Sougya : Rav fixe la demeure au lieu du pain, Chmouel au lieu du coucher. La baraita des bergers, des kayatsin, des bourganin et des gardiens de fruits mesure le tehoum depuis le champ quand ils y couchent : on est tรฉmoin qu'ils prรฉfรฉreraient y manger.
Rav limite la michna des frรจres aux bรฉnรฉficiaires d'une part. Rabbi Yehouda ben Beteira et Rabbi Yehouda ben Bava divergent sur cinq femmes et cinq esclaves qui reรงoivent une part.
Le disciple suit la table du maรฎtre. Cinq qui ont dรฉjร fait l'erouv suffisent d'un seul pain, sauf s'il y a d'autres habitants.
La michna nouvelle sรฉpare l'erouv des cours et le shitouf du mavoy.
Le lieu du pain. Et Chmouel a dit : le lieu du coucher.
La question vient du daf prรฉcรฉdent : qu'est-ce qu'un lieu d'habitation ? Rav rรฉpond : le lieu du pain, lร oรน l'on mange. Chmouel rรฉpond : le lieu du coucher.
Le Roch fixe la halakha selon Rav, et selon Rabbi Yehouda : seule la maison oรน l'on habite interdit. Rav lui-mรชme mesure le tehoum des gardiens depuis le champ, quand c'est lร qu'ils couchent.
On objecte : les bergers, les kayatsin, les bourganin et les gardiens de fruits, lorsque leur usage est de coucher en ville, ils sont comme les gens de la ville. Lorsque leur usage est de coucher au champ, ils ont deux mille coudรฉes dans chaque direction.
Objection ร Rav. Si la demeure suivait le pain, manger en ville devrait fixer le tehoum en ville. La baraita suit le coucher : au champ, les deux mille partent du champ.
Kayatsin : gardiens de figues รฉtalรฉes pour sรฉcher. Bourganin : gardiens de poste. Rachi : s'ils couchent en ville, toute la ville compte pour eux comme quatre amot.
Lร -bas, nous sommes tรฉmoins que, si on leur apportait le pain lร -bas, cela leur conviendrait mieux.
Rรฉponse pour Rav. Ces gardiens doivent rester au champ pour surveiller, et ils y passent la nuit. On est tรฉmoin qu'ils mangeraient lร si on leur apportait le pain. Le lieu du pain qu'ils souhaitent rejoint donc le lieu du coucher.
Rav Yossef a dit : je n'ai pas entendu cet enseignement. Abaye lui a dit : c'est toi qui nous l'as dit, et c'est ร ce sujet que tu nous l'as dit.
Des frรจres qui mangeaient ร la table de leur pรจre et dormaient dans leurs maisons ont besoin d'un erouv pour chacun. Et nous t'avons dit : on en apprend que le lieu du coucher est dรฉterminant.
Et tu nous as dit ร ce sujet : Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on l'a enseignรฉ au sujet de bรฉnรฉficiaires d'une part.
Rav Yossef a รฉtรฉ malade et a oubliรฉ son รฉtude. Abaye la lui rappelle. L'enseignement de Rav est celui des mekablei peras : le pรจre fournit la dรฉpense, et les frรจres mangent chez eux. Le lieu du pain est alors leur maison, et chacun donne son erouv.
Le Roch traite un cas voisin : sofer, maรฎtre ou รฉlรจves logรฉs dans les piรจces du maรฎtre de maison. Ils se servent de sa maison pour cuire. Ils ne s'interdisent pas, mรชme selon Chmouel.
Les Sages ont enseignรฉ : celui qui a cinq femmes recevant une part de leur mari, et cinq esclaves recevant une part de leur maรฎtre. Rabbi Yehouda ben Beteira permet pour les femmes, et interdit pour les esclaves.
Chacun a sa demeure dans la cour, et reรงoit une part (peras) du mari ou du maรฎtre. Ben Beteira : les femmes suivent le mari, un seul erouv suffit. Les esclaves ne le suivent pas : chacun interdit, et chacun donne son erouv.
Le Ben Ich Haรฏ lit le nombre cinq ร partir des cinq travaux de la femme et de la limite de quatre femmes, afin que l'ona arrive une fois par mois.
Rabbi Yehouda ben Bava permet pour les esclaves, et interdit pour les femmes.
Ben Bava inverse. L'esclave suit son maรฎtre partout. La femme a sa demeure propre : chacune donne son erouv.
Rav a dit : quelle est la raison de Rabbi Yehouda ben Bava ? Car il est รฉcrit : Et Daniel รฉtait ร la porte du roi.
Le verset (Daniel 2, 49) place Daniel ร la porte du roi. Rachi : partout oรน il se trouve, il compte comme รฉtant ร cette porte. Ainsi l'esclave : son lieu est celui du maรฎtre.
Tossefot, d'aprรจs Rabbeinou Hananel : Bava et tara veulent dire porte. Le verset est ร la fois un signe pour le nom du tanna, et la raison de son avis.
C'est รฉvident. Un fils chez son pรจre : comme nous l'avons dit.
Une femme chez son mari, et un esclave chez son maรฎtre : divergence de Rabbi Yehouda ben Beteira et de Rabbi Yehouda ben Bava. Un disciple chez son maรฎtre : qu'en est-il ?
Le fils ร la table du pรจre est dรฉjร tranchรฉ. Femme et esclave restent la mahloket. La question nouvelle : le disciple qui habite dans la cour et reรงoit une part du maรฎtre a-t-il besoin de son propre erouv ?
Viens et entends. Rav, dans la maison de Rabbi Hiya, a dit : nous n'avons pas besoin de faire l'erouv, car nous nous appuyons sur la table de Rabbi Hiya.
Et Rabbi Hiya, dans la maison de Rabbi, a dit : nous n'avons pas besoin de faire l'erouv, car nous nous appuyons sur la table de Rabbi.
Le disciple suit la table du maรฎtre. Rav chez Rabbi Hiya, et Rabbi Hiya chez Rabbi : pas d'erouv ร part. Recevoir la part rattache le disciple ร la demeure du maรฎtre.
Abaye a demandรฉ ร Rabba : cinq qui ont collectรฉ leur erouv, lorsqu'ils portent leur erouv vers un autre endroit, un seul erouv pour tous, ou faut-il un erouv pour chacun ? Il lui a dit : un seul erouv pour tous.
Ces cinq ont dรฉjร uni leur cour. Quand ils joignent une autre cour, Rabba suffit d'un seul pain : l'un est mandataire des autres.
Rachi : Abaye n'avait pas entendu la baraita de 72b, ou bien il demande la halakha, parce que le cas a รฉtรฉ placรฉ dans une divergence. Tossefot : il connaรฎt la baraita. Il interroge Rabba pour objecter ensuite depuis la michna.
Mais les frรจres, qui ressemblent ร ceux qui ont collectรฉ, et l'on enseigne : ils ont besoin d'un erouv pour chacun ! Ici, de quoi s'agit-il ?
Par exemple, il y a des habitants avec eux. Du fait que ceux-ci interdisent, ceux-lร interdisent aussi.
La michna des frรจres semble exiger un pain par personne, comme s'ils avaient dรฉjร collectรฉ leur erouv. Rabba limite ce cas : il y a d'autres habitants dans la cour.
C'est le migo. Puisque les autres astreignent ร l'erouv, les frรจres s'astreignent aussi l'un l'autre. Sans cet appui, l'un serait chalia'h (mandataire) de tous.
Cela aussi est vraisemblable, car on enseigne : quand ? Lorsqu'ils portent leur erouv vers un autre endroit.
Mais si leur erouv venait chez eux, ou s'il n'y a pas d'habitants avec eux dans la cour, ils n'ont pas besoin de faire l'erouv. On l'apprend de lร .
La michna elle-mรชme limite le cas sรฉvรจre. On porte l'erouv chez un autre habitant : chacun donne. L'erouv vient chez le pรจre, ou il n'y a aucun autre habitant : pas d'erouv entre les frรจres. La lecture de Rabba est donc celle de la michna.
Rav Hiya bar Avin a demandรฉ ร Rav Chechet : les disciples de la maison du maรฎtre, qui mangent le pain dans le baga et viennent dormir dans la maison du maรฎtre. Quand nous leur mesurons le tehoum, le mesurons-nous depuis la maison du maรฎtre, ou le mesurons-nous depuis le baga ?
Il lui a dit : nous le mesurons depuis la maison du maรฎtre.
Question de tehoum, la limite des deux mille coudรฉes. Les disciples mangent ร l'auberge du val (baga) et dorment au beit rav, la maison d'รฉtude, elle-mรชme dans les deux mille. Rav Chechet mesure depuis le lieu du coucher, la maison du maรฎtre.
Mais celui qui place son erouv ร l'intรฉrieur des deux mille coudรฉes, puis vient dormir dans sa maison : nous lui mesurons le tehoum depuis son erouv !
Objection. L'erouv tehoumin est le repas qui fixe le point de dรฉpart. On le dรฉpose dans les deux mille, on rentre dormir chez soi, et l'on mesure depuis l'erouv, donc depuis le lieu du pain, non depuis le lit.
Dans ce cas-lร , nous sommes tรฉmoins, et dans ce cas-ci, nous sommes tรฉmoins. Dans ce cas-lร , nous sommes tรฉmoins que, s'il pouvait s'installer lร -bas, cela lui conviendrait.
Et dans ce cas-ci, nous sommes tรฉmoins que, s'ils leur apportaient le pain ร la maison du maรฎtre, cela leur conviendrait mieux.
Deux prรฉfรฉrences, toutes deux connues. Celui qui dรฉpose un erouv de tehoum voudrait dormir sur place, pour repartir de lร le lendemain. Les disciples voudraient manger chez le maรฎtre. Dans les deux cas, la demeure suit ce qui leur convient le mieux.
Rami bar Hama a demandรฉ ร Rav Hisda : un pรจre et son fils, le maรฎtre et son disciple, ressemblent-ils ร plusieurs, ou ressemblent-ils ร des isolรฉs ? Ont-ils besoin d'un erouv, ou n'ont-ils pas besoin d'un erouv ?
Leur mavoy est-il permis par un lehi et une kora, ou n'est-il pas permis par un lehi et une kora ?
Deux questions, une seule hรฉsitation : plusieurs ou isolรฉs. Dans deux cours l'une derriรจre l'autre, des isolรฉs dans l'intรฉrieure ont un passage permis chez eux : ils n'interdisent pas l'extรฉrieure. Plusieurs qui n'ont pas fait l'erouv l'interdisent.
Pour le mavoy : le lehi (poteau) et la kora (poutre) exigent des maisons et des cours distinctes ouvertes sur lui. Si le pรจre et le fils comptent comme une seule cour, le mavoy ne s'ouvre pas ainsi.
Tossefot, le Ri : la question vise le mavoy qui n'a qu'eux. S'ils n'ont pas d'erouv ร faire, la rรจgle de l'erouv risque d'รชtre oubliรฉe, et l'on demande encore si le lehi et la kora suffisent.
Il lui a dit : tu l'as appris. Un pรจre et son fils, le maรฎtre et son disciple, lorsqu'il n'y a pas d'habitants avec eux, ils sont comme des isolรฉs, ils n'ont pas besoin de faire l'erouv, et leur mavoy est permis par un lehi et une kora.
La baraita rรฉpond aux deux questions. Sans autre habitant, ils sont des isolรฉs : pas d'erouv entre eux. Leurs cours ouvrent malgrรฉ tout sur le mavoy : le lehi et la kora suffisent, sans shitouf.
Michna. Cinq cours ouvertes l'une sur l'autre et ouvertes sur le mavoy.
S'ils ont fait l'erouv dans les cours et n'ont pas fait le shitouf dans le mavoy, ils sont permis dans les cours et interdits dans le mavoy.
Nouvelle michna. L'erouv unit les cours entre elles, y compris de l'une ร l'autre. Il ne tient pas lieu de shitouf pour le mavoy. Porter d'une cour ร l'autre est permis. Porter dans le mavoy reste interdit.
Le Roch cite la suite. Un shitouf du mavoy couvre les cours et le mavoy. L'oubli d'un habitant de cour est couvert par le shitouf. L'oubli d'un habitant du mavoy ferme le mavoy et laisse les cours permises. Le mavoy est aux cours ce que la cour est aux maisons.
Seconde glose du Roch : Rabbi Meir exige erouv et shitouf, afin que les enfants n'oublient pas l'erouv. Les Sages suffisent de l'un ou de l'autre. La halakha suit Rabbi Yo'hanan : on n'enseigne pas comme Rabbi Meir. On s'appuie sur le shitouf ร la place de l'erouv. Si toutes les cours s'ouvrent l'une sur l'autre et ont fait l'erouv ensemble, le shitouf du mavoy n'est pas exigรฉ.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).