Eruvin 82b : Jusqu'à six ans, et deux repas

Eruvin 82b

Sougya : La page achève l'âge où l'enfant sort par l'erouv de sa mère, puis fixe la nourriture de l'erouv. Rav Yehochoua fils de Rav Idi limite Rav Assi au père au nord et à la mère au sud, et la baraita jusqu'à six ans le réfute.

Rav Assi inclut la sixième année. Si le père est en ville, quatre ou cinq ans suffisent à Rabbi Yannaï et à Rech Lakich.

Une baraita dit pour qui l'on fait l'erouv sans sa connaissance, et Rava tient que faire son propre erouv est déjà une protestation. La michna mesure deux repas, le jour de semaine pour Rabbi Meir et Chabbat pour Rabbi Yehouda, et Rav Hisda rapproche Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Chimon en retirant le gain de l'épicier.

Les deux sougyot de la page Âge de l'enfant, puis quantité de nourriture de l'erouv. L'enfant et l'erouv de la mère La mesure : deux repas Pere au nord, mère au sud Baraita : jusqu'à six ans Rav Assi : jusqu'à inclus Pere en ville : 4 ou 5 ans Mineurs : sans connaissance Propre erouv = protestation Rabbi Meir : jour de semaine Rabbi Yehouda : Chabbat Pundeyon : 4 repas au kav Rabbi Chimon : 9 repas Épicier : moitié, reste 8 et 9 Bois fourni : un tiers seulement
L'enfant jusqu'à six ans, puis la nourriture de deux repas.
Jusqu'à quel âge suit-il l'erouv de sa mère ? La baraita dit jusqu'à six ans. Le père présent ou absent change la mesure. Rav Yehochoua b. Rav Idi Rav Assi R. Yannaï et Rech Lakich Pere nord, mère sud Même à 6 ans il suit sa mère Jusqu'à six ans inclut la sixième année Pere en ville : dès 4 ou 5 ans il n'a plus besoin Baraita réfutée pour Rav Yehochoua : de un an à six ans, sans acquisition à part.
Rav Yehochoua est réfuté. Rav Assi inclut six ans. Le père en ville ramène à quatre ou cinq ans.
Quelle quantité pour deux repas ? Les deux premiers visent le léger. Les deux autres comptent en pains. Rabbi Meir Rabbi Yehouda Nourriture du jour de semaine On mange plus à Chabbat Mesure plus petite : léger Nourriture de Chabbat Trois repas : chaque repas est plus petit Mesure plus petite : léger R. Yo'hanan b. Beroka Pain d'un pundeyon 4 repas dans un kav Rabbi Chimon Deux tiers d'un pain 9 repas dans un kav
Rabbi Meir et Rabbi Yehouda allègent. Rabbi Yohanan ben Beroka compte quatre repas au kav, Rabbi Chimon neuf.
1
אמר רב יהושע בריה דרב אידי: כי קאמר רב אסי — כגון שעירב עליו אביו לצפון ואמו לדרום, דאפילו בר שש נמי בצוותא דאמיה ניחא ליה.

Rav Yehochoua, fils de Rav Idi, a dit : lorsque Rav Assi a dit cela, c'est par exemple lorsque son père a fait l'erouv pour lui vers le nord et sa mère vers le sud. Car même un enfant de six ans préfère aussi la compagnie de sa mère.

📜 Rachi (1)
אמר רב יהושע ודאי כדאמרת בן ה' אינו יוצא עד שיערבו עליו ורב אסי נמי בשעירבה אמו עליו קאמר וקמ"ל דאם עירב עליו אביו לרוח אחרת בתר אמו שדינן ליה:
Certes, comme tu l'as dit : un enfant de cinq ans ne sort pas tant qu'on n'a pas fait l'erouv pour lui. Rav Assi aussi parle du cas où sa mère a fait l'erouv pour lui. Et il nous apprend que si son père a fait l'erouv pour lui dans une autre direction, nous le rattachons à sa mère.
💡 Explication

Rav Assi, à la page précédente, fait sortir un enfant de six ans par l'erouv de sa mère. Rav Yehochoua fils de Rav Idi restreint ce cas. Le père a déposé un erouv au nord, la mère au sud. Même à six ans, l'enfant veut rester avec sa mère. On le rattache à son erouv.

Rachi lit la suite. Un enfant de cinq ans, dans le cas ordinaire, ne sort que si l'on a fait l'erouv pour lui. La nouveauté est l'autre direction : on le place après la mère.

🖼️ Schéma
Deux erouv, l'enfant choisit la mère Rav Yehochoua fils de Rav Idi : même à six ans, la compagnie de la mère lui plaît. Pere Erouv au nord Mere Erouv au sud Enfant de 6 ans Il suit sa mère
Le père a l'erouv au nord, la mère au sud. L'enfant de six ans suit sa mère.
2
מיתיבי: קטן שצריך לאמו יוצא בעירוב אמו — עד בן שש. תיובתא דרב יהושע בר רב אידי תיובתא.

On objecte : un petit qui a besoin de sa mère sort par l'erouv de sa mère, jusqu'à l'âge de six ans. C'est une réfutation de Rav Yehochoua bar Rav Idi.

C'est une réfutation.

📜 Rachi (1)
מיתיבי כו' עד בן שש הא ליכא למימר בשערב עליו זה לכאן וזה לכאן דהא עד קתני דמשמע בן שנה ובן שתים ושלש עד בן שש יוצא בעירוב אמו וכי היכי דבן שנה ובן שתים בלא זיכוי עירוב קאמר בן ד' ובן ה' נמי בלא עירבו עליו קאמר וכי נמי אמרינן עד ולא עד בכלל הויא תיובתא דרב יהושע דתריץ דבן ה' צריך לזכות לו תיובתא:
On ne peut pas dire qu'il s'agit du cas où l'un a fait l'erouv pour lui d'un côté et l'autre de l'autre. Car il enseigne jusqu'à, ce qui signifie qu'un enfant d'un an, de deux ans et de trois ans, jusqu'à six ans, sort par l'erouv de sa mère. Et de même qu'un enfant d'un an et de deux ans est dit sans qu'on lui fasse acquérir l'erouv, un enfant de quatre ans et de cinq ans est dit aussi sans qu'on ait fait l'erouv pour lui. Et même si nous disons jusqu'à, et non jusqu'à inclus, c'est une réfutation de Rav Yehochoua, qui explique qu'un enfant de cinq ans a besoin qu'on lui fasse acquérir. C'est une réfutation.
💡 Explication

La baraita ne parle pas de deux erouv opposés. Elle dit jusqu'à six ans : l'enfant d'un an, de deux ans, de trois ans, et ainsi de suite, sort par l'erouv de sa mère.

Le petit d'un an ou de deux ans sort sans qu'on lui fasse acquérir une part. Il en va de même à quatre ans et à cinq ans. Même si jusqu'à excluait la sixième année, Rav Yehochoua, qui exige une acquisition des cinq ans, serait déjà réfuté.

3
לימא תיהוי תיובתיה דרב אסי! אמר לך רב אסי: ״עד״, ועד בכלל.

Dirons-nous que ce soit une réfutation de Rav Assi ? Rav Assi te dira : jusqu'à, et jusqu'à inclus.

📜 Rachi (1)
לימא תהוי תיובתיה דרב אסי דעד ולא עד בכלל משמע ואיהו אמר אפילו בן שש:
Car jusqu'à signifie jusqu'à et non jusqu'à inclus, et lui a dit : même un enfant de six ans.
🗂️ Tossefot (1)
עד ועד בכלל לא בעי לשנויי הא דאיתיה לאבוה במתא כו' כדמשני בסמוך דא"כ הוי פליגי דרבי ינאי ור"ל אדרב אסי והלכתא כרב אסי דמייתי לה הש"ס בסוף פ' אע"פ (כחובות דף סה:):
Il ne veut pas répondre par le cas où son père est dans la ville, comme on répond plus loin. Car alors Rabbi Yannaï et Rech Lakich seraient en désaccord avec Rav Assi, et la halakha suit Rav Assi, puisque le Talmud la cite à la fin du chapitre Af al pi (Ketoubot 65b).
💡 Explication

Rav Assi inclut l'enfant qui a six ans révolus. La baraita dit jusqu'à six ans. On pourrait lire : jusqu'à, et non au-delà du seuil, donc cinq ans au plus.

Rav Assi répond : ici, ad ve-ad bikhlal, jusqu'à, et le terme est compris. Tossefot : il ne répond pas par l'absence du père, pour ne pas mettre Rabbi Yannaï et Rech Lakich en désaccord avec lui. La halakha suit Rav Assi, cite à la fin du chapitre Af al pi (Ketoubot 65b).

4
לימא תיהוי תיובתיה דרבי ינאי וריש לקיש! לא קשיא, הא — דאיתיה אבוהי במתא, הא — דלא איתיה אבוהי במתא.

Dirons-nous que ce soit une réfutation de Rabbi Yannaï et de Rech Lakich ? Il n'y a pas de difficulté.

Ici, son père est dans la ville. Là, son père n'est pas dans la ville.

📜 Rachi (2)
לימא תיהוי תיובתיה דר' ינאי ודריש לקיש דמפרשי גבי סוכה בר ארבע ובר חמשא קרי ליה אין צריך לאמו והכא תני יוצא בעירוב אמו ותניא לעיל דקטן שאינו צריך לאמו אינו יוצא בעירובה:
Car ils expliquent, au sujet de la souka, qu'un enfant de quatre ans et de cinq ans est appelé celui qui n'a pas besoin de sa mère. Et ici on enseigne qu'il sort par l'erouv de sa mère. Et on a enseigné plus haut qu'un petit qui n'a pas besoin de sa mère ne sort pas par son erouv.
הא דאיתיה לאבוה במתא והתינוק נכנס ויוצא עמו לא קרי ליה צריך לאמו מבן ד' ולמעלה וברייתא בדליתיה לאבוה במתא ורב יהושע נמי לא מצי לשנויי הכי דהא כי אותביניה לרב אסי לעיל אם איתא דאית ליה לרב יהושע הא סברא הכי הוה משני ליה לדרב אסי בדליתיה לאבוה במתא ונימא בדלא עירב שרי ואשמעינן רבותא:
Et l'enfant entre et sort avec lui. On ne l'appelle pas celui qui a besoin de sa mère à partir de quatre ans et au-delà. Et la baraita parle du cas où son père n'est pas dans la ville. Rav Yehochoua non plus ne peut pas répondre ainsi. Car lorsqu'on a objecté à Rav Assi plus haut, s'il était vrai que Rav Yehochoua avait ce raisonnement, il aurait répondu ainsi pour Rav Assi : dans le cas où son père n'est pas dans la ville. Et nous dirions : lorsqu'on n'a pas fait l'erouv, c'est permis, et il nous aurait appris une nouveauté.
🗂️ Tossefot (1)
הא דאיתיה לאבוה במתא כו' לרב יהושע בריה דרב אידי לא הוי מצי לשנויי הכי דהא לא מפליג בין איתיה לליתיה מדלא משני הכי וכן פירש בקונטרס:
Pour Rav Yehochoua fils de Rav Idi, on n'aurait pas pu répondre ainsi, car il ne distingue pas entre le cas où le père est là et le cas où il n'est pas là, puisqu'il n'a pas répondu ainsi. Et c'est ainsi que le commentaire l'explique.
💡 Explication

Pour la souka, Rabbi Yannaï et Rech Lakich appellent sans besoin de sa mère l'enfant de quatre ou cinq ans. La baraita, elle, le fait sortir par l'erouv de sa mère jusqu'à six ans. Un enfant qui n'a plus besoin de sa mère ne sort pas par son erouv.

La réponse sépare deux cas. Pere en ville : dès quatre ans, l'enfant entre et sort avec lui, il n'a plus besoin de sa mère. Pere absent : la baraita va jusqu'à six ans. Rav Yehochoua ne pouvait pas user de cette distinction : face à l'objection faite plus haut à Rav Assi, il l'aurait dite, et il aurait enseigné qu'on sort même sans erouv fait pour l'enfant.

🖼️ Schéma
Jusqu'à quel âge suit-il l'erouv de sa mère ? La baraita dit jusqu'à six ans. Le père présent ou absent change la mesure. Rav Yehochoua b. Rav Idi Rav Assi R. Yannaï et Rech Lakich Pere nord, mère sud Même à 6 ans il suit sa mère Jusqu'à six ans inclut la sixième année Pere en ville : dès 4 ou 5 ans il n'a plus besoin Baraita réfutée pour Rav Yehochoua : de un an à six ans, sans acquisition à part.
Pere en ville : dès quatre ou cinq ans, il n'a plus besoin de sa mère. Pere absent : jusqu'à six ans.
5
תנו רבנן: מערב אדם על ידי בנו ובתו הקטנים, על ידי עבדו ושפחתו הכנענים, בין לדעתן בין שלא לדעתן. אבל אינו מערב לא על ידי עבדו ושפחתו העברים, [ולא] על ידי בנו ובתו הגדולים, ולא על ידי אשתו אלא מדעתם.

Nos maîtres ont enseigné : un homme fait l'erouv par l'intermédiaire de son fils et de sa fille mineurs, par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante cananéens, avec leur connaissance ou sans leur connaissance. Mais il ne fait l'erouv ni par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante hébreux, ni par l'intermédiaire de son fils et de sa fille majeurs, ni par l'intermédiaire de sa femme, sauf avec leur connaissance.

📜 Rachi (1)
על ידן בשבילן:
Pour eux.
🗂️ Tossefot (1)
מערב ע"י בנו ובתו הקטנים ואור"י דאף רבי יוחנן מודה הכא דקטן קטן ממש:
Et le Ri dit que même Rabbi Yo'hanan reconnaît ici que petit signifie un petit au sens propre.
⚖️ Rosh (1)
אמר רב אסי קטן בן שש יוצא בעירוב אמו בדליתיה לאבוה במתא. אבל איתיה לאבוה במתא כבר ארבע וכבר חמש אין. טפי לא: ת"ר מערב אדם על ידי בנו ובתו הקטנים ועל ידי עבדו ושפחתו הכנענים בין מדעתן בין שלא מדעתן. אבל אינו מערב לא על ידי בנו ובתו הגדולים ולא על ידי עבדו ושפחתו רעבים ולא על ידי אשתו אלא מדעתן. נראה דרבי יוחנן דאמר בפרק קמא דבבא מציעא דף יב: לא קטן קטן ממש ולא גדול גדול ממש אלא קטן ואין סמוך על שולחן אביו זהו גדול גדול וסמוך על שולחן אביו זהו קטן. מודה הכא דקטן אפילו אין סמוך על שולחן אביו יש לו דין קטן וגדול אפילו סמוך על שולחך אביו יש לו דין גדול. דטעמא דקטנים משום לחנכן במצות כדאמר נזיר דף כט. האיש מדיר את בנו בנזיר לחנכו במצות והכא נמי איכא חנוך דאין מערבין אלא לדבר מצוה: וכולן שעירבו ועירב רבן עלייהו יוצאין בשל רבן. חוץ מן האשה והדומה לה שיכולין למחות. וכיון שעירבו אין לך מיחוי גדול מזה:
Rav Assi a dit : un petit de six ans sort par l'erouv de sa mère, lorsque son père n'est pas dans la ville. Mais s'il est dans la ville, vers quatre ans et vers cinq ans, oui. Au-delà, non. Nos maîtres ont enseigné : un homme fait l'erouv par l'intermédiaire de son fils et de sa fille mineurs, et par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante cananéens, avec leur connaissance et sans leur connaissance. Mais il ne fait l'erouv ni par l'intermédiaire de son fils et de sa fille majeurs, ni par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante hébreux, ni par l'intermédiaire de sa femme, sauf avec leur connaissance. Il paraît que Rabbi Yo'hanan, qui a dit au premier chapitre de Bava Metsia (12b) : ni petit au sens strict, ni grand au sens strict, mais un petit qui ne dépend pas de la table de son père, voila un grand, et un grand qui dépend de la table de son père, voila un petit, reconnaît ici que le petit, même s'il ne dépend pas de la table de son père, a le statut de petit, et que le grand, même s'il dépend de la table de son père, a le statut de grand. Car le motif des mineurs est de les éduquer aux mitsvot, comme il est dit dans Nazir (29) : l'homme voue son fils au naziréat pour l'éduquer aux mitsvot. Ici aussi il y a une éducation, car on ne fait l'erouv que pour une chose de mitsva. Et tous ceux qui ont fait l'erouv, alors que leur maître en a fait un pour eux, sortent par celui de leur maître, hormis la femme et celle qui lui est assimilée, qui peuvent protester. Et dès lors qu'ils ont fait l'erouv, il n'y a pas de protestation plus grande que celle-là.
💡 Explication

Nouvelle baraita. Al yedei : pour eux, à leur place. Mineurs, esclave et servante cananéens : on dépose l'erouv qu'ils le sachent ou non.

Esclave et servante hébreux, fils et fille majeurs, épouse : seulement mi-daatam, avec leur connaissance. Tossefot : ici, petit veut dire petit au sens propre. Rabbi Yo'hanan lui-même, qui ailleurs mesure le petit à la table du père, le reconnaît.

🖼️ Schéma
Pour qui fait-on l'erouv sans le lui dire ? Mineurs et esclaves cananéens d'un côté. Majeurs, hébreux et épouse de l'autre. Sans qu'on leur demande Seulement avec leur connaissance Fils et fille mineurs Esclave et servante cananéens Leur main est comme la sienne Fils et fille majeurs Esclave et servante hébreux Épouse Ils peuvent protester S'ils ont déjà fait leur erouv, ils sortent pourtant par celui du maître, sauf l'épouse : son erouv est la protestation, dit Rava.
Mineurs et cananéens : avec ou sans connaissance. Majeurs, hébreux et épouse : avec leur connaissance.
6
תניא אידך: לא יערב אדם על ידי בנו ובתו הגדולים, ועל ידי עבדו ושפחתו העברים, ולא על ידי אשתו אלא מדעתן. אבל מערב הוא על ידי עבדו ושפחתו הכנענים, ועל ידי בנו ובתו הקטנים, בין לדעתן ובין שלא לדעתן — מפני שידן כידו.

On enseigne dans une autre baraita : un homme ne fera l'erouv ni par l'intermédiaire de son fils et de sa fille majeurs, ni par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante hébreux, ni par l'intermédiaire de sa femme, sauf avec leur connaissance. Mais il fait l'erouv par l'intermédiaire de son esclave et de sa servante cananéens, et par l'intermédiaire de son fils et de sa fille mineurs, avec leur connaissance et sans leur connaissance, parce que leur main est comme sa main.

🗂️ Tossefot (1)
מפני שידן כידו אעבדו ושפחתו קאי כדאמרינן בריש הזורק בגיטין (דף עז:) דיד עבד קני ליה רביה:
Cela porte sur son esclave et sa servante, comme nous disons au debut de Ha-zorek dans Guitin (77b) : la main de l'esclave, son maître l'acquiert.
💡 Explication

La seconde baraita reprend la même règle, et elle ajoute le motif : yadan ke-yado, leur main est comme sa main. Ce qu'ils tiennent, il le tient.

Tossefot rattache ce motif à l'esclave et à la servante, comme au debut de Ha-zorek (Guitin 77b) : la main de l'esclave, son maître l'acquiert. Le mineur, lui, releve de l'éducation aux mitsvot.

7
וכולן שעירבו ועירב עליהם רבן — יוצאין בשל רבן, חוץ מן האשה, מפני שיכולה למחות.

Et tous ceux qui ont fait l'erouv, alors que leur maître a fait l'erouv pour eux, sortent par celui de leur maître, hormis la femme, parce qu'elle peut protester.

📜 Rachi (1)
ועירב רבן עליהן לרוח אחרת:
Dans une autre direction.
💡 Explication

Ils ont déposé leur propre erouv, et le maître en a déposé un autre, dans une autre direction. Ils sortent néanmoins par l'erouv du maître.

L'épouse est exemptée de cette règle : yekhola limhot, elle peut protester.

8
אשה מאי שנא? אמר רבה: אשה וכל דדמי לה.

Une femme, en quoi est-elle différente ? Rabba a dit : une femme, et tout ce qui lui est semblable.

📜 Rachi (1)
אשה מאי שנא מעבד עברי ובנו ובתו הגדולים:
D'un esclave hébreu, et de son fils et de sa fille majeurs.
💡 Explication

La baraita ne nomme que l'épouse parmi ceux qui peuvent protester. L'esclave hébreu, le fils majeur et la fille majeure sont pourtant aussi sous leur propre autorite.

Rabba élargit : isha ve-khol de-dami lah, la femme et quiconque lui est semblable. Le même pouvoir de protestation vaut pour eux.

9
אמר מר: חוץ מן האשה, מפני שיכולה למחות. טעמא דמחי, הא סתמא — נפקא בדבעלה. הא קתני רישא ״אלא מדעתם״. מאי לאו, דאמרי: ״אין״!

Le maître a dit : hormis la femme, parce qu'elle peut protester. La raison est qu'elle a protesté.

Mais si elle s'est tue, elle sort par celui de son mari. Or le debut enseigne : sauf avec leur connaissance.

N'est-ce pas qu'ils ont dit : oui ?

📜 Rachi (1)
הא סתמא דאישתיקה ולרוח אחרת נמי לא עירבה:
Qu'elle s'est tue, et qu'elle n'a pas non plus fait l'erouv dans une autre direction.
💡 Explication

Si la baraita ne sort l'épouse que lorsqu'elle proteste, le silence la laisserait sortir par l'erouv du mari. Rachi : elle s'est tue, et elle n'a pas non plus fait d'erouv dans une autre direction.

Le debut exige pourtant mi-daatam, avec leur connaissance. La guemara propose d'abord : ils ont répondu oui. Sans ce oui, l'erouv du mari ne vaudrait pas.

10
לא: מאי ״אלא מדעתם״ — דאשתיקו. לאפוקי היכא דאמרי: ״לא״.

Non. Que signifie sauf avec leur connaissance ?

Qu'ils se sont tus. Pour exclure le cas où ils ont dit : non.

💡 Explication

La guemara retourne la lecture. Avec leur connaissance désigne le silence. Ils savent, et ils ne refusent pas.

Le cas exclu est le refus explicite : ils ont dit non. Tant qu'ils ne refusent pas, ils sortent par l'erouv du chef de maison.

11
הא: וכולן שעירבו ועירב עליהן רבן — יוצאין בשל רבן, וסתמא הוא, וקתני: חוץ מן האשה דלא נפקי!

Or voici : et tous ceux qui ont fait l'erouv, alors que leur maître a fait l'erouv pour eux, sortent par celui de leur maître. Et c'est un cas de silence.

Et on enseigne : hormis la femme, qui ne sort pas !

💡 Explication

La clause suivante parle sans dire qu'ils ont protesté en paroles. C'est donc un silence. Pourtant elle enseigne : hormis la femme, elle ne sort pas par l'erouv du mari.

Le silence ne suffit donc pas à la faire entrer dans l'erouv du mari, dès lors qu'elle a le sien.

12
אמר רבא: כיון שעירבו, אין לך מיחוי גדול מזה.

Rava a dit : dès lors qu'ils ont fait l'erouv, il n'y a pas de protestation plus grande que celle-là.

💡 Explication

Rava ferme le raisonnement. Avoir depose son propre erouv dans une autre direction est déjà le refus. On n'attend pas une parole de plus.

Pour les autres, le silence sans erouv à soi les laisse sur l'erouv du maître. Pour l'épouse, et ceux qui lui sont semblables, l'erouv qu'ils ont fait eux-mêmes est le mihoui, la protestation.

🖼️ Schéma
Silence, refus, ou erouv à soi Avec leur connaissance veut dire : ils ne disent pas non. Il a dit oui Connaissance claire Il s'est tu Connaissance aussi Il a dit non Pas d'erouv Son propre erouv Protestation Les autres, même tus, sortent par l'erouv du maître L'épouse qui a fait le sien : Rava y voit la protestation même
Oui ou silence : on suit le maître. Non, ou son propre erouv : protestation.
13
מתני׳ כמה הוא שיעורו? מזון שתי סעודות לכל אחד ואחד. מזונו לחול ולא לשבת, דברי רבי מאיר. רבי יהודה אומר: לשבת ולא לחול, וזה וזה מתכוונים להקל.

Michna. Quelle est sa mesure ?

De la nourriture pour deux repas, pour chacun. Sa nourriture de jour de semaine, et non de Chabbat : telles sont les paroles de Rabbi Meir.

Rabbi Yehouda dit : de Chabbat, et non de jour de semaine. Et l'un et l'autre visent à alléger.

📜 Rachi (1)
מתני' מתכוונין להקל ר' מאיר סבר בשבת אכיל איניש טפי משום דבסים תבשיליה ואמרי אינשי רווחא לבסימא שכיח ור' יהודה סבר כיון דבשבת סועד שלש סעודות אינו אוכל הרבה בכל סעודה:
Rabbi Meir estime que le Chabbat, l'homme mange davantage, parce que ses plats sont agréables, et les gens disent : il se trouve toujours de la place pour le doux. Et Rabbi Yehouda estime que, puisque le Chabbat on prend trois repas, on ne mange pas beaucoup à chaque repas.
⚖️ Rosh (1)
מתני' וכמה שיעורו. מזון שתי סעודות לכל אחד ואחד. מזונו לחול ולא לשבת דברי ר"מ. ר' יהודה אומר מזונו לשבת ולא לחול. וזה וזה מכוונים להקל. ר' יוחנן בן ברוקה אומר ככר בפונדיון מארבע סאין לסלע. ר"ש אומר שתי ידות לככר משלש לקב. חציה לבית המנוגע. וחצי חציה לפסול את הגויה:
Michna. Et quelle est sa mesure ? De la nourriture pour deux repas, pour chacun. Sa nourriture de jour de semaine et non de Chabbat : paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : sa nourriture de Chabbat et non de jour de semaine. Et l'un et l'autre visent à alléger. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : un pain d'un pundeyon, sur quatre séa pour un sela. Rabbi Chimon dit : deux parts d'un pain, sur trois pour un kav. Sa moitié, pour la maison atteinte. Et la moitié de sa moitié, pour rendre le corps passoul.
💡 Explication

La michna demande le chiour de l'erouv des tehoumin : mezonot chetei seoudot, la nourriture de deux repas, pour chaque personne comptée.

Rabbi Meir prend ce que l'on mange un jour de semaine. À Chabbat les plats sont plus agréables, et l'on mange davantage : la mesure de semaine est la plus petite. Rabbi Yehouda prend ce que l'on mange à Chabbat. On y fait trois repas, donc chaque repas est moindre. Les deux choix vont vers le léger.

🖼️ Schéma
Quelle quantité pour deux repas ? Les deux premiers visent le léger. Les deux autres comptent en pains. Rabbi Meir Rabbi Yehouda Nourriture du jour de semaine On mange plus à Chabbat Mesure plus petite : léger Nourriture de Chabbat Trois repas : chaque repas est plus petit Mesure plus petite : léger R. Yo'hanan b. Beroka Pain d'un pundeyon 4 repas dans un kav Rabbi Chimon Deux tiers d'un pain 9 repas dans un kav
Rabbi Meir allège par le jour de semaine. Rabbi Yehouda allège par le repas de Chabbat.
14
רבי יוחנן בן ברוקה אומר: מככר בפונדיון, מארבע סאין בסלע. רבי שמעון אומר: שתי ידות לככר משלש לקב.

Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : d'un pain d'un pundeyon, lorsque quatre séa se vendent un sela. Rabbi Chimon dit : deux parts d'un pain, sur trois pour un kav.

📜 Rachi (2)
ככר הלקוח מן הנחתום בפונדיון כשנמכרים ארבע סאין בסלע השתא ס"ד חצי קב הוי שתי סעודות כיצד ו' מעות לדינר מעה שתי פונדיונין נמצא דינר י"ב פונדיונין נמצא סלע מ"ח פונדיונין וסאה ו' קבין לד' סאין כ"ד קבין הרי מ"ח חצאי קבין חצי קב לפונדיון:
Un pain acheté chez le boulanger pour un pundeyon, lorsque quatre séa se vendent un sela. Pour l'instant, on pense qu'un demi-kav fait deux repas. Comment ? Six maa pour un dinar. Une maa, deux pundeyon. On trouve qu'un dinar fait douze pundeyon. On trouve qu'un sela fait quarante-huit pundeyon. Une séa, six kav. Pour quatre séa, vingt-quatre kav. Cela fait quarante-huit demi-kav. Un demi-kav pour un pundeyon.
ר"ש ממעט משיעור ואומר תשע סעודות יש לקב ודי לעירוב בב' ידות של ככר של ג' ככרות לקב נמצאת ככר השלימה שלישית הקב וב' ידותיה הוו שתי סעודות:
Il réduit la mesure, et dit : il y a neuf repas dans un kav, et il suffit pour l'erouv de deux parts d'un pain, sur trois pains pour un kav. On trouve que le pain entier est le tiers du kav, et ses deux parts font deux repas.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ben Beroka fixe deux repas au pain acheté un pundeyon, quand quatre séa coûtent un sela. Rachi détaille la monnaie. Six maa au dinar, deux pundeyon par maa, donc douze pundeyon au dinar, quarante-huit au sela. Quatre séa font vingt-quatre kav, soit quarante-huit demi-kav. Un demi-kav coûte un pundeyon. Pour l'instant, ce demi-kav est deux repas : quatre repas dans un kav.

Rabbi Chimon réduit. Trois pains dans un kav : le pain entier est un tiers de kav. Deux parts de ce pain font deux repas. Il y a donc neuf repas dans un kav.

15
חצייה, לבית המנוגע. וחצי חצייה, לפסול את הגוייה.

Sa moitié, pour la maison atteinte. Et la moitié de sa moitié, pour rendre le corps passoul.

📜 Rachi (2)
חציה לבית המנוגע סתמא היא והכי קאמר חצי ככר השלימה ששיערו בה את העירוב ובין למר ובין למר לשהיית בית המנוגע לטמא בגדים הנכנס טמא מיד דכתיב (ויקרא י״ד:מ״ו) והבא אל הבית יטמא אבל כבוס בגדים לא נאמרה בו עד שישהה כדי אכילה דכתיב (שם) והאוכל בבית יכבס את בגדיו ומוקמינן לה בתורת כהנים לשוהה כדי סעודה ואע"פ שלא אכל וחצי ככר זו הוי כדי אכילה אע"ג דלר"ש לענין עירובין הוי בככר ג' סעודות התם הוא דבשיעור העירוב נתכוונו כולן להקל אבל שיעור סעודה קים להו לרבנן הכי ובעינן שישהה בכדי אכילת חצי ככר זו והוא פרס דכוליה הש"ס על שם ששיעורה בפרוסה כלומר בחצי ככר:
C'est une formulation générale, et voici ce qu'il dit : la moitié du pain entier avec lequel on a mesuré l'erouv, et selon l'un comme selon l'autre, pour le séjour dans la maison atteinte, afin de rendre impurs les vêtements. Celui qui entre est impur aussitôt, car il est écrit (Vayikra 14, 46) : et celui qui entre dans la maison sera impur. Mais le lavage des vêtements n'est dit à son sujet que s'il séjourne le temps d'un repas, car il est écrit (ibid.) : et celui qui mange dans la maison lavera ses vêtements. Et nous l'établissons dans la Torat Kohanim comme visant celui qui séjourne le temps d'un repas, même s'il n'a pas mangé. Et cette moitié de pain est le temps d'un repas. Bien que, pour Rabbi Chimon, en matière d'erouv, il y ait dans le pain trois repas, c'est là que, pour la mesure de l'erouv, tous ont visé à alléger. Mais la mesure d'un repas, les Sages la tiennent ainsi. Et il faut qu'il séjourne le temps de manger cette moitié de pain, et c'est un peras, dans tout le Talmud, du fait que sa mesure est une proussa, c'est-à-dire une moitié de pain.
לפסול את הגוייה האוכל אוכלין טמאין כחצי פרס נפסלה גוייתו מלאכול בתרומה ומדרבנן הוא דאין אוכל מטמא אדם ורבנן גזרו שהאוכלו יפסל בתרומה עד שיטבול כדאמר בפרק בתרא דיומא (דף פ:) הנח לטומאת גוייה דלאו דאורייתא:
Celui qui mange des aliments impurs à la mesure d'un demi-peras, son corps est rendu passoul pour manger de la terouma. Et c'est d'ordre rabbinique, car un aliment ne rend pas un homme impur. Et les Sages ont décrété que celui qui le mange soit passoul pour la terouma jusqu'à ce qu'il se trempe, comme il est dit au dernier chapitre de Yoma (80b) : laisse la touma du corps, car elle n'est pas de la Torah.
🗂️ Tossefot (1)
וחצי חציה לפסול את הגוייה והיינו שני ביצים אומר ר"ת דפסול גוייה גזירת קדמונים היתה ולא מי"מ דבר דהאוכל אוכל ראשון ואוכל שני תדע דבפרק בתרא דיומא (דף פ:) סלקא דעתיה דהוי דאורייתא ובעי למדרשיה מולא תטמאו בהם ונטמתם בם ובי"ח דבר היו בקיאין ואם היתה דאורייתא א"כ חסר להו ועוד דלשון פסול גוייה משמע דדוקא פסול הגוף דנפסל גופו מלאכול בתרומה וגזירה דהאוכל אוכל ראשון פסול מגע הוא אלא ודאי פסול גוייה גזרו קודם י"ח דבר הרבה ולא גזרו על מגעו שיפסל אלא גופו מלאכול בתרומה וגזרו על טומאת פנים אטו טומאת חוץ שהרואה אוכל תרומה אחר שאכל אוכלין טמאין או שתה משקין טמאים סבור שמותר ליגע בהן גם בחוץ תרומה טהורה כמו שבתוך מעיו נוגעין זה בזה ודווקא בשני ביצים אבל בכביצה אף על פי שראוי לטמא אחרים לא גזרו דא"א שלא ישאר קצת בין השינים והחניכין או מתעכל קצת במעיו וכיון דאפקוה מכביצה אוקמוה אשני ביצים שהוא חצי הסעודה דבית המנוגע ולר' יוחנן בן ברוקה אביצה ומחצה אבל במשקין טמאין שאינם מתעכלין ונכנס הכל במעיו לא בעינן יותר מרביעית אבל בי"ח דבר דהאוכל אוכל ראשון נזרו אפילו בכביצה ושיפסול תרומה במגע כדמפרש טעמא בפרק קמא דשבת (דף יד.) משום דזמנין דאוכל אוכלין טמאין כו' ואין להאריך כאן:
Et c'est deux œufs. Rabbeinou Tam dit que le passoul du corps était un décret des anciens, et non l'un des dix-huit décrets, celui de qui mange un aliment de premier degré et un aliment de second degré. Sache-le : au dernier chapitre de Yoma (80b), on pensait d'abord que c'était de la Torah, et on voulait le déduire de : vous ne vous rendrez pas impurs par eux, et vous serez impurs par eux. Et pour les dix-huit décrets, ils étaient experts. Et si cela avait été de la Torah, il leur en aurait manqué un. De plus, l'expression passoul du corps signifie précisément le passoul du corps : son corps est rendu passoul pour manger de la terouma. Et le décret de qui mange un aliment de premier degré est un passoul par contact. Mais certes, le passoul du corps, ils l'ont décrété bien avant les dix-huit décrets. Et ils n'ont pas décrété sur son contact qu'il rende passoul, seulement que son corps soit passoul pour manger de la terouma. Et ils ont décrété sur la touma intérieure à cause de la touma extérieure : celui qui voit quelqu'un manger de la terouma après avoir mangé des aliments impurs, ou avoir bu des boissons impures, pense qu'il est permis de toucher aussi à l'extérieur une terouma pure, comme à l'intérieur de ses entrailles ils se touchent l'un l'autre. Et précisément pour deux œufs. Mais pour un œuf, bien que ce soit propre à rendre les autres impurs, ils n'ont pas décrété, car il est impossible qu'il n'en reste pas un peu entre les dents et les gencives, ou qu'une partie ne se digère dans ses entrailles. Et puisqu'ils l'ont sorti de la mesure d'un œuf, ils l'ont fixé à deux œufs, qui sont la moitié du repas de la maison atteinte. Et pour Rabbi Yo'hanan ben Beroka, un œuf et demi. Mais pour des boissons impures, qui ne se digèrent pas et dont tout entre dans les entrailles, nous n'exigeons pas plus d'un reviit. Mais parmi les dix-huit décrets, pour qui mange un aliment de premier degré, ils ont décrété même pour un œuf, et qu'il rende la terouma passoul par contact, comme le motif est explique au premier chapitre de Chabbat (14a), parce que parfois il mange des aliments impurs, et la suite. Et il n'y a pas lieu de s'étendre ici.
💡 Explication

La michna reprend le même pain. Sa moitié mesure le séjour dans une maison atteinte de tsaraat (nega). Qui entre est impur aussitôt. Le lavage des vêtements n'est dû qu'après un temps d'un repas, même sans avoir mangé. Cette moitié de pain est ce temps. On l'appelle peras, parce que la mesure est une proussa, une moitié de pain.

La moitié de la moitié, un demi-peras, est la quantité d'aliments impurs qui rend le corps passoul pour la terouma. C'est d'ordre rabbinique : un aliment ne rend pas un homme impur. Les Sages ont décrété qu'il reste passoul jusqu'à l'immersion. Tossefot, au nom de Rabbeinou Tam : ce décret est ancien, antérieur aux dix-huit décrets, et il vise le corps, à la mesure de deux œufs.

🖼️ Schéma
A quoi sert la moitié, et la moitié de la moitié ? Maison atteinte de tsaraat, puis passoul du corps pour la terouma. Le pain qui sert de mesure à l'erouv Moitié du pain Séjour dans la maison atteinte : vêtements Quart du pain Aliment impur qui rend le corps passoul Peras : la moitié du pain. Le quart est un demi-peras.
Moitié du pain : temps de séjour dans la maison atteinte. Quart : aliment qui rend le corps passoul.
16
גמ׳ וכמה מזון שתי סעודות? אמר רב יהודה אמר רב: תרתי ריפתא איכרייתא. רב אדא בר אהבה אמר: תרתי ריפתא נהר פפיתא.

Guemara. Et combien est la nourriture de deux repas ?

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : deux pains de paysans. Rav Ada bar Ahava a dit : deux pains de Nehar Papita.

📜 Rachi (3)
גמ' וכמה לר"מ ולר' יהודה קבעי:
Il demande pour Rabbi Meir et pour Rabbi Yehouda.
ריפתא איכרייתא שנושאין האכרים עמהם לשדה אכרים מנהיגי שוורים:
Que les paysans emportent avec eux au champ. Les ikarim sont ceux qui mènent les bœufs.
נהר פפיתא הוא מקום נהר פפא:
C'est le lieu de Nehar Papa.
💡 Explication

La question vise Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, qui n'ont pas donné un pain chiffré. Rav, au nom transmis par Rav Yehouda : tartei rifta ikharyata, deux pains que les paysans emportent au champ. Rachi : les ikarim mènent les bœufs.

Rav Ada bar Ahava : deux pains de Nehar Papita, le lieu de Nehar Papa.

17
אמר ליה רב יוסף לרב יוסף בריה דרבא: אבוך כמאן סבירא ליה? כרבי מאיר סבירא ליה. אנא נמי כרבי מאיר סבירא ליה. דאי כרבי יהודה, קשיא הא דאמרי אינשי: רווחא לבסימא שכיח.

Rav Yossef dit à Rav Yossef fils de Rava : ton père, selon qui tient-il ? Il tient selon Rabbi Meir.

Moi aussi, je tiens selon Rabbi Meir. Car si c'était selon Rabbi Yehouda, le propos des gens ferait difficulté : il se trouve toujours de la place pour le doux.

📜 Rachi (2)
אבוך כמאן מהנך תנאי סבירא ליה בעירוב כר' יהודה או כר' מאיר דקי"ל בעירוב לכל אדם כדי מזונו ואם בא לשער בעצמו באיזו ישער בשבת או בחול:
Lequel de ces tanaïm tient-il pour l'erouv, Rabbi Yehouda ou Rabbi Meir ? Car nous tenons que, pour l'erouv, pour chaque homme, c'est selon sa nourriture. Et s'il vient à mesurer sur lui-même, sur quoi mesurera-t-il, sur Chabbat ou sur un jour de semaine ?
דאי כר' יהודה קשיא לי הא דאמרי אינשי רווחא לבסימא שכיח כלומר המעיים מתרווחין לפנות מקום לדבר המתוק:
C'est-a-dire : les entrailles s'élargissent pour faire place à la chose douce.
💡 Explication

On mesure l'erouv sur la nourriture de chaque homme. S'il se mesure lui-même, prend-il Chabbat ou le jour de semaine ? Rava, d'après son fils, tient comme Rabbi Meir. Rav Yossef aussi.

Le proverbe rav'ha le-vassima chekhiah : les entrailles s'élargissent pour le mets doux. On mange donc plus quand le repas est agréable, ce qui est le Chabbat. Tenir comme Rabbi Yehouda, pour qui le repas de Chabbat est le plus petit, heurterait ce propos.

18
רבי יוחנן בן ברוקה אומר. תנא: וקרובים דבריהן להיות שוין. מי דמי?! דרבי יוחנן ארבע סעודתא לקבא, דרבי שמעון תשע סעודתא לקבא!

Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit. Un tanna a enseigné : et leurs paroles sont proches d'être égales.

Se ressemblent-elles ? Selon Rabbi Yo'hanan, quatre repas pour un kav.

Selon Rabbi Chimon, neuf repas pour un kav !

📜 Rachi (1)
דבריהן דרבי יוחנן בן ברוקא ורבי שמעון:
De Rabbi Yo'hanan ben Beroka et de Rabbi Chimon.
⚖️ Rosh (1)
גמ' תניא קרובין דבריהם להיות שוין. דבריהם דמאן אי ר' יוחנן בן ברוקה ור"ש. ר' יוחנן בן ברוקא אומר ד' סעודות לקב ר"ש אומר ט' סעודות לקב. אמר רב חסדא צא מהן מחצה לחנוני. אכתי למר תמני ולמר תשע. היינו דקאמר קרובים דבריהם להיות שוין. הלכך כדהויין תמני סעודתא לקב והקב יש בו ארבע מאות זוז במשקל אלקירואין הויין שתי סעודות מאה זוז לכל סעודה חמשים זוז קמח דאינון חמשה ושבעים במשקל ספרד. מדהביא רב אלפס ז"ל כל זה משמע דהלכה כהני תנאי. ובגמרא משמע דמשערין באכילת אדם בינוני מדקאמר וכמה מזון שתי סעודות אמר רב יהודה תרתי ריפתא איכרייתא וכו' ומדקאמר רב יוסף אנא נמי כרבי מאיר סבירא לי מיהו צריכים לידע כמה היא סעודה בינונית של כל אדם. דלעיל בפרק בכל מערבין (עירובין דף ל:) אמר דר"מ ורבי יהודה קיימי אזקן וחולה. ורעבתן בטלה דעתו ומשערינן ליה בסעודה בינונית של כל אדם: תנו רבנן ראשית עריסותיכם כדי עיסותיכם וכמה עיסותיכם כדי עיסת מדבר. וכמה עיסת מדבר דכתיב והעומר עשירית האיפה הוא מכאן אמרו שבעת רביעים קמח ועוד חייבין בחלה. שהן שש של ירושלמי שהן חמש של צפורי. מכאן אמרו האוכל כמידה זו ה"ז ברוך ומבורך. יתר מכן הרי זה רעבתן. פחות מכן הרי זה מקולקל במעיו:
Guemara. On a enseigné : leurs paroles sont proches d'être égales. Leurs paroles, de qui ? Si c'est Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Chimon. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : quatre repas pour un kav. Rabbi Chimon dit : neuf repas pour un kav. Rav Hisda a dit : retranche-en la moitié pour l'épicier. Il reste encore, selon l'un, huit, et selon l'autre, neuf. C'est cela qu'il dit : leurs paroles sont proches d'être égales. Par conséquent, puisqu'il y a huit repas pour un kav, et que le kav contient quatre cents zouz au poids des Alkiroun, deux repas font cent zouz. Pour chaque repas, cinquante zouz de farine, qui font soixante-quinze au poids d'Espagne. Du fait que Rav Alfas, de mémoire bénie, rapporte tout cela, il ressort que la halakha suit ces tanaïm. Et de la Guemara il ressort qu'on mesure selon le repas d'un homme moyen, puisqu'il est dit : et combien est la nourriture de deux repas ? Rav Yehouda a dit : deux pains de paysans, et la suite. Et puisque Rav Yossef a dit : moi aussi, je tiens selon Rabbi Meir. Toutefois, il faut savoir quelle est la mesure d'un repas moyen de tout homme. Car plus haut, au chapitre Bekhol mearvin (Eruvin 30b), il est dit que Rabbi Meir et Rabbi Yehouda portent sur le vieillard et le malade. Et pour le glouton, on annule son avis, et on le mesure selon le repas moyen de tout homme. Nos maîtres ont enseigné : les prémices de vos pâtes, à la mesure de vos pâtes. Et quelle est la mesure de vos pâtes ? À la mesure de la pâte du désert. Et quelle est la pâte du désert ? Car il est écrit : et l'omer est le dixième de l'épha. De là ils ont dit : sept quarts de farine, et un surplus, sont astreints à la hala. Ce sont six de la mesure de Jérusalem, qui sont cinq de la mesure de Tsippori. De là ils ont dit : celui qui mange cette mesure, le voici béni, et source de bénédiction. Au-delà de cela, le voici un glouton. En deçà de cela, le voici dérangé dans ses entrailles.
💡 Explication

Une tosefta dit que Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Chimon sont proches. La guemara compte. Chez le premier, le pain d'un pundeyon est un demi-kav, soit deux repas : quatre repas par kav. Chez Rabbi Chimon, deux repas sont deux neuvièmes de kav : neuf repas par kav.

Quatre et neuf ne se ressemblent pas. La suite va retirer le gain de l'épicier pour rapprocher les deux comptes.

19
אמר רב חסדא: צא מהן שליש לחנוני.

Rav Hisda a dit : retranche-en un tiers pour l'épicier.

📜 Rachi (1)
צא מהן שליש לחנוני רבי יוחנן בן ברוקה לא הזכיר חצי קב ששיער לך אלא בככר הלקוח מן החנוני בפונדיון והרי החנוני משתכר בחצי קב שלקח בפונדיון שליש ומוכר ב' שלישי חצי קב בפונדיון ובהך שני שלישי אשמעינן רבי יוחנן דאיכא שתי סעודות הרי בחצי קב שלש סעודות:
Rabbi Yo'hanan ben Beroka n'a pas mentionné le demi-kav qu'il t'a mesuré, sinon par le pain acheté chez l'épicier pour un pundeyon. Or l'épicier gagne, sur le demi-kav qu'il a pris pour un pundeyon, un tiers, et il vend deux tiers d'un demi-kav pour un pundeyon. Et dans ces deux tiers, Rabbi Yo'hanan nous apprend qu'il y a deux repas. On trouve donc, dans un demi-kav, trois repas.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ben Beroka a mesuré le pain vendu un pundeyon, pas le demi-kav en gros. L'épicier gagne un tiers : du demi-kav acheté un pundeyon, il en vend les deux tiers pour ce prix.

Dans ces deux tiers, il y a deux repas. Le demi-kav entier fait donc trois repas, et le kav en fait six.

20
ואכתי למר תשעה. ולמר שית!

Et encore : selon l'un, neuf. Et selon l'autre, six !

💡 Explication

Après le retrait d'un tiers, Rabbi Yo'hanan ben Beroka donne six repas au kav. Rabbi Chimon reste à neuf. L'écart demeure trop grand pour dire que leurs paroles sont proches.

21
[אלא כאידך] דרב חסדא, דאמר: צא מהן מחצה לחנוני.

Plutot selon l'autre enseignement de Rav Hisda, qui a dit : retranche-en la moitié pour l'épicier.

💡 Explication

La guemara quitte le tiers et prend l'autre formule de Rav Hisda : le gain de l'épicier est une moitié. Le pain d'un pundeyon est alors la moitié du demi-kav de gros, soit un quart de kav, pour deux repas.

Chaque repas est un huitième de kav. On obtient huit repas dans le kav.

22
ואכתי: למר תשע, ולמר תמני! — היינו דקאמר ״וקרובים דבריהם להיות שוין״.

Et encore : selon l'un, neuf, et selon l'autre, huit ! C'est cela qu'il dit : et leurs paroles sont proches d'être égales.

💡 Explication

Huit repas contre neuf. Les mesures ne coïncident pas, et l'écart est faible. C'est le sens de kerovim divreihem lihyot shavin : leurs paroles sont proches d'être égales.

🖼️ Schéma
Du pain du marche au compte rapproche Le gain de l'épicier change le nombre de repas dans le kav. Compte de depart R. Yo'hanan b. Beroka Rabbi Chimon Pain acheté tel quel 4 repas / kav 9 repas / kav On retire un tiers 6 repas / kav 9 repas / kav On retire la moitié 8 repas / kav 9 repas / kav 8 et 9 : proches d'être égaux. C'est le sens de la tosefta.
Sans retrait : 4 contre 9. Après un tiers : 6 contre 9. Après la moitié : 8 contre 9.
23
קשיא דרב חסדא אדרב חסדא! לא קשיא, הא — דקא יהיב בעל הבית ציבי. הא — דלא יהיב בעל הבית ציבי.

Rav Hisda contredit Rav Hisda ! Il n'y a pas de difficulté.

Ici, le maître de maison fournit le bois. Là, le maître de maison ne fournit pas le bois.

📜 Rachi (1)
ציבי עצים לאפות אין החנוני משתכר אלא שליש:
Du bois pour cuire. L'épicier ne gagne qu'un tiers.
💡 Explication

Rav Hisda a parle une fois d'un tiers, une fois d'une moitié. Les deux formules tiennent, selon le bois de cuisson, tsivei.

Si le maître de maison fournit le bois, l'épicier ne gagne que le tiers, pour la peine de cuire. S'il ne le fournit pas, le bois s'ajoute à la peine, et le gain monte à la moitié. C'est ce second cas qui rapproche les deux tanaïm.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rav Hisda parle deux fois du gain ? Un tiers si le bois est fourni. Une moitié s'il ne l'est pas. Le maître fournit le bois Il ne fournit pas le bois L'épicier n'a que la peine de cuire Il gagne un tiers Bois et cuisson sont à sa charge Il gagne la moitié
Bois fourni par le maître : gain d'un tiers. Bois à la charge de l'épicier : gain d'une moitié.
24
חצייה לבית המנוגע, וחצי חצייה לפסול את הגוייה.

Sa moitié, pour la maison atteinte, et la moitié de sa moitié, pour rendre le corps passoul.

💡 Explication

La guemara reprend la fin de la michna. La moitié du pain mesure le séjour qui rend les vêtements impurs dans la maison atteinte. Le quart mesure l'aliment impur qui rend le corps passoul pour la terouma. L'examen de ces mesures se poursuit au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).