Eruvin 76b : Le carré dans le rond, puis le mur entre deux cours

Eruvin 76b

Sougya : L'amud achève le compte de la fenêtre ronde. Le rapport de trois pour un ne mesure que le milieu du rond : inscrire un carré de quatre sur quatre demande, par la diagonale, un pourtour de dix-sept moins un cinquième, tandis que Rabbi Yo'hanan, avec les juges de Césarée, ajoute une moitié et reste à vingt-quatre.

Rav Nahman réserve les dix tefahim à la fenêtre entre deux cours : entre deux maisons, la maison est tenue pour remplie, et la trappe vers l'étage se passe d'échelle, fixe ou provisoire. La michna pose un mur haut de dix et large de quatre : deux erouv, fruits mangés sur le sommet, brèche jusqu'à dix coudées traitée comme une ouverture.

Si cette largeur de quatre manque, Rav dit que l'air des deux cours régit le sommet : on n'y déplace même pas un cheveu.

Quatre pourtours pour une fenêtre ronde Le carré de quatre sur quatre est la mesure à faire entrer Compte Pourtour Ce que cela donne Qui le tient Rapport 3 pour 1 pourtour 12 largeur 4 au milieu seulement objection de la Gemara Carré autour du rond pourtour 16 le carré dépasse le rond d'un quart hava amina Diagonale 1 et 2/5 17 moins 1/5 carré de 4 inscrit dans le rond compte de Rachi et pesak du Roch Moitié ajoutée à 16 pourtour 24 juges de Césarée diagonale doublée Rabbi Yo'hanan
Douze ne donnent que le milieu. Seize est le quart, pour le carré autour du rond. Dix-sept moins un cinquième inscrit le carré. Vingt-quatre est le compte des juges de Césarée, suivi par Rabbi Yohanan.
Où les dix tefahim sont exigés Rav Nahman. La maison comble le vide au-dessus de dix Fenêtre entre deux cours Fenêtre entre deux maisons Quatre sur quatre, et dans les dix tefahim. Au-dessus de dix : chacun son erouv. Même au-dessus de dix, s'ils veulent : un seul erouv. La maison est tenue pour remplie. Baraita de Rava : cours, maisons, étages, toits, pièces, un m'est égale. Rav Nahman : l'égalité vise quatre sur quatre. Le dans les dix reste le cas des cours.
Rav Nahman : les dix tefahim valent entre deux cours. Entre deux maisons, la maison est tenue pour remplie, et un seul erouv reste possible au-dessus de dix.
Le mur entre deux cours Dix de haut : des tefahim. Dix de brèche : des coudées Le mur Ce qui est permis Ce qui est tenu Haut de 10 large de 4 deux erouv pas un seul Fruits au sommet monter et manger là descendre interdit Brèche jusqu'à 10 coudées deux erouv ou un seul c'est un petah Brèche plus large un seul erouv pas deux Largeur moindre que 4 air des deux cours Rav : rien, même un cheveu
Mur haut de dix tefahim et large de quatre : deux erouv. Brèche jusqu'à dix coudées : ouverture. Sans quatre de large, Rav interdit d'y déplacer même un cheveu.
1
הני מילי בעיגולא, אבל בריבועא בעינן טפי.

Ces paroles visent le rond. Mais pour le carré, il nous en faut davantage.

📜 Rachi (2)
הני מילי בעגולא כדת רוחב דבר עגול הוי טפח ודת רוחב עגול אין רחבו אלא באמצעו ואנן רוחב ד' כדת מרובע בעינן שרחב בדפנותיו כמדת אמצעו:
Selon cette mesure, la largeur d'une chose ronde est un tefah, et la largeur d'un rond ne se trouve qu'en son milieu. Or nous, nous exigeons une largeur de quatre à la mesure d'un carré, large sur ses côtés comme en son milieu.
אבל הכא דבעית למינקט ריבוע ד' על ד' והיקפה שיתסר ד' לכל רוח בגו עיגולא לבד מאי דמדלית מעגולא בעי היקפא טפי כדי למנקט בגוויה מורשי דריבועא דהוי ד' הן ואלכסונן:
Ici, où tu veux prendre un carré de quatre sur quatre, pourtour de seize, quatre de chaque côté, à l'intérieur du rond : outre ce que tu en lèves, il faut un pourtour plus grand, afin d'y prendre les saillies du carré, qui sont quatre, elles et leur diagonale.
💡 Explication

L'amud reprend l'objection de 76a. Au rapport de trois pour un, un pourtour de douze donne une largeur de quatre. La réponse sépare le rond du carré.

La largeur d'un rond se prend en son milieu, sur le diamètre. Une fenêtre doit offrir quatre tefahim aussi sur les côtés, à la mesure d'un carré. Le rond qui contient ce carré a un pourtour plus grand que douze.

2
מכדי, כמה מרובע יתר על העגול — רביע, בשיתסר סגיא!

Or, de combien un carré dépasse-t-il un rond ? D'un quart.

Avec seize, cela suffit.

📜 Rachi (2)
בשיתסר היקף סגיא ד' היקף לכל רוח דמרובע:
Un pourtour de seize suffit : quatre de pourtour pour chaque côté du carré.
ה"מ דסגי באטפויי ריבעא למיהוי שיתסר בעגולא דנפיק מגו ריבועא כגון חלון מרובע ד' על ד' הקיפו שיתסר ואי מעגלת מגואי דאין רוחב ד' אלא באמצעו אית ליה היקפא תריסר וטפי עליה מרובע רביע:
Ces paroles, selon lesquelles il suffit d'ajouter un quart pour arriver à seize, visent un rond qui sort de l'intérieur d'un carré. Par exemple une fenêtre carrée de quatre sur quatre : son pourtour est seize. Si tu la rends ronde par l'intérieur, comme la largeur de quatre n'existe qu'en son milieu, elle a un pourtour de douze, et le carré la dépasse d'un quart.
💡 Explication

De combien davantage ? Un carré dépasse un rond d'un quart. La Gemara propose alors un pourtour de seize : quatre de chaque côté.

Rachi place ce quart dans le cas inverse. Une fenêtre carrée de quatre sur quatre a un pourtour de seize. Le rond tracé à l'intérieur n'a sa largeur de quatre qu'en son milieu, et son pourtour est douze. Le carré le dépasse d'un quart.

3
הני מילי עיגולא דנפיק מגו ריבועא. אבל ריבועא דנפיק מגו עיגולא, בעינן טפי. מאי טעמא? משום מורשא דקרנתא.

Ces paroles visent un rond qui sort de l'intérieur d'un carré. Mais un carré qui sort de l'intérieur d'un rond, il nous en faut davantage.

Quelle est la raison ? À cause de la saillie des angles (morsha de-karnata).

⚖️ Rosh (1)
גמ' תנו רבנן כולו למעלה מעשרה ומקצתו בתוך עשרה כולו בתוך עשרה ומקצתו למעלה מעשרה מערבין שנים. ואם רצו מערבין אחד. ואי חלון עגול הוא צריך שיהא בהיקפו שבסר נכי חומשא. דקיימא לן כל שיש בהיקפו שלשה טפחים יש בו רוחב טפח. הלכך בעינן למיהוי היקף דהאי חלון שבסר נכי חומשא כי היכי דניהוי ביה רוחב חמשה טפחים ושלשה חומשי טפח. דכי בצרת מיניה תמני חומשי דאינון תרי חומשי מכל טפח דארבעה טפחים דקי"ל כל אמתא בריבועא אמתא ותרי חומשי באלכסונא הוי רוחב החלון בריבוע ארבעה על ארבעה לא פחות ולא יותר: פחות מארבעה וכו'. אמר רב נחמן ל"ש אלא חלון שבין שתי חצירות. אבל חלון שבין שני בתים אפילו למעלה מעשרה נמי אם רצו מערבין אחד. מאי טעמא. ביתא כמאן דמלי דמי. וכן הלכתא: בעא מיניה רבי אבא מרב נחמן לול הפתוח מן הבית לעלייה צריך סולם קבוע להתירו או לא. כי אמרינן ביתא כמאן דמלי דמי הנ"מ מן הצד אבל באמצע לא. או דלמא לא שנא. אמר ליה לא צריך. סבור מינה סולם קבוע הוא דאין צריך אבל סולם עראי צריך. אמר רב יהודה אמר רב יוסף בר מניומי אמר רב נחמן אחד סולם קבוע ואחד סולם עראי אין צריך. כותל שבין שתי חצירות גבוה עשרה ורוחב ד' מערבין שנים ואין מערבין אחד. היו בראשו פירות אלו עולין מכאן ואוכלין ואלו עולין מכאן ואוכלין ובלבד שלא יורידו למטה. נפרץ הכותל עד י' אמות מערבין שנים. ואם רצו מערבין אחד מפני שהוא כפתח. יותר מכאן מערבין אחד ואין מערבין שנים. אין בו ד' מאי. אמר רב אויר שתי רשויות שולטות בו ולא יזיז בו אפילו כמלא נימא. ור' יוחנן אמר אלו מעלין מכאן ואוכלין ואלו מעלין מכאן ואוכלין. והא תנן היו בראשו פירות אלו עולין מכאן ואוכלין ואלו עולין מכאן ואוכלין. עולין אין מעלין לא. הכי קאמר יש בו ארבעה עולין אין מעלין לא אין בו ארבעה אפי' מעלין. ואזדא ר' יוחנן לטעמיה דכי אתא רב דימי א"ר יוחנן מקום שאין בו ארבעה על ארבעה מותר לבני רה"י ולבני רשות הרבים לכתף עליו ובלבד שלא יחליפו. האי דקתני ובלבד שלא יורידו למטה אוקמא בפרק כל גגות (עירובין דף צב.) למטה לבתים אבל לחצירות מורידין דקיימא לן כר"ש דאמר גגות וחצירות וקרפיפות כולן רשות אחת הן. ודאמר הכא ובלבד שלא יחליפו אוקימנא בפרק כיצד משתתפין (עירובין דף פז.) ברשויות דאורייתא כגון רשות היחיד ורשות הרבים. אבל ברשויות דרבנן כגון כותל שבין שתי חצירות שגבוה עשרה ואין רוחב ארבעה מותר לכתף ולהחליף וכן הלכה. אמר רבה אמר בר רב הונא אמר רב נחמן כותל שבין שתי חצירות גבוה עשרה טפחים וצדו אחד שוה לארץ. פי' נמוך מעשרה. נותנין אותו לזה ששוה לארץ. מאי טעמא. משום דהוה ליה לזה תשמישו בנחת ולזה תשמישו בקשה וכל לזה תשמישו בנחת ולזה תשמישו בקשה נותנין אותו לזה שתשמישו בנחת. אמר רב שיזבי אמר רב נחמן חריץ שבין שתי חצירות עמוק עשרה ורוחב ארבעה וצדו אחד שוה לארץ נותנין אותו לזה ששוה לארץ דהוה ליה לזה תשמישו בנחת. בא למעטו אם יש במיעוטו ארבעה משתמש בכל הכותל. ואם לאו אין משתמש אלא כנגד המיעוט. מה נפשך. אי אהני מיעוטא בכל הכותל לישתמש. ואי לא אהני מיעוטא אפילו כנגד המיעוט לא לישתמש. אמר רבנאי כגון שעקר חוליא מראשו. אבל איצטבא ואין במיעוט ארבעה אפילו כנגד האיצטבא אין משתמש שאין ראוי לעמוד על האיצטבא להשתמש כיון דאין בו ארבעה אבל במקום עקירת החוליא עומד על הקרקע ומשתמש שם. אמר רב יחיאל כפה ספסל בצדו של כותל אפילו אינו גבוה אלא חצי טפח ממעט. ואמאי דבר הניטל בשבת הוא ודבר הניטל בשבת אין ממעט. ומסיק כגון דחבריה בטינא ובעי מרא וחצינא:
Gemara. Les maîtres ont enseigné : tout au-dessus de dix et une partie dans les dix, tout dans les dix et une partie au-dessus de dix, on fait deux erouv. Et s'ils veulent, on fait un seul. Et si la fenêtre est ronde, il faut que son pourtour soit de dix-sept moins un cinquième (cheveser nekhi houmesha). Car nous tenons : tout ce qui a dans son pourtour trois tefahim a dans sa largeur un tefah. C'est pourquoi nous exigeons que le pourtour de cette fenêtre soit de dix-sept moins un cinquième, afin qu'il y ait en elle une largeur de cinq tefahim et trois cinquièmes de tefah. Car lorsque tu en retranches huit cinquièmes, soit deux cinquièmes pour chaque tefah des quatre tefahim, nous tenons que toute coudée (ama) au carré fait une coudée et deux cinquièmes en diagonale : la largeur de la fenêtre au carré est de quatre sur quatre, ni moins ni plus. Moins de quatre, etc. Rav Nahman a dit : on ne l'a enseigné que pour une fenêtre entre deux cours. Mais une fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix, s'ils veulent, on fait aussi un seul. Quelle est la raison ? Une maison est tenue pour remplie (beitah keman demali). Et ainsi est la halakha. Rabbi Abba a demandé à Rav Nahman : une trappe (lul) ouverte de la maison vers l'étage, a-t-elle besoin d'une échelle fixe pour la permettre, ou non ? Lorsque nous disons qu'une maison est tenue pour remplie, ces paroles visent le côté. Au milieu, non. Ou bien il n'y a pas de différence. Il lui a dit : elle n'en a pas besoin. On a compris de là : c'est d'une échelle fixe qu'on n'a pas besoin, mais d'une échelle provisoire, on a besoin. Rav Yehouda a dit au nom de Rav Yossef bar Minyomi, au nom de Rav Nahman : l'échelle fixe comme l'échelle provisoire, on n'en a pas besoin. Un mur entre deux cours, haut de dix et large de quatre : on fait deux erouv, et on ne fait pas un seul. S'il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent d'ici et mangent, et ceux-là montent d'ici et mangent, à condition qu'ils ne les descendent pas en bas. Si le mur est percé jusqu'à dix coudées, on fait deux erouv. Et s'ils veulent, on fait un seul, parce qu'il est comme une ouverture. Au-delà, on fait un seul, et on ne fait pas deux. S'il n'a pas quatre, qu'en est-il ? Rav a dit : l'air de deux domaines le régit, et l'on n'y déplace rien, même de l'épaisseur d'un cheveu. Et Rabbi Yo'hanan a dit : ceux-ci font monter d'ici et mangent, et ceux-là font monter d'ici et mangent. Mais nous avons appris : s'il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent d'ici et mangent, et ceux-là montent d'ici et mangent. Monter, oui. Faire monter, non. Voici ce qu'il dit : s'il a quatre, ils montent, ils ne font pas monter. S'il n'a pas quatre, ils font même monter. Et Rabbi Yo'hanan suit son principe. Car lorsque Rav Dimi est venu, il a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un endroit qui n'a pas quatre sur quatre, il est permis aux gens du domaine privé (reshut hayahid) et aux gens du domaine public (reshut harabim) de charger sur l'épaule dessus, à condition qu'ils n'échangent pas. Ce qu'on enseigne, à condition qu'ils ne les descendent pas en bas, nous l'établissons au chapitre Kol gagot (Eruvin 92a) : en bas, vers les maisons. Mais vers les cours, on descend. Car nous tenons comme Rabbi Chimon, qui a dit : toits, cours et karpefot (enclos) sont tous un seul domaine. Et ce qu'il a dit ici, à condition qu'ils n'échangent pas, nous l'avons établi au chapitre Keitsad mishtatfin (Eruvin 87a) pour les domaines de la Tora, comme le domaine privé et le domaine public. Mais pour les domaines des maîtres, comme un mur entre deux cours, haut de dix et sans largeur de quatre, il est permis de charger sur l'épaule et d'échanger. Et ainsi est la halakha. Rabba a dit au nom de bar Rav Houna, au nom de Rav Nahman : un mur entre deux cours, haut de dix tefahim, et un de ses côtés est de niveau avec le sol. Explication : moindre que dix. On le donne à celui pour qui il est de niveau avec le sol. Quelle est la raison ? Parce que pour celui-ci son usage est aisé (benahat), et pour celui-là son usage est pénible (bekoshi), et chaque fois que pour l'un l'usage est aisé et pour l'autre l'usage est pénible, on le donne à celui dont l'usage est aisé. Rav Cheizvi a dit au nom de Rav Nahman : un fossé entre deux cours, profond de dix et large de quatre, et un de ses côtés est de niveau avec le sol, on le donne à celui pour qui il est de niveau avec le sol, car pour celui-ci son usage est aisé. S'il vient à le réduire : s'il y a quatre dans la réduction, il se sert de tout le mur. Sinon, il ne se sert que vis-à-vis de la réduction. Dans les deux sens : si la réduction agit sur tout le mur, qu'il s'en serve. Et si la réduction n'agit pas, même vis-à-vis de la réduction, qu'il ne s'en serve pas. Ravnai a dit : par exemple, il a arraché une assise (houlia) de son sommet. Mais une banquette (itztaba), si la réduction n'a pas quatre : même vis-à-vis de la banquette il ne se sert pas, car on ne peut pas se tenir sur la banquette pour s'en servir, puisqu'elle n'a pas quatre. Mais à l'endroit où l'assise a été arrachée, il se tient sur le sol et il se sert là. Rav Yehiel a dit : s'il a renversé un banc au flanc du mur, même s'il n'est haut que d'un demi-tefah, cela réduit. Et pourquoi ? C'est un objet que l'on peut déplacer le chabbat, et un objet que l'on peut déplacer le chabbat ne réduit pas. Et l'on conclut : par exemple, il l'a fixé avec de l'argile, et il faut une pioche et une hache (mara va-hatzina).
💡 Explication

Le quart vaut pour un rond tiré d'un carré, le cercle inscrit. Le cas de la fenêtre est l'inverse : un carré tiré d'un rond, le carré inscrit. Les angles dépassent le cercle qui ne fait que toucher les côtés. C'est la morsha de-karnata, la saillie des angles.

Le Roch tranche ici le pourtour à dix-sept moins un cinquième, puis il rassemble la halakha de la fenêtre, de la trappe et du mur, y compris des points que la Gemara reprend après cet amud.

🖼️ Schéma
Où est le quart, où est la saillie Le quart compare le carré à son rond intérieur. Ici le carré doit entrer dans le rond Rond tiré d'un carré largeur 4 Carré : pourtour 16 Rond intérieur : pourtour 12 Écart : un quart du carré Carré tiré d'un rond côté 4 angles dehors Trait plein : rond des angles Pointillé : rond des côtés Saillie des angles : morsha
À gauche, le rond intérieur : écart d'un quart. À droite, le carré inscrit : les angles dépassent le rond des côtés.
4
מכדי, כל אמתא בריבוע — אמתא ותרי חומשי באלכסונא, בשיבסר נכי חומשא סגיא.

Or, toute coudée au carré fait une coudée et deux cinquièmes en diagonale. Avec dix-sept moins un cinquième, cela suffit.

📜 Rachi (1)
מכדי כל אמתא כו' וסגי ליה להאי עגולא בפותיא דד' טפחים ואלכסונ' בעיגולא וכל דבר עגול שוה מדת אלכסונו למדת אמצעו דהא אין לו זויות כמה בעי למיהוי פותיה ד' ותמני חומשי דהוו להו חמשה ותלת חומשי וכי מקפת לעיגולא דהאי שיעורא כמה הוה היקפא חמיסר פושכי ותשעה חומשי דהוה להו שיבסר נכי חומשא:
Et il suffit à ce rond d'une largeur de quatre tefahim, plus la diagonale dans le rond. Toute chose ronde a la mesure de sa diagonale égale à la mesure de son milieu, puisqu'elle n'a pas d'angles. Combien sa largeur doit-elle être ? Quatre et huit cinquièmes, ce qui fait cinq et trois cinquièmes. Et lorsque tu fais le tour d'un rond de cette mesure, combien est le pourtour ? Quinze entiers et neuf cinquièmes, ce qui fait dix-sept moins un cinquième.
💡 Explication

La mesure est posée : chaque coudée du côté donne une coudée et deux cinquièmes en diagonale. Quatre tefahim de côté font quatre plus huit cinquièmes, soit cinq et trois cinquièmes.

Un rond n'a pas d'angles : sa largeur est partout égale à cette diagonale. Trois fois cinq et trois cinquièmes font dix-sept moins un cinquième. La Gemara demande alors pourquoi Rabbi Yo'hanan a exigé vingt-quatre.

🖼️ Schéma
Du côté au pourtour Toute coudée au carré : une coudée et deux cinquièmes en diagonale côté 4 tefahim > + 2/5 par tefah > diagonale 5 et 3/5 > x 3 le pourtour 15 et 9/5 = 17 moins 1/5 Un rond n'a pas d'angles : sa largeur égale la diagonale du carré. Rabbi Yo'hanan, lui, demande 24. La Gemara pose le compte juste.
Côté 4, diagonale 5 et 3/5, pourtour 17 moins 1/5. Rachi détaille 15 et 9 cinquièmes, même total.
5
רבי יוחנן אמר כי דייני דקיסרי, ואמרי לה כרבנן דקיסרי, דאמרי: עיגולא מגו ריבועא — ריבעא, ריבועא מגו עיגולא — פלגא.

Rabbi Yo'hanan a parlé selon les juges de Césarée, et certains disent selon les maîtres de Césarée, qui disent : un rond tiré d'un carré, un quart ; un carré tiré d'un rond, une moitié.

📜 Rachi (1)
ריבוע מגו עיגולא פלגא בעי למשקל מיניה פלגא דהאי שיעורא דפייש דהיינו תילתא דמעיקרא דהוו להו תמניא מכ"ד ופשו להו שיתסר דסבירא להו דכל אלכסונא הכי הוי:
Il faut en retirer la moitié de cette mesure qui reste, c'est-à-dire un tiers de la mesure de départ. Cela fait huit sur vingt-quatre, et il reste seize. Car ils tiennent que toute diagonale est ainsi.
🗂️ Tossefot (1)
ורבי יוחנן אמר כדייני דקיסרי כו' דקסבר אמתא בריבועא תרי אמתא באלכסונא וליתא להך דדייני דקיסרי כדאמר בפ"ק דסוכה (דף ח:) דהא קא חזינא דלאו הכי הוא שכל האורך והרוחב לא הוי אלא תרי אמה ואע"ג דהתם מפרש שפיר מילתיה דר' יוחנן הכא לא מצי לאוקומי אלא כדייני דקיסרי וכי היכי דאמר התם דליתא לדייני דקיסרי ה"נ ליתא לדרבי יוחנן דהכא וקשה היאך טעו דייני דקיסרי הא קא חזינן דלאו הכי הוא ועוד דכי היכי דקאמר עיגולא מנו ריבועא ריבעא דהיינו מכל הריבוע הכי נמי הוה להו למינקט ריבועא מגו עיגולא תילתא מכל העיגול שהוא פלגא מן הריבוע שבפנים או הוי להו למינקט עיגולא מגו ריבועא תילתא מן העיגול שבפנים וי"מ דדייני דקיסרי לא דברו אלא לענין קרקע שבתוך הריבוע והעיגול דלענין זה דבריהם אמת שכשתעשה ריבוע ב' אמות על ב' אמות ותעשה עיגול בפנים ב' על ב' ועוד ריבוע בתוך העיגול תמצא בריבוע החיצון ארבע חתיכות אמה על אמה ובעיגול מתוך ריבוע שלש חתיכות של אמה על אמה דמרובע יותר על העיגול רביע ובריבוע הפנימי אין בו כי אם ב' שהרי הוא חציו של חיצון דהיינו תילתא פחות מן העיגול אלא שהש"ס בסוכה ור' יוחנן דהכא טעו בדבריהם והיו סבורים שעל ההיקף אמרו והשתא אתי שפיר מה דנקט פלגא דהכל קאי אריבוע החיצון כלומר עיגולא מגו ריבועא ריבעא כלומר פחות רביע מריבוע החיצון ריבועא מגו עיגולא פלגא ממה שנשאר בריבוע החיצון על ריבוע הפנימי דהוא נמי חציו של פנימי:
Il tient qu'une coudée au carré vaut deux coudées en diagonale. Et cette parole des juges de Césarée ne tient pas, comme on le dit au premier chapitre de Souka (8b), car nous voyons qu'il en va autrement : toute la longueur et la largeur ne font que deux coudées. Et bien que là-bas on explique bien la parole de Rabbi Yo'hanan, ici on ne peut l'établir que selon les juges de Césarée. Et de même qu'on dit là-bas que la parole des juges de Césarée ne tient pas, de même ici la parole de Rabbi Yo'hanan ne tient pas. Et c'est difficile : comment les juges de Césarée se sont-ils trompés ? Nous voyons qu'il en va autrement. De plus : de même qu'il dit un rond tiré d'un carré, un quart, c'est-à-dire sur tout le carré, de même ils auraient dû prendre un carré tiré d'un rond comme un tiers de tout le rond, ce qui est une moitié du carré intérieur. Ou bien ils auraient dû prendre un rond tiré d'un carré comme un tiers du rond intérieur. Et certains expliquent que les juges de Césarée n'ont parlé que de la surface intérieure au carré et au rond. Sur ce point, leurs paroles sont vraies. Car lorsque tu fais un carré de deux coudées sur deux coudées, que tu fais un rond à l'intérieur, de deux sur deux, et encore un carré à l'intérieur du rond, tu trouves dans le carré extérieur quatre pièces d'une coudée sur une coudée, et dans le rond tiré du carré trois pièces d'une coudée sur une coudée, car le carré dépasse le rond d'un quart. Et dans le carré intérieur il n'y en a que deux, car il est la moitié de l'extérieur, c'est-à-dire un tiers de moins que le rond. Mais la Gemara de Souka et Rabbi Yo'hanan ici se sont trompés dans leurs paroles, et ils pensaient qu'ils avaient parlé du pourtour. Et maintenant on comprend bien pourquoi il a pris une moitié : tout se rapporte au carré extérieur. C'est-à-dire : un rond tiré d'un carré, un quart, soit un quart de moins que le carré extérieur. Un carré tiré d'un rond, une moitié de ce qui reste dans le carré extérieur par rapport au carré intérieur, et cela est aussi la moitié de l'intérieur.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan suit les juges de Césarée, ou les maîtres de Césarée. Pour eux, le rond dans le carré est moindre d'un quart. Le carré dans le rond est moindre d'une moitié : on ajoute à seize la moitié de seize, et le pourtour est vingt-quatre.

Rachi lit le compte depuis vingt-quatre. On en retire huit, un tiers du pourtour, moitié des seize qui restent. Ils tiennent que toute diagonale se mesure ainsi.

Tossefot rappellent Souka 8b : ils posent deux coudées de diagonale pour une coudée de côté, et le regard écarte cette mesure, longueur et largeur ne faisant que deux coudées. La parole des juges de Césarée tombe, et avec elle celle de Rabbi Yo'hanan ici. Une autre lecture sauve leurs mots : ils parlaient de la surface, carré de deux sur deux, rond de trois, carré intérieur de deux. La Gemara de Souka et Rabbi Yo'hanan les ont appliqués au pourtour.

6
פחות מארבעה על ארבעה וכו׳. אמר רב נחמן: לא שנו אלא חלון שבין שתי חצירות, אבל חלון שבין שני בתים אפילו למעלה מעשרה נמי, אם רצו לערב — מערבין אחד. מאי טעמא? ביתא כמאן דמלי דמי.

Moins de quatre sur quatre, etc. Rav Nahman a dit : on ne l'a enseigné que pour une fenêtre entre deux cours.

Mais une fenêtre entre deux maisons, même au-dessus de dix aussi, s'ils veulent faire l'erouv, on fait un seul. Quelle est la raison ?

Une maison est tenue pour remplie (beitah keman demali).

📜 Rachi (1)
ל"ש דבעי' תוך עשרה:
Là où l'on exige dans les dix.
💡 Explication

Retour à la michna. Moins de quatre sur quatre, ou au-dessus de dix : pas d'erouv commun. Rav Nahman limite l'exigence des dix à la fenêtre entre deux cours.

Entre deux maisons, même au-dessus de dix, un seul erouv reste possible. Une maison est tenue pour remplie : le vide au-dessus de dix est traité comme un plein, et la hauteur ne sépare plus les deux logements.

7
איתיביה רבא לרב נחמן: אחד לי חלון שבין שתי חצירות, ואחד לי חלון שבין שני בתים, ואחד לי חלון שבין שתי עליות, ואחד לי חלון שבין שני גגין, ואחד לי חלון שבין שני חדרים — כולן ארבעה על ארבעה בתוך עשרה!

Rava objecta à Rav Nahman : une fenêtre entre deux cours m'est égale, une fenêtre entre deux maisons m'est égale, une fenêtre entre deux étages m'est égale, une fenêtre entre deux toits m'est égale, une fenêtre entre deux pièces m'est égale. Toutes : quatre sur quatre, dans les dix.

📜 Rachi (1)
שבין שני גגין ואליבא דרבנן דאמרי לקמן כשם שדיורין חלוקין למטה כך חלוקין למעלה דלא מצי לטלטל מגג זה לאידך בלא עירוב:
Et selon les maîtres, qui disent plus loin : de même que les habitations sont séparées en bas, elles sont séparées en haut, de sorte qu'on ne peut pas transporter de ce toit à l'autre sans erouv.
💡 Explication

Rava cite une baraita. Elle met sur un même plan cinq fenêtres : cours, maisons, étages (aliya), toits, pièces. Toutes exigent quatre sur quatre dans les dix.

Rachi : les toits sont cités selon les maîtres. Les habitations séparées en bas le restent en haut. Sans erouv, on ne transporte pas d'un toit à l'autre.

8
תרגומא אחצירות. והא ״אחד לי״ קתני! תרגומא אארבעה על ארבעה.

Rapporte cela aux cours. Mais il enseigne : m'est égale !

Rapporte cela à quatre sur quatre.

📜 Rachi (3)
תרגמא להאי בתוך עשרה דקתני משום חצירות:
Ce dans les dix qu'il enseigne, à cause des cours.
והא אחד לי קתני אלמא כולן שוין:
Mais il enseigne m'est égale : donc toutes sont égales.
תרגמא לאחד לי דמשמע דכולן שוין אארבעה על ארבעה:
Le m'est égale, qui signifie que toutes sont égales, vise quatre sur quatre.
💡 Explication

Première réponse : le membre dans les dix de la baraita ne vise que les cours. L'objection reprend le m'est égale : la baraita pose toutes ces fenêtres ensemble.

Seconde réponse : l'égalité porte sur quatre sur quatre. La hauteur de dix reste le cas des cours, comme l'a dit Rav Nahman.

9
בעא מיניה רבי אבא מרב נחמן: לול הפתוח מן בית לעלייה, צריך סולם קבוע להתירו או אין צריך סולם קבוע להתירו?

Rabbi Abba demanda à Rav Nahman : une trappe (lul) ouverte d'une maison vers un étage, a-t-elle besoin d'une échelle fixe pour la permettre, ou n'a-t-elle pas besoin d'une échelle fixe pour la permettre ?

📜 Rachi (2)
בית ועלייה של שני בני אדם:
Une maison et un étage de deux personnes.
לול ארובה בקרקעית העליה והעליה גבוה מקרקע הבית מי אמרי' ביתא כמאן דמלי דמי והוי כמאן דלא גבוה עשרה ואין צריך סולם קבוע להיות שם במקום הפתח להתירן לערב זה עם זה או לא אמרינן כמאן דמלי ובעי סולם למיהוי כפתח ביניהן כדאמרי' בכיצד מעברין (לעיל עירובין נט:): סולם תורת פתח עליו:
Une ouverture (aruba) dans le sol de l'étage, et l'étage est élevé au-dessus du sol de la maison. Disons-nous que la maison est tenue pour remplie, et que cela revient à une hauteur qui n'atteint pas dix, et qu'il ne faut pas d'échelle fixe là, à la place de l'ouverture, pour leur permettre de faire l'erouv l'un avec l'autre ? Ou bien nous ne la tenons pas pour remplie, et il faut une échelle pour que ce soit comme une ouverture entre eux, comme on le dit dans Keitsad meabrin (plus haut, Eruvin 59b) : une échelle a le statut d'une ouverture.
💡 Explication

Rabbi Abba porte le principe de Rav Nahman sur une trappe (lul) : une ouverture dans le sol de l'étage, entre la maison d'une personne et l'étage d'une autre.

Une échelle fixe (sulam kavoua) donne à ce vide le statut d'une ouverture (petah), comme en Eruvin 59b. Si la maison est tenue pour remplie, la hauteur de dix tombe, et cette échelle n'est plus exigée pour l'erouv commun.

10
כי אמרינן ביתא כמאן דמלי דמי — הני מילי מן הצד, אבל באמצע — לא, או דילמא לא שנא?

Lorsque nous disons qu'une maison est tenue pour remplie, ces paroles visent le côté. Mais au milieu, non.

Ou peut-être n'y a-t-il pas de différence ?

📜 Rachi (1)
מן הצד בחלון שבכותל:
Dans une fenêtre du mur.
💡 Explication

Le doute porte sur la portée de tenue pour remplie. La fenêtre du côté, dans le mur, est le cas déjà dit. La trappe est au milieu, dans le plancher. Rabbi Abba demande si le même statut s'y applique.

11
אמר ליה: אינו צריך. סבור מינה: סולם קבוע הוא דאינו צריך, הא סולם עראי — צריך. איתמר, אמר רב יוסף בר מניומי אמר רב נחמן: אחד סולם קבוע ואחד סולם עראי — אינו צריך.

Il lui dit : on n'en a pas besoin. On a compris de là : c'est d'une échelle fixe qu'on n'a pas besoin, mais d'une échelle provisoire, on a besoin.

Il a été dit : Rav Yossef bar Minyomi a dit au nom de Rav Nahman : l'échelle fixe comme l'échelle provisoire, on n'en a pas besoin.

💡 Explication

Rav Nahman répond : on n'en a pas besoin. Les élèves ont d'abord lu : l'échelle fixe est inutile, l'échelle provisoire (arai) reste exigée.

Rav Yossef bar Minyomi, en son nom, ferme la question : l'échelle fixe et l'échelle provisoire sont toutes deux inutiles. L'ouverture située dans la maison suffit à permettre l'erouv.

🖼️ Schéma
La trappe a-t-elle besoin d'une échelle L'échelle fixe donne le statut d'une ouverture. Ici elle n'est pas exigée Trappe, lul maison vers l'étage Côté Fenêtre dans le mur. La maison est tenue pour remplie. Milieu Ouverture dans le plancher. Le doute de Rabbi Abba. Rav Nahman : on n'en a pas besoin. Rav Yossef bar Minyomi en son nom : ni échelle fixe, ni échelle provisoire.
Côté : fenêtre du mur. Milieu : trappe. Rav Nahman, précisé par Rav Yossef bar Minyomi : aucune échelle n'est exigée.
12
מתני׳ כותל שבין שתי חצירות, גבוה עשרה ורוחב ארבעה — מערבין שנים, ואין מערבין אחד.

Michna. Un mur entre deux cours, haut de dix et large de quatre : on fait deux erouv, et on ne fait pas un seul.

📜 Rachi (1)
מתני' כותל שבין שתי חצירות האי דנקט רחב ארבע משום סיפא נקט ליה דבעי למיתני היו בראשו פירות אלו עולין מכאן ואוכלין ובלבד שלא יורידו למטה דחשיב רשותא באנפי נפשיה ולא מיבטל לא לגבי האי ולא לגבי האי אבל לענין מיהוי מחיצה בכל דהו פותיא הוי סתימה ואין מערבין אחד:
S'il a pris une largeur de quatre, c'est à cause de la fin qu'il l'a pris, car il veut enseigner : s'il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent d'ici et mangent, à condition qu'ils ne les descendent pas en bas. Car il compte comme un domaine à part, et il ne s'annule ni vis-à-vis de celui-ci ni vis-à-vis de celui-là. Mais pour être une cloison, avec la moindre largeur il est une fermeture, et on ne fait pas un seul erouv.
💡 Explication

Michna du mur. Haut de dix tefahim et large de quatre : c'est une cloison. On fait deux erouv. L'erouv unique est exclu.

Rachi : la largeur de quatre est dite pour la suite, les fruits au sommet. Ce sommet est un domaine à part. Il ne s'annule pour aucune des deux cours. Comme cloison, la moindre largeur ferme déjà, et l'erouv unique reste exclu.

13
היו בראשו פירות — אלו עולין מכאן ואוכלין, ואלו עולין מכאן ואוכלין, ובלבד שלא יורידו למטן.

S'il y avait des fruits à son sommet, ceux-ci montent d'ici et mangent, et ceux-là montent d'ici et mangent, à condition qu'ils ne les descendent pas en bas.

📜 Rachi (1)
ובלבד שלא יורידו כדפרישית:
Comme je l'ai expliqué.
🗂️ Tossefot (1)
ובלבד שלא יורידו למטה דוקא לפי שאין פתח ביניהם שאין החצירות יכולין לערב יחד אבל אם יש פתח בכותל זה ועירבו מותר להוריד ולהביא לבתים מן החצר ומן הבתים מעלין על הכותל ואתיא מתני' דלא כר"ש דלדידיה מותר להוריד ולהביא אע"ג דלא עירבו דאמר לקמן (עירובין דף פט.) גגות חצירות וקרפיפות רשות אחת לכלים ששבתו בתוכן אי נמי אפילו כר"ש אתיא ומאי למטה למטה לבתים הכי איתא בריש כל גגות (לקמן עירובין דף צב.) וא"ת ולרבנן אמאי אסור להוריד למטה לחצר הא מודו רבנן דחצירות רשות לעצמן דאמר רב יהודה בפרק כל גגות (לקמן עירובין דף צ:) כשתמצא לומר לדברי רבי מאיר כו' לדברי חכמים גגות וחצירות רשות אחת וקרפיפות רשות אחת ושם פירש בקונטרס דמותר להוציא מחצר לחצר לרבנן והביא ראייה מברייתא מדתניא התם אנשי חצר ואנשי מרפסת כו' וליכא למימר דעל גבי הכותל כיון דלא ניחא תשמישתא חשיב כקרפף ולהכי אסור להוריד לרבנן דחצר וקרפף שתי רשויות הן דא"כ אפילו יש פתח ביניהן ועירבו אסור להוריד למטה דאין עירוב מועיל לקרפף ואפילו מקרפף שלו אסור לטלטל לחצירו כדאמרינן לעיל בפרק שני (עירובין דף כג:) גבי נזרע רובו הרי הוא כגינה ואסור ואם כן מאי איריא כותל שבין שתי חצירות אפילו יש לו כותל שלו בחצירו יהא אסור להשתמש על גביו אי חשיב קרפף ואומר ר"י דודאי לא מטעם קרפף הוא דאסור אלא משום דאסרי אהדדי והא דשרו רבנן מחצר לחצר היינו דוקא כשלא עירבה כל חצר לעצמה דלא שכיחי מאני דבתים בחצר אבל עירבה כל חצר לעצמה גזרינן דילמא אתי לאפוקי מאני דבתים לחצר אחרת וכן מוכחא ההיא דאנשי חצר ואנשי מרפסת בפרק כל גגות (לקמן עירובין דף צא:):
Précisément parce qu'il n'y a pas d'ouverture entre eux, de sorte que les cours ne peuvent pas faire l'erouv ensemble. Mais s'il y a une ouverture dans ce mur et qu'ils ont fait l'erouv, il est permis de descendre et d'apporter aux maisons depuis la cour, et depuis les maisons on monte sur le mur. Et la michna vient alors autrement que selon Rabbi Chimon. Car selon lui il est permis de descendre et d'apporter même s'ils n'ont pas fait l'erouv, puisqu'il dit plus loin (Eruvin 89a) : toits, cours et karpefot (enclos) sont un seul domaine pour les ustensiles qui y ont passé le chabbat. Ou bien, elle vient même selon Rabbi Chimon, et que veut dire en bas ? En bas, vers les maisons. Ainsi est-il au début de Kol gagot (plus loin, Eruvin 92a). Et si tu demandes : selon les maîtres, pourquoi est-il interdit de descendre en bas vers la cour ? Les maîtres conviennent que les cours sont un domaine à elles, car Rav Yehouda a dit au chapitre Kol gagot (plus loin, Eruvin 90b) : lorsque tu en viendras à dire, selon les paroles de Rabbi Meir, etc., selon les paroles des Sages, toits et cours sont un seul domaine, et les karpefot un seul domaine. Et là, le Kontres a expliqué qu'il est permis de sortir d'une cour à une cour selon les maîtres, et il a apporté une preuve d'une baraita, de ce qu'on enseigne là : les gens de la cour et les gens de la galerie (mirpeset), etc. Et l'on ne peut pas dire que le dessus du mur, l'usage n'en étant pas commode, compte comme un karpef, et que c'est pour cela que descendre est interdit selon les maîtres, car une cour et un karpef sont deux domaines. Car s'il en était ainsi, même s'il y a une ouverture entre eux et qu'ils ont fait l'erouv, descendre en bas serait interdit, car un erouv ne sert pas pour un karpef. Et même depuis son propre karpef il est interdit de transporter vers sa cour, comme nous le disons plus haut au chapitre 2 (Eruvin 23b) au sujet de : si la majeure partie a été semée, c'est comme un jardin, et c'est interdit. Si donc, pourquoi précisément un mur entre deux cours ? Même s'il a un mur à lui dans sa cour, il serait interdit de s'en servir dessus, s'il comptait comme un karpef. Et le Ri dit : l'interdit vient de ce qu'ils s'interdisent l'un l'autre. Le motif du karpef est écarté. Et ce que les maîtres permettent de cour à cour, c'est précisément lorsqu'aucune cour n'a fait l'erouv pour elle-même, car les ustensiles des maisons ne se trouvent pas couramment dans la cour. Mais si chaque cour a fait l'erouv pour elle-même, nous décrétons, de crainte qu'on en vienne à sortir les ustensiles des maisons vers une autre cour. Et ainsi le prouve le cas des gens de la cour et des gens de la galerie, au chapitre Kol gagot (plus loin, Eruvin 91b).
💡 Explication

Les fruits sont sur le mur. Chaque cour monte de son côté et mange sur place. Descendre les fruits est interdit : le sommet, large de quatre, est un domaine qui ne revient à aucune des deux cours.

Tossefot : l'interdit tient à l'absence d'ouverture. Avec une ouverture et un erouv, on descend vers les maisons, et des maisons on monte sur le mur. Deux lectures. Ou la michna s'écarte de Rabbi Chimon, pour qui toits, cours et karpefot sont un seul domaine même sans erouv. Ou en bas vise les maisons, et elle le suit. Le Ri écarte le motif du karpef : les deux cours s'interdisent l'une l'autre. L'autorisation des maîtres, de cour à cour, vaut quand aucune cour n'a fait son erouv pour elle-même.

14
נפרצה הכותל, עד עשר אמות — מערבין שנים, ואם רצו מערבין אחד, מפני שהוא כפתח. יותר מכאן — מערבין אחד ואין מערבין שנים.

Si le mur a été percé : jusqu'à dix coudées, on fait deux erouv, et s'ils veulent, on fait un seul, parce qu'il est comme une ouverture. Plus que cela : on fait un seul, et on ne fait pas deux.

📜 Rachi (1)
יותר מכאן הוי פירצה והוי להו כולהו כדיורי חצר אחת ואם עירבה כל אחת לעצמה הוו להו כחולקין את עירובן ואוסרין אלו על אלו:
C'est une brèche (pirtsa), et ils sont tous comme les habitants d'une seule cour. Si chacune a fait l'erouv pour elle-même, ils sont comme des gens qui divisent leur erouv, et ils s'interdisent les uns les autres.
💡 Explication

Une brèche jusqu'à dix coudées (amot) reste un petah, une ouverture. La hauteur du mur, elle, se comptait en tefahim. Deux erouv, ou un seul s'ils veulent.

Au-delà de dix coudées, la cloison tombe. Les deux cours sont une seule. On fait un seul erouv. Si chacune a fait le sien, elles sont au rang de gens qui divisent leur erouv, et chacune interdit l'autre.

15
גמ׳ אין בו ארבעה מאי? אמר רב: אויר שתי רשויות שולטת בו, לא יזיז בו אפילו מלא נימא.

Gemara. S'il n'a pas quatre, qu'en est-il ?

Rav a dit : l'air de deux domaines le régit. On n'y déplace même pas de l'épaisseur d'un cheveu.

📜 Rachi (1)
גמ' אויר ב' רשויות שולטות בו כיון דלא חשיב למיהוי רשות' בטיל לגבי תרוייהו ורשות ב' החצירות שולטות בו ואוסרין זה על זה ואפי' על ראשו אסור לטלטל:
Puisqu'il ne compte pas pour être un domaine, il s'annule vis-à-vis des deux, et le domaine des deux cours le régit, et elles s'interdisent l'une l'autre. Même sur son sommet, il est interdit de transporter.
💡 Explication

La Gemara demande le mur haut de dix dont la largeur est moindre que quatre. Rav : le dessus ne compte pas comme un domaine à lui. L'air des deux cours le régit. Chacune interdit l'autre. On n'y déplace rien, même l'épaisseur d'un cheveu (melo nima).

🖼️ Schéma
Le mur entre deux cours Dix de haut : des tefahim. Dix de brèche : des coudées Le mur Ce qui est permis Ce qui est tenu Haut de 10 large de 4 deux erouv pas un seul Fruits au sommet monter et manger là descendre interdit Brèche jusqu'à 10 coudées deux erouv ou un seul c'est un petah Brèche plus large un seul erouv pas deux Largeur moindre que 4 air des deux cours Rav : rien, même un cheveu
Les cinq cas du mur. La dernière ligne est la question de la Gemara, tranchée par Rav.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).