Sougya : Rav Yosef demande ร Rabba comment une รฉchelle รฉtroite devient une ouverture. Des rainures creusรฉes dans le mur, sur dix de haut et quatre de large, suffisent.
Si toute l'รฉchelle est creusรฉe dans le mur, les marches vont jusqu'en haut, car la montรฉe est difficile. Un arbre et une asheira peuvent-ils servir d'รฉchelle ?
Rabba permet l'arbre et interdit l'asheira. Rav Hisda, avec Rabbi Yo'hanan, inverse la rรจgle : l'interdit du Chabbat interdit, un autre interdit laisse permis.
Rav Nahman bar Yitshak rattache l'arbre ร Rabbi et aux Sages, l'asheira ร Rabbi Yehouda et aux Sages. La michna traite du fossรฉ de dix sur quatre : paille et foin ne le bouchent pas, terre et cailloux le bouchent, une planche de quatre permet de joindre.
Abaye distingue la cloison, qui sรฉpare tant qu'elle est lร , et le remplissage, qui ne bouche le fossรฉ que si on l'annule.
Il a creusรฉ pour complรฉter dans le mur : de combien ? Il lui a dit : de dix.
Suite entre Rav Yosef et Rabba. L'รฉchelle a moins de quatre de large. On creuse le mur en face des barreaux pour porter la largeur ร quatre. Rabba : dix de haut, avec cette largeur, font la mesure d'une ouverture (petah).
Les Tossefot : le mur est en pente. Rav Yosef, qui exige treize et un peu pour l'รฉchelle verticale, ne poserait pas la question sur un mur droit. Rachi lit les dix comme la hauteur des rainures. Rabbeinou Tam : il ne doit pas rester dix entre l'รฉchelle et le sommet.
Il lui a dit : s'il l'a creusรฉ tout entier dans le mur, de combien ? Il lui a dit : de toute sa hauteur.
Et qu'est-ce qui distingue ? Il lui a dit : lร , on s'en dรฉgage ; ici, on ne s'en dรฉgage pas.
Sans รฉchelle appuyรฉe : toutes les marches sont des rainures dans le mur, larges de quatre. Rabba exige la pleine hauteur du mur.
Mastalek : on monte et on se dรฉgage. Avec une รฉchelle qui touche le sommet, la montรฉe est aisรฉe. Dix de largeur utile suffisent alors ร faire une ouverture. Les rainures seules se gravissent mal : elles courent jusqu'en haut.
Rav Yosef a demandรฉ ร Rabba : s'il a fait d'un arbre une รฉchelle, qu'en est-il ?
L'arbre est ร cรดtรฉ du mur et se gravit. Monter sur un arbre le Chabbat est une chevout. Compte-t-il malgrรฉ cela comme une ouverture entre les deux cours ?
La question se pose pour Rabbi, la question se pose pour les Sages.
Renvoi ร l'erouv de tehoumin dรฉposรฉ dans un arbre (Erouvin 32b). Rabbi le valide : ร bein hachemashot (le crรฉpuscule), on n'applique pas la chevout. Les Sages ne le valident pas.
Pour les erouvin de cours, l'ouverture doit servir tout le jour. La discussion de lร -bas ne se transporte donc pas d'elle-mรชme.
La question se pose pour Rabbi : Rabbi n'a dit lร , pour toute chose qui n'est qu'une chevout, qu'ils ne l'ont pas dรฉcrรฉtรฉe. Ces paroles valent pour bein hachemashot, mais pour tout le jour, non.
Premier cรดtรฉ. Selon Rabbi lui-mรชme, la chevout tombe seulement au crรฉpuscule, heure oรน l'erouv de tehoumin prend effet. Une รฉchelle doit rester une ouverture toute la journรฉe. Rabbi pourrait donc refuser l'arbre.
Ou bien, mรชme pour les Sages : c'est une ouverture, et un lion est couchรฉ dessus.
Second cรดtรฉ. Les Sages invalident l'erouv de tehoumin dans l'arbre parce qu'il faut pouvoir l'atteindre au crรฉpuscule.
Ici, on ne se sert pas de l'arbre. L'ouverture existe. L'interdit est posรฉ dessus comme un lion (arya) : on ne passe pas, et l'ouverture garde son nom. Les cours peuvent compter comme jointes.
S'il a fait d'une asheira une รฉchelle, qu'en est-il ? La question se pose pour Rabbi Yehouda, la question se pose pour les Sages.
Asheira : arbre d'idolรขtrie, interdit de jouissance (hanaa). Si l'arbre ordinaire est une ouverture, celle-ci le reste-t-elle, alors que l'on tirerait jouissance en l'empruntant ?
Renvoi ร l'erouv placรฉ dans un tombeau (Erouvin 31a). Rabbi Yehouda l'accepte. Les Sages le refusent.
La question se pose pour Rabbi Yehouda : Rabbi Yehouda n'a dit lร qu'il est permis d'acquรฉrir une rรฉsidence parmi les interdits de jouissance que pour ce cas-lร , car, une fois que l'erouv a acquis pour lui, il ne tient pas ร ce qu'on le garde.
Selon Rabbi Yehouda, le tombeau ne sert qu'ร l'instant du kinyan (acquisition) de la rรฉsidence. Ensuite, sa garde ne lui importe plus.
L'รฉchelle, elle, doit rester. Rabbi Yehouda pourrait donc interdire l'asheira. Rachi ajoute la leรงon : l'erouv de tehoumin ne se fait que pour une mitsva, et les mitsvot n'ont pas รฉtรฉ donnรฉes pour qu'on en jouisse. L'erouv de cours est pour la jouissance de celui qui l'รฉtablit.
Ou bien, mรชme pour les Sages : c'est une ouverture, et un lion est couchรฉ dessus.
Les Sages interdisent d'acquรฉrir l'erouv par un tombeau, dont on se sert. Ici, on ne se sert de rien : l'asheira n'est qu'une ouverture sur laquelle l'interdit est couchรฉ. Les cours restent jointes.
Il lui a dit : un arbre est permis, et une asheira est interdite. Rav Hisda attaque cela : au contraire, un arbre, dont l'interdit du Chabbat est la cause, devrait รชtre interdit.
Rabba tranche. L'arbre sert d'รฉchelle. L'asheira ne sert pas.
Rav Hisda renverse le critรจre. Quand c'est la loi du Chabbat qui cause l'interdit, il faut interdire, dans une question de Chabbat. L'arbre entrerait dans ce cas.
Une asheira, dont l'interdit d'une autre chose est la cause, ne devrait pas รชtre interdite.
L'interdit de l'asheira vient de l'idolรขtrie, une autre loi. Pour Rav Hisda, cet interdit ne retire pas ร l'arbre le statut d'ouverture le Chabbat.
On l'a aussi enseignรฉ. Quand Ravine est venu, il a dit que Rabbi Elazar a dit, et d'autres disent que Rabbi Abahou a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : tout ce dont l'interdit du Chabbat est la cause est interdit ; tout ce dont l'interdit d'une autre chose est la cause est permis.
Appui ร Rav Hisda, rapportรฉ d'Erets Israรซl par Ravine. La formule est gรฉnรฉrale : la cause de l'interdit dรฉcide.
Interdit nรฉ du Chabbat : interdit ici. Interdit nรฉ d'ailleurs : permis ici.
Rav Nahman bar Yitshak l'enseigne ainsi : un arbre, c'est la discussion de Rabbi et des Sages. Une asheira, c'est la discussion de Rabbi Yehouda et des Sages.
Rav Nahman bar Yitshak ne laisse pas les questions ouvertes et ne tranche pas comme Rabba. Il les fait dรฉpendre des discussions dรฉjร connues.
Arbre : Rabbi permet, les Sages interdisent. Asheira : Rabbi Yehouda permet d'acquรฉrir une rรฉsidence dans un interdit de jouissance, les Sages l'interdisent.
Les Tossefot : en Erouvin 31a, la sougya fait entendre que tous interdisent d'acquรฉrir une rรฉsidence dans un interdit de jouissance. Rav Nahman bar Yitshak ne tient pas cette sougya.
Michna. Un fossรฉ entre deux cours, profond de dix et large de quatre : on fait deux erouvin, et on n'en fait pas un.
Mรชme rempli de paille ou de foin. Rempli de terre ou de cailloux : on fait un erouv, et on n'en fait pas deux.
Le fossรฉ (harits) coupe toute la cour. Dix de profond et quatre de large : c'est une cloison. Chaque cour fait son erouv. Elles n'en font pas un ensemble.
Paille ou foin : il compte les retirer, le fossรฉ reste. Terre ou cailloux : le fossรฉ est annulรฉ, les deux cours n'en font plus qu'une.
S'il a posรฉ dessus une planche large de quatre tefahim, et de mรชme deux balcons l'un en face de l'autre : on fait deux erouvin, et s'ils veulent, on en fait un. Moins que cela : on fait deux erouvin, et on n'en fait pas un.
La planche de quatre, d'un bord ร l'autre, est un pont. Elle ouvre un passage. Les cours restent sรฉparรฉes, ou se joignent si elles le veulent. En dessous de quatre, le passage manque.
Gezouztra : balcon qui dรฉpasse de l'รฉtage vers le domaine public. Rachi lit ici aussi une planche de quatre entre les deux. Rabbeinou Tam lit l'รฉcart lui-mรชme : quatre sรฉpare, comme le fossรฉ ; moins de quatre, on enjambe, s'ils sont face ร face.
Le Roch reprend la michna. Pour la planche et les balcons face ร face, sa formule est : on fait un erouv, et on n'en fait pas deux.
Guemara. Et le foin ne sรฉpare pas ?
Mais nous avons appris : un tas de foin entre deux cours, haut de dix tefahim, on fait deux erouvin et on n'en fait pas un.
La michna du fossรฉ traite le foin versรฉ dedans comme un remplissage nul. Une autre michna donne ร une meule de dix la force d'une cloison. Les deux semblent se contredire.
Abaye a dit : pour une cloison, tous conviennent que c'est une cloison. Mais pour un remplissage, s'il l'a annulรฉ, cela sรฉpare ; s'il ne l'a pas annulรฉ, cela ne sรฉpare pas.
Mehitsa : le foin dressรฉ entre les cours coupe, tant qu'il est lร . Peu importe qu'il doive le retirer. Rachi compare aux auges et aux bรขts avec lesquels on enclot (Erouvin 15b).
Hatsitsa : boucher l'air du fossรฉ et le rendre semblable au sol. Il faut un bitoul explicite : je ne le reprendrai pas d'ici. Sans cette parole, le fossรฉ demeure.
Rempli de terre. Mรชme sans prรฉcision ?
Mais nous avons appris : une maison que l'on a remplie de foin ou de cailloux, et qu'il a annulรฉe, est annulรฉe.
La michna du fossรฉ parle de terre ou de cailloux sans dire qu'il a annulรฉ. La Guemara demande si le silence suffit.
Elle cite une maison remplie, au sujet de la touma (impuretรฉ) du mort. Rachi : une fois annulรฉ, le remplissage supprime la tente. L'impuretรฉ comprimรฉe (touma retsoutsa) perce et monte jusqu'au firmament.
Les Tossefot rapprochent la citation de la michna d'Ohalot 15, 7, que le Talmud abrรจge, et de la discussion de Souka 4a sur le foin et la terre sans prรฉcision.
S'il l'a annulรฉ : oui.
Dรฉbut de la dรฉduction, coupรฉe ici. S'il a annulรฉ, l'annulation est dite. La suite de l'infรฉrence est sur l'amud suivant.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).