Sougya : L'amud rรฉpond d'abord ร la contrainte du poteau (lehi) et de la poutre (kora) : on force lร oรน la ruelle n'a pas de cloisons. Rav Hiya bar Ashi permet un poteau d'asheira ; Rabbi Chimon ben Lakish permet la poutre, et ร plus forte raison le poteau.
La michna rรจgle l'ajout de nourriture au tonneau du shitouf, puis l'avis dรป aux habitants qui s'ajoutent. La mesure : ร partir de dix-huit personnes, deux repas pour tous ; en dessous, une figue sรจche (grogeret) pour chacun.
Deux repas font dix-huit grogerot. La michna suivante ouvre sur l'aliment de l'erouv : Rabbi Eliezer รฉcarte l'eau et le sel ; Rabbi Yehochoua exige un pain entier.
Lร -bas, le cas est autre, car il n'y a pas de cloisons.
Rรฉponse ร l'appui du recto : on contraint au poteau (lehi) et ร la poutre (kora). Lร -bas, la ruelle n'a pas de cloisons (mehitsot). On peut forcer l'amรฉnagement qui rend le transport possible.
Rachi : la ruelle est ร dรฉcouvert, difficile ร garder. Pour permettre le tiltoul, la connaissance (daat) reste exigรฉe. Les Tossefot ont deux leรงons. Rabbeinou Tam lit qu'il y a une cloison : elle vaut mรชme faite contre la volontรฉ. L'erouv relรจve de la demeure (dira) ou de l'acquisition (kinyan) : contre la volontรฉ, il reste sans effet. L'autre leรงon, celle du texte, limite la contrainte au tiltoul dans la ruelle. On ne force pas le passage depuis les maisons et les cours.
Autre formulation : par le cรดtรฉ, le cas est autre.
Seconde rรฉponse, sur la mรชme objection. Le lehi et la kora touchent la ruelle elle-mรชme. L'erouv est une affaire de cรดtรฉ (mi-tsad). On ne contraint pas un particulier ร le prรฉparer.
Il a รฉtรฉ รฉnoncรฉ. Rav Hiya bar Ashi a dit : on fait un poteau (lehi) d'asheira.
Et Rabbi Chimon ben Lakish a dit : on fait une poutre (kora) d'asheira.
Nouvelle question. Le bois d'une asheira est interdit au profit, et destinรฉ au feu. Rav Hiya bar Ashi permet d'en faire un lehi. Rabbi Chimon ben Lakish permet d'en faire une kora. La suite dit qui est le plus large.
Celui qui dit la poutre : ร plus forte raison le poteau. Et celui qui dit le poteau : la poutre, non.
Sa mesure est tenue pour รฉcrasรฉe (ketotei mikhatat shioureha).
Rabbi Chimon ben Lakish, qui permet la kora, permet le lehi ร plus forte raison : le poteau n'a pas de largeur imposรฉe. Rav Hiya bar Ashi ne parle que du poteau. La poutre, il l'exclut.
L'asheira doit รชtre brรปlรฉe, comme il est รฉcrit : leurs asheirim, vous les brรปlerez par le feu. Son volume est dรฉjร tenu pour รฉcrasรฉ. La kora doit faire un tefah et porter une brique (ariakh). Une mesure รฉcrasรฉe ne compte pas.
Les Tossefot : le lehi a une hauteur, et un mashehu de largeur. La mesure est petite, on n'a pas serrรฉ. Des fragments collรฉs au mur font lehi, s'ils tiennent au vent. Le loulav d'asheira est invalidรฉ, mรชme le second jour de fรชte : lร , c'est une mitsva, on a รฉtรฉ rigoureux. L'รฉchelle d'asheira, validรฉe plus haut malgrรฉ quatre de large, compte comme une ouverture propre ร la montรฉe. La kora, les Sages lui ont fixรฉ une mesure d'importance.
Michna. La nourriture a diminuรฉ : il ajoute, il fait acquรฉrir, et il n'est pas besoin d'aviser.
Il s'en est ajoutรฉ ร eux : il ajoute, il fait acquรฉrir, et il faut aviser.
Michna du tonneau de shitouf. La nourriture est descendue sous la mesure : on ajoute de son bien, on fait acquรฉrir (mezake), sans aviser. Tous ont dรฉjร consenti. S'il s'ajoute des habitants : on ajoute et on fait acquรฉrir, et il faut aviser.
Rachi distingue deux cas pour les nouveaux. Avec son bien : il ajoute et fait acquรฉrir. Avec leur bien : il doit aviser. Qui est pointilleux sur son erouv n'a pas d'erouv.
Le Roch rรฉsume la sougya. Mรชme espรจce, mรชme รฉpuisรฉe : pas d'avis. Deux espรจces, et elle a seulement diminuรฉ : pas d'avis. รpuisรฉe : il faut aviser. Pour les habitants ajoutรฉs, il place la michna dans une cour entre deux ruelles. Dans une seule ruelle, l'avis tombe : c'est un avantage, et l'on acquiert un avantage hors de la prรฉsence de la personne (zakhin le-adam she-lo be-fanav).
Quelle est leur mesure ? Lorsqu'ils sont nombreux : nourriture de deux repas pour tous.
Lorsqu'ils sont peu nombreux : comme une figue sรจche (grogeret) pour chacun.
Mesure du shitouf. Nombreux : la nourriture de deux repas suffit pour tout le groupe. Peu nombreux : une grogeret, figue sรจche, pour chaque personne. La guemara fixera le seuil, et le Roch enchaรฎne dรฉjร sur Rabbi Yossi et sur les enfants.
Rabbi Yossi a dit : dans quel cas ces paroles sont-elles dites ? Au dรฉbut de l'erouv.
Mais dans les restes de l'erouv : un tant soit peu (kol shehou).
Rabbi Yossi limite la mesure au dรฉbut de l'erouv. Les restes (cheyarei erouv), quand la quantitรฉ est descendue sous la mesure, restent valides pour un kol shehou. Il n'y a rien ร ajouter. Il conteste le premier tanna.
Et l'on n'a dit de faire l'erouv dans les cours que pour ne pas faire oublier aux enfants.
Une fois le shitouf des ruelles fait, l'erouv des cours reste demandรฉ pour une seule raison : que les enfants qui viennent n'oublient pas la rรจgle des erouvin de cours. On est donc indulgent sur cet erouv.
Guemara. De quel cas s'agit-il ?
Si tu dis : d'une seule espรจce, pourquoi prรฉcisรฉment lorsqu'elle a diminuรฉ ? Mรชme รฉpuisรฉe, de mรชme !
La michna ne parle que du cas diminuรฉ, et dispense d'avis. La guemara demande l'espรจce de l'ajout. Si l'on remet la mรชme espรจce, la limite รฉtonne : mรชme le tonneau รฉpuisรฉ devrait suivre la mรชme rรจgle.
Rachi lit l'enseignement ร l'envers. Diminuรฉe : pas d'avis. Donc entiรจrement finie : il faudrait aviser, s'il revient faire l'erouv. Cette consรฉquence gรชne pour une seule espรจce.
Alors, de deux espรจces : mรชme diminuรฉe, non plus ! Car on a enseignรฉ : la nourriture est รฉpuisรฉe ; d'une seule espรจce, il n'est pas besoin d'aviser ; de deux espรจces, il faut aviser !
Seconde branche. Si l'ajout est d'une autre espรจce, mรชme une simple diminution devrait exiger l'avis. La baraรฏta : nourriture รฉpuisรฉe, mรชme espรจce, pas d'avis ; deux espรจces, il faut aviser. La guemara รฉtend d'abord cet avis au cas seulement diminuรฉ.
Les Tossefot : on pouvait lire le mot รฉpuisรฉe comme visant seulement l'espรจce unique, oรน mรชme l'รฉpuisement dispense d'avis.
Si tu veux, dis : d'une seule espรจce. Et si tu veux, dis : de deux espรจces.
Si tu veux, dis : d'une seule espรจce. Que signifie : elle a diminuรฉ ?
Elle s'est effritรฉe (nitmatmet).
Les deux lectures tiennent. Premiรจre : une seule espรจce. Le mot diminuรฉ veut dire nitmatmet : effritรฉ jusqu'au bout, donc รฉpuisรฉ. La michna parle du cas fini, et l'avis reste inutile.
Et si tu veux, dis : de deux espรจces. L'รฉpuisement est un cas ร part.
Seconde lecture : deux espรจces. La michna vise exprรจs la diminution. La baraรฏta vise exprรจs l'รฉpuisement (kalla). Tant qu'il reste de la nourriture, un ajout d'une autre espรจce se fait sans avis.
Il s'en est ajoutรฉ ร eux, il ajoute et fait acquรฉrir, etc. Rav Cheizvi a dit que Rav Hisda a dit : cela veut dire que ses collรจgues contestent Rabbi Yehouda.
Retour aux habitants ajoutรฉs. Rav Cheizvi, au nom de Rav Hisda : la michna montre que les collรจgues contestent Rabbi Yehouda. Rachi : le dans quel cas de Rabbi Yehouda n'est pas une simple explication. C'est une contestation.
Car nous avons appris. Rabbi Yehouda a dit : dans quel cas ces paroles sont-elles dites ?
Pour les erouvin de tehoumin. Mais pour les erouvin de cours, on fait l'erouv avec connaissance et sans connaissance.
C'est รฉvident qu'ils contestent !
Rabbi Yehouda : la daat n'est exigรฉe que pour l'erouv de tehoum. Acquรฉrir d'un cรดtรฉ fait perdre la direction opposรฉe. Pour l'erouv de cours, on agit avec connaissance ou sans connaissance.
La contestation paraรฎt รฉvidente. La michna des cours demande d'aviser, et Rabbi Yehouda dispense. La guemara demande pourquoi Rav Hisda a besoin de le dire.
De peur que tu dises : ces paroles visent une cour entre deux ruelles. Mais une cour d'une seule ruelle, je dirais que non.
Il nous l'apprend.
La prรฉcision รฉcarte une limite. On aurait cantonnรฉ l'avis ร une cour ouverte sur deux ruelles : on ignore laquelle lui convient, et permettre l'une interdit l'autre. Pour une cour d'une seule ruelle, on aurait dit que l'avis tombe.
Le kashma lan maintient la contestation. Rachi : on aurait fait de Rabbi Yehouda l'explication d'une autre michna, et rรฉservรฉ notre michna ร la cour entre deux ruelles. Le Roch, sur la michna, retient l'avis pour deux ruelles, et le dispense dans une seule, au titre de l'avantage.
Quelle est sa mesure, etc. Combien font les nombreux ?
Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : dix-huit personnes. Dix-huit, et pas au-delร ?
Dis : ร partir de dix-huit et au-delร .
Nombreux, combien ? Rav Yehouda au nom de Chmouel : dix-huit personnes. L'รฉtonnement porte sur la borne : au-delร de dix-huit, le groupe est nombreux ร plus forte raison. La rรฉponse corrige : ร partir de dix-huit.
Et que vise le dix-huit qu'il a pris ? Rav Its'hak, fils de Rav Yehouda, a dit : pour moi, cela m'a รฉtรฉ expliquรฉ par mon pรจre.
Tout cas oรน, si l'on partageait entre eux la nourriture de deux repas et qu'elle n'atteint pas une grogeret pour chacun : ce sont eux les nombreux, et la nourriture de deux repas suffit. Sinon : (ce sont eux) les peu nombreux.
Le chiffre n'est pas un plafond arbitraire. Rav Its'hak le tient de son pรจre. On partage la nourriture de deux repas. Si chacun n'atteint pas une grogeret, le groupe est nombreux : deux repas suffisent pour tous. Sinon, il est peu nombreux : une grogeret chacun.
Rachi : la michna est dite vers l'indulgence. Donner une grogeret ร chaque personne nombreuse dรฉpasserait deux repas : on se contente de deux repas. Chez les peu nombreux, une grogeret chacun n'atteint pas deux repas : on se contente de la grogeret. Le chiffre dix-huit prรฉpare aussi la mesure dite au segment suivant.
Et en passant, il nous apprend que deux repas font dix-huit grogerot.
En fixant le seuil, Rav Yehouda enseigne la mesure elle-mรชme : deux repas valent dix-huit grogerot. Pour un groupe nombreux, ces dix-huit figues sรจches suffisent ร tous.
Les Tossefot ouvrent la difficultรฉ de Rabbeinou Tam. Rabbi Chimon, au chapitre suivant, mesure deux repas par cinq ลufs et un tiers. Rapportรฉ aux dix-huit grogerot, chaque ลuf dรฉpasse trois grogerot, et la grogeret dรฉpasse l'olive, alors que le gosier ne contient pas plus de deux olives, ni plus d'un ลuf de poule. Ri : pour l'erouv, la halakha suit Rabbi Meir ou Rabbi Yehouda, dont la mesure de deux repas est plus large. Le volume d'ลuf qui rend les aliments impurs reste commun aux tannaรฏm.
Michna. Avec tout on fait l'erouv et le shitouf, sauf l'eau et le sel.
Paroles de Rabbi Eliezer. Rabbi Yehochoua dit : un pain constitue l'erouv.
Mรชme une cuisson d'un sea, si elle est en morceaux : on ne fait pas l'erouv avec. Un pain de la taille d'un issar, s'il est entier : on fait l'erouv avec.
Nouvelle michna. Rabbi Eliezer : tout aliment sert ร l'erouv des cours et au shitouf des ruelles, sauf l'eau et le sel. Rabbi Yehochoua pose une autre limite : l'erouv est un pain.
Une cuisson d'un sea en un seul pain, si l'on en retire un peu et qu'il est entamรฉ (proussa), ne sert pas. Un pain gros comme un issar, s'il est entier, sert. Rachi : ร condition qu'il y ait assez de pains pour une grogeret par personne. La raison du pain entier s'expliquera dans la guemara.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).