Sougya : L'amud achรจve le cas de Rav Nahman : deux cours et trois maisons entre elles. Chaque maison du bord devient un beit shaar (loge du portier), celle du milieu reรงoit l'erouv et ne donne pas de pain.
Rahava pose deux maisons seulement. Les maรฎtres refusent les deux erouv : un mรชme local ne peut pas รชtre maison pour l'un et beit shaar pour l'autre.
La comparaison avec Rava, qui valide deux erouv sur deux lectures du crรฉpuscule, tombe : le doute du crรฉpuscule ne se voit pas, les maisons se voient. Le chapitre Hadr se ferme.
La michna de Halon fixe la fenรชtre entre deux cours : quatre sur quatre, avec une partie dans les dix tefahim du sol, et les cours peuvent faire un seul erouv. Rabbi Yo'hanan exige, pour une fenรชtre ronde, un pourtour de vingt-quatre tefahim.
L'amud s'arrรชte sur l'objection : au rapport de trois pour un, douze suffiraient.
Celle-ci devient beit shaar pour celle-lร , et celle-lร devient beit shaar pour celle-ci. Celle du milieu est une maison dans laquelle on dรฉpose l'erouv, et l'on n'a pas besoin de donner le pain.
Suite du cas de Rav Nahman, en 75b : deux cours, trois maisons entre elles. Chaque cour entre par la maison qui lui est ouverte et dรฉpose l'erouv dans celle du milieu.
La maison du bord devient un beit shaar (loge du portier) pour ce passage. Celle du milieu est la maison du dรฉpรดt : elle ne donne pas de pain, elle non plus.
Rahava a รฉprouvรฉ les maรฎtres : deux cours et deux maisons entre elles. Celui-ci vient par celle-ci et a dรฉposรฉ son erouv dans celle-lร , et celui-ci vient par celle-ci et a dรฉposรฉ son erouv dans celle-lร .
Ont-ils acquis l'erouv, ou non ? Les rends-tu, vis-ร -vis de celui-ci, une maison, et vis-ร -vis de celui-lร , un beit shaar, [et vis-ร -vis de celui-ci, un beit shaar, et vis-ร -vis de celui-lร , une maison] ?
Rahava retire la maison du milieu. Chaque cour traverse la maison qui lui est ouverte et dรฉpose l'erouv dans la maison ouverte ร l'autre cour.
La question est le partage du statut. La maison du dรฉpรดt serait une maison pour la cour qui y a posรฉ son erouv, et un beit shaar pour la cour qui ne fait qu'y passer.
Ils lui ont dit : toutes deux n'ont pas acquis l'erouv, de toute maniรจre. Si tu le rends beit shaar, celui qui dรฉpose son erouv dans un beit shaar, un portique (akhsadra) ou un balcon (mirpeset), il n'y a pas d'erouv.
Si tu le rends maison, il transporte vers une maison avec laquelle il ne fait pas l'erouv.
Les maรฎtres refusent les deux branches. Beit shaar : l'erouv dรฉposรฉ dans une loge, un portique ou un balcon ne vaut pas. Maison : la maison du passage sรฉpare la cour de l'erouv dรฉposรฉ plus loin, et cette maison n'a pas fait l'erouv avec la cour.
Le partage, maison pour l'une et loge pour l'autre, ne sort pas de ces deux branches.
Et en quoi cela diffรจre-t-il de Rava ? Car Rava a dit : deux lui ont dit, sors et fais l'erouv pour nous.
Pour l'un, il lui a fait l'erouv pendant qu'il faisait encore jour, et pour l'un, il lui a fait l'erouv au crรฉpuscule (bein hashemashot). Celui pour qui il a fait l'erouv pendant le jour, son erouv a รฉtรฉ mangรฉ au crรฉpuscule, et celui pour qui il a fait l'erouv au crรฉpuscule, son erouv a รฉtรฉ mangรฉ une fois la nuit venue : tous deux ont acquis l'erouv.
Rahava rapproche un cas de Rava. Le crรฉpuscule est un doute : jour ou nuit. L'erouv est une rรจgle des maรฎtres, et un doute de cet ordre s'allรจge.
Pour celui dont l'erouv a รฉtรฉ mangรฉ au crรฉpuscule, on lit le crรฉpuscule comme nuit : l'erouv, fait de jour, รฉtait dรฉjร acquis. Pour celui dont l'erouv a รฉtรฉ fait au crรฉpuscule, on lit le crรฉpuscule comme jour : il restait un dรฉlai pour acquรฉrir la rรฉsidence (chevita).
La Gemara nomme ici Rava. Le Roch, sur ce passage, lit Rabba.
Comment comparer maintenant ? Lร , doute de jour, doute de nuit : la chose ne se remarque pas.
Mais ici, si vis-ร -vis de celui-ci c'est une maison, vis-ร -vis de celui-lร c'est une maison. Si vis-ร -vis de celui-ci c'est un beit shaar, vis-ร -vis de celui-lร aussi c'est un beit shaar.
Le crรฉpuscule ne laisse pas voir laquelle des deux lectures on a prise. Les maisons, elles, sont la. Appeler le mรชme local maison pour une cour et beit shaar pour l'autre ferait des paroles des maรฎtres une risรฉe.
Dรจs lors, le statut est le mรชme des deux cรดtรฉs. Beit shaar des deux cรดtรฉs, ou maison des deux cรดtรฉs : aucun des deux erouv n'est acquis.
Nous reviendrons vers toi, Hadr.
Hadran alakh : formule de clรดture du chapitre Hadr. La michna qui suit ouvre le chapitre Halon, la fenรชtre.
Michna. Une fenรชtre entre deux cours, de quatre sur quatre, dans les dix : on fait deux erouv.
Et s'ils veulent, on fait un seul.
Une fenรชtre de quatre tefahim sur quatre, dont une part entre dans les dix tefahim comptes depuis le sol, est une ouverture (petah).
Sans accord, chaque cour fait son erouv et reste interdite ร l'autre. Si elles veulent, elles dรฉposent un seul erouv et ne font plus qu'un domaine.
Moins de quatre sur quatre, ou au-dessus de dix : on fait deux erouv, et on ne fait pas un seul.
En dessous de quatre sur quatre, le vide ne compte pas comme ouverture. Tout entier au-dessus de dix, il ne perce pas la cloison (mehitsa) des dix tefahim.
Les cours font deux erouv. Elles ne peuvent pas s'unir par cette fenรชtre, ni par le sommet du mur, ni par les trous et les fentes.
Gemara. Dirons-nous que nous avons appris une michna anonyme selon Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : tout ce qui est moindre que quatre est tenu pour lavud (joint) ?
La question lit les quatre tefahim comme une rรจgle de lavud : en dessous de quatre, le vide serait bouchรฉ, comme joint ร la cloison. C'est l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel, au premier chapitre. Les maรฎtres ne tiennent le lavud que jusqu'ร trois.
Le Roch place ici la suite halakhique du chapitre : fenรชtre ronde, fenรชtre entre deux maisons, trappe, mur et fossรฉ. Pour la fenรชtre ronde, il retient un pourtour de dix-sept moins un cinquiรจme, le carrรฉ de quatre รฉtant inscrit dans le cercle.
Mรชme si tu dis selon les maรฎtres : les maรฎtres n'ont diverge de Rabban Chimon ben Gamliel que sur les lavud. Pour une ouverture, mรชme les maรฎtres conviennent : s'il y a quatre sur quatre, cela compte, et sinon, cela ne compte pas.
Le dรฉbat du lavud dit jusqu'oรน deux bords se rejoignent. Le dรฉbat de l'ouverture dit ร partir de quelle mesure un vide est un passage.
Sur l'ouverture, les maรฎtres s'accordent avec Rabban Chimon ben Gamliel : il faut quatre sur quatre. La michna anonyme peut donc suivre les maรฎtres.
Moins de quatre, etc. C'est รฉvident.
Puisqu'il a dit quatre sur quatre dans les dix, je sais de moi-mรชme que moins de quatre, et au-dessus de dix, non.
La seconde phrase de la michna semble dรฉjร contenue dans la premiรจre. Si quatre sur quatre dans les dix permettent l'erouv commun, le reste du champ l'interdit.
Voici ce qu'il nous fait entendre : la raison, c'est que tout est au-dessus de dix. Mais si une partie est dans les dix, on fait deux erouv, et s'ils veulent, on fait un seul.
Le second membre enseigne la limite. On refuse l'erouv commun seulement lorsque tout le vide est au-dessus de dix.
Si une part, mรชme un mashehou, entre dans les dix, la fenรชtre reste une ouverture. De la premiรจre phrase seule, on aurait exige que la fenรชtre soit tout entiรจre dans les dix.
Nous avons dรฉjร enseignรฉ cela, que les maรฎtres ont enseignรฉ : tout au-dessus de dix et une partie dans les dix, tout dans les dix et une partie au-dessus de dix, on fait deux erouv, et s'ils veulent, on fait un seul.
La baraita dit les deux cas mixtes. Selon la lecture qui prรฉcรจde, la michna les contenait dรฉjร : une part dans les dix suffit, que le reste soit au-dessus ou que le gros soit dans les dix.
Maintenant, tout au-dessus de dix et une partie dans les dix, tu as dit qu'on fait deux, et s'ils veulent on fait un : tout dans les dix et une partie au-dessus de dix, faut-il le dire ?
Si une mince part dans les dix suffit alors que le gros de la fenรชtre est au-dessus, le cas inverse, fenรชtre presque toute dans les dix, va de soi.
Il enseigne : ceci, et il n'est pas besoin de dire cela.
La baraita suit le tour zou ve-ein tzarikh lomar zou : elle dit d'abord le cas fort, la fenรชtre presque toute au-dessus de dix, puis le cas qui en decoule, la fenรชtre presque toute dans les dix.
Rabbi Yo'hanan a dit : une fenรชtre ronde doit avoir dans son pourtour vingt-quatre tefahim, dont deux et un mashehou (un rien) dans les dix, afin que, lorsqu'on la met au carrรฉ, un mashehou se trouve dans les dix.
Le cercle doit contenir un carrรฉ de quatre sur quatre, et un rien de ce carrรฉ doit entrer dans les dix du sol.
Rachi lit les deux tefahim le long du pourtour, au bas, un tefah de chaque cรดtรฉ du milieu. On retire ensuite l'arc entre les angles.
Tossefot suivent le Rivan : les deux tefahim sont en hauteur, au point le plus bas. Pourtour vingt-quatre, largeur huit, puisque trois de pourtour font un de largeur. On retire deux en bas, deux en haut, deux de chaque cรดtรฉ : il reste quatre sur quatre.
Or, tout ce qui a dans son pourtour trois tefahim a dans sa largeur un tefah. Douze suffisent.
La rรจgle posรฉe est le rapport trois pour un. Un pourtour de douze donne une largeur de quatre. La Gemara demande pourquoi Rabbi Yo'hanan exige vingt-quatre.
L'amud s'arrรชte sur la question. Le Roch, plus haut, retient le carrรฉ inscrit : la diagonale de quatre est cinq tefahim et trois cinquiรจmes, et le pourtour est dix-sept moins un cinquiรจme.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).