Sougya : Le daf achève le cas du nokhri arrive le Chabbat : ils interdisent, ils ne font pas l'erouv, ils n'annulent pas. Rav Yossef, qui a oublié son étude, se fait rappeler par Abbayé la parole de Chmouel : pas de bitoul rechout d'une cour à une cour, ni dans une houva.
Rabbi Yo'hanan tient le bitoul dans les deux cas, et la Guemara montre que les deux énoncés sont requis. Abbayé limite Chmouel aux cours côte à côte.
L'une dans l'autre, puisqu'elles s'interdisent, elles annulent. Rava distingue selon le lieu de l'erouv et selon celui qui a oublié : trois cas laissent les deux cours interdites, un seul laisse l'intérieure permise.
Plutôt, n'est-ce pas qu'il est arrivé le Chabbat ? Et l'on enseigne : ils interdisent et ils ne font pas l'erouv, ils n'annulent pas.
On en déduit.
La Guemara fixe le troisième membre de Chmouel. Le nokhri est arrivé le Chabbat. Le membre s'applique : osrin ve-ein me'arvin, ils interdisent et ils ne font pas l'erouv. Donc ein mevatlin : ils n'annulent pas.
Rachi : le bitoul rechout n'existe que là où l'erouv était possible dès la veille.
Tossefot : un erouv fait la veille tombe tout entier à l'arrivée du nokhri. Rabbi Yehouda ne le fait pas interdire tant qu'il est absent. Apres la sekhira (location), l'erouv ne revient pas. Le cas garde son nom.
Rav Yossef dit : je n'ai pas entendu cette chemata. Abbayé lui dit : c'est toi qui nous l'as dite, et c'est à ce propos que tu nous l'as dite.
Car Chmouel a dit : il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour.
Rav Yossef a oublié son étude. Il dit n'avoir pas entendu cette chemata (tradition). Abbayé la lui rend : c'est lui qui l'enseignait, et elle porte sur Chmouel.
La parole citée ici est stricte : pas de bitoul rechout d'une cour à une cour. Rachi, lui, nomme déjà le cas où l'on annule la derissat regel de l'intérieure vers l'extérieure. Abbayé donne cette limite dans les segments suivants.
Et il n'y a pas de bitoul rechout dans une houva.
Second volet de Chmouel : pas de bitoul dans une houva.
Rachi fixe le plan. Deux maisons, la ruine au milieu, les deux ouvertes sur elle. Sans erouv, l'usage est interdit. Le bitoul ne le leve pas. Les Sages ne l'ont donné que pour la cour devant la maison, là où se fait l'usage principal.
Et tu nous as dit là-dessus : quand Chmouel a dit qu'il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour, nous ne l'avons dit que de deux cours et d'une seule ouverture entre elles. Mais l'une à l'intérieur de l'autre, du fait qu'ils s'interdisent l'un l'autre, ils annulent.
Abbayé rappelle la limite que Rav Yossef avait posée. Ein bitoul me-hatzer le-hatzer vise deux cours côte à côte, une seule ouverture entre elles.
Zu lifnim mi-zo, l'une dans l'autre : ils s'interdisent, donc ils annulent. Rachi : l'intérieure sans erouv, même pour elle-même, est une regel asoura bi-mekomah, un pied interdit dans son lieu. Ce pied interdit aussi l'extérieure, par le passage, jusqu'au bitoul.
Il lui dit : moi, j'ai dit cela au nom de Chmouel ? Or Chmouel a dit : nous n'avons, dans les erouvin, que selon le langage de notre michna, gens d'une cour, et non gens de cours.
Rav Yossef s'etonne. Aurait-il enseigné cela au nom de Chmouel ? Chmouel a dit : en erouvin, on suit lechon mishnatenu, le langage de la michna. Rachi : cette règle sert à ne pas ajouter un hetter.
La michna du daf 69b parle des anshei hatzer, les gens d'une cour. Le bitoul y est dit pour une cour. La formule qui refuse les gens de cours est la déduction de Rav Yossef.
Il lui dit : quand tu nous as dit que nous n'avons, dans les erouvin, que selon le langage de notre michna, c'est à propos de ceci que tu nous l'as dit : le mavoi est aux cours comme la cour est aux maisons.
Abbayé replace la formule. Rav Yossef l'avait dite sur la michna : ha-mavoi la-hatzerot ke-hatzer la-batim, le mavoi est aux cours ce que la cour est aux maisons.
Rachi : Chmouel en tire le minimum du mavoi. Un lehi et une kora ne le permettent que si deux cours s'ouvrent sur lui, et deux maisons sur la cour.
Tossefot renvoie à la fin du chapitre, et rappelle que Chmouel y dit aussi une formule plus courte : une maison, une cour, et l'un d'eux dans l'autre.
La chose elle-même. Chmouel a dit : il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour, et il n'y a pas de bitoul rechout dans une houva.
Et Rabbi Yo'hanan a dit : il y a un bitoul rechout d'une cour à une cour, et il y a un bitoul rechout dans une houva.
La Guemara reprend le corps de la mahloket. Chmouel refuse le bitoul dans les deux cas. Rabbi Yo'hanan l'admet dans les deux.
Et c'est nécessaire. Car si l'on ne nous avait fait entendre que de cour à cour, c'est en cela que Chmouel l'aurait dit, parce que cet usage est à part et cet usage est à part.
Mais une houva, dont l'usage est un seul pour les deux : je dirais qu'il est d'accord avec Rabbi Yo'hanan.
Tzerikha : les deux cas doivent être dits. Si l'on n'avait que le refus de Chmouel de cour à cour, on l'expliquerait par les tashmishim séparés : chaque cour a son usage.
La houva a un seul usage pour les deux. Rachi : ils s'interdisent l'un l'autre. On aurait alors dit que Chmouel y rejoint Rabbi Yo'hanan, et qu'ils annulent.
Et si cela a été dit dans ce cas, c'est dans ce cas que Rabbi Yo'hanan le dit. Mais dans l'autre, il est d'accord avec Chmouel.
C'est nécessaire.
L'inverse. Ce cas-ci est la houva. Si Rabbi Yo'hanan n'avait parle que d'elle, on limiterait son bitoul à l'usage commun.
De cour à cour, on le ferait convenir avec Chmouel. Les deux énoncés restent donc requis.
Abbayé a dit : ceci que Chmouel a dit, il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour, nous ne l'avons dit que de deux cours et d'une seule ouverture entre elles. Mais deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre : du fait qu'ils interdisent, ils annulent.
Abbayé fixe la portée de Chmouel. Pas de bitoul de cour à cour : seulement deux cours et une ouverture entre elles. L'une dans l'autre : puisqu'ils interdisent, ils annulent.
Rachi : l'intérieure sans erouv pour elle-même est un pied interdit dans son lieu. Même les Rabbanan conviennent qu'elle interdit hors de son lieu. Le bitoul porte sur la derissat regel vers l'extérieure. Les gens de l'extérieure redeviennent permis pour eux-mêmes.
Rava a dit : même deux cours, l'une à l'intérieur de l'autre, parfois ils annulent et parfois ils n'annulent pas. Comment ?
Ils ont déposé leur erouv dans l'extérieure, et l'un a oublié, que ce soit de l'intérieure ou de l'extérieure, et il n'a pas fait l'erouv : les deux sont interdites.
Rava restreint le cas. Même l'une dans l'autre, le bitoul dépend des faits. L'erouv commun est déposé dans l'extérieure. Un habitant a oublié, de l'une ou de l'autre : les deux cours sont interdites. Rachi : le bitoul ne sert pas. La raison vient plus loin.
Rachi décrit l'erouv commun : l'erouv fait pour les habitants d'une cour est porté dans la voisine. On n'en fait pas un second. Il glose ici aussi les cas des segments suivants : erouv déposé dans l'intérieure, les deux interdites, et le cas où l'intérieure reste permise.
Dans ce dernier cas, les gens de l'extérieure ont déposé l'erouv dans l'intérieure. Ils y comptent comme habitants. Chmouel admet d'annuler ce pied, et l'intérieure redevient permise pour elle-même.
Tossefot : Abbayé, qui admet un bitoul de cour à cour, lit la formule de la fin du chapitre, les deux sont interdites, comme valant jusqu'au bitoul.
Ils ont déposé leur erouv dans l'intérieure, et l'un de l'intérieure a oublié et n'a pas fait l'erouv : les deux sont interdites.
Second dépôt. L'erouv commun est dans l'intérieure. Celui qui a oublié habite l'intérieure : les deux cours sont interdites. L'interdit commence chez elle. Son passage ferme l'extérieure. La raison du bitoul inutile vient à la fin du daf.
L'un de l'extérieure a oublié et n'a pas fait l'erouv : l'intérieure est permise, et l'extérieure est interdite.
Même dépôt, dans l'intérieure, mais l'oubli est dans l'extérieure. L'intérieure est permise, l'extérieure est interdite.
Rachi, glose plus haut sur ces mots, en donne la voie. Ceux de l'extérieure qui ont joint l'erouv l'ont déposé dans l'intérieure. Le bitoul de ce pied laisse l'intérieure permise pour elle-même. Chmouel en convient.
Ils ont déposé leur erouv dans l'extérieure, et l'un a oublié, que ce soit de l'intérieure ou de l'extérieure, et il n'a pas fait l'erouv : les deux sont interdites. Cet homme de l'intérieure, en faveur de qui annulerait-il ?
Qu'il annule en faveur des gens de l'intérieure : leur erouv n'est pas auprès d'eux. Qu'il annule en faveur des gens de l'extérieure : il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour.
Pourquoi le bitoul échoue. L'erouv est dans l'extérieure. L'oubli est dans l'intérieure. Le-man nivtil : en faveur de qui annuler ?
Vers les gens de l'intérieure : leur erouv n'est pas auprès d'eux. Rachi décrit d'abord ce que ce bitoul aurait voulu : l'intérieure permise pour elle-même, l'extérieure fermée par le passage de celui qui reste interdit dans son lieu. Puis le refus : séparés de l'extérieure, ils sont sans erouv, et ils s'interdisent entre eux.
Vers les gens de l'extérieure : ein bitoul me-hatzer le-hatzer.
Tossefot : tous peuvent annuler auprès de celui qui a oublié. Lui devient permis pour leur lieu. Rava cherche le permis de ceux qui ont fait l'erouv. Rabbeinou Tam écarte le modèle de la cour du milieu, Erouvin 48b : là-bas, chaque extérieure reste permise chez elle. Ici l'extérieure est déjà interdite dans son lieu, et elle renvoie l'interdit vers l'intérieure.
Cet homme de l'extérieure, en faveur de qui annulerait-il ? Qu'il annule en faveur des gens de l'extérieure : il y a l'intérieure qui les interdit.
Qu'il annule en faveur des gens de l'intérieure : il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour.
Même dépôt dans l'extérieure. L'oubli est maintenant dans l'extérieure.
Vers les gens de l'extérieure : Rachi dit d'abord ce que le bitoul viserait, retrait complet, tous permis. La Guemara répond : l'intérieure, pied interdit dans son lieu, les ferme encore. Son erouv n'est plus auprès d'elle.
Vers les gens de l'intérieure : pas de bitoul de cour à cour. Rachi écarte une autre issue. Que les gens de l'intérieure annulent en faveur de celui qui a oublié : il serait un yahid permis dans son lieu. Dès ce bitoul, eux deviennent interdits dans leur lieu, comme la michna : on lui a donné le droit, lui est permis, eux sont interdits. Ils ferment l'extérieure. Leur passage demeure. L'annuler vers l'extérieure ramène à l'absence de bitoul de cour à cour.
Ils ont déposé leur erouv dans l'intérieure, et l'un de l'intérieure a oublié et n'a pas fait l'erouv : les deux sont interdites. Cet homme de l'intérieure, en faveur de qui annulerait-il ?
Qu'il annule en faveur des gens de l'intérieure : il y a l'extérieure qui les interdit. Qu'il annule en faveur des gens de l'extérieure : il n'y a pas de bitoul rechout d'une cour à une cour.
L'erouv est dans l'intérieure, et l'oubli aussi. Les deux cours sont interdites.
Vers les gens de l'intérieure : l'extérieure les interdit encore. Rachi : l'erouv a habitué l'extérieure à prendre place à l'intérieur.
Vers les gens de l'extérieure : pas de bitoul de cour à cour. Puisque l'intérieure est interdite, l'extérieure l'est par ce pied interdit dans son lieu. Et l'erouv de l'extérieure n'est pas auprès d'elle.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).