Sougya : L'amud achรจve Rav Houna, fils de Rav Yehochoua : maison de dix, foin de sept et un peu, l'รฉcart moindre que trois se joint par lavoud, et en deรงร de dix dรฉsigne ce rรฉgime. La baisse du foin interdit les deux ; la veille peut l'expliquer, sans trancher les habitants arrivรฉs le Chabbat.
On permet au compagnon par la clรฉ ou par l'annulation ; une seconde lecture exige les deux, et l'annulation ne se rend pas en retour. La michna du shitouf dit qui reรงoit le tonneau, et Rav Yehouda le fait soulever d'un tefah.
Les anciens de Poumbedita sont encore nommรฉs pour le kiddouch, le feu de l'accouchรฉe, et l'asheira gardรฉe par les prรชtres.
Et du foin de sept et un peu, car tout รฉcart moindre que trois est comme joint (lavoud).
La phrase a commencรฉ au recto. Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, lit la baraรฏta mรชme pour une maison haute de dix seulement. Le foin n'atteint que sept et un peu. L'รฉcart jusqu'au plafond est moindre que trois. Par lavoud, les deux se rejoignent.
Lue ainsi, la baraรฏta parle d'une cloison qui rejoint le plafond. Abaye rรฉservait le cas ร une maison de treize moins un peu, avec un foin rรฉellement haut de dix. Les Tossefot : il n'applique pas ici le lavoud comme pour les cordes (Erouvin 16b), car, dans cette baraรฏta, une cloison qui n'atteint pas le plafond ne compte pas.
Cela se comprend selon Abaye : voilร pourquoi on enseigne en deรงร de dix. Mais selon Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, que signifie en deรงร de dix ?
Abaye part d'un foin rรฉellement haut de dix. La formule de la baraรฏta, diminuรฉ en deรงร de dix, lui va telle quelle.
Rav Houna part d'un foin de sept et un peu, qui n'a jamais atteint dix. La mรชme formule demande alors un autre sens.
Du rรฉgime de dix.
Le foin de sept et un peu avait, par lavoud, le rรฉgime d'une cloison de dix. Descendu en dessous de cette mesure, il sort de ce rรฉgime. La baraรฏta appelle cela : en deรงร de dix.
Tous deux sont interdits. Apprends-en : des habitants qui arrivent le Chabbat interdisent ?
Quand le foin passe sous dix, la baraรฏta interdit les deux. Au dรฉbut du Chabbat, chacun รฉtait permis dans son domaine. La baisse, en cours de Chabbat, fait comme si de nouveaux habitants entraient dans chaque cour.
La question vise la rรจgle : le Chabbat, puisqu'il a รฉtรฉ permis, reste permis. La baraรฏta semble dire l'inverse. Rachi renvoie la discussion ร la caravane qui campe dans une vallรฉe (Erouvin 17a).
Les Tossefot sรฉparent les cas. Un converti qui meurt de jour (Erouvin 70b) est un habitant arrivรฉ le Chabbat et qui interdit. Ici, l'arrivรฉe vient de la chute d'une cloison entre deux cours, sujet de Rav et de Chmouel, et question de Rav Ochaya (Erouvin 93b).
Peut-รชtre qu'il a diminuรฉ depuis la veille.
La baisse a pu avoir lieu avant l'entrรฉe du Chabbat. Dรจs le dรฉbut, les deux s'interdisaient. On n'apprend rien sur des habitants qui n'arriveraient qu'en cours de Chabbat.
Comment fait-il ? Il ferme sa maison ร clรฉ et annule son droit.
Les deux ?! Voici ce qu'il dit : ou bien il ferme sa maison ร clรฉ, ou bien il annule son droit.
Le foin est passรฉ sous dix. Pour permettre au moins au compagnon, la baraรฏta semble exiger la clรฉ et l'annulation du droit (bitoul reshout).
Premiรจre lecture : l'un des deux suffit. Fermer ร clรฉ rรฉvรจle qu'il se retire, et ce retrait tient lieu d'annulation.
Et si tu veux, dis : en rรฉalitรฉ les deux. Puisqu'il y est habituรฉ, il en viendrait ร transporter.
Seconde lecture. Les deux gestes restent exigรฉs. Pour permettre au compagnon, l'un suffirait. Pour lui-mรชme, il faut encore une mise ร distance : l'habitude du domaine le ramรจnerait ร transporter.
Rachi รฉtend la clรฉ ร tout homme qui annule son droit. Les Tossefot restreignent : la clรฉ vise ce cas, oรน l'on transportait sans erouv tant que le foin sรฉparait, et surtout le premier Chabbat aprรจs la baisse. Dans une cour ordinaire, celui qui a oubliรฉ l'erouv n'a pas cette habitude.
Lui est interdit, et son compagnon est permis. C'est รฉvident ?
Il le faut pour le cas oรน l'autre revient et annule son droit en faveur de son compagnon. Et voici ce que cela nous apprend : on n'annule pas, puis l'on annule en retour.
Aprรจs la clรฉ ou l'annulation, lui reste interdit, le compagnon est permis. Dit ainsi, le cas est รฉvident.
L'enseignement vise le retour. Celui qui a reรงu le droit s'en sert, puis annule ร son tour en faveur du premier. La baraรฏta refuse cette suite : on n'annule pas pour qu'on annule ensuite en retour.
Les Tossefot : Rav, au chapitre HaDar (Erouvin 68b), permet de revenir annuler. Cette baraรฏta ne le met pas en difficultรฉ : il range sa parole parmi des tannaรฏm, comme le dit Rav Chechet lร -bas.
Et tu dis de mรชme pour un gov de foin entre deux tehoumin de Chabbat. C'est รฉvident.
Il le faut selon Rabbi Akiva, qui a dit : les tehoumin sont de la Torah. On aurait pu dire : dรฉcrรฉtons, de peur qu'on en vienne ร รฉchanger.
Cela nous apprend.
Un gov est une fosse de foin, dรฉjร vue au recto, coupรฉe par la limite de deux tehoumin. Chacun nourrit de son cรดtรฉ. La rรจgle des cours semblait suffire.
La baraรฏta vise Rabbi Akiva, pour qui le tehoum est de la Torah (Sota 27a). On aurait pu interdire par dรฉcret, de peur de prendre dans le tehoum d'autrui et de passer sur un interdit de la Torah. La baraรฏta enseigne qu'on ne dรฉcrรจte pas.
Michna. Comment s'associe-t-on dans une ruelle ?
Il place le tonneau et dit : celui-ci est pour tous les habitants de la ruelle. Et il leur en confรจre la propriรฉtรฉ par son fils et sa fille adultes, par son esclave et sa servante hรฉbreux, et par sa femme.
Michna du shitouf mevoot, l'association des ruelles. Un habitant place un tonneau de sa nourriture et le fait acquรฉrir ร tous les habitants de la ruelle par un tiers.
Peuvent recevoir : fils et fille adultes, esclave et servante hรฉbreux, et la femme. Au segment suivant, mineurs et esclaves cananรฉens ont la main comme la sienne.
Rabbeinou Tam, et le Roch au nom de Rabbeinou Hananel, suivent Rabbi Yo'hanan (Bava Metsia 12b) : on appelle grand le mineur qui n'est plus ร la table du pรจre, et un fils encore ร cette table reste dans la main du pรจre. La femme n'acquiert pour les autres que si elle a une maison dans la ruelle, par miggo : du fait qu'elle acquiert pour elle-mรชme, elle acquiert pour eux. Permettre, dans cette discussion, veut dire qu'on n'interdit pas la cour. Interdire veut dire qu'il faut compter la personne dans l'erouv.
Mais il ne confรจre la propriรฉtรฉ ni par son fils et sa fille mineurs, ni par son esclave et sa servante cananรฉens, parce que leur main est comme sa main.
Le mineur et l'esclave cananรฉen n'ont pas une main distincte. Ce qui arrive dans leur main arrive dans la sienne. Leur recevoir le tonneau ne ferait pas sortir le bien de chez lui. Il n'y a pas lร d'acquisition pour les habitants de la ruelle.
Guemara. Rav Yehouda a dit : un tonneau d'association des ruelles (shitouf mevoot) doit รชtre soulevรฉ du sol d'un tefah.
Quand le tonneau est ร lui, le poser dans son domaine ne le fait pas acquรฉrir aux autres. L'envoyรฉ le soulรจve d'un tefah (hagbaha) et dit : j'ai acquis pour vous. S'il est dรฉjร ร eux, la Tossefta dispense de cet acte.
Les Tossefot : ce tefah ne rรจgle pas la hagbaha en tout lieu. Le shitouf est rabbinique. Le Roch, plus loin, rapporte Rabbeinou Tam, qui en tire une mesure gรฉnรฉrale.
Rava a dit : ces deux paroles, les anciens de Poumbedita les ont dites. L'une, celle-ci.
L'autre : celui qui fait le kiddouch, s'il a goรปtรฉ le plein de sa joue (melo lugmav), il est quitte ; sinon, il n'est pas quitte.
Rava rattache deux enseignements aux anciens de Poumbedita. Rachi : Rav Yehouda et son acadรฉmie, ร la fin du premier chapitre de Sanhedrin. L'un est le tonneau soulevรฉ. L'autre est le kiddouch : il faut goรปter un melo lugmav, le plein de la joue.
Rabbeinou Tam lit cette mesure comme ร la fin de Yoma (80a) : le vin dรฉplacรฉ d'un cรดtรฉ de la bouche et qui paraรฎt emplir la joue. Cette mesure dรฉpasse un reviit. Or la coupe du kiddouch, une des quatre coupes, n'a que la mesure d'un reviit (Pessahim 108b). D'oรน la question : comment y goรปter un plein de joue ?
Rav Haviva a dit : celle-ci aussi, les anciens de Poumbedita l'ont dite. Car Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : on fait un grand feu (medoura) pour une accouchรฉe le Chabbat.
Rav Haviva ajoute un troisiรจme enseignement des anciens de Poumbedita. Chmouel, rapportรฉ par Rav Yehouda : le Chabbat, on fait une medoura, un grand feu, pour une accouchรฉe.
Ils en ont compris : pour une accouchรฉe, oui ; pour un malade, non. Aux jours de pluie, oui ; aux jours de chaleur, non.
La formule de Chmouel nomme l'accouchรฉe. On en a d'abord tirรฉ deux limites : le malade ordinaire reste sans ce feu ; la saison chaude aussi.
Il a รฉtรฉ รฉnoncรฉ. Rav Hiya bar Avin a dit que Chmouel a dit : celui qui s'est fait saigner et qui s'est refroidi, on lui fait un grand feu le Chabbat, mรชme ร la saison de Tamouz.
Chmouel lui-mรชme รฉtend le feu. Un homme qui s'est fait saigner et qui a pris froid reรงoit une medoura le Chabbat, mรชme en tekoufat Tamouz, la saison chaude. La rรจgle ne se limite ni ร l'accouchรฉe, ni aux jours de pluie.
Ameimar a dit : celle-ci aussi, les anciens de Poumbedita l'ont dite. Car il a รฉtรฉ รฉnoncรฉ : quelle est une asheira sans prรฉcision (setam) ?
Une asheira setam est un arbre tenu pour dรฉdiรฉ au culte idolรขtre, sans qu'on ait vu qu'on l'adore. Ameimar rattache cette discussion aux anciens de Poumbedita. La rรฉponse de Rav suit.
Rav a dit : tout arbre que les komarin (prรชtres du culte idolรขtre) gardent.
Rav donne le signe. Les komarin gardent l'arbre. Cette garde suffit ร le tenir pour asheira setam, sans avoir vu l'adoration.
Le Roch alignรฉ ici revient au tonneau. Rabbeinou Tam lit le soulรจvement d'un tefah comme mesure gรฉnรฉrale de hagbaha, contre Rachi qui exige trois au premier chapitre de Kidouchin (25b). La fin du Roch rejoint les Tossefot : le shitouf est rabbinique, et la sugya appelle ce tefah un mashehu, parce qu'en gรฉnรฉral on exige trois.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).