Sougya : L'amud poursuit ce qui réduit un mur de dix tefahim entre deux cours. Une saillie de quatre sur quatre, avec une échelle de toute largeur posée dessus, réduit le mur.
À côté, elle ne fait qu'élargir. Dix-neuf de haut se permet par une saillie au milieu.
Vingt en demande deux, décalées. Une colonne de dix sur quatre dans le domaine public : Rav Huna la réduit par une cheville, Abaye et Rava même sous trois, Rav Ashi maintient le domaine privé, et un sommet couvert de chevilles se compare au bourrelet d'une fosse que l'on couvre d'une planche.
Pour le mur de dix, Chmouel demande une échelle de quatorze, Rav Yosef treize et un peu, Abaye onze et un peu, et Rav, avec Rav Huna fils de Rav Yehoshua, sept et un peu : l'échelle verticale réduit. Les palmiers et les échelles de Babylonie tiennent par leur poids.
Des pailles au milieu empêchent le pied. L'échelle au milieu, avec des pailles sur les côtés, réduit.
Une saillie (ziz) qui sort du mur, de quatre sur quatre, et l'on a posé dessus une échelle de n'importe quelle largeur : il l'a réduit.
Mur entre deux cours. Une saillie de quatre sur quatre tefahim, et une échelle dont les pieds sont au sol et la tête sur la saillie. Même étroite, sans quatre de large, elle forme avec la saillie une seule réduction.
Condition de Rachi : les barreaux (houvakim) sont écartés de moins de trois. Au-delà, la montée n'est plus continue.
Et nous n'avons dit cela que lorsqu'il l'a posée dessus. S'il l'a posée à côté d'elle, il l'a élargie.
L'échelle doit servir de marche vers la saillie. Posée à côté, la tête contre le mur, elle élargit la saillie sans la relier au sol.
Une saillie très séparée du sol ne réduit pas le mur.
Et Rav Nahman a dit que Rabba bar Avouh a dit : un mur de dix-neuf a besoin d'une seule saillie pour le permettre.
Mur de dix-neuf. Une saillie au milieu : moins de dix en dessous, moins de dix au-dessus. Une échelle de toute largeur suffit à permettre le mur, c'est-à-dire à en faire un passage.
Un mur de vingt a besoin de deux saillies pour le permettre. Rav Hisda a dit : et c'est lorsqu'il les a placées l'une non en face de l'autre.
Mur de vingt. Une saillie dans les dix du bas, une dans les dix du haut. Un intervalle de dix se traite comme un mur : l'échelle de toute largeur ne suffit plus.
Rav Hisda : les deux saillies sont décalées, pour dresser une seconde échelle de l'une à l'autre. Alignées l'une au-dessus de l'autre, cette échelle n'a pas sa place.
Rav Huna a dit : une colonne dans le domaine public, haute de dix et large de quatre, et l'on y a fiché une cheville (yated) de n'importe quelle taille : il l'a réduite.
Nouvelle question, sur les domaines. Colonne de dix de haut et de quatre de large dans le domaine public (reshut ha-rabim) : c'est un domaine privé (reshut ha-yahid). Prendre ou déposer est un hayav.
Une cheville au sommet ramène la surface utile sous quatre. Le statut de domaine privé tombe.
Rav Ada bar Ahava a dit : et lorsqu'elle est haute de trois. Abaye et Rava disent tous deux : même si elle n'est pas haute de trois.
Rav Ada bar Ahava limite Rav Huna. La cheville ne réduit que haute de trois. En dessous, elle compte comme le toit de la colonne, par lavoud, et la surface reste de quatre.
Abaye et Rava : même sous trois, la colonne est réduite.
Quelle est la raison ? On ne s'en sert pas.
Raison d'Abaye et de Rava. Un plan de quatre sur quatre sert lorsqu'il est uni. La moindre cheville retire l'usage, et avec lui le domaine privé.
Rav Ashi a dit : même lorsqu'elle est haute de trois. Quelle est la raison ?
Il est possible d'y suspendre quelque chose.
Rav Ashi refuse la réduction, même pour une cheville haute de trois. On ne pose plus d'objet à plat. On peut encore suspendre. Cet usage suffit : la cheville compte avec la colonne, qui reste un domaine privé.
Rav Aha, fils de Rava, lui a dit, à Rav Ashi : s'il l'a remplie tout entière de chevilles, qu'en est-il ?
Suite adressée à Rav Ashi. Si les chevilles couvrent tout le sommet, suspendre ne rend plus la largeur utilisable. Cette largeur compte-t-elle encore comme quatre ?
Il lui a dit : n'as-tu pas entendu ce que Rabbi Yo'hanan a dit : une fosse et son bourrelet se joignent pour dix.
Rabbi Yo'hanan : la terre extraite du creusement, disposée en bourrelet (holyata) autour de l'ouverture, se joint à la fosse pour compléter dix de profondeur, et le creux se joint au bourrelet pour compléter quatre de large.
Rachi le tire de la michna de HaZorek (Chabbat 99a), qui parle du bourrelet et du rocher, hauts de dix et larges de quatre, sans formuler la jonction en termes exprès.
Et pourquoi ? On ne s'en sert pas !
Que te reste-t-il à dire ? Qu'il pose quelque chose et s'en sert.
Ici de même : il pose quelque chose et s'en sert.
Le bourrelet a un creux au milieu. Ses quatre ne portent pas un usage. On pose une planche ou une pierre, et le dessus sert. De même, une planche de quatre ou un vêtement sur les chevilles.
Les Tossefot réservent ce motif à la jonction de la largeur, quand le bourrelet est haut de dix vers le domaine public. Si la fosse a déjà quatre de large, la jonction de la profondeur fait un domaine privé par les parois intérieures, sans planche.
Rav Yehuda a dit que Chmouel a dit : un mur de dix a besoin d'une échelle de quatorze pour le permettre. Rav Yosef a dit : même de treize et un peu.
Retour au mur de dix. Chmouel : échelle de quatorze. Rachi additionne : dix de haut, et quatre d'écart des pieds, parce qu'une échelle verticale est pénible à monter.
Les Tossefot corrigent le chiffre. Quatorze est la diagonale d'un carré de dix sur dix. Chaque ama en carré vaut une ama et deux cinquièmes en diagonale. On peut donc écarter les pieds de dix, et la tête atteint le sommet. Ainsi Rabbeinou Hananel.
Rav Yosef : treize et un peu. Pour Rachi, les pieds à quatre, la tête reste à moins d'un tefah sous le sommet. Le Ri lit le chiffre comme un repère : écart égal à la hauteur d'appui, mur dépassant l'échelle de moins d'un tefah, diagonale de neuf sur neuf, soit treize moins deux cinquièmes, et un peu.
Abaye a dit : même de onze et un peu.
Abaye : onze et un peu. Rachi : pieds écartés de quatre, tête à moins de trois du sommet. L'intervalle équivaut au lavoud.
Les Tossefot, sur le segment précédent : diagonale de sept sur sept, soit dix tefahim moins un cinquième, et un peu. Trois est la mesure du lavoud.
Rav Huna, fils de Rav Yehoshua, a dit : même de sept et un peu.
Rav Huna fils de Rav Yehoshua suit Rav : l'échelle verticale réduit. Dressée droite, une échelle de sept et un peu arrive à moins de trois de la tête du mur. Le lavoud complète la montée.
Rav a dit : une échelle verticale réduit. Tradition reçue, et j'en ignore la raison.
Rav : l'échelle verticale réduit le mur. L'enseignement vient des maîtres. La raison manque, car la montée verticale est pénible.
Le Roch tranche : la halakha suit Rav dans les interdits, et Rav Huna fils de Rav Yehoshua, plus tardif, est du même avis. En erouv, on suit l'avis souple.
Chmouel a dit : Abba ignorerait la raison de cette chose ? C'est à la manière d'une estrade sur une estrade.
Chmouel donne à Rav la raison qui lui manquait. Abba est le nom de Rav. L'échelle verticale est comme l'estrade sur l'estrade, déjà dite plus haut : on monte, même avec peine, et cela réduit.
Les Tossefot : Chmouel parle ici selon l'avis de Rav. Pour lui-même, l'échelle verticale ne réduit pas, puisqu'il exige quatorze.
Rabba a dit que Rabbi Hiyya a dit : les palmiers de Babylonie n'ont pas besoin de fixation. Quelle est la raison ?
Leur poids les fixe.
Des tronçons de palmiers de Babylonie, posés près du mur pour le réduire. Ils peuvent servir de siège : on peut donc les prendre, et ils ont un statut d'ustensile. Personne ne vient les emporter. Leur poids les fixe (kovedan kove'atan), sans ancrage au sol.
Et Rav Yosef a dit que Rabbi Ochaya a dit : les échelles de Babylonie n'ont pas besoin de fixation. Quelle est la raison ?
Leur poids les fixe.
Même règle pour les échelles de Babylonie, lourdes. Les Tossefot : la dispense vaut même sans quatre barreaux. Rachi y voyait l'échelle de Tyr de l'amud précédent. Le texte précise Babylonie, et plus haut personne ne conteste, alors qu'ici un avis refuse les échelles.
Celui qui a dit les échelles, à plus forte raison les palmiers. Et celui qui a dit les palmiers, mais les échelles, non.
L'avis qui dispense les échelles dispense à plus forte raison les palmiers. L'avis qui parle des palmiers s'arrête aux palmiers. Les échelles restent à fixer.
Rav Yosef a demandé à Rabba : une échelle d'ici et une échelle de là, et des pailles au milieu, qu'en est-il ?
Deux échelles étroites, chacune de moins de deux tefahim, côte à côte. Des pailles de céréale, en guise de barreaux, les relient pour atteindre quatre de large. Cet ensemble réduit-il le mur ?
Il lui a dit : la plante du pied n'y monte pas.
Rabba : on pose le pied au milieu de l'échelle. Le milieu est de paille, et la plante n'y monte pas. L'ensemble ne réduit pas le mur.
Des pailles d'ici et des pailles de là, et une échelle au milieu, qu'en est-il ? Il lui a dit : la plante du pied y monte.
Cas inverse. Les pailles sont sur les côtés. L'échelle, étroite, est au milieu. Le tout a quatre de large. La plante monte sur l'échelle. Les pailles servent à la main. L'ensemble réduit le mur.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).