מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן יוֹרֵשׁ מַהוּ שֶׁיְּבַטֵּל רְשׁוּת. וּמַיְירֵי כְּשֶׁלֹּא עֵירֵב אָבִיו. דְּאִי עֵירֵב לֹא אָסַר יוֹרֵשׁ עָלָיו כִּדְתַנְיָא לְקַמָּן אֶחָד מִבְּנֵי חָצֵר שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִן הַשּׁוּק מִשֶּׁחָשֵׁיכָה אֵין אוֹסֵר. דְּשַׁבָּת כֵּיוָן דְּהֻותְּרָה הֻותְּרָה. וּמַייְרֵי כְּשֶׁבָּא הַיּוֹרֵשׁ לָדוּר בְּבֵית אָבִיו בְּשַׁבָּת. דְּאִי לֹא בָּא לָא הֲוָה אוֹסֵר דקי"ל כר"ש דְּאָמַר דַּף פּוֹ. אִם הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ אֵינוֹ אוֹסֵר. וּמִיהוּ אִי הֲוָה דָּיַיר הַיּוֹרֵשׁ בֶּחָצֵר בְּבַיִת א' אוֹסֵר עֲלֵיהֶן אע"פ שֶׁלֹּא נִכְנַס לָדוּר בְּבֵית אָבִיו כֵּיוָן שֶׁהוּא בֶּחָצֵר וְרָאוּי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ חָשְׁבִינַן כְּאִילּוּ נִכְנַס לָדוּר בַּבַּיִת וְאוֹסֵר עֲלֵיהֶן כֵּיוָן שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. ואע"פ שֶׁהַיּוֹרֵשׁ עֵירֵב עִמָּהֶן אֵין אוֹתוֹ עֵירוּב מוֹעִיל לְבַיִת שֶׁיּוֹרֵשׁ בְּשַׁבָּת. כִּדְתָנֵי' לְקַמָּן (עֵירוּבִין דַּף ע:) אֶחָד מִבְּנֵי הַשּׁוּק שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ רְשׁוּתוֹ לְאֶחָד מִבְּנֵי הֶחָצֵר מִבְּעוֹד יוֹם אֵינוֹ אוֹסֵר. דְּמַה שֶׁעֵירֵב בּוֹ בְּאוֹתוֹ חָצֵר עַל הַבַּיִת שֶׁדָּר בּוֹ מְהַנֵּי נָמֵי לְבַיִת שֶׁיָּרַשׁ מִבְּעוֹד יוֹם מִשֶּׁחֲשֵׁכָה אוֹסֵר ואע"פ שֶׁעֵירֵב לָא מְהַנְּיָא עֵירוּב לְאוֹתוֹ בַּיִת שֶׁיָּרַשׁ בְּשַׁבָּת. אֲבָל אֵין לְפָרֵשׁ כְּשֶׁהַיּוֹרֵשׁ הָיָה דָּר עִם אָבִיו. דא"כ אִי בָּעֵי לְעָרוֹבֵי מֵאֶתְמוֹל מָצֵי לְעָרֵב קָרֵינַן בֵּיהּ אע"פ שֶׁלֹּא זִיכָּה לְאָבִיו כִּדְאָמַר לְעֵיל בְּפֶרֶק מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מט:) חֲמִשָּׁה שֶׁגָּבוּ אֶת עֵירוּבָן כְּשֶׁהֵן מוֹלִיכִין אֶת הָעֵירוּב לְמָקוֹם אַחֵר אֶחָד מוֹלִיךְ עַל יְדֵי כֻּולָּם. אַף אִם לָקַח פַּת מִשֶּׁלּוֹ וְהוֹלִיךְ לִמְקוֹם הַשִּׁיתּוּף מוֹעִיל לְכֻולָּם כִּדְפָרֵישִׁית הָתָם דִּשְׁלִיחוּת דְּכֻולְּהוּ קָעֲבִיד הוֹאִיל וְעֵירְבוּ יַחַד. כָּל שֶׁכֵּן שְׁנַיִם הַדָּרִים בְּבַיִת אֶחָד. וְעוֹד תְּנַן לְקַמָּן בְּפִירְקִין (עֵירוּבִין דַּף עב.) חָמֵשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁשָּׁבְתוּ בִּטְרַקְלִין אֶחָד ב"ה אוֹמֵר עֵירוּב אֶחָד לְכֻולָּן. וּמֵהָא דְּאָמַר לְעֵיל (עֵירוּבִין דַּף סד.) שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ אֵין רְאָיָה לְכָאן דְּדִלְמָא הָנֵי מִילֵּי בְּנָכְרִי דְּדִירָתוֹ לָא חֲשִׁיב כָּל כָּךְ אֲבָל בְּיִשְׂרָאֵל לֹא. א"ל אֲנִי אוֹמֵר מְבַטֵּל. וּדְבֵי שְׁמוּאֵל תָּנֵי אֵין מְבַטֵּל. וְהִלְכְתָא כְּרַב נַחְמָן דְּאָמַר מְבַטֵּל: מֵאֵימָתַי נוֹתְנִין רְשׁוּת. ב"ש אוֹמְרִים מִבְּעוֹד יוֹם וב"ה אוֹמְרִים מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ. וּמִי שֶׁנָּתַן רְשׁוּת וְהוֹצִיא בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד אוֹסֵר דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר בְּמֵזִיד אוֹסֵר בְּשׁוֹגֵג אֵין אוֹסֵר: בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי ב"ש סָבְרִי בִּיטּוּל רְשׁוּתָא מִיקְנָא רְשׁוּת הוּא וּמִיקְנָא בְּשַׁבָּת אָסוּר. בּ"ה סָבְרִי בִּיטּוּל רְשׁוּתָא אִיסְתְּלוֹקֵי רְשׁוּת הוּא וְאִיסְתְּלוֹקֵי רְשׁוּת בְּשַׁבְּתָא שַׁפִּיר דָּמֵי:
Abaye a demandé à Rabba : cinq qui habitent une même cour, et l'un d'eux a oublié et n'a pas fait l'erouv. Quand il annule son droit, doit-il annuler en faveur de chacun, ou n'en a-t-il pas besoin ? Il lui a dit : il doit annuler en faveur de chacun. Il lui a objecte : celui qui n'a pas fait l'erouv donne son droit à un seul qui a fait l'erouv. Comment est le cas ? S'il n'y a pas un autre avec lui, avec qui a-t-il fait l'erouv ? Donc il est évident qu'il y a un autre avec lui, et le texte enseigne : à un seul qui a fait l'erouv. Et Rabba : ici, de quoi s'agit-il ? Il y avait un autre avec lui, et il est mort. Et la halakha est comme lui. Rava a demandé à Rav Nahman : un héritier, peut-il annuler un droit ? Et l'on parle du cas où son père n'a pas fait l'erouv. Car s'il a fait l'erouv, l'héritier n'interdit pas à son sujet, comme on enseigne plus loin : l'un des habitants de la cour est mort et a laissé son droit à quelqu'un du marché après la tombée de la nuit : il n'interdit pas. Car le chabbat, une fois permis, reste permis. Et l'on parle du cas où l'héritier vient habiter la maison de son père pendant chabbat. Car s'il ne vient pas, il n'interdirait pas, puisque nous tenons comme Rabbi Chimon, qui a dit au daf 86 : s'il a laissé sa maison et est allé passer le chabbat chez sa fille, il n'interdit pas. Cependant, si l'héritier habitait dans la cour, dans une maison, il leur interdit, bien qu'il ne soit pas entré habiter la maison de son père : puisqu'il est dans la cour et apte à s'en servir, nous le considérons comme s'il était entré habiter la maison, et il leur interdit, puisqu'ils n'ont pas fait l'erouv. Et bien que l'héritier ait fait l'erouv avec eux, cet erouv ne sert pas pour la maison qu'il hérite pendant chabbat. Comme on enseigne plus loin (Erouvin 70b) : l'un des gens du marché est mort et a laissé son droit a l'un des habitants de la cour pendant qu'il faisait encore jour : il n'interdit pas. Car l'erouv qu'il a fait dans cette cour pour la maison où il habite sert aussi pour la maison qu'il a héritée pendant qu'il faisait encore jour. Apres la tombée de la nuit, il interdit ; et bien qu'il ait fait l'erouv, l'erouv ne sert pas pour cette maison qu'il a héritée pendant chabbat. Mais il ne faut pas expliquer le cas comme celui où l'héritier habitait avec son père. Car alors, s'il voulait faire l'erouv depuis la veille, il le pouvait : on lui applique le cas où il n'a pas fait acquérir le droit à son père, comme on a dit plus haut dans le chapitre Mi che-hotsiouhou (Erouvin 49b) : cinq qui ont collecté leur erouv, quand ils portent l'erouv vers un autre lieu, un seul porte pour eux tous. Même s'il a pris du pain à lui et l'a porté au lieu du chitouf, cela sert pour tous, comme je l'ai expliqué là-bas : il accomplit la chelihout (agence) de tous, puisqu'ils ont fait l'erouv ensemble. A plus forte raison deux qui habitent une même maison. Et encore, nous avons appris plus loin dans notre chapitre (Erouvin 72a) : cinq groupes qui ont passe le chabbat dans un même traklin (salle), Beit Hillel disent : un seul erouv pour tous. Et de ce qui a été dit plus haut (Erouvin 64), que son salarié et son homme de peine donne son erouv et que cela suffit, il n'y a pas de preuve pour ici. Car peut-être ces paroles ne valent que pour un nokhri, dont l'habitation compte moins ; pour un Israël, elles ne valent pas. Il lui a dit : moi, je dis qu'il annule. Et l'école de Chmouel enseigne : il n'annule pas. Et la halakha est comme Rav Nahman, qui a dit qu'il annule. Depuis quand donne-t-on le droit ? Beit Chammai disent : pendant qu'il fait encore jour. Et Beit Hillel disent : après la tombée de la nuit. Et celui qui a donné le droit puis a sorti, que ce soit par inadvertance ou de propos délibéré, interdit : paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : de propos délibéré, il interdit ; par inadvertance, il n'interdit pas. Sur quoi divergent-ils ? Beit Chammai tiennent : le bitoul du droit est une acquisition de droit, et acquérir pendant chabbat est interdit. Beit Hillel tiennent : le bitoul du droit est un retrait du droit, et retirer un droit pendant chabbat est régulier.
💡 Explication

Solution retenue. Un voisin s'emploie auprès du goy jusqu'à en devenir l'ami. Il obtient un emplacement et y dépose un objet. Dès lors un Israël habite dans la cour du nokhri : il est comme son sakhir, salarié de l'année, ou son lakit, ouvrier de la moisson et de la récolte.

Chmouel : ce Juif donne l'erouv avec les habitants du maboy, et cela suffit. Le goy n'a pas à louer lui-même.

🖼️ Schéma
Devenir comme le salarié du goy Procedure de Rava 1. Se rapprocher du goy > 2. Demander un emplacement > 3. Y déposer un objet > 4. Donner l'erouv comme sakhir Chmouel : même le sakhir, même le lakit. Cela suffit.
Quatre temps : se rapprocher, demander une place, déposer un objet, donner l'erouv.
5
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: הָיוּ שָׁם חֲמִשָּׁה שְׂכִירוֹ וַחֲמִשָּׁה לְקִיטוֹ מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אִם אָמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהָקֵל, יֹאמְרוּ שְׂכִירוֹ וּלְקִיטוֹ לְהַחֲמִיר?

Abaye dit à Rav Yossef : il y avait la cinq salariés et cinq hommes de peine, qu'en est-il ? Il lui dit : s'ils ont parlé du salarié et de l'homme de peine pour alléger, parleraient-ils du salarié et de l'homme de peine pour alourdir ?

📜 Rachi (2)
הָיוּ שָׁם בְּבֵית הַנָּכְרִי:
Dans la maison du nokhri.
חֲמִשָּׁה שְׂכִירִים וּלְקִיטִין דָּרִין בַּחֲדָרִים וּבַעֲלִיּוֹת שֶׁאִילּוּ הָיְתָה רְשׁוּת שֶׁלָּהֶן הָיוּ צְרִיכִין לָתֵת כֻּולָּן בְּעֵירוּב כְּדִתְנַן בְּמַתְנִיתִין וּמוֹדִין בִּזְמַן שֶׁמִּקְצָתָן שְׁרוּיִין בַּחֲדָרִים כו' וְהַשְׁתָּא דִּרְשׁוּתָא דְּנָכְרִי מַהוּ לָתֵת כֻּולָּן בְּעֵירוּב אִם שָׁכַח הָאֶחָד וְלֹא נָתַן אוֹסֵר עַל בְּנֵי מָבוֹי מִי אָמְרִינַן כִּי הֵיכִי דְּשַׁוִּינְהוּ לֵיהּ לְשָׂכִיר וּלְלָקִיט כִּבְעָלִים לְהָקֵל וּלְהַתִּיר עֵירוּבוֹ בְּמָבוֹי זֶה הָווּ נָמֵי בְּעָלִים לְהַחְמִיר אוֹ דִּלְמָא לְקֻולָּא שַׁווִּינְהוּ רַבָּנָן כִּבְעָלִים אֲבָל לְחוּמְרָא לֹא דְּכֹל בְּעֵירוּבִין לְהָקֵל וְהָנֵי דִּירָה וַדַּאי לָאו דִּידְהוּ הִיא:
Ils habitent dans des pièces et des étages. Si le droit était le leur, ils devraient tous contribuer à l'erouv, comme la michna l'enseigne, et ils conviennent du cas où certains habitent dans des pièces, etc. Et maintenant que le droit appartient au nokhri, quelle est la loi : doivent-ils tous contribuer à l'erouv ? Si l'un a oublié et n'a pas contribué, interdit-il aux habitants du maboy ? Dit-on : de même qu'on a rendu le salarié et l'homme de peine semblables à des propriétaires pour alléger et pour permettre son erouv dans ce maboy, ils sont aussi propriétaires pour alourdir ? Ou bien les Sages ne les ont rendus semblables à des propriétaires que pour la kola (indulgence), et non pour la houmera (rigueur) ? Car en tout ce qui touche aux erouvin on va vers l'indulgence, et cette habitation n'est certes pas la leur.
💡 Explication

Abaye pousse le cas. Cinq sakhirim et cinq lakitim résident dans la maison du goy, dans des pièces et des étages. S'ils étaient propriétaires, la michna exigerait que chacun participe ; l'oubli de l'un interdirait le maboy.

Rav Yossef refuse cette houmera. On les a assimilés au propriétaire lehakel, pour alléger : un seul suffit à donner l'erouv. On ne les assimile pas lehachmir, pour alourdir. En matière d'erouvin, la règle va vers la kola, et cette demeure n'est pas la leur.

🖼️ Schéma
Allègement ou alourdissement Réponse de Rav Yossef à Abaye Cinq salariés dans la maison du goy : que faut-il exiger ? Kola, retenue Un seul donne l'erouv. L'oubli des autres n'interdit pas le maboy. Houmera, écartée Les cinq participent. L'oubli de l'un interdit les habitants.
Cinq salariés : la kola est retenue, la houmera est écartée.
6
גּוּפָא, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ שְׂכִירוֹ וַאֲפִילּוּ לְקִיטוֹ, נוֹתֵן עֵירוּבוֹ וְדַיּוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן: כַּמָּה מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתָּא.

Revenons au corps du texte. Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : même son salarié, et même son homme de peine, donne son erouv, et cela suffit.

Rav Nahman a dit : combien cet enseignement est bon.

💡 Explication

Goufa : on reprend l'enseignement pour lui-même, hors du fil où il a été cite. Chmouel : le sakhir ou le lakit donne l'erouv, et cela suffit.

Rav Nahman le qualifie : kama maalya ha chemata, combien cet enseignement est bon. La phrase suivante montrera qu'il ne donne pas cet éloge a tout enseignement de Chmouel.

7
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שָׁתָה רְבִיעִית יַיִן — אַל יוֹרֶה. אָמַר רַב נַחְמָן: לָא מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתָּא, דְּהָא אֲנָא כֹּל כַּמָּה דְּלָא שָׁתֵינָא רְבִיעֵתָא דְּחַמְרָא — לָא צִילָא דַּעְתַּאי.

Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : s'il a bu une reviit de vin, qu'il ne rende pas de décision. Rav Nahman a dit : cet enseignement n'est pas bon.

Car moi, tant que je n'ai pas bu une reviit de vin, mon esprit n'est pas clair.

🗂️ Tossefot (1)
שָׁתָה רְבִיעִית יַיִן אַל יוֹרֶה יֵשׁ סְפָרִים שֶׁכָּתוּב בָּהֶן אַל יִתְפַּלֵּל וְלֹא יִתָּכֵן כְּלָל דא"כ מַאי קָאָמַר רַב נַחְמָן לָא מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתָּא דְּהָא אֲנָא כֹּל] כַּמָּה דְּלָא שָׁתֵינָא רְבִיעֵתָא לָא צִילָא דַּעְתַּאי מָה עִנְיָן צִילּוּתָא אֵצֶל תְּפִלָּה אֶלָּא אַל יוֹרֶה גָּרְסִינַן בְּרוֹב סְפָרִים וְכֵן אָמַר ר"ח וא"ת וּמַאי קָאָמַר ר"נ לָא מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתָּתָא הָא פְּלוּגְתָּא דְּתַנָּאֵי הִיא בִּכְרִיתוֹת בְּפֶרֶק אָמְרוּ לוֹ (כְּרִיתוֹת דַּף יג:) כִּדְדָרֵישׁ הָתָם וּלְהַבְדִּיל וּלְהוֹרוֹת וְאַיַּיִן וְשֵׁכָר אַל תָּשֵׁת קָאֵי דְּמוֹקְמִינַן לֵיהּ הָתָם בִּרְבִיעִית וְעוֹד קָשֶׁה דְּהָא ר"נ גּוּפֵיהּ קָאָמַר לְקַמָּן בִּשְׁמַעְתִּין דֶּרֶךְ מִיל וְשֵׁינָה כָּל שֶׁהוּא מְפִיגִין אֶת הַיַּיִן כְּשֶׁשָּׁתָה רְבִיעִית ש"מ דְּאָסוּר וּמִיהוּ הַהִיא אִיכָּא לְאוֹקוּמָא כְּגוֹן דְּלָא רְמָא בֵּיהּ מַיָּא וְהָכָא דִּרְמָא בֵּיהּ מַיָּא כר"א בִּכְרִיתוֹת (דַּף יג:) (דִּתְנַן) הָתָם ר"א אוֹמֵר אִם נָתַן לְתוֹכוֹ מַיִם כָּל שֶׁהוּא פָּטוּר וְרַב נָמֵי פָּסֵיק הָתָם הֲלָכָה כְּר"א אֲבָל מ"מ קַשְׁיָא דְּלָא הָוֵי לֵיהּ לְמֵימַר לָא מְעַלְּיָא הָא שְׁמַעְתָּא כֵּיוָן דְּאִיכָּא רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דר"א הָתָם וְאָסְרִי אע"פ שֶׁנָּתַן בּוֹ מַיִם:
Certains livres portent : qu'il ne prie pas. Cette leçon ne se tient pas du tout. Car alors, que veut dire Rav Nahman par : cet enseignement n'est pas bon, car moi, tant que je n'ai pas bu une reviit, mon esprit n'est pas clair ? Quel rapport entre la clarté d'esprit et la prière ? On lit donc : qu'il ne rende pas de décision, dans la plupart des livres, et ainsi a dit Rabbeinou Hananel. Et si tu dis : que veut dire Rav Nahman par : cet enseignement n'est pas bon ? C'est une discussion de tannaïm dans Keritot, au chapitre Amrou lo (Keritot 13b), comme on y expose : pour distinguer et pour instruire, et le verset du vin et de la boisson forte, tu n'en boiras pas, s'y rapporte ; et on l'établit là-bas sur une reviit. Et encore, c'est difficile : Rav Nahman lui-même dit plus loin dans notre discussion qu'un chemin d'un mil et un sommeil si petit soit-il dissipent le vin, quand on a bu une reviit. On en déduit que c'est interdit. Cependant on peut établir cela dans le cas où il n'y a pas mis d'eau, et ici dans le cas où il y a mis de l'eau, comme Rabbi Eliezer dans Keritot (13b). Là-bas, Rabbi Eliezer dit : s'il y a mis de l'eau si peu que ce soit, il est quitte. Et Rav aussi tranche là-bas : la halakha est comme Rabbi Eliezer. Mais de toute façon la difficulté reste : il n'avait pas à dire que cet enseignement n'est pas bon, puisqu'il y a les Sages qui divergent de Rabbi Eliezer là-bas et interdisent même s'il y a mis de l'eau.
💡 Explication

Second enseignement de Rav Yehouda au nom de Chmouel. Une reviit de vin : al yoreh, qu'il ne rende pas de horaa. Rav Nahman refuse l'éloge donne au premier enseignement. Chez lui, l'esprit ne s'éclaircit, tsiluta daatei, qu'après cette reviit.

Tossefot fixent la leçon al yoreh. La leçon al yitpalel, qu'il ne prie pas, ne rend pas compte de la clarté d'esprit dont parle Rav Nahman. La prière viendra dans l'enseignement suivant, avec d'autres mesures.

8
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: מַאי טַעְמָא אָמַר מָר הָכִי? הָאָמַר רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא: מַאי דִכְתִיב ״וְרֹועֶה זוֹנוֹת יְאַבֶּד הוֹן״ — כָּל הָאוֹמֵר שְׁמוּעָה זוֹ נָאָה, וְזוֹ אֵינָהּ נָאָה — מְאַבֵּד הוֹנָה שֶׁל תּוֹרָה! אֲמַר לֵיהּ: הָדְרִי בֵּי.

Ravà lui dit : quelle est la raison pour laquelle le maître a dit ainsi ? Car Rabbi Aha bar Hanina a dit : que signifie ce qui est écrit : Et le compagnon des zonot (prostituees) perdra une fortune ?

Quiconque dit : cet enseignement-ci est beau, et celui-là n'est pas beau, perd la fortune de la Torah ! Il lui dit : je me rétracte.

📜 Rachi (4)
מַאי טַעְמָא אָמַר מָר הָכִי זוֹ נָאָה וְזוֹ אֵינָהּ נָאָה:
Celui-ci est beau, et celui-là n'est pas beau.
הוֹנָהּ כְּבוֹדָהּ שֶׁל תּוֹרָה וְסוֹפָהּ לְהִשְׁתַּכֵּחַ מִמֶּנּוּ:
L'honneur de la Torah ; et à la fin elle sera oubliée de lui.
רוֹעֵה זוֹנוֹת נוֹטָרִיקוֹן זוֹ נָאָה וְאֶרְעֶנָּה וְאֶעֱסוֹק בָּהּ כְּדֵי שֶׁתִּתְקַיֵּים בְּיָדִי:
Notarikon : celui-ci est beau ; je le ferai paitre et je m'en occuperai, pour qu'il demeure en ma main.
הָדְרִי בֵּי לֹא אוֹסִיף עוֹד:
Je n'irai pas plus loin.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְרֹעֶה זוֹנוֹת יְאַבֶּד הוֹן (מִשְׁלֵי כט, ג) כָּל הָאוֹמֵר: שְׁמוּעָה זוֹ נָאָה וּשְׁמוּעָה זוֹ אֵינָהּ נָאָה, מְאַבֵּד הוֹנָה שֶׁל תּוֹרָה. נִרְאֶה לִי בס"ד חִידּוּשֵׁי תּוֹרָה שֶׁמְּחַדְּשִׁים הַחֲכָמִים הֵמָּה 'הוֹנָהּ שֶׁל תּוֹרָה' וְזֶה כֵּיוָן שֶׁדַּרְכּוֹ לְגַנּוֹת לֹא יֹאמַר הַמְחַדֵּשׁ בְּפָנָיו חִידּוּשֵׁי תּוֹרָה, שֶׁחוֹשֵׁשׁ פֶּן יְגַנֶּה אוֹתָם וּמַה לוֹ בַּצָּרָה הַזֹּאת! וְנִמְצָא זֶה מְאַבֵּד מֵעַצְמוֹ 'הוֹנָהּ שֶׁל תּוֹרָה' אֵלּוּ חִדּוּשֵׁי תּוֹרָה. וְהָא דְּקָרֵי לְחִדּוּשֵׁי תּוֹרָה בְּשֵׁם ' הוֹן ' נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ הַתּוֹרָה מְכֻונֵּית בְּאוֹתִיּוֹת הֵן , דִּכְתִיב (אִיּוֹב כח, כח) הֵן יִרְאַת אֵד' הִיא חָכְמָה, וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד הַטַּעַם כִּי הַתּוֹרָה נִקְנָה לָנוּ מֵעוֹלָם הַבְּרִיאָה שֶׁהוּא סוֹד הֵ"א רִאשׁוֹנָה שֶׁבַּשֵּׁם שֶׁהִיא בִּינָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ נוּ"ן שְׁעָרִים לָכֵן מְכֻונֵּית בְּשֵׁם 'הֵן' וְהִנֵּה אוֹתִיּוֹת 'הֵן' אִם תְּמַלְּאֵם כָּזֶה הַ" ה נ וְ " ן יִהְיֶה הַמִּלּוּי צֵירוּף הוֹן , וְהִנֵּה הַמִּילּוּי הוּא כְּמוֹ עוֹבֵר עַל הַפָּשׁוּט, יַעַן שֶׁמֻּונָּח בַּבֶּטֶן הַפָּשׁוּט, וְלָכֵן חִידּוּשׁ שֶׁאָדָם מוֹצִיא מִדְּבַר תּוֹרָה שֶׁהוּא כְּעֻובָּר שֶׁיּוֹצֵא מִבֶּטֶן אִמּוֹ קָרוּי בְּשֵׁם הוֹן: אַךְ קָשֶׁה אִם אוֹמֵר ' זוֹ נָאָה ' אַדְּרַבָּה מַשְׁבִּיחַ וְאַמַּאי נָקֵיט זֶה בִּכְלַל מְאַבֵּד? וְלֹא עוֹד אֶלָּא פָּסוּק רָעָה זוֹנוֹת לֹא נִרְמַז בּוֹ אֶלָּא חֲלֻוקָּה שֶׁל זוֹ נָאָה! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּזֶה הָאוֹמֵר ' זוֹ נָאָה ' וַדַּאי לֹא עַל כָּל הֲלָכָה וַהֲלָכָה שֶׁשּׁוֹמֵעַ אוֹמֵר כֵּן, אֶלָּא בְּוַדַּאי יִזְדַּמֵּן כַּמָּה הֲלָכוֹת שֶׁלֹּא יֹאמַר עֲלֵיהֶם כְּלוּם, וְכֵיוָן שֶׁרוֹאִים שֶׁזֶּה דַּרְכּוֹ לוֹמַר 'זוֹ נָאָה' נִמְצָא לְפִי זֶה רֹוב הַהֲלָכוֹת שֶׁאֵין אוֹמֵר עֲלֵיהֶם כְּלוּם הֲרֵי זֶה מְבַזֶּה אוֹתָם, וּלְכָךְ הַפָּסוּק שֶׁל רָעָה זוֹנוֹת הוּא מְדַבֵּר בְּאוֹמֵר זוֹ נָאָה לִרְבוּתָא כִּי גַּם זֶה הוּא בִּכְלַל מְאַבֵּד הוֹן. וְהִנֵּה רַשִׁ"י זַ"ל פֵּירֵשׁ רָעָה זוֹנוֹת נָטְרִיקוֹן 'זֶה נָאֶה'. וְעוֹד נִרְאֶה לִי עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ בְּרֵישׁ שַׁבָּת (שַׁבָּת לד.) שֶׁאָמַר רַשְׁבִּ"י ע"ה לְאוֹתוֹ סָבָא 'יֹאמְרוּ זוֹנוֹת מְפַרְכְּסוֹת זוֹ אֶת זוֹ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים לֹא כָּל שֶׁכֵּן?!' נִמְצָא הַזּוֹנוֹת דַּרְכָּם לְקַשֵּׁט זוֹ אֶת זוֹ, וְלָכֵן אָמַר רָעָה זוֹנוֹת שֶׁהוּא מְקַשֵּׁט בִּדְבָרָיו הַשְּׁמוּעוֹת כְּמוֹ הַזּוֹנוֹת לוֹמַר זוֹ נָאָה, הֲרֵי זֵהָה מְאַבֵּד הוֹנָה שֶׁל תּוֹרָה .
Et le compagnon des zonot perdra une fortune (Michlei 29, 3). Quiconque dit : cet enseignement-ci est beau, et cet enseignement-là n'est pas beau, perd la fortune de la Torah. Il me semble, avec l'aide du Ciel : les hidouchim (nouveautes) de Torah que les sages innovent, ce sont eux la fortune de la Torah. Et voici : puisque sa manière est de dénigrer, celui qui innove ne dira pas devant lui des hidouchim de Torah, car il craint qu'il ne les dénigre, et que lui ferait cette peine ? Et celui-ci se trouve perdre de lui-même la fortune de la Torah, ces hidouchim de Torah. Et qu'il appelle les hidouchim de Torah du nom de hon (fortune) : il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il est connu que la Torah est désignée par les lettres hen, comme il est écrit (Iyov 28, 28) : hen, la crainte d'Hachem, c'est la sagesse. Et j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, la raison : la Torah nous est acquise depuis le monde de la Beria, qui est le sod de la première heh du Nom, laquelle est bina, où il y a nun chaarim (cinquante portes) ; c'est pourquoi elle est désignée du nom hen. Et voici les lettres hen : si tu les remplis ainsi, heh heh, nun vav nun, le miloui (remplissage) sera le groupe hon. Et voici : le miloui est comme un fœtus sur la forme simple, parce qu'il repose dans le ventre de la forme simple. C'est pourquoi une nouveauté qu'un homme tire d'une parole de Torah, semblable à un fœtus qui sort du ventre de sa mère, est appelée du nom de hon. Mais une difficulté : s'il dit celui-ci est beau, il l'améliore au contraire ; pourquoi le compte-t-on parmi ceux qui perdent ? Et de plus, le verset du compagnon des zonot ne fait allusion qu'à la part de celui-ci est beau. Il me semble, avec l'aide du Ciel : celui qui dit celui-ci est beau ne le dit certes pas de chaque halakha qu'il entend. Plusieurs halakhot se présenteront sur lesquelles il ne dira rien. Et puisqu'on voit que sa manière est de dire celui-ci est beau, il suit que la plupart des halakhot sur lesquelles il ne dit rien, il les meprise. C'est pourquoi le verset du compagnon des zonot parle de celui qui dit celui-ci est beau, à titre de rabbuta (inclusion elargie) : même celui-là est compris parmi ceux qui perdent la fortune. Et voici : Rachi, de mémoire bénie, a expliqué compagnon des zonot comme un notarikon : celui-ci est beau. Et il me semble encore, d'après ce qu'ils ont dit au debut de Chabbat (Chabbat 34a), que Rabbi Chimon bar Yohaï, que la paix soit sur lui, a dit à ce vieillard : on dira : les zonot se parent l'une l'autre ; les talmidei hakhamim, à plus forte raison ? Il suit que la manière des zonot est de parer l'une l'autre. C'est pourquoi il a dit compagnon des zonot : celui qui pare de ses paroles les enseignements, comme les zonot, en disant celui-ci est beau, voila qui perd la fortune de la Torah.
💡 Explication

Rava arrête le jugement de goût. Michlei 29, 3 : veroeh zonot yeabed hon. Rabbi Aha bar Hanina le lit en notarikon : zo nae, celui-ci est beau. Qui dit d'une chemata qu'elle est belle et d'une autre qu'elle ne l'est pas perd le hon de la Torah. Rachi : ce hon est son honneur, et à la fin la Torah sera oubliée de lui. L'autre face du notarikon : qu'il garde l'enseignement beau, qu'il le fasse paitre et s'en occupe, pour qu'il demeure en sa main.

Rav Nahman répond : hadri bi. Rachi : je n'irai pas plus loin. Il cesse de qualifier ainsi les enseignements.

9
אֲמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: שָׁתוּי אַל יִתְפַּלֵּל, וְאִם הִתְפַּלֵּל — תְּפִלָּתוֹ תְּפִלָּה. שִׁיכּוֹר אַל יִתְפַּלֵּל, וְאִם הִתְפַּלֵּל — תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה.

Rabba bar Rav Houna a dit : le chatouy (qui a bu) ne priera pas ; et s'il a prié, sa prière est une prière. Le chikor (ivre) ne priera pas ; et s'il a prié, sa prière est une abomination.

🗂️ Tossefot (1)
שִׁיכּוֹר אַל יִתְפַּלֵּל וְאִם הִתְפַּלֵּל תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה וְלֹא יָצָא כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְדַבֵּר לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ וְצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל וְכֵן הַהִיא דִּבְרָכוֹת (דַּף כב:) שֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל וְנִמְצָא צוֹאָה כְּנֶגְדּוֹ דְּמַסִּיק כֵּיוָן שֶׁחָטָא אע"פ שֶׁהִתְפַּלֵּל תְּפִלָּתוֹ תּוֹעֵבָה וְצָרִיךְ לַחֲזֹור וּלְהִתְפַּלֵּל וצ"ע אִם יֵשׁ לְהַשְׁווֹת בְּרָכוֹת לִתְפִלָּה לְעִנְיַן צוֹאָה וְשִׁיכּוֹר וע"כ לָאו לְכָל מִילֵּי דָּמְייָן דְּהָא שָׁתוּי אַל יִתְפַּלֵּל עַד שֶׁיָּפִיג יֵינוֹ וְאַפֵּי' בְּיַיִן מָזוּג אַל יִתְפַּלֵּל בְּיוֹתֵר מֵרְבִיעִית דְּאַפֵּי' ר"א דִּכְרִיתוֹת (דַּף יג:) לָא שָׁרֵי בְּיוֹתֵר מֵרְבִיעִית וְאַפֵּי' לְעִנְיַן הוֹרָאָה כִּדְאָמְרִינַן הָתָם וּפְשִׁיטָא דְּשָׁתוּי מְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְכָל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן כִּדְאָמְ' בִּירוּשַׁלְמִי דִּבְרָכוֹת דְּמַפִּיק לֵיהּ מֹואֲכֶלֶת וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ וְאַפֵּי' מְדֻומְדָּם וּמִיהוּ מִשּׁוּם מֵי רַגְלַיִם פְּשִׁיטָא דא"צ לַחֲזֹור וּלְבָרֵךְ אַפֵּי' א"ת דְּמַשְׁוִינַן בְּרָכוֹת לִתְפִלָּה בְּצוֹאָה תַּנְיָא וּמֵי רַגְלַיִם לָא חֲמִירִי כְּמוֹ צוֹאָה דְּהָא אָמַר בְּסוֹף פֶּ' מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת דַּף כֹּה.) לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא כְּנֶגֶד עַמּוּד בִּלְבַד הָא נְפוּל לְאַרְעָא שְׁרֵי וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזַרוּ בְּהוּ וְכִי גָּזְרוּ בְּהוּ בְּוַדָּאָן אֲבָל בִּסְפֵקָן לָא גָּזְרוּ בְּהוּ רַבָּנָן:
Et il n'est pas quitte, puisqu'il ne peut pas parler devant le roi, et il doit revenir prier. Et de même ce cas de Berakhot (22b) : il priait, et l'on a trouve des excréments en face de lui. On conclut : puisqu'il a fauté, bien qu'il ait prié, sa prière est une abomination, et il doit revenir prier. Et cela demande examen : faut-il assimiler les berakhot à la tefila pour les excréments et pour l'ivre. En tout cas, elles ne se ressemblent pas en toute chose. Car le chatouy ne priera pas tant que son vin ne se sera pas dissipé ; et même pour du vin coupe, il ne priera pas au-delà d'une reviit. Car même Rabbi Eliezer de Keritot (13b) ne permet pas au-delà d'une reviit, même pour la horaa (décision), comme on le dit là-bas. Et il est évident que le chatouy récite le birkat ha-mazon et toutes les berakhot, comme on le dit dans le Yerouchalmi de Berakhot, qui le tire de : tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras, même s'il est somnolent. Cependant, pour l'urine, il est évident qu'il n'a pas à revenir bénir, même si l'on dit que nous assimilons les berakhot à la tefila pour les excréments. On enseigne : et l'urine n'est pas aussi grave que les excréments. Car il est dit à la fin du chapitre Mi che-meto (Berakhot 25a) : la Torah n'a interdit que face au jet ; dès qu'il est tombé à terre, c'est permis. Et ce sont les Sages qui ont décrété à leur sujet. Et quand ils ont décrété, c'est sur leur cas certain ; sur leur doute, les Sages n'ont pas décrété.
💡 Explication

Rabba bar Rav Houna sépare deux degrés, pour la tefila seulement. Les deux ne doivent pas prier. Le résultat, s'ils ont prié, diffère.

Le chatouy : s'il a prié, tefilato tefila. Il est quitte.

Le chikor : s'il a prié, tefilato toeva. Tossefot : il n'est pas quitte, il reprend la prière, sur le modèle de celui qui a prié face à des excréments (Berakhot 22b). Les berakhot, elles, restent dites par le chatouy, y compris le birkat ha-mazon.

10
הֵיכִי דָמֵי שָׁתוּי, וְהֵיכִי דָּמֵי שִׁיכּוֹר? כִּי הָא דְּרַבִּי אַבָּא בַּר שֻׁומְנִי וְרַב מְנַשְּׁיָא בַּר יִרְמְיָה מִגִּיפְתִּי הֲווֹ קָא מִפַּטְרִי מֵהֲדָדֵי אַמַּעְבָּרָא דִּנְהַר יוֹפְטִי. אָמְרוּ: כָּל חַד מִינַּן לֵימָא מִילְּתָא דְּלָא שְׁמִיעַ לְחַבְרֵיהּ, דְּאָמַר מָרִי בַּר רַב הוּנָא: לֹא יִפָּטֵר אָדָם מֵחֲבֵירוֹ אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר הֲלָכָה, שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ זוֹכְרוֹ.

Quand est-on chatouy, et quand est-on chikor ? Comme ceci.

Rabbi Abba bar Choumni et Rav Menachia bar Yirmeya de Gifti prenaient conge l'un de l'autre au passage du fleuve Yofty. Ils dirent : que chacun de nous dise une parole que son compagnon n'a pas entendue.

Car Mari bar Rav Houna a dit : qu'un homme ne prenne conge de son compagnon que du sein d'une parole de halakha, car par la il se souvient de lui.

🪔 Ben Yehoyada (2)
אַל יִפָּטֵר אָדָם מֵחֲבֵרוֹ, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר הֲלָכָה. נִרְאֶה לִי בס"ד תּוֹךְ תֵּיבַת 'הֲלָכָה' יֵשׁ אוֹת לָמֶ"ד הָרוֹמֵז לְלִימּוּד הַתּוֹרָה, וְאוֹת כָּ"ף הָרוֹמֵז לִצְדָקָה, וּמִנְהַג הַמַּלְוִים אֶת הָאָדָם לְלָוַתּוּ בְּדִבְרֵי תּוֹרָה שֶׁהֵם רְמוּזִים בְּאוֹת לָמֶ"ד, וְגַם בְּמִצְוַת צְדָקָה הָרְמוּזָה בְּאוֹת כָּ"ף, שֶׁנּוֹתְנִים לוֹ צְדָקָה לְחַלְּקָהּ בְּמָקוֹם שֶׁהוֹלֵךְ אֵלָיו כְּדֵי לִהְיוֹת שְׁלִיחַ מִצְוָה דִּשְׁלוּחֵי מִצְוָה אֵינָם נִזּוֹקִין, וְלָזֶה אָמַר ' מִתּוֹךְ ' דְּבַר הֲלָכָה שֶׁהֵם תּוֹרָה וּצְדָקָה הָרְמוּזִים בְּתוֹךְ תֵּיבַת הֲלָכָה.
Qu'un homme ne prenne conge de son compagnon que du sein d'une parole de halakha. Il me semble, avec l'aide du Ciel : à l'intérieur du mot halakha il y à la lettre lamed, qui fait allusion à l'etude de la Torah, et la lettre kaf, qui fait allusion à la tsedaka. Et la coutume de ceux qui accompagnent un homme est de l'accompagner par des paroles de Torah, allusion de la lettre lamed, et aussi par la mitsva de tsedaka, allusion de la lettre kaf : on lui donne de la tsedaka a répartir au lieu où il va, afin qu'il soit un envoyé de mitsva, car les envoyés d'une mitsva ne subissent pas de dommage. Et pour cela il a dit : du sein d'une parole de halakha. Ce sont la Torah et la tsedaka, allusionnées à l'intérieur du mot halakha.
שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ זָוכְרֵהוּ. נִרְאֶה לִי בס"ד זָוכְרֵהוּ קָאֵי עַל דְּבַר הַהֲלָכָה, כִּי בְּעֵת הַלְּוִיָּה יִהְיֶה אַמְבּוּהָא הַרְבֵּה, וְכָל מַה שֶׁנֶּאֱמַר בָּעֵת הַהִיא לֹא יִשְׁתַּכַּח מִן הַלֵּב, מִפְּנֵי כִּי הָעֵת הַהִיא לָא תִּשְׁתַּכַּח מִלֵּב הָאָדָם, וְאָז מִמֵּילָא יִזְכֹּור מַה שֶׁנֶּאֱמַר לוֹ בְּאוֹתָהּ הָעֵת מִן הַהֲלָכוֹת וְדִבְרֵי תּוֹרָה.
Car par la il se souvient de lui. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le souvenir porte sur la parole de halakha. Car au moment de l'accompagnement il y aura une grande foule, et tout ce qui est dit en ce moment ne s'oubliera pas du cœur, parce que ce moment lui-même ne s'oubliera pas du cœur de l'homme. Alors, de lui-même, il se souviendra de ce qui lui a été dit à ce moment-là, parmi les halakhot et les paroles de Torah.
💡 Explication

La définition va venir d'un fait, au passage du nahar Yofty. Rabbi Abba bar Choumni et Rav Menachia bar Yirmeya de Gifti se séparent. Chacun doit dire une halakha que l'autre n'a pas entendue.

Appui de Mari bar Rav Houna : on ne prend conge que mitokh davar halakha, du sein d'une parole de halakha. Par la, on se souvient de celui qui part.

11
פָּתַח חַד וְאָמַר: הֵיכִי דָמֵי שָׁתוּי, וְהֵיכִי דָּמֵי שִׁיכּוֹר? שָׁתוּי — כֹּל שֶׁיָּכוֹל לְדַבֵּר לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ. שִׁיכּוֹר — כֹּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְדַבֵּר לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ.

L'un ouvrit et dit : quand est-on chatouy, et quand est-on chikor ? Chatouy : quiconque peut parler devant le roi.

Chikor : quiconque ne peut pas parler devant le roi.

🪔 Ben Yehoyada (1)
פָּתַח חַד וְאָמַר: הֵיכִי דָמֵי 'שָׁתוּי', וְהֵיכִי דָּמֵי 'שִׁכּוֹר'. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁהֵבִיא הֲלָכָה זוֹ, מִפְּנֵי שֶׁדַּרְכָּם הָיָה כְּשֶׁנִּפְטָרִים זֶה מִזֶּה שׁוֹתִין יַיִן כְּדֵי לְעוֹרֵר הַשִּׂמְחָה לְסִימָן טוֹב שֶׁיִּהְיוּ נִפְטָרִים זֶה מִזֶּה מִתּוֹךְ שִׂמְחָה, וְלָכֵן תִּמְצָא לְקַמָּן בַּבָּרַיְיתָא שֶׁאָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל לְרַבִּי אִילְעַאי 'כְּלוּם שָׁתִינוּ רְבִיעִית יַיִן הָאִיטַלְקִי?' וְהַיְינוּ שֶׁדַּרְכָּם לִשְׁתּוֹת יַיִן קֹודֶם שֶׁיּוֹצְאִין לַדֶּרֶךְ לְסִימָן טוֹב לְעוֹרֵר בּוֹ הַשִּׂמְחָה, וְזוֹ נִקְרֵאת גַּם כֵּן שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה כְּדֵי לִפְתֹּוחַ הַלֵּב בְּחִידּוּשֵׁי תּוֹרָה , עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ הָבוּ חַמְרָא לְדַרְדַּקֵּי כִּי הֵיכִי דְּלֵימְרוּ מִילֵּי, יַעַן 'נִכְנַס יַיִן יָצָא סוֹד' וְלָכֵן כֵּיוָן דְּאוֹתָהּ שָׁעָה שָׁתוּ יַיִן הֵבִיא הֲלָכָה זוֹ הַמְדַבֶּרֶת בְּעִנְיַן הַשְּׁתִיָּה דָּבָר בְּעִתּוֹ מַה טוֹב. וְאִידָךְ אָמַר הֲלָכָה אַחֶרֶת שֶׁל דִּין הַמַּחֲזִיק בְּנִכְסֵי הַגֵּר שֶׁדָּבָר זֶה הוּא גַּם כֵּן יֵשׁ בּוֹ בְּעִנְיַן הַנְּסִיעָה, וְהַיְינוּ דְּיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְקֻובָּלִים זַ"ל עַל מַאֲמַר הַגְּמָרָא (בְּרָכוֹת יח.) הָווּ שָׁקְלִי וְאָזְלִי, כִּי הַחֲכָמִים בְּהִילּוּכָם בַּדֶּרֶךְ הֵם מִתְכַּווְּנִים לְבָרֵר נִיצוֹצֵי הַקְּדֻושָּׁה בְּהִילּוּכָם, וְאֵלּוּ הַנִּיצוֹצוֹת הַנִּבְרָרִים נִקְרָאִים נִכְסֵי הַגֵּר שֶׁכָּל הַקּוֹדֵם לְהַחְזִיק בְּבֵירוּר שֶׁלָּהֶם זָכָה בָּהֶם וְנַעֲשִׂים שֶׁלּוֹ, וְלָכֵן הֵבִיא דִּין זֶה עַתָּה בְּעֵת הַנְּסִיעָה וְהִילּוּךְ דְּרָכִים שֶׁבָּהֶם נַעֲשָׂה בְּיָרוּד נְצוּצוֹת קְדֻושָּׁה.
L'un ouvrit et dit : quand est-on chatouy, et quand est-on chikor. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la raison pour laquelle il a apporté cette halakha, c'est que leur coutume, quand ils prenaient conge l'un de l'autre, était de boire du vin afin d'éveiller la joie, en bon signe, pour qu'ils prennent conge l'un de l'autre du sein de la joie. C'est pourquoi tu trouves plus loin, dans la baraita, que Rabban Gamliel a dit à Rabbi Ilaï : avons-nous bu une reviit de vin d'Italie ? C'est qu'ils avaient coutume de boire du vin avant de sortir en chemin, en bon signe, pour éveiller par lui la joie. Et cela s'appelle aussi joie de mitsva, afin d'ouvrir le cœur aux hidouchim de Torah, à la manière de ce qu'a dit notre maître saint : donnez du vin aux enfants, afin qu'ils disent des paroles, parce que le vin entre, le sod sort. C'est pourquoi, puisqu'à cette heure ils buvaient du vin, il a apporté cette halakha qui parle de la boisson : une parole en son temps, comme elle est bonne. Et l'autre a dit une autre halakha, la loi de celui qui prend possession des biens du ger. Cette chose aussi a trait au voyage. C'est qu'il est connu ce qu'ont dit les mekoubalim, de mémoire bénie, sur la parole de la Guemara (Berakhot 18a) : ils prenaient et ils allaient. Car les sages, en marchant sur le chemin, ont l'intention de faire le birur (tri) des nitsotsot de kedoucha (étincelles de sainteté) dans leur marche. Et ces étincelles triées sont appelées biens du ger : quiconque est le premier à prendre possession de leur birur les acquiert, et elles deviennent siennes. C'est pourquoi il a apporté cette loi maintenant, au moment du voyage et de la marche sur les chemins, ou se fait le birur des étincelles de kedoucha.
💡 Explication

Le critere tient en une epreuve : parler devant le roi. Le chatouy le peut encore. Le chikor ne le peut plus. On ne compte pas les verres : on regarde si l'homme pourrait encore se tenir devant un roi.

Ce critere rejoint Tossefot sur la prière de l'ivre : puisqu'il ne peut pas parler devant le roi, sa tefila est une abomination et il doit la reprendre.

🖼️ Schéma
Le critere du roi Definition du chatouy et du chikor Il peut encore parler devant le roi Chatouy Il ne peut plus parler devant le roi Chikor La mesure est cet état, devant un roi, et non un compte de verres.
Chatouy : il parle encore devant le roi. Chikor : il ne le peut plus.
12
פָּתַח אִידָךְ וְאָמַר: הַמַּחֲזִיק בְּנִכְסֵי הַגֵּר, מַה יַּעֲשֶׂה וְיִתְקַיְּימוּ בְּיָדוֹ? יִקַּח בָּהֶן סֵפֶר תּוֹרָה. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֲפִילּוּ

L'autre ouvrit et dit : celui qui prend possession des biens du ger, que fera-t-il pour qu'ils se maintiennent dans sa main ? Qu'il achete avec eux un sefer Torah.

Rav Chechet a dit : Même

📜 Rachi (2)
הַמַּחֲזִיק בְּנִכְסֵי הַגֵּר מִידֵּי דִּתְמִיהָה הִיא וּתְווָהֵי בָּהּ אִינָשֵׁי לְפִי שֶׁבָּאוּ לוֹ בְּלֹא יְגִיעָה לְפִיכָךְ אֵין מִתְקַיְּימִין אִם לֹא עַל יְדֵי מִצְוָה:
C'est une chose étonnante, et les gens s'en étonnent, parce que ces biens lui sont venus sans peine ; c'est pourquoi ils ne se maintiennent que par une mitsva.
יִקַּח בָּהֶן ס"ת בְּמִקְצָתָם וּבַשָּׂכָר אֵלּוּ יִתְקַיְּימוּ הָאֲחֵרִים בְּיָדוֹ:
Avec une partie d'entre eux ; et au mérite de ceux-là, les autres se maintiendront dans sa main.
💡 Explication

Le second sage ouvre une autre halakha, au moment du depart. Les nikhsei ha-ger, biens d'un converti mort sans héritier, s'acquierent par le premier kinyan : ils viennent sans peine. Rachi : les gens s'en étonnent, et ces biens ne se maintiennent que par une mitsva.

Qu'il achete, avec une partie, un sefer Torah. Au mérite de cet achat, le reste demeure dans sa main. Rav Chechet commence une extension, afilou (même), que le daf suivant poursuit.

🖼️ Schéma
Biens du ger Les maintenir par une mitsva Biens du ger acquis sans peine > Achat d'un sefer Torah > Le reste demeure Rachi : avec une partie. Au mérite de celle-là, le surplus reste en sa main.
Une partie des biens sert à acheter un sefer Torah. Le reste demeure à ce mérite.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).